Entrepreneuriat – L’aventure « Avions de Chasse »

Bizolle 19/11/2014
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Stendhal disait que « les femmes extrêmement belles étonnaient moins le second jour », c’est la raison pour laquelle,  la startup Lyonnaise, « Avions de Chasse » a décidé de publier chaque jour,  sept photos de  jolies filles, pour maintenir la gent masculine dans l’étonnement permanent.

En à peine un an d’existence, « Avions de Chasse » a surtout réussi le tour de force de collecter  plus de 173 000 fans sur Facebook (l’équivalent de la ville de Saint-Étienne), et cela malgré le terrible algorithme mis en place par la société de Marc Zuckerberg.  En effet, avec le grand nombre d’utilisateurs et de pages Facebook, il est impossible d’afficher dans le fil d’actualité d’un utilisateur l’intégralité des contenus postés par ses amis et les pages qu’il suit. Facebook doit donc trier. Il le fait grâce à un algorithme extrêmement opaque et complexe qui ne laisse apparaître que les contenus qui sont le plus susceptibles d’être « aimés », « commentés » et « partagés ». C’est à cause de ce maudit algorithme , que vous passez à côté de certains merveilleux articles proposés par la rédaction. Malgré cela, « Avions de Chasse » a su tirer son épingle du jeu, et se développe sur internet à une vitesse fulgurante.

La startup lyonnaise a fini de nous convaincre, lorsque après un partenariat organisé, puis annulé avec Uber, leur site  était en première page  de CNN.

Si « Avions de Chasse » s’est fait une spécialité de l’amour digital, en proposant des jolies filles quotidiennement, le concept a vocation à s’étendre sous d’autres formats, notamment des vidéos et des soirées organisés dans de prestigieux clubs français. Les  « Avions de Chasse » sont sur le tarmac et prêts aux décollages.  On a donc décidé de s’entretenir  avec  leur cofondateur,  Pierre Garonnaire pour discuter, entrepreneuriat digital et  business modèle sur Internet.


Hulubberlu : Comment, devient-on en quelques mois à peine, le « chef de meute »,  de plus de 170 000 personnes sur Facebook?

En fait, j’ai commencé à travailler dans le digital, à partir du 3e cycle que j’ai effectué à l’EM Lyon. Ensuite, je me suis fait incuber à la pépinière d’Écully de l’EM Lyon, j’y suis resté pendant un an avant de voler de mes  propres ailes, mais l’expérience s’est soldé par échec. J’ai heureusement rebondi en  travaillant à Paris pour Mobile Network Group, la régie publicitaire de Shazam, des Inrocks, de Marie-Claire, exclusivement des marques extrêmement premiums dans le digital.  Puis, j’ai été débauché par une autre entreprise qui fait de la technologie de publicité digitale géolocalisée.

Pour la petite histoire, « Avions de chasse » est né avec un de mes potes de Lyon, Gaspard Hafner fondateur d’ une agence  de conseils en  communication à Lyon qui s’appelle PEEXEO . On avait créé, une fan page au départ pour rigoler, et elle a tellement bien pris, qu’on en a fait un site Internet.

Avion de chasse: terme familier pour désigner une jolie fille comme Yana Bella

Avion de chasse: terme familier pour désigner une jolie fille comme Yana Bella

C’est vrai qu’à un moment, la page Facebook prenait jusqu’à 5 000 fans par jour. On a donc eu une croissance assez rapide, d’ailleurs passés les 100 000 fans, Facebook nous a bridés, c’est-à-dire que nos publications avaient moins de portée, on a donc ralenti un peu la croissance, mais on avait pris presque 80 000 fans en 5 mois, donc on s’est dit qu’on pouvait essayer de faire quelque chose.

Hulubberlu : « Avions de Chasse », est  donc plus un délire de potes qu’une vraie volonté de faire un site Internet?

Oui c’est exactement ça ; mais c’est un « délire » sur lequel on s’investit beaucoup, en terme de temps et d’argent.  Puisqu’on a pour ambition d’être plus qu’une plateforme où l’on peut voir des  jolies demoiselles. C’est un projet à long terme qui consiste à créer un club pour les jolies filles en partenariat avec des boîtes de nuit.

Car, en plus de passer des bonnes soirées, les filles cumuleraient des points pour des cadeaux ; ça peut aller d’un bijou, à un voyage à New-York, donc, elles seraient récompensées pour leur fidélité à « Avions de chasse »,et pour le plus grand plaisir de la gent masculine…

Hulubberlu : Tu aurais des conseils à donner à nos lecteurs, sur la façon de développer une page sur Facebook ?

Aujourd’hui, si tu veux développer une page Facebook, il faut mettre en place une stratégie de management digitale. C’est à dire, qu’en fonction de ce que tu proposes, il faut adapter tes publications.

Par exemple, sur  la page Facebook « Avions de chasse », on s’est rendu compte qu’il fallait publier moins que sur le site, pour optimiser la visibilité de nos posts.

Mais il n’y a pas de recette miracle, il faut faire des tests pour savoir comment publier, pour toucher le plus de monde possible…

Hulubberlu : On dit souvent que le digital, est très rentable, car un site Internet, n’est pas un « gros » investissement, par contre la rentabilité peut-être maximale, es-tu d’accord avec cette idée ?

C’est vrai qu’aujourd’hui, on peut créer un site Internet avec un petit budget, mais après,  s’il on veut le développer, il faut mettre en place des opérations de communications;  il faut faire appelle à des graphistes, à des agents de maintenances et, cumulés, toutes ces choses font que le site, va finalement,  revenir assez cher. Quand à la rentabilité, tout dépend du trafic qu’on arrive à générer.  C’est vrai que si l’on a beaucoup de visiteurs uniques, on peut signer avec une grosse régie publicitaire, et on  pourra avoir un bon complément de revenu, mais c’est très rare de pouvoir en vivre, à moins d’avoir une énorme fréquentation.

« Je pense que l’entrepreneuriat c’est un choix de luxe »

raptor


Hulubberlu : Plus généralement, que penses-tu de l’entrepreneuriat en France ?

Je pense que l’entrepreneuriat « c’est un choix de luxe ». C’est-à-dire, que, sans faire des généralités, pour entreprendre, il faut avoir la chance d’avoir des gens autour de toi, qui te soutiennent financièrement. Parce que, si, lorsque tu montes ton entreprise, tu n’as pas les moyens de payer ton loyer, ton projet va vite « tomber à l’eau ».

Concernant le vivier français des entrepreneurs, j’ai constaté avec ma petite expérience, que dès que tu créé une entreprise, tu es tout de suite taxé, alors même que tu n’as pas fait un euro de chiffre, et ça, c’est un peu pénible.

Paradoxalement, il y a aussi beaucoup  d’aides financières, comme Oséo qui peut t’aider à la création et d’autres choses, comme le « crédit impôt recherche »,  mais malheureusement, c’est souvent les grosses entreprises qui en bénéficient et jamais les jeunes startup, le monde est mal fait… .

Donc, c’est vrai que je connais beaucoup de potes qui ont créé des startups dans le digital et ils sont tous dans une logique de partir de France pour optimiser leur plan fiscal.

Mais cette question, de partir de France, c’est utile lorsque tu commences à gagner beaucoup d’argent. Donc je pense qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

Hulubberlu : Dernière petite question : est-ce que le fait d’avoir « avion de chasse » t’aide avec les filles ?

J’ai une copine depuis un petit moment, c’est, sans aucun doute, la plus belle des « avions de chasse. »