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  <title>Propos d'un hurluberlu</title>
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  <pubDate>Wed, 21 Jul 2010 10:50:50 +0200</pubDate>
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    <title>Le choix de Sophie</title>
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    <pubDate>Fri, 05 Feb 2010 16:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/.LechoixdeSophie_s.jpg&quot; alt=&quot;Le choix de Sophie&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Le choix de Sophie, fév. 2010&quot; /&gt;Oui,
ce blog est plus que moribond, mais quoique je n'aie pas fait de mises à jour
depuis, oh, trop longtemps, je me refuse à le voir disparaître définitivement.
Ce billet se veut donc le début d'une résurrection, avec l'espoir que les mises
à jour reviennent et qu'il ne se passe pas une semaine sans au moins un billet
(voire deux, mais ne rêvons pas trop fort). De fait, même si je n'en ai pas
rendu compte, j'ai bien sûr continué mes lectures —avec néanmoins un long mois
pendant lequel je n'ai rien lu. J'aurais bien dû m'imposer la règle de
retranscrire mes impressions de lecture, mais à force de procrastiner, je n'ai
finalement rien écrit. Pourtant ce ne sont pas les sujets qui manquent! Depuis
mon dernier et lointain post sur &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2009/07/22/Empire-du-Soleil&quot;&gt;L'Empire du soleil&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, j'ai lu quand
même: &lt;em&gt;bartleby et compagnie&lt;/em&gt; de Enrique Vila-Matas (remarquable),
&lt;em&gt;Shutter Island&lt;/em&gt; de Dennis Lehane, &lt;em&gt;Austerlitz&lt;/em&gt; de W.G. Sebald
(un excellent cru, aussi beau que &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/06/16/Les-Anneaux-de-Saturne&quot;&gt;Les anneaux de Saturne&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;),
&lt;em&gt;Ada ou l'Ardeur&lt;/em&gt; de Vladimir Nabokov (douce et sensuelle rêverie
amoureuse et incestueuse), &lt;em&gt;Dans le café de la jeunesse perdue&lt;/em&gt; de
Patrick Modiano (admirable), &lt;em&gt;Le livre de sable&lt;/em&gt; de Jorge Luis Borges
(j'ai préféré &lt;em&gt;Fictions&lt;/em&gt;, mais ce recueil reste une merveille),
&lt;em&gt;Sauvagerie&lt;/em&gt; de James G. Ballard (plus quelques une des nouvelles dans
les recueils édités par Tristram; décidément, Ballard est un auteur
fascinant...), &lt;em&gt;Opération Shylock&lt;/em&gt; de Philip Roth (toujours aussi bon).
Et je ne parle pas des bandes dessinées que j'ai continué à lire à un rythme
soutenu... Mais voilà, plutôt que de m'astreindre à la discipline que je
comptais suivre au début de ce blog, j'ai eu un passage à vide de bloguisme, ce
qui a conduit à ce long silence que j'interromps aujourd'hui. Car &lt;em&gt;Le choix
de Sophie&lt;/em&gt; est un des plus beaux romans que j'aie jamais lu, un texte
époustouflant qui m'a captivé et émerveillé pendant deux semaines où je me suis
plu à dévorer la prose envoûtante de William Styron.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je ne dirai pas ici quel est le choix de Sophie que le titre annonce, car il
n'est dévoilé au lecteur qu'à la toute fin du chef-d'œuvre. Mais de toutes
façon, sa découverte est loin de constituer le seul intérêt du roman... Sophie
est une jeune femme polonaise, catholique et rescapée d'Auschwitz. Son père,
son mari et ses enfants firent partie des nombreuses victimes civiles de la
barbarie nazie, et elle même n'a réchappé que de peu à la mort. Débarquée à New
York, elle rencontre Nathan, un jeune homme tour à tour sympathique, irascible
brillant, et parfois extrêmement odieux, puis un jeune &amp;quot;Stingo&amp;quot;, narrateur de
cette histoire et jeune romancier en herbe —un double auto-fictionnel de
Styron, comme le laisse entendre son intérêt pour &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Nat_Turner&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Nat Turner&lt;/a&gt; (j'ai
d'ailleurs mis après cette lecture &lt;em&gt;Les Confessions de Nat Turner&lt;/em&gt; sur
ma longue liste de livres à lire bientôt). Tout au long des neuf cent pages du
récit, Stingo raconte sa rencontre avec ces deux personnages, leur profonde
amitié et leurs disputes, et la découverte progressive des secrets de chacun
(dont &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt; le fameux &amp;quot;choix&amp;quot; fait par Sophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette toujours un peu de ne pas lire les romans anglophones dans le
texte, car c'est un effort que je pourrais fournir; pourtant, dans le cas
présent, je suis plutôt content d'avoir lu &lt;em&gt;Le choix de Sophie&lt;/em&gt; en
français: car, sans être nul en anglais, je ne suis pas bilingue, et je pense
que beaucoup des nuances de la prose à la fois recherchée et captivante de
Styron, ainsi que nombre des détails des nombreuses intrigues et sous intrigues
que recèle ce passionnant roman m'auraient en partie échappé, ce qui bien sûr
ne m'est pas arrivé en lisant le livre en français, ce d'autant plus que la
traduction m'est apparue excellente —fluide, raffinée, précise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que je n'ai jamais décroché de ce roman, allant parfois jusqu'à
passer des nuit blanches pour progresser, savourant l'extrême finesse avec
laquelle Styron donne une réelle profondeur psychologique à ses personnages,
même secondaires (exemple: Leslie Lapidus), appréciant la force d'une petite
histoire tragique au sein de la plus grande Histoire, tout aussi tragique, du
XXeme siècle. La précision historique aussi bien pour rendre compte de
l'Amérique de 1947 que de la Pologne avant et pendant la Seconde Guerre
Mondiale ne manifeste jamais l'érudition de l'auteur, et pourtant on imagine
les innombrables recherches et documentations nécessaires à Styron pour rendre
compte avec la plus grande justesse des parcours de ses personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Étant un grand insensible, je n'ai tiré aucune larme devant &lt;em&gt;Le choix de
Sophie&lt;/em&gt; —honte à moi, je n'ai d'ailleurs jamais pleuré devant un livre.
Mais je mentirais en disant qu'il ne m'a pas ému. Et je mentirais encore si je
le dénigrai: non seulement j'ai pris un grand plaisir de lecteur à la dévorer,
mais en outre je suis certain qu'il s'agit d'un des livres les plus forts,
importants et marquants de mon chaotique parcours de lecteur.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Empire du Soleil</title>
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    <pubDate>Wed, 22 Jul 2009 14:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/empiredusoleil.gif&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;float: left; margin-top: 0; margin-right: 1em; margin-bottom: 1em; margin-left: 0;&quot; title=&quot;Empire du Soleil, juil 2009&quot; /&gt;Nouvelle plongée dans Ballard après que
j'ai lu &lt;em&gt;Millennium People&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/12/16/Que-notre-regne-arrive&quot;&gt;Que notre règne
arrive&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;: je viens de terminer son roman autobiographique
&lt;em&gt;Empire du Soleil&lt;/em&gt;. Autobiographique car l'histoire de Jim, le
personnage principal —celle d'un enfant livré à lui-même après que les Japonais
se sont emparés de Shanghai et l'ont parqué en compagnie d'autres Européens de
la ville dans un mouroir insalubre faisant office de camp de prisonniers
civils— recoupe de beaucoup l'enfance et de la préadolescence de Ballard qui
connut la même horreur. Roman, car comme le Jacques Vingtras de Jules Vallès,
Jim, quoiqu'il soit le reflet de l'auteur, est aussi un personnage imaginaire
décrit et raconté à la troisième personne du singulier: comme si  en
revenant sur cette expérience décisive de sa vie, l'auteur avait besoin d'une
certaine distance littéraire et fictionnelle pour affronter l'origine de ses
propres démons.     Car cet ouvrage détonne dans l'œuvre ballardienne, qui —je la résume ici très
sommairement— est plutôt axée vers l'anticipation ou vers la dissection
clinique de notre présent, et c'est justement ce qui la rend d'autant plus
intéressante... Avec &lt;em&gt;Empire du Soleil&lt;/em&gt;, le lecteur plonge aux racines
de l'univers ballardien, dans cette expérience-clef que fut la guerre vue par
les yeux d'un enfant séparé de ses parents et plongé dans le difficile
&lt;em&gt;struggle for life&lt;/em&gt; du camp de prisonniers de Longhua. On voit ainsi
comment les obsessions de Ballard ont pu naître de cette confrontation dure et
précoce avec la guerre la plus meurtrière de tous les temps: l'auteur a assisté
très tôt à la subite destruction du monde calfeutré dans lequel il vivait
insouciant, et s'est vite trouvé confronté à la maladie, à la mort et surtout à
l'annihilation des moindres liens sociaux en raison de la lutte que chaque
prisonnier européen menait contre ses semblables pour sa survie quotidienne. Et
on ne peut s'empêcher de voir dans la fascination du jeune Jim pour les avions
américains et japonais les prémices de l'alliance entre orgasme et fracas de
voiture qui sera présente dans &lt;em&gt;Crash&lt;/em&gt; —certes, je n'ai pas lu le livre,
mais je base cette hypothèse sur le souvenir que j'ai encore du film de
Cronenberg. De même que sa description mi enfantine mi glaçante du
fonctionnement social du camp de prisonniers peut être vue comme un condensé
saisissant des anticipations politiques de Ballard. Enfin, l'horreur
quotidienne, la soudaine disparition de la paix dans le fracas des bombes, des
cris et des morts évoquent les visions apocalyptiques de l'horreur. 
&lt;div&gt;Ce roman un peu &lt;em&gt;à part&lt;/em&gt; dans le corpus ballardien constitue, par
son statut de témoignage —témoignage hybride en raison de son caractère
romanesque, mais témoignage quand même— une approche différente et originale
des obsessions de l'auteur:  cette fois-ci, ce n'est pas la
science-fiction ou l'imagination qui permet d'approcher certains aspects de
notre présent, mais c'est un retour sur une expérience autobiographique
particulière, où dans laquelle l'auteur a vécu une douloureuse page de
l'Histoire et de la Guerre, qui offre une autre vision des thèmes ballardiens.
Ou comment un moment de la vie de l'auteur est aussi l'origine fondamentale
d'une vocation littéraire et d'un univers singulier. En cela cette forme
d'autofiction se rattache au pleinement à ces textes qui font de l'enfance la
source d'une vision artistique du monde (&lt;em&gt;Les mots&lt;/em&gt; de Sartre, &lt;em&gt;Les
400 coups&lt;/em&gt; de Truffaut ou encore &lt;em&gt;L'enfant&lt;/em&gt; de Vallès). J'ajoute en
plus qu'un autre intérêt d'&lt;em&gt;Empire du Soleil&lt;/em&gt; est de montrer un aspect
de la Seconde Guerre Mondiale que j'ignorais, victime que j'étais de ma vision
européo-centrée de cette période: j'ai ainsi pu avoir un petit aperçu des
conséquences de la guerre américano-japonaise sur certains civils.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;À propos de Ballard, je signale l'existence sur le site d'arte de &lt;a href=&quot;http://www.arte.tv/fr/L-oracle-de-Shepperton/2271294.html&quot;&gt;ce jeu
webdocumentaire &lt;/a&gt;que je n'ai pas encore testé, mais qui m'intrigue et a
d'ailleurs l'air fort intéressant... Si vous testez avant moi ce truc, ou si
vous l'avez déjà testé, vos commentaires sont les bienvenus sur ce blog déserté
(rêvons un peu). &lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Livre de Manuel</title>
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    <pubDate>Tue, 30 Jun 2009 19:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/livredemanuel.gif&quot; alt=&quot;&quot; title=&quot;Livre de Manuel, juin 2009&quot; style=&quot;float: left; margin-top: 0; margin-right: 1em; margin-bottom: 1em; margin-left: 0;&quot; /&gt;Honte
à moi, parmi mes innombrables lacunes littéraires il y avait celle de n’avoir
lu aucun Cortàzar; mais heureusement, avec ma récente découverte
du &lt;em&gt;Livre de Manuel&lt;/em&gt;, j’ai pu combler cette béance de ma culture
personnelle —qui nonobstant cette dernière lecture réparatrice n’en est pas
moins constellée de vides effrayants. Manuel est le jeune enfant de deux
sud-américains exilés à Paris pour raisons politiques, et grandit ainsi au
milieu d’un petit groupe d’étrangers joyeusement gauchistes, foutraquement
révolutionnaires et clandestinement engagés depuis leurs appartements parisiens
dans la lutte contre les dictatures qui essaimaient en Amérique latine à
l’époque du bouquin —le livre fut publié en 1973 (avant la chute d’Allende), et
son action s’y déroule. Mais revenons à Manuel: dans le joyeux bazar de ce
groupuscule exilé, les adultes ont choisi de lui créer un livre pour qu'une
fois adulte il puisse connaître à quoi ressemblait le monde qui l'entourait à
ses débuts dans la vie, quels étaient les centres d'intérêts de ses parents, et
ce contre quoi il luttaient. Aussi régulièrement dans le livre nous sont
présentées plusieurs coupures de journaux présentant un intérêt pour les
personnages: tous reportent des faits relatifs aux politiques d'Amérique du
Sud. &lt;/p&gt;    &lt;div&gt;
&lt;div&gt;En outre, nos &lt;em&gt;guérilleros&lt;/em&gt; parisiens ne se contentent pas
d'observer depuis leurs deux-pièces exigus la politique sud-américaine qui les
révolte tant: ils s'emploient aussi à mener des actions subversives contre les
gouvernements tortionnaires dans l'espoir que le marxisme enfin triomphe dans
les terres natales qu'ils ont quitté. Cela va d' un esclandre poétique dans les
bars-tabacs à base mégots de cigarette à la planification de l'enlèvement d'un
diplomate argentin pour réclamer la libération de prisonniers politiques en
passant par le trafic de pingouins et de tatous royaux pour transférer en douce
de la fausse monnaie. Et là dessus s'entremêlent les histoires sentimentales
très compliquées d'un de leurs amis, Andrès, qui quoiqu'il approuve les idées
gauchistes véhiculées par le groupuscule, refuse de participer à leurs actions
poético-politiques —ce qui sera la source d'une crise dans son simili-couple (à
trois). &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;À vrai dire peu importe ce qui se passe vraiment dans ce roman farfelu:
car Cortàzar nous mène en bateau, se plaisant à jouer avec le lecteur dans un
délire verbal halluciné; plutôt que de lire un récit construit, on plonge dans
un long &lt;em&gt;trip&lt;/em&gt; littéraire fait de longues digressions tout aussi
loufoques qu'inutiles—par exemple sur les relations complexes entre
masturbation et révolution—, de discussions aussi longues qu'arrosées et de
luttes aussi révolutionnaires que comiques. En arrière-plan, se dessine bien
sûr l'horreur politique du continent sud-américain dans les années 70, mais
Cortàzar s'intéresse surtout aux délires verbaux de ses personnages qui
représentent tous la douce folie ludique et extravagante de la littérature face
aux oppressions de l'Histoire. Tout repose sur un style enchanté et délirant,
et c'est pourquoi il est assez difficile d'entrer dans ce roman, tant la fureur
joyeuse désoriente au début le lecteur... Mais vite on se laisse porter par la
verve enchantée de l'auteur, réjoui de plonger dans cette agréable et allègre
divagation. &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Engin explosif improvisé</title>
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    <pubDate>Tue, 23 Jun 2009 14:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.enginexplosifimprovise_s.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;float: left; margin-top: 0; margin-right: 1em; margin-bottom: 1em; margin-left: 0;&quot; title=&quot;Engin explosif improvisé, juin 2009&quot; /&gt;Je n'étais pas né dans les années
70. J'ai donc heureusement échappé à Pompidou et à Giscard (en partie), mais
j'étais resté jusqu'à aujourd'hui absolument ignorant des productions du groupe
Bazooka, qui durant quelques unes de ces années-là avait allègrement bousillé
la maquette de &lt;em&gt;Libé&lt;/em&gt; et y avait proposé une série d'expériences
graphiques radicales avant même que la vague &lt;em&gt;punk&lt;/em&gt; n'ait pleinement
baigné les côtes françaises. Aujourd'hui deux des membres fondateurs de ce
groupe déjanté —Kiki et Loulou Picasso (aucun rapport avec...)— refont surface
dans les eaux accueillantes de la fort sympathique maison d'édition
L'Association (bénis soient ses fondateurs pour les siècles des siècles, même
si la plupart ont hélas quitté le navire). 
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div&gt;Cet &lt;em&gt;Engin explosif improvisé&lt;/em&gt; se présente comme la commande par un
obscur Office Central des Inégalités d'une étude de l'influence du mystérieux
groupe nommé la &lt;a href=&quot;http://www.lafraternitedesprecaires.org/&quot;&gt;Fraternité
des précaires&lt;/a&gt;. Le livre comporte en fait plusieurs images d'actualité
retravaillées graphiquement et coupées de leur contexte, agrémentées en
revanche de courts textes poétiques et de slogans évoquant les actions et
pensées du mystérieux groupe susnommé. Le livre porte bien son titre car c'est
en effet une explosion graphique et poétique qui surprend le lecteur, voire le
déstabilise, et une subversion radicale des images du flux de l'actualité — on
retrouve par exemple Chantal Sébire ou Josef Fritzl— arrêtées ici par l'art des
deux auteurs qui nous invitent ainsi à les interroger à l'aune de la critique
radicale de présent en crise et d'une enfance considérée comme porteuse d'un
avenir anarchiste où régneraient enfin les idéaux rageurs de la Fraternité des
précaires... De fait, les enfants représentés dans leurs activités puériles
deviennent sous la plume et le pinceau de Kiki &amp;amp; Loulou Picasso de
possibles Volontaires —c'est ainsi que se nomment les membres de la Fraternité
des précaires— pour une réaction aux horreurs de notre temps. L'amorce d'un
futur radicalement recomposé. Revoir le présent à l'aune de notre envie de
l'éradiquer, espérer un futur fraternel, croire en la poésie du désordre. Et
surtout, face à cet ouvrage déstabilisant —sa forme originale en effet ne
ressemble à rien de connu, tout en nous incitant à l'évasion— se laisser porter
par l'énigme de ces associations, de ces rimes, de ces traits. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;D'une certaine façon, on peut lire ce livre inclassable comme le pendant
graphico-poétique de &lt;em&gt;L'Insurrection qui vient&lt;/em&gt; (disponible &lt;a href=&quot;http://www.lafabrique.fr/spip/IMG/pdf_Insurrection.pdf&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; en pdf): la
même rage les habite, quoique la Fraternité des précaires ne revendique aucune
ligne politique claire tout en défendant l'idée d'une opposition totale à
l'ordre établi. Il s'agit surtout d'une expérience graphique étonnante, qui
garde un doux mystère même après de nombreuses relectures. L'œuvre interrogeant
le présent à coup de litanies poétiques et enfantines reste énigmatique et
intriguante, sorte de cocktail molotov d'images et de mots dont aime contempler
les flammes de subversion. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Par ailleurs, en annexe de ce travail contemporain, l'éditeur et les
auteurs ont eu la bonne idée de reproduire la série &lt;em&gt;Les Animaux
Malades&lt;/em&gt;, que le groupe Bazooka publia dans &lt;em&gt;Libé&lt;/em&gt; du 31 octobre
1977 au 30 janvier 1978. Une relecture des actualités tout aussi détonnante,
poétique et énigmatique...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pour en savoir plus: &lt;a href=&quot;http://www.article11.info/spip/spip.php?article461&quot;&gt;entretien avec Kiki
Picasso sur le site article XI&lt;/a&gt;; le &lt;a href=&quot;http://www.unregardmoderne.com/&quot;&gt;site&lt;/a&gt; de Kiki et Loulou
Picasso. &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>L'attrapeur d'images</title>
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    <pubDate>Wed, 17 Jun 2009 15:35:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;div&gt;
&lt;p style=&quot;margin-top: 0;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.attrapeurdimages_s.jpg&quot; alt=&quot;&quot; title=&quot;L'attrapeur d'images, juin 2009&quot; style=&quot;float: left; margin-top: 0; margin-right: 1em; margin-bottom: 1em; margin-left: 0;&quot; /&gt;L'attrapeur
d'images &lt;/em&gt;est encore un OBDNI [Objet BD Non Identifié, qui ne
correspond pas exactement aux canons du médium quoiqu'il s'y rattache] qui est
récemment venu agrandir ma bibliothèque... Chaque chapitre de cet étrange
objet-livre comprend plusieurs pages, chacune correspondant à une illustration
noir et blanc accompagnée d'une courte légende proto-versifiée... Entre les
chapitres s'intercalent des extraits de gravures tirées des illustrations
originales des œuvres de Jules Verne, quelque fois légèrement modifiées par un
élément apparu au cours du récit illustré. L'histoire est celle de Nemo Lowkat,
, &amp;quot;&lt;em&gt;capteur d'images fixes ou mobiles./ Voyageur ou collectionneur de
fragments écrits ou visuels./ Alchimiste du collage&lt;/em&gt;&amp;quot;, de ses diverses
rencontres presque oniriques au cours d'errances poétiques à travers le monde
qu'il ne cesse de parcourir avec sa caméra. Nemo Lowkat est donc marqué par une
image d'enfance: une illustration des &lt;em&gt;Tribulations d'un chinois en
chine. &lt;/em&gt;Et à la manière des héros de Jules Verne, sa vie est parsemée
d'aventures extraordinaires à travers le globe et les images qu'il enregistre
—la couverture du livre reprend d'ailleurs la maquette des éditions originales
de Jules Verne. Nemo Lowkat est donc un héros vernien, comme l'attestent les
gravures qui parcourent sa biographie... mais pas seulement.
Car &lt;em&gt;L'attrapeur d'images&lt;/em&gt; cache un autre récit que celui des
aventures de Lowkat...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;    &lt;p&gt;Avant de poursuivre, je préfère citer cet aperçu intéressant de l'OBDNI pour
que l'on comprenne à quelle forme de livre le lecteur est confronté: &lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&quot;http://www.digibidi.com/player/embed/lattrapeur-dimages&quot; width=&quot;396&quot; height=&quot;555&quot; scrolling=&quot;no&quot; frameborder=&quot;0&quot; style=&quot;border: none; overflow: hidden;&quot;&gt;&amp;lt;p&amp;gt;&amp;lt;a
href=&amp;quot;http://www.digibidi.com/comics/lattrapeur-dimages&amp;quot;&amp;gt;L'attrapeur
d'images de Alexandre Kha, éditions
Tanibis&amp;lt;/a&amp;gt;&amp;lt;/p&amp;gt;&amp;lt;p&amp;gt;Présenté par &amp;lt;a
href=&amp;quot;http://www.digibidi.com/&amp;quot;&amp;gt;digiBiDi, la BD à la demande - Location de
bande dessinée, comics, manga, roman graphique
online&amp;lt;/a&amp;gt;&amp;lt;/p&amp;gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Il est évident en effetque Nemo Lokwat, ce &amp;quot;&lt;em&gt;voyageur qui pourrait bien
en cacher un autre&lt;/em&gt;&amp;quot; est en plus d'être un personnage vernien un avatar
graphique de Chris Marker, cinéaste que personnellement je vénère et qui a la
particularité d'être d'autant plus mystérieux que ses films —expérimentaux—
sont célébrés. S'il y a une personne vivante qui échappe à toute biographie,
c'est bien lui! Et c'est pourquoi Alexandre Kha a choisi de biaiser, racontant
des fragments de la vie du cinéaste à travers les tribulations de cet étrange
homme-chat qu'est Nemo Lokwat. &lt;em&gt;L'attrapeur d'images&lt;/em&gt; est donc un jeu de
piste, un roman graphique à clefs, et derrière les personnages évoqués se
cachent de réelles rencontres de Marker: ainsi, Harry Langwatt est en
fait Langlois, et Medvedkine est L'Homme-ours. Il est aussi amusant de
retrouver des allusions à certain films de Chris Marker: à commencer par la
phrase citée en quatrième de couverture: &lt;em&gt;&amp;quot;c'est l'histoire d'un homme
marqué par une image d'enfance&lt;/em&gt;&amp;quot;; il s'agit de l'&lt;em&gt;incipit&lt;/em&gt; de cette
merveille absolue qu'est &lt;em&gt;La Jetée&lt;/em&gt;. L'oeuvre est d'ailleurs citée au
cours du livre, comme d'autres moments forts de la filmographie markerienne, et
pour un fan absolu, c'est un régal de retrouver ces courts extraits de l'œuvre
du cinéaste. Mais c'est aussi un inconvénient du livre: les informations sur
Marker étant cryptées par le filtre romanesque et graphique d'Alexandre Kha,
certaines allusions m'ont échappé (par exemple: qui est Ferragus?). En même
temps, cette façon très markerienne de brouiller les pistes, de travestir en
conte graphique et philosophique une ébauche de biographie est sans doute l'un
des plus beaux hommages que l'on pouvait rendre à Chris Marker: on est
complètement dans l'esprit poétique de son œuvre si envoûtante. D'une certaine
façon, Kha transpose en bande dessinée les principes mêmes de l'œuvre
protéiforme de Chris Marker...Le livre se conclut par une bio-filmographie de
&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;Marker&lt;/span&gt; Lowkat, cet homme chat qui
ressemble beaucoup à Guillaume-en-Egypte, à qui l'œuvre est d'ailleurs dédiée
[Guillaume-en-égypte étant un chat-avatar de Marker]...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quoi de mieux pour clore ce compte rendu qu'un court-métrage de Marker en
personne: &lt;em&gt;La Jetée&lt;/em&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;312&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xz5cs_la-jetee-1962_creation&amp;amp;related=1&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xz5cs_la-jetee-1962_creation&quot;&gt;La Jetée
(1962)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;envoyé par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/ElMariachi333&quot;&gt;ElMariachi333&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/fr/channel/creation&quot;&gt;Films courts et
animations.&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pour des informations complémentaires, il y a &lt;a href=&quot;http://www.tanibis.net/accueil.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le site de l'éditeur&lt;/a&gt;
qui a d'ailleurs mis en ligne &lt;a href=&quot;http://stock.tanibis.net/dp_attrapeur.pdf&quot;&gt;le dossier de presse
(pdf)&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/06/17/L-attrapeur-d-images#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Arbre de fumée</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/06/14/Arbre-de-fumee</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f68b48711b2553e5bb96ef3b15c57e84</guid>
    <pubDate>Sun, 14 Jun 2009 18:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Arbredefumee_s.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;float: left; margin-top: 0; margin-right: 1em; margin-bottom: 1em; margin-left: 0;&quot; title=&quot;Arbre de fumée, juin 2009&quot; /&gt;Arbre de fumée&lt;/span&gt;: encore un livre
traduit par Brice Matthieussent, qui en plus d'être un traducteur excellent est
également prolifique (il a entre autres traduit  &lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2009/01/11/Ripley-Bogle&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Ripley Bogle&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/02/25/Eureka-Street&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Eureka Street&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et surtout Jim Harrison;
plus d'informations sur son approche du métier de traducteur dans &lt;a href=&quot;http://www.article11.info/spip/spip.php?article450&quot;&gt;ce très bel
entretien&lt;/a&gt;). Je ne connaissais pas l'auteur Denis Johnson, et pourtant
lorsque le livre est sorti en 2008, dans cette période plutôt nauséeuse que
l'on nomme &amp;quot;rentrée littéraire&amp;quot;, je l'ai acheté. Je crois que ce qui m' y a
poussé, c'est le sujet du livre tel qu'annoncé sur la quatrième de couverture:
une fresque ambitieuse sur la guerre du Vietnam, équivalent romanesque des
cinématographiques &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Voyage au bout de l'enfer&lt;/span&gt; (Cimino)
ou &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Apocalypse
Now&lt;/span&gt; (Coppola)... J'avais gardé en outre un excellent souvenir
d'&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;À la vitesse de la
lumière&lt;/span&gt; de Javier Cercas, sorti un an auparavant et sur le même
sujet. Mais nonobstant mon vague intérêt pour cette évocation de la guerre du
Vietnam, &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Arbre
de fumée&lt;/span&gt; a longtemps reposé chez moi sur cette irréductible pile de
livre que j'ai en projet d'abaisser quoique sporadiquement je l'entretienne
presque &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;malgré
moi&lt;/span&gt;: : celle des livres achetés, pas encore lus, mais que je projette de
lire... Et la pile est plutôt grosse... Pour que je me décide à choisir ce
livre plutôt qu'un autre de cette volumineuse pile, il fallait en fait un
hasard, une idée saugrenue: ce fut finalement celle d'avancer dans un parcours
de lecture crée par la poésie des titres de livre: quoi de mieux, après m'être
informé de &lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2009/05/29/L-ombre-du-vent&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;L'ombre du vent&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, que
de poursuivre par un livre évoquant un tout aussi littérairement
mystérieux &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;A&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;rbre de fumée &lt;/span&gt;?... (je pense d'ailleurs
prolonger ce parcours de noms aux déterminations mystérieuses
par &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;La cloche
de détresse &lt;/span&gt;de Sylvia Plath&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;    &lt;p&gt;C'est un long roman où il ne se passe finalement pas énormément de choses,
ce qui laisse d'autant plus de place à l'auteur pour donner chair à ses
personnages, tous pris dans le chaos d'une guerre qu'ils essaient de comprendre
mais dont ils ne peuvent contenir l'affreuse entropie. Quelques personnages,
donc qui ne se croiseront pas tous, mais qui naviguent pourtant autour du
département des &lt;em&gt;Psy Ops&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;psychological operations&lt;/em&gt;) de la CIA.
Le chef de cette section est le colonel Sands, héros américain de la Seconde
Guerre Mondiale auréolé par la légende de ses épopées guerrières; imposant
personnage au bagout solide et à l'alcoolisme prononcé. Autour de lui
s'ourdissent de sombres opérations guidées par quelques idées-clefs qu'il a
vaguement émises... Idées qui ne plaisent d'ailleurs pas énormément à sa
hiérarchie. Mais un cercle restreint de fidèles —parmi lesquels son neveu Skip—
lui fait aveuglément confiance. Face à ce groupe aux obscurs desseins, James
Houston, engagé volontaire dans l'armée comme son frère Bill chez les
&lt;em&gt;marines&lt;/em&gt; qui finira justement dans un bataillon des &lt;em&gt;Psy
Ops&lt;/em&gt; comme simple soldat; Kathy Jones, dont la vie au service des autres
croise celle de Skip Sands au moment même où elle perd son pasteur de
mari. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire n'est pas vraiment l'essentiel de ce roman: ce qui compte, c'est
de suivre l'enfoncement progressif de ces militaires dans ce qui ressemble de
plus en plus à une psychose collective, à une effroyable explosion de violence,
de danger et de mort, à un délire permanent loin du calme pacifié des terres
américaines. Denis Johnson décrit à merveille ces différents état de folie, de
trouble de la personnalité dans lesquels tous les personnages finissent par
plonger à des degrés divers: impossibilité de mélanger réel et fantasmes,
volonté de doubler l'adversaire en l'imitant, panique face aux mutilations les
plus folles, horreur générale. De fait, la quatrième de couverture n'avait pas
menti: Johnson réussit à marier admirablement l'effarement métaphysique face à
l'horreur d'&lt;em&gt;Apocalypse Now&lt;/em&gt; et l'ampleur romanesque du &lt;em&gt;Voyage au
bout de l'enfer&lt;/em&gt; de Cimino. Ce qui fascine aussi, c'est la maîtrise
stylistique de l'auteur (et donc, pour moi qui ai lu &lt;em&gt;Arbre de fumée&lt;/em&gt; en
français, du traducteur), capable d'emporter son lecteur où bon lui semble,
quand bien même ce qui se joue ne tient pas tant dans l'histoire que dans la
façon dont les personnages se comportent face à elle: en décalage — Skip Sands
explose de rire face à un &lt;em&gt;viet-cong&lt;/em&gt; qu'éviscèrent sans pitié des
soldats revanchards—, en calculateurs —ainsi réfléchit Hao, Vietnamien au
service des Américain et en particulier du Colonel—, en têtes brûlées —James
Houston intègre une périlleuse patrouille de reconnaissance à longue portée.
Moins que l'histoire, ce sont les personnages qui fascinent: comment la guerre
transforme-t-elle le destin, le comportement et l'avenir de ceux qui y sont
&lt;em&gt;volens nolens&lt;/em&gt; plongés jusqu'au cou, comment la folie finit par
emporter tout un univers de raison que l'on croyait solide et qui ne cesse de
s'effriter à chaque combat meurtrier... &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si j'ai été emporté dans cet envoûtant maëlstrom littéraire, et quoique
je reconnaisse pleinement le talent de l'auteur et la puissance de son roman,
je dois cependant avouer que je suis resté peut-être un peu en dehors de
certains aspects: les personnages sont certes magnifiques de complexité, mais
l'histoire ne m'a pas convaincu: je n'ai pas retrouvé dans le récit le génie
des personnages, la  subtilité de leurs hésitations. J'ai plutôt lu
l'histoire comme un canevas relativement lâche sur lequel l'auteur a pu broder
ses nombreux personnages, et justement: tout convaincu que je fusse par ces
derniers, elle m'a peut-être échappé, je n'ai peut-être pas su en saisir toutes
les nuances...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>L'ombre du vent</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/05/29/L-ombre-du-vent</link>
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    <pubDate>Fri, 29 May 2009 17:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Lombreduvent_s.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;float: left; margin-top: 0; margin-right: 1em; margin-bottom: 1em; margin-left: 0;&quot; title=&quot;L'ombre du vent, mai 2009&quot; /&gt;Après m'être intéressé à &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2009/01/25/La-pluie-avant-qu-elle-tombe&quot;&gt;La pluie avant qu'elle
tombe&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, j'ai poursuivi mon parcours sinueux autour des mystérieux
phénomènes littéraro-météorologiques en lisant, cette fois-ci, &lt;em&gt;L'ombre du
vent&lt;/em&gt;, de Carlos Ruiz Zafon. Mal m'en a pris, car j'ai trouvé le livre
extrêmement mauvais: style plat comme la Hollande, personnages schématiques et
ridicules, manichéisme bébête (&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.coucoucircus.org:/da/generique.php?id=67&quot;&gt;au pays de Candy… il y a
des méchants et des gentils&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;), rebondissements rocambolesques,
histoire mâtinée d'un mystère peu captivant doté en sus d'explications
farfelues, révélations ridicules, etc. La liste est longue des carences qui
m'ont sauté aux yeux et fait plus d'une fois soupirer devant les trouvailles
lamentables de l'auteur. S'il fallait n'en retenir qu'une, ce serait clairement
cette écriture passe-partout, sans aucun style ni originalité, toute concentrée
sur la narration sans jamais la moindre prise de risque. Et je préfère ne pas
m'étendre sur ce qui constitue le récit même. Si j'en crois la quatrième de
couverture, l'auteur vient de la littérature jeunesse, et ça se sent
clairement: quoiqu'il semble prétendre s'adresser ici à des adultes, il n'a
rien perdu des trucs simplificateurs de ce type de littérature, où toutes les
ficelles sont bonnes —et, dans le cas présent, hénaurmes— pour accrocher le
lecteur. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai pu terminer le livre sans gros effort,
puisqu'en l'absence d'ambition littéraire, le texte avait au moins pour lui de
chercher une lisibilité optimale... Mais sans aucune nouveauté du côté de
l'écriture, encore moins du côté de l'histoire —très peu convaincante, avec ses
personnages irréalistes et ses révélations saugrenues. Rien pour s'émerveiller
ne serait-ce que le temps d'une page...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, oui ça se lit, mais la lassitude guette vite le lecteur: le texte est
absolument sans surprise, plat plat plat, et sans la moindre invention. Je veux
bien reconnaître du bout des lèvres que l'auteur sait aligner les phrases de
telle sorte que la lecture soit fluide, mais quelle pénibilité que d'avancer en
ce monde si peu intriguant, où tout est clairement martelé histoire pour qu'on
ne perde jamais le fil d'un récit sans réel intérêt! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est celle de Daniel Sempere qui, ayant découvert le livre
&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;L'ombre du
vent&lt;/span&gt; de Julian Carax, enquête sur son auteur mystérieusement disparu,
dont les livres se sont fait rarissimes depuis qu'un énigmatique personnage
s'est donné comme projet dément de les effacer de la surface de la terre... Or,
Daniel étant devenu un admirateur de la prose de Carax, veut sauver son œuvre
de l'oubli et essayer de comprendre la malédiction qui semble peser dessus. Et
nombreux seront les obstacles sur son chemin...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le début de l'œuvre semble lorgner vers le fantastique, puisque les
mystères entourant Carax sont mâtinés de phénomènes paranormaux, les
explications finales  —rationnelles quoique peu vraisemblables—
remettront les pendules à l'heure... Tout finit par se rejoindre, les morceaux
du puzzle mystérieux composé par l'auteur sont recollés, au prix cependant
d'incroyables retournements de situation, de personnages monolithiques et peu
crédibles, de dénouements tortueux et de hasardeux compromis. Un livre aussi
vite lu qu'il sera oublié...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS à la personne qui m'a offert ce livre: je suis désolé, mais malgré toute
la bonne volonté que j'ai pu mettre dans la lecture de &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;L'ombre du vent&lt;/span&gt;, j'en
suis vraiment sorti exaspéré... &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La route</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/05/17/La-route</link>
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    <pubDate>Sun, 17 May 2009 15:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Laroute_s.jpg&quot; alt=&quot;La route&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;La route, mai 2009&quot; /&gt;Je viens de
terminer &lt;em&gt;La route&lt;/em&gt;, de Cormac McCarthy. Étrangement, j'ai dû m'y
reprendre plusieurs fois avant vraiment d'entrer dans ce texte: le style
lancinant, répétitif et glaçant m'a au début rebuté, et par trois fois j'ai
donc reporté la lecture de l'ouvrage. J'entrai avec difficulté dans un monde
littéraire aride et froid, et ce n'est que lentement que j'ai pu m'acclimater à
cet univers sordide, à ce style épuré pour dire l'extrême noirceur d'une terre
finissante. Nous sommes après une énigmatique apocalypse, et tout n'est plus
que cendre, horreur et dévastation: les rares rescapés du désastre errent sur
la surface de la terre à la recherche d'aliments pour survivre, en essayant
d'éviter de rencontrer leurs semblables, vus non pas comme des frères mais
comme des ennemis potentiels qui pourraient les tuer, et même les manger. Et
dans ce paysage d'éternelle désolation, un père et son jeune enfant avancent
ainsi toujours vers le Sud, pour échapper aux rigueurs de l'hiver et entretenir
une faible lueur d'espoir, celle d'un ailleurs meilleur quand tout autour d'eux
n'est qu'étendue de désespoir et d'horreur. Contraints au mouvement pour éviter
de se laisser vaincre par le froid ou par d'éventuelles mauvaises rencontres,
ils parcourent une route de laideur monotone en cherchant avidement les
quelques éléments qui pourront les aider à survivre.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le talent du livre est de tenir tout entier dans le style —bravo au
traducteur—, puisque l'histoire tiendrait en six mots: un homme et son fils
avancent. De temps en temps, quelques événements horribles glacent le sang du
lecteur —McCarthy ne s'attarde jamais sur les détails, mais sait rendre en
quelques mots effrayants la terreur sourde de ces rencontres malheureuses. La
plupart du temps cependant, il ne se passe pas grand chose: terre brûlée, vent,
pluie, noirceur générale. Et un père qui tente de transmettre à son fils
quelques valeurs du monde d'avant la catastrophe, qui cherche à entretenir en
lui l'espoir, &amp;quot;le feu&amp;quot; au sein d'un monde détruit , où l'homme est souvent
réduit à une brute animalité. Survivre et ne pas céder, rester du côté des
&amp;quot;gentils&amp;quot; et se refuser à l'animalité des méchants. Parler, se protéger
mutuellement, et chercher le Sud en espérant que là-bas le monde sera plus
accueillant. Faire attention aux rêves du monde d'avant, trop dangereusement
illusoires, mais continuer à apprendre au fils les mots de choses aujourd'hui
disparues (les oiseaux, le bleu du ciel ou de la mer). Rester ensemble, envers
et contre tout ce qui constitue ce monde de mort. Et être constamment sur ses
gardes. Un homme et son fils: seule lueur d'espoir quand l'humanité a sombré
une nuit d'horreur. Et le talent littéraire pour nous y faire croire: car on
est captivé par leur destinée comme on est glacé par les descriptions
répétitives du monotone et aride univers qui les entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saura jamais ce qui a pu transformer en monstres de laideur, de
froideur et de haine le monde et les humains. McCarthy déroule une vision
noire, très noire de l'avenir; toutefois, en s'intéressant à ce couple
père-fils, il semble croire encore et malgré tout à la meilleure part des
hommes: quand tout a été détruit, l'amour paternel peut encore subsister; quand
l'homme est réduit au rang de bête, il reste encore la possibilité de choisir
l'amour plutôt que l'assouvissement de pulsions animales; quand la haine domine
le monde, on peut encore transmettre l'amour. Le livre se conclut même sur un
léger espoir, quoiqu'on soit quand même loin du &lt;em&gt;happy end&lt;/em&gt;
hollywoodien. Même ravagé par un noir pessimisme, l'auteur veut quand même
croire que l'homme peut éviter de sombrer dans l'animalité à laquelle
l'atrocité de l'apocalypse le pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier McCarthy que je lis. J'en lirai peut-être d'autres, mais je
crois que je vais attendre un peu avant de les attaquer —le temps de me
remettre de cette lecture peu joyeuse (et d'essayer aussi de réduire la longue
pile des livres que je compte lire). Car je pense qu'il me faudrait maîtriser
mieux son œuvre pour tenter de comprendre ce texte faussement simple: de fait,
tout épuré qu'il est, je n'arrive pas à trouver une prise pour y accrocher un
début d'analyse et d'interprétation; et j'ose espérer que connaître mieux
l'auteur me permettra de mieux comprendre le texte. Je suis en tout cas heureux
d'avoir rencontré un écrivain qui a un tel sens de l'épure et du style, et qui
sait rendre ainsi en très peu de mots tout un monde de désespoir —avec au
milieu une faible flamme d'amour.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le Bannissement</title>
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    <pubDate>Tue, 12 May 2009 20:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>Films (re)vus</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.lebannissement_s.jpg&quot; alt=&quot;Le Bannissement&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Le Bannissement, oct 2008&quot; /&gt;Revu
hier soir &lt;em&gt;Le Bannissement&lt;/em&gt;, d'Andreï Zviaguintsev. De l'auteur, j'avais
énormément apprécié &lt;em&gt;Le Retour&lt;/em&gt;, son premier film qui pour un coup
d'essai était un coup de maître —il reçut d'ailleurs le Lion d'Or à Venise,
chose exceptionnelle pour un film de débutant. C'était l'histoire de la
confrontation difficile d'un père distant avec ses enfants qu'il avait quitté
dix ans auparavant. On retrouve dans &lt;em&gt;Le Bannissement&lt;/em&gt; l'acteur qui
incarnait le père, Konstantin Lavronenko. Et justement, une des questions
majeures du film est celle de la paternité, envisagée sous un angle
métaphysique, voire théologique. Un autre abîme métaphysique qu'ouvre le film
concerne l'amour —le couple du film l'a perdu, peut-il espérer le retrouver?
Autour de ces enjeux très sommairement résumés nous est narré comment une
famille part à la campagne, et le drame qui la déchirera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Épure&amp;quot; est le mot qui résume formellement le film: jeu des acteurs froid,
dialogues brefs et peu nombreux, décors réduits à leur plus simple expression,
scénario d'une simplicité évangélique et d'une profondeur philosophique
abyssale. Il est d'autant plus difficile de rendre compte du film que ce qui
s'y joue, en raison sans doute de cette épure même, dépasse de beaucoup la
parole: derrière ces formes simplifiées à l'extrême, on plonge en fait dans des
vertiges métaphysiques dont il est extrêmement ardu de rendre compte. Aussi, en
raison de cette difficulté-même, je conseille tout simplement aux lecteurs de
se lancer dans ce film subtil, pour tenter de saisir les abîmes complexes dans
lesquels il nous plonge... et je m'arrête là.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x4axrr_le-bannissement-bandeannonce_shortfilms&amp;amp;related=1&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;316&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x4axrr_le-bannissement-bandeannonce_shortfilms&amp;amp;related=1&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;playerMode=embedded&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x4axrr_le-bannissement-bandeannonce_shortfilms&quot;&gt;
Le Bannissement : bande-annonce&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le couperet (le livre)</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/05/05/Le-couperet-%5BLe-livre%5D</link>
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    <pubDate>Tue, 05 May 2009 16:51:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Couperet_s.jpg&quot; alt=&quot;Le couperet&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Le couperet, mai 2009&quot; /&gt;Non, je n'ai
pas vu le film que Costa Gavras a tiré du roman de Westlake. Non, je n'avais
rien lu de Donald Westlake avant ce &lt;em&gt;couperet&lt;/em&gt;. Mais oui, je connaissais
le principe du livre, car je n'avais pas échappé lors de la sortie du film aux
résumés de l'intrigue donnés par les critiques ciné. Et c'est justement parce
que je connaissais ce principe que j'ai voulu lire le roman; car avant même de
l'ouvrir , je l'inscrivai d'emblée la liste de ce que j'appelle &amp;quot;mes lectures
anarchoïdes&amp;quot;, catégorie un peu fourre-tout où je range en vrac &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2009/03/19/Q&quot;&gt;L'œil de Carafa&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, Les livres de Ballard (&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/12/16/Que-notre-regne-arrive&quot;&gt;celui-ci&lt;/a&gt; par exemple),
&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2009/02/10/Glamorama&quot;&gt;Glamorama&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;American
Psycho&lt;/em&gt; de Bret Easton Ellis,&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/08/14/L-homme-de&quot;&gt;L'homme-dé&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, et peut-être même aussi
&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/07/30/Battle-Royale&quot;&gt;ce très mauvais roman&lt;/a&gt;. Et bien sûr
pleins d'autres que j'oublie. Ces romans, je les appelle &amp;quot;anarchoÏdes&amp;quot; parce
qu'ils racontent la subversion d'un ordre social au profit d'une revendication
politique plutôt radicale. Cela ne fait pas pour autant desdites lectures des
manifestes anarchistes &lt;em&gt;stricto sensu&lt;/em&gt; —et c'est pourquoi j'emploie le
néologisme &amp;quot;anarchoïde&amp;quot;. Mais elles ont ce point commun de raconter des formes
diverses de renversement d'une société par des moyens extrêmes.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Bref, c'est donc aussi pour allonger la liste de mes récits anarchoïdes que
j'ai choisi &lt;em&gt;Le couperet&lt;/em&gt;. L'idée géniale du roman est de prendre au mot
et de pousser à l'extrême les diktats du capitalisme libéral: Westlake raconte
en effet comment un cadre moyen, pour sortir d'un chômage qui commence à
s'éterniser dangereusement, décide d'éliminer physiquement les principaux
concurrents d'un poste qu'il lorgne et qu'il veut coûte que coûte occuper.
Méthodiquement, patiemment, froidement, il entend assassiner tous ceux qui ont
le malheur d'avoir un &lt;em&gt;curriculum vitæ&lt;/em&gt; trop proche du sien. Il s'agit
pour le narrateur d'appliquer à la lettre l'amoralité même de l'économie
capitaliste: &lt;em&gt;there is no alternative&lt;/em&gt;, la fin justifie les moyens, il
faut battre la concurrence, et autres fariboles qui constituent le socle
idéologique du néo-libéralisme. Il s'emploie donc à tuer tous ses rivaux afin
de gagner le &lt;em&gt;job&lt;/em&gt; qu'il désire ardemment; il s'agit d'un choix
rationnel extrêmement réfléchi, logique et justifié par la doctrine libérale
même. Le fait que l'histoire soit racontée à la première personne fait que le
lecteur s'identifie pleinement au meurtrier au point de partager ses craintes
lorsqu'il risque d'échouer, de souhaiter même qu'il ne soit pas découvert pour
qu'il puisse mener son projet glaçant à terme. C'est un précepte hitchcockien
parfaitement appliqué au roman: contraindre le récepteur d'une œuvre à
s'identifier à un moment ou à un autre —et ici pendant toute la lecture— au
coupable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réussite du livre ne tient pas seulement au fait que le roman parte d'un
principe brillant —prendre au mot les concepts amoraux du libéralisme— et
réussisse à s'y tenir jusqu'au bout. Il se trouve aussi que Westlake est un
auteur de polars et que ça se sent: son style est extrêmement efficace et sec,
tendu uniquement à une description précise des actions du narrateur. C'est à la
fois la force et la faiblesse du livre, à mon sens: on est captivé par le récit
grâce à cette efficacité propre aux meilleurs livres de genre, mais c'est
justement cette efficacité et la corollaire absence d'ambition stylistique qui
fait que je suis un chouïa déçu: j'ai beaucoup aimé l'intrigue, mais je n'ai
jamais eu à m'attarder pour contempler un style peut-être trop neutre. C'est
l'histoire plus que la façon dont elle est racontée qui est originale, et c'est
ce qui m'empêche de considérer le livre comme un chef-d'œuvre absolu. Il m'en
reste néanmoins un excellent souvenir de lecture, et je trouve décidement
l'idée directrice passionnante...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>I ❤ Chris Ware</title>
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    <pubDate>Tue, 05 May 2009 14:54:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
            
    <description>    &lt;object width=&quot;400&quot; height=&quot;225&quot;&gt;&lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=4412391&amp;amp;server=vimeo.com&amp;amp;show_title=1&amp;amp;show_byline=1&amp;amp;show_portrait=0&amp;amp;color=00adef&amp;amp;fullscreen=1&quot; /&gt;
&lt;p&gt;Voilà qui me donne envie de subitement replonger dans le recueil Quimby the
Mouse superbement édité en français à L'Association...&lt;/p&gt;
&lt;/object&gt;
&lt;div&gt;Voilà qui me donne envie de replonger dans &lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Quimby the Mouse&lt;/span&gt; superbement édité en France
à L'Association...&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Bouge pas, meurs et ressuscite</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/04/19/Bouge-pas-meurs-et-ressuscite</link>
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    <pubDate>Sun, 19 Apr 2009 13:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>Films (re)vus</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Bougepasmeursetressuscite_s.jpg&quot; alt=&quot;Bouge pas meurs et ressuscite&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Bouge pas meurs et ressuscite, avr 2009&quot; /&gt;Revisionnage hier soir de &lt;em&gt;Bouge
pas, meurs et ressuscite&lt;/em&gt;, premier film de Vitali Kanevski (1990). En 1947,
sous Staline, en Sibérie, près d’un camp de travail où sont parqués notamment
quelques prisonniers de guerre japonais (mais pas seulement), deux enfants,
l’intrépide garçon Valerka et la fille plus réfléchie Galia, apprennent à
survivre. La force du film semble venir de ses défauts même; ou plutôt de ce
qui dans un certain cinéma serait considéré comme des défauts: les cadrages et
les placements sont souvent approximatifs, on n’a pas une image léchée et
surtravaillée, le scénario est très elliptique. Mais là n’est pas l’essentiel
pour le réalisateur: ce qui compte, ce sont ces deux jeunes personnages
fabuleux de vitalité, d’innocence et d’imprévoyance dans un univers marqué par
la folie des adultes et la dureté des conditions de vie. Cela fait autant de
vie qui explose dans le cadre, autant de vitalité enfantine qui surgit au
mépris d’une construction linéaire et transparente du récit, mais au profit
d’une ravissante liberté de style conforme à l’insouciance enfantine qu’il
dépeint. En arrière-plan cependant, c’est un tableau guère réjouissant de la
Russie de l’après-guerre, des privations et des persécutions qu’elle opère
—tableau qui n’a été rendu possible que par la &lt;em&gt;glasnost&lt;/em&gt;
gorbatchevienne sous laquelle le film a pu se monter. On assiste à la folie des
hommes que le régime entend détruire, à la misère quotidienne, aux expédients
employés pour tenter de survivre au milieu d’une pauvreté générale. C’est
plutôt glauque, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au milieu de tout ça, il y a l’enfance, avec ses (grosses) bêtises et
ses inventions, face à des adultes plutôt absents —et plutôt durs, sinon fous,
dès lors qu’ils sont présents. Valerka, attachante graine de délinquant, et
Galia, son amie plus posée, sont joués par deux acteurs fascinants: ils ont un
naturel et une présence qui tient littéralement ce film. On s’attache aux
personnages bien plus qu’à l’histoire, pleine de trous, de non dits qu’il faut
savoir remplir: car ce sont les deux enfants le vrai sujet du film, et le
naturel incroyable avec lequel ils jouent a de quoi captiver indépendamment des
avancées du scénario. Scénario néanmoins très réussi, puisqu’il n’est jamais
lourdement didactique, et qu’il offre un panorama presque documentaire d’une
réalité historique longtemps tue dans le régime soviétique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À ranger dans la série des chefs-d’oeuvres sur l’enfance, aux côtés des
&lt;em&gt;400 coups&lt;/em&gt;, de &lt;em&gt;L’enfance nue&lt;/em&gt;, de &lt;em&gt;L’enfant sauvage&lt;/em&gt; et
&lt;em&gt;Allemagne année zéro&lt;/em&gt;. Et plein d'autres que j'oublie
certainement...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>American Tabloid</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/04/17/American-Tabloid</link>
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    <pubDate>Fri, 17 Apr 2009 19:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Americantabloid_s.jpg&quot; alt=&quot;American Tabloid&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;American Tabloid, avr 2009&quot; /&gt;Oui, ce
blog est quelque peu délaissé. Quoique rien ne me le certifie vraiment, j'ose
croire et espérer que je maintiendrai à partir de ce billet un rythme de
publication plus régulier... Une des principales raisons de cet abandon récent
(et que j'espère passager) tenait au fait que pendant quelque temps j'ai un peu
tergiversé quant à mes lectures, rejetant l'un après l'autre quelques pavés
pourtant bien entamés en raison d'un intérêt décroissant au fur et à mesure que
leur lecture avançait. Et pour pallier à cette baisse de régime, un jour je me
suis dit qu'une petite cure de romans policiers ne pourrait me nuire et
remettrait d'aplomb le lecteur las que je commençais à devenir. Bien m'en a
pris, puisqu'ayant commencé le premier des trois policiers achetés, je n'ai
plus décroché de l'écriture haletante et du récit passionnant avant d'avoir
fini les presque huit cents pages: &lt;em&gt;American Tabloid&lt;/em&gt;, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'auteur James Ellroy, j'avais auparavant lu &lt;em&gt;Le Dahlia Noir&lt;/em&gt;, qui
m'avait un peu déçu à cause de mon aversion profonde pour les
&lt;em&gt;whodunits&lt;/em&gt;; cela ne m'avait cependant pas empêché d'apprécier la
maîtrise narrative de l'auteur, mais, comme toujours, je restais peu convaincu
par l'immanquable résolution. Je n'avais cependant pas banni l'auteur de mes
futures lectures pour autant et c'est un peu par hasard que mon choix s'est
finalement porté sur &lt;em&gt;American Tabloid&lt;/em&gt;: un ami m'en avait certes vanté
autrefois les qualités, mais la taille du pavé n'était pas pour encourager le
lecteur hésitant que j'étais devenu. Heureusement, le souvenir des
recommandations de mon ami emporta ma décision...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L'histoire est impossible à résumer: les événements se succèdent au rythme
effréné des retournement d'alliances, des complots politiques et des
espionnages divers et variés. Pour simplifier à mort: à travers quelques
personnages rarement sympathiques, nous visitons les arrières-cuisines peu
reluisantes de la CIA, du FBI et de la présidence des États-Unis du 22 novembre
1958 au 22 novembre 1963. Et il s'en passe des belles: de collusions mafieuses
en conspirations anti-castristes —le débarquement raté de la Baie des Cochons
est étudié— nous parcourons cinq années d'histoire américaine plutôt
mouvementées. Trois personnages principaux: Ward Littell et Kemper Boyd, agents
du FBI; Pete Bondurant, brute épaisse et canadienne, séide d'un Howard Hugues
claustrophile, haineux et dément. Autour d'eux? Les frères Robert et John
Fitzgerald Kennedy, quelques boss mafieux, des agents de la CIA, des cubains
anti-castristes, des membres du Ku Kux Klan, Howard Hugues et l'odieux et
machiavélique John Edgar Hoover, patron du FBI. Les luttes d'influences,
conspirations politiques et des trafics crapuleux animent toutes leurs
relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est formidable, c'est que non seulement on reste scotché à
l'intrigue, mais qu'en plus on ne décroche jamais alors qu'elle ne cesse de se
complexifier —le petit moins étant cependant que l'on perd en psychologie des
personnages ce que l'on gagne en péripéties. James Ellroy est clairement un
narrateur hors pair, capable de rendre compte d'une situation et de ses
successifs retournements avec une économie de moyens impressionnante: un style
sec et rapide, sans fioritures, nous entraîne dans ce maquis touffu sans que
l'on s'y perde. En revanche, quoiqu'ils changent souvent de camp au cours de
l'intrigue, les personnages restent sommairement esquissés: il ne faut pas
attendre des créatures d'Ellroy de longues digressions introspectives sur leurs
parcours. C'est là la grande force et la petite faiblesse de ce roman: le récit
est admirablement mené, mais le lecteur gagne en efficacité du style ce qu'il
perd en analyse des hommes et de leurs actions. Aussi ne sort-on pas vraiment
du genre du récit d'espionnage, quoiqu'on prenne grand plaisir à s'y plonger;
et il manque donc un soupçon supplémentaire de génie pour que cette lecture
puisse rester imprimée dans l'esprit du lecteur. Car je suis persuadé que,
quoique je puisse garder le souvenir d'un grand plaisir de lecture, j'aurai
bien vite oublié personnages et intrigues principales.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>En attendant une plus fréquente actualisation...</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/04/06/En-attendant-une-plus-frequente-actualisation</link>
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    <pubDate>Mon, 06 Apr 2009 16:02:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Oui, oui, je sais, je délaisse ce blog depuis un certain temps. Bon histoire
d faire patienter les éventuels lecteurs, voici un rapide montage
d'@rretsurimages des vaines gesticulations de notre überprésident, qui nous
rappelle que ses promesses n'engagent que ceux qui veulent les croire...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x8v6q5_les-parachutes-dores-de-sarkozy-bes_news&amp;amp;related=1&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;316&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x8v6q5_les-parachutes-dores-de-sarkozy-bes_news&amp;amp;related=1&quot; /&gt;
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&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x8v6q5_les-parachutes-dores-de-sarkozy-bes_news&quot;&gt;
Les parachutes dorés de Sarkozy - Best of @si&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Q [L'oeil de Carafa]</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/03/19/Q</link>
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    <pubDate>Thu, 19 Mar 2009 23:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Q_s.jpg&quot; alt=&quot;Q&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Q, mar 2009&quot; /&gt;Luther Blissett, au
départ, est un obscur joueur de football ayant passé une saison courte et
plutôt ratée au Milan AC avant de sombrer dans l'oubli des épiphénomènes du
sport. Il a seulement laissé un bon souvenir aux &lt;em&gt;tifosi&lt;/em&gt;, mot qui dans
la péninsule est souvent synonyme d'&amp;quot;Italiens&amp;quot;. Luther Blissett? une étoile
filante, en somme. Restée dans le coeur de quelques irréductibles nostalgiques
d'un temps où Berlusconi n'avait pas encore commencé à envahir la Botte (il
allait racheter le Milan AC peu de temps après le départ dudit Luther Blissett
et commencer la carrière déplorable que l'on sait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début de l'an 1999, Luther Blissett n'est donc plus qu'un souvenir
présent dans la tête de quelques supporters doux rêveurs. Mais soudainement le
nom de l'éphémère footballeur va connaître une seconde vie: c'est notamment
sous ce pseudonyme qu'un groupe de quatre auteurs publie un roman historique
mystérieusement intitulé &lt;em&gt;Q&lt;/em&gt;. Un cinquième auteur se joindra peu après
au collectif, qui change alors de nom et signe désormais Wu Ming —jeu de mot en
chinois, puisque selon l'intonation le mot signifie &amp;quot;anonyme&amp;quot; et &amp;quot;cinq noms&amp;quot;.
De Wu Ming, j'avais lu &lt;em&gt;54&lt;/em&gt; il y a quelques années —malheureusement, le
livre n'a pas encore été traduit en français. C'était passionnant: le roman
imaginait qu'en l'an 1954, la CIA cherchait à rallier Tito au camp occidental,
profitant de la vacance de l'autorité soviétique après la mort de Staline, et
espérant ainsi marquer un point décisif dans la Guerre Froide encore naissante.
Pour ce faire, elle pensait faire produire à Hollywood un &lt;em&gt;biopic&lt;/em&gt;
autour du général yougoslave, et chargeait Cary Grant, pressenti pour le rôle,
d'aller rencontrer sa personne. Mais comme rien n'est jamais simple, des
supporters de foot bolognais, un téléviseur napolitain et quelques tueurs
mafieux allaient compliquer quelque peu ce projet original. Je garde encore
aujourd'hui un très agréable souvenir de ce roman, à la fois farfelu,
convaincant et réjouissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et récemment, je me suis dit qu'il serait bon que je me plonge dans le
premier roman collectif du groupe (et je n'exclus pas non plus de lire leur
dernier opus, &lt;em&gt;Manituana&lt;/em&gt;, fort alléchant si j'en crois le &lt;a href=&quot;http://www.manituana.com/&quot; hreflang=&quot;it&quot;&gt;site officiel&lt;/a&gt;). Ce livre de
&lt;em&gt;Q&lt;/em&gt;, donc. Sans doute pour éviter que le titre ne donne lieu au jeu de
mot foireux que je n'ai pu m'empêcher de faire, la traductrice française a
préféré intituler le roman &lt;em&gt;L'oeil de Carafa&lt;/em&gt;. Choix à mon sens
discutable: un pavé résumé en une seule lettre a de quoi intriguer plus
fortement le chaland que le nom finalement choisi. Mais passons —surtout que je
m'en fiche, j'ai lu le livre en italien...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le Q du titre, c'est le personnage qui signe de cette seule initiale ses
écrits et dont nous ne saurons jamais le vrai nom (et d'ailleurs, peu importe);
il est le dévoué agent secret du cardinal Giampietro Carafa, auquel il transmet
tous les renseignements qui lui semblent utiles pour appréhender les événements
qui se produisent dans l'Europe du XVIe siècle. Au début du roman, nous sommes
en Allemagne en 1518: Luther vient de publier ses thèses qui seront l'origine
du protestantisme, le pays entier est le lieu de disputes théologiques et de
révoltes politiques. Q est là où ça se passe, et en fidèle serviteur, il décrit
ce qu'il voit à son maître resté en Italie (d'où le titre français du livre)...
Mais, outre le renseignement, il cherche aussi à aider Carafa en essayant
d'influer le mieux qu'il peut sur le cours des événements: en bon machiavélien,
il sait combien il est important de maîtriser la &lt;em&gt;qualità de' tempi&lt;/em&gt;, la
qualité des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Q, c'est l'ennemi absolu, le retors et invisible agent qui ne cessera de
mettre des bâtons dans les roues au personnage principal, celui qui dit je tout
au long des 640 pages du récit. Lui n'a plus n'a pas de nom stable, il sera
contraint d'en changer au gré des péripéties tragiques qui marqueront sa vie
tourmentée par les soubresauts politiques et religieux auxquels il ne pourra
s'empêcher de prendre part. C'est un homme décidé, engagé, révolté, dès ses
études de théologie, et il prendra donc par aux révoltes des paysans et des
anabaptistes en Europe du Nord dès sa prime jeunesse. Nous assistons ainsi à
quarante ans de mouvements politiques et religieux, narrés la plupart du temps
par le protagoniste, dont le récit est cependant entrecoupé par les lettres que
Q envoie à Son Eminence Carafa —contrepoint glaçant et machiavélique des
enthousiasmes parfois ingénus qui agitent le héros. Nous traversons ce seizième
siècle de bruit et de fureur où, au-delà des protestantismes luthérien et
calviniste qui ne sont pas le principal centre d'intérêt des auteurs, ont lieu
des tentatives audacieuses de renouvellement radical du discours politique et
religieux. Tentatives au cours desquelles s'affrontent papistes et
anti-papistes, et, souvent sans qu'ils s'en rendent compte, nos deux
personnages sans nom, Q et &amp;quot;je&amp;quot;. Comment évolueront leurs combats dans cette
période fort instable où bien malin est celui qui peut prédire le sens de
l'histoire?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'avais pas éprouvé un tel plaisir de lecture depuis, au moins,
&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/08/14/L-homme-de&quot;&gt;L'homme dé&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. Ce n'est pas que
les romans que j'ai lu depuis— et je n'ai pas pris en compte les bandes
dessinées— m'aient ennuyé: mais c'est que j'ai retrouvé ici le même réjouissant
mélange d'érudition et de divertissement. &lt;em&gt;L'homme-dé&lt;/em&gt; imaginait la
connexion farfelue entre la pensée psychanalytique et un comportement asocial
et volontairement déviant. &lt;em&gt;Q&lt;/em&gt; ajoute à sa savante reconstitution de
luttes politiques audacieuses qui font partie, hélas, des grandes oubliées de
l'histoire, une construction en forme de &lt;em&gt;thriller&lt;/em&gt; captivant: non
seulement on prend plaisir à s'instruire de questions politiques et historiques
dont on ignorait tout avant d'ouvrir le livre, mais en plus on se passionne au
fur et à mesure que l'on tourne les pages pour cette narration brillante qui
raconte la confrontation de deux forces, de deux pensées, et, au finale, de
deux personnes, dont on est impatient de découvrir les formes qu'elle
prendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, au-delà de la révolte des paysans, de la querelle des anabaptistes
ou de la diffusion clandestine du livre &lt;em&gt;Il Beneficio di Cristo&lt;/em&gt; ( ce
sont les trois principales luttes racontées dans le livre), on peut être
fortement tenté —et je cède ainsi à la tentation— de lire cette description de
luttes politiques comme une métaphore de celles de notre présent: de même que
les anabaptistes s'opposaient à la toute-puissance de Rome comme à la fausse
rébellion luthérienne, qui n'est que l'instauration symétrique d'un autre ordre
pour remplacer celui auquel il s'oppose, de même aujourd'hui certains
altermondialistes s'opposent à l'ordre néolibéral (lequel est d'ailleurs
vacillant en raison de la crise: oscillation passagère ou prélude à
l'effondrement?) comme à la gauche molle qui tente d'en circonvenir les abus
sans remettre en cause profondément son système même. Il serait toutefois
réducteur de réduire ce brillant livre qu'est &lt;em&gt;Q&lt;/em&gt; à un simple roman à
clefs, et c'est pourquoi, toute pertinente que puisse être cette lecture, elle
est loin d'être exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, ô joie, ô bonheur, ô extase des cinq sens: le livre est publié
sous licence &lt;a href=&quot;http://www.wumingfoundation.com/italiano/outtakes/copyleft_french.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Copyleft&lt;/a&gt;! Ce qui veut dire,ô cher lecteur qui as pris la
peine de lire jusqu'au bout ce long billet, que &lt;strong&gt;tu peux télécharger
gratuitement le roman sur le ouaibe pour le lire sans sortir ton portefeuille!
C'est &lt;a href=&quot;http://www.wumingfoundation.com/italiano/downloads_ita.htm&quot;&gt;là&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
Bon, le problème, c'est que, bien qu'il ait été traduit en français, &lt;em&gt;Q&lt;/em&gt;
n'est pas téléchargeable dans cette langue (alors qu'il l'est dans d'autres
traductions: c'est un SCANDALE!). Donc, pour contribuer financièrement aux
droits des auteurs (et de la traductrice), tu n'as d'autre choix si tu
souhaites ardemment lire &lt;em&gt;Q&lt;/em&gt; —mais que tu maîtrises seulement le
français— que d'aller acheter &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/dp/2020400669&quot;&gt;le
bouquin sur amazon&lt;/a&gt;. Ou tu peux gueuler auprès des auteurs en allant
&lt;a href=&quot;http://www.wumingfoundation.com/&quot;&gt;sur leur site&lt;/a&gt; et en exprimant
tout ton mécontentement pour le fait qu'il soit impossible de télécharger sans
bourse délier &lt;em&gt;L'oeil de Carafa&lt;/em&gt; alors que d'autres langues ont droit à
une version copyleft des traductions (mais je doute que ça change grand chose).
Ou enfin, tu peux te mettre à apprendre l'italien pour résoudre ce petit
problème... En tout cas, je conseille vivement cette lecture. Tu ne sais pas ce
que tu perds en l'évitant!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus sur ces Luther Blissett et Wu Ming, cet &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/wu-ming-aucun-pays-n-est-a-l-abri-de-devenir-un-peu-l-italie&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;article&lt;/a&gt; de Rue89 offre une parfaite introduction.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Alpha</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/02/13/Alpha</link>
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    <pubDate>Fri, 13 Feb 2009 22:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Alpha_s.jpg&quot; alt=&quot;Alpha&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Alpha, fév 2009&quot; /&gt;&lt;em&gt;Alpha
…directions&lt;/em&gt; est un Objet BD Non Identifié: le livre ne ressemble vraiment
à rien de ce qui se fait en bande dessinée. Ce qui ne l'empêche pas d'être un
projet artistique terriblement ambitieux: premier (gros) volume d'une trilogie
(suivront &lt;em&gt;Beta&lt;/em&gt;, puis &lt;em&gt;Gamma&lt;/em&gt;), le livre retrace rien moins que
ce qui s'est passé de la naissance de l'Univers jusqu'à l'apparition de
l'homme. 14 milliards d'années racontés en 350 pages, ce qui fait une moyenne
de 40 millions d'années par page, et 7 millions d'années par case. Mais on
parcourt cette cosmogonie en bande dessinée avec un grand plaisir esthétique:
d'abord parce l'auteur dessine incroyablement bien; ensuite, parce que
&lt;em&gt;Alpha&lt;/em&gt; ne se contente pas de proposer une vulgarisation scientifique en
cases: c'est surtout un projet artistique monstrueux, non seulement par
l'ampleur du sujet, mais surtout parce que les vignettes des différents stades
de l'évolution —de l'univers,de notre planète, et des différents êtres qui la
peupleront— sont toujours juxtaposées à diverses œuvres d'art —appartenant à un
très large éventail qui va de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Sandro_Botticelli_046.jpg&quot;&gt;La Naissance
de Venus&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sandro_Botticelli&quot;&gt;Botticelli&lt;/a&gt; à la &lt;a href=&quot;http://www.bulledair.com/index.php?rubrique=album&amp;amp;album=lamouche&quot;&gt;Mouche&lt;/a&gt;
de &lt;a href=&quot;http://www.lewistrondheim.com&quot;&gt;Trondheim&lt;/a&gt; en passant par
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:The_Great_Wave_off_Kanagawa.jpg&quot;&gt;la
grande vague de Kanagawa&lt;/a&gt; d'&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Katsushika_Hokusai&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Hokusai&lt;/a&gt;. En
superposant ainsi au récit de notre Terre différentes représentations visuelles
des mystères de la nature l'auteur questionne les vertiges métaphysique de
l'infiniment grand et de l'infiniment petit, le mystère de l'apparition de la
vie, la misère de notre finitude au sein d'un vaste univers où nous ne sommes
que poussière. Les textes ne racontant que l'histoire de notre monde, c'est
uniquement à travers les images et leur superposition qu'il fait surgir ces
questionnements.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Et puis, je ne boude pas non plus mon plaisir: j'avoue humblement que j'ai
en plus appris plein de trucs. J'ignorais ainsi que, dans la longue histoire de
l'évolution des formes de vie, les dinosaures n'étaient pas les seules espèces
à s'être éteintes subitement. La fin du paléozoïque cambrien ou celle du
paléozoïque permien, par exemple, ont également été marquées par de brutales
réductions de la biodiversité. Bon, dit comme ça, ça nous fait une belle jambe,
mais quand on est plongé dans l'ouvrage on sort fasciné par ce récit
cosmogonique clairement raconté, et on ne cesse d'interroger les rapprochements
que l'auteur fait entre les images. Chaque page est une merveille, ce qui fait
que l'on s'attarde dessus bien plus que pour une bande dessinée qui
rechercherait plus classiquement l'efficacité du dessin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le disais au début, ce livre est vraiment un OBDNI, et rien que
pour ça il vaut le détour. Oui, la bande dessinée, ce ne sont pas que les
petits miquets, des séries interminables dans des genres surexploités
(&lt;em&gt;heroic fantasy&lt;/em&gt;, espionnage, policiers, etc) ou des héros devenus
aujourd'hui complètement séniles à force de mauvais épisodes interminablement
proposés (&lt;em&gt;Astérix&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Lucky Luke&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Ric Hochet&lt;/em&gt;, liste
hélas non exhaustive). Le neuvième art peut en vrac nous offrir des utopies
(&lt;em&gt;L'An 01&lt;/em&gt;), des dystopies (&lt;em&gt;Akira&lt;/em&gt;), des biographies (&lt;em&gt;Fritz
Haber&lt;/em&gt;), des autobiographies (&lt;em&gt;Approximativement&lt;/em&gt;), des contes
satiriques (&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/12/20/Pinocchio-de-Winshluss&quot;&gt;Pinocchio&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;) et mille autres
choses encore. Dont cette cosmogonie étonnante qui a en outre le mérite de sa
pédagogie. Du point minuscule de la première page (d'où naîtra le Big bang) au
javelot de la dernière case (lancé par l'homme, qui apparaît dans la page
précédente), j'ai parcouru captivé ce récit de notre cosmos très intelligemment
mis en images. J'ajoute que dans sa postface et ses annexes, l'auteur explique
en quoi ce projet a aussi une dimension éminemment personnelle: les esquisses
et dessins d'enfants montrent que dès son plus jeune âge, Jens Harder était
fasciné par l'histoire de la terre, par l'étude des animaux en général, des
dinosaures aux arthropodes. En outre, il a également publié un &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.editionsdelan2.com/article.php3?id_article=30&quot;&gt;Léviathan&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;
(que je 'ai pas lu), preuve s'il en fallait de son intérêt pour les formes
animales monstrueuses et les métaphores qu'elles suggèrent. Et qu'il ne cesse
de suggérer par les rapprochements audacieux qu'il établit entre les œuvres
d'art très variées et les nombreuses étapes de l'évolution de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en plus, ce n'est pas fini! En effet, un petit &lt;em&gt;teasing&lt;/em&gt; final
nous met l'eau à la bouche:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le prochain tome &lt;em&gt;Beta …civilisations&lt;/em&gt; &amp;quot;se penchera sur l'évolution
de l'homme et de ses civilisations sur une période de 5 millions d'années,
jusqu'à aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et le troisième tome alors?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La dernière partie de la trilogie, &lt;em&gt;Gamma …visions&lt;/em&gt;, s'intéressera
aux visualisations du futur&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Vu l'ampleur de la tâche, il faudra attendre un certain temps avant la
publication de ces deux prolongements... Mais tout ça a l'air extrêmement
alléchant. Et, décidément, cette oeuvre est bien inclassable...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Glamorama</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/02/10/Glamorama</link>
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    <pubDate>Tue, 10 Feb 2009 15:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Glamorama_s.jpg&quot; alt=&quot;Glamorama&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Glamorama, fév 2009&quot; /&gt;J'avais
découvert Bret Easton Ellis avec &lt;em&gt;American Psycho&lt;/em&gt;, roman dans lequel il
prenait pour personnage principal un exemple de réussite sociale selon les
critères contemporains où le paraître l'emporte sur l'être, où la marque est
plus importante que la personne, où l'argent exhibé est le seul critère
d'appréciation: bref, un &lt;em&gt;golden boy&lt;/em&gt; de Wall Street dans les années
1980 nommé Patrick Bateman. Et il imaginait que derrière cette façade chic en
toc se dissimulait un horrible et sadique &lt;em&gt;serial killer&lt;/em&gt;. Ou comment
relier la vacuité du succès mondain et l'abjection morale en un même
personnage, et dans un roman qui proposait à la fois une froide description de
l'horreur post-moderne et une écriture de plus en plus délirante pour rendre la
folie de l'époque et du &lt;em&gt;yuppie&lt;/em&gt; qui l'incarne. &lt;em&gt;American Psycho&lt;/em&gt;
m'ayant séduit, je décidai ensuite de lire le tout premier roman de l'auteur,
&lt;em&gt;Moins que zéro&lt;/em&gt;, où, quoique je reconnusse son talent stylistique, je
fus déçu, car le récit m'apparaissait aussi vain que les personnages dont il
entendait pourtant dénoncer l'insondable vacuité. Et puis, au hasard d'une
habituelle flânerie dans une librairie, je n'ai pu céder à la soudaine
tentation d'acheter &lt;em&gt;Glamorama&lt;/em&gt; (alors que j'ai une liste ultra-longue
de livres à lire et que c'est pas très malin de l'allonger encore). Et je l'ai
dévoré...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;À l'heure du bling-bling clinquant et du sarkozysme triomphant, qu'il est
bon de lire ce long &lt;em&gt;bad trip&lt;/em&gt; halluciné du narrateur, Victor Ward, de
New York à Paris, de &lt;em&gt;night-clubs&lt;/em&gt; en boîtes de nuit, de &lt;em&gt;people&lt;/em&gt;
en vanités. Bret Easton Ellis réussit à merveille à rendre l'agitation
frénétique quoique improductive du vaste monde des couvertures de magazines de
mode, des top-models, des clips et de MTV: à l'heure de la mondialisation,
c'est ce genre de &lt;em&gt;fast-culture&lt;/em&gt; creuse qui traverse les espaces, une
sorte d'éternelle spirale du vide &lt;em&gt;mainstream&lt;/em&gt; dans laquelle le
protagoniste s'enfonce. À ses risques et périls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car cette dénonciation morale d'une vanité contemporaine se double chez
Ellis d'un message politique: en reliant cette dictature de l'apparence et du
&lt;em&gt;glamour&lt;/em&gt; au terrorisme contemporain, il décrit un monde globalisé où la
seule possibilité d'expression politique des frustrations qu'engendre le
&lt;em&gt;marketing&lt;/em&gt; est la terreur la plus sauvage. Ressort du livre une
subversion anarchoïde de la vanité tant décriée, qui se superpose d'ailleurs à
la douce subversion du récit par l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Ellis joue en virtuose avec les codes du roman, nous plongeant avec
talent dans un maelstrom de plus en plus délirant: on ne sait jamais si nous
sommes au sein de la réalité de la diégèse ou dans les visions hallucinantes et
hallucinées du personnage principal, toujours plus shooté à mesure que le récit
avance —quoique, pour être honnête, il consomme moins de coke que Patrick
Bateman dans &lt;em&gt;American Psycho&lt;/em&gt;; son truc à lui, c'est plutôt le Xanax.
Le récit éclate en une myriade de saynète contées comme dans un compte à
rebours permanent (la numérotation des chapitres est inversée dans la plupart
des parties), rempli d'explosions de styles, de corps et de personnages. Pour
autant, tout désorientant que puisse être la construction en apparence
anarchique du roman, on ne lâche jamais prise et on prend plaisir à se perdre
dans les méandres de ce monde déliquescent que la prose de Ellis prend plaisir
à subvertir. J'ai été heureusement emporté dans ce monde glaçant et
parfaitement rendu par une narration sans cesse précaire, toujours plaisamment
déstabilisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après pour être vraiment honnête, et bien que je ne me sois jamais ennuyé à
la lecture du livre, je pense que, comme d'ailleurs &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/10/14/La-fille-sans-qualites&quot;&gt;La Fille sans qualités&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, le
roman n'aurait rien perdu de sa force ni de son éclat si l'oeuvre avait été
écourtée de quelques centaines de pages. Certes la répétition de scènes
sembables est un moyen stylistique de rendre compte de la vanité de ce monde
qui tourne à vide; mais il est vrai aussi qu'un élagage n'eût sans doute pas
nui à l'ampleur et la force du propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS/&lt;em&gt;Private joke&lt;/em&gt;: en hommage à un ami qui m'a reproché d'employer
trop souvent des mots étrangers dans ce blog, je me suis efforcé de caser le
plus de mots anglais possibles.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Vertiges</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/02/05/Vertiges</link>
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    <pubDate>Thu, 05 Feb 2009 14:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Vertiges_s.jpg&quot; alt=&quot;Vertiges&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Vertiges, fév 2009&quot; /&gt;C'est grâce à
Enrique Vila Matas que j'ai découvert W. G. Sebald —je me rends compte
d'ailleurs que j'ai fait une trop courte recension de ma lecture du
&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/03/06/Le-mal-de-Montano&quot;&gt;mal de Montano&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, alors
que des mois après j'en garde le souvenir d'un livre fondamental pour dire ce
qu'est la littérature. J'ai commencé par lire &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/06/03/Les-emigrants&quot;&gt;Les émigrants&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, puis j'ai dévoré
&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/06/16/Les-Anneaux-de-Saturne&quot;&gt;Les anneaux de
Saturne&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. Sebald m'est apparu comme une valeur sûre pour moi, un peu
comme peuvent l'être aussi Modiano ou Jonathan Coe (bien que malheureusement il
ait moins publié qu'eux): je ne sors jamais déçu de la lecture de leur prose.
C'est donc certain de passer un agréable moment en compagnie d'un auteur aimé
que je me suis lancé dans &lt;em&gt;Vertiges&lt;/em&gt;... Et bizarrement, j'ai fini par
traîner cette lecture comme un boulet, comme si c'était une tâche ingrate que,
pour je ne saurais dire quelles raisons, je voulais mener à son terme. Et c'est
péniblement que j'ai donc achevé cette lecture, ayant perdu tout intérêt pour
les récits de Sebald qui dans les précédents livres avaient pourtant emporté ma
complète adhésion de lecteur fasciné. Pourquoi ce soudain changement vis-à-vis
de la prose de l'auteur? Je ne saurais dire si ma déception et mon désintérêt
pour le livre sont liés à des défauts du livre ou à ma seule attitude de
lecteur —peut-être suis-je dans une phase de pause vis-à-vis de la lecture et
les &lt;em&gt;Vertiges&lt;/em&gt; de Sebald auront fait les frais de cet arrêt momentané
lié à des circonstances que je ne saurais préciser plus avant.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Via quelques itinéraires, Sebald nous raconte sa maladie de la littérature
(et les vertiges qu'elle lui occasionne) tandis qu'il reparcoure les chemins
italiens que Kafka a traversé et dont il nous fait d'ailleurs un compte rendu
détaillé. La dernière partie de ce livre apparemment décousu et dont j'ai fini
par perdre le fil en raison de ma difficile avancée dans ses méandres est une
réminiscence de l'univers de l'enfance de l'auteur, dont je n'ai pas saisi
vraiment les rapports avec ce qui précédait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je suis déçu d'avoir été déçu par ce Sebald, de n'avoir pas su
mobiliser mon attention sur le sinueux chemin littéraire où voulait me guider
l'auteur, de n'être pas entré dans ce livre comme j'étais entré dans les
précédents. Je n'ai pas retrouvé l'alchimie mystérieuse qui faisait la beauté
des autres livres que j'ai lu de lui. Je n'ai pas pris de plaisir à entrer dans
ce labyrinthe littéraire extrêmement raffiné, je m'en suis éloigné au fur et à
mesure de ma progression dans les récits. Bref, je suis resté étranger à ce
livre, et je ne puis dire si la faute en revient au livre ou à moi, quoique je
penche pour la seconde réponse. C'est toujours dommage de passer un côté d'un
livre, surtout quand l'auteur est quelqu'un que l'on apprécie.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La pluie, avant qu'elle tombe</title>
    <link>http://www.hurluberlu.fr/post/2009/01/25/La-pluie-avant-qu-elle-tombe</link>
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    <pubDate>Sun, 25 Jan 2009 12:40:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.Lapluieavantquelletombe_s.jpg&quot; alt=&quot;La pluie, avant qu'elle tombe&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;La pluie, avant qu'elle tombe, jan 2009&quot; /&gt;J'aime beaucoup les romans de
Jonathan Coe. J'ai découvert l'auteur avec &lt;em&gt;Testament à l'anglaise&lt;/em&gt;, et
depuis j'ai lu quasiment tous ses livres (il me reste encore à lire &lt;em&gt;La
femme de hasard&lt;/em&gt;) Si je suis plutôt reservé quant à &lt;em&gt;Une touche
d'amour&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Les nains de la mort&lt;/em&gt; qui ne m'ont pas laissé un grand
souvenir, je tiens &lt;em&gt;La maison du sommeil&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Testament à
l'anglaise&lt;/em&gt; pour des chefs-d'œuvres, qui m'ont procuré de très grands
plaisirs de lecture. Son dernier diptyque —&lt;em&gt;Bienvenue au club&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le
cercle fermé&lt;/em&gt;— était peut-être un cran au-dessous, mais j'ai tout de même
dévoré avidement les deux pavés, qui restent également d'agréables souvenirs.
Et, comme cela avait été le cas avec pour son précédent &lt;em&gt;Cercle fermé&lt;/em&gt;
que j'avais lu dès sa sortie ou peu s'en faut (grâce à un ami qui me l'avait
gentiment offert), c'est dès qu'il est sorti que je me suis lancé dans la
lecture de son dernier roman, intitulé &lt;em&gt;La pluie, avant qu'elle tombe&lt;/em&gt;.
Que j'ai dévoré presque aussi vite que les précédents livres.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Coe délaisse ici les brillantes constructions d'échos et de coïncidences
enchevêtrés pour un récit épuré, resserré autour de la voix de Rosamond,
vieille femme décédée qui transmet aux générations futures, et tout
spécialement à Imogen, une lointaine et mystérieuse parente, une histoire
familale complexe et douloureuse, sur des cassettes enregistrées peu avant sa
mort. Sur la majorité des pages c'est donc une voix d'outre-tombe qui narre les
événements marquants d'une vie, résumés par vingt photos choisies par elle pour
ce qu'elles enserrent derrière les sourires souvent trompeurs des personnes
représentées. Car une photographie, saisissant un vague instant que l'on
imagine heureux en raison du bonheur affiché des proches réunis, ment: derrière
l'instantané trompeur sont enfouis tensions, rivalités, épisodes malheureux. Et
aussi quelques moments de béatitude complets résumés par la poétique expression
du titre: &amp;quot;la pluie, avant qu'elle tombe&amp;quot;, expression enfantine que reprend
Rosamond pour résumer un jour enchanté qui lui offrit une immense et simple
joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de dénonciations politiques comme on pouvait en trouver dans &lt;em&gt;Le
cercle fermé&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Testament à l'anglaise&lt;/em&gt;. Pas non plus de
ribambelle de personnages allant et venant dans d'amusants chassés-croisés
orchestrés par Coe, comme c'était le cas dans &lt;em&gt;La maison du sommeil&lt;/em&gt;.
Mais une prose qui a le raffinement de l'épure et la pureté du diamant; une
simplicité nouvelle chez l'auteur: si on retrouve quelques uns de ses &amp;quot;trucs&amp;quot;
narratifs —une énigme qui ne sera dévoilée qu'à la fin (qui est Imogen?), un
récit qui recouvre un long laps de temps, etc.—, ils passent cette fois-ci au
second plan au profit des descriptions d'images et des petites histoires
qu'elles sous-entendent: ce qui compte au final, c'est le seul style de
l'auteur.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La vie secrète de E. Robert Pendleton</title>
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    <pubDate>Wed, 14 Jan 2009 16:54:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Hurluberlu</dc:creator>
        <category>livres (re)lus</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hurluberlu.fr/public/./.LaviesecretedeERobertPendleton_s.jpg&quot; alt=&quot;La vie secrète de E. Robert Pendleton&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;La vie secrète de E. Robert Pendleton, jan 2009&quot; /&gt;J'ai du mal à adhérer
entièrement au genre du &lt;em&gt;whodunit&lt;/em&gt;, car je sors toujours déçu du moment
où le coupable est enfin démasqué: ses mobiles me paraissent toujours
dérisoires, sa découverte futile, l'explication peu convaincante. Et pourtant
je continue à lire des &lt;em&gt;whodunit&lt;/em&gt; en espérant à chaque lecture ne pas
sortir déçu par la révélation finale. Vain espoir: si bon que puisse être le
livre (par exemple &lt;a href=&quot;http://www.hurluberlu.fr/post/2008/06/11/Laffaire-de-Road-Hill-House&quot;&gt;celui-ci&lt;/a&gt;), lorsque l'énigme
est résolue je trouve l'explication toujours douteuse. Et ça n'a donc pas raté
avec cette &lt;em&gt;Vie secrète de E. Robert Pendleton&lt;/em&gt; (titre moins beau que
l'original &lt;em&gt;Death of a Writer&lt;/em&gt;), auquel pourtant je reconnais
d'indéniables qualités: la découverte ultime du coupable me semble minable par
rapport aux problématiques plus larges abordées dans ce bouquin.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;E. Robert Pendleton est un écrivain raté qui subsiste en donnant des courts
de &lt;em&gt;creative writing&lt;/em&gt; dans l'université pourrie de Bannockburn. Le jour
ou Allen Horowitz, un ancien camarade devenu désormais un auteur à succès, est
invité à y donner un cycle de conférences, Pendleton tente de se suicider. Une
étudiante décide alors de consacrer sa thèse à l'œuvre romanesque de ce
dernier, et découvre dans la cave dudit Pendleton un roman qu'il avait publié à
compte d'auteur, dont il avait sciemment dissimulé l'existence à ses proches.
Avec l'aide d'Horowitz, elle réusira à le faire publier chez un vrai éditeur,
et le livre obtiendra un succès aussi bien critique que public. Sauf que...
sauf que le livre raconte l'accomplissement d'un meurtre d'enfant qui ressemble
étrangement à un fait divers non résolu advenu dans les environs... Or, le
livre a été publié &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; la découverte du corps. Le roman de Pendleton
est-il vraiment une fiction, ou est-ce la confession glaçante d'un tueur
d''enfant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande force du livre, c'est l&amp;quot;épaisseur de ses personnages: motivations
complexes, doutes, faiblesses et forces nous sont admirablement décrits. Chacun
a ses zones d'ombre qu'il tente de cacher aux autres, chacun traverse une crise
qu'il tente de surmonter au milieu de cette affaire sordide dans laquelle ils
sont, de près ou de loin, impliqués. Ainsi Adi, l'étudiante, se drogue-t-elle
pour tenter d'échapper à un sentiment oppressant de culpabilité; Ryder,
l'inspecteur enquêtant sur l'affaire, est empêtré dans des problèmes familiaux
qu'il reporte sur son travail; Horowitz lui-même, nonobstant son indécente
réussite, n'est pas exempt de manques et de remords. De plus, la description du
petit monde universitaire de Bannockburn, rongé par les querelles mesquines,
les problématiques stériles et gangrené par le fric, est plutôt bien vue,
certains passages sont même très grinçants. Et puis, j'ai le livre se dévore
agréablement sans pour autant que les ficelles ne soient trop voyantes:
l'auteur sait se faire discret, laissant plus de pages à la profondeur des
personnages aux dépens d'une progression de l'intrigue qui n'est pas pour
autant oubliée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ya a quand même ce satané défaut des &lt;em&gt;whodunits&lt;/em&gt;: la fin,
décevante, forcément décevante, bien qu'elle fasse preuve d'une certaine
originalité. Toutefois, le lecteur a eu le temps de soupçonner de nombreux
personnages, de questionner chacun des personnages interrogés par Ryder, et,
comme dans &lt;em&gt;Twin Peaks&lt;/em&gt;, de détecter sous le vernis de cette Amérique
banale, les histoires enfouies d'amour, de haine et de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, une bonne petite lecture, quoique le genre &lt;em&gt;whodunit&lt;/em&gt;
décidément ne me convienne pas.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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