Vertiges
Par Hurluberlu le jeudi 5 février 2009, 14:10 - livres (re)lus - Lien permanent
C'est grâce à
Enrique Vila Matas que j'ai découvert W. G. Sebald —je me rends compte
d'ailleurs que j'ai fait une trop courte recension de ma lecture du
mal de Montano, alors
que des mois après j'en garde le souvenir d'un livre fondamental pour dire ce
qu'est la littérature. J'ai commencé par lire Les émigrants, puis j'ai dévoré
Les anneaux de
Saturne. Sebald m'est apparu comme une valeur sûre pour moi, un peu
comme peuvent l'être aussi Modiano ou Jonathan Coe (bien que malheureusement il
ait moins publié qu'eux): je ne sors jamais déçu de la lecture de leur prose.
C'est donc certain de passer un agréable moment en compagnie d'un auteur aimé
que je me suis lancé dans Vertiges... Et bizarrement, j'ai fini par
traîner cette lecture comme un boulet, comme si c'était une tâche ingrate que,
pour je ne saurais dire quelles raisons, je voulais mener à son terme. Et c'est
péniblement que j'ai donc achevé cette lecture, ayant perdu tout intérêt pour
les récits de Sebald qui dans les précédents livres avaient pourtant emporté ma
complète adhésion de lecteur fasciné. Pourquoi ce soudain changement vis-à-vis
de la prose de l'auteur? Je ne saurais dire si ma déception et mon désintérêt
pour le livre sont liés à des défauts du livre ou à ma seule attitude de
lecteur —peut-être suis-je dans une phase de pause vis-à-vis de la lecture et
les Vertiges de Sebald auront fait les frais de cet arrêt momentané
lié à des circonstances que je ne saurais préciser plus avant.
Via quelques itinéraires, Sebald nous raconte sa maladie de la littérature (et les vertiges qu'elle lui occasionne) tandis qu'il reparcoure les chemins italiens que Kafka a traversé et dont il nous fait d'ailleurs un compte rendu détaillé. La dernière partie de ce livre apparemment décousu et dont j'ai fini par perdre le fil en raison de ma difficile avancée dans ses méandres est une réminiscence de l'univers de l'enfance de l'auteur, dont je n'ai pas saisi vraiment les rapports avec ce qui précédait.
En fait, je suis déçu d'avoir été déçu par ce Sebald, de n'avoir pas su mobiliser mon attention sur le sinueux chemin littéraire où voulait me guider l'auteur, de n'être pas entré dans ce livre comme j'étais entré dans les précédents. Je n'ai pas retrouvé l'alchimie mystérieuse qui faisait la beauté des autres livres que j'ai lu de lui. Je n'ai pas pris de plaisir à entrer dans ce labyrinthe littéraire extrêmement raffiné, je m'en suis éloigné au fur et à mesure de ma progression dans les récits. Bref, je suis resté étranger à ce livre, et je ne puis dire si la faute en revient au livre ou à moi, quoique je penche pour la seconde réponse. C'est toujours dommage de passer un côté d'un livre, surtout quand l'auteur est quelqu'un que l'on apprécie.
