Après m'être intéressé à La pluie avant qu'elle tombe, j'ai poursuivi mon parcours sinueux autour des mystérieux phénomènes littéraro-météorologiques en lisant, cette fois-ci, L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon. Mal m'en a pris, car j'ai trouvé le livre extrêmement mauvais: style plat comme la Hollande, personnages schématiques et ridicules, manichéisme bébête (au pays de Candy… il y a des méchants et des gentils), rebondissements rocambolesques, histoire mâtinée d'un mystère peu captivant doté en sus d'explications farfelues, révélations ridicules, etc. La liste est longue des carences qui m'ont sauté aux yeux et fait plus d'une fois soupirer devant les trouvailles lamentables de l'auteur. S'il fallait n'en retenir qu'une, ce serait clairement cette écriture passe-partout, sans aucun style ni originalité, toute concentrée sur la narration sans jamais la moindre prise de risque. Et je préfère ne pas m'étendre sur ce qui constitue le récit même. Si j'en crois la quatrième de couverture, l'auteur vient de la littérature jeunesse, et ça se sent clairement: quoiqu'il semble prétendre s'adresser ici à des adultes, il n'a rien perdu des trucs simplificateurs de ce type de littérature, où toutes les ficelles sont bonnes —et, dans le cas présent, hénaurmes— pour accrocher le lecteur. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai pu terminer le livre sans gros effort, puisqu'en l'absence d'ambition littéraire, le texte avait au moins pour lui de chercher une lisibilité optimale... Mais sans aucune nouveauté du côté de l'écriture, encore moins du côté de l'histoire —très peu convaincante, avec ses personnages irréalistes et ses révélations saugrenues. Rien pour s'émerveiller ne serait-ce que le temps d'une page...

Donc, oui ça se lit, mais la lassitude guette vite le lecteur: le texte est absolument sans surprise, plat plat plat, et sans la moindre invention. Je veux bien reconnaître du bout des lèvres que l'auteur sait aligner les phrases de telle sorte que la lecture soit fluide, mais quelle pénibilité que d'avancer en ce monde si peu intriguant, où tout est clairement martelé histoire pour qu'on ne perde jamais le fil d'un récit sans réel intérêt! 

L'histoire est celle de Daniel Sempere qui, ayant découvert le livre L'ombre du vent de Julian Carax, enquête sur son auteur mystérieusement disparu, dont les livres se sont fait rarissimes depuis qu'un énigmatique personnage s'est donné comme projet dément de les effacer de la surface de la terre... Or, Daniel étant devenu un admirateur de la prose de Carax, veut sauver son œuvre de l'oubli et essayer de comprendre la malédiction qui semble peser dessus. Et nombreux seront les obstacles sur son chemin...

Si le début de l'œuvre semble lorgner vers le fantastique, puisque les mystères entourant Carax sont mâtinés de phénomènes paranormaux, les explications finales  —rationnelles quoique peu vraisemblables— remettront les pendules à l'heure... Tout finit par se rejoindre, les morceaux du puzzle mystérieux composé par l'auteur sont recollés, au prix cependant d'incroyables retournements de situation, de personnages monolithiques et peu crédibles, de dénouements tortueux et de hasardeux compromis. Un livre aussi vite lu qu'il sera oublié...

PS à la personne qui m'a offert ce livre: je suis désolé, mais malgré toute la bonne volonté que j'ai pu mettre dans la lecture de L'ombre du vent, j'en suis vraiment sorti exaspéré...