Quand JusTice fait du Soulages (ou l’inverse)

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Un jour, je couvrais une expo de Pierre Soulages et le gars me dit : « Tu vois, dans le noir en fait, on trouve tout un tas de couleurs. Et on se rend compte qu’il n’y a pas un seul noir, mais bien plusieurs. La nuance, c’est important. » Et il m’achève en disant : « En fait, c’est toujours dans les choses qu’on croit absolues que se trouve l’infini. » Autant dire que j’ai écouté, en pensant qu’il aurait pu me dire ça autrement. Par exemple : « Tu vois mec, c’est dans les choses qu’on croive qu’elles sont finies, qu’en fait elles continuent, jusqu’à temps que le monde tourne dans le sens des aiguilles d’une horloge ». Malheureusement, on était dans un musée et pas dans Les Anges de la Téléréalité. Du coup, j’ai eu droit à un cours particulier par quelqu’un de très important dans le milieu de l’art moderne, et ça n’a pas de prix (enfin si, celui du billet d’entrée, gracieusement offert pas la rédaction pour laquelle je grattais du papier).

« Soulages est à la peinture ce que Justice est (bon ok… était) à la musique. »

Pour mettre un peu la chose en perspective, Soulages est à la peinture ce que Justice est (bon ok… était) à la musique. Il faut faire un petit retour en arrière pour se rappeler d’un groupe électro français, à l’époque complètement inconnu. D.A.N.C.E. arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, inattendu et assez frais. Pourtant, juste avant ça, ils avaient cartonné avec un remix de Simian Mobile Disco, We are your friends : c’était la ligne de basse qui faisait tout. Clairement, Justice avait trouvé son créneau, une musique un peu sombre, saturée, presque « dégueulasse ». Dans la foulée, le premier album arrive et confirme la chose ; j’en conserve un magnifique vinyle, baptisé Cross, en vestige de cette époque bénie, à côté du Homework intemporel des Daft Punk.

« Phantom Part.1 et Part.2 ; les fantômes, c’est fait pour hanter n’est-ce pas ? »

 

Écouter Cross, c’est comme entrer dans une cathédrale où la lumière ne fonctionnerait pas, où le ménage n’aurait pas été fait depuis des mois, où les curés seraient habillés en soutanes de cuir. On est dans un univers entre rock, punk, électro et grande invocation religieuse. Alors sans refaire tout l’album, il y a quand même quelques morceaux qui vivent dans l’inconscient électro : Phantom Part.1 et Part.2, les fantômes, c’est fait pour hanter n’est-ce pas ? Mais quel rapport entre Pierre Soulages, Justice et la musique électro ? Calmez-vous, la réponse est pour bientôt.

10 juin 2007, fin de soirée. Je crois me rappeler que l’été était déjà là. J’attendais patiemment l’arrivée de mon groupe préféré sur les ondes de la BBC. L’émission dans laquelle Pete Tong propose un Essential Mix, orchestré par les plus grands DJs du moment. L’émission continue toujours aujourd’hui et très franchement, on a jamais l’occasion d’être déçu. Les meilleurs (bon, les pires aussi) sont passés par là. C’était le soir de JusTice. Casque sur la tête, prêt à bouger mon corps, les paroles si reconnaissables de Pete Tong annoncent la couleur : « blablabla French artists blablabla Xavier de Rosnay bla Gaspard Augé blabla they are Justice ». C’est là que tout a commencé.

« On était en plein miracle, genre une oasis de couleurs musicales dans un désert de lignes de basses saturées. »

J’avais jamais vraiment entendu un truc comme ça. C’était à base de sons des années 80, mixés avec des morceaux électro de l’époque, eux-mêmes mixés avec du Justice. En gros, France Gall répondait à MGMT, en glissant doucement vers Stress. Pourtant, ce grand fouillis maîtrisé était absolument génial ; Justice avait réussi à mettre de la couleur dans sa musique obscure, sale, angoissante. On était en plein miracle, genre une oasis de couleurs musicales dans un désert de lignes de basses saturées. Une explosion de rythmes, entre « Ils sont pas sérieux ?! » et « Putain c’est vraiment trop trop stylé ! ». En fait, c’était du Pierre Soulages musicale, les 50 nuances de noir revues et corrigées par les professeurs de la French Touch des années 2000.

Depuis, c’est le calme plat. Le duo est muet, et on raconte qu’on peut croiser Gaspard dans le métro parisien, toujours avec la même coupe, toujours avec la même moustache. Son fantôme sonore traine par là, surement à la recherche d’inspiration, apportée par le claquement des rails des rames furieuses du métro. À quand la suite, les gars ?

MOOC, What is that?

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Si vous avez plus de 20 ans, il est très probable que vous vous souveniez de l’avant internet, d’avoir joué inlassablement sur le minitel familial, d’avoir cherché des mots dans un Robert et d’avoir entendu le bip infernal des premier modems ADSL. Si vous avez plus de 20 ans, vous vous faites forcément la réflexion régulièrement, que tout a changé tellement vite et que les discussions qu’aura plus tard notre génération avec celle de nos enfants seront parfois lunaires.

On n’arrive même plus à faire la liste de tous les changements que le web a engendré année après année, parmi eux : la gratuité de certains produits. L’industrie musicale est la première à s’être pris un sacré KO 2.0. Acheter un disque est presque devenu un acte militant tant il est rare pour beaucoup de consommateurs aux bibliothèques iTunes pourtant bien garnies. Piratage semble aujourd’hui être un terme disproportionné pour désigner le self-service musical qu’offre internet, même ma mère télécharge gratuitement, tout est dit.

L’accès à l’information et au savoir ultra-démocratisé est également un pas de géant redevable à l’ère numérique. Si il faut relativiser l’idée selon laquelle l’avènement de Wikipédia et du Smartphone font des êtres connectés des personnes plus cultivées que leurs parents (des chercheurs de l’Université Yale ont prouvé que les utilisateurs d’un moteur de recherche finissent, à la longue, par se croire plus érudits qu’ils ne le sont), il est impossible de ne pas s’émerveiller devant la base de donnée infinie de connaissances qu’est internet.

Et le MOOC qu’est ce que c’est ?

Une des dernières révolutions en marche porte le nom de MOOC, à savoir : Massive Open Online Courses. Il s’agit de cours en ligne dispensés par des professeurs certifiés, à l’aide de webcam, à un grand nombre d’étudiants et de façon gratuite. Le système ne se contente pas de dispenser des leçons, les inscrits peuvent, tels de vrais étudiants, passer une certification à la fin de leur module (qui souvent dure plusieurs mois). Si les cours sont toujours gratuits, la certification est parfois payante, à un prix évidemment faible en comparaison à un semestre universitaire.

Les MOOCs gagnent en crédibilité lorsqu’il y a deux ans la prestigieuse université de Stanford décide de rejoindre le MIT dans son Open Courseware initiative. Depuis, la tendance a été suivie par un bon nombre d’universités parmi lesquelles les américaines Harvard, Berkeley et Columbia.

Si le système tend à se développer plus rapidement chez les anglo-saxons, surement en raison du prix moyen de l’université dans ces pays, la France n’est pas en reste avec notamment la plateforme France Université Numérique, dont la liste d’écoles partenaires comprend des noms tels que Science Po, Polytechnique, l’ESSEC ou encore Centrale.

Alors demain contracter un emprunt pour étudier sera-t-il obsolète ?

La qualité de certain MOOC pourrait nous en convaincre. Les cours de Coursera et TedX sont réalisés presque exclusivement par des professeurs renommés issus du milieu académique. Egalement, et particulièrement pour les étudiants anglophones, les MOOC recouvrent à peu prêt l’intégralité des thèmes qu’il est possible de trouver à l’université. Tous les MOOC fonctionnent de manière différente mais beaucoup d’entre eux comprennent la réalisation d’exercices pratiques « TD » comme c’est le cas dans l’enseignement traditionnel.

Lorsque l’on sait qu’un étudiant américain finit son cursus universitaire avec un emprunt de 26 600 dollars en moyenne, le MOOC apparait comme une réponse d’avenir.

De plus, étudier de chez soi est aussi adapté à un grand nombres d’étudiants à travers le monde pour lesquels l’accès à l’Université n’était pas possible car trop loin de leur domicile familial et incapables de payer un logement dans la grande ville la plus proche.

Sans conteste ces modules online incarnent un idéal démocratique en terme d’études. En revanche dire qu’il s’agit du futur de l’enseignement relève de l’utopie.

La première limite est la crédibilité du diplôme et ses faibles chances de donner accès à un emploi. Pour les recruteurs la valeur de la certification est un problème. Les examens étant faits en ligne du domicile de l’étudiant, aucun contrôle n’est possible pour lutter contre les fraudes et de ce fait le diplôme a une valeur très faible. Autre problème : les exigences sont extrêmement variables d’un MOOC à un autre. Il n’est par exemple pas nécessaire d’avoir suivi certains MOOC pour réussir l’examen. Face à cette hétérogénéité de niveau, et le manque de repère attestant de leur sérieux, ces diplômes sont des lignes peu impactantes sur un CV.

Ensuite il semble que l’absence de cadre universitaire et d’investissement économique de la part des étudiants n’encouragent ni à l’assiduité ni à la réussite. La plupart des modules sont abandonnés avant la fin par 90 % des inscrits. Ce chiffre doit faire relativiser le nombre impressionnant de personnes inscrites à travers le monde. N’étant ni encouragées par des professeurs, des groupes d’étudiants ou sous la pression d’un effort financier, beaucoup de participants abandonnent, trop absorbés par d’autres priorités.

Alors très certainement, il n’est pas possible de mettre sur un même plan ces nouvelles méthodes avec l’enseignement traditionnel. Mais le constat est-il pour autant que ces modules sont bons à jeter ?

Leur utilité est peut être plutôt à rechercher du coté d’un public de professionnels, déjà en poste, à la recherche d’une actualisation de leurs connaissances ou d’un degré supplémentaire dans leur spécialisation. Un bon nombre d’actifs curieux en font déjà l’usage. Le système leur étant particulièrement adapté car n’ayant que faire de la certification final, les MOOCs sont intégralement gratuits pour eux.

Alors les études en ligne avec les MOOCs ?

En résumé les MOOCs sont à prendre pour ce qu’ils sont : une des nombreuses opportunités qu’internet offre pour s’informer et se former, mais limité par sa gratuité. Leur avenir en tant que rivaux des grandes écoles et universités est du moins envisageable, en acceptant de participer financièrement, même de façon modérée, à cette formation ; des examens de validation avec une surveillance pourraient être mis en place, les diplômes pourraient être valorisés et ainsi une alternative crédible aux études couteuses pourrait exister.

Si peu de choses finalement nous séparent de l’enseignement du futur.

Les petits plaisirs du printemps …

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Ah le printemps, la saison préférée de Vivaldi… Commençant plutôt mal car un petit con a décidé de tourner les aiguilles dans le mauvais sens de la montre, nous faisant ainsi perdre une heure de sommeil. Sûrement l’histoire d’un mec frustré par les changements de sens au UNO.

Mais « une de perdue, dix de retrouvées« , aussitôt dit aussitôt fait, nous voici enchantés par les bourgeons qui fleurissent, les tulipes qui rosissent et les pâquerettes qui grossissent.

Que de clichés me direz-vous. Que nenni, nous n’avons point fini. Le printemps c’est aussi, comme me diraient certains, le retour des petits culs et du monde au balcon. Le soleil pointe le bout de son nez et les passants sont déshabillés. Que de plaisir pour nos mirettes.

Les couples se font et se défont ; le printemps, saison des amours, laisse derrière nous chagrins et peines. Saison de l’euphorie, des apéros sur les quais, où le soleil nous met le moral au beau fixe. Nous voici enfin prêts à rencontrer notre Juliette ou Roméo.

Vous vous en doutez sûrement, Vivaldi et moi on s’entend bien. Nous sommes d’accord sur ce point : la meilleure saison, c’est le printemps. Pas de preuve empirique, ni d’équation algébrique, juste quelques petits points magiques.

5 raisons de préférer le printemps

Point numéro 1 : Fini les bonnets de hipster et bonjour les casquettes swaggy

Point numéro 2 : Tu peux enfin cacher une bonne gueule de bois avec des lunettes de soleil sans passer pour Gilbert Montagné

Point numéro 3 : Tu peux exploser ton budget pintes-clopes sans mauvaise conscience: #onvaseposerenterrasse

Point numéro 4  : Ton coloc va passer l’aspirateur pour la première fois de sa vie, ménage de printemps oblige

Point numéro 5 : En profiter aujourd’hui parce que demain, il fait un temps pourri

Ma démonstration achevée, cette belle journée de printemps vous apprécierez. Moi, je peux enfin retourner à mes mouchoirs et profiter pleinement des allergies au pollen.

postscriptum: Parce que c’est dimanche, et qu’on sait que vous êtes des petits gourmands, on vous rajouté une playlist de printemps en prime

crédit photo :  http://ditesleavecdesfleurs.tumblr.com/

Pourquoi j’ai quitté Facebook ?

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Il y a peu de temps, j’ai décidé de faire une chose que peu de gens dans ce monde auraient eu l’idée de faire : j’ai quitté Facebook. Je dois le reconnaître, je l’ai fait tel un petit joueur puisque je ne me suis pas embourbé dans les multiples formalités numériques nécessaires à la désactivation définitive de mon profil. La fonction « Désactiver votre compte » qui permet un retour à la normale à n’importe quel moment m’a semblé être un bon compromis pour mener à bien mon expérience personnelle tout en ne supprimant pas tout le contenu de mon ‘journal’. Toi qui lis cet article, tu peux poursuivre ta lecture : je ne suis pas sur le point de t’exposer des théories fumeuses sur l’espionnage et les données, des thèses supposées te dégoûter de ton utilisation ‘facebookienne’ quotidienne si tu fais partie des 1,35 milliard d’utilisateurs mondiaux ou des 26 millions de membres actifs rien qu’en France. La preuve : je n’ai pas complètement cessé d’exister sur les réseaux sociaux. Je me suis lancé dans cette expérience par envie de me déconnecter légèrement, de réfléchir plus longuement sur ce que Facebook (ou ne pas avoir Facebook) a réellement comme impact sur la vie quotidienne.

Quitter Facebook

Le début est, je pense, une première étape barrière. On se demande si c’est le bon moment pour l’expérience ; avant d’appuyer sur le bouton, on espère qu’on ne manquera pas de grandes choses dans l’actualité de notre école, dans les événements, etc. Puis on se décide finalement, avec un petit peu de volonté, à appuyer sur ce lien qui nous demande de taper une dernière fois notre mot de passe tout en essayant de nous dissuader de désactiver notre profil avec des annonces telles que « Vous allez manquer à Marcel ». Mais soyons francs, le plus difficile reste à venir.

Lorsque l’on est encore inscrit sur Facebook, on ne s’en rend pas compte mais le réseau social agit réellement comme une drogue. On y va quand on s’ennuie sous prétexte de se divertir ; mais à force de s’ennuyer, l’action de se connecter devient presque anodine, de l’ordre du réflexe. Je me suis rendu compte dès les premiers jours de l’expérience que dès lors que j’allumais mon ordinateur et que j’ouvrais mon navigateur, dès lors que je déverrouillais mon téléphone dans le tramway, une sorte de réflexe myotatique me faisait aller sur Facebook, soit en tapant juste la lettre ‘F’, soit en cliquant sur la petite application. Sans le vouloir, à force de se persuader que c’est juste pour se divertir en se disant « J’arrête quand je veux », on se retrouve à être dépendant sans s’en rendre compte jusqu’au jour où l’on souhaite arrêter. A mon niveau, cette période n’a duré qu’une ou deux semaines. Je me suis mis à chercher des alternatives de sites (Hurluberlu.fr est une très bonne lecture) afin d’essayer de contrer ce réflexe.

Un autre problème, lorsque l’on arrête Facebook, est que l’on n’est plus au courant de rien. De nos jours, presque toutes les universités et toutes les associations au sein de ces dernières font circuler leurs informations par le biais des réseaux sociaux. L’inconvénient est que dès lors que l’on quitte Facebook, toutes les informations sur les soirées et les conférences, les aides scolaires et toute autre information utile à une vie sociale et scolaire épanouie disparaissent avec, vous entraînant dans des scénarios tels que :

« -Eh Marcel, tu viens à la soirée de ce soir ?

-Laquelle ?

-Ben celle organisée par l’association de Kevin, t’as reçu une invitation sur Facebook normalement »

Facebook a su se rendre indispensable dans nos vies d’étudiants et de jeunes actifs. Ce qui est impressionnant, c’est qu’il y a encore 4 ans, je n’avais pas Facebook et pourtant, les gens savaient communiquer autrement. La où Facebook prétend nous rapprocher et faciliter la communication, il n’a fait que créer une barrière de plus entre les non-membres et les membres en éradiquant les autres réseaux de communication. Dans la vidéo « Can We Auto-Correct Humanity », Prince EA va plus loin en proposant de reclasser Facebook comme un réseau antisocial. De surcroît, nous sommes par nature accros à la recherche du lien social. Le site encourageant le nombrilisme nous permet d’exister dans l’ombre en nous permettant une meilleure compréhension et une meilleure vision des gens que nous ne connaissons pas vraiment.

Pour être franc, aujourd’hui je suis retourné sur Facebook pour des raisons associatives, mais une chose est sûre : Facebook, tu ne l’aimes pas forcément, mais tu ne le quittes pas.

Entrepreneuriat – L’aventure Michel et Augustin

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Nous sommes en 2015 après Jésus Christ. Toutes les marques de l’agroalimentaire sont trustées par les grands groupes… Toutes ? Non ! Une poignée d’irréductibles « biscuits » résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Cette marque, c’est Michel et Augustin. C’est une histoire d’entreprise comme on les aime. Tout a commencé avec deux amis d’enfance, passionnés de pâtisserie, qui se sont lancés dans la préparation de petits biscuits et ce dans une minuscule cuisine. Près de 12 ans plus tard, avec à présent 50 recettes et une centaine de produits, ils parviennent à réaliser un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros ! Une vraie pépite (de chocolat) !

Ces trublions du goût ont réussi à imposer leur marque dans le secteur ultra-concurrentiel de l’agroalimentaire en personnifiant les articles sans âme du secteur. En « dé-produisant le produit » pour le remettre à sa place, ils ont touché le cœur des consommateurs. Et tout cela sans trop d’argent ! Et faisant face à d’énormes mastodontes disposant de puissants lobbies. Il faut que vous sachiez que la quasi-totalité des marques alimentaires que vous voyez dans vos rayons de supermarchés est détenue par seulement 10 multinationales…

Nous avons rencontré Florian Baudoin, directeur de la bananeraie de Lyon, qui a gentiment accepté de partager avec nous son expérience chez Michel et Augustin, l’entreprise qui incarne véritablement la « success story » à la française.

Michel et Augustin – L’interview

Pourrais-tu tout d’abord présenter à nos lecteurs l’histoire « Michel & Augustin » ?

Michel et Augustin, c’est deux copains d’enfance qui se sont rencontrés sur les bancs d’école en 4eme C et se sont suivis jusqu’en école de commerce. Augustin est parti faire de la stratégie au Club Med puis chez Air France, passant dans le même temps son CAP de boulanger ; Michel est quant à lui parti faire du trading à New York.

Puis tous deux se sont retrouvé à Paris pendant une année sabbatique durant laquelle ils se sont lancés dans un tour des 1200 boulangeries de Paris dans l’idée de faire ensuite un guide. C’est après cela qu’ils ont décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils se sont dit : « Nous, on veut révolutionner le monde de l’agroalimentaire et faire un pied de nez aux géants industriels qui font un lobbying ultra-puissant sur ce secteur-là. »

Ils ont ainsi décidé de créer une marque qui s’appellerait Michel et Augustin, qui serait fun, qui serait sympathique et avec un univers très décalé. Et à travers de laquelle ils proposeraient aux consommateurs des recettes simples, saines et gourmandes. Grâce à des matières nobles comme du beurre frais et de la crème d’Isigny, de la vanille de Madagascar. Des recettes simples mais avec une charte de qualité exceptionnelle.

Ils n’ont pas eu peur de quitter leur situation confortable comme ça pour vendre des biscuits ?

Ils ne voulaient plus être des jus de cerveau en entreprise, même s’ils ont adoré leur première expérience ; ils ne cherchaient absolument pas la sécurité. Ils voulaient juste vivre pleinement et ce comme ils le souhaitaient et non en fonction de leurs supérieurs. Ils n’ont pas eu peur de se lancer car ils se sont toujours dit que ça leur apporterait une grande richesse personnelle et professionnelle quand bien même l’aventure Michel et Augustin venait à disparaître. Ils avaient une petite sécurité financière à l’époque, Augustin venait de revendre une start-up technologique qu’il avait cofondée ; ils ont ainsi pu se concentrer pleinement sur Michel et Augustin.

Et les difficultés du début, ils n’ont pas trop nagé dans du chocolat avant de gagner leur croûte ?

Le plus dur quand on lance une marque dans l’agroalimentaire, c’est tout ce qui concerne la préparation. Tu arrives dans un marché inconnu. Toute ta famille, tes amis, tes collègues s’inquiètent lorsque tu leur annonces que tu as tout plaqué pour faire des petits biscuits. Les gens au départ te prennent pour un fou car c’est un marché ultra-saturé. Mais eux croyaient en la simplicité de leurs recettes, en leur qualité et en leur dimension gourmande. Ils étaient optimistes et c’est pourquoi ils ont mis tant d’énergie pour lancer leur entreprise.

C’était comment d’ailleurs le tout début de l’aventure ?

Ils ont commencé dans la cuisine d’Augustin et c’était plutôt simple : ils préparaient les sablés, les emballaient, posaient une étiquette découpée à la main et imprimée chez eux. Ils allaient faire du porte-à-porte chez les commerçants du quartier. Puis ils sont rentrés dans la Grande Epicerie, chez Colette, Monoprix. Petit à petit, ils ont franchi les étapes !

Comment expliquerais-tu un tel succès ?

Le succès part avant tout de la simplicité des deux gars, de la notion d’amitié qu’ils véhiculent depuis des années, à la fois en entreprise et sur le terrain, avec cette transparence, cette honnêteté et cette simplicité qui plaît beaucoup à nos consommateurs. L’idée, c’est de se dire que quand on achète un produit, on n’a pas besoin d’avoir un master de chimie pour décrypter la composition ! C’est grâce à toute cette simplicité, cette authenticité, qu’on a réussi à créer une petite communauté de consommateurs et plus qu’une communauté, des vrais ambassadeurs, qui vivent nos événements et partagent des moments exceptionnels avec nous.

On dit souvent que se lancer dans une aventure entrepreneuriale à deux, c’est un mariage. Comment expliques-tu le succès de ce duo ?

Oui c’est vrai, c’est s’associer pour le meilleur et pour le pire. Le succès de leur réussite, c’est une solide amitié, avec beaucoup de confiance et de transparence. Il faut savoir dire non mais aussi savoir prendre des risques quand il le faut. Michel et Augustin se soutiennent énormément : Augustin a des projets toujours plus farfelus chaque jour, Michel, lui, gère plutôt les finances de la boîte. C’est la complémentarité : Michel et Augustin ont deux profils très différents et se complètent dans toutes leurs missions, dans toutes les caractéristiques intrinsèques à l’entrepreneuriat. Ils sont passionnés, ils aiment l’humain, le contact, apporter des choses et partager des moments agréables avec les gens qui les entourent.

Vous avez réussi à créer un univers de marque à 360 degrés, où le consommateur est au centre de votre stratégie. Vous êtes d’incroyables marketers n’hésitant pas à mouiller le maillot au cours de campagnes de wild marketing et ce pour pas un sou. Peux-tu nous dire comment vous mettez cela en place ?

Nous souhaitons faire vivre à nos consommateurs des expériences inédites qui respectent trois choses : le savoir-faire pâtissier, la sympathie et la joie de vivre.

Nous avons adopté un ton décalé sur l’ensemble de nos canaux de communication. Nous jouons sur l’humour et voulons être toujours au plus près de nos consommateurs. Cela est pleinement assumé par le choix d’une charte graphique colorée, un logo aux style enfantin et un ton résolument amical.

Augustin a toujours eu comme principe « agitez votre imagination, pas votre porte-monnaie ». C’est en partant de cela qu’ils ont vu dans le packaging un territoire d’expression et de communication incroyable : jusqu’à présent, ça reste le premier outil de communication de Michel et Augustin. Le packaging est réajusté tous les ans en fonction des actualités et des « nouvelles trublionnades ». Mais tous nos produits conservent la promesse de base : des produits authentiques, fait-maison et conçus avec des ingrédients de qualité.

Ce que nous voulons, c’est offrir aux consommateurs des expériences inédites, fun et décalées. C’est pourquoi l’un de nos piliers de communication reste la création d’événements, comme notamment la chasse au chameau dans les rues de Boulogne-Billancourt.

La culture d’entreprise de la marque est aussi un facteur clé de communication pour Michel et Augustin. Vous êtes des types cool qui bossent dans une boîte cool et qui créent des produits cool. Mais au-delà de cette personnification, comment c’est de bosser chez M&A ? Il me semble que l’intrapreneuriat est très présent chez vous non ?

Michel et Augustin, c’est une boîte géniale où l’on peut vraiment s’épanouir. Il y a toujours une super ambiance parce que tout le monde y met du sien. On travaille tous d’arrache-pied parce qu’on aime notre entreprise et qu’on veut l’emmener très loin. Et quitte à ne pas compter ses heures, autant le faire dans une super ambiance.

Michel et Augustin, c’est aussi 88 employés, du chef du secteur à la logistique, en passant par la comptabilité, les responsables communication, etc. C’est ensemble que nous construisons l’aventure Michel et Augustin. Chez nous, le mot d’ordre c’est la liberté d’expression : on peut tous être porteur de projet et ce n’est pas parce que tu es au pôle logistique que tu ne pourras pas soumettre ton avis au pôle R&D…

On n’est pas très nombreux dans l’entreprise et on a tous des agendas chargés. Donc ce que l’on cherche avant tout, c’est des gens sympas, débrouillards, dynamiques, malins, souriants et qui ont la joie de vivre. Nous passons énormément de temps tous ensemble, c’est important d’avoir des affinités personnelles. Et ce n’est pas pour rien que la valeur fondatrice de l’aventure Michel et Augustin c’est l’amitié. On ne cherche pas le CV ou bien la compétence absolue. Nous, on cherche des gens passionnés, engagés, très sérieux et hyper proactifs, qui souhaitent se construire à travers l’entreprise. Michel et Augustin nous donne les bons codes pour être de bons entrepreneurs.

Toujours soucieux de vos consommateurs, vous vous êtes donné une casquette de « centre de formation de pâtissiers », une très belle initiative de partage et de gourmandise. Toi aussi tu comptes passer ton CAP Pâtisserie bientôt ?

Oui, nous sommes plutôt uniques au monde pour cela ! Nous invitons nos salariés à se former dans un autre domaine que celui de leur emploi dans la boîte, afin de développer une expertise dans notre cœur de métier, la pâtisserie. Nous avons des cours directement à la bananeraie tous les lundis soirs, de la théorie et de la pratique. Et pour les trublions lyonnais, nous passons nos épreuves en mai prochain !

A terme, nous aimerions être la première entreprise de biscuits dont tous les salariés seraient titulaires d’un CAP de pâtissier !

Et au-delà des salariés, nous donnons également une chance à nos consommateurs, à condition bien sûr qu’ils soient passionnés par la pâtisserie et déterminés à passer leur certificat. Il faut qu’ils aient un réel projet de reconversion professionnelle ou de recherche d’emploi. Et c’est pourquoi nous organisons chaque année en septembre un concours pour trouver un nouvel apprenti. Et l’heureux élu gagne une année de formation de 78 heures en pâtisserie avant de passer en juin l’examen officiel du certificat d’aptitude professionnelle (CAP).

Le concept « Bananeraie », c’est le nom que vous avez donné à vos bureaux et ce n’est clairement pas anecdotique. Ce lieu de travail pour vos trublions est surtout un moyen énorme de fidéliser vos consommateurs et de benchmarker à mini prix et ce sans « focus group ». Ici, pas besoin de glace sans tain ni de questionnaires, les consommateurs se lâchent et dégustent avec plaisir…

Oui c’est nos bureaux, un lieu vraiment agréable où on aime y travailler, mais comme tu l’as dit c’est surtout un lieu d’échange, de passage, où chaque consommateur peut venir pousser la porte et apporter sa touche personnelle. Tous les premiers jeudi de chaque mois, on ouvre nos portes à plus de 600 personnes dans le but de faire déguster tous les produits déjà existants de Michel et Augustin et les nouveautés en avant-première afin que nos consommateurs puissent donner leurs avis, tant positif que négatif, pour que nous puissions optimiser nos recettes.

Au lieu de dépenser beaucoup d’argent dans des campagnes médias, nous avons voulu aller voir nos consommateurs, du moins les inviter à venir nous voir et c’est ce qui a donné les bananeraies. On souhaite vraiment comprendre leur façon de consommer, les spécificités du bassin de consommation, afin que nos recettes soient toujours plus délicieuses.

La famille Pinault raffole de vos biscuits. Comment vois-tu le futur de Michel et Augustin maintenant que vous avez à vos côtés la holding Artémis ?

Nous exportons nos produits dans 26 pays et cette année avec un gros focus sur les États-Unis. On a ouvert dernièrement une nouvelle bananeraie à Brooklyn dans le but d’aller vendre des cookies dans le pays du cookie.

La prise de participation d’Artémis chez Michel et Augustin  nous a permis d’internationaliser la marque. Nous ne voulons pas seulement vendre nos produits à l’export, nous voulons créer une véritable aventure dans ces pays, notamment au travers de Bananeraies.

Quel est ton parcours chez Michel et Augustin ?

J’ai rejoint la grande famille Michel et Augustin lors d’un stage de fin d’étude, j’étais chef de secteur de toute la partie Ouest de Paris. Je suis ensuite passé par plein de métiers différents : j’ai été commercial, j’ai travaillé dans la logistique où j’ai mis en place un nouveau canal de distribution « M&A distribution ». Et puis un jour Augustin m’a dit : « Écoute je sens que tu as un dynamisme énorme pour booster l’entreprise, alors écris-nous un projet et s’il tient la route, on le développera ». J’ai alors travaillé sur la casquette de la marque, qui était encore très parisienne et j’ai voulu revaloriser la région en développant un concept de bananeraie. Le projet lui a plu et c’est pourquoi nous avons ouvert une bananeraie à Lyon : la capitale française du goût était pour nous la ville parfaite pour une nouvelle implantation.

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneuriale ?

Soyez audacieux, croyez en vos projets, n’écoutez pas vos proches très souvent sceptiques. Il n’y a pas de mauvais projets, il n’y a que des bons projets : même si ça n’aboutit pas, on apprend beaucoup de ses échecs.

Essayez de faire des choses simples mais faites-les de manière exceptionnelle. Ça ne sert à rien d’attendre la bonne idée, il faut se lancer et la travailler et c’est comme cela que l’idée deviendra bonne.

Sachez vous entourer, c’est la clé du succès : tout seul, on ne va pas bien loin.

Et enfin, surtout, croyez en ce que vous êtes. Ça ne sert à rien de tricher avec la personne que l’on est. Soyez le plus humble possible, avec le plus large esprit possible, et voyez loin.

L’entrepreneuriat est important chez Michel et Augustin, venez-vous en aide à des jeunes entrepreneurs ?

Oui c’est notamment pour cela que nous avons lancé les « Boire une vache avec… », des conférences où l’on donne la parole à un entrepreneur ou une personnalité publique qui intervient sur une problématique qui lui tient à cœur. A Paris, nous avons déjà accueilli Fleur Pellerin, Cédric Villani, Frédéric Mazzella, Pierre Kosciusko Morizet… et à Lyon, des personnalités davantage locales avec notamment Gregory Cuilleron, Bruno Rousset. Le 28 avril prochain, c’est Christophe Fargier, le fondateur de Ninkasi, qui nous fait l’honneur de venir boire une vache.

Nous entretenons une relation privilégiée avec les jeunes entrepreneurs. Par exemple, nous prêtons une partie de nos bureaux de Paris à des jeunes entrepreneurs qui n’ont pas de locaux pour travailler. Nous aidons et accompagnons pédagogiquement des entrepreneurs. Nous souhaitons nous entourer de jeunes dynamiques, afin de cultiver la folie entrepreneuriale qui nous est propre et chère.

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Les séries anglaises à voir.

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C’est Avril 2015, tu as déjà torché toutes les saisons de Breaking Bad, finis la saison 5 de the Walking Dead et tu es en attente de Game of Thrones. Bien sûr je ne parle pas de Homeland, House of Cards, True Detective, Parks and Recreation et Julie Lescaut que tu as vu et revu dans leurs intégralités. Tu te cherches quelques petites séries courtes à mater OKLM dans ton lit le soir en mangeant ton double cheese ou ton double steak (si tu suis un régime protéiné). Regarde donc de l’autre coté de la Manche, et tu verras que quelques bijoux sont faits pour toi. Entre thriller, comédie, drame et policier, tu as le choix.

Voici une sélection des meilleurs séries anglaises fraîchement concoctée pour ton bien être intérieur.

Broadchurch
2 saisons ,  16 épisodes

Je commence par une excellente série policière. Le meurtre d’un enfant à Broadchurch amène l’inspecteur à soulever pas mal de secrets qui entourent les habitants de la petite ville. On y découvre le déroulement d’une enquête, le travail de la police, l’ingérence des médias, et les conséquences sur les vies de plusieurs familles. Du suspense, de magnifiques paysages, et un ancien Doctor Who (David Tennant) qui joue très bien et est très attachant, (j’ai trop envie de lui faire des bisous). La saison 2 vient de se terminer, et de mon point de vue, est encore meilleure que la première.

Le trailer mystérieux:

The Fall
2 saisons, 11 épisodes

Dans le même style que Broadchurch, mais cette fois, nous suivons le quotidien d’une inspectrice et celui du sérial killer qu’elle poursuit. Un jeu du chat et de la souris. De Tom et Jerry. De Titi et Grominet. Du Terminator T-800 et de Sarah Connor. Et c’est avec Jarnie Dornan le beau gosse de Fifty Shades of Grey et Gillian Anderson, l’actrice qui jouait dans X-Files.

Le trailer stylé:

The Office
2 saisons, série terminée

Peut-être connaissez-vous la version américaine de The Office, avec Steve Carrell, une excellente comédie de 9 saisons. Eh bien, la série anglaise est l’originale, elle ne dure que 2 saisons, mais met encore plus mal à l’aise que son homologue américaine. Nous y découvrons le quotidien d’une petite entreprise de fabrication de papier avec ses employés bien tarés comme il faut, et son manager plus compétent pour gêner et humilier ses salariés qu’autre chose. Je ne vous mets de pas de trailer car je n’en ai pas trouvé et ensuite, le premier épisode vous dira si cet humour vous correspond ou pas. Martin Freeman, le type qui joue le hobbit est présent et ça c’est plutôt chouette.

Pas de trailer mais une vidéo de pandas roux:

Misfits
5 saisons, série terminée

5 jeunes  délinquants sont condamnés à des Travaux d’intérêts généraux. Lorsqu’un orage leur offre des supers pouvoirs, ils en profitent pour devenir des super héros ! En fait non, ils vont se foutre dans la merde et utiliser leurs dons pour s’en sortir comme ils peuvent. Les 2 premières saisons valent vraiment le coup, surtout avec Robert Sheehan qui joue le rôle de Nathan, le personnage principal, qui se fout de tout et de tout le monde. J’avoue ne pas avoir vu les 3 saisons qui suivent.

Le trailer qui est court mais plutôt pas mal, moi en tout cas j’ai apprécié tu m’en diras des nouvelles :

https://www.youtube.com/watch?v=FXfOaBqPtBg

Utopia
2 saisons, 12 épisodes

Quelques personnes détiennent les pages d’un comics qui cache un effroyable secret pouvant mener l’humanité à son extinction. Les voilà poursuivis par une organisation mystérieuse qui ne veut pas leur faire des bisous. Notons une bande originale et une qualité de l’image à couper le souffle.

Le trailer où tu comprends rien:

Black Mirror
2 saisons, 7 épisodes

Black Mirror est un peu une série ovni. Tous les épisodes sont indépendants les uns des autres et chacun aborde le thème commun d’une technologie dystopique en lien avec nos comportements parfois extrêmes vis à vis de leurs utilisations et avec des problèmes sociaux modernes. C’est franchement stylé, cette série amène à se poser des questions existentielles et permet de se la péter lors des débats en soirée.

Le trailer dystopique:

Sherlock
3 saisons, 9 épisodes

Le meilleur pour la fin. L’adaptation de l’oeuvre de Conan Doyle, avec Benedict Cumberbatch (The Imitation Game) et Martin Freeman (The Hobbit), qui revisite les aventures de Sherlock Holmes et du Docteur Watson à notre époque. Tout y est génial. Le scénario tient en haleine tout au long des 3 saisons. Les acteurs correspondent parfaitement à leurs rôles, les dialogues sont parfaits, la mise en scène top, les soundtracks fantastiques, et je n’ai plus d’adjectif pour décrire les scènes d’action. Moriarty (le grand méchant) est complètement fou et Sherlock est complètement un connard. Bref mon coup de coeur.

Trailer qui déchire:

 

Maintenant que vous avez cette liste, vous pouvez télécharger en masse, quitter vos amis, et passer vos soirées seul.
Cordialement.

Franche-Comté, mon amour!

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Avec le redécoupage des régions, mon cœur a saigné. Il a saigné parce que ma région, déjà bien oubliée auparavant, est désormais reléguée au rang de contrée sans importance ni statut, subordonnée aux ordres de Dijon.

Je parle de la si riche et pourtant si délaissée : la Franche-Comté.

Pour beaucoup de mes concitoyens Parisiens ou Provinciaux, la Franche-Comté est synonyme de rusticité. Dans un sens, c’est vrai : il s’agit de la région la plus verte de France dont plus de la moitié du territoire est recouverte de forêt, un quart par des champs et le reste par de l’agglomération.

Il faut également admettre que notre patrimoine culturel repose aussi en grande partie sur ses spécialités locales dont certaines ont percé au-delà des frontières comtoises. J’entends par là l’inimitable Comté, la fameuse saucisse de Morteau, voire, pour les plus aguerris, le succulent Morbier ou la très douce Cancoillotte.

Et c’est sans compter sur ces vins du Jura à la saveur si particulière, dont Philippe Le Bel et surtout Henri IV étaient particulièrement friands, ou la fameuse absinthe récemment réintroduite dans le marché, ainsi que notre pastis local : le Pontarlier-Anis.

Manger en Franche-Comté, ou comment prendre 20 kilos en 30 minutes.

Mais réduire la Franche-Comté à son caractère rural et à ses spécialités culinaires relève de la plus haute ignorance.

Notre histoire est brillante et les francs-comtois le sont aussi. Ce n’est pas du chauvinisme, c’est un constat.

Notre population stagne depuis près d’un siècle. Nous avons laborieusement dépassé la barre des 1 500 000 habitants au moment du baby-boom, ce qui fait de la Franche-Comté une des régions de France les moins peuplée. Et pourtant, lorsque l’on s’intéresse aux personnalités nés « par chez nous » et que l’on rapporte leur nombre à celui de la population régionale : on obtient un ratio impressionnant.

Citons simplement à titre d’exemple Louis Pasteur et la découverte du vaccin contre la rage, le Comte De Jouffroy d’Abbans qui inventa le bateau à vapeur, les Frères Lumières qui furent à l’origine du cinéma ainsi que ces industriels dont la renommée a traversé les âges : Louis Vuitton et Armand Peugeot !

La Franche-Comté n’est donc pas la terre aussi morne et stérile que les mauvaises langues ont l’habitude de décrire.

Franche-Comté : Terre d’histoire et de résistance

Ma contrée rentre dans l’histoire dès l’Antiquité. Les Séquanes, peuple de cavaliers gaulois dont le territoire s’étendait en grande majorité sur ce qui s’apparente à la Franche-Comté actuelle, avaient pour capitale Vesontio (= l’actuelle Besançon).

Ils sont mentionnés pour la première fois dans la Guerre des Gaules de Jules César, qui explique être intervenu en raison de la menace que faisait peser le germain Arioviste sur les terres de ces antiques comtois.

Cette intervention s’est rapidement transformée en occupation et c’est de cette façon que la terre des Séquanes est alors annexée en tant que province romaine.

La Porte Noire de Besançon : vestige romain qui perdure encore aujourd’hui.

Le temps passe, les rois, seigneurs, princes et comtes se succèdent à la tête de la région pendant près de 1000 ans et pour autant, la Franche-Comté n’est jamais dirigée par la même puissance plus de 20 ans.

Pendant plusieurs siècles, la Franche-Comté est d’ailleurs appelée Comté de Bourgogne, par opposition au Duché de Bourgogne, qui sont tantôt réunis, tantôt séparés selon les affres des alliances féodales.

Finalement, c’est par la force des armes que Louis XIV prend possession de la Franche-Comté et intègre définitivement cette province à la France en signant le Traité de Nimègue de 1678.

Historiquement, les comtois ont toujours eu du mal avec les maîtres. Cette indépendance d’esprit se manifeste d’abord par la devise régionale « Comtois rends-toi, nenni ma foi » qui est issue de la tentative de siège de la ville de Dôle par les français.

Ceux-ci avisèrent les dolois en ces termes : « Comtois, rends toi ! » ce à quoi les assiégés répondirent « Nenni ma foi ! ». Les assaillants demandèrent alors : « Où sont vos chefs ? » et les dolois rétorquèrent superbement : « Nous sommes tous chefs ! ».

Mais cet esprit de révolte et d’opiniâtreté transparait également dans l’œuvre de certains illustres franc-comtois. J’entends par là les pères de l’anarchisme et de la philosophie du « Ni Dieu, ni maître » : Charles Fourier et Joseph Proudhon. Mentionnons également le merveilleux Gustave Courbet et son « Origine du monde » aussi subversive que scandaleuse pour les biens pensants du XIXème siècle.

Et que dire de Rouget de Lisle, cet habitant de Lons-le-Saunier que personne ne connaît mais dont tout le monde (ou presque) a appris la célèbre… Marseillaise !

(J’ai oublié de citer Victor Hugo, même s’il n’a pas été Franc-comtois très longtemps)

Malheureusement, cette identité est en passe de devenir bourguignonne et se voir ainsi diluée au sein d’un moule que l’on veut économiquement plus rentable. Mais avant de détruire les régions, il aurait peut-être fallu envisager de supprimer le « mille-feuille administratif local » qui perdurera même avec la réforme territoriale.

J’entends par là tous les conseils municipaux, communautés d’agglomérations, conseils départementaux, conseils régionaux, et j’en passe, qui ne contribuent certainement pas à une plus grande efficacité de l’administration locale.

Quoiqu’il en soit, et peu importe ce qu’ordonne Paris, je reste et resterai un Franc-Comtois.

« La France, pays de la Liberté », vraiment?

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C’est bien connu, la France est le pays des droits de l’Homme, un exemple, un modèle, une figure incontournable en matière de liberté d’expression, jusque dans la devise du pays, qui l’a mentionnée en lettres d’or, sur tous les frontons des mairies, de Paris à Roubaix.

Malheureusement la liberté d’expression ne cesse de rétrécir comme peau de chagrin.

Petit rappel historique, la loi sur la liberté de presse promulguée comme souvent après de vives luttes pour la liberté d’expression avait réussi sous la IIIe République à supprimer toutes censures, sauf pour certaines restrictions concernant l’ordre public. Elle laissait ainsi au peuple la possibilité de s’exprimer librement sans pour autant  craindre de croupir dans une geôle moisie et humide. Une réelle avancée démocratique qui donna jour à une pluralité de journaux, de brochures et de livres qui traitaient de tous les sujets, aboutissant ainsi à une offre pléthorique de quotidiens d’informations. Les années passèrent et avec elles, la liberté d’expression alla bon train, permettant ainsi de voir fleurir une presse éclectique, parfois farfelue, mais ayant le mérite d‘être libre.

C’est comme cela que sont arrivés dans les bureaux de tabac des périodiques tel que « Sanglier Passion »ou la « guerre 14/18 Magazine ».

Pourtant depuis une cinquantaine  d’années, les gouvernements successifs s’efforcent avec rigueur et méthode, comme des bûcherons canadiens, d’effectuer des coupes sans cesse plus importantes dans le tronc  de cette loi ô combien importante.

C’est d’abord le gouvernement Chaban Delmas en 1972 qui a commencé les hostilités en introduisant de nouveaux concepts de  « provocation à la haine » et de  « provocation à la discrimination » avec la Loi Pleven. À la base l’idée était bien : condamner pénalement les auteurs de propos pouvant pousser à la haine ou à des actes de violence.  Mais très vite, certaines associations, certains groupuscules ont compris qu’il était désormais possible de taper sur la tête des gens sans même qu’aucun acte ne soit commis, une aubaine.

Ainsi armées de leurs ciseaux et de leur surligneur, des associations telles que « Touche pas à mon pote »ou « SOS Racisme »vont s’employer à scruter les discours, les paroles voir même les mots employés par la « popula’s », se lançant de procédure en procédure pour faire condamner ceux et celles qui avaient eu le malheur de prononcer les mots interdits, le vocabulaire mal choisi, la phrase de trop…

On tolère les conférences de l’équipe de France de football, quitte à ce que les Molière, Racine et autre Corneille se cognent la tête à chaque prise de parole de feu Ribery    mais on traque certaines vérités qui dérangent. Nombre de personnalités  publiques ont pu en témoigner notamment Éric Zemmour, le dernier des cancres en la matière, dont on ne cesse de taper sur les doigts pour ses propos « injurieux »et incitant à la « discrimination ».  D’ailleurs, dernièrement son explication mettant en exergue une corrélation pourtant véridique entre l’origine ethnique des délinquants et le nombre de délits commis lui a tout de même coûté 10 000 euros.

« Fallait surveiller ton langage, garnement » !

C’est sûrement ce qu’aurait pensé le député communiste Gaysot. Lui qui, au début des années 90, proposa une  loi éponyme, pour empêcher que l’on critique la version officielle de certains épisodes douloureux de l’Histoire de France. La colonisation notamment, la collaboration ensuite, les génocides enfin. Désormais on apprend à nos enfants la version Républicaine sinon c’est du délit d’opinion, quarante-cinq mille euros d’amendes et un an de prison ferme (c’est en tout cas ce que dis le Code Pénal). C’est  vrai que sur le fond, le bon Gaysot avait sûrement raison. Surtout qu’à l’époque les négationnistes du génocide juif sévissaient dans les fonctions de grands partis politiques français, et qu’aujourd’hui leurs enfants sont en tête des sondages pour les élections de 2017 (suivez mon regard…)

Mais le problème, c’est qu’encore une fois, la loi sur la liberté d’expression en a pris un coup sur la tête, et, désormais on enseigne à nos chères têtes blondes que blanc c’est blanc et noir c’est noir, entre les deux il y a surtout pas de gris, (demandez à Zemour)…

 La liberté d’expression et la loi renseignement.

Le troisième volet de la scène que nous jouent les politiciens français depuis un demi-siècle et qui pourrait tristement s’intituler  « Comment réussir une censure à la chinoise en 10 leçons » s’est déroulé ces deniers jours dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, lors de la présentation de la loi renseignement.

Présenté en grande pompe par Manu « himself« , devant une trentaine de débutés à moitié endormis, la loi renseignement a clairement pour but de surveiller la population française.

C’est une réponse significative aux attentats de Charlie Hebdo qui a pour objectif affiché de traquer du terroristes  jusqu’à Dahech, mais qui va aussi surveiller l’opinion publique qui s’avérera opposé au gouvernement en place. En effet, le texte prévoit que la loi vise à prévenir les «atteintes à la forme républicaine des institutions» et les «violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale». Concrètement, cela veut dire que si l’on est pas Pro-Républicain, on est forcément contre et qu’à ce titre on peut être susceptible d’être surveiller. D’un point vu pratique, cette surveillance peut donc aussi bien toucher, les opposants « au mariages pour tous » que les entrepreneurs français qui s’opposent à la politique fiscale Hexagonale.

Concrètement, en l’état actuel des choses,  le texte autorise les services de police à  poser des micros dans un appartement ou un véhicule, installer des balises GPS ou écouter des communications téléphoniques, sans l’accord d’un juge.

Ils pourront également utiliser des IMSI-catchers, un dispositif qui permet d’écouter toutes les communications (téléphoniques comme électroniques) dans un rayon de 500 mètres à un kilomètre. Le vrai petit plaisir…

Enfin les services de renseignement seront  autorisés à récupérer les “métadonnées” des échanges électroniques, soit les informations qui entourent une conversation : qui envoie un message? à qui? quand?par quel support? Ces métadonnées sont différentes du contenu explicite des messages, qui ne sera pas collecté.

Si le texte n’a pas été voté dans sa totalité, l’Assemblé Nationale, (ou du moins ce qu’il en restait), a voté mercredi l’adoption de la « boîtes noires« ,   un système qui va permettre au gouvernement de mettre des capteurs chez tous les fournisseurs d’accès internet, dans le but d’intercepter les échanges électroniques, et notamment les emails et les historiques de navigation des internautes.

En voulant protéger la liberté d’expression, la France s’enferme peu à peu dans un carcan dont elle ne pourra bientôt plus sortir.

Mayweather vs Pacquiao : Fight of the Century

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Floyd – Money – Mayweather et Manny – Pacman – Pacquiao s’affronteront dans un combat de légende au MGM Grand de Las Vegas le 2 Mai 2015. Après 5 ans d’attente, ce combat promet d’être titanesque sur et en dehors du ring. Eclairage.

 

Autant le dire tout de suite, je n’ai jamais été un pratiquant ni même un grand fan du Noble Art. Je n’ai jusqu’à maintenant regardé qu’un seul combat de boxe dans toute ma vie. C’était avec mes colocataires en Angleterre et la rencontre avait tourné court après un round d’observation. Au-delà de ça, je n’ai aucune attirance pour la castagne – aussi noble soit-elle – les droites, les gauches ou les uppercuts. Les seuls crochets que je tolère sont généralement l’œuvre de quelques brésiliens peroxydés sur un rectangle vert. Cependant, je suis quand même capable de reconnaitre un grand événement quand il se présente, autant dire que je ne vais pas rater le Combat du Siècle.

 » Fight of the Century « 

 

Après cinq années de palabres et de tractations, ceux que l’on appelle les deux plus grands  boxeurs du siècle ont enfin décidé de mettre les points sur les « i » de l’autre. Comprenez, Floyd – Money – Mayweather et Manny – Pacman – Pacquiao vont combattre pour le plus grand plaisir des fans et du monde du sport en général. L’enjeu est colossal car à 36 et 38 ans les deux colosses vont offrir à leurs fans un spectacle titanesque. On parle là de l’affrontement entre les deux stars de la boxe contemporaine. Pacquiao a décroché un titre mondial dans huit catégories différentes et affiche à son palmarès 57 victoires, dont 38 avant la limite, cinq défaites et deux nuls. De son coté, « Pretty Boy » Mayweather est toujours invaincu en 47 combats, dont 26 remportés avant la limite. La période difficile vécue par Pacquiao le place dans une position de challenger face à l’invincibilité de Mayweather. Pour autant bien malin qui peut donner un quelconque pronostic.

deux crevettes?

 » Money on their minds « 

En plus d’être une histoire de gros muscles, la boxe est également une histoire de – très – gros sous. Premièrement, Money est le sportif le mieux payé au monde et il tient à ce que cela se sache. Selon Forbes, le salaire de Pretty Boy s’élève à 105 millions de dollars pour 2014. Quand on sait que son dernier combat de 36 minutes lui a rapporté 32 millions de dollars, on comprend que le mec pèse. Deuxièmement, ce combat sera sans aucun doute le plus lucratif de l’histoire. Avec une répartition des gains déjà fixée, on sait que peu importe l’issue du match, l’Américain touchera environ 180 millions quand le Philippin émargera à 100 millions. Ce combat sera aussi celui de la démesure. Quelques infos en vrac :

  • Seulement 15 minutes après l’annonce officielle, toutes les chambres du MGM Grand étaient réservés et pour ceux qui voudraient aller voir le match, comptez 7.000 euros pour les premiers prix, 23.000 euros pour les plus chères !
  • Les spectateurs, non résident au MGM, devront mettre la main à la poche pour assister à cette rencontre, puisqu’ils devront payer de 1500 $ à 7500 $ leur billet.
  • Bob Arum, le promoteur du combat, a affirmé que les recettes perçues par le MGM Grand Garden Arena seront supérieures à 72 millions de dollars. Le précédent record était de 20 millions de dollars, pour un match – déjà – de Mayweather. C’était en 2013, face à Canelo Alvarez.
  • Floyd Mayweather a décidé de porter un protège-dent dans son style. Le boxeur américain s’est fait faire un objet d’une valeur de 25000 dollars (23000 euros) qui sera composé de diamants, d’or et de vrais billets de 100 dollars.

 

 

On hâte d’être le 2 mai…

C’est maintenant que tu le découvres ? #3 Young Fathers

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« White men are black men too » ce n’est pas qu’une phrase dont le message n’est pas bien compliqué à comprendre, c’est surtout le nom du dernier album de Young Fathers sorti le 3 Avril.

Young Fathers: bad boys d’Edimbourg

Après l’Angleterre avec Fyfe, l’Irlande avec All Tvvins c’est maintenant au tour de l’Écosse d’être mis à l’honneur sur cette chronique. Le groupe basé à Edimburgh s’est formé en 2008 autour de trois membres : Kayus Bankole, Graham Hastings et Alloysious Massaquoi. Les trois comparses vont attendre 2010 avant de mettre au jour deux premiers projets, « Automatic » et « Dancing Mataray ». Ces deux morceaux seront repris de nombreuses fois par différents artistes méconnus à la manière de « Want it Back » de Guts.

Un bon nombre de recruteurs pourraient demander à quoi correspond la pause de 3 ans de votre CV, cette ellipse peut s’expliquer par un long voyage spirituel, une dépression ou un séjour en prison mais certaines de ces options ne plairont pas à la personne en face de vous. Du coup, entre les deux morceaux présentés datant de 2010 et « Tape One » sorti en 2013, on ne cherchera pas à comprendre le pourquoi de cette absence. « Tape One » puis « Tape Two » sont comme leur nom l’indique, deux mixtapes qui vont mettre un son sur ce que veut être Young Fathers. Ces mixtapes de très bonne qualité, pour ce que l’on peut appeler un premier jet, sont déjà un savoureux mélange entre une musique électronique à la portée de tous et un hip hop loin de la volonté ironique « trash » de Run the Jewels à titre de comparaison.

Young Fathers – "Mr. Martyr" by anticon

Ces deux mixtapes (notamment « Tape Two ») sont déjà récompensées en 2014 en Écosse.

Cette même année 2014 va voir la sortie d’un premier album « DEAD« , tout en majuscules. Cet album va se détacher des deux mixtapes par sa tournure plus rap, les instrus (si on ose appeler ceci des instrus) sont beaucoup plus travaillés et les qualités pures de technique de rap sont mises en avant. Il s’agit aussi de l’album du changement de label, les trois bonhommes passent d’Anticon à Big Dada. Le point commun entre ces deux labels ? Leur indépendance.

Toujours chez Big Dada, c’est donc le deuxième album de Young Fathers qui a vu le jour ce vendredi 3 Avril. Cet album peut s’apparenter à celui de la confirmation, mais que nenni. On n’a pas fini de découvrir de nouvelles facettes à ce groupe si atypique. Comme nos mélanges de physique chimie en cinquième B de nos collèges respectifs, cet album est hétérogène, dans le sens où chaque morceau n’a aucun corps commun avec celui qui suit/précède. Les bases électro varient du très simple à l’extrêmement travaillé selon les chansons. Le côté rap est moins présent dans « White men are black men too » mais il est remplacé par une tournure soul qui se marie étrangement bien avec les instrus électro.

Pour résumer, White men are black men too mélange une électro gérée avec un mélange folk, soul, pour au final un album sans raté. Si je devais trouver un défaut à cet album, c’est qu’aucun morceau ne sort largement du lot pour sa qualité. L’album est hétérogène dans le genre, mais homogène dans la qualité, 38 minutes à ne pas manquer et plusieurs heures d’écoute pour l’intégrale des projets des trois hommes.

NB : les dates de sortie des mixtapes divergent selon les sources, donc pour construire chronologiquement mon article, j’ai choisi les dates qui me semblaient les plus sûres. Bises.

Étienne de Crécy fait-il de la musique de supermarché?

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Réveil, il me faut de la musique.

Lecture aléatoire de Spotify. Au milieu de tout le bruit actuel, j’entends ce qui ressemble à de la musique ; je sais pas si c’est hype, mainstream, connu ou complètement à l’ombre du grand tourbillon médiatique : Paradis. J’ai entendu les premières notes de leur morceau Garde-le pour toi, et c’était comme une évidence. Le genre de musique qu’on a déjà entendu avant, mais en fait non, et qu’on écoute en boucle toute la journée. Ça résonne un peu comme du Phoenix ; attention, le Phoenix du début, le vrai, celui de la French Touch. Garde-le pour toi c’est en quelque sorte le If I ever feel better de 2014. Évidemment, raconter de la musique c’est compliqué, alors ceci n’est juste qu’un énorme clin d’œil pour aller l’écouter vite fait.

Rien dans le frigo.

 

C’est souvent ce qui arrive quand on a faim. La résolution d’aller faire les courses s’impose comme un évidence, et complètement résigné je me décide à y aller. C’est pas vraiment sexy le supermarché ; Warhol avait pourtant des trucs assez stylés avec des boîtes de lessive. C’était une bonne idée de vouloir transformer les rayons en couloirs de musée ; mais bon d’un autre côté, c’est assez difficile de bouffer des tableaux et des sculptures. Je me dis qu’il y aurait une idée d’exposition, genre faire des tableaux en chocolat et les manger au fur et à mesure de la soirée. Je regarderai si ça existe en rentrant, un taré a bien dû y penser avant moi.

« D’un coup, je sais que c’est lui : Étienne de Crécy. »

Dans un rayon, au hasard des rayons, dans ce labyrinthe de rayons. Je tombe sur un gars qui me dit vaguement quelque chose. Un mec barbu, jeune vieux (comparé à moi j’veux dire), qui se trimballe avec un panier : deux baguettes de pain, de la salade, des yaourts 0%. D’un coup, je sais que c’est lui : Étienne de Crécy. Justement un des gars qui faisait de la musique en même temps que Phoenix, Alex Gopher, Philipe Zdar (il formait le groupe Cassius, avec le frère de Sinclair, le mec de la Nouvelle Star), Daft Punk, et j’en passe. Étienne est là, beau comme un homme moderne et j’en profite pour lui glisser : « Ton Super Discount 3 est vraiment un carton. Et pourtant tu fais tes courses comme tout le monde ! ». Il rigole : « Sympa merci. Il faut bien manger, et les frigos se remplissent pas encore tous seuls ! ». On rigole. C’est une bonne idée ça aussi.

 

« Étienne de Crécy c’est un truc un peu pointu, presque une niche de nostalgiques. »

« Pourquoi t’as tout appelé Super Discount ? C’est un moyen de dénoncer ou c’est juste un mot qui sonne bien ? » Et là : « En fait pour le premier album, il fallait attirer l’attention ; l’esthétique des promos de magasin est pas trop mal pour ça. Et puis ils l’ont étudié avant moi. Donc je m’en suis resservi et puis c’est resté. C’est flashy, on peut pas passer à côté ! ». Ouais c’est vrai, bonne idée. « Hashtag My Ass, You, WTF. Tout ça c’est des titres d’aujourd’hui ; j’aime beaucoup l’idée de s’approprier des codes. Et puis c’est bien fait. J’ai entendu du Daft, du Armand Van Helden, des trucs ghetto quoi ! » Il se marre. C’est vrai, c’est vraiment très bien dosé tout ça. J’ai eu du mal avec ses premiers sons, un peu trop bruts et finalement, de rajouter un côté plus pop, ça lisse un peu le truc. Mais je sais pas si je devrais lui dire ; Étienne de Crécy c’est un truc un peu pointu, presque une niche de nostalgiques.

 

Il est en train de continuer ses courses tranquillement. Je pense à d’autres mecs qui font de la musique et qui vendent malheureusement plus que lui. Genre David « Bandit Manchot » Guetta. Genre One Direction. Non je rigole, eux on s’en tape. En partant je passe devant une belle montagne de boites de conserve (des petits pois) ; l’idée de mon exposition insolite me revient comme une claque dans la gueule.

Les fêtes de Pâques – M comme Marcel

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Quand j’avais six ans, Pâques était synonyme de festin chocolaté et de course effrénée en culottes courtes dans le jardin de ma tante Suzy. Quelques années plus tard, les réjouissances s’annoncent moins… réjouissantes. Fini l’époque où les yeux de cocker suffisaient pour sortir de table rapidement et aller savourer des Kinders en quantité industrielle sous la table. Aujourd’hui, il faut faire bonne figure, embrasser des joues pas toujours engageantes, parler de ses projets de vie – ce qui implique d’avoir des projets de vie, vous l’aurez compris. Bref, se comporter comme un adulte qui apprécie les fêtes de famille.

Avant, Pâques c’était plus marrant. Pourquoi ?

 A mon humble avis, il faut revenir aux basiques. Je ne parlerai pas de l’effroyable désillusion lorsque ma cousine m’a annoncé en tripotant ses nattes que les chocolats ne poussaient pas dans les troncs d’arbre. Je ne parlerai pas non plus de ces fameuses vacances au cours desquelles ce petit lapin que j’avais mis des heures à dénicher m’a été enlevé au profit de cette même cousine, sous prétexte qu’elle en avait trouvé moins. Était-ce ma faute si elle n’était pas suffisamment douée en pistage de cacao ? Je vous le demande.

Il serait réducteur de n’envisager cela que sous l’angle gustatif. Car Pâques, ce n’est pas seulement culinaire, c’est aussi et surtout familial. Qui dit familial dit famille et donc ribambelle de cousins  brillants. L’année dernière, c’était une véritable parade. Harold s’apprêtait à passer le concours de l’usine à présidents, Germain visait le barreau et cette chère cousine Noémy achevait triomphalement sa première année à la Sorbonne. Pendant ce temps, d’autres se débattaient avec une recherche de stage plutôt hasardeuse.

On en arrive donc au point crucial de mon propos. Le véritable problème, ce n’est pas Pâques. Non, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, le tout petit bout qui n’inquiète pas le capitaine du Titanic. La dure vérité, c’est que les fêtes de famille, bien que semblant de prime abord n’être que des occasions de se retrouver entre gens de bonne compagnie, sont en réalité une humiliation savamment organisée.

Il faut intéresser, charmer, briller. Avoir un plan de carrière, des loisirs fascinants, un avis sur la conjoncture économique. Dans le cas contraire, on imagine facilement les discussions une fois chacun rentré chez soi. « Ta pauvre sœur, il ne fait pas grand-chose son Marcel… »

Ne croyez pas pour autant que je me laisse aller au défaitisme. J’ai repassé mes plus beaux atours et ai travaillé mon rire mondain. J’ai d’ores et déjà préparé des fiches sur Modiano et Malala Yousafzai et renouvelé mon abonnement aux Echos. Prêt à sauter dans l’arène, je regrette simplement l’époque où je disais vouloir être astronaute et que tout le monde applaudissait en me tendant des chocolats.

Histoire – Retour sur 1515

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Malgré un temps gris ce matin là, Reims paraissait lumineuse. Chaque bourgeois, chaque corporation avait pavoisé chacune des rues. Dans la cathédrale, s’avance seul, François, dans son costume de damas blanc, précédant de plusieurs pas les 6 pairs ecclésiastiques, portant l’ampoule, le sceptre et l’anneau royal. Puis viennent les 6 pairs laïcs, chargés de l’épée de Charlemagne, sa couronne, et de l’étendard royal. En ce 25 janvier 1515, François est sacré roi de France, c’était il y a 500 ans.

2015 est donc l’année François Ier : Demi millénaire du début de son règne (1 Janvier 1515), de son sacre (25 janvier 1515) de Marignan (13 et 14 septembre 1515), etc..

Son exercice du pouvoir est aux antipodes de son très lointain successeur, mais néanmoins homonyme. Nul besoin pour lui de se cacher sous un casque pour monter chez sa maîtresse afin ne pas être reconnu. Ses sorties galantes étaient au contraire assez tapageuses, et François, au moins avant son sacre, aimait courir la gueuse dans les hôtels borgnes des faubourgs de Paris. On raconte qu’une bourgeoise lyonnaise préféra se défigurer en plongeant la tête dans un brasier, plutôt que de succomber à ses charmes.

François et une maitresse

Le règne de François Ier va profondément modifier la France dans ses paysages, sa culture, sa position internationale.

Un roi bâtisseur :

Fini le Louvre modèle château de sable, place aux prémices du bâtiment que nous pouvons voir aujourd’hui (pyramide exclue). François 1er a modifié ou bâti bien des demeures royales : Chambord, rêve de chasse en partie inachevé, Blois, Amboise, Fontainebleau pour les plus fameuses.

Un roi de la Renaissance :

Marignan 1515, ok tout le monde connaît, en revanche Pavie 10 ans après, c’est comme le siège d’Alésia, la défaite de Crécy, ou le bus de Knysna : on préfère vite oublier. Bref les campagnes d’Italie ne furent pas un franc succès militaire. Mais en France, pour transformer des défaites en succès on est aussi fort qu’en gastronomie.

Ainsi, lors des dernières élections, le chef du gouvernement peut tranquillement expliquer, que même s’il a bien perdu, les autres n’ont pas totalement gagné, en tirant sur son Havane n°3.

François 1er noya l’amertume de la défaite dans la majestuosité des arts et rentra en France avec bon nombre d’artistes italiens dont le plus connu est Léonard de Vinci mais dont les plus actifs créèrent une des premières écoles de peinture en France sur le chantier du château de Fontainebleau.

Manu un soir de défaite électorale

Un grand chef d’Etat.

Que se soit dans sa diplomatie ou dans les affaires internes, il restera comme un grand monarque. Afin de parfaire l’unité du pays, il impose le français dans toutes les administrations. Il noue des alliances audacieuses : avec les luthériens de l’Empire germanique alors qu’il combat les protestants en France ou avec le musulman Soliman Le Magnifique alors que celui-ci menace l’Europe chrétienne. Mais le paradoxe de ce roi est d’avoir fait rentrer la France dans l’humanisme de la Renaissance alors que son règne s’achève dans les premiers étripages des guerres de religion.

Leonard présentant à la cour un projet non retenu par François 1er : le home cinéma couleur.

Pour approfondir sur ce personnage, il y a de nombreuses expositions à Paris ou ailleurs, tout au long de cette année, dont une notable à la Bibliothèque Nationale de France à voir jusqu’au 21 juin.