Et si le secteur tertiaire était l’avenir de l’économie collaborative?

Aujourd’hui l’économie collaborative semble enfin être arrivée à son paroxysme et comme toute chose qui arrive au sommet, le moment où le phénomène ralentira est inévitable. Si leurs créateurs semblent en avoir fait le deuil, on pense plus simplement que sa planche de salut réside dans le secteur du tertiaire, si le législateur lui en laisse la possibilité.

L’économie collaborative qu’est ce que c’est?

Hier considérée comme une alternative pour les débrouillards, elle est aujourd’hui un mode de vie adopté par la majorité de la population. On peut se réjouir de ce changement radical de moeurs, qui met l’accent sur l’utilisation plutôt que sur la propriété, la disruption, l’innovation, l’échange supporté par le numérique, l’interdépendance (le consommateur est au centre et le nombre d’intermédiaires est réduit) et la dynamique (le prix étant ajusté en temps réel et l’accès au produit ou service  se faisant à la demande, au moment et à l’endroit voulu par l’utilisateur).

Si l’économie collaborative utilise le domaine digital pour mettre en relation ses utilisateurs, c’est souvent à tort, qu’on utilise pour le désigner, le terme « uberisation« , qui est clairement une déformation de langage. En effet, Uber est à l’origine un service de chauffeur privé à la demande, qui permettait à n’importe qui, titulaire d’un permis de conduire, d’être chauffeur pour des particuliers à moindre coût. En effet, l’idée même de l’économie collaborative, c’est que la demande est en même temps l’offre et vice et versa. Lorsque Uber permettait à chaque usager, d’être un chauffeur privé, (avant l’interdiction des « UberPop » en France), on pouvait dire que terme « uberisation » était synonyme d’économie collaborative. Mais depuis qu’en France, les Uber ont le statut de voiture de tourisme avec chauffeur (statut de VTC qui est lui-même règlementé par la préfecture), ce n’est plus de l’économie collaborative en tant que telle, mais simplement un service de mise en relation de chauffeur privé digitalisé. On peut en conclure que désormais la synonymie est erronée, mais on comprend bien l’idée…

Que représente le marché de l’économie collaborative?

Si le secteur du tertiaire était l’avenir de l’économie collaborative?

Selon Deloitte, le marché de l’économie collaborative représente aujourd’hui 26 millards et il devrait atteindre 100 millards d’euros en 2018. En France, l’économie collaborative représente un marché d’environ 3,5 milliards d’euros. Un chiffre qui devrait être multiplié par trois d’ici à 2018. L’Hexagone représente un marché dynamique où ne cohabitent pas moins de 276 plateformes collaboratives, dont 70% sont françaises. C’est donc un marché extrêmement important, qui soulève néanmoins quelques zones d’ombre.

Pourquoi l’économie collaborative est-elle à un tournant?

On peut constater à travers ce bouillonnement que le « sharing » semble avoir trouvé ses limites. En effet, on ne peut malheureusement pas tout partager, à commencer par son gaufrier ou sa perceuse, que certains pourtant, ont tenté de louer. De même, qu’on ne peut pas lancer un business de « time sharing« , en pensant que la mise en relation des utilisateurs qui désirent échanger leur temps et leurs compétences gratuitement, puisse être lucrative.

La raison de ces fausses  « bonnes idées » est simple, pour qu’une entreprise collaborative soit véritablement viable, il faut que le nombre d’utilisateurs soit très conséquent, et il n’est pas aisé de créer une communauté importante. Si BlablaCar peut se targuer d’avoir plus de 10 millions de membres actifs sur sa plateforme, il peut aussi témoigner de la difficulté qu’il lui a fallu pour arriver à créer sa communauté. De même qu’Airbnb, qui accueille chaque nuit 425 000 invités, soit 22% de plus qu’Hilton dans le monde entier, alors qu’il ne possède pas un seul bien immobilier, a dû s’y prendre à deux fois avant de réussir sa première levée de fonds.

Mais ce que le covoiturage ou la location de biens immobilier entre particuliers ont permis, tous les secteurs d’activités ne le peuvent pas. L’économie collaborative est donc un faux eldorado, puisque toutes les banches d’activité n’ont pas vocation à être partagées comme on peut vous l’expliquer très bien ici.

Deuxième zone d’ombre de l’économie collaborative, l’augmentation de la législation qui risque de faire du grabuge. Libre de tout marquage depuis le début du match (hommage à Johan Cruyff), le sharing, en tant qu’économie sociale et solidaire est gratifiée d’un traitement fiscal de faveur, notamment en France, qui est pourtant déjà le champion du monde de l’impôt.

Les récents problèmes de concurrence (voir notre article à prendre au 2nd degré sur le sujet) déloyale entre taxi et « Uber Pop » ou entre les hôtels et Airbnb laissent à penser que le gouvernement français va durcir sa politique fiscal à l’encontre des plateformes collaborative. D’ailleurs, le rapport du député Pascal Terrasse sur l’économie collaborative remis à Manuel Valls le 8 février dernier, propose quelques axes de réflexion. Selon le député de l’Ardèche, le cadre fiscal actuel n’a pas besoin d’être réformé pour s’adapter aux pratiques de l’économie collaborative. Néanmoins le texte appelle à clarifier la distinction entre revenus, partage de frais (comme lors d’un covoiturage) et activité professionnelle.

Autre axe évoqué par le rapport: que les plateformes collaboratives se chargent elles-mêmes de transmettre le montant des transactions des usagers à l’administration.

À noter également qu’à compter du 1er juillet 2016, les plateformes seront tenues d’informer leurs utilisateurs de leurs obligations en matière sociale et fiscale. Oui, car les revenus tirés de l’économie collaborative doivent bien être déclarés.

Pourquoi le tertiaire représente l’avenir de l’économie collaborative?

Cependant, alors que l’économie collaborative semble être à un tournant, l’emploi est lui aussi en train de se transformer. À l’image du gouvernement français qui tente de changer une législation bien trop complexe, la façon de travailler change. En effet, les gens ne souhaitent plus être salariés, avec un lien de subordination à un employeur unique, mais veulent être vendeurs de prestation de service à plusieurs entités différentes. C’est en tout cas, ce que révèle l’explosion des sites de mise en relation professionnelle aux Etats-Unis. L’un deux, UpWork, publie une étude selon laquelle 54 millions d’Américains sont travailleurs indépendants permanents ou occasionnels et surtout 80% d’entre eux gagnent mieux leur vie que lorsqu’ils étaient salariés.

L’idée, dans ce nouveau monde économique, c’est que chacun d’entre nous qui est déjà consommateur peut devenir producteur. On ne dépend plus d’un patron mais d’un client, on ne signe plus un contrat de travail mais un contrat commercial, on ne vend plus 35h par semaine mais une prestation, un savoir-faire, il n’y a plus de licenciement mais de simples ruptures de contrat.

Si l’on rajoute à ce paramètre, le phénomène de vieillissement de la population et le fait que la demande de services à la personne est le secteur d’activité qui connait le plus haut taux de croissance depuis 2005, on peut entrapercevoir ce que peut sera l’économie collaborative de demain.

10 raisons de tout plaquer et devenir Sims !

10 raisons de tout plaquer et devenir Sims !

J’étais en cours de Finance et réfléchissais un peu au sens de la vie et aux pénibles décisions cornéliennes auxquelles nous faisons face tous les jours : Pizza ou McDo ? Partiels ou Apéro? Game Of Thrones ou House of Cards ? Quand j’ai soudain eu une épiphanie: Nous devrions tout plaquer et devenir Sims !

1. Si ton couple bat de l’aile ? Noie ton partenaire 🙂

Rien n’est plus gênant que de devoir larguer son partenaire pour cause de lassitude. Notre cœur nous pousse à envoyer un texto du style « C’était sympa mais j’ai plus trop la motiv’, bon week end quand même ! », quand notre raison nous dit « Envoie une carte avec des chatons dans un panier, ça passera mieux ».

Noyez-le et plus jamais vous ne ferez ce choix !

2. Même en étant étudiant, il n’y a pas de fin de mois difficile !

Rosbude, Klapaucius, Motherlode !;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!;!
En étant Sims, il n’a jamais été aussi simple de s’enrichir les fesses dans un lit, le caviar dans la bouche et le champagne à la main ! (lire notre article sur les étudiants expat ?)

3. Tu n’es pas obligé de faire les courses:

Pour la simple et bonne raison que quoi que tu fasses, ton frigo sera toujours rempli et tu pourras toujours « casser la croûte ». Tu n’as pas de frigo ? Achète-toi un banquet et garnis-le de poulet et de gâteaux !

4. Ta voisine t’agace ? Enferme-la dans 4 murs !

Je n’ai jamais aimé son ton agressif ou le fait que son caractère principal est « espiègle ». J’avais fait un effort en me retenant de faire du rentre dedans à son mari mais la voir danser comme une merde sur un air latino de Lorie dans mon salon pendant ma Garden Party ? C’est trop. Elle l’a mérité.

5. Il n’a jamais été aussi simple de devenir Astronaute ou Empereur du mal !

Je me souviens encore de ma mère qui me disais « Mais Léa ! Pour faire médecine, encore faut-il être intelligente ! ». En étant Sims, je lui aurai d’abord construit une petite maison confortable au fond du jardin sans porte. Puis j’aurai joué aux échecs 15 jours, lu un livre, léché une fois les bottes de mon patron avant de devenir chef d’hôpital.
Dans ta face.

6. Je tombe amoureuse toutes les heures !

Il me suffit d’une sortie au parc ou d’un simple mariage (le mien ?) pour tomber amoureuse du voisin militaire, de la voisine enceinte ou encore de ce jeune adulte de facteur ! La vie n’a jamais été aussi rose.

7. Avoir des enfants n’est pas un enfer !

D’abord, tu peux décrocher le téléphone et en commander un comme on commande des sushis en plein Paris (les pizzas c’est has been (comme dire has been en fait)). Si tu décides de les porter toi-même, tu es enceinte trois jours et l’accouchement ressemble à un cri de petite crampe d’estomac suite à un mauvais mexicain. Jusque là, on a vu plus compliqué je crois !

8. Les élever demande encore moins d’effort:

« A de goudjiaaa ! ». Les voilà partis à l’école ! Tu peux enfin souffler en prenant un bain moussant ou faire crac-crac avec la femme de ménage. Lorsqu’ils rentreront de l’école ? Laisse-les faire leurs devoirs (ou menace-les d’école militaire), tu pourras préparer une salade d’Automne pour ta femme qui est chanteuse de rock. Après ça, ils iront se coucher de fatigue et tu seras tranquille pour raconter une blague salace au fantôme de ta voisine chiante que tu as tué la semaine dernière.

9. Tu as pris 20kg ? Fais une heure de gym.

Allume la télé, choisis la chaîne sportive et imite cette dame à l’écran. En une heure, tu peux dire adieu aux fesses Kardash’ et bonjour au corps Victoria Secret !

10. Change de vie comme de chemise:

Je n’aime plus cette coiffure et cette chemise à carreaux. En plus elle n’est pas à moi… Puisqu’elle est à Caro (Rires). Et je ne préfère même pas parler de mon job d’agent secret. C’est décidé, demain j’aurai une barbe de hipster, un slim violet et je serai écrivain. Bisous.

Si toi aussi tu veux traquer ton quotidien contre une vie de Sims, retrouve-moi à Sunset Valley à 17h avec 20 simflouz.

Qu’est-ce que le speedrun ?

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Non, le speedrun n’est pas un nouveau sport qui consiste à courir le plus vite possible sur une certaine distance ; ça existe déjà (et ça s’appelle l’athlétisme). Rien à voir non plus avec les voitures, genre Fast & Furious. Il faut aller voir du côté des jeux vidéos pour voir ce que représente cette nouvelle discipline. Car en effet, il s’agit bien d’une discipline. Les sports électroniques, qu’on appelle aussi e-sport est en plein développement. Sur internet, les jeux deviennent des supports intéressants pour le développement et l’organisation de tournois, de compétitions, de ligues etc. et cela génère beaucoup d’argent. Pour ne citer qu’un seul exemple, un jeu en équipe avait généré en 2015, une récompense totale de 20 millions de dollars, que devaient se partageait les participants vainqueurs. Nul doute que cela se généralisera de plus en plus, au fil du temps.

Crédits photo : kitguru.net

Qu’est-ce que le speedrun ?

Pour en revenir plus précisément au speedrun, il s’agit d’une discipline qui consiste à terminer un jeu le plus rapidement possible. N’importe quel jeu peut alors se prêter à l’expérience, et généralement chaque jeu attire sa propre communauté. Vous l’aurez compris, pendant que vous passez, vous, des heures entières à finir un jeu, ces joueurs d’exception le font eux en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ils ont généralement un lien particulier avec le jeu sur lequel ils travaillent : un lien affectif d’abord, car il faut avoir un minimum de passion pour l’univers dans lequel on se plonge des heures durant. Et puis aussi, il faut développer une certaine volonté de faire mieux ; car si c’est une compétition officieuse contre le jeu, c’est aussi une compétition en ligne : les records sont enregistrés sur internet (et validés par vidéo), et chacun peut, à sa guise, essayer de le battre. On parle ici de plusieurs centaines (voire même milliers) d’heures devant un écran, avec l’espoir de gagner quelques secondes sur le record fixé… Volonté quand tu nous tiens !

Crédits photo : gameinformer.com

C’est une approche du jeu qui est moins ludique, certes, mais beaucoup plus technique : le jeu redevient un support faillible, avec lequel il faut lutter. Il faut, par exemple, repérer et apprendre le schéma de tel ennemi (qui sera tout le temps le même), manipuler le hasard (une expression que l’on retrouve souvent chez le speedrunner), parfois même sauter un niveau tout entier… Le travail de ces joueurs est énorme. Généralement, un speedrunner ne se consacre qu’à un ou deux jeux à la fois ; on ne peut pas tout connaître sur tout, et maîtriser à la perfection toutes les techniques. L’idée est donc de devenir une sorte d’expert du support, de l’assimiler complètement, en allant même parfois jusqu’à visiter les codes de programmation pour comprendre le fonctionnement interne du jeu. Vous, quand vous jouez, vous ne voyez pas tout ça bien évidemment ; le speedrun est une variation qui intervient dans l’univers du jeu et qui permet de voir le jeu autrement. Voyez par vous-même :

Seulement, il y a aussi beaucoup d’argent là-dedans. Au début, c’était une activité bénévole, pour la hype comme on dirait aujourd’hui, et les bornes d’arcade de l’ancien temps représentaient en quelque sorte un début de speedrun : les scores et les temps de chaque joueur était enregistré, celui qui prenait la suite de la partie essayait bien évidemment de faire mieux. Aujourd’hui, la technologie aidant, le streaming permet à ces joueurs de gagner de la notoriété mais aussi un peu d’argent. Des milliers de personnes les regardent, comme on regarde un match de football à la télé. On regarde quelqu’un jouer à un jeu, faire des belles choses, s’énerver parfois lorsqu’une technique ne marche pas, ou crier de joie lorsque tout se passe bien. Le chronomètre défile généralement à l’écran et on vit le jeu avec la même tension que le joueur ; le spectacle est bien là. Et puis plusieurs fois dans l’année, les communautés de speedrun organisent des grands évènements caritatifs : c’est alors des marathons entiers, se déroulant sur plusieurs jours, qui permettent d’engranger des milliers de dollars qui sont ensuite reversés à diverses associations de lutte contre les maladies, la faim dans le monde (cf notre article sur la nourriture suivant les pays), etc. On est donc proches du sport ; et je ne peux que vous inciter à aller voir ce que ça peut donner, d’être curieux, parce que si vous êtes joueur(euse), cela peut vraiment vous montrer une autre facette de votre activité favorite !

C’est maintenant que tu le découvres ? #8 Ulrika Spacek

Salut.

Comme le dit si bien Frank Sinatra ci-dessus, ça faisait quand même quelques mois que mon nom n’était pas apparu sur le site. Si je devais donner une raison ce serait le planning, le temps m’ayant manqué autant qu’écrire m’avait manqué.

N’ayant pas d’inspiration pour trouver une transition entre l’introduction et l’artiste présenté, j’ai mis une photo.

Ulrika Spacek

Cinq anglais qui font de la musique, c’est le retour au complet des One Direction. Les « boys » comme ils aiment être appelé par leurs fans, dont l’accent british laissent parfois à désirer, reviennent avec les cheveux gras, de la barbe, des guitares, une basse, une batterie et tout plein de grammes à disperser dans le sang ou dans des feuilles à rouler.

Sur-productif depuis qu’ils sont basés sur leur deux nouveaux leaders : Rhys Edwards et Rhys Williams, les 1D qui pour avancer sereinement ont désormais choisi le pseudonyme « Ulrika Spacek » reviennent après un dernier album discret sorti en Novembre 2015. The Album Paranoia sorti le 5 Février 2016 devient le premier jet d’une renaissance pour les anglais qui souhaitent attirer un nouveau public, plus intime sans doute.

Il est marrant ton délire mais c’est quoi ? 

La formule des InRocks est très bien trouvée, ils définissent le groupe comme étant : « Entre Tame Impala et Radiohead ». Ulrika Spacek va faire le bonheur des amoureux de psyché. Si le terme succès est très faible pour définir la réussite de Tame Impala dans le monde, ce serait mentir si l’on disait que l’album d’Ulrika Spacek n’était pas inspiré par la vague amorcée, plus ou moins, par Kevin Parker et ses acolytes. Ulrika Spacek ajoute à sa musique une flopée de troubles psychiques et utilise moins de procédés électroniques que ses homologues australiens.

L’album, dont le titre « The Album Paranoia » annonce la couleur, est composé de 10 titres, il dure 45 min et plonge l’auditeur dans une bulle où se trouvent toutes sortes de substances moyennement licites et une succession de troubles tout aussi inquiétants. L’album joue sur un enchaînement d’ambiances qui oscillent entre énergie et morphine. On va synthétiser cela comme une expression de la schizophrénie, qui est un thème majeur dans les textes de l’album et de l’ambiance de l’album.

En conclusion, une belle expérience d’écoute dans la lignée d’un mouvement qui plaît de plus en plus, et un groupe qui peut devenir très productif dans les années à venir. L’écoute de l’album est possible ci-dessous.

La bise.

 

Tu en veux plus ?

One Of Those Days

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Qui n’a pas entendu parler de Candide Thovex et du troisième opus de la série One of Those Days ? C’est un des phénomènes médias et sportifs actuellement qui passe en  boucle sur toutes les plateformes d’infos. Il est quasiment impossible que votre fil d’actualité, votre timeline ou même vos conversations mondaines aient été épargnés. Décryptage du phénomène…

C’est la vidéo qui vous donne envie de repartir poncer la montagne ou alors de tenter des acrobaties que la morale médicale et vos propres articulations désapprouvent. Ce n’est pas forcément précisé dans la vidéo, mais « ne tentez pas de reproduire ces cascades chez vous« … les acteurs de cette vidéo sont des professionnels entraînés et encadrés. Et quel professionnel…. Candide Thovex en personne !

Les trois vidéos de la série One of Those Days mettent en scène le skieur de La Clusaz dans son élément naturel : la montagne de la station Haut-Savoyarde. Le quadruple vainqueur des X-Games dévale les (hors) pistes à toute allure en plaçant bien évidemment quelques gros tricks et en terrorisant les badauds. Le tout est filmé à la première personne (soit avec les yeux de Candide) et sans stabilisateur. Un peu comme dans un Jason Bourne mais sur des skis et sans les flingues et les coups de tatanes…

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ensemble fonctionne très bien. Même sans être un vrai fan de ski on ne peut qu’être captivé et admiratif de la performance du champion. Il faut dire qu’il est excessivement difficile de rester insensible aux images, aux acrobaties et aux touches d’humour un peu hooligan. En témoignent les quelques 28 millions de vues que rassemblent les 3 vidéos ainsi que la profusion d’articles (dont celui-ci) à propos de la série.

En même temps elles ont tout pour plaire. Un acteur principal sympa, des images à couper le souffle et des chutes globalement inattendues. Certains se prennent même au jeu du « fake ou pas fake« . Le rythme est très soutenu et chaque vidéo repousse un peu plus les limites du genre. Au fur et à mesure des productions des équipes de montage plus garnies viennent aider Candide. Il faut dire que l’artiste délaisse quelque fois le clavier quand l’appel de la montagne se fait trop pressant.

En même temps, sans entrainement et sans plaisir impossible d’arriver à un tel niveau de performance.

Trêve de bavardages, jetez-vous sur les 3 vidéos de la série :

One of Those Days 1

One of Those Days 2

One of Those Days 3

 

Petit bonus, la pub pour Audi Quattro avec Candide Thovex

Faut-il souffrir pour mériter l’Oscar ?

Oui, cet article fait évidemment référence à l’Oscar de Leonardo DiCaprio, sésame précieux enfin décroché après des années d’errance. Au fil des années, les cinq nominations de Leo en comptant The Revenant, pourtant pas l’acteur le plus malchanceux en la matière (coucou Richard Burton), sont devenues une sorte de public joke donnant lieu à des memes et à un jeu qui, je l’avoue, m’a bien distraite cette semaine (http://redcarpetrampage.com/). Et bien qu’ayant beaucoup de sympathie pour l’acteur, au fil des cérémonies qui égrènent le début d’année, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander pourquoi l’on n’arrêtait pas d’entendre « S’il ne l’a pas pour ce film, je ne sais pas quand ils lui donneront » ou encore « Si en se faisant bouffer par un ours il ne gagne pas, c’est que les Oscars ont juré de ne jamais le récompenser ». En d’autres termes, c’était l’année ou jamais. Mais pourquoi ?


 De prime abord, je pense que tout le monde sera d’accord avec moi pour dire qu’un Oscar, ça se mérite. Récompense parmi les récompenses pour les acteurs, il semble que pour que le choix de l’Académie soit adoubé par l’opinion publique, il faut qu’on ait l’impression que l’acteur récompensé s’est donné du mal, s’est mis en danger. Ce qui me fait penser que Matt Damon n’avait aucune chance pour Seul sur Mars (que j’ai par ailleurs adoré), dans le sens où son rôle, bien qu’intéressant, n’était pas vraiment un personnage complexe : c’était un héros américain typique, intelligent, drôle, optimiste – impression renforcée par la bonne bouille de l’acteur. Cette sensation est clairement confirmée par le fait que des acteurs mythiques adeptes de la méthode de l’Actors Studio, qui préconise une immersion la plus complète possible dans l’environnement du personnage pour une meilleure appréhension de sa psychologie et donc une performance plus habitée, ont inspiré les acteurs qui aujourd’hui font le bonheur d’Hollywood. Je pense par exemple à Daniel Day-Lewis qui cite souvent les prestations criantes de réalisme de De Niro comme élément déclencheur de sa vocation. L’engagement total, qui nécessite une certaine forme de souffrance (qu’elle soit physique avec des pertes de poids spectaculaires ou mentale avec des conditions de tournage difficiles, des immersions dans des milieux hostiles), génère de la concentration et donc plus de justesse… Qualités évidemment récompensables par un Oscar.

On peut objecter à cet argument que certains Oscars n’ont clairement pas récompensé des prestations d’exception ou « à risque ». Ce qui m’amène à penser que parfois, les  Oscars viennent récompenser une évolution, une révélation. A titre personnel, je citerai Jennifer Lawrence dans Happiness Therapy. Bien que j’ai trouvé le film très réussi, je n’ai pas été convaincue qu’elle était au sommet de son talent et j’ai eu un petit regret pour Emmanuelle Riva. Mais je me suis rapidement consolée en me disant qu’après tout, J. Law avait montré avec ce rôle une maturité impressionnante et qu’elle avait prouvé qu’elle était plus que l’égérie d’une franchise à gros budget. De cette réflexion découle une conclusion assez réjouissante : un Oscar ne vient pas récompenser l’apogée du talent d’un acteur. Déjà parce que comparer les performances d’un film à l’autre est particulièrement périlleux. Et ensuite parce que cela n’augurerait rien de bon pour la future carrière de Leo et de tous les Oscarisés en général.

Leo a donc souffert et a décroché l’Oscar. Et le film dans tout ça ? Sans trop vous spoiler, The Revenant est un film que je qualifierais de pas facile. C’est un film rugueux, violent, une mise à nu d’un homme dans un milieu beau et terrible et au sein d’une intrigue simple mais qui vous cloue sur place. La performance m’a personnellement paru remarquable, quoique difficilement soutenable par certains peut-être. En fait-il trop ? Je ne pense pas que qui que ce soit soit qualifié pour juger que quelqu’un qui serait véritablement dans la situation de Hugh Glass ne se comporterait pas comme Leo dans ce film. Reste à discuter la concurrence. J’admets que Matt Damon était pour moi une petite erreur de casting étant donné son rôle. Michael Fassbender a livré une prestation impeccable dans ce qui reste un biopic de facture assez classique. N’ayant pas encore vu son film, je ne peux rien dire de Bryan Cranston. Pour conclure, je me contenterais de dire que cet Oscar est, selon moi, amplement mérité. Pas parce que Leo a souffert durant le tournage, mais bien parce que sa prestation vous prend aux tripes. Et si ce n’est pas ça qui vous fait aller au cinéma, alors je ne sais pas ce que c’est. Et j’ajouterais juste qu’à mon humble avis, Eddie Reydmane n’en a pas fini avec le cinéma…