Médias – Pourquoi les geeks changent le monde ?

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Checkpoint Charly : Les questions existentielles ou presque.

Pourquoi les geeks changent le monde ?

Les questions existentielles ou preque du Checkpoint Charly

Nous ne sommes pas seuls. Venus d’une galaxie très lointaine ils ont envahi la terre et ont pris forme humaine (avec plus ou moins de réussite au départ). Nous avions remarqué leur présence sur notre planète dans les années 60, mais il semblerait qu’ils étaient déjà là avant. Au XVIIIe siècle déjà, on parlait de gecken, monstres de foire dans les cirques ambulants austro-hongrois. Vers la fin du XIXe siècle, en Amérique du Nord on présentait ces freaks dans les side-shows pour effrayer les visiteurs. On parlait du bestiaire de l’étrange. Enfermés dans des cages, personne ne se doutait qu’ils allaient un jour contrôler le monde. On leur donna alors un nom que le monde n’oublierait pas (roulement de tambours): LES GEEKS ! (Badaboum ! Enchaînement avec une musique dramatique avec chorus transcendé).  Le terme est alors attribué aux gens décalés et bizarres, qui ne s’intègrent pas dans la société. Tandis que l’humanité avait sous-estimé leur intelligence, ces « extra-terrestres » un peu fous que l’on pouvait voir rentrer chez eux les vêtements négligés, les cheveux en désordre, absorbés dans leurs pensées, allaient enfin sortir de leurs ténèbres spatiales. C’est dans les années 60, qu’avec le développement des calculatrices puis des ordinateurs, que le terme commença à être utilisé pour parler de ces « intellos » en sciences et technologies qui – dans les lycées et les universités – ne s’intéressaient pas à la plupart des activités de leurs camarades. À noter que si ces derniers avaient amélioré leurs apparences humaines, quelques imperfections subsistaient encore. On peut notamment évoquer les boutons d’acné et une vue réduite qui les contraignait à porter de grosses lunettes. Autant de signes qui permettaient à la société d’identifier facilement ces malheureux. Isolés, rejetés, parfois incompris et souvent cognés par les joueurs de football américain, ces derniers ont pris la fuite et se sont alors réfugiés dans des mondes imaginaires. Dans leur fuite, les geeks ont absorbé des kilos de volumes de romans d’anticipation, de science fiction, d’heroic fantasy, de comics. Les marginaux sont devenus des passionnés. Leur identité s’est établie. Tout geek est d’abord un fan. Nos freaks se sont retrouvés, jusqu’à former ensemble une communauté auto-suffisante et épanouie de créateurs et de fans. Probablement nostalgiques de leur lointaine galaxie oubliée, ils se sont mis à inventer, à raconter et à partager ensemble ces incroyables histoires qui ne finissent jamais. « Vers l’infini et au-delà ». Ainsi leurs esprits créatifs se sont retrouvés dans la génération X qu’ils allaient sans le savoir bouleverser complètement. La vérité, c’est que les geeks ont en réalité contribué à la faire évoluer. Leur fracture avec cette génération-là étant tellement énorme, qu’elle est en fait à l’origine d’une nouvelle génération connectée : la génération Y.

Leur révolution était en marche. La révolution par l’imagination. Elle-même doublée d’une arme de création massive : l’informatique.  Se passionnant pour ses nouvelles technologies terriennes, nos geeks ont commencé à partager leurs connaissances, travaillant alors à imaginer un monde à leur image. Ils allaient inventer le futur. Alors que pendant ce temps-là certains se baladaient à poils dans les festivals prenant du LSD pour dire merde à la guerre et faisant l’amour sans capotes pour la paix dans le monde, ceux-là préparaient l’avenir dans leur garage. Mais ne faisons pas de généralités, il y a peut-être une petite proportion de ces geeks qui se baladaient à poils dans les festivals prenant du LSD pour dire merde à la guerre et faisant l’amour sans capotes pour la paix dans le monde (avec un poil moins de succès peut-être).

Mais revenons à nos moutons. Nos fameux moutons sont sortis de l’ombre en s’évadant de l’enclos des conventions, sortant des sentiers battus, prouvant que derrière leur image d’intellos torturés se cachaient les génies que tout le monde allait adorer.

Alors, qui sont-ils ? Qu’on t-ils fait de génial ?  Et tentons de répondre à cette question fondamentale que l’on se pose tous :

Comment les geeks changent le monde ?

Ces geeks ne sont autres que Georges Lucas, Steve Jobs, Bill Gates, Marc Zuckerberg, Jack Dorsey, Xavier Niels, les Daft Punk… mais ce sont aussi des anonymes, des anonymous, des Hulubberliens et… des filles (dites geekettes) ! Ces geeks, ils ont bouleversé le cinéma, crée des machines révolutionnaires et des logiciels dont plus personne ne se passe. Ils ont aussi inventé les réseaux sociaux et les jeux-vidéos. Parfois-même ils ont fait danser la planète. Grâce au geek, le particulier accède, à un outil tellement incroyable qu’il dépasse l’imagination : Internet. La connaissance absolue. L’information immédiate. Le Saint-Graal du geek. En un clic, l’information fait le tour du monde, voyageant à la vitesse de la lumière. La communication entre les Hommes change, la vie aussi.

Arrive alors un grand principe fondamental, le cadeau des geeks à l’Humanité : l’Open Source. En trois mots l’accessibilité, le partage et la gratuité. Autrement dit, la plus belle politique du monde. Si aujourd’hui nombre de foyers en France regardent plus de films et écoutent plus de musiques qu’ils n’en achètent, c’est grâce aux geeks qui ont inventé le peer to peer. C’est beau l’esprit d’équipe ! Bref les geeks partagent tout, débattent, se transmettent des idées, des observations, des expériences. Et ils le font souvent de manière désintéressée, voyant plus d’intérêt pour tout le monde à se refiler des tuyaux ou du matériel qu’à se mettre des bâtons dans les roues. La communauté d’abord. Esprit communautaire qui d’ailleurs ne se limite pas qu’à l’informatique. Les joueurs de jeu vidéo se transmettent des informations, se prêtent leurs jeux, jouent ensemble, en ligne, en réseau, sur console et ce depuis toujours, bien avant que ce marché ait pris les proportions pharaonesques d’aujourd’hui. Si le consommateur lambda peut à notre époque s’immerger dans des jeux vidéo plus vrais que vrais, ou complètement farfelus, aux décors et musiques somptueuses, c’est parce qu’après qu’un geek a inventé Pong, un autre a inventé Tetris, et que certains des geeks qui y jouaient en ont inventé d’autres.

Star Wars, Apple, Microsoft, Google, YouTube, Yahoo! eBay, Ubi-Soft, EA-Games, Activision, Marvel, MSN, MySpace, Spotify, Free, Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat… Tout ça c’est les geeks. Ça fait un sacré gros paquet de milliards pas vrai ? Alors mesdames, la prochaine fois que vous croiserez un geek en soirée (Playstation en panne), ne le sous-estimez pas, il pourrait vous surprendre !

Le geek passe à la postérité. Ces mêmes extra-terrestres que tout le monde charriait au collège sont désormais riches, adulés et inspirants. Ce qu’ils avaient fait pour y arriver ? Juste une petite bosse dans l’univers.

Mais comme à la rédac’ d’Hulubberlu on aime les choses bien faites, on vous livre leurs trois secrets pour changer le monde :

Souvenez-vous la pub Apple : « Ceci est en l’honneur des cinglés, des marginaux, des rebelles, des provocateurs, des blocs ronds dans les trous carrés, de ce ceux qui voient les choses différemment des autres. Ils ne sont pas fous des règles et n’ont aucun respect pour le statut quo. On peut les citer, les dénoncer, les admirer ou encore les détester. Mais la seule chose qu’on ne peut pas faire, c’est les ignorer. Parce qu’ils changent les choses. Ils poussent la race humaine à avancer. Certains voient en eux de la folie, nous nous voyons en eux du génie. Parce que ceux parmi nous qui sont assez fous pour croire qu’ils vont changer le monde, sont ceux qui le font« . Voilà ce que disait la marque à la pomme au monde : THINK DIFFERENT.

Voilà comment les geek changent le monde. Leur pulsion de connaissance les pousse toujours plus avant dans leur découverte de terres inconnues.

Les geeks sont plus qu’une révolution, ils sont l’évolution. La victoire de l’esprit sur la chair.

Rétabliront-ils l’équilibre dans la force? Détruiront-ils l’anneau de Sauron ? Libèreront-ils les hommes de la Matrice? Autant de questions qui nous poussent à nous demander si comme Néo et ses copains, les geeks ne pourraient pas sauver le monde ?

Le Checkpoint Charly c’est fini pour aujourd’hui, mais on se retrouve dans un mois pour pleins de nouvelles questions existentielles ou presque. Super bisou les loulous!

 

 

Médias – Neknominate la nouvelle connerie alcoolisée des réseaux sociaux.

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Neknominate : Le nouveau défi alcoolisé des réseaux sociaux

Vous avez vu une vidéo d’un pote boire un quintuple cul-sec de tequila (20cl) alone dans son salon ? Vous n’avez pas compris pourquoi il postait ça sur Facebook un lundi à 17h et commenciez à vous demandez s’il n’était pas devenu alcoolique ? (ou du moins s’il ne se l’avouait pas enfin).

Mais lorsque, plus tard dans la soirée, vous êtes revenus sur le réseau social bleu. Vous tombez sur la vidéo de votre ex beau-frère de 17 ans ½ la bouteille d’une main, le blunt de l’autre… vous ne pouvez pas vous empêcher de remarquer la même « signature » en fin de vidéo que celle de votre ami; ils mettent au défi d’autres « rapteus ». Mais pourquoi ? 

Alors pas de panique si vous êtes en retard ; Hulubberlu vous explique le phénomène Neknominate.

Après la mode de se prendre en photo allongé (planking) ; celle de se prendre avec une moustache dessiné sur son doigt ou celle de se prendre sur des toits (rooftopping). C’est une nouvelle tendance qui envahit les réseaux-sociaux : Le NEKNOMINATE.

Le Neknominate ; c’est un tout nouveau jeu d’alcool. Aussi intelligent que la mode de 2011, qui était de se mettre des tampons imbibés d’alcool dans le cul, sauf que cette fois, ça se passe sur internet et ça ne vient pas de Russie mais d’Australie.

Hé oui, l’Australie est aussi un pays avec une bonne descente ! D’après Vice, 40 millions d’euros auraient été mis en place par Kevin Rudd pour stopper les accidents liés à l’alcool.

 

Le principe ?

1 – Un ami vous « nomine » dans une vidéo en vous mettant au défi de prendre un cul-sec de bière
2 – Vous avez 24h pour poster, à votre tour une vidéo où l’on vous voit boire votre binch de la manière la plus originale possible en remerciant l’ami qui vous a lancé le défi en début de vidéo.
3 – Vous finissez la vidéo en nominant 3 nouvelles personnes
Alors OUI, le principe est plutôt fun : boire une bière cul-sec de la manière la plus originale possible. En effet, on aurait pu inventer pleins de choses hyper sympas ! Imaginez, un neknominateur déguisé en Mickey à Disney aurait lancé le défi à 3 fêtards, le premier aurait demandé à un pote posté au balcon de lui verser une bière dans le gosier. Le second aurait bu à la bouteille dans un aquarium ; quand au troisième, il aurait bu tête à l’envers dans la cuvette des chiottes (je tiens à préciser que les deux derniers sont tirés d’une histoire vraie)

 

Mais au final, pour neuf vidéos sur dix, c’est la même chose: essayer de boire la plus grosse quantité d’alcool de la manière la plus banale au monde : en se filmant chez soi avec sa webcam.

Alors :

Si vous trouvez que c’est plus fun de faire un apéro tout seul chez vous en défiant vos potes via un écran plutôt que de le faire en vrai.
Si vous trouvez que c’est bien d’avoir des vidéos de soi entrain de faire des bitures express qui circulent sur internet (Hé oui, même si vous avez coché l’option « privé » de facebook).
Ou alors si vous avez été défié et que votre ego vous pousse à répliquer (l’ego est toujours plus fort dans les jeux d’alcool). Faites-nous plaisir : N’essayez pas de vous faire une bouteille de Jack Da cul sec pour ensuite gerber sur votre ordi en postant la vidéo. Contentez-vous d’une bière ou d’un verre normalement dosé mais concentrez vous sur l’idée la plus créative pour boire votre breuvage !

 

(photo: edinburghnews)

La Fille du Mois #15: Irina Shayk

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La Russie, quel beau pays. Son architecture, sa nourriture, sa culture, son histoire… Et ses filles. Ce mois-ci, je vous le donne en mille, c’est une petite Russe qui remporte le titre tant convoité de « Fille du Mois » chez Hurluberlu.fr. Récemment, on vous avait parlé de Jade Leboeufs, ou encore de Gisele Bundchen à pleurer… Mais ce mois si on part sur de la Russe. Et pas n’importe quelle Russe ! Une mannequin qui s’est fait remarquer lors de shootings de lingerie et de maillots de bain… Assez discuté, je vous demande un tonnerre d’applaudissements pour la belle, Irina Shayk.

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La fille du mois #14: Jade Leboeuf

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Depuis l’héroïne de Star Wars, les « Filles du mois » vous ont manqué ? À nous aussi. C’est pourquoi on a décidé de commencer 2018 en beauté, et avec un petit côté chauvin ! Et oui, ce mois-ci, on vous a sélectionné une petite Française bien de chez nous. Ce n’est pas la première fois qu’on reste dans l’hexagone, souvenez vous de Virginie Ledoyen… Mais cette fois-ci, on change de style, et on vous présente une incroyable créature avec un nom de famille qui va vous rappeler des souvenirs de champions du Monde… Continuer la lecture

Notre sélection des 20 femmes les plus sexy de l’année

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De nos jours, avoir gagné à la grande loterie du code génétique et avoir trouvé un super styliste ne suffisent plus à faire partie des femmes les plus attirantes et les plus incroyables du monde. Il faut ce petit plus qui fait la différence, et croyez nous, les 20 créatures dont nous allons parler ici on bien plus qu’un « petit truc en plus ». Continuer la lecture

Unai Emery ou la xénophobie footballistique

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Unai Emery une nouvelle fois a été vilipendé par la horde sanguinaire du corporatisme français relayée par certains journalistes. Un quotidien bien connu confirme une fois de plus son copinage avec les instances « franchouillarde » d’entraineurs ou de joueurs. Ainsi, on ne compte plus les Unes mettant en cause l’autoritarisme d’Emery après l’affaire Ben Arfa en n’hésitant pas à développer des contres vérités honteuses. Puis une semaine plus tard s’en prenant au manque d’autorité après une réunion houleuse mais qui s’est avérée en vérité parfaitement constructive.

L’Equipe n’est pas à une approximation près et montre une fois de plus son copinage coupable.

Le France du football est-elle xénophobe?

Mais le football franco-français ne veut pas de nouveautés, de réformes… et de ce nouveau coach qui chamboule ce petit monde étriqué. Quand on se rappelle le blanc-seing qu’avait Laurent Blanc après 3 échecs en quart de finale, on ne laisse même pas 3 mois à Emery.

Guy Roux, symbole de ce manque d’ouverture d’esprit déclarait le 4 octobre dernier sur le plateau de l’Equipe du soir « Je constate que maintenant, il n’y a plus vraiment de secret dans le vestiaire ou dans la vie des clubs. Quand il y a une réunion entre l’entraîneur et des joueurs, rien ne devrait sortir. Maintenant, il y a tout qui sort et ça fait des débats. Il y a du désordre… Un grand club comme ça n’a pas beaucoup de rigueur. Il y en avait plus à l’époque de Laurent Blanc. Il avait pourtant l’air cool. » Ce mépris envers l’étranger s’il était transposé à une dimension politique serait proche de la discrimination et de la xénophobie. Le décalage est tout de même savoureux.

Une forme de xénophobie de Laurent Blanc à Marcelo Bielsa?

De plus, le traitement tout bonnement inacceptable envers les coachs étrangers n’est pas nouveau voire omniprésent et infatigable. Par exemple, le cas Ancelotti qui avait été sommé de s’expliquer sur le fond de jeu de son équipe sur Canal+ comme s’il s’agissait d’un vulgaire entraineur de seconde zone. Et l’avenir lui a donné raison avec une Champions League avec le Real Madrid et une nomination par la suite au Bayern Munich, excusez-le du peu ! On peut aussi citer l’agressivité disproportionnée contre le travail de Leonardo Jardim qui a été contraint de faire sans ses meilleurs joueurs (Falcao, James Rodriguez) après un changement de stratégie du club et est allé jusqu’en quart de finale en s’inclinant de peu contre la Juventus de Turin. Il a aussi qualifié chaque année son club pour des compétitions européennes en finissant sur le podium à chaque fois. Un bilan qui pourrait faire pâlir beaucoup de membres du corporatisme français.

Et le meilleur pour la fin, Marcelo Bielsa qui est adulé par le monde entier comme le « professeur du foot ». Il a fait même resurgir la passion sur la Cannebière là où il n’avait que désespoir. Evidemment, après son départ la morosité a repris ses droits. Pourtant, que n’avons-nous pas entendu sur le passage de Bielsa sur son jeu trop offensif pour notre frileuse ligue 1.

Pour finir, notre idyllique football français, surtout selon les médias et le corporatisme français, excelle dans la xénophobie qui n’a plus droit au chapitre dans la société à savoir critiquer des gens pour ce qu’ils sont et non ce qu’ils font.

 

Article concocté par Charles CARON

 

One Of Those Days

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Qui n’a pas entendu parler de Candide Thovex et du troisième opus de la série One of Those Days ? C’est un des phénomènes médias et sportifs actuellement qui passe en  boucle sur toutes les plateformes d’infos. Il est quasiment impossible que votre fil d’actualité, votre timeline ou même vos conversations mondaines aient été épargnés. Décryptage du phénomène…

C’est la vidéo qui vous donne envie de repartir poncer la montagne ou alors de tenter des acrobaties que la morale médicale et vos propres articulations désapprouvent. Ce n’est pas forcément précisé dans la vidéo, mais « ne tentez pas de reproduire ces cascades chez vous« … les acteurs de cette vidéo sont des professionnels entraînés et encadrés. Et quel professionnel…. Candide Thovex en personne !

Les trois vidéos de la série One of Those Days mettent en scène le skieur de La Clusaz dans son élément naturel : la montagne de la station Haut-Savoyarde. Le quadruple vainqueur des X-Games dévale les (hors) pistes à toute allure en plaçant bien évidemment quelques gros tricks et en terrorisant les badauds. Le tout est filmé à la première personne (soit avec les yeux de Candide) et sans stabilisateur. Un peu comme dans un Jason Bourne mais sur des skis et sans les flingues et les coups de tatanes…

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ensemble fonctionne très bien. Même sans être un vrai fan de ski on ne peut qu’être captivé et admiratif de la performance du champion. Il faut dire qu’il est excessivement difficile de rester insensible aux images, aux acrobaties et aux touches d’humour un peu hooligan. En témoignent les quelques 28 millions de vues que rassemblent les 3 vidéos ainsi que la profusion d’articles (dont celui-ci) à propos de la série.

En même temps elles ont tout pour plaire. Un acteur principal sympa, des images à couper le souffle et des chutes globalement inattendues. Certains se prennent même au jeu du « fake ou pas fake« . Le rythme est très soutenu et chaque vidéo repousse un peu plus les limites du genre. Au fur et à mesure des productions des équipes de montage plus garnies viennent aider Candide. Il faut dire que l’artiste délaisse quelque fois le clavier quand l’appel de la montagne se fait trop pressant.

En même temps, sans entrainement et sans plaisir impossible d’arriver à un tel niveau de performance.

Trêve de bavardages, jetez-vous sur les 3 vidéos de la série :

One of Those Days 1

One of Those Days 2

One of Those Days 3

 

Petit bonus, la pub pour Audi Quattro avec Candide Thovex

Pour ou contre aller voir Spectre ?

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007 – Opus 24

Le 11 novembre prochain, Spectre arrive sur nos écrans. Dernier né de la saga James Bond, il fait déjà parler de lui dans la presse et parmi les fans les plus inconditionnels. On le dit réussi, fascinant… mais on entend également que c’est le pire 007 jamais réalisé et un flop monumental après un Skyfall extraordinaire. Vous aurez certainement le temps de vous faire une opinion – et moi aussi. En attendant, voilà qui pourrait vous décider.

UPDATE : je suis effectivement allée voir le film, vous pouvez retrouver ma critique juste en-dessous de l’article. 

Pourquoi vous devez courir voir Spectre ?

  • Parce que Daniel Craig est indubitablement le meilleur James Bond de tous les temps

Inutile de le nier, je suis une fervente admiratrice du James Bond de Daniel Craig. Sombre, un brin torturé et sexy en diable, 007 est à mes yeux devenu un héros quasi parfait, loin des oeillades de celui de Roger Moore dans les 70’s. L’annonce de son casting avait pourtant surpris : un Britannique (jusque-là, rien d’anormal) au physique nordique qui conduit à peine… et surtout inconnu ! Pourtant, Casino Royale remportait tous les suffrages et à chaque film, Craig insuffle de plus en plus de profondeur et de charisme à un personnage qui semblait quelque peu creux depuis Sean Connery (<3). Peut-être est-ce parce qu’il est le premier acteur de la saga à poser sa patte sur le scénario en suggérant régulièrement des alternatives aux propositions originelles. Ou peut-être est-ce justement parce qu’il est l’anti James Bond dans la vie qu’il a réussi à faire évoluer le personnage de manière aussi spectaculaire.

  • Pour enfin comprendre Quantum of Solace

La bande-annonce l’annonce (ahah) : Spectre est derrière « tous les ennuis de James Bond », sous-entendu derrière tous les complots et péripéties survenus depuis Skyfall. Ce qui inclut le très nébuleux Quantum of Solace dont je n’ai guère retenu que la présence solaire d’Olga Kurylenko. Peut-être que cet opus permettra d’enfin comprendre les méandres du scénario…

  • Pour Monica Bellucci

Tout est dit.

Pourquoi je reste un poil dubitative

  • Parce que la promo est un peu too much

J’avoue avoir été assez désagréablement surprise par les dernières publicités OMEGA mettant en scène 007. Même si ce partenariat est historique (il a démarré dans GoldenEye en 1995), la promotion s’apparente quelque peu à un matraquage – et c’est un euphémisme, avec trois diffusions du même spot avant la projection de Seul sur Mars. Et Moneypenny n’est pas en reste : dans une publicité de SONY, Naomie Harris se démène pour récupérer le téléphone de 007 en dépit de péripéties un peu rocambolesques. Même si on se doute que Spectre sera plus qu’un prétexte au placement de produit, on préfèrerait quand même ne pas avoir la sensation de se faire prendre pour un pigeon. Et on passera sous silence le chèque de 14 millions de dollars encaissé par la MGM et Sony en contrepartie de quelques petits changements visant à redorer l’image que le film renvoie du Mexique : les méchants ne sont plus si mexicains que ça et Stephanie Sigman a l’immense privilège d’être une JBG pendant 4 minutes. Voilà voilà.

  • Parce que ce sera forcément moins bien que Skyfall

Skyfall place la barre très haut. Bande-son exceptionnelle, scénario extrêmement intelligent, jeu d’acteurs remarquables (mention spéciale à Judi Dench)… Le James Bond parfait est là. Et après ?

  • Parce que les polémiques récentes me fatiguent

Depuis que la saga est devenue aussi bankable (encore une conséquence du talent Craig), la moindre sortie des acteurs est sujette à polémique. Lorsque l’acteur principal annonce que le prochain 007 sera son dernier, les spéculations sur le nom de son successeur vont bon train… et ont de quoi dégoûter les fans les plus civilisés, notamment lorsqu’on entend dire qu’Idris Elba, acteur prodige s’il en est, est inenvisageable pour le rôle car non blanc. Idem lorsque l’on découvre les critiques à l’encontre du choix de Monica Bellucci, jugée trop vieille par certains médias américains pour pouvoir vraisemblablement séduire James Bond. Il vaut mieux être sourd qu’entendre ça.


 

J’y étais. Oui, j’étais à la première projection publique de Spectre à Lyon en ce mercredi doux et ensoleillé. Verdict ? (Il est préférable d’avoir vu le film avant de parcourir ces lignes. Ou de promettre de ne pas m’en vouloir pour les spoilers)

Un 007 de facture quelque peu classique

Alors oui je l’avoue, le scénario de Spectre ne m’a pas renversée. « 00 est un programme obsolète (…) une méchante organisation veut fusionner les services secrets des principales puissances mondiales pour semer le chaos (…) quand la hiérarchie ne le soutient plus, 007 est seul contre tous ». Je dois bien admettre que le postulat de départ n’est pas sans rappeler le scénario de Mission Impossible : Rogue Nation sorti cette année. La comparaison s’arrête toutefois là, je vous rassure. On peut également regretter que jamais aucun véritable suspense ne vienne perturber les rebondissements « classiques » de cet opus : jamais vous ne douterez que JB s’en sortira ; ni qu’il le fera avec une classe et une élégance outrageantes.

Mais même sans trop s’attarder sur le scénario, d’autres points noirs apparaissent. L’un des plus gros à mon sens est la bande originale de Sam Smith (que j’aime pourtant beaucoup) que j’estime ratée – en même temps, il faut assumer de passer derrière Adele. Enfin, je regrette que cet opus soit si masculin. Comprenez-moi bien, j’ai bien conscience qu’il s’agit d’un film d’action et qu’il y a certains must. Mais l’accumulation d’explosions/cascades peut finir par lasser même les plus fans.

Mais ça fonctionne

Bien sûr que cela fonctionne. Bien sûr qu’on adore voir Daniel Craig se démener et fusiller ses ennemis de son regard bleu acier. Bien sûr qu’on frissonne en voyant que Christoph Waltz n’a rien perdu de son talent à incarner des psychopathes terrifiants. Bien sûr que les plans des villes sont magnifiques et que la réalisation est impeccable – mention spéciale aux scènes dans le train de Tanger qui sont d’une esthétique remarquable à tout point de vue. Et bien sûr qu’on frémit lorsque LE rebondissement est dévoilé et que les pires fêlures de 007 sont révélées.

Alors oui, mille fois oui, allez-y. Et pour vous consoler du dénouement qui n’est pas des plus originaux (hello Christopher Nolan) et du jeu assez pauvre de Léa Seydoux (au demeurant extrêmement séduisante), dites-vous que le prochain ne va pas tarder à arriver… et qu’il promet d’être légendaire.

PS : on vous conseil de lire également cet article à prendre au 2nd degré sur James Bond et son amour pour l’alcool.

 

La cigarette est-elle devenue obsolète?

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La cigarette : tendance ou has been ?

Discrète jusqu’en 1945, la consommation du tabac a réellement explosé après la seconde Guerre Mondiale avec le développement des grandes compagnies américaines qui ont d’une part, joué sur la dépendance des soldats de retour du front et d’autre part ont imposé  la cigarette comme un nouveau standard d’abord chez les hommes puis chez les jeunes.  Pourtant, l’image de celle-ci s’est fortement dégradée ces dernières années au point de devenir presque quelque chose d’obsolète. 

Fumer était  une mode, un geste social, une contenance. Tous les supports médiatiques, que ce soit le cinéma ou la publicité, arboraient cette « norme fumeur ». De James Dean à Humphrey Bogart en passant par notre Jaques Chirac national, tous étaient des fumeurs invétérés et ont contribué à populariser le tabac pour en faire un accessoire masculin indispensable.

 

C’est ainsi que pour être un mec stylé il fallait se fumer sa petite tige après le repas, à l’intercours et surtout lorsqu’on allait en soirée. D’ailleurs la grande majorité de la gente masculine a dû commencé à fumer pour faire le prince de la nuit et épater les gonzesses avec son paquet de Malbacs souples et son Zippo à l’effigie du Ché. Une chance sur deux pour que la petite ait envie de partager une clope avec vous et une chance sur cinq que cette clope vous amène à la choper. Socialement parlant, fumer était  donc rentable, et puis ça montrait surtout qu’on était un mec, un vrai, celui qui fumait sa Gauloise au réveil avec un café noir sans sucre façon Clint Eastwood.

Mais depuis quelques temps et notamment en France, fumer c’est devenu une tare. Une loi de 2008 est en effet venue calmer tout le monde en interdisant de fumer dans tous les lieux publics. On doit désormais faire des épreuves de  Ford Boyard pour sortir s’en griller une. Challenge favoris : l’équilibriste pour attraper son briquet d’une main pendant que tu regardes ton téléphone de l’autre et tout ça par un vent de force 8 sur l’échelle de la bourrasque. Le concours d’apnée  dans les fumoirs des boites de nuits est toujours pas mal côté au registre des moments sympathiques qu’un fumeur dois endurer. Puis surtout, le prix des paquets s’est mis à s’envoler et notre argent avec lui un peu plus chaque mois. Conséquence de quoi, on est passé des industrielles aux tubées, puis des tubées aux roulées, puis des roulées aux taxées car maintenant pour acheter un paquet, il faut l’autorisation de ton banquier. Pour l’étudiant fauché, il faut soit attendre Noël soit casser son PEL, forcément ça calme!


Non vous n’êtes pas en train de lire un communiqué  de la ligue anti-tabac, car on est bien d’accord que fumer sa clope après un gros frichti, c’est tout de même encore un des seuls gros plaisirs qu’il nous est donné de goûter dans nos chiennes de vie. Mais bordel, les références n’y sont plus, personne n’ose se montrer en public avec une clope au bec. Résultat, sans représentants, pour les défendre, les fumeurs sont mis au banc des accusés. Maintenant, on s’astique devant des esthètes qui ne fument pas, ne boivent pas et courent en collant cinq fois par semaine, en se goinfrant de galette de riz.

Alors qu’avant l’ami Gainsbourg se craquait ses gitanes devant des millions de téléspectateurs sans que personne ne bronche. Maintenant, si tu sors un briquet sur un plateau de télévision, le CSA t’attaque en justice dans la seconde. Mais par contre il laissera du temps d’antenne à José, la nouvelle star de téléréalité, lorsque il viendra donner des cours de sports sur une chaine de la TNT ou pire présenter son nouveau livre sur son hygiène de vie parfaite, et son nouveau concept de povtiyp’itude.

Voilà, c’est l’évolution, le passé est toujours irréductiblement dépassé, et comme tout le monde on a envie de dire “c’était mieux avant”. L’image de la cigarette change, mais heureusement pour notre liberté, les fumeurs demeurent.
Cependant, aux yeux des médias, la clope industrielle n’a plus vocation à exister, et indirectement vous n’avez pas le choix. Soit vous fumer en cachette, soit vous arrêtez, soit vous tirez sur un bâton en plastique lumineux qui fait de la fumée (une vapoteuse ou un hochet).

La bonne nouvelle dans tout ça c’est que ce nouveau mouvement nous aide à arrêter pour une vie plus saine !
Je vous laisse quand même sur une petite publicité que j’adore, histoire de vous (fumeurs), faire culpabiliser un peu plus.

NON, la femme parfaite n’est pas une connasse – M comme Marcel

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À la Télévision, à la radio, au théâtre et dans les livres, on vante les mérites de la « femme connasse », qui boit, qui fume, qui se la pète et pas que dans son bain. Un tableau très peu glamour qui fait office de nouvelle référence de style. L’intention est louable : décomplexer les femmes imparfaites, en affirmant que la femme belle, riche, intelligente, qui réussit sa vie de couple comme ses bons petits plats… n’existe pas. Ou alors c’est une connasse à laquelle il faut cesser de ressembler, car ce modèle est hors d’atteinte.

Pourtant, entre la femme parfaite et la connasse, il y un juste milieu.

La connasse : le modèle stéréotypé de la femme

On vit une époque formidable, où pour lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes, on vante à tout va les mérites de la femme normale, dans le sens le plus pessimiste du terme.

La cible parfaite semble être une femme citadine, qui confond le basilic avec le muguet le 1ermai,  âgée de 30 ans à 35 ans elle passe son temps à se plaindre tout en regrettant l’époque de ses 20 ans. Le temps où elle pouvait encore coucher par terre chez un inconnu ou survivre à une nuit blanche.

Dans une logique tout aussi paradoxale, ces trentenaires sont souvent cadres supérieurs pour lutter contre le stéréotype de la femme au foyer, mais s’adonnent à des tonnes de mesquineries dès qu’elles le peuvent, comme donner le minimum dans l’enveloppe des pots de départs ou faire payer le homard sauce américaine, au « pigeon » qui les invitera à dîner.   

Elle est  sans doute accro aux séries, parfois célibataire (et passe le Jour de l’an seule avec son chat), tient mal l’alcool, mais boit beaucoup, a une vie sexuelle désordonnée et peu satisfaisante, mais écrit ici et là comment trouver des excuses pour ne pas avoir de rapport lorsque sa série préférée est retransmise, voire même comment arrêter certains préliminaires (pourtant si cher à la gent masculine.)

Chez les plus jeunes, le modèle de base est une petite précieuse, qui fait de la « com » parce qu’elle maîtrise les bases de Photoshop et veut devenir célèbre, arbore fièrement une petite paire de Stan Smith alors qu’elle n’a jamais tenu une raquette de tennis de sa vie et couche avec des garçons seulement lorsqu’elle n’a pas envie de s’attacher, laissant ainsi ceux pour qui elle a de l’affection croupir dans un coin de peur de trop se dévoiler.

Point commun entre les jeunes et les moins jeunes : l’obsession pour l’apparence, à commencer par leurs poids. Capable de défoncer un pot de Nutella en cinq minutes, mais au bord de la dépression lorsqu’elles ne peuvent plus rentrer dans le « jeans test », celui qu’elles ressortent de temps en temps pour vérifier qu’elles n’ont pas grossi. Elles compensent leurs surcharges pondérales (imaginaires) en bronzage, maquillage,  vernis à ongles, coiffeur et épilation, tout le temps et sous n’importe quel prétexte.

Question cliché, les hommes ne sont pas épargnés. Pour la connasse, leur vie hésite entre le cul et la console de jeux, ils rompent par textos, reluquent les culs de leurs meilleures amies quand ils ne parlent «carbu» et sont tout juste bon à renouveler leur penderie.

Au lit, ils sont incapables d’assurer le «minimum syndical»,  voire même de bander, ce qui rendrait une «demi-molle» presque glorieuse.

La femme parfaite n’existe pas, et alors? 

Du panel de défauts clichés que je viens d’énumérer, je ne connais aucune de mes amies qui en cumulent plus d’un dixième et pourtant, il est érigé en modèle sociale, comment expliquer une telle aberration?

Sans doute que vouer un culte à  la connasse du XXème siècle fait vendre, à l’image de la mini série de Canal + qui a remis la chaîne crypté au premier rang de la caméra cachée ou du livre des soeurs Girard qui revendique plus de 600 000 ventes avec leur  bible « la femme parfaite est une connasse » (qui m’a très fortement inspiré pour écrire ces lignes).

Sans doute aussi que c’est rassurant de voir dans cet être gracieux et magistral, une personne banale, qui a ses faiblesses, ses défauts et qui fait caca….

Un fait demeure: la femme parfaite n’existe pas, au même titre que l’homme parfait d’ailleurs. Simplement, il convient pour l’un comme pour l’autre de trouver celui ou celle qui sera parfait à leurs yeux.

Crédit photo: http://cinema.jeuxactu.com/

Entrepreneuriat – L’aventure Michel et Augustin

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Nous sommes en 2015 après Jésus Christ. Toutes les marques de l’agroalimentaire sont trustées par les grands groupes… Toutes ? Non ! Une poignée d’irréductibles « biscuits » résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Cette marque, c’est Michel et Augustin. C’est une histoire d’entreprise comme on les aime. Tout a commencé avec deux amis d’enfance, passionnés de pâtisserie, qui se sont lancés dans la préparation de petits biscuits et ce dans une minuscule cuisine. Près de 12 ans plus tard, avec à présent 50 recettes et une centaine de produits, ils parviennent à réaliser un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros ! Une vraie pépite (de chocolat) !

Ces trublions du goût ont réussi à imposer leur marque dans le secteur ultra-concurrentiel de l’agroalimentaire en personnifiant les articles sans âme du secteur. En « dé-produisant le produit » pour le remettre à sa place, ils ont touché le cœur des consommateurs. Et tout cela sans trop d’argent ! Et faisant face à d’énormes mastodontes disposant de puissants lobbies. Il faut que vous sachiez que la quasi-totalité des marques alimentaires que vous voyez dans vos rayons de supermarchés est détenue par seulement 10 multinationales…

Nous avons rencontré Florian Baudoin, directeur de la bananeraie de Lyon, qui a gentiment accepté de partager avec nous son expérience chez Michel et Augustin, l’entreprise qui incarne véritablement la « success story » à la française.

Michel et Augustin – L’interview

Pourrais-tu tout d’abord présenter à nos lecteurs l’histoire « Michel & Augustin » ?

Michel et Augustin, c’est deux copains d’enfance qui se sont rencontrés sur les bancs d’école en 4eme C et se sont suivis jusqu’en école de commerce. Augustin est parti faire de la stratégie au Club Med puis chez Air France, passant dans le même temps son CAP de boulanger ; Michel est quant à lui parti faire du trading à New York.

Puis tous deux se sont retrouvé à Paris pendant une année sabbatique durant laquelle ils se sont lancés dans un tour des 1200 boulangeries de Paris dans l’idée de faire ensuite un guide. C’est après cela qu’ils ont décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils se sont dit : « Nous, on veut révolutionner le monde de l’agroalimentaire et faire un pied de nez aux géants industriels qui font un lobbying ultra-puissant sur ce secteur-là. »

Ils ont ainsi décidé de créer une marque qui s’appellerait Michel et Augustin, qui serait fun, qui serait sympathique et avec un univers très décalé. Et à travers de laquelle ils proposeraient aux consommateurs des recettes simples, saines et gourmandes. Grâce à des matières nobles comme du beurre frais et de la crème d’Isigny, de la vanille de Madagascar. Des recettes simples mais avec une charte de qualité exceptionnelle.

Ils n’ont pas eu peur de quitter leur situation confortable comme ça pour vendre des biscuits ?

Ils ne voulaient plus être des jus de cerveau en entreprise, même s’ils ont adoré leur première expérience ; ils ne cherchaient absolument pas la sécurité. Ils voulaient juste vivre pleinement et ce comme ils le souhaitaient et non en fonction de leurs supérieurs. Ils n’ont pas eu peur de se lancer car ils se sont toujours dit que ça leur apporterait une grande richesse personnelle et professionnelle quand bien même l’aventure Michel et Augustin venait à disparaître. Ils avaient une petite sécurité financière à l’époque, Augustin venait de revendre une start-up technologique qu’il avait cofondée ; ils ont ainsi pu se concentrer pleinement sur Michel et Augustin.

Et les difficultés du début, ils n’ont pas trop nagé dans du chocolat avant de gagner leur croûte ?

Le plus dur quand on lance une marque dans l’agroalimentaire, c’est tout ce qui concerne la préparation. Tu arrives dans un marché inconnu. Toute ta famille, tes amis, tes collègues s’inquiètent lorsque tu leur annonces que tu as tout plaqué pour faire des petits biscuits. Les gens au départ te prennent pour un fou car c’est un marché ultra-saturé. Mais eux croyaient en la simplicité de leurs recettes, en leur qualité et en leur dimension gourmande. Ils étaient optimistes et c’est pourquoi ils ont mis tant d’énergie pour lancer leur entreprise.

C’était comment d’ailleurs le tout début de l’aventure ?

Ils ont commencé dans la cuisine d’Augustin et c’était plutôt simple : ils préparaient les sablés, les emballaient, posaient une étiquette découpée à la main et imprimée chez eux. Ils allaient faire du porte-à-porte chez les commerçants du quartier. Puis ils sont rentrés dans la Grande Epicerie, chez Colette, Monoprix. Petit à petit, ils ont franchi les étapes !

Comment expliquerais-tu un tel succès ?

Le succès part avant tout de la simplicité des deux gars, de la notion d’amitié qu’ils véhiculent depuis des années, à la fois en entreprise et sur le terrain, avec cette transparence, cette honnêteté et cette simplicité qui plaît beaucoup à nos consommateurs. L’idée, c’est de se dire que quand on achète un produit, on n’a pas besoin d’avoir un master de chimie pour décrypter la composition ! C’est grâce à toute cette simplicité, cette authenticité, qu’on a réussi à créer une petite communauté de consommateurs et plus qu’une communauté, des vrais ambassadeurs, qui vivent nos événements et partagent des moments exceptionnels avec nous.

On dit souvent que se lancer dans une aventure entrepreneuriale à deux, c’est un mariage. Comment expliques-tu le succès de ce duo ?

Oui c’est vrai, c’est s’associer pour le meilleur et pour le pire. Le succès de leur réussite, c’est une solide amitié, avec beaucoup de confiance et de transparence. Il faut savoir dire non mais aussi savoir prendre des risques quand il le faut. Michel et Augustin se soutiennent énormément : Augustin a des projets toujours plus farfelus chaque jour, Michel, lui, gère plutôt les finances de la boîte. C’est la complémentarité : Michel et Augustin ont deux profils très différents et se complètent dans toutes leurs missions, dans toutes les caractéristiques intrinsèques à l’entrepreneuriat. Ils sont passionnés, ils aiment l’humain, le contact, apporter des choses et partager des moments agréables avec les gens qui les entourent.

Vous avez réussi à créer un univers de marque à 360 degrés, où le consommateur est au centre de votre stratégie. Vous êtes d’incroyables marketers n’hésitant pas à mouiller le maillot au cours de campagnes de wild marketing et ce pour pas un sou. Peux-tu nous dire comment vous mettez cela en place ?

Nous souhaitons faire vivre à nos consommateurs des expériences inédites qui respectent trois choses : le savoir-faire pâtissier, la sympathie et la joie de vivre.

Nous avons adopté un ton décalé sur l’ensemble de nos canaux de communication. Nous jouons sur l’humour et voulons être toujours au plus près de nos consommateurs. Cela est pleinement assumé par le choix d’une charte graphique colorée, un logo aux style enfantin et un ton résolument amical.

Augustin a toujours eu comme principe « agitez votre imagination, pas votre porte-monnaie ». C’est en partant de cela qu’ils ont vu dans le packaging un territoire d’expression et de communication incroyable : jusqu’à présent, ça reste le premier outil de communication de Michel et Augustin. Le packaging est réajusté tous les ans en fonction des actualités et des « nouvelles trublionnades ». Mais tous nos produits conservent la promesse de base : des produits authentiques, fait-maison et conçus avec des ingrédients de qualité.

Ce que nous voulons, c’est offrir aux consommateurs des expériences inédites, fun et décalées. C’est pourquoi l’un de nos piliers de communication reste la création d’événements, comme notamment la chasse au chameau dans les rues de Boulogne-Billancourt.

La culture d’entreprise de la marque est aussi un facteur clé de communication pour Michel et Augustin. Vous êtes des types cool qui bossent dans une boîte cool et qui créent des produits cool. Mais au-delà de cette personnification, comment c’est de bosser chez M&A ? Il me semble que l’intrapreneuriat est très présent chez vous non ?

Michel et Augustin, c’est une boîte géniale où l’on peut vraiment s’épanouir. Il y a toujours une super ambiance parce que tout le monde y met du sien. On travaille tous d’arrache-pied parce qu’on aime notre entreprise et qu’on veut l’emmener très loin. Et quitte à ne pas compter ses heures, autant le faire dans une super ambiance.

Michel et Augustin, c’est aussi 88 employés, du chef du secteur à la logistique, en passant par la comptabilité, les responsables communication, etc. C’est ensemble que nous construisons l’aventure Michel et Augustin. Chez nous, le mot d’ordre c’est la liberté d’expression : on peut tous être porteur de projet et ce n’est pas parce que tu es au pôle logistique que tu ne pourras pas soumettre ton avis au pôle R&D…

On n’est pas très nombreux dans l’entreprise et on a tous des agendas chargés. Donc ce que l’on cherche avant tout, c’est des gens sympas, débrouillards, dynamiques, malins, souriants et qui ont la joie de vivre. Nous passons énormément de temps tous ensemble, c’est important d’avoir des affinités personnelles. Et ce n’est pas pour rien que la valeur fondatrice de l’aventure Michel et Augustin c’est l’amitié. On ne cherche pas le CV ou bien la compétence absolue. Nous, on cherche des gens passionnés, engagés, très sérieux et hyper proactifs, qui souhaitent se construire à travers l’entreprise. Michel et Augustin nous donne les bons codes pour être de bons entrepreneurs.

Toujours soucieux de vos consommateurs, vous vous êtes donné une casquette de « centre de formation de pâtissiers », une très belle initiative de partage et de gourmandise. Toi aussi tu comptes passer ton CAP Pâtisserie bientôt ?

Oui, nous sommes plutôt uniques au monde pour cela ! Nous invitons nos salariés à se former dans un autre domaine que celui de leur emploi dans la boîte, afin de développer une expertise dans notre cœur de métier, la pâtisserie. Nous avons des cours directement à la bananeraie tous les lundis soirs, de la théorie et de la pratique. Et pour les trublions lyonnais, nous passons nos épreuves en mai prochain !

A terme, nous aimerions être la première entreprise de biscuits dont tous les salariés seraient titulaires d’un CAP de pâtissier !

Et au-delà des salariés, nous donnons également une chance à nos consommateurs, à condition bien sûr qu’ils soient passionnés par la pâtisserie et déterminés à passer leur certificat. Il faut qu’ils aient un réel projet de reconversion professionnelle ou de recherche d’emploi. Et c’est pourquoi nous organisons chaque année en septembre un concours pour trouver un nouvel apprenti. Et l’heureux élu gagne une année de formation de 78 heures en pâtisserie avant de passer en juin l’examen officiel du certificat d’aptitude professionnelle (CAP).

Le concept « Bananeraie », c’est le nom que vous avez donné à vos bureaux et ce n’est clairement pas anecdotique. Ce lieu de travail pour vos trublions est surtout un moyen énorme de fidéliser vos consommateurs et de benchmarker à mini prix et ce sans « focus group ». Ici, pas besoin de glace sans tain ni de questionnaires, les consommateurs se lâchent et dégustent avec plaisir…

Oui c’est nos bureaux, un lieu vraiment agréable où on aime y travailler, mais comme tu l’as dit c’est surtout un lieu d’échange, de passage, où chaque consommateur peut venir pousser la porte et apporter sa touche personnelle. Tous les premiers jeudi de chaque mois, on ouvre nos portes à plus de 600 personnes dans le but de faire déguster tous les produits déjà existants de Michel et Augustin et les nouveautés en avant-première afin que nos consommateurs puissent donner leurs avis, tant positif que négatif, pour que nous puissions optimiser nos recettes.

Au lieu de dépenser beaucoup d’argent dans des campagnes médias, nous avons voulu aller voir nos consommateurs, du moins les inviter à venir nous voir et c’est ce qui a donné les bananeraies. On souhaite vraiment comprendre leur façon de consommer, les spécificités du bassin de consommation, afin que nos recettes soient toujours plus délicieuses.

La famille Pinault raffole de vos biscuits. Comment vois-tu le futur de Michel et Augustin maintenant que vous avez à vos côtés la holding Artémis ?

Nous exportons nos produits dans 26 pays et cette année avec un gros focus sur les États-Unis. On a ouvert dernièrement une nouvelle bananeraie à Brooklyn dans le but d’aller vendre des cookies dans le pays du cookie.

La prise de participation d’Artémis chez Michel et Augustin  nous a permis d’internationaliser la marque. Nous ne voulons pas seulement vendre nos produits à l’export, nous voulons créer une véritable aventure dans ces pays, notamment au travers de Bananeraies.

Quel est ton parcours chez Michel et Augustin ?

J’ai rejoint la grande famille Michel et Augustin lors d’un stage de fin d’étude, j’étais chef de secteur de toute la partie Ouest de Paris. Je suis ensuite passé par plein de métiers différents : j’ai été commercial, j’ai travaillé dans la logistique où j’ai mis en place un nouveau canal de distribution « M&A distribution ». Et puis un jour Augustin m’a dit : « Écoute je sens que tu as un dynamisme énorme pour booster l’entreprise, alors écris-nous un projet et s’il tient la route, on le développera ». J’ai alors travaillé sur la casquette de la marque, qui était encore très parisienne et j’ai voulu revaloriser la région en développant un concept de bananeraie. Le projet lui a plu et c’est pourquoi nous avons ouvert une bananeraie à Lyon : la capitale française du goût était pour nous la ville parfaite pour une nouvelle implantation.

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneuriale ?

Soyez audacieux, croyez en vos projets, n’écoutez pas vos proches très souvent sceptiques. Il n’y a pas de mauvais projets, il n’y a que des bons projets : même si ça n’aboutit pas, on apprend beaucoup de ses échecs.

Essayez de faire des choses simples mais faites-les de manière exceptionnelle. Ça ne sert à rien d’attendre la bonne idée, il faut se lancer et la travailler et c’est comme cela que l’idée deviendra bonne.

Sachez vous entourer, c’est la clé du succès : tout seul, on ne va pas bien loin.

Et enfin, surtout, croyez en ce que vous êtes. Ça ne sert à rien de tricher avec la personne que l’on est. Soyez le plus humble possible, avec le plus large esprit possible, et voyez loin.

L’entrepreneuriat est important chez Michel et Augustin, venez-vous en aide à des jeunes entrepreneurs ?

Oui c’est notamment pour cela que nous avons lancé les « Boire une vache avec… », des conférences où l’on donne la parole à un entrepreneur ou une personnalité publique qui intervient sur une problématique qui lui tient à cœur. A Paris, nous avons déjà accueilli Fleur Pellerin, Cédric Villani, Frédéric Mazzella, Pierre Kosciusko Morizet… et à Lyon, des personnalités davantage locales avec notamment Gregory Cuilleron, Bruno Rousset. Le 28 avril prochain, c’est Christophe Fargier, le fondateur de Ninkasi, qui nous fait l’honneur de venir boire une vache.

Nous entretenons une relation privilégiée avec les jeunes entrepreneurs. Par exemple, nous prêtons une partie de nos bureaux de Paris à des jeunes entrepreneurs qui n’ont pas de locaux pour travailler. Nous aidons et accompagnons pédagogiquement des entrepreneurs. Nous souhaitons nous entourer de jeunes dynamiques, afin de cultiver la folie entrepreneuriale qui nous est propre et chère.

=> Retrouvez le site internet de Michel et Augustin ici.=> Retrouvez nos autres interview et nos articles business ici

Les séries anglaises à voir.

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C’est Avril 2015, tu as déjà torché toutes les saisons de Breaking Bad, finis la saison 5 de the Walking Dead et tu es en attente de Game of Thrones. Bien sûr je ne parle pas de Homeland, House of Cards, True Detective, Parks and Recreation et Julie Lescaut que tu as vu et revu dans leurs intégralités. Tu te cherches quelques petites séries courtes à mater OKLM dans ton lit le soir en mangeant ton double cheese ou ton double steak (si tu suis un régime protéiné). Regarde donc de l’autre coté de la Manche, et tu verras que quelques bijoux sont faits pour toi. Entre thriller, comédie, drame et policier, tu as le choix.

Voici une sélection des meilleurs séries anglaises fraîchement concoctée pour ton bien être intérieur.

Broadchurch
2 saisons ,  16 épisodes

Je commence par une excellente série policière. Le meurtre d’un enfant à Broadchurch amène l’inspecteur à soulever pas mal de secrets qui entourent les habitants de la petite ville. On y découvre le déroulement d’une enquête, le travail de la police, l’ingérence des médias, et les conséquences sur les vies de plusieurs familles. Du suspense, de magnifiques paysages, et un ancien Doctor Who (David Tennant) qui joue très bien et est très attachant, (j’ai trop envie de lui faire des bisous). La saison 2 vient de se terminer, et de mon point de vue, est encore meilleure que la première.

Le trailer mystérieux:

The Fall
2 saisons, 11 épisodes

Dans le même style que Broadchurch, mais cette fois, nous suivons le quotidien d’une inspectrice et celui du sérial killer qu’elle poursuit. Un jeu du chat et de la souris. De Tom et Jerry. De Titi et Grominet. Du Terminator T-800 et de Sarah Connor. Et c’est avec Jarnie Dornan le beau gosse de Fifty Shades of Grey et Gillian Anderson, l’actrice qui jouait dans X-Files.

Le trailer stylé:

The Office
2 saisons, série terminée

Peut-être connaissez-vous la version américaine de The Office, avec Steve Carrell, une excellente comédie de 9 saisons. Eh bien, la série anglaise est l’originale, elle ne dure que 2 saisons, mais met encore plus mal à l’aise que son homologue américaine. Nous y découvrons le quotidien d’une petite entreprise de fabrication de papier avec ses employés bien tarés comme il faut, et son manager plus compétent pour gêner et humilier ses salariés qu’autre chose. Je ne vous mets de pas de trailer car je n’en ai pas trouvé et ensuite, le premier épisode vous dira si cet humour vous correspond ou pas. Martin Freeman, le type qui joue le hobbit est présent et ça c’est plutôt chouette.

Pas de trailer mais une vidéo de pandas roux:

Misfits
5 saisons, série terminée

5 jeunes  délinquants sont condamnés à des Travaux d’intérêts généraux. Lorsqu’un orage leur offre des supers pouvoirs, ils en profitent pour devenir des super héros ! En fait non, ils vont se foutre dans la merde et utiliser leurs dons pour s’en sortir comme ils peuvent. Les 2 premières saisons valent vraiment le coup, surtout avec Robert Sheehan qui joue le rôle de Nathan, le personnage principal, qui se fout de tout et de tout le monde. J’avoue ne pas avoir vu les 3 saisons qui suivent.

Le trailer qui est court mais plutôt pas mal, moi en tout cas j’ai apprécié tu m’en diras des nouvelles :

https://www.youtube.com/watch?v=FXfOaBqPtBg

Utopia
2 saisons, 12 épisodes

Quelques personnes détiennent les pages d’un comics qui cache un effroyable secret pouvant mener l’humanité à son extinction. Les voilà poursuivis par une organisation mystérieuse qui ne veut pas leur faire des bisous. Notons une bande originale et une qualité de l’image à couper le souffle.

Le trailer où tu comprends rien:

Black Mirror
2 saisons, 7 épisodes

Black Mirror est un peu une série ovni. Tous les épisodes sont indépendants les uns des autres et chacun aborde le thème commun d’une technologie dystopique en lien avec nos comportements parfois extrêmes vis à vis de leurs utilisations et avec des problèmes sociaux modernes. C’est franchement stylé, cette série amène à se poser des questions existentielles et permet de se la péter lors des débats en soirée.

Le trailer dystopique:

Sherlock
3 saisons, 9 épisodes

Le meilleur pour la fin. L’adaptation de l’oeuvre de Conan Doyle, avec Benedict Cumberbatch (The Imitation Game) et Martin Freeman (The Hobbit), qui revisite les aventures de Sherlock Holmes et du Docteur Watson à notre époque. Tout y est génial. Le scénario tient en haleine tout au long des 3 saisons. Les acteurs correspondent parfaitement à leurs rôles, les dialogues sont parfaits, la mise en scène top, les soundtracks fantastiques, et je n’ai plus d’adjectif pour décrire les scènes d’action. Moriarty (le grand méchant) est complètement fou et Sherlock est complètement un connard. Bref mon coup de coeur.

Trailer qui déchire:

 

Maintenant que vous avez cette liste, vous pouvez télécharger en masse, quitter vos amis, et passer vos soirées seul.
Cordialement.

Entrepreneuriat – L’aventure de MyBandMarket

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Quentin Lechemia de MyBandMarket à Uplust

Pour ma reprise de la rubrique Entrepreneuriat d’Hurluberlu, j’ai décidé d’interviewer un jeune serial-entrepreneur lyonnais expatrié à Paris. Son nom est Quentin Lechemia, il est entre autre le fondateur de MyBandMarket, MyBandNews, EuroMusic Contest, Loodon, Uplust (anciennement Pornostagram), ai-je oublié quelque chose ?

Un entrepreneur digital, autodidacte et connecté qui a fait de sa passion pour le code, de jolies réussites.

Musicien à succès dans une précédente vie, il entreprend à tout va à compter de sa 21ème année. Et très vite il fait émerger des concepts web innovants.

Travailleur acharné, selon ses proches, il passe plus de nuits à coder qu’aller boire des verres. Ce féru de nouvelles technologies n’est jamais à court d’idée, et dans ces journées de 17h, il a le temps d’en développer pas mal.

Vous aurez compris, il n’y a que le travail qui compte pour lui et il le démontre au travers de cette interview qui commence par survoler l’ensemble de ses créations, pour finalement se concentrer sur la personne-même de cet entrepreneur digital.

Tout d’abord, comment t’es venu l’idée de MyBandMarket ?

Après ma licence d’expertise-comptable, je me suis inscrit en Master à distance et je suis parti à Londres faire un stage au Tin Pan Alley Studio, un prestigieux studio de musique, pour m’occuper de leur communication. J’ai pu rencontré là-bas un grand nombre de musiciens pro comme amateurs. C’est à ce moment là que j’ai commencé à vraiment m’intéresser à l’entrepreneuriat musical, parallèlement aux cours que je suivais à distance. En discutant avec les artistes, beaucoup me disaient qu’ils avaient du mal à estimer leurs cachets pour des prestations Live. Une idée m’est donc venue : et si je développais un algorithme qui permettrait de coter les musiciens en fonction de leur popularité sur le web.

En rentrant en France, j’ai donc développé jour et nuit cette idée, et en un peu plus de trois mois la plateforme MyBandMarket était née. Les artistes pouvaient alors s’y inscrire gratuitement tandis que les bookers pouvaient les retrouver selon certains critères comme un budget, un style musical ou une ville. Parallèlement, les musiciens pouvaient recevoir une estimation de leur valeur sur le marché du Live et ainsi négocier des petits cachets plutôt qu’être payé 3 bières pour leur prochain concert.

Ça, c’était le MyBandMarket version 1.0. A présent, c’est bien plus qu’une simple plateforme de booking. Pour tout te dire, on s’est très vite rendu compte que ça ne pouvait pas vraiment fonctionner financièrement parlant. Le marché du booking est une niche où le paiement au black est trop répandu. On a donc préféré dériver sur des concepts qui gravitent autour du live, des musiciens et des fans.

Peux-tu nous pitcher le concept MBM 2.0 ?

MBM 2.0 c’est un propulseur de concepts musicaux originaux et innovants, à la pointe de la technologie. Ça regroupe plusieurs projets qui tournent autour de notre algorithme ELISE : MyBandNews, l’EuroMusic Contest et enfin Loodon.

Il y a tout d’abord le site d’actualités MyBandNews. Fin 2011, j’avais commencé à faire un blog avec une ligne éditoriale similaire à celle des sites anglosaxons comme Pitchfork. On parlait de groupes qui ne passaient pas forcément à la radio. Et très rapidement, ça a pris, à tel point qu’aujourd’hui, on est devenu une plateforme d’actualités musicales à part entière publiant une quinzaine d’articles par jour. Thomas Martin gère le webzine avec brio et les labels / marques nous sollicitent régulièrement pour des partenariats et opés spéciales. Nous avons également intégré la régie publicitaire de VICE il y a 2 ans, AdVice.

La grosse valeur ajoutée de MBM, c’est clairement l’algorithme que nous avons développé au fil du temps. ELISE est aujourd’hui assez puissante pour détecter des artistes qui vont marcher dans les prochains mois. C’est ce qu’on appelle du « big data musical ». On récupère tous les jours des millions de données que ça soit dans le web social comme Facebook, Twitter, Instagram ou dans le streaming comme Spotify, Deezer, Soundcloud, ou encore dans les médias. ELISE puise toutes ces données, les traite et nous envoie ensuite des alertes sur des groupes qui commencent à percer, le tout selon différents indicateurs.

On a alors constaté l’attrait que pouvaient avoir les marques pour la musique indépendante, et on s’est dit qu’on pouvait vendre nos services à ces dernières, vendre des concepts musicaux originaux comme notamment l’EuroMusic Contest, notre Eurovision 2.0. On a développé ça nous même l’année dernière et ça a cartonné.

Notre prochain projet s’intitulera Loodon, date de sortie prévue début avril. C’est un géolocaliseur de musiciens qui répond à une question toute bête : comment contacter un musicien ? Si tu veux organiser un événement, ou jouer avec un musicien, comment tu t’y prends pour rentrer en contact ? Grâce à Loodon on va mettre en relation tout ce monde là, d’une façon enfantine.

Avec ces différents concepts à succès, on a conçu une vraie offre technologique à disposition des entreprises qui veulent investir le monde de la musique. Aujourd’hui, on est une petite équipe de 8 personnes vraiment cool et on va continuer à inventer de nouveau concepts innovants, tu peux en être sûr !

Tu peux nous parler un peu plus de EuroMusic Contest, ta solution 2.0 de l’Eurovision ?

On est parti d’un postulat simple : l’Eurovision est une émission qui n’est pas adaptée à notre génération. On a donc voulu créer un site alliant nouvelles technologies et artistes indépendants, plébiscités par les populations européennes.

40 pays, 1 gagnant par pays déterminé à l’issue du nombre de votes, puis un jury détermine les 10 vainqueurs, on vote et au final il n’en reste plus qu’un. Le vainqueur 2014 était les lituaniens de Deeper Upper, un groupe vraiment talentueux, d’un style unique.

On a réussi à convaincre de gros partenaires comme le Nouvel Obs ou encore Euronews et ça a été un vrai succès. En un mois, on a fait plus de 1,4 millions de visites uniques, 350 000 votes uniques et 3 500 groupes inscrits dans les 40 différents pays européens représentés.

Tous ces chiffres prouvent qu’il y avait une véritable attente, et on a réussi ça avec très peu d’investissement financier. Alors maintenant imagine qu’on le refasse avec un gros budget, et ce sera le cas, ça va changer la donne !

Tu viens de réaliser un joli tour de table pour ta levée de fonds du mois dernier, 250 000 euros, comment selon toi on peut se financer en France ? C’est plus facile qu’avant ?

Je n’ai peut être pas assez d’expérience pour te répondre d’une manière très intéressante, mais je dirais que le meilleur moyen c’est de faire du chiffre. Après, le problème quand tu es dans une société innovante qui travaille sur sa R&D, comme nous, c’est compliqué pour se financer car il faut des développeurs, et le chiffre d’affaire ne se fait pas tout de suite, on passe par de longs process de développement. A ce stade, le meilleur moyen ce sont donc les aides publiques à l’innovation comme celles de la BPI France, le statut Jeune Entreprise Innovante… mais ce sont des procédures relativement longues. Un autre moyen très pratique quand on a la chance de tomber sur les bonnes personnes, et pour nous c’était le cas, ce sont les Business Angels. S’ils voient l’intérêt de ton business, ils foncent dans ton projet et peuvent t’apporter beaucoup par leur propre expérience ! Entre Alexia Laroche-Joubert et Michel Masson ou Serge Mathieu (producteurs de Notre Dame de Paris), j’ai clairement eu cette chance là pour mon premier tour de table.

Quels sont tes projets pour MyBandMarket avec ces nouvelles ressources ?

Le premier est le lancement de Loodon sous peu, c’est un projet dans lequel on s’est énormément investi ces derniers mois, et on croit à sa réussite dur comme fer. On a pu négocier de jolis partenariats avec des artistes (re)connus. Et puis continuer à développer ELISE, pour qu’elle prédise de manière toujours plus optimale les tendances musicales des prochains mois, avec des cibles de fans toujours plus précises. Quel âge a le public d’un artiste ? Quel sexe ? D’où vient-il ? C’est hyper important pour une marque, et elles sont friandes de ça. De plus en plus de marques préfèrent dépenser moins d’argent dans de l’endorsment mais privilégier des artistes qui émergent, pour ensuite les accompagner davantage dans leur carrière et rayonner avec eux. On est clairement sur ce créneau là, on rapproche des artistes prometteurs avec des marques qui ont compris la puissance de la comm’ musicale. Tout le monde est donc content.

Comment vois-tu le futur de MyBandMarket ?

Je veux que MyBandMarket soit le Rocket Internet de la musique. Qu’il y ait plein de projets qui passent par nous, qu’on puisse ainsi développer des concepts et constituer ensuite un catalogue de solutions musicales innovantes qui ont prouvé leur efficacité.

Tu as entrepris plusieurs sites qui se révèlent être des succès, quels sont les secrets selon toi pour monétiser l’audience de site ?

Je ne sais pas s’il y a un secret, surtout dans ce milieu-là, mais disons qu’il est essentiel de faire des partenariats intéressants avec des entreprises, et pour ça, il faut connaître sa cible. Pour MBN, ce sont les 18-30 ans, urbains, avec une très grosse base parisienne. On a une ligne éditoriale bien définie où les mélomanes se retrouvent.

Jusqu’à présent ton terrain de jeu était l’univers de la musique, mais avec la sortie de ton site Uplust (anciennement Pornostagram), un « Instragram sexy voire pornographique », tu n’as pas eu peur d’être perçu comme un pornographe ?

(rires) Non je ne suis en rien un pornographe, et pour tout te dire je n’y connais rien dans ce secteur, mais il me fait rire car il permet une imagination sans fin… j’adore imaginer des campagnes dans le sexe car on peut être très drôle, mais aussi très fin, les bonnes idées peuvent fuser très vite.

Pornostagram c’était à la base une blague, un délire. Je ne pense pas que ça soit l’idée la plus originale du monde, mais j’ai la chance de pouvoir développer mes idées. J’ai donc créé de A à Z toute la plateforme, j’ai codé tous les filtres photo façon Instagram. Lancée en 2013 en exclusivité sur Vice, ça a fait son petit buzz en France, on a eu très vite 10 000 utilisateurs, et en quelques mois on marchotait bien avec quelques centaines de milliers de vues par mois. Ça faisait bien marrer les journalistes, et ils reconnaissaient une idée intéressante pour le secteur. C’est pour ça que la mayonnaise a prise. On a eu directement de la très bonne presse et la suite était le fruit d’un cercle vertueux.

Tu as une anecdote à nous livrer sur Uplust ?

Parfois la vie fait bien les choses. En mars 2014 il y avait eu le scandale du jeu Flappy Bird (qui avait été retiré des stores), et j’ai surfé sur cette vague là. J’ai créé en quelques pauses café le jeu Fappy Guy (Fappy veut dire « branlette »), un dérivé coquin mais marrant d’un cartoon, où une tête de vieux papy devait naviguait sans toucher des dessins de sexes en érection et des paires seins. Mon jeu a buzzé aux Etats-Unis, ça a été relayé par notamment le Daily Dot. On leur a alors envoyé un petit mail disant « Hey mais vous avez vu qui a développé le jeu Fappy Guy ? C’est Pornostagram ! ». Ils nous ont alors interviewé et ont pondu un article sur Pornostagram. C’était le début du buzz mondial, on a eu des centaines et des centaines d’articles en quelques semaines : le Huffington Post USA, The Guardian, Europe 1… et j’en passe. Je ne m’attendais vraiment pas à un tel succès. Ça a tellement bien marché d’ailleurs que Instagram est venu nous voir pour nous demander de changer de nom. Ça me semblait normal, et on a opté pour Uplust. Ça ne me plaisait pas d’avoir le mot « porn » dans le nom du site. Je ne voulais pas qu’il devienne un site porno dégueulasse comme on le voit souvent aujourd’hui… je voulais en faire un vrai réseau social pour adulte, sans censure.

La communauté a bien perçu le changement de nom en « Uplust » ?

Lorsque j’ai changé le nom en février, le trafic a chuté en France. Le terme « Lust » (luxure) est peu connu par les français. Mais aux Etats-Unis… ça a boosté notre trafic. Maintenant notre trafic est à 80% américain. On fait entre 1 million et 1,5 million de pages vues par jour, et 170 000 utilisateurs sont inscrits à Uplust. C’est une affaire qui roule. On est en train d’intégrer le business model et on vient de conclure une levée de fonds auprès d’un gros acteur du milieu. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant.

Quel est le futur business model ?

C’est une offre freemium de start-up « basique », avec des petits packs, plus de filtres, des options supplémentaires… Toujours pour faire quelque chose de marrant, décalé et innovant pour le secteur.

Entreprendre c’est difficile, on est souvent seul pour décider, et prendre des risques, tu n’as jamais baissé les bras ?

Si j’ai bien failli tout lâcher en 2012. Je me suis dit que ça ne servait à rien de continuer. Que ça n’allait pas marcher. Je bossais près de 17h par jour, comme toujours d’ailleurs ! A cette époque, j’en avais vraiment marre, je n’avais plus de temps pour moi. Je me disais alors que je pouvais partir et choisir un chemin moins tortueux, bosser dans une major par exemple et m’éclater différemment. A ce moment là, Barclay (Universal) proposait un job dans le social media. J’ai fini dans la shortlist pour le job puis je n’ai pas été pris. Ça a été un sacré coup de boost ! Je me suis dit après ça que j’avais été stupide de baisser les bras. Je ne serais pas là si j’avais été pris pour le travail.

Un musicien est dans un certain sens un entrepreneur, pour toi c’était une continuité ? En somme ça t’a aidé ?

C’est vrai, un musicien entreprend, il compose, produit, se dote d’un budget, cherche des dates. Même si je ne pense pas avoir été timide dans ma jeunesse, je pense que la musique m’a permis de me décomplexer. Le fait de faire des concerts devant 8 000 personnes, qui sont tous là pour danser, ça pousse à donner le meilleur de soi-même. Et je pense que ça m’a aidé lorsque je devais pitcher devant 400 personnes par exemple ou des investisseurs.

Selon toi quelles sont les qualités qui font un bon entrepreneur ?

Clairement, la persévérance. Il faut être persévérant et curieux. J’ai un problème avec les gens qui disent « je ne sais pas faire » et point. J’aurais été ce type de personne, je n’aurais certainement jamais rien appris, et je ne serais pas là où j’en suis. Ne pas savoir c’est normal, mais c’est pour cela qu’il faut apprendre. Google, c’est un peu mon école, j’ai passé des centaines d’heures sur les tutos et autres forums.

Tu as une devise ?

C’est une citation d’Albert Einstein, que certainement beaucoup de personnes connaissent… Elle peut me définir en soit car ça a toujours été mon truc : « l’imagination est plus importante que le savoir ». Toutes les idées que j’ai eues, je n’avais clairement pas les connaissances pour les créer, les coder. Du coup j’ai tout appris sur le tas et, étant curieux, ça aide !

Y-a-t’il un entrepreneur que tu admires ?

Non pas particulièrement. En fait, c’est ceux qui ne réussissent pas qui devraient être admirés. En France, la culture de l’échec est quasi inexistante, c’est un problème et c’est dommage. Je connais des entrepreneurs qui ont malheureusement raté, qui sont revenus à un train de vie plus stable et tranquille. Ils sont souvent vus comme des « échecs » par beaucoup de gens. Ce n’est pas normal, ils ont tenté quelque chose, ils ont essayé eux au moins.

Heureusement, on a une démarche plus ouverte maintenant sur l’entrepreneuriat, on regarde ce qui se passe dans la Silicon Valley. La France s’est dotée de la French Tech et il y a un vrai écosystème qui commence à se créer. Les jeunes le comprennent et sont d’ailleurs de plus en plus motivés à développer leurs idées.

C’est vrai, un sondage mené conjointement par MoovJee, APCE, OpinionWay et CIC en janvier 2015 révèle que 34% des élèves en lycées professionnels et des étudiants souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneurial. Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaiterait se lancer dans un projet web ?

Sincèrement le premier conseil que je leur donne, et je le dis aussi aux adultes, c’est apprenez le code ! C’est tout bête, mais quand je code, je fais des algorithmes, des logarithmes népériens, des fonctions exponentielles… tout ça ce sont des trucs qu’on voit au lycée et on se demande « mais pourquoi je fais ça ? A quoi ça me sert ce truc ? »… Le code c’est une manière originale et ludique de faire notamment des maths !

Une illustration de la pertinence de mon propos. Des entrepreneurs qui ont eu des bonnes idées mais qui n’ont pas eu les fonds pour les développer, j’en connais des tonnes, et leur soucis est pratiquement toujours le même. Ils ont 10 ou 15 000 euros de coté au grand maximum, et ils dépensent tout dans un prestataire externe pour faire leur site internet. Ils se rendent vite compte que le rendu n’est pas toujours ce à quoi ils s’attendaient. Les fonctions ne sont pas toutes là, ou quelque chose cloche… ils sont obligés de réinjecter de l’argent dans le site pour corriger ces problèmes… et ça devient vite la banqueroute. Si tu sais coder, ça peut te prendre du temps, mais tu peux déjà pas mal te débrouiller et ça, sans sortir un euro. T’imagines les économies que j’ai faites depuis tout ce temps là en apprenant le code très tôt…

Ça s’apprend de savoir diriger une équipe ?

Oui bien sûr et je pense qu’à ce niveau là, j’avais il y a encore quelques mois de grosses lacunes. On apprend sur le tas, et en étant curieux, on lit des articles de management, on écoute d’autres témoignages… c’est un travail de tous les jours.

Et sincèrement, même si ce n’est toujours pas parfait, j’ai déjà vu l’évolution.

Est-ce que tu accompagnes des entrepreneurs dans leurs aventures ? De près ou de loin ?

Je me fais moi-même hyper conseillé ! On apprend tous les jours aussi. J’ai la chance d’avoir dans mon entourage des personnes fortes de leur expérience et qui comptent pour moi. Mon père tout d’abord, parce que sans lui je ne serai pas là, il m’a aidé dès le début. Ma cousine Romy Roynard m’a aussi accompagné et aidé ces derniers mois à voir toujours plus grand. Et enfin, Patrick Marché, qui est aujourd’hui mon associé, un homme génial avec qui j’ai des liens très forts et qui m’accompagne notamment dans mes levées de fonds. Très clairement je ne serais pas là sans eux.

C’est une chance et c’est pourquoi j’aime aussi conseiller des jeunes entrepreneurs, malgré ma courte expérience. Il m’arrive régulièrement de faire des Skypes avec des entrepreneurs qui ont des idées et qui veulent me les pitcher. Je me prête au jeu, c’est le genre de truc que j’aurais aimé qu’on me fasse à mes débuts !

Pour toi quel est l’événement start-up qui t’a marqué en ce début d’année 2015 ?

Il y a un truc qui m’a marqué, c’est Uber. Pas très original, je te le concède. Le 16 mars dernier il y a eu une perquisition au siège d’Uber France, dans le cadre d’une enquête sur son service de covoiturage UberPop. Ça me choc car je pense qu’Uber est un service tout simplement génial. Ce concept est très américain dans le sens où « tout le monde peut travailler ». Je prends UberPop trois à quatre fois par semaine car quand je sors du bureau, il n’y a plus de métro généralement, et les gars sont à chaque fois super sympas. Un grand nombre bossent pour boucler leur fin de mois, et je comprends ça. C’est sûr que ce n’est pas facile pour les taxis, qui payent leur licence très chère, mais voir des lobbys empêcher la liberté d’entreprendre, ce n’est vraiment pas normal. Les plus pénaliser, c’est nous en fin de compte.

Comment combattre les nouveaux « orateurs »?

Citation

Désuète, la brillante époque des toges et des joutes oratoires endiablées au rythme des acclamations de l’auditoire. Dépassée, la fameuse époque des bonnets phrygiens et des débats houleux de la Convention sur fond de révolte populaire. Démodée, la grande époque … Continuer la lecture

Comment une génération a suffit pour tuer l’ industrie musicale ?

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Les ruines, encore fumantes, de ce qui fut jadis un business bâti sur des jets privés, bouteilles de Cristal et autres millions dépensés en budget d’enregistrement nous permettent d’affirmer que nous nous dressons aujourd’hui devant la plus grande perturbation qu’est connu le secteur de la musique. Une perturbation initiée par un changement fondamental, lui même conduit par nos chers Millennials.

« Millennials » désigne la génération qui suit la génération « Boomers » ou Génération X »  (née approximativement entre 1965 et 1977).

Comment les Millennials ont tué l’industrie musicale ?

Pour la première fois, les ventes de disques ne suffisent plus à faire la carrière ou le succès d’un artiste. Autrefois, l’usine à tubes s’accrochait aux ventes pour survivre, mais ce modèle est désormais révolu.

Même pour les « superstars », les temps sont durs. Prenons le cas de Pitbull. L’artiste américano-cubain, qui a plus de 50 millions de fans Facebook et près de 170 millions de vues sur YouTube, a vendu moins de 10 millions d’albums en 10 ans de carrière. Une triste réalité pour « Mr. Worlwide » qui reflète pourtant la nouvelle ère de ce commerce.

Comment en sommes nous arrivé là ?  La réponse se trouve littéralement parmi nous et tient en un seul mot. Millennials. Nous avons repris le contrôle de l’industrie musicale en contrôlant les deux choses qui comptent pourtant le plus, à savoir :

1) La Demande

La musique est un business comme n’importe quel autre : Son but est de faire du profit. Pendant les deux dernières décennies, son marché a évolué et les ventes de CDs numériques ont souffert de l’arrivée de nouvelles plateformes comme Napster, iTunes ou encore les torrents. L’omniprésence de ces services de diffusion a réduit les ventes en dessous du niveau déjà extrêmement bas. Le marché de la musique a été également secouée par de nouvelles tendances, brisant son business modèle en le menant droit dans le mur.

Et c’est là qu’interviennent les Millennials.

Consommateurs dominants de la musique et des services qui lui sont affiliée -orientés digital- ils dominent également le marché émergent le plus prometteur pour celle-ci : les appareils mobiles.

Il s’avère en effet que les Millennials utilisent plus qu’une autre tranche d’âge la musique, les médias ainsi que toutes les applications diverses et variées liées à l’utilisation des smartphones (75 %), le tout en continuant d’user/abuser de celles dédiées au partage sociaux (20%).

En bref, les Millennials détiennent le pouvoir sur la musique. En consommant celle-ci à grande échelle de manière quotidienne tout en décidant d’en parler au plus grand nombre.

Il est donc évident que la consommation de mélodies est toujours d’actualité. Elle est même très forte. Cependant pourquoi est t-il aussi important que nous partagions ce que nous écoutons ?

Avant il y avait un lien entre les ventes de disques et le succès d’un artiste. Mais au cours de ces dernières années celles-ci ont drastiquement baissées emportées par la croissance des singles et l’apparition de divers services de diffusion.

D’une économie de musique matérielle nous sommes doucement mais sûrement passés à une économie numérique engendrant par l’occasion de nouveaux indicateurs de succès.

Prenons la nouvelle génération d’artistes. Il n’est pas rare, pour ainsi dire normal, d’assister à des prestations scéniques qui relèvent plus d’orgies fanstasmagoriques que de simples lives. Des préoccupations artistiques en somme toutes autres que la vente de leur propre musique.

L’engouement des foules pour le jeu de scène d’un artiste détermine désormais la durée de vie de celui-ci dans le monde très fermé des majors. Une réputation de show-man assurant programmation de festivals, concerts mais également vente de merchandising et produits dérivés en tout genre. Des sources de revenu nécessaires alors même que n’achetons plus réellement la musique « telle qu’elle ».

Le rôle de l’album est de moins en moins important

Les marques aussi connaissent ça. Les entreprises comme Guess, Red Bull et Steve Madden verseront plus de 1.34 milliards de $ dans le parrainage et/ou sponsoring d’évènements musicaux (festivals, tournées etc).

Plus d’un milliard de dollars sera également dépensé pour construire de nouvelles relations client ainsi que de la valeur pour la marque avec les ‘digital natives’. En revanche, le top 10 des artistes électroniques de l’année ont remporté à eux seuls plus de 240 millions de $. Soit moins de 20% de ce que les marques dépenseront en 2014 pour capturer l’attention des Millennials.

Les marques ont compris l’importance de la musique dans l’identité de la Génération Chochotte. Bien plus qu’un simple divertissement, elle peut être aussi importante que leur manière de s’habiller et contrebalance avec le poids de leur vie sociale.

Ainsi, aller aux festivals et aux spectacles est un moyen d’exprimer leurs personnalités. Les marques savent que si elles peuvent joindre leur image à celle d’un DJ comme Skrillex, l’attention du consommateur n’en sera que plus grande. C’est pourquoi la marque Steve Madden s’associe avec des DJs féminins prometteurs pour attirer à elle un nouveau vivier de consommateur.

Le constat est donc sans appel. Que ce soit l’industrie musicale comme les grandes marques toutes deux poursuivent les « nouveaux artistes » ; ceux-là même qui se consacrent à présent à monétiser d’avantage leurs présence que leurs ventes d’albums. Le but ? Attirer, charmer et garder près d’elles le nouvel eldorado que représente les trentenaires dépeints par Ellis.

2) L’offre

Aujourd’hui, pour faire un disque il faut simplement un ordinateur et un logiciel d’enregistrement plus ou moins abordable. Un des plus efficace avec un excellent rapport qualité/prix est le logiciel Logic Pro d’Apple qui coûte d’ailleurs moins de 200 euros.

À l’intérieur du logiciel on trouve aussi bien des instruments virtuels comme des pianos, des synthétiseurs et des tambours que tous les outils nécessaires pour éditer et produire sa propre piste audio. La plupart de l’équipement exigé pour créer sa propre musique a été placé au sein du logiciel (qui est toujours de plus en plus facile utiliser). Au final, les artistes peuvent créer plus rapidement, plus efficacement et surtout moins cher qu’avant.

Ainsi, Gotye qui a créé sa chanson « Somebody That I Used to Know » dans la maison de ses parents près de Melbourne (Australie), à vu sa piste auto-produite se hisser au numéro un des charts dans plus de 23 pays, tout en étant dans le top 10 dans plus de 30 à travers le monde. Fin 2012, elle est même devenue la chanson la plus vendue de l’année avec 11.8 millions de copies vendues, la classant par la même occasion parmi les singles numériques les plus achetés.

Un autre jeune producteur hollandais nommé Martin Garrix a atteint le sommet des charts dans plus de 10 pays avec sa bombe « Animals », qu’il a produite et sortie à 17 ans. La chanson a par la suite été classée N°1 sur Beatport, faisant de Garrix la personne la plus jeune à avoir reçu les honneurs.

Les Millennials, qui peuvent enregistrer après les cours ou le travail sont très familiers avec cette technologie. Du moins, leur attitude « open source »  vers l’apprentissage est très importante. Tapez « comment utiliser Logic Pro » dans la barre recherche de YouTube et vous trouverez des milliers de tutoriels gratuits. Les sites comme Reddit ont même des communautés entières avec des dizaines de milliers de membres qui recherchent sans cesse à découvrir les diverses techniques de production musicale.

Technologie peu chère, ressources d’apprentissage de qualité et accès gratuit : les artistes peuvent aujourd’hui créer des titres à succès sans jamais avoir mis les pieds dans un studio d’enregistrement.

3)La découverte Musicale au plus haut

Il va sans dire que l’exploration du territoire audio et la production vont de pair. La technologie a permis de faciliter le processus de découverte pour les artistes en devenir et leur a aussi fourni une façon d’atteindre le plus de fans possibles grâce à internet et aux réseaux sociaux.

Il y a bien sûr les histoires à succès dites « classiques » comme Justin Bieber ou encore Lana Del Rey. Mais il est important de souligner que sous l’empire YouTube repose une culture entière de jeunes qui découvrent leurs musiques en ligne.

Les plateformes telles que SoundCloud ont plus de 250 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. La génération Y en plus d’y découvrir principalement sa musique la diffuse également en premier lieu sur celles-ci, après une production home made dans les règles de l’art, évidemment.

Youtube est devenue la « top source de référence »

C’est ainsi que les trentaines jouent un double jeu en créant plus de contenus que jamais tout en sortant ceux-ci sur les plateformes où leurs semblables les découvrirons.

L’intermédiaire de l’industrie musicale a été disloqué et remplacé par des échanges réciproques. Bien sûr, les « superstars » comme Katy Perry dominent toujours les ventes mais les digital natives érodent ce modèle avec un nouveau modèle basé sur la découverte populaire.

 

4) Les Millennials forment des groupes de musiques dominants

Certains gros artistes comme Rihanna, Taylor Swift et Katy Perry l’on bien compris et couple désormais au sein de leur machine commerciale la fonction d’auteur et de production. Ces équipes combinées sont un des facteurs principaux qui permettent aux stars de rester au top en leur permettant de pondre un nombre de tracks pop très élevé.

Mais aujourd’hui la Génération Chochotte démolit aussi ce dernier obstacle.

Les services comme FindMySong permettent de relier les musiciens indépendants entre eux. Avec une technologie d’enregistrement peu chère et des moyens de diffusion efficaces, ces indépendants peuvent donc former leur propre équipe auteur/production pour être en concurrence directe avec les principaux labels. Judicieux quant on sait que de plus en plus désirent eux aussi avoir leur part du gâteau.

Musiciens et chanteurs : les vrais chiffres

Pour la première fois de sa longue histoire, le destin de l’industrie musicale est entre les mains des artistes mais aussi des consommateurs. Vous avez donc la capacité de la diriger là où vous le souhaitez. Alors, maintenant que vous savez que avez le pouvoir, qu’allez-vous en faire ?

SOURCES : elitedaily & vice

Média – Les filles à suivre sur Instagram #1

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Instagram est un réseau social qui embellit les gens, grâce aux superbes filtres qui permettent de rendre esthétiques un cassoulet William Saurin ou un seau de peinture M. Bricolage. C’est aussi, l’assurance de trouver les meilleurs descriptions du monde pour une salade niçoise, ou un bagel au saumon estampillé #foodporn #inspiration #instagood #instafood. Enfin, c’est 150 millions d’utilisateurs, dont les plus belles filles de la planète, qui se baladent nonchalamment en pyjama et en maillot de bain, à porter de doigts…

Aidé par une équipe d’experts, Hulubberlu s’est mis à la recherche des 20 douces qui font l’Instagram de 2014.

Aujourd’hui, on vous livre la première partie du tableau qui va allier malice et délice

(note pour plus tard: les liens sont accessibles en cliquant sur les noms )

20.  Jessie Andrews

Hier encore, elle était actrice de films pornographiques (150 à son actif) et aujourd’hui elle est DJ, remixeur pour Duke Demont ou Flume. Actrice porno à 17 ans et DJ à 21, c’est sans doute ça, le rêve américain. En tout état de cause, avec sa bouille angélique et sa vie de Jet-Seteuse, son compte Instagram est une mine d’or.

19. Bryana Holy

Modèle américain d’une vingtaine d’années, elle aime le surf, la musique et la photographie. De toute façon elle pourrait bien être communiste et cannibale, on l’aimerait quant même et vous aussi…

18. Alana Blanchard 

Jeune, grande, blonde, teint hâlé. Alana Blanchard est bel et bien la plus jolie surfeuse du circuit. L’Hawaïenne sait jouer de son physique de rêve. Avec son 1,70m pour 55 kg, elle pose tantôt en petite lingerie sexy, tantôt en sublimes maillots de bain. Elle squatte l’ASP World Tour depuis 2009, signe aussi, qu’elle ne fait pas seulement du surf pour les photos…

17. Kendall Jenner

La demi-soeur cadette de Kim Kardashians est devenue au fil des années, la plus populaire, de la famille, la plus populaire du monde (avec la famille Obama). Cela fait donc beaucoup de popularité, et l’on comprend pourquoi son compte Instagram recense plus de 14 millions de followers.

16. Alana Campos

Ah le Brésil, ses plages de sable blanc, ses joueurs de footballs légendaires, ses caïpirinhas et ses mannequins.. Après Gisele Bundchen dans les années 2000, c’est Mlle Campos qui est la reine des podiums mondiaux. Il n’y a pas à dire, le Brésil est un beau pays…

15. Kyra Santoro 

Ce n’est pas la fille de Fabrice Santoro à priori, (quoique, on ne sait jamais). Ce que l’on sait en revanche, c’est que c’est une petite américaine, qui vit à Los-Angeles, qui aime se balader en soutient-gorge et manger des burgers. La vie d’un petit chat tout mignon: on approuve!

14. Camille Rowe

Mannequin français émigré au Etat-Unis. Lorsqu’elle ne tourne pas des publicités pour Dior, ni ne défile pour Victoria Secret, elle aime bien partager les backstage de ses shooting en bikini et des selfies avec son chat. C’est la girl next door par excellence, pour un peu que vous habitiez New-York.

13. Kristina Bazan

Kristina Bazan est une blogueuse suisse de 21 ans, créatrice du site de mode Kayture.com. La photo suffit à elle même pour comprendre pourquoi, il faut la suivre sur Instagram. (Il faut aimer aussi, les salades, les glaces et les hôtels de luxe…)

11. Svetlana Bilyalova_

Née à Moscou, Svetlana est sur Instagram depuis le 11 novembre 2012. Elle aime montrer sa plastique (c’est le cas de le dire…) et sa passion pour le fitness. Dans la ligné de Jen Setler, elle est le genre de fille qui permet de se réveiller de manière plus sereine, lorsque les actualités de la nuit ne sont pas pas des plus réjouissantes. C’est aussi le genre de fille, qui fait penser à une chanson de France Gall, on vous laisse deviner laquelle.

10. Melanie Iglesias

 Considérée par plusieurs magasines de modes américains comme la plus belle fille du monde en 2011, elle  est aujourd’hui l’une des mannequin les plus suivies sur Instagram avec plus d’un millions et demi de followers. En faisant un petit tour sur son compte, on comprend pourquoi!

Entrepreneuriat – L’aventure de Paul Morlet

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Il n’y a pas si longtemps encore, on estimait que plus de 2 millions de personnes n’avaient pas les moyens de se procurer des lunettes à leur vue. La raison de cette statistique alarmante : le prix moyen d’une paire de lunettes (monture + verres) est de 470 euros pour le consommateur selon UFC que Choisir.

Mais ça, comme dirait Krys, « c’était avant »; avant que Paul Morlet, jeune entrepreneur lyonnais ne lance le concept de « Lunettes Pour Tous ». Le principe est simple, vendre des lunettes à 10 euros payées directement par le consommateur, sans qu’il n’ait besoin d’une mutuelle. Le succès est immédiat, aussi bien dans les médias qu’auprès des consommateurs. Le concept est révolutionnaire et casse très nettement le prix du marché.

L’aventure de Paul commence en 2010 lorsque, en regardant une émission de poker à la télévision, il s’aperçoit que la salle était couverte de publicité hormis sur les lunettes des joueurs. Il pense alors à créer des lunettes personnalisées : Lulu Frenchie était né.

Après avoir conquis une quarantaine de pays et fourni des lunettes aux plus grandes stars de la planète, de Lady Gaga à David Guetta en passant par le français Norman, il a décidé de s’attaquer au marché de l’optique.

Norman qui porte une paire de lunettes Lulu Frenchie

En à peine quatre mois d’activité dans son magasin du 1er arrondissement de Paris, il a écoulé presque 15 000 lunettes et commence déjà à penser aux prochaines boutiques.

Paul est comme ça, dynamique, motivé et toujours prêt à l’action. On a décidé de l’appeler pour en savoir un peu plus sur son état esprit et sa vision de l’entrepreneuriat  en France.


Hurluberlu: Comment en es-tu arrivé à faire de l’entrepreneuriat?

Paul Morlet:  Un peu par défaut. J’ai passé un bac professionnel en informatique et réseau en alternance à la SNCF. En 2006, c’était déjà la crise, j’ai cherché un emploi pendant deux ans. J’avais réussi à mettre de côté 3 000 euros, ce qui, à l’époque, me paraissait énorme, et j’ai lancé Lulu Frenchie.

Hurluberlu: Niveau éducation, j’imagine que ça ne s’est pas super bien passé, c’est une belle revanche sur l’enseignement que tu prends?

PM: Comme souvent, on a décidé pour moi, on m’a mis là où on voulait bien me mettre et puis voilà. J’ai retrouvé un bulletin récemment et j’étais mort de rire en voyant les appréciations qui disaient que j’allais rien pouvoir faire de mon avenir. C’est sûr que 15 après, je peux clairement dire qu’ils avaient tord, je le sais, mais eux j’en suis pas bien sûr, ils sont tellement déconnectés des réalités.

Hurluberlu: Tu penses que le système éducatif français est mal fait?

PM: C’est pas qu’il est mal fait, c’est qu’il est complètement pourri; tu es orienté par des profs qui n’ont jamais travaillé. Comment veux-tu que leur histoire soit cohérente? Ils ne savent même pas où ils t’envoient lorsqu’ils t’orientent. 

« Les gens ne savent pas à quoi s’attendre. »

Paul Morlet

 

Hurluberlu: Tu es de la vielle école, c’est à dire celle qui n’a pas fait d’école. A ce propos, Paul Bocuse disait lorsqu’on lui demandait s’il avait le bac, que des bacs ils en avaient deux: un d’eau chaude et un d’eau froide, pour faire la plonge. Finalement il règne sur un empire. Révélateur qu’on peut réussir sans diplôme?

PM: (rire). Lorsque tu fais une école, tu apprends une méthode. Ce qui fait que chaque mec qui fait une école utilise plus ou moins la même méthode. Lorsque tu te lances tout seul, que tu es autodidacte, tu n’as pas de méthode prédéfinie. C’est une très grande force car tu es imprévisible. Et c’est ce qui se passe avec moi, les gens ne savent pas à quoi s’attendre.

Hurluberlu: Lunettes pour tous a nécessité de résoudre des contraintes techniques assez importantes et notamment le fait de pouvoir assembler les verres et les lunettes en une quinzaine de minutes. Comment as-tu résolu ce problème?

PM: J’ai contacté les grandes marques françaises de l’optique. Il y avait des projets en cours chez eux, mais jamais terminés. Il n’y avait pas d’énorme machine capable de produire 400 lunettes en une journée. Le marché de l’optique représente six magasins qui emploient six machines qui font simplement deux ou trois paires de lunettes par jour. Avec Lulu Frenchie, j’avais déjà des fournisseurs de montures en Chine. J’y suis retourné pour trouver des fournisseurs de verres qui sont découpés et taillés, l’interrogation était de pouvoir monter les verres sur les montures très rapidement. Il a fallu industrialiser le processus pour assembler très vite les lunettes.

Hurluberlu: La rumeur veut que Xavier Niels ait investi dans ton projet, c’est vrai ou pas?

PM: (rire), je ne sais pas, il faut lui demander. Tu sais que Xavier Niels ne vient pas par hasard à l’inauguration d’un magasin de lunettes. Mais c’est vrai qu’on se connait et qu’on aime bien travailler ensemble.

Xavier Niels au Parc des Princes pour le match Barça / PSG avec des lunettes « Lunettes pour tous »

« Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger. »


Hurluberlu: On dit souvent que l’Hexagone n’est pas forcément une terre d’accueil pour les entrepreneurs, notamment d’un point de vue fiscal, est-ce que tu es d’accord avec ça?

PM: Tout dépend de ce que tu fais. Dans mon cas précis, je pense que c’est le meilleur moment pour le faire. J’arrive à un moment où c’est la crise : les gens n’ont pas beaucoup d’argent mais il y a des produits qui sont obligatoires comme les lunettes. On a donc changé le moyen de l’acheter. Dans mon cas précis, la France était l’endroit idéal pour créer cette entreprise. Il faut bien voir que chaque territoire est un marché potentiel sur lequel se confondent une offre et une demande. Si tu arrives avec une entreprise qui correspond à une demande, tu as réussi ton coup. La zone géographique est sans incidence sur le choix de ton entreprise, il faut juste être adapté à une demande.

C’est vrai qu’en France, la fiscalité est sans doute l’une des plus élevées au monde. En effet, on peut dire que c’est un problème; cependant, c’est un problème que rencontrent les gens riches. Mais je pense qu’on peut encore gagner beaucoup d’argent en France et les réinvestir de façon intelligente dans de bons endroits et en profiter pleinement.

Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger. Je pense au contraire qu’il faut être un peu patriote et défendre son pays, c’est ce que je fais et ça me réussit plutôt bien.   

Hurluberlu: Si tu devais donner les qualités d’un bon entrepreneur, quelles seraient-elles?

PM: Il faut d’abord être courageux, optimiste et fédérateur, être une sorte de chef de meute. Le plus important c’est vraiment de connaître ce que l’on vend. Il faut vraiment connaître son domaine, en être un spécialiste.

« Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs. »


Hurluberlu: Est-ce que tu sens que l’entrepreneuriat est une discipline à part entière, au même titre que la médecine ou le droit?

PM: Oui c’est clair, c’est devenu à la mode parce que toutes les écoles font des Master entreprendre et on en parle aussi beaucoup à la télévision. Mais je me sens assez différent de l’entrepreneur type; celui qui a fait une école de commerce, qui, à 28 ans, a levé des fonds et qui commence à faire du « e-commerce ». Pour moi c’est l’entrepreneur qui ne sait pas du tout ce qu’il vend et qui va parler de lever de fonds toutes les 5 minutes. Ce qu’il faut plutôt faire, c’est créer un truc, avoir des idées, et pouvoir tout contrôler. Lorsque tu es bon, les finances vont toujours suivre. Mais malheureusement les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs. Ils veulent simplement lever des fonds, prendre de l’oseille et revendre en faisant une belle plus-value.

Hurluberlu: Mais c’est un peu le rêve ultime de tout entrepreneur que de créer sa boite et de la revendre assez chère pour ne plus avoir à se soucier du lendemain?

PM: Oui c’est sûr, c’est un métier comme les autres et on le fait avant tout pour vivre. Mais il y a l’aspect création qui est aussi très important. Tu vois ce qui m’amuse, c’est qu’à 24 ans, avec un million d’euros d’investissement, on fait trembler un marché qui pèse 6 milliards avec des mecs qui ont l’âge de mes parents et qui ont commencé leur activité alors que je n’étais pas encore né.

Hurluberlu: C’est vrai que pour le coup Lunettes pour tous est vraiment très inventif..

PM: Tout a changé, le mode de fabrication, la vente et surtout le prix. On a tout cassé!

Hurluberlu: As-tu reçu des menaces venant de certains opticiens?

PM: J’en ai reçues des centaines. Simplement, que ce soit les franchisés ou les indépendants, ils sont voués à disparaître car ils ne pourront pas suivre. Pour les franchisés de chez Affllelou par exemple, ils ont investi 50 000 euros dans une franchise et on leur a dit qu’en vendant deux paires de lunettes par jour, ils allaitent être rentables. Désormais, pour être rentables, ils doivent vendre 400 paires de lunettes par jours, c’est pas tenable. Pour les indépendants, ils tirent encore beaucoup sur les mutuelles, en te faisant des forfaits adaptés à tes revenus pour utiliser tout ton crédit.

Hurluberlu: Je pense que tu as suivi le projet de Bercy sur les professions réglementées visant principalement la réforme des notaires, des pharmaciens et des huissiers. Penses-tu que Lunettes pour tous puisse amener une réforme du marché de l’optique?

PM: C’est même déjà fait puisqu’ils sont par exemple en train d’abandonner le fait que les opticiens soient diplômés pour vendre des lunettes. Je n’ai pas de diplôme d’optique, je devrais donc être hors-la-loi et pourtant personne ne m’a empêché d’ouvrir mon magasin.   

Hurluberlu: Des projets pour l’avenir?

PM: J’espère qu’on va continuer à se développer.

C’est tout ce qu’on souhaite à Paul, et on vous donne rendez-vous sur le site Internet de Lunettes pour Tous, ou directement dans la boutique, pour faire l’acquisition d’une paire de lunettes stylée et pas chère.

Politique – la disparition de la diplomatie française

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Historiquement, la diplomatie française est toujours apparue comme un des fleurons français, une industrie politique capable de trouver des solutions aux contentieux internationaux touchant de près ou de loin la sphère d’influence de la France et de défendre ses intérêts géostratégiques à travers le monde.

Sans remonter au Moyen-Âge ou même à la Renaissance, la politique internationale menée par les Chefs d’Etat français successifs depuis 1945 s’est caractérisée par des positions souvent équilibrées, indépendantes et respectueuses des autres nations. La diplomatie française a, jusqu’à très récemment, généralement fait preuve d’une grande modération dans les positions à adopter face aux conflits internationaux. En témoignent les visites du Général de Gaulle en Russie et en Chine dans les années 1960, la mise en place d’une politique pro-arabe après la Guerre des Six Jours de 1967 et le refus d’une intervention armée en Irak aux côtés des Américains et des Britanniques en 2003.

Les dernières années ont malheureusement vu cette position historique de la France disparaître.

Quai d’Orsay

Le 17 mars 2009, un vote de confiance de l’Assemblée Nationale a entériné le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Cette date doit être évoquée car il n’est pas possible de dissocier la politique étrangère d’un pays et son appartenance à une organisation militaire aussi importante que l’OTAN. Outre son volet militaire, il ne faut pas oublier que l’OTAN est aussi dotée d’un volet économique important que les médias ont tendance à oublier. La réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN signifie par conséquent le rapprochement de sa politique étrangère avec celle des autres membres de cette organisation en tête desquels se trouvent les Etats-Unis.

Théoriquement, une telle alliance militaire ne devrait pas empêcher la France de s’exprimer et d’adopter une voie qui lui est propre, d’autant plus qu’elle fait partie de cette alliance. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir la symétrie ou plutôt l’alignement de la politique étrangère de Paris sur celle de Washington depuis 2011.

2011 est l’année de l’intervention en Libye. Si la France est apparue en tête de l’opération visant à évincer le Colonel Kadhafi du pouvoir – certainement pour des raisons qui nous échappent ou que les médias taisent -, une telle intervention n’aurait pu se faire sans l’aval des autres membres de l’OTAN, et des plus importants, à savoir les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Mais quel était l’intérêt de la France dans la destitution d’un dictateur qui parvenait malgré tout à maintenir un certain apaisement dans un pays composite et tribale? Le chaos qui règne actuellement en Libye montre l’erreur commise par ceux qui ont participé à cette opération. Ce pays pétrolifère et composé d’une population majoritairement alphabétisée et éduquée avait tout d’un partenaire économique correct pour la France.

Le chaos libyen

Les conséquences n’en sont que plus désastreuses. L’armement irréfléchi des rebelles libyens est la cause directe de la montée du terrorisme au Mali. Le Sahara est en effet une vaste zone d’échange sur laquelle règnent de nombreuses tribus, extrêment mobiles, qui étendent leur zone d’influence de l’Atlantique à l’Océan Indien. Le Président actuel n’a donc pas eu d’autre choix que de tenter de réparer les erreurs commises par son prédécesseur en lançant l’opération Serval. En outre, les désastres humanitaires en Libye et au-delà ont accentué l’immigration massive en Europe où les victimes des crises économiques successives n’avaient pas besoin de subir en plus les conséquences des erreurs de leurs dirigeants en Afrique.

Les interventions du Président François Hollande en 2014 ont fini d’achever l’image de la diplomatie française à travers le monde ou tout du moins de confirmer l’alignement de Paris sur la politique agressive de Washington.

En Ukraine, la France a suivi la politique de l’Union européenne qui suivait elle-même la politique de Washington. Elle a ainsi fait montre d’un manichéisme certain et d’une grande irresponsabilité en soutenant aveuglément toutes les composantes de l’opposition ukrainienne, dont certaines seraient dans un autre contexte largement blâmées, et l’ingérence grotesque des Etats-Unis par le biais de sponsors financiers. Au-delà des conséquences économiques néfastes pour l’Ukraine qu’une telle position peut engendrer, la France se met à dos un marché économiquement important qu’est celui de la Russie. Je rappellerai à nos lecteurs que le complexe militaro-industriel français s’épanouissait encore jusqu’à très récemment à travers de juteux contrats conclus avec les russes. Si l’affaire des Mistrals a été médiatisée, la presse tait les conséquences de l’embargo sur les matériels industriels militaires de haute technologie produits par des entreprises françaises.

Finalement, n’importe quel français doué de bon sens se demanderait pourquoi notre gouvernement se prive d’échanges économiques susceptibles de créer de l’emploi en France et d’améliorer un tant soit peu la situation économique de notre pays. La réponse tient essentiellement à des raisons géopolitiques. La crise ukrainienne est l’illustration de la volonté américaine de limiter et de réduire la sphère d’influence de la Russie, pays capable de peser comme un contrepoids à l’hégémonie américaine. La politique étrangère des Etats-Unis depuis 1945 s’est toujours caractérisée par l’existence d’un ennemi justifiant tous types d’ingérence, militaire ou économique. L’ennemi étant logiquement celui qui s’oppose à cette hégémonie, l’on comprend mieux pourquoi l’histoire nous présente des dictateurs plus démocratiques que d’autres. La France et le reste des pays de l’Union européenne sont pris dans ce conflit dans lequel ils doivent prendre parti sans vraiment avoir le choix tant l’influence de l’OTAN – des Etats-Unis – est prégnante. La diplomatie française n’a donc joué aucun rôle dans la crise ukrainienne. A contrario, l’absence de positionnement équilibré et réfléchi a fait passer la France et d’autres pays européens pour des vassaux n’ayant plus les moyens d’affirmer leur propre voie susceptible de défendre leurs intérêts. Le chantage politique que fait aujourd’hui François Hollande, sous la pression des Etats-Unis, à Vladimir Poutine, concernant la livraison des navires de guerre Mistrals construits par les français, finit de décrédibiliser la capacité de la France à honorer ses futurs engagements avec des partenaires étrangers.

Le manque d’indépendance de la France dans la crise ukrainienne

La question très actuelle de l’EIIL (Emirat Islamique en Irak et au Levant) parachève la fin de la diplomatie vertueuse de la France. Le conflit qui a opposé en Syrie ceux qu’on appelle « les rebelles » et l’armée régulière fidèle à Bachar Al-Assad a donné l’occasion aux occidentaux de faire preuve d’une grande ingérence dans ce pays. Ces derniers ont apporté leur soutien à une opposition soi-disant modérée qui s’est révélée ensuite être un magma composé de mouvements complètement différents dont certains versent dans le fondamentalisme islamiste. Ce soutien s’est traduit par la livraison d’armes payées directement par le Qatar et l’Arabie Saoudite. François Hollande a, à l’époque, donné son feu vert à une intervention des troupes françaises en Syrie aux côtés des américains. Lorsque Barack Obama a décidé de ne pas engager les troupes américaines, François Hollande a aussitôt fait volte-face. Où est passée l’indépendance de la France?

Le berceau de l’EIIL se situant en Syrie, qui peut encore croire que les fondamentalistes déguisés en modérés, financés hier par les occidentaux dans le but d’évincer Bachar Al-Assad, sont différents des fondamentalistes qui constituent aujourd’hui l’EIIL? Les médias taisent ainsi une faute et une véritable responsabilité des pays occidentaux dans la déstabilisation du Moyen-Orient. La France en fait évidemment partie. Des photos prises de membres de l’EIIL montrent certains d’entre eux armés de FAMAS, le fusil d’assault utilisé par l’Armée française. Pour ceux qui ne le savent pas encore, si le financement de terroristes islamistes n’a aucun intérêt pour le citoyen français, il permet toutefois de maintenir une zone tampon entre les deux puissances chiites que sont la Syrie et l’Iran. L’EIIL permet également de mettre la main sur les champs pétrolifères irakiens et de vendre du pétrole à bas prix à la Turquie et à Israël. Il permet enfin de déstabiliser une région proche du caucase et de provinces russophones, et de maintenir un réservoir de terroristes susceptibles d’aller désordonner l’ouest de la Chine. C’est donc un formidable atout pour des Etats-Unis qui souhaitent maintenir leur hégémonie face à la montée en puissance de pays comme la Russie et la Chine. Plus généralement, l’EIIL empêche la stabilisation d’une zone susceptible de voir se développer des puissances économiques qui, unies,  mettraient fin à la domination et à l’ingérence des Etats-Unis. La France se rallie ainsi à la cause d’un pays qui défend des intérêts sans véritables liens avec les siens. A l’heure de la crise économique, il n’est pas raisonnable de se priver de partenaires commerciaux pour des pseudo-raisons définies par quelques élites fanatiques.

Après l’énormité que le Président Hollande a pu sortir en expliquant que Bachar Al-Assad était un allié objectif de l’EIIL, il décide aujourd’hui de bombarder cette organisation qu’il a pu auparavant indirectement soutenir. Cette agression, si elle semble aujourd’hui nécessaire – à condition d’être utile -, conduit l’EIIL à inciter au meurtre de français. L’exécution récente d’un ressortissant français en Algérie n’est finalement qu’une conséquence de l’incohérence et de l’irresponsabilité qui règnent à l’Elysée et au quai d’Orsay depuis maintenant plusieurs années. Où est passée la diplomatie française? …

Hervé Gourdel

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