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Curieux professionnel

Pourquoi as-tu l’air idiot lorsque tu boutonnes ta chemise jusqu’en haut?

La chemise : comment la porter ?


La mode a ses raisons que la raison ignore, et s’il y en a bien une qui demeure inexplicable c’est cette tendance à vouloir boutonner sa chemise jusqu’en haut alors que l’on ne porte ni cravate ni nœud papillon. Cela porte même un nom, chez les Anglo-saxons « l’air tie », mais force est de constater qu’en territoire français,  tu as surtout l’air abruti.

À la base ça devait être un oubli, un jeune banquier de la city rejoint quelques uns de ses collègues pour un classique « after-work ». Après quelques lignes de cokes dans les toilettes d’une luxueuse boite de nuit Londonienne, le garçon en proie à une certaine excitation et sûrement à quelques bouffées de chaleur décide de se débarrasser de sa cravate pour être plus à l’aise, mais il oublie de défaire le dernier bouton de sa chemise.  Puis un couturier d’une grande maison reprend l’idée, pour sa collection automne/hiver, car il trouve dans ce gimmick un joli détail rétro. Présenté à la fashionweek de New-York, quelques célébrités, et ultra-branchés arborent désormais leurs chemises boutonnées jusqu’en haut, pour se donner l’air geek, et justement se moquer des geeks et autres gars un peu trop coincés qui boutonnent tout de haut en bas, de la maison jusqu’aux vêtements, façon Tom Hanks dans Forrest Gump.

Cinq ans plus tard et à des milliers de kilomètres de ce drôle de manège, certains individus sur notre territoire national se mettent eux aussi à arborer fièrement leur chemise boutonnée de la sorte. Incompréhension et stupeur de voir de jeunes confrères se pavaner de la sorte. Attifé ainsi,  on renvoie l’image d’un gars pas très ouvert d’esprit, qui se passionne pour les topinambours et qui a une libido comparable à celle d’une huître africaine autrement dit inexistante.

Alors soit l’idée c’est de se moquer des pauvres types, un peu simplet et auquel cas vous passer pour l’un d’eux. Soit l’idée c’est de faire le mec de la vielle-école qui porte la chemise comme un uniforme scolaire  anglo-saxon de 56, avec la raie sur le côté et le mouchoir en tissu dans la poche revolver de la veste de blazer, mais ça ne marche pas, car vous n’êtes ni le leader d’un groupe de pop britannique, ni un DJ ambassadeur de la French Touch.

Ainsi, si l’on doit arborer une chemise sans cravate, la bonne solution consiste à la boutonner depuis le deuxième bouton. Sans apparaître le moins du monde débraillé, il sera alors possible de respirer et d’envisager, surtout, une vie sociale et sexuelle épanouie. En matière vestimentaire comme dans la vie, la simplicité est souvent la meilleure des vertus.

Savoir-vivre – Peut-on photographier ses plats au restaurant?

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Classe ou pas?

Les sushis entre famille, son burger entre potes , l’entrée gastronomique de la Saint-Valentin  avec  votre amoureuse.  Partager des photos de nourriture sur Facebook, Twitter, Pinterest ou encore Instagram est devenu un phénomène courant, voire à la mode suite au succès des émissions culinaires ces dernières années, mais c’est aussi un vrai problème de savoir-vivre, Continuer la lecture

Sape – L’enfer vestimentaire du maillot de foot

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Le maillot de foot hors du stade ?

N’en déplaise à certains intellectuels des hautes sphères médiatiques : le football est le sport le plus populaire du monde et pas dans la demi-mesure. Avec un tel engouement, ce n’est pas surprenant que les équipementiers sportifs cassent leur tirelire pour sponsoriser les grosses écuries européennes et les meilleures équipes nationales.  Continuer la lecture

Tu sais que tu es étudiant expatrié à l’étranger quand…

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Depuis la chute du mur de Berlin en  1989, les frontières européennes se sont ouvertes, les compagnies de transports se sont améliorées et il est devenu tout à fait commun pour la jeunesse de France de partir étudier à l’étranger. De cette globalisation des échanges a émergé une nouvelle génération de  « citoyens du Monde »  qui prône « l’Erasmus Way of Life ». 

Tu sais que tu es étudiant expatrié quand…

 

… Tes films préférés c’est  l’Auberge Espagnole et Lost  In Translation

… Tu sais que où que tu ailles tu vas croiser des Espagnols : ils sont partout dans le monde (sauf en Espagne)

… Ta joie ultime est de te faire envoyer de la bouffe française par tes parents (le trio, saucisson, Camembert, vin rouge  devient sacré à tes yeux)

 

Car tu sais très bien que cette photo de fromage aura plus de « like » que n’importe quelle autre photo Instagram

… Tu es étudiant en Erasmus et ton emploi du temps se résume à 3h de cours par semaine

… Tu n’as pas une valise, mais un sac à dos, c’est bien plus facile pour partir en roadtrip

… Tu as arrêté d’acheter du vin français, car dans n’importe quel pays du monde, tu sais qu’il te faudrait vendre ton MacBook pour faire l’acquisition d’un simple carton de six bouteilles.

… Pour  toi, il n’y a pas d’heure pour l’apéro (même si tu as mal vécu le premier pot avec tes nouveaux colocs ; forcément lorsqu’il faut boire du sakai à l’heure française du petit déjeuner, il faut avoir l’estomac solide)

… Tu as renoncé d’ expliquer en soirée quelle est ta ville natale. Avec les mecs, tu préfères tout miser sur les clubs de Ligue 1 (PSG, OL, OM, LOSC, ASSE, la géographie française « du ballon rond»). Avec les filles tu leurs dit juste « Paris »

… Tu as compris qu’il ne fallait pas faire de jeux d’alcool avec un Écossais ou avec un Russe, par contre tu fais le caïd avec les asiatiques (nul besoin d’aller embêter la standardiste de la Licra, ceci est de l’humour)

… Chaque fois que tu prends l’avion pour des vols internes européens, tu vérifies 12 fois si ton sac fait moins de 20 kg

… Tu es un utilisateur de Couchsurfing, car tu as compris que tu dormais rarement seul dans le canapé (coquin(e) va !)

… Tu as été  le seul à comprendre pourquoi  WhatsApp avait été rachetée 19 milliards de dollars par Facebook

… Pour la première fois de ta vie des gens ton appeler « Zizou » lors d’une partie de foot (parce que tu étais le seul français)

Tu as bien compris que ce n’était pas pour tes talents footbalistiques,mais simplement parce que tu étais le seul français de l’équipe

 

 … Tu as essayé d’initier tes potes étrangers à Brel, puis tu t’es souvenu qu’il était belge

… Tu as renoncé à acheter du fromage, (car non, le Cheddar n’est pas du fromage)

 … À l’instar  de Montebourg,  tu penses que le French Kiss est la chose qui s’exporte le mieux

… Tu as compris que niveau football, la France ne faisait plus peur à personne lorsqu’au moment de la qualification pour la coupe du monde, aucun bar de ta ville ne retransmettait le match contre l’Ukraine

…. Tu as compris que la meilleure façon de communiquer avec l’habitant était de partager un verre (souvent plus)

… Du coup, à forcer de « communiquer », tu vas  arrêter de boire en rentrant en France, car tu commences à avoir peur pour ton foie (enfin après les soirées de retour)

… Tu as ramené des cadeaux tout moisis à tes potes et tes parents car il te restait plus assez d’argent (c’est ainsi que tu t’es retrouves à la tête d’une collection de porte clef « panda » ou de bracelet porte bonheur en poile de chèvre, « j’te jure tout le monde en portent là-bas« ..)

…Chaque jour, tu essaies que ta vie ressemble à celle d’Antoine de Maximy, mais bizarrement tes randonnées en Go Pro ne rendent pas pareil

… Tu étais pudique,  avant de vivre deux semaines dans une auberge de jeunesse où tu logeais dans un dortoir avec quarante autres personnes sans aucune  intimidée (à part les rideaux, des six malheureuses douches, qui trônaient au fond du bazar)

… Lorsque  tu ne sais pas quoi faire, tu lies Kerouac, ou Jules Vernes, pour te convaincre que, toi aussi, tu es un grand voyageur

… Tu sais reconnaître un compatriote, car c’est le seul qui n’est pas un fan de musculation (en gros, c’est le petit sec avec le maillot de bain Vilebrequin)

… Tu trouvais que porter des tongs c’était la honte absolue avant d’aller passer un an en Australie

… Tu as déjà passé une aprèm à chercher de la tapenade d’Olive noire pour un diner avec ta correspondante suédoise

… Tu as le fameux sweat à capuche « I love«  de la destination où tu viens de passer six mois (New-York c’est d’ailleurs bien plus classe que Canberra)

… Tu pensais que la vie à l’étranger allait se passer comme le film « à nous les petites Anglaises », mais en fait ça ressemble plus au  film « À bord du Limitaded Darjeling »: une longue galère entre potes.

… Tu as essayé de convaincre ton colocataire canadien que Johnny Halliday était un grand rockeur  (au moins digne du All Rock of Fame)

…. Au début,  tu faisais tes courses en regardant les images sur les emballages (tu as d’ailleurs dégoté des sacrés trouvailles gustatives, mais tu les gardes pour toi)

… Tu as compris pourquoi les Nuls chantaient, « en espadrille on a l’air d’un con », lorsque tu t’es ramené au premier barbuc organisé par les mecs de ta résidence, qui ton demandé si tu t’appelais pas Aladin avec tes babouches.

… Tu n’hésites pas à te taper 8h de voiture dans le week-end pour aller voir une ville, alors qu’en France, tu n’aurais pas fait 100 bornes

… Tu es un adepte du dicton: « ce qui se passe à l’étranger, reste à l’étranger »

… Expatrié dans un pays anglo-saxon, tu sais que si tu oublies ta carte d’identité, ta soirée est fini car on te l’a demande TOUT le temps (même pour acheter du vin blanc  pour faire une fondu savoyarde…)

… Tu as connu tellement de galères que tu te sens plus proche de tes nouveaux potes expats que certains potes Français que tu connais depuis 2 ans ! (Mais en rentrant, tu ne leurs racontera uniquement les parties de rigolades et les soirées se finissant à midi!)

 … Tu  te tapes des barres lorsque tes potes étrangers essayent de parler français avec toi

Crédit photo: Guilaume Depierre

Jusqu’à quel âge peut-on fumer des joints ?

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Jusqu’à quel âge peut-on fumer des joints en public ?

La France a beau être le pays où la loi est la plus punitive en matière de consommation de cannabis, c’est aussi l’une des parties de l’Europe où l’on fume le plus de joints. Statistiquement parlant c’est la jeunesse qui fume le plus (en 2011, 41 % des jeunes  de 17 ans déclaraient avoir déjà fumer au cours de leur vie) , mais depuis quelques années on constate que beaucoup de pères de famille ayant pourtant endossés le costume de patriarche, avec toutes les responsabilités qui leur incombent, sont des fumeurs  de pétards (ils  sont plus  13,8 % chez les 26-34 ans à fumer des joints. Au-delà de 45 ans, l’usage au cours de l’année s’avère plus rare; 2,4 % des 45-54 ans et 0,8 % des 55-64 ans).

 

Ce n’est un secret pour personne, le cannabis est comme Tintin : c’est un phénomène universel – de 7 à 77 ans.

D’ailleurs le capitaine Haddock fumait la pipe…

Socialement parlant, fumer au-delà d’un certain âge peut être mal vu.

On connaît tous dans notre entourage, des pères de famille, des hommes mariés, qui payent leurs impôts et ont une situation professionnelle respectable voire exercent un poste à responsabilité et continuent pourtant de fumer de manière ponctuelle ou occasionnelle avec tous les risques que cela comportent. La consommation de cannabis étant pour l’instant répréhensible pénalement, l’adage en la matière c’est simplement « pas vu pas pris »,  mais qu’advient-il si l’on est pris ?

Imaginez Patrick Hochon 35 ans, VRP chez Cofidis qui se fait attraper par la patrouille lors d’un contrôle routier avec 5 grammes de « weed » dans sa boite à gants alors qu’il rentre d’un séminaire à Oullins.

Clairement ça la fout mal – bien sûr, il n’aura pas, comme lorsqu’il s’était fait choper à 17 ans, l’horrible supplice de devoir appeler ses parents pour qu’ils viennent le chercher au commissariat se prenant par la même une raclée d’anthologie, tout  ça pour un joint d’anniversaire grillé dans un parc à la pause de midi. Mais le résultat sera le même; il va se faire allumer par sa femme et risque d’être la risée du voisinage. Le pauvre va être marginalisé. Dans son immeuble, on rira de lui lorsqu’il remontera ses courses de Monoprix et il ne sera plus crédible, lorsqu’en assemblée de copropriétaires, il s’opposera aux ravalements de façade prévus sous sa fenêtre.

Le plan des travaux prévoit du bruit de 8h du matin à 6h du soir, une éternelle chasse du Bipbip par le Coyote sous ses fenêtres. Mais tout le monde s’en fout, il est tout le temps défoncé le Patrick, il fume « la drogue » disait Mme Michue, sa voisine du 4e , qui se soulage au Prozac depuis qu’elle a chuté de sa baignoire en lavant son chat.

Mme Michue n’aime pas les gens qui fument, ça lui rappelle les 60’s, lorsque des jeunes chevelus qui vivaient au-dessus de son magasin de chaussettes l’empêchaient de dormir en écoutant toute la nuit des groupes anglais au nom louche comme les « Scarabées » ou les « Flamants Roses ».

Depuis cette histoire, Monsieur Hochon ne fume plus, il n’a écopé que d’une amende et d’un suivi psychologique pour stopper son addiction. Sa femme lui a pardonné, et ils s’adonnent de nouveau à des pratiques sexuelles régulières, ce qui était de plus en plus rare depuis la naissance de leur fils Paul.

Cette sale histoire, qui pourrait être le sujet parfait pour une prochaine émission de « Confessions Intimes », est un sujet de fiction, mais l’essentiel demeure.

La triste vérité c’est que les Français sont les champions du jugement. Des commères et des jaloux qui passent plus de temps à s’occuper du potager du voisin plutôt qu’à défricher leurs malheureux géraniums sur leurs balcons. Le plus dramatique, c’est que plus ils vieillissent  et plus les critiques sont acerbes.  Comme dirait François,  « pour vivre heureux, vivons caché »,  c’est valable pour tout et surtout pour les plaisirs interdits par les lois de la République.

Que l’on ne se méprenne pas, nous ne sommes pas en train de faire l’apologie du cannabis, et de plaider pour sa légalisation (bien qu’il y aurait pourtant des raisons économiques d’en venir à une autre législation, mais c’est une autre histoire). D’autant plus que si l’on n’a pas un pote botaniste, c’est un bordel incroyable pour toucher finalement deux pauvres morceaux de résines coupés et recoupés qui vont te donner une migraine d’enfer et te racler la gorge à attraper une bronchite au point que tu te demanderas si le surnom « shit » n’est pas à prendre au sens premier du terme.

Cette économie parallèle engraisse aussi des pauvres demeurés agressifs et paranoïaques qui ne comprennent généralement pas qu’il est incohérent de rouler en Audi R8 et de postuler au RSA, mais qui, faute de preuves tangibles, polluent les prisons en attentant un jugement, qui, de toute façon, se terminera par un non-lieu.

On se rassure comme on peut, en disant que chaque pays à ses gangsters…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=bjh7zEmqlbY[/youtube]

Non vraiment ce que l’on défend ce n’est pas ces mecs-là, ni les dérives que cela entrainent.Non, ce qui nous défendons, vraiment, c’est la liberté  de tout un chacun de faire ce qu’il veut, sans que la société n’exerce sur lui une forme quelconque  de jugement sur ce qu’il est moralement en droit de faire ou de ne pas faire.

C’est vrai qu’un type qui fume des joints alors qu’il est père de famille est hors la loi c’est un fait juridique incontestable.

Mais  doit-il pour autant être marginalisé et mis au banc des accusés ?

On milite pour une société qui arrête de juger son prochain, aussi bien le fumeur à temps partiel que le jeune catholique pratiquant ou le vieil homosexuel revendicateur. Car le principal problème à l’heure actuelle est un morcellement de notre société en différentes petites communautés qui tentent de tirer la couverture à leur profit, au détriment des autres.

Arrêtons de faire du communautarisme basé sur le jugement d’autrui, que celui-ci soit un fumeur de joint ou non. Pour le reste le sujet est tellement sensible, et le gouvernement tellement moralisateur, qu’on préfère stopper notre développement ici avant de se choper une circulaire circulante, qui nous traite de droguer, alors qu’on  ne fait qu’un plaidoyer pour la liberté.

En tout cas, la prochaine fois que vous verrez un père de famille, un tarlu au bec, abstenez-vous de juger, l’essentiel est ailleurs. Demandez lui plutôt s’il sait roulé en forme d’avion !

Un champion de roulage de joints

 

Sur le même sujet, que pensez vous de la drogue sur la musique électronique ?

Pourquoi les sales types nous font-ils rire ?

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C’est triste à dire, mais regarder les sales types faire des crasses aux autres, que ce soit au cinéma ou à la télévision, c’est toujours particulièrement drôle. Moralement, ce n’est pas correct, pourtant on ne peut s’empêcher de rire à pleines dents lorsqu’on voit le Sergent Hartman mettre la misère à ses soldats dans « Full Metal Jacket » ou lorsqu’un dingo entarte un pauvre passant lors d’une caméra cachée. Mais pourquoi le connard est-il si amusant à regarder? Tâchons de le découvrir…

Parce que que le sale type va toujours plus loin dans son comportement

Nous on essaye d’être des mecs biens, polis, serviables, et attentionnés. Mais lui, la morale « il s’en tape le cul sur la banquise », et il pousse sans cesse un peu plus les bornes de la décence. Au début, on est surpris, on ne comprend pas, on pense à quelque chose, mais on se dit qu’il ne va pas oser et puis finalement il ose. En général on retrouve ce genre de comportements dans les caméras cachées. Le monde regorge de ces mecs complètement fous qui font tout et n’importe quoi, pourvu que ce soit un truc improbable. En France, le grand spécialiste c’est Rémi Gaillard, qui prône ouvertement sa désinvolture, avec un slogan aussi direct, qu’explicite : « c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ». Comme ça au moins c’est clair, tu ne peux pas te tromper sur l’activité du bonhomme. Mais à ce petit jeu là, il semblerait que les Russes tiennent le titre de champion de la folie. Comme tout bon super héros, son identité demeure secrète, mais on le surnomme dans le milieu « super Connard », en tout cas sur YouTube où l’on peut voir ses exploits. Pas grand-chose à dire si ce n’est que le bonheur des uns fait le malheur des autres, comme bien souvent dans le domaine.

 Parce que le sale type met à bout ses congénères sans une once de remords

Il est le provocateur de ta classe de 6ème, celui qui fait le beau jusqu’à te faire sortir de tes gonds, sans jamais s’arrêter. Monter sur le ressort, il est ce Tyler Durden qui à la tronche en charpie et qui continue de se moquer, comme si rien ne pouvait l’arrêter. Car en définitif, rien ni personne ne peut le stopper. C’est ainsi que l’humour naît, à l’usure, travaillé au corps façon Frazier qui te tourne autour sans discontinuer. Toi, simple mortel, tu aurais lâché l’affaire depuis longtemps, mais lui, il est entraîné et calibré pour faire le relou et il ne s’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas mis son interlocuteur au bord de la crise de nerfs. Notre maître à tous, François Damiens qui, par ses caméras cachées à travers  la Belgique, a réussi à s’imposer comme le champion de ce petit jeu de provocation plus ou moins assumé. C’est d’autant plus respectueux, que le commun des mortels ne pourrait pas tenir deux secondes dans ces joutes verbales assumées par François dit « l’embrouille ». On pourrait mettre tous les DVD tellement on est fans, mais on s’en tiendra simplement à ce passage, où l’embrouille joue un garde maritime déguisé en marin d’eau douce. Du grand art.

Parce que le sale type est moqueur, mais assez malin pour ne pas le montrer

Mettre en dérision son interlocuteur contre son plein gré, c’est le mélange entre la rhétorique et la malice, entre le « je te fais un croche-pied, mais je t’aide à te relever »,  le geste d’amabilité qui tourne en dérision l’être humain. La moquerie c’est salaud, mais c’est indéniablement quelque chose de drôle. Du Grand Journal à Jean-Yves Lafesse, ils en ont fait leur gagne-pain, en prenant à partie des passants dans la rue ou avant quelques manifestations pour les tourner au ridicule aux yeux du public. Tout le monde se souvient de quelques phrases filmées par l’équipe de Yann Barthès lorsque des fans exprimaient leurs joies ou leurs peines après différents concerts que se soit celui de Snoop Dogg ou de Pete Doherty. Au cinéma c’est Pierre Brochant qui prime sans cesse François Pignon, sans que celui-ci n’eût rien compris au manège mené par son hôte. Au début on a tendance à trouver ça malsain puis finalement on est pris au jeu, et on ne peut que rigoler devant la pertinence du propos et la justesse des mots. Il y a beaucoup d’exemples de moquerie, qu’on pourrait vous montrer, car il faut avouer qu’en France c’est presque un sport national. Mais, on va faire la place à ce cher Marc The Ugly, le nouveau sale type du net et accessoirement un flingueur professionnel. Il a la trempe d’un Laurent Baffie et la culture footballisitique d’un Thierry Rolland alors pour nous autres qui sommes des aficionados du ballon rond, on ne peut qu’applaudir des deux nageoires.

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Parce que le salle type est très suffisant, alors que c’est un tocard  

On a tous en nous un petit peu d’arrogance, puisque c’est un sentiment humain qui permet de s’affirmer en société. Mais ce qui peut être de la confiance en soi devient de la prétention lorsqu’elle est trop exacerbée. Dans la vie de tous les jours, on appelle ça un gros con, alors qu’au cinéma ou à la télévision on appelle ça un artiste. La seule différence c’est que le premier est sérieux alors que le second ne fait que jouer un rôle. Si le premier n’est pas fréquentable, le second est complètement hilarant si l’on ne le prend pas au premier degré. C’est cette autodérision non assumée qui uni tous les sales types du cinéma français, de Brice de Nice, à Hubert Bonisseur de la Bath alias OSS 117, en passant par Serge Benamou, se sont tous des frimeurs, qui se la raconte alors qu’ils sont complètement à côté de la plaque. C’est sûrement ce qui les rend si drôles et si sympathiques auprès du public.

Jouer le sale type n’est pas chose aisée, il est en revanche bien plus facile d’en être un dans la vraie vie. D’ailleurs très souvent,  les plus moralisateurs et les plus critiques à l’égard de ces différents personnages, sont ceux qui leur ressemblent le plus. Forcément on aime pas subir ce qu’on fait subir aux autres au quotidien…

Et si le secteur tertiaire était l’avenir de l’économie collaborative?

Aujourd’hui l’économie collaborative semble enfin être arrivée à son paroxysme et comme toute chose qui arrive au sommet, le moment où le phénomène ralentira est inévitable. Si leurs créateurs semblent en avoir fait le deuil, on pense plus simplement que sa planche de salut réside dans le secteur du tertiaire, si le législateur lui en laisse la possibilité.

L’économie collaborative qu’est ce que c’est?

Hier considérée comme une alternative pour les débrouillards, elle est aujourd’hui un mode de vie adopté par la majorité de la population. On peut se réjouir de ce changement radical de moeurs, qui met l’accent sur l’utilisation plutôt que sur la propriété, la disruption, l’innovation, l’échange supporté par le numérique, l’interdépendance (le consommateur est au centre et le nombre d’intermédiaires est réduit) et la dynamique (le prix étant ajusté en temps réel et l’accès au produit ou service  se faisant à la demande, au moment et à l’endroit voulu par l’utilisateur).

Si l’économie collaborative utilise le domaine digital pour mettre en relation ses utilisateurs, c’est souvent à tort, qu’on utilise pour le désigner, le terme « uberisation« , qui est clairement une déformation de langage. En effet, Uber est à l’origine un service de chauffeur privé à la demande, qui permettait à n’importe qui, titulaire d’un permis de conduire, d’être chauffeur pour des particuliers à moindre coût. En effet, l’idée même de l’économie collaborative, c’est que la demande est en même temps l’offre et vice et versa. Lorsque Uber permettait à chaque usager, d’être un chauffeur privé, (avant l’interdiction des « UberPop » en France), on pouvait dire que terme « uberisation » était synonyme d’économie collaborative. Mais depuis qu’en France, les Uber ont le statut de voiture de tourisme avec chauffeur (statut de VTC qui est lui-même règlementé par la préfecture), ce n’est plus de l’économie collaborative en tant que telle, mais simplement un service de mise en relation de chauffeur privé digitalisé. On peut en conclure que désormais la synonymie est erronée, mais on comprend bien l’idée…

Que représente le marché de l’économie collaborative?

Si le secteur du tertiaire était l’avenir de l’économie collaborative?

Selon Deloitte, le marché de l’économie collaborative représente aujourd’hui 26 millards et il devrait atteindre 100 millards d’euros en 2018. En France, l’économie collaborative représente un marché d’environ 3,5 milliards d’euros. Un chiffre qui devrait être multiplié par trois d’ici à 2018. L’Hexagone représente un marché dynamique où ne cohabitent pas moins de 276 plateformes collaboratives, dont 70% sont françaises. C’est donc un marché extrêmement important, qui soulève néanmoins quelques zones d’ombre.

Pourquoi l’économie collaborative est-elle à un tournant?

On peut constater à travers ce bouillonnement que le « sharing » semble avoir trouvé ses limites. En effet, on ne peut malheureusement pas tout partager, à commencer par son gaufrier ou sa perceuse, que certains pourtant, ont tenté de louer. De même, qu’on ne peut pas lancer un business de « time sharing« , en pensant que la mise en relation des utilisateurs qui désirent échanger leur temps et leurs compétences gratuitement, puisse être lucrative.

La raison de ces fausses  « bonnes idées » est simple, pour qu’une entreprise collaborative soit véritablement viable, il faut que le nombre d’utilisateurs soit très conséquent, et il n’est pas aisé de créer une communauté importante. Si BlablaCar peut se targuer d’avoir plus de 10 millions de membres actifs sur sa plateforme, il peut aussi témoigner de la difficulté qu’il lui a fallu pour arriver à créer sa communauté. De même qu’Airbnb, qui accueille chaque nuit 425 000 invités, soit 22% de plus qu’Hilton dans le monde entier, alors qu’il ne possède pas un seul bien immobilier, a dû s’y prendre à deux fois avant de réussir sa première levée de fonds.

Mais ce que le covoiturage ou la location de biens immobilier entre particuliers ont permis, tous les secteurs d’activités ne le peuvent pas. L’économie collaborative est donc un faux eldorado, puisque toutes les banches d’activité n’ont pas vocation à être partagées comme on peut vous l’expliquer très bien ici.

Deuxième zone d’ombre de l’économie collaborative, l’augmentation de la législation qui risque de faire du grabuge. Libre de tout marquage depuis le début du match (hommage à Johan Cruyff), le sharing, en tant qu’économie sociale et solidaire est gratifiée d’un traitement fiscal de faveur, notamment en France, qui est pourtant déjà le champion du monde de l’impôt.

Les récents problèmes de concurrence (voir notre article à prendre au 2nd degré sur le sujet) déloyale entre taxi et « Uber Pop » ou entre les hôtels et Airbnb laissent à penser que le gouvernement français va durcir sa politique fiscal à l’encontre des plateformes collaborative. D’ailleurs, le rapport du député Pascal Terrasse sur l’économie collaborative remis à Manuel Valls le 8 février dernier, propose quelques axes de réflexion. Selon le député de l’Ardèche, le cadre fiscal actuel n’a pas besoin d’être réformé pour s’adapter aux pratiques de l’économie collaborative. Néanmoins le texte appelle à clarifier la distinction entre revenus, partage de frais (comme lors d’un covoiturage) et activité professionnelle.

Autre axe évoqué par le rapport: que les plateformes collaboratives se chargent elles-mêmes de transmettre le montant des transactions des usagers à l’administration.

À noter également qu’à compter du 1er juillet 2016, les plateformes seront tenues d’informer leurs utilisateurs de leurs obligations en matière sociale et fiscale. Oui, car les revenus tirés de l’économie collaborative doivent bien être déclarés.

Pourquoi le tertiaire représente l’avenir de l’économie collaborative?

Cependant, alors que l’économie collaborative semble être à un tournant, l’emploi est lui aussi en train de se transformer. À l’image du gouvernement français qui tente de changer une législation bien trop complexe, la façon de travailler change. En effet, les gens ne souhaitent plus être salariés, avec un lien de subordination à un employeur unique, mais veulent être vendeurs de prestation de service à plusieurs entités différentes. C’est en tout cas, ce que révèle l’explosion des sites de mise en relation professionnelle aux Etats-Unis. L’un deux, UpWork, publie une étude selon laquelle 54 millions d’Américains sont travailleurs indépendants permanents ou occasionnels et surtout 80% d’entre eux gagnent mieux leur vie que lorsqu’ils étaient salariés.

L’idée, dans ce nouveau monde économique, c’est que chacun d’entre nous qui est déjà consommateur peut devenir producteur. On ne dépend plus d’un patron mais d’un client, on ne signe plus un contrat de travail mais un contrat commercial, on ne vend plus 35h par semaine mais une prestation, un savoir-faire, il n’y a plus de licenciement mais de simples ruptures de contrat.

Si l’on rajoute à ce paramètre, le phénomène de vieillissement de la population et le fait que la demande de services à la personne est le secteur d’activité qui connait le plus haut taux de croissance depuis 2005, on peut entrapercevoir ce que peut sera l’économie collaborative de demain.

Mais en fait, c’est quoi la loi Godwin ?

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Un lundi soir pénard, on se balade sur Internet, short de bain et Charentaise anglaise. C’est qu’on aime se balader sur la toile, « nous autres les jeunes ». Au détour d’un article du Monde, on descend en bas de la page pour aller lire le plus intéressant : les commentaires.  En effet, sur ces sites d’informations, un peu intello, se ruent toutes sortes d’individus, qui derrière leur poste d’ordinateur et sous couvert d’un pseudo bien ringard, s’insurgent ou s’encanaillent de l’actualité du jour. Le point commun de ces « commentateurs impulsifs » digitaux outre la culture très approximative du sujet qu’ils traitent, c’est leur affection démesurée pour les références historiques douteuses.  Au milieu de ce remue-ménage d’intellectuels à la sauce Wikipédia,  il y a toujours un moment où l’un d’entre eux va forcément traiter l’autre de « SS / Hitler » ou faire une comparaison foireuse sur le nazisme, c’est à ce moment-là que l’on touche du doigt, le point du Professeur Godwin.

Lorsque lInternet brasse la connerie : cest le paradoxe du point Godwin.

C’est en trainant sur le réseau Usenet que Mike Godwin, un avocat américain, a remarqué que plus les mecs s’embrouillaient plus la probabilité qu’ils en viennent à parler du nazisme s’approcher de 100%.  Outre le fait de prouver que le droit menait vraiment à tout, Godwin a sans doute développé la plus belle loi empirique de toute l’histoire de l’humanité.  C’est à dire quelque chose que l’on a prouvé grâce à des exemples et qui ne repose sur aucun fondement théorique, avouez que c’est ouf…

Bref, pour en revenir à la théorie du bon maître Godwin, on dit donc que la conversation a atteint son « Point Godwin » et on ferme la discussion afin de repartir sur des bases saines. « Le point  G »est en quelque sorte un carton rouge qui signifie que le débat va « trop loin ».  Le problème, c’est que comme en Ligue 1, les arbitres autoproclamés, que sont les Internautes, sont vraiment mauvais et l’utilisation abusive du terme anéantis tous ces effets.

D’abord, parce que même si Godwin a théorisé sa loi avec le Nazisme, elle peut s’appliquer à chaque débat au cours duquel les protagonistes utilisent des arguments issus d’idéologie extrême. À ce titre, le communisme, l’anarchisme et tous les mouvements d’extrême gauche peuvent être à l’origine d’un point Godwin. Ensuite, parce qu’on a constaté ces dernières années, un regain d’affection pour l’utilisation abusive du terme par les Internautes francophones, et il est presque impossible d’avoir un débat sans que l’on arrive au point critique de Godwin, comme si la théorie était elle-même enfermée dans une autre théorie, celle de se dire, que : les gens bêtes, incultes et à court d’arguments, en arrivent toujours aux mêmes conclusions lorsque le débat ne tourne pas en leur faveur.

Mike Godwin

Le troll : le con 2.0

Ce que nos grands-parents auraient appelé« un gros con », le Petit Larousse illustré version 2014 l’appelle un « troll », « une personne qui participe à une discussion ou un débat dans le but de susciter ou nourrir artificiellement une polémique ».

Est-ce la nature même du Net (facile d’accès, anonyme) qui transforme n’importe quelle discussion en défouloir ? Autrement dit : «Internet rend-il méchant ? », la nature humaine est ainsi faite et personne n’est à l’abri de dire une très grosse connerie – Personne ne naît troll, tout le monde peut le devenir. Homme, femme, banquier, chômeur, ministre, étudiant, secrétaire. Aucun profil type, mais une logique simple : une opinion d’Internaute déplaît, un autre riposte ; et c’est l’engrenage.

C’est comme au café PMU du village, les mecs s’insurgent, s’insultent, se jurent l’un et l’autre  de détenir la vérité.  Mais la différence c’est qu‘ils sont bien planqués derrière leurs écrans d’ordinateur, short de bain et charentaise anglaise, bien planqués derrière des pseudonymes bien idiots.

Cambert71 : « Sacré gros con de nazie, va ! ».

Petitchat93 : «Ca y est, c’est le point Godwin. Bien joué champion »

Hulubberlu : « … »

C.

Entrepreneuriat – L’aventure Excuse My Party

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Inviter des inconnus chez vous pour y faire la fête, c’est l’idée d’Excuse My Party la première plateforme collaborative de soirées chez les particuliers du monde.

Lancé au mois de mai dernier, le projet s’est développé petit à petit, avec l’objectif de s’étendre le plus vite possible au delà des frontières de l’Hexagone. Si l’idée semble complètement dingue au premier abord, le marché est prometteur puisque la jeune pousse française est la première à s’y lancer.

Officiellement lancé au mois d’avril 2015, le site compte déjà plus de 5000 membres, qui ont réalisé plus 100 « Ambiançages » créés notamment à Paris, Londres, Berlin, Lyon, Lille, Rennes et Nantes …

Devant ce succès, on a pris l’initiative de discuter avec deux des cinq co-fondateurs de la plateforme, Bruno Haddad et Philippe Vitry, pour essayer de comprendre les dessous de ce pari complètement fou.

L’interview des fondateurs, d’Excuse My Party

Hurluberlu: Comment un site qui met en relation des particuliers pour faire la fête s’organise-t-il au niveau des assurances?

Philippe: En France nous avons tous notre assurance responsabilité civile et habitation, ainsi la plupart des risques sont déjà couverts ! C’est un début, mais à terme il nous faut penser à une assurance globale comme sur les sites leaders du collaboratif !

Bruno: Une assurance dans le web collaboratif coute très chère pour une start-up à ses débuts. Il existe une très bonne société d’assurance (celle d’Airbnb) basée en Angleterre, c’est désormais possible également en France. C’est ce que nous visons pour notre levée de fond !

 

H: Car, une des premières craintes pour tout le monde lorsqu’on invite des gens chez soit, c’est qu’il dégrade le matériel..

B: Oui mais sur Excuse My Party, comme sur AirBnB d’ailleurs, c’est l’ambianceur (ndlr: la personne qui organise), qui choisi les personnes qui participeront à la soirée. On a un système d’évaluation, un peu comme sur BlaBlaCar, où tu peux attribuer des notes et des appréciations sur chaque personne, Au final tu n’invites que des personnes que tu as choisi

P: Oui tu peux également discuter avec tes futurs ambiancés via Excuse MyParty. Tu te rends tout de suite compte des affinités pour choisir tes invités !

 

H: Concrètement, comment le site fonctionne?

B: C’est simple, toi tu adore les sushis, tu veux faire une soirée japonaise qui sort de l’ordinaire, tu vas t’inscrire sur Excuse My Party, et proposer un prix d’entré ou gratuit au gens avec un nombre de place limité et des critères de sélection (des impératifs de déguisement par exemple). Ensuite, les gens vont demander à rejoindre ta soirée et c’est à toi qui décide si tu les acceptes ou non.

Enfin, si tu acceptes, l’argent est débité, il arrive sur ton comte, et la personne va recevoir ton adresse exacte pour pouvoir se rendre à ta soirée.

P: Ce serait vraiment ouf, qu’on impose des gens chez toi, tu imagines ? (rire)

 

H: C’est clair, mais pourquoi cette idée de mettre les gens en relations pour qu’ils fassent la fête?

P: Déjà, il faut remettre les choses dans leur contexte, les gens ne nous on pas attendu pour s’inviter entre eux et faire la fête. Simplement avec Excuse My Party, on digitalise ce qui existe depuis la nuit des temps, et on essaye de le rendre plus simple. Aujourd’hui on peut donc tous organiser ou participer à des soirées chez des particuliers ce qui était plus difficile avant.

B: Pour la petite histoire, on était en école de commerce à Toulouse (ndlr: l’ESC Toulouse) et on en avait marre de se faire racketter par les établissements de nuit qui vendaient des vodka/ pomme à 10 euros. L’autre point, c’est que l’on s’est rendu compte que bien souvent lorsque l’on était en boite de nuit, après notre before, les gens se démotivaient et on perdait la bonne ambiance de la soirée. Du coup on s’est dit qu’on aimerait bien faire une plateforme de soirée en appart pour en faire plus souvent et plus longtemps !

On dit que bien souvent pour apprendre à connaitre un pays, il faut sortir avec des locaux, , pourrait devenir un nouveau mode de rencontre pour voyager aussi?

B: C’est un peu l’objectif affiché, le troisième fondateur John est d’ailleurs parti à Londres pour lancer le site au Royaume-Unis, et d’ailleurs la première soirée y a été faite au mois de juin dernier. Tout le site est aussi accessible en anglais, donc il y a la volonté de s’ouvrir très vite à l’international.

P: C’est vrai que si Excuse My Party devenait mondialisé et permettait de rencontrer des gens à travers le monde pour que les touristes puissent découvrir la culture local, ce serait énorme (mais step by step)

 

Il faut y croire, vous êtes tout de même passé dans le BEFORE sur Canal+, signe qu’il y a un vrai engouement autour de votre plateforme…

P: Oui c’est vrai que les choses se passent bien pour le moment. L’objectif c’est de lancer assez vite l’application iPhone (Printemps 2016) et forcément de se développer dans d’autres pays.

B: Après, on ne vit pas encore de notre start-up car les choses mettent du temps à se mettre en place, mais dans l’économie collaborative, le processus est très long car au delà d’aller chercher une cible, comme dans un secteur classic, il faut faire matcher l’offre (les organisateurs) et la demande (les participants).

 

Quelles sont les conseils que vous pourriez donner à nos lecteurs qui souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale?

P: Je pense qu’il faut croire à son projet et croire en sa capacité à pouvoir l’exécuter. D’autant plus qu’aujourd’hui à Paris il y a vraiment un très bon écosystème Startup !

B: En effet, rien n’est impossible à qui croit vraiment en ses idées, je pense que le plus important, c’est vraiment la détermination.

Pour NOËL laissez vous tenter par ce super concept…

Retrouvez Excuse My Party sur :

Pourquoi doit-on faire « Movember » ?

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Chaque mois de novembre depuis 2003, tous les Hommes de la planète (ou presque) se laissent pousser la moustache dans le but   de sensibiliser l’opinion publique et de lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines, c’est « Movember »

Inventé en Australie en 2003, Movember cesse de conquérir des adeptes d’année en année. Il est désormais presque indispensable pour les chics types, que vous êtes, de soutenir la cause des hommes, en arborant fièrement une belle stachemou à la d’Artagnan

Si vous êtes plus Tragicomix qu’Astérix, plus Tintin que Dupont et Dupont, vous préférez rester imberbe et c’est votre choix le plus noble. Cependant, la maison Hurluberlu arborant une moustache depuis 1807, il est de notre devoir d’essayer de vous convaincre de changer d’avis, et de laisser votre rasoir au placard pour le mois à venir.

 Ne soit pas vache, fait toi la moustache

Parce que la moustache au mois de novembre, c’est avant tout un signe de solidarité envers la gent masculine. Une manière de montrer le soutien que vous portez à vos homologues atteint du cancer des testicules, de la glotte, de la prostate et autres maux qui ne touchent malheureusement que les mâles. Généralement, les biens mal acquis ne profitent jamais, mais celui-ci, soyez en sûr, ne ferra aucun malentendu ni malaise, il  sera même bénéfique. En effet, Movember est l’une des plus grandes associations non-gouvernementales mondiales. Depuis sa création, la fondation Movember a récolté 174 millions de dollars à travers le monde. On compte plus d’une vingtaine de pays participants aux quatre coins du globe parmi lesquels l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, l’Irlande, les États-Unis, le Canada, l’Afrique du Sud, la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Belgique, la République Tchèque, l’Espagne, Hong Kong, Singapour et la France. D’ailleurs, les Français ont rassemblé 350 000 euros l’an dernier.

 Une belle « ganache » avec la moustache

La moustache, c’est l’élégance à la française d’un autre temps, celle de Guy de Maupassant, de René Lacoste, d’Yves Saint-Laurent et, dans un autre registre, Jean Claude Duss. Outre les avantages, d’avoir toujours un morceau de « casse-croute » qui traine dans un coin, en cas de petit creux passager, la moustache est atout séduction indéniable. C’est surtout l’occasion de prouver à tous les hipsters qui écoutent leurs musiques sur des tournes disques (ou walkman), s’habillent chez Emmaus (parce que c’est mainsream) et se nourrissent exclusivement de brunch composé de burger de chèvre et tartine à la confiture de groseille, qu’on peut porter une moustache pour une bonne raison…

 

Mais pourquoi la moustache ?

Parce que vous avez toujours rêvé de courir comme David Hasselhoff sur la plage pour sauver une demoiselle en détresse.

Parce qu’Alexandre Dumas est votre auteur préféré.

Parce que, le XV de France, emmené par Marc Lievremont jusqu’à la finale, vous a fait rêver, lors de la coupe du Monde de 2011.

Parce qu’au fond vous avez un peu de tendresse pour Raymond Domenech, le plus grand moustachu que la Ligue 1 ait vu passé (avec un prénom pareil, on pouvait s’en douter).

Parce que bohémian rhapsody de Queen ne vous a jamais laissé indifférent et que d’une manière générale, vous êtes toujours impressionné par la voix de Freddy Mercury.

Parce que vous pensez que le tennis a perdu l’un de ses plus brillants sujets, lorsque Björn Borg a pris sa retraite en 1986.

Parce que Friedrich Nietzche est votre philosophe préféré, (on sait qu’« Ainsi parlait Zarathoustra » est votre livre de chevet préféré aussi).

Parce que Magnum est, de loin, votre série préférée (on est est même sure).

Enfin, parce que vous mettez les gars du « Golden Moustache » au-dessus de la mêlée du « You Tube Game ».

Si vous vous retrouvez dans toutes ces coïncidences de moustachu. Félicitation, vous êtes prêt pour Movember (on vous accorde un désaccord avec le cas Domenech).

Pour participer, il suffit de s’inscrire sur Movember.fr, et de laisser de côté tondeuse et rasoir au placard pendant 30 jours.

La cigarette est-elle devenue obsolète?

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La cigarette : tendance ou has been ?

Discrète jusqu’en 1945, la consommation du tabac a réellement explosé après la seconde Guerre Mondiale avec le développement des grandes compagnies américaines qui ont d’une part, joué sur la dépendance des soldats de retour du front et d’autre part ont imposé  la cigarette comme un nouveau standard d’abord chez les hommes puis chez les jeunes.  Pourtant, l’image de celle-ci s’est fortement dégradée ces dernières années au point de devenir presque quelque chose d’obsolète. 

Fumer était  une mode, un geste social, une contenance. Tous les supports médiatiques, que ce soit le cinéma ou la publicité, arboraient cette « norme fumeur ». De James Dean à Humphrey Bogart en passant par notre Jaques Chirac national, tous étaient des fumeurs invétérés et ont contribué à populariser le tabac pour en faire un accessoire masculin indispensable.

 

C’est ainsi que pour être un mec stylé il fallait se fumer sa petite tige après le repas, à l’intercours et surtout lorsqu’on allait en soirée. D’ailleurs la grande majorité de la gente masculine a dû commencé à fumer pour faire le prince de la nuit et épater les gonzesses avec son paquet de Malbacs souples et son Zippo à l’effigie du Ché. Une chance sur deux pour que la petite ait envie de partager une clope avec vous et une chance sur cinq que cette clope vous amène à la choper. Socialement parlant, fumer était  donc rentable, et puis ça montrait surtout qu’on était un mec, un vrai, celui qui fumait sa Gauloise au réveil avec un café noir sans sucre façon Clint Eastwood.

Mais depuis quelques temps et notamment en France, fumer c’est devenu une tare. Une loi de 2008 est en effet venue calmer tout le monde en interdisant de fumer dans tous les lieux publics. On doit désormais faire des épreuves de  Ford Boyard pour sortir s’en griller une. Challenge favoris : l’équilibriste pour attraper son briquet d’une main pendant que tu regardes ton téléphone de l’autre et tout ça par un vent de force 8 sur l’échelle de la bourrasque. Le concours d’apnée  dans les fumoirs des boites de nuits est toujours pas mal côté au registre des moments sympathiques qu’un fumeur dois endurer. Puis surtout, le prix des paquets s’est mis à s’envoler et notre argent avec lui un peu plus chaque mois. Conséquence de quoi, on est passé des industrielles aux tubées, puis des tubées aux roulées, puis des roulées aux taxées car maintenant pour acheter un paquet, il faut l’autorisation de ton banquier. Pour l’étudiant fauché, il faut soit attendre Noël soit casser son PEL, forcément ça calme!


Non vous n’êtes pas en train de lire un communiqué  de la ligue anti-tabac, car on est bien d’accord que fumer sa clope après un gros frichti, c’est tout de même encore un des seuls gros plaisirs qu’il nous est donné de goûter dans nos chiennes de vie. Mais bordel, les références n’y sont plus, personne n’ose se montrer en public avec une clope au bec. Résultat, sans représentants, pour les défendre, les fumeurs sont mis au banc des accusés. Maintenant, on s’astique devant des esthètes qui ne fument pas, ne boivent pas et courent en collant cinq fois par semaine, en se goinfrant de galette de riz.

Alors qu’avant l’ami Gainsbourg se craquait ses gitanes devant des millions de téléspectateurs sans que personne ne bronche. Maintenant, si tu sors un briquet sur un plateau de télévision, le CSA t’attaque en justice dans la seconde. Mais par contre il laissera du temps d’antenne à José, la nouvelle star de téléréalité, lorsque il viendra donner des cours de sports sur une chaine de la TNT ou pire présenter son nouveau livre sur son hygiène de vie parfaite, et son nouveau concept de povtiyp’itude.

Voilà, c’est l’évolution, le passé est toujours irréductiblement dépassé, et comme tout le monde on a envie de dire “c’était mieux avant”. L’image de la cigarette change, mais heureusement pour notre liberté, les fumeurs demeurent.
Cependant, aux yeux des médias, la clope industrielle n’a plus vocation à exister, et indirectement vous n’avez pas le choix. Soit vous fumer en cachette, soit vous arrêtez, soit vous tirez sur un bâton en plastique lumineux qui fait de la fumée (une vapoteuse ou un hochet).

La bonne nouvelle dans tout ça c’est que ce nouveau mouvement nous aide à arrêter pour une vie plus saine !
Je vous laisse quand même sur une petite publicité que j’adore, histoire de vous (fumeurs), faire culpabiliser un peu plus.

Christine ou l’occasion de revenir aux bases de la French Touch

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« Christine » c’est un jolie prénom, ça inspire la douceur d’un petit matin calme à Saint-Malot, la fraicheur des vagues et le goût iodé des huitres fraichement pêchées. Au milieu de cette carte postale de Normandie vit un duo qui, depuis cinq ans, se distingue du paysage par la pertinence de ses sons (très lointaine du Biniou qui fait la réputation de la région).

Leur page Facebook, disent qu’ils s’appellent Nicolas Lerille et Stéphane Delplanque mais il faut avouer que Christine sonne  beaucoup mieux.

On s’imagine déjà un conte pour enfant, dans lequel Christine (comme Martine) irait tantôt à la plage, tantôt sur le marché ou faire du surf. Toutefois, ce que Christine préfère avant tout, c’est faire la teuf.

Parce que depuis leur premier remix (celui disponible sur leur page Soundcloud en tout cas), Christine ça envoie du gros bois. ..

Christine c’est quoi?

Dans la ligné des grands DJ français qu’à vu éclore la scène électronique Hexagonal à l’aune des année 2010, comme datA, Surkin, Danger, Yuksek ou Kavinsky, le duo Christine aime le synthétiseur et les basses puissantes.

D’ailleurs l’un de leur premier remix (d’Amon Tobin), pause les bases de leur univers.

S’ils sont très forts pour magnifier les morceaux qu’ils décident de remixer, comme What You Want de BOYS NOIZE auquel il arrive à donner encore plus de puissance (ce qui est une belle performance lorsqu’on connait le caractère bestial du travail de l’allemand).

Christine, tu fais quoi aujourd’hui?

Leurs compositions aussi forcent le respect. À l’actif du duo, quatre EP, dont un dernier intitulé Ecstatic Sole , sorti en juin dernier sur le label Mouton Noir, et en téléchargement gratuit sur BandCamp (comme toute leur discographie).  

Quatre pistes qui s’enfilent comme une course effrénée sur une autoroute de la Californie et qui rappelle à bien des égards l’album Outrun de Kavinsky, et particulièrement NightCall que le film Drive a porté, à jamais, dans la postérité. 

Si certains en doutaient, la French Touch n’est pas morte, et continue de se balader ici et là pour distribuer des grosses baffes. En cette période estivale, où tout le monde veut se dandiner sur de la deep Allemande dopée au saxophone, Christine remet les points sur le I du mot « électronique ».

Une bonne dose de Vitamine C, à prendre matin, midi et soir, à commencer par FlashDance, leur dernier remix, livré en exclusivité et téléchargeable gratuitement ici

« La France, pays de la Liberté », vraiment?

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C’est bien connu, la France est le pays des droits de l’Homme, un exemple, un modèle, une figure incontournable en matière de liberté d’expression, jusque dans la devise du pays, qui l’a mentionnée en lettres d’or, sur tous les frontons des mairies, de Paris à Roubaix.

Malheureusement la liberté d’expression ne cesse de rétrécir comme peau de chagrin.

Petit rappel historique, la loi sur la liberté de presse promulguée comme souvent après de vives luttes pour la liberté d’expression avait réussi sous la IIIe République à supprimer toutes censures, sauf pour certaines restrictions concernant l’ordre public. Elle laissait ainsi au peuple la possibilité de s’exprimer librement sans pour autant  craindre de croupir dans une geôle moisie et humide. Une réelle avancée démocratique qui donna jour à une pluralité de journaux, de brochures et de livres qui traitaient de tous les sujets, aboutissant ainsi à une offre pléthorique de quotidiens d’informations. Les années passèrent et avec elles, la liberté d’expression alla bon train, permettant ainsi de voir fleurir une presse éclectique, parfois farfelue, mais ayant le mérite d‘être libre.

C’est comme cela que sont arrivés dans les bureaux de tabac des périodiques tel que « Sanglier Passion »ou la « guerre 14/18 Magazine ».

Pourtant depuis une cinquantaine  d’années, les gouvernements successifs s’efforcent avec rigueur et méthode, comme des bûcherons canadiens, d’effectuer des coupes sans cesse plus importantes dans le tronc  de cette loi ô combien importante.

C’est d’abord le gouvernement Chaban Delmas en 1972 qui a commencé les hostilités en introduisant de nouveaux concepts de  « provocation à la haine » et de  « provocation à la discrimination » avec la Loi Pleven. À la base l’idée était bien : condamner pénalement les auteurs de propos pouvant pousser à la haine ou à des actes de violence.  Mais très vite, certaines associations, certains groupuscules ont compris qu’il était désormais possible de taper sur la tête des gens sans même qu’aucun acte ne soit commis, une aubaine.

Ainsi armées de leurs ciseaux et de leur surligneur, des associations telles que « Touche pas à mon pote »ou « SOS Racisme »vont s’employer à scruter les discours, les paroles voir même les mots employés par la « popula’s », se lançant de procédure en procédure pour faire condamner ceux et celles qui avaient eu le malheur de prononcer les mots interdits, le vocabulaire mal choisi, la phrase de trop…

On tolère les conférences de l’équipe de France de football, quitte à ce que les Molière, Racine et autre Corneille se cognent la tête à chaque prise de parole de feu Ribery    mais on traque certaines vérités qui dérangent. Nombre de personnalités  publiques ont pu en témoigner notamment Éric Zemmour, le dernier des cancres en la matière, dont on ne cesse de taper sur les doigts pour ses propos « injurieux »et incitant à la « discrimination ».  D’ailleurs, dernièrement son explication mettant en exergue une corrélation pourtant véridique entre l’origine ethnique des délinquants et le nombre de délits commis lui a tout de même coûté 10 000 euros.

« Fallait surveiller ton langage, garnement » !

C’est sûrement ce qu’aurait pensé le député communiste Gaysot. Lui qui, au début des années 90, proposa une  loi éponyme, pour empêcher que l’on critique la version officielle de certains épisodes douloureux de l’Histoire de France. La colonisation notamment, la collaboration ensuite, les génocides enfin. Désormais on apprend à nos enfants la version Républicaine sinon c’est du délit d’opinion, quarante-cinq mille euros d’amendes et un an de prison ferme (c’est en tout cas ce que dis le Code Pénal). C’est  vrai que sur le fond, le bon Gaysot avait sûrement raison. Surtout qu’à l’époque les négationnistes du génocide juif sévissaient dans les fonctions de grands partis politiques français, et qu’aujourd’hui leurs enfants sont en tête des sondages pour les élections de 2017 (suivez mon regard…)

Mais le problème, c’est qu’encore une fois, la loi sur la liberté d’expression en a pris un coup sur la tête, et, désormais on enseigne à nos chères têtes blondes que blanc c’est blanc et noir c’est noir, entre les deux il y a surtout pas de gris, (demandez à Zemour)…

 La liberté d’expression et la loi renseignement.

Le troisième volet de la scène que nous jouent les politiciens français depuis un demi-siècle et qui pourrait tristement s’intituler  « Comment réussir une censure à la chinoise en 10 leçons » s’est déroulé ces deniers jours dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, lors de la présentation de la loi renseignement.

Présenté en grande pompe par Manu « himself« , devant une trentaine de débutés à moitié endormis, la loi renseignement a clairement pour but de surveiller la population française.

C’est une réponse significative aux attentats de Charlie Hebdo qui a pour objectif affiché de traquer du terroristes  jusqu’à Dahech, mais qui va aussi surveiller l’opinion publique qui s’avérera opposé au gouvernement en place. En effet, le texte prévoit que la loi vise à prévenir les «atteintes à la forme républicaine des institutions» et les «violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale». Concrètement, cela veut dire que si l’on est pas Pro-Républicain, on est forcément contre et qu’à ce titre on peut être susceptible d’être surveiller. D’un point vu pratique, cette surveillance peut donc aussi bien toucher, les opposants « au mariages pour tous » que les entrepreneurs français qui s’opposent à la politique fiscale Hexagonale.

Concrètement, en l’état actuel des choses,  le texte autorise les services de police à  poser des micros dans un appartement ou un véhicule, installer des balises GPS ou écouter des communications téléphoniques, sans l’accord d’un juge.

Ils pourront également utiliser des IMSI-catchers, un dispositif qui permet d’écouter toutes les communications (téléphoniques comme électroniques) dans un rayon de 500 mètres à un kilomètre. Le vrai petit plaisir…

Enfin les services de renseignement seront  autorisés à récupérer les “métadonnées” des échanges électroniques, soit les informations qui entourent une conversation : qui envoie un message? à qui? quand?par quel support? Ces métadonnées sont différentes du contenu explicite des messages, qui ne sera pas collecté.

Si le texte n’a pas été voté dans sa totalité, l’Assemblé Nationale, (ou du moins ce qu’il en restait), a voté mercredi l’adoption de la « boîtes noires« ,   un système qui va permettre au gouvernement de mettre des capteurs chez tous les fournisseurs d’accès internet, dans le but d’intercepter les échanges électroniques, et notamment les emails et les historiques de navigation des internautes.

En voulant protéger la liberté d’expression, la France s’enferme peu à peu dans un carcan dont elle ne pourra bientôt plus sortir.

Degiheugi – Hurluberlu Mixtape # 6

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Ce mois-ci c’est Degiheugi qui nous a fait le grand honneur de passer derrière les platines pour cette sixième mixtape, résolument plus hip-hop que d’habitude. Ce mix est à l’image du Monsieur, sympathique et coloré. Au programme de ces 30 minutes de réjouissances auditives, la crème de la crème du Hip-Hop d’aujourd’hui, comme Guts ou Marian Hill, et la soul d’hier comme Janko Nilovic. Le tout mélangé à la sauce Degiheugi rend un mix impeccable, idéal pour finir la semaine en beauté.

 

 Degiheugi, artiste mystérieux

Il faut dire, qu’avec presque dix ans de carrière à son actif Degiheugi sait y faire avec la musique. Fin gastronome depuis 1998, il mélange tous les styles, pour concocter des sons toujours plus agréables à nos oreilles. Producteur autodidacte ce n’est que depuis 2005 qu’il a commencé à rencontrer le succès, avec des titres comme « Détends toi »  ou « Un jour comme un autre » , morceau dans lequel il rend hommage à Brigitte Bardot et à Serge Gainsbourg. Avec la particularité, qu’il ne vit pas de la musique, mais pour la musique, il met ainsi à disposition de ses compatriotes chacune des ses créations. Depuis, il nous régale donc de ses morceaux aux articulations complexes, mais qui sonnent toujours justes. Artiste prolifique, bien trop  souvent assimilé à une version gratuite de Wax Tailor, le compositeur a su se démarquer en trouvant sa patte, digne des plus grands comme RJD2 ou Blockhead.

Degiheugi, artiste talentueux

Son style unique entre Hip-Hop, Trip-Hop et Jazz font de lui, un personnage à part dans le paysage musical français. Déjà cinq albums à son actif, et toujours la même communauté enthousiaste qui le suie à chaque nouveau projet (dont je fais partie, il faut bien l’avouer). À ce titre, il a bouclé sa collecte sur KissKissBangBang pour financer son album en à peine 48h, signe de cet engouement qui entoure ce personnage aussi mystérieux que talentueux. Pour vous en convaincre, il vous suffit d’écouter, « le temps est bon » et « Keeping Memory Alive », deux titres absolument somptueux, qui trouvent une place de choix dans « les indispensables » de notre Ipod.

Ce mix permet aussi de nous faire patienter jusqu’au 5 mai prochain, date de sortie du prochain album de Degiheugi, qui s’intitulera « Endless Smile » et qui risque de raisonner fort dans nos enceintes (et des vôtres). Affaire à suivre !

 

 

Devenez assistant du PDG d’Adecco France pendant un mois

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On le sait, il est parfois difficile pour un jeune de trouver un emploi ou un stage sans expérience (le petit Marcel en a fait les frais récemment). Pour lutter contre cette spirale infernale, la première société d’intérim française propose le meilleur CDD du monde: devenir assistant du PDG d’Adecco pendant un mois.

Devenez assistant d’Alain Dehaze pendant un mois

Une belle initiative qui permettra à un(e) jeune hurluberlu(e) de partager la vie d’Alain Dehaze, le président du Groupe Adecco France,pendant un mois, du 21 juin au 22 juillet 2015, avec une rémunération de 7 000 euros.

Bien loin de la galère des jobs d’étés alimentaires, vous aurez la chance de partager la vie d’un décisionnaire d’entreprise (et de financer un tour du monde ou une année d’étude).

Si l’on sent bien le gros coup de communication d’Adecco, on peut aussi saluer cette initiative, qui vise à mettre en lumière le talent de la jeunesse française.

Alors, si vous avez l’âme d’un entrepreneur, et que vous souhaitez vivre le meilleur stage de votre vie, armez-vous d’originalité et postulez dès à présent en suivant le lien: ICI.   

Les disques du mois de février (et plus si affinité)

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Le mois de février touche déjà à sa fin, un mois où l’on a eu l’occasion d’écouter beaucoup de musique blotti au fond de notre canapé avec un verre de scotch et Dostoïevski en guise de compagnie, pour lutter contre la froideur hivernale.

Un mois qui fut riche en actualité musicale, avec notamment le retour de Björk sur le devant de la scène et la surprenante reformation du mythique groupe Blur (avec un album annoncé pour le 27 avril prochain). Ce mois de février fut aussi celui de Roxy Music, puisque les deux fondateurs du groupe y sont allés de leurs albums.

D’un côté Brian Eno a sorti de ces cartons, des petits bijoux instrumentaux du début des années 90.  De l’autre Bryan Ferry, qui, revitalisé comme un enfant, depuis sa collaboration avec Todd Terje, a livré un autoportrait sonore, composé de ses meilleurs morceaux de sa carrière. Avec cet énième album,  Bryan Ferry montre qu’il est un des grands fauves du rock, un chanteur, musicien et performeur hors pair, sûrement l’un des plus grands, avec Bowie.

Les disques du mois de février, Rone et Panda Bear

Mais ce mois de février fut surtout celui de Rone et de Panda Bear, deux musiciens atypiques, dont leur différence n’a d’égale que leur talent.

Le voyage lunaire de Rone

C’était le dimanche 12 mai 2013,  le festival des Nuits Sonores livrait sa dernière bataille dans la pénombre des usines Brossettes. Le dernier artiste de la soirée, s’appelait Rone et il venait défendre son deuxième album Tohu Bohu, sorti quelques mois plus tôt. Devant les quelques 45 000 personnes réunies ce soir là, il livra une prestation incroyable, retournant son auditoire, dans une cohue presque surréaliste, au son de Bye Bye Macadam.

Ce soir-là, Lyon avait eu la confirmation que Rone était bien plus qu’un DJ, c’était un artiste singulier à l’imagination débordante.

Depuis ce fameux concert, de l’eau a coulé sous les ponts,  Rone a acquis le statut de « prodige de l’électronique français », et s’est fait beaucoup de nouveaux amis.

Etienne Daho notamment, qui lui a demandé de remixer «En surface», morceau de son dernier album, The National qu’il a épaulé sur l’album Trouble Will Find Me ou Jean-Michel Jarre, qui a choisi deux des titres du jeune homme pour une compilation.

C’est donc avec un engouement certain qu’est sorti « Creatures », le troisième album de Rone.

Ces créatures, ce sont ses petits démons intérieurs, bons ou mauvais, celles également d’un brillant casting d’intervenants extérieurs : Etienne Daho (encore lui), François Marry (Frànçois And The Atlas Mountains), Gaspar Claus, Bachar Mar-Khalifé, Bryce Dessner de The National ou le trompettiste Toshinori Kondo ont notamment participé à la naissance de ces morceaux en forme de golems sonores. Parce que Rone a ouvert son disque aux quatre vents et à toutes les latitudes, parce qu’il semble avoir réussi, techniquement comme mentalement, à lâcher sans réserve la bride de sa riche imagination, Creatures fourmille d’une vie étonnante.

Rone est de nouveau à l’affiche des Nuits Sonores, et on l’on suppose que comme un passeur , il clôturera le festival avec « Sing Song« , morceau lunaire, qui fait écho à « Bye Bye Macadam ».

L’histoire n’est donc pas près de s’arrêter…

On vous invite d’ailleurs à soutenir l’artiste en vous procurant l’album Creatures en cliquant ICI.

Panda Bear au sommet des cimes.

Jusque là, Noah Lennox, alias Panda Bear, était plus connue pour sa collaboration, avec les Daft Punk,  sur le titre Doin’it right, que pour ses projets solos.

Mais ça, c’était avant son dernier album «  Panda Bear Meets The Grim Reaper ». Un album aussi surprenant qu’éclectique, où Noah, raconte sa peur de la mort au travers d’un voyage auditif.

Je sais dit comme ça, c’est surprenant, mais après plusieurs écoutes, ce disque (chaudement recommandé par mon frère) c’est révélé être une pure merveille de créativité.

Plus austère et plus solennel que Personn Pitch et Tomboy, sorti respectivement en 2007 et 2011, « Panda Bear  meet the Grimp Reap » est un des très grands disques de ce début d’année.

Il vous suffira d’écouter « Boys Latin » ou « Mr Noha » pour vous en convaincre.

Dans la boite à musique d’Hurluberlu

Pour conclure, ce week-end musical, après le mix de Make The Girl Dance, on vous laisse avec notre playlist électronique de février. Une sélection purement subjective, de ce qui a tourné sur notre Souncloud le mois dernier, avec entre autres, un énorme remix de Nicolas Jaar, une belle reprise d’ELEPHANZ,  une nouvelle production de Mozambo, une bonne tranche d’amour distillée par le Prieur de la Marne et le retour sur le devant de la scène, du cultissime Degiheugi (dont on sera amené à vous reparler très bientôt).

Photographie – Dans l’intimité de Brodinski

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Qu’est ce que ça fait d’avoir 27 ans, d’être considéré comme l’un des plus grands producteurs de musique électronique du monde, et d’avoir déjà à son actif, trois ou quatre tours du monde dans les poches ?

Si, comme moi, vous n’avez pas la réponse, il faut demander à Brodinski.

L’ancien résident du Social Club à Paris a réussi en quelques années, à devenir incontournable dans le milieu ; grâce à son talent et à sa sympathie.

Son talent d’abord, car en créant le label Bromance en 2011 avec Gesaffelstein, Club Cheval, Louisahhh! et Panteros666, il a réussi à créer un collectif d’artistes talentueux, qui lui permet de ne jamais être à cours d’inspiration.

Cette émulsion, lui a donné un crédit artistique sans précédent, qui lui a permis de  coproduire les morceaux Black Skinhead (avec Daft Punk) et Send it up sur l’album Yeezus de Kanye West (une sacrée carte de visite).

De la sympathie ensuite, car dans le petit monde des DJ’s, il apparaît comme un personnage extraverti et très ouvert avec son public. Il a donc été, très vite, adopté par la communauté  French Touch notamment grâce à son pote Mehdi.

La troisième clé du succès, doit s’en doute, être la bonne dose d’énergie qu’il passe debout à mixer plusieurs soirs par semaine, dans différents clubs du monde entier.

Ainsi le magazine Snatch a publié une partie de la collection perso des photos de Brodi, que l’on s’est permis de chapardé (c’est les lois d’Internet).

Bref, avec ces quelques photos, vous aurez un petit aperçu de la vie « rêvé » de Brodinski, composée de potes, de fête et de rigolade, à la cool quoi !

Brodinski  L’album

Pour ceux qui sont fans de la première heure de Brodinski, on vous rappelle que son album, Brava, sortira le 2 mars prochain, et que ça sent très bon le gros rap d’Atlanta.

 

(Crédit photo : Brodinski)

Entrepreneuriat – l’aventure de BlaBlaCar

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Si Internet est « La Révolution » des années 2000, « l’économie collaborative » sera sans aucun doute « La Révolution » des prochaines décennies.

L’importance de l’économie collaborative, la société française BlaBlaCar l’a bien comprise puisqu’elle est leader mondial sur le marché du covoiturage avec plus de 10 millions de membres répartis dans plus de 14 pays. Avec une croissance de 200% par an, BlaBlaCar est un véritable modèle de réussite qui montre que l’Hexagone est encore une bonne pépinière pour les entrepreneurs innovants.

En l’occurrence, de l’innovation, Frédéric Mazzella, Président fondateur de BlaBlaCar n’en manque pas. Son cursus suivi à l’Ecole Normale Supérieure a été complété par un diplôme de Stanford, une formation complémentaire à l’INSEAD et il a fait ses classes à la NASA.

En qualité de patron d’une société qui est en passe d’être valorisée à plus d’un milliard de dollars, il est aussi, très occupé. Cela n’a pas altéré notre envie de connaître les dessous d’une des plus belles sociétés françaises de cette décennie. C’est la raison pour laquelle après quelques échanges de mails, nous nous sommes rendus dans les locaux de BlaBlaCar situés dans le 9e arrondissement de Paris afin de rencontrer Laure Wagner, membre  fondatrice de l’équipe BlaBlaCar, qui a gentiment accepté de se livrer aux lecteurs d’Hurluberlu.

L’interview BlaBlaCar avec Laura Wagner

Laure Wagner

Hurluberlu : Comment est née l’idée BlaBlaCar ?

Frédéric Mazzella, le fondateur, a eu l’idée de lancer un site de covoiturage en décembre 2004. Il voulait rentrer chez ses parents pour Noël en Vendée mais il n’avait pas pris ses billets de train à l’avance. Il s’est alors aperçu qu’il était impossible de prendre un train à la dernière minute sans devoir payer des sommes astronomiques. Il a compris que le covoiturage pouvait devenir une autre alternative sur le marché pour voyager à la dernière minute sans se ruiner et qu’il y avait une opportunité à créer un site Internet dédié au covoiturage. Pour la petite histoire, à la suite de ce constat, il n’a pas dormi pendant 70h, pour essayer de réfléchir comment il pourrait organiser son site Internet.

Finalement, c’est en 2005 qu’il a vraiment commencé à coder le site Comuto.com, car le domaine Covoiturage.fr n’était pas disponible. Finalement, en 2006, il est arrivé à récupérer le nom de domaine et il s’est lancé dans le projet, de ce qui deviendra BlablaCar.

Hurluberlu: L’avantage d’être ingénieur de formation, c’est que techniquement, Frédéric Mazzella avait les moyens de lancer un site Internet comme BlaBlaCar ?

Exactement, c’est lui qui a bâti la première version du site qui était, pour l’époque, déjà assez fonctionnelle et novatrice, puisqu’il y avait déjà un système de géolocalisation lié à une cartographie Google et à un moteur de recherche. Ce qui se différenciait vraiment du concurrent de l’époque, qui était «Allo Stop», un système d’annonces non digitalisées, qui nécessitait d’appeler chaque particulier un par un pour savoir si des places étaient disponibles.

Hurluberlu: BlaBlaCar est l’une des premières sociétés (avec AirBnB) à s’être engagée sur le marché de l’économie collaborative, comment ont réagi les utilisateurs français au début ?

C’est bien de dire utilisateur et non pas consommateur, car l’économie collaborative repose sur un dualisme des cibles, puisqu’il faut aller chercher l’offre en même temps que la demande. Ce qui est très différent de l’économie « classique » où les entreprises vont simplement proposer une offre adaptée aux besoins des consommateurs.

Ce qui a été très difficile au départ était donc d’arriver à constituer une base d’utilisateurs suffisamment importante pour que l’offre proposée la soit aussi. L’économie collaborative repose sur un dualisme des cibles, puisqu’il faut aller chercher l’offre en même temps que la demande.

Frédéric a donc connu une grande « traversée du désert » de 2005 à 2009. En effet, c’était vraiment frustrant de voir que des gens cherchaient des trajets Nantes/Marseille pour tel jour et que, finalement, ce jour là, n’était proposé qu’un Guingamp/ Caen. Je grossis volontairement le trait, mais c’est ce à quoi l’on a été confronté.

En plus de ça, c’était le début des réseaux sociaux et de la technologie mobile, donc les gens étaient bien moins connectés que maintenant, ce qui rendait les choses assez compliquées.

Puis les gens sont peu à peu devenus plus réceptifs à notre projet en raison des gains économiques qu’ils pouvaient réaliser. Il faut savoir que la première motivation des utilisateurs était pécuniaire au début, mais désormais il y a les côtés affectifs et partage qui jouent aussi beaucoup.

Hurluberlu: Pourquoi les choses se sont-elles améliorées en 2009 ?

Au début, pour Frédéric, le site était une passion avant d’être une source de revenus. C’est-à-dire qu’il a continué à travailler en tant qu’ingénieur salarié tout en s’occupant du site. Mais en 2008, il a pris le risque de quitter son travail d’ingénieur pour faire INSEAD (NDLR : Une très grande école de management située à Fontainebleau), et il a pris un an pour réfléchir sur le modèle économique que pourrait avoir le site. Au terme de cette année, il a gagné le concours Business Venture de l’INSEAD, signe que son projet était déjà viable.

Cette année-là, il a aussi rencontré Francis Nappé, son associé actuel, (qui travaillait chez Meetic à l’époque). C’est lui qui lui a fait la première version mobile du site sur le WAP, ce qui a «bluffé» Frédéric et qui l’a décidé à l’association.

En sortant de l’école en janvier 2009, le site « Covoiturage.fr » comptait environ 100 000 membres, il fallait donc recruter quelqu’un pour s’occuper de la communication.

C’est la raison pour laquelle j’ai été embauchée pour développer et faire connaître le site « Covoiturage.fr ». En fait, je connaissais Frédéric depuis 2006, puisque je travaillais auparavant dans une agence de communication pour le compte du ministère de l’Écologie et je l’avais contacté dans le cadre d’une campagne sur les nouveaux moyens de transport « éco-responsables ».

À partir de janvier 2009, Frédéric a commencé à travailler à plein temps sur le projet qu’il avait passé un an à mûrir, avec Frédéric Nappé son associé et moi en qualité de « first employée ». C’est donc à ce moment-là que les choses ont vraiment décollé.

Hurluberlu: Donc 100 000 utilisateurs en 2009 et plus de 10 000 000 d’utilisateurs aujourd’hui, ça fait beaucoup d’utilisateurs gagnés en cinq années, quel est le secret ?

Franchement, ça a été super lent – la blague, c’est qu’en 2009, je n’avais que 500 euros de budget pour gérer la communication et qu’il fallait faire comme on pouvait avec ce que l’on avait.

Mais, notre chance, ça a été d’avoir eu de très bons « bouche-à-oreille », puisque le site étant bien fait, les gens en parlaient autour d’eux alors même qu’ils ne trouvaient pas forcément leurs trajets. On a alors eu l’idée de mettre un système d’alerte sur les trajets, c’est-à-dire qu’on a incité les gens qui ne trouvaient pas à revenir dès lors que le trajet qui les intéressait se créait.

Concernant les conducteurs, on essayait de leur faire publier plusieurs trajets, afin de fournir une offre toujours plus importante. Par exemple, on demandait à quelqu’un qui publiait une annonce pour un trajet, si ce trajet était hebdomadaire. Alors, au lieu de proposer une annonce, la personne en proposait une centaine.

La grande difficulté d’un site comme BlaBlaCar, par rapport à AirBnB par exemple, c’est que nos offres ont une durée de vie très courte. Ainsi, quelqu’un qui va poster une annonce de location d’appartement va voir son annonce durer dans le temps, alors que quelqu’un qui poste l’annonce d’un trajet Lyon/ Marseille à 16h 00, à 16h 01 l’annonce expire. Donc, il fallait absolument profiter de la venue d’un nouveau membre sur le site pour en tirer le plus d’informations.

Hurluberlu : C’est avec ce genre de recette que vous avez réussi une levée de fonds record de 100 millions de dollars auprès  Index Ventures en juillet dernier ?

En fait, une fois que l’on a eu fidélisé les utilisateurs, il a fallu trouver un modèle économique. C’est la raison pour laquelle on a fait une première levée de fonds de 1,5 million de dollars en 2011. C’est à cette époque-là que l’on a mis en place la commission de 10% sur les transactions, en mettant parallèlement en place la notation des voyageurs afin de renforcer l’esprit communautaire du site.

Ensuite on a fait une deuxième levée de 8 millions afin de se lancer à l’international, c’est avec ça qu’on a pu conquérir les marchés espagnol, portugais, italien, anglais, allemand, polonais, ukrainien ou russe.

Enfin, la levée de fonds de cet été, c’est pour s’étendre sur tous les pays du monde et notamment en Asie et en Amérique du Sud. On est déjà leader sur le marché en termes de nombre d’utilisateurs, mais ce que l’on ne veut pas, c’est que des sociétés prennent notre modèle économique pour s’implanter dans une région et deviennent si grosses, qu’il nous sera impossible de les détrôner. On est dans une logique de porte-drapeau, on envoie des équipes aux quatre coins du monde afin d’implanter la société.

Hurluberlu: Et la rentabilité dans tout ça, j’ai lu que la société BlaBlaCar n’est pas encore rentable, est-ce vrai ?

À l’heure actuelle, on est déjà rentable dans deux pays, la France et l’Espagne, où l’on a instauré un système de commission. Pour tous les autres pays, on met en relation les utilisateurs entre eux, mais on ne prend rien sur les transactions, car le marché n’est pas assez mature. Donc, c’est vrai, que pour l’instant, BlaBlaCar, n’est pas encore rentable.

 Il faut bien se dire que pour l’instant, BlaBlaCar n’est pas du tout rentable.

On a le modèle économique, désormais il faut attendre que le covoiturage rentre dans les mœurs pour pouvoir prendre une commission. 

Hurluberlu: BlaBlaCar est une très belle réussite française, à une époque, où il est tendance de dire et de penser qu’il est impossible d’entreprendre dans notre pays, quelle est votre opinion sur les opportunités économiques françaises ?

C’est une question qui est récurrente c’est vrai, puisqu’on a tendance à se morfondre sur notre condition. Mais par rapport à BlaBlaCar, la France nous a beaucoup apporté. D’abord parce qu’il y de très bons ingénieurs et lorsqu’on voit le défi technique du site, c’est très important d’être entouré de personnes très compétentes.

 La France nous a beaucoup apporté.

Le second point c’est que je pense que la France est un pays qui a le mieux compris les enjeux de l’économie collaborative; par exemple le site OuiShare est français, le premier espace de coworking est né en France (NLDR : La Mutinerie à Paris) et KissKissBangBang est l’un des tous premiers sites de crowfounding à avoir vu le jour dans le monde.

Ensuite, le nerf de la guerre reste la motivation, en France ou ailleurs.

Hurluberlu: Quels sont les projets de BlablaCar pour l’année à venir ?

Le but c’est de continuer l’expansion internationale, en s’implantant dans tous les pays du monde. On doit réussir l’ouverture en Inde à la fin du mois de février, puis suivra l’Amérique du Sud. En revanche, on ne voit pas le marché américain comme une priorité, car le prix de l’essence étant très bas, il n’y a pas de réel besoin de faire du covoiturage. En plus, les villes sont tellement lointaines, que les américains font la plupart de leurs longs trajets en avion.

Hurluberlu: Une dernière question, tout le monde croit que BlaBlaCar appartient à la SNCF, vous pensez que c’est un complot des chemins de fer pour vous nuire ?

 (Rire) – ça se pourrait oui, car on leur prend des nouvelles parts de marché à chaque nouvelle grève. Mais je pense que les gens confondent avec ID Vroum, le site de co-voiturage de la SNCF, c’est une belle légende urbaine en tout cas !

Crédits photos : © BlaBlaCar

Entrepreneuriat – L’aventure de SnapEvent

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On rêve tous d’organiser un événement inoubliable, dans un lieu original, façon fête magistrale à la  Fitzgerald. Malheureusement, passé l’enthousiasme du début, l’organisation d’un évènement s’avère, souvent, très compliquée.

Entre le choix du lieu, du traiteur, du DJ, le nettoyage et les cautions à poser ; les budgets enflent et les prestations sont souvent décevantes.

Toutes ces raisons ont poussé deux Parisiens à lancer en juillet dernier, SnapEvent.

SnapEvent est une plateforme qui permet de réserver des lieux qui ne sont pas habituellement dédiés à l’évènementiel (lofts, appartements, ateliers d’artistes, etc.), ainsi que des traiteurs et des prestataires de services. Ces lieux et prestations sont référencés en ligne gratuitement puis SnapEvent prélève une commission sur chaque réservation.

Avec plus de 200 lieux référencés dans tout Paris, plus de 350 options possibles, et un chiffre d’affaires mensuel de 150 000 euros, SnapEvent, est une start-up qui fascine. Si bien qu’elle a rejoint l’incubateur le plus efficace de la capitale : 50Partners, ce qui lui a permis de réaliser une levée de fonds de 300 000 euros en octobre dernier.

Face à ce succès, on a eu envie d’en savoir un peu plus sur cette entreprise qui est en train de révolutionner le petit monde de l’évènementiel.

Rencontre avec Maud Arditti, la cofondatrice dynamique et entrepreneure en « série ».

Hulubberlu : J’ai lu que vous avez monté SnapEvent avec Olivier Levy, quelle est votre formation ?

Maud Arditi : Je suis associée sur ce projet avec Olivier, ingénieur de formation qui est passé par Polytechnique  suivi d’un Master spécialité entrepreneuriat à HEC Paris. Quant à moi, j’ai fait l’école hôtelière de Lausanne, puis un Master spécialisé dans l’entrepreneuriat à HEC Paris aussi. Très vite, nous sommes partis du constat qu’il y avait quelque chose à faire dans l’évènementiel. On a donc commencé à réfléchir à une idée de plateforme, puis on a été incubé à HEC Paris.

Hulubberlu : Justement, il y a beaucoup d’incubateurs en France, et notamment à Paris (ndlr : Xavier Niels prévoit le lancement du plus gros incubateur du monde spécialisé dans le numérique : 1000 start-ups).

Comment vous avez fait pour vous y retrouver au milieu de cette offre pléthorique ?

C’est vrai qu’on a la chance d’avoir, en France de plus en plus de structures d’incubation lorsqu’on décide d’entreprendre, et c’est un énorme avantage. Mais, 50’s Parteners, est vraiment un incubateur différent par rapport aux autres ; il y a un vrai accompagnement, puisque les 50 entrepreneurs, partenaires de l’incubateur, font plus que  donner des conseils : ils prennent part directement à la vie de l’entreprise en investissant au capital de chaque start-up, ce qui renforce l’esprit de cohésion. Il y aussi une multitude de professionnels vraiment très compétents, pour nous aider dans nos démarches.

Hulubberlu : Avant de lancer SnapEvent, vous vous étiez déjà « essayée » à l’entrepreneuriat ?

Il y a quatre ans, j’ai créé Chef Date, qui était un service où chaque mois, on livrait une box avec ses ingrédients pour réaliser une recette française.

J’ai aussi créé cookNmeet, qui est une plateforme qui met en relation les personnes souhaitant se retrouver, se rencontrer et partager autour d’une table, quelque soit la maison ou le pays. C’était déjà avec Olivier, et cela nous a permis d’avoir une première expérience entrepreneuriale avant de nous lancer dans la grande aventure SnapEvent.

Hulubberlu : Comment vous est venue l’idée de digitaliser le marché de l’évènementiel ?

Nous sommes partis du constat, qu’à Paris, c’était la véritable « galère » pour organiser un événement. Par exemple, lorsqu’un particulier souhaitait organiser son anniversaire, c’était, ou trop cher, ou les lieux (qu’il pouvait se payer) n’étaient pas de bonne qualité. On a donc fait un long travail de recherche pour trouver des particuliers propriétaires de lieus sympas, puis nous les avons convaincus de travailler avec nous.

L’autre gros avantage, c’est qu’on propose un service ultra personnalisable ; que vous vouliez organiser un barbecue sur un « Roof Top » animé par des musiciens espagnols pour une après-midi, ou un enterrement de vie de garçon avec des jongleurs dans un cirque, nous savons le faire..

Hulubberlu : En à peine quelques mois, vous avez des chiffres vraiment très enviables : presque une réservation d’événement par jour et lorsque chaque client dépense en moyenne 2500 euros pour l’organisation de son événement, les rentrées d’argents vont assez vite. Comment expliquez-vous ce succès presque instantané ?

C’est vrai qu’on se développe très vite, on est donc content. Simplement, on est arrivé sur  le marché au bon moment. Il y avait déjà eu des multitudes de tests mais jamais de site qui avait réussi à condenser la location de lieux en y associant des options de traiteurs et en prenant en charge l’organisation le jour J. Il y avait quelques sites agendas comme ABC salles, qui fonctionnaient en référençant tous les lieux où l’on pouvait organiser un évènement, mais en l’occurrence, ils se concentrent uniquement sur les lieux « professionnels », alors que nous, nous mettons à disposition des lieux de particuliers, donc forcément, notre offre plus importante et c’est ce que les gens aiment.

Quelques lieux insolites disponibles sur SnapEvent

Hulubberlu : Si vous deviez donner 3 qualités qui font d’une personne un bon entrepreneur ?

Courageux, dynamique et énergique.

Hulubberlu : C’est devenu une question classique dans nos différentes interviews ; croyez-vous que la France est une terre d’accueil pour entreprendre ?

Bien évidemment je pense qu’il est possible d’entreprendre en France, sinon on n’aurait pas lancé SnapEvent à Paris. En plus, il y a de très bons modèles d’accompagnement en France. Surtout, moi qui suis Française, j’avais envie de créer quelque chose en France.

Puis, ce n’est pas si facile d’entreprendre à l’étranger, par exemple, il y a quelques années, j’ai lancé  Chef Date à New York, et même si les USA peuvent sembler être une terre d’accueil, Si on n’y connaît personne, ça ne l’est vraiment pas, surtout lorsque l’on n’est pas natif.

 Hulubberlu : Quels sont vos projets pour 2015 ?

On compte s’étendre aux capitales européennes, et notamment dans un futur très proche à Londres.

Le « Lost in Translation » de Ben Thomas

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Ben Thomas est un photographe australien qui s’intéresse à la miniature. Avec un objectif à bascule et décentrement –ce que l’on appelle le tilt-shift– qui permet de donner l’illusion de la miniature d’un paysage en taille réelle, il réinvente la perception que nous avons de ce qui nous entoure. Il a notamment publié en 2014 Tiny Tokyo: The Big City Made Mini (Mini Tokyo: la grande ville rendue petite).

Tour d’horizon, des meilleurs photographies de Ben Thomas

 

le quartier de Shibuya 109 Crossing

Stores of Takadanobaba, Shinjuku –

 

Tugboats, Ochanomizu

 

Intersection at night, Oshiage

 

Wet footpath, Chiyoda –

 

Modes of transport at Tsukiji Market, Chuo,

Commercial dock, Koto,

 

A back street bar, Shinjuku,

 

Entrepreneuriat – L’aventure « Avions de Chasse »

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Stendhal disait que « les femmes extrêmement belles étonnaient moins le second jour », c’est la raison pour laquelle,  la startup Lyonnaise, « Avions de Chasse » a décidé de publier chaque jour,  sept photos de  jolies filles, pour maintenir la gent masculine dans l’étonnement permanent.

En à peine un an d’existence, « Avions de Chasse » a surtout réussi le tour de force de collecter  plus de 173 000 fans sur Facebook (l’équivalent de la ville de Saint-Étienne), et cela malgré le terrible algorithme mis en place par la société de Marc Zuckerberg.  En effet, avec le grand nombre d’utilisateurs et de pages Facebook, il est impossible d’afficher dans le fil d’actualité d’un utilisateur l’intégralité des contenus postés par ses amis et les pages qu’il suit. Facebook doit donc trier. Il le fait grâce à un algorithme extrêmement opaque et complexe qui ne laisse apparaître que les contenus qui sont le plus susceptibles d’être « aimés », « commentés » et « partagés ». C’est à cause de ce maudit algorithme , que vous passez à côté de certains merveilleux articles proposés par la rédaction. Malgré cela, « Avions de Chasse » a su tirer son épingle du jeu, et se développe sur internet à une vitesse fulgurante.

La startup lyonnaise a fini de nous convaincre, lorsque après un partenariat organisé, puis annulé avec Uber, leur site  était en première page  de CNN.

Si « Avions de Chasse » s’est fait une spécialité de l’amour digital, en proposant des jolies filles quotidiennement, le concept a vocation à s’étendre sous d’autres formats, notamment des vidéos et des soirées organisés dans de prestigieux clubs français. Les  « Avions de Chasse » sont sur le tarmac et prêts aux décollages.  On a donc décidé de s’entretenir  avec  leur cofondateur,  Pierre pour discuter, entrepreneuriat digital et  business modèle sur Internet.


Hulubberlu : Comment, devient-on en quelques mois à peine, le « chef de meute »,  de plus de 170 000 personnes sur Facebook?

En fait, j’ai commencé à travailler dans le digital, à partir du 3e cycle que j’ai effectué à l’EM Lyon. Ensuite, je me suis fait incuber à la pépinière d’Écully de l’EM Lyon, j’y suis resté pendant un an avant de voler de mes  propres ailes, mais l’expérience s’est soldé par échec. J’ai heureusement rebondi en  travaillant à Paris pour Mobile Network Group, la régie publicitaire de Shazam, des Inrocks, de Marie-Claire, exclusivement des marques extrêmement premiums dans le digital.  Puis, j’ai été débauché par une autre entreprise qui fait de la technologie de publicité digitale géolocalisée.

Pour la petite histoire, « Avions de chasse » est né avec un de mes potes de Lyon, Gaspard fondateur d’ une agence  de conseils en  communication. On avait créé, une fan page au départ pour rigoler, et elle a tellement bien pris, qu’on en a fait un site Internet.

Avion de chasse: terme familier pour désigner une jolie fille comme Yana Bella

C’est vrai qu’à un moment, la page Facebook prenait jusqu’à 5 000 fans par jour. On a donc eu une croissance assez rapide, d’ailleurs passés les 100 000 fans, Facebook nous a bridés, c’est-à-dire que nos publications avaient moins de portée, on a donc ralenti un peu la croissance, mais on avait pris presque 80 000 fans en 5 mois, donc on s’est dit qu’on pouvait essayer de faire quelque chose.

Hulubberlu : « Avions de Chasse », est  donc plus un délire de potes qu’une vraie volonté de faire un site Internet?

Oui c’est exactement ça ; mais c’est un « délire » sur lequel on s’investit beaucoup, en terme de temps et d’argent.  Puisqu’on a pour ambition d’être plus qu’une plateforme où l’on peut voir des  jolies demoiselles. C’est un projet à long terme qui consiste à créer un club pour les jolies filles en partenariat avec des boîtes de nuit.

Car, en plus de passer des bonnes soirées, les filles cumuleraient des points pour des cadeaux ; ça peut aller d’un bijou, à un voyage à New-York, donc, elles seraient récompensées pour leur fidélité à « Avions de chasse »,et pour le plus grand plaisir de la gent masculine…

https://www.youtube.com/watch?v=8w_0IKjLgAA

Hulubberlu : Tu aurais des conseils à donner à nos lecteurs, sur la façon de développer une page sur Facebook ?

Aujourd’hui, si tu veux développer une page Facebook, il faut mettre en place une stratégie de management digitale. C’est à dire, qu’en fonction de ce que tu proposes, il faut adapter tes publications.

Par exemple, sur  la page Facebook « Avions de chasse », on s’est rendu compte qu’il fallait publier moins que sur le site, pour optimiser la visibilité de nos posts.

Mais il n’y a pas de recette miracle, il faut faire des tests pour savoir comment publier, pour toucher le plus de monde possible…

Hulubberlu : On dit souvent que le digital, est très rentable, car un site Internet, n’est pas un « gros » investissement, par contre la rentabilité peut-être maximale, es-tu d’accord avec cette idée ?

C’est vrai qu’aujourd’hui, on peut créer un site Internet avec un petit budget, mais après,  s’il on veut le développer, il faut mettre en place des opérations de communications;  il faut faire appelle à des graphistes, à des agents de maintenances et, cumulés, toutes ces choses font que le site, va finalement,  revenir assez cher. Quand à la rentabilité, tout dépend du trafic qu’on arrive à générer.  C’est vrai que si l’on a beaucoup de visiteurs uniques, on peut signer avec une grosse régie publicitaire, et on  pourra avoir un bon complément de revenu, mais c’est très rare de pouvoir en vivre, à moins d’avoir une énorme fréquentation.

« Je pense que l’entrepreneuriat c’est un choix de luxe »


Hulubberlu : Plus généralement, que penses-tu de l’entrepreneuriat en France ?

Je pense que l’entrepreneuriat « c’est un choix de luxe ». C’est-à-dire, que, sans faire des généralités, pour entreprendre, il faut avoir la chance d’avoir des gens autour de toi, qui te soutiennent financièrement. Parce que, si, lorsque tu montes ton entreprise, tu n’as pas les moyens de payer ton loyer, ton projet va vite « tomber à l’eau ».

Concernant le vivier français des entrepreneurs, j’ai constaté avec ma petite expérience, que dès que tu créé une entreprise, tu es tout de suite taxé, alors même que tu n’as pas fait un euro de chiffre, et ça, c’est un peu pénible.

Paradoxalement, il y a aussi beaucoup  d’aides financières, comme Oséo qui peut t’aider à la création et d’autres choses, comme le « crédit impôt recherche »,  mais malheureusement, c’est souvent les grosses entreprises qui en bénéficient et jamais les jeunes startup, le monde est mal fait… .

Donc, c’est vrai que je connais beaucoup de potes qui ont créé des startups dans le digital et ils sont tous dans une logique de partir de France pour optimiser leur plan fiscal.

Mais cette question, de partir de France, c’est utile lorsque tu commences à gagner beaucoup d’argent. Donc je pense qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

Hulubberlu : Dernière petite question : est-ce que le fait d’avoir « avion de chasse » t’aide avec les filles ?

J’ai une copine depuis un petit moment, c’est, sans aucun doute, la plus belle des « avions de chasse. »

Affaire « Willy Sagnol », il ne faut jamais mélanger football et politique

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Dimanche 6 juillet 2006,  stade olympique de Berlin, l’équipe de France de football affronte sa meilleure ennemie, l’Italie. On joue la 103e minute, Willy Sagnol, arrière latéral de son état, réussi un centre parfait pour Zidane qui, seul au premier poteau, ajuste une tête sous la barre transversale, mais le grand Gianluigi Buffon réussit la parade parfaite, sauvant son équipe du K.O.

La suite, le monde entier la connaît: le meilleur joueur de la planète, peut-être de la décennie, perd le contrôle de son match, « pète un gros coup de boule » dans le thorax de Materazzi et la France s’incline finalement «aux tirs au but». Le football est une tragédie dont l’histoire ne retient généralement que les gagnants. Si Zidane avait marqué sur le centre de Sagnol, l’équipe de France aurait glané sa deuxième étoile sur le maillot et la République aurait fait des vingt-trois acteurs des idoles nationales au même titre que la joyeuse bande d’Aimé Jacquet en 98. Mais la France a perdu et Willy Sagnol n’a pas été auréolé de la gloire qu’il aurait mérité.

Willy Sagnol, ancien capitaine de Bayern Munich

Huit ans plus  tard, Willy Sagnol est devenu entraineur des Girondins de Bordeaux. Dans un entretien accordé pour Sud Ouest, le lundi 3 novembre, il se penche sur les qualités techniques et physiques des joueurs d’origine africaine. Il prononce ces quelques lignes qui vont lui valoir une lapidation médiatique en place publique : « L’avantage du joueur typique africain, c’est qu’il n’est pas cher quand on le prend, c’est un joueur prêt au combat généralement, qu’on peut qualifier de puissant sur un terrain. Mais le foot, ce n’est pas que ça. Le foot, c’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la discipline. »

Une semaine après les propos d’un technicien du football, qu’une horde de journalistes enragés et haineux a pris pour une incitation au racisme, Willy Sagnol s’effondre en larme après le deuxième but de son joueur d’origine africaine.

La presse jubile, le matraquage médiatique est réussi. L’homme craque, il pleure. Mieux que des excuses, ils l’auront mis à genou.

De cette histoire qui montre, pour ceux qui en doutaient, que la machine médiatique peut détruire n’importe qui, n’importe quand. Il faut surtout retenir l’arrogance d’un certain nombre de journalistes et de personnalités publiques qui oublient qu’avant d’être un sport, le football est un combat dont les joueurs sont les gladiateurs. Ce qui justifie d’ailleurs les sommes colossales qui sont nécessaires pour les entretenir.

Le football « est un monde dans le Monde » qui a ses codes et ses usages et qui ne sont généralement pas compatibles avec la politique.

Pas de racisme dans le football, mais parfois des mots déplacés.

Thierry Roland,  Jacques Chirac et Jean Michel Larqué

Le 22 juin  1986, quart de finale de coupe du Monde entre l’Argentine et l’Angleterre au stade Azteca de Mexico, Diego Armando Maradona marque de la main le premier but de la rencontre. L’arbitre tunisien, Monsieur Ali Bennarceur, l’accorde, la « main de Dieu » est née. Au même moment, Thierry Roland commente le match en tribune, pour la première chaine française et interroge Jean Michel Larqué: « Honnêtement Jean Michel, ne croyez-vous pas qu’il y a autre chose qu’un arbitre tunisien pour arbitrer un match de cette importance ? ». Quelques semaines après cette réflexion, il tentera de se rattraper en expliquant ne pas être raciste car il employait une femme de ménage d’origine tunisienne.

Quelques années après cette passe d’armes, en juin 2002, la France dispute un match amical face à la Corée du Sud, organisateur de la Coupe du monde qui doit démarrer quelques jours plus tard. Thierry Roland se lâche de nouveau sur les antennes de TF1 et de ce pauvre Jean Michel Larqué qui n’en demandait pas temps ;  «Il n’y a rien qui ressemble plus à un Coréen qu’un autre Coréen, surtout habillé en footballeurs. Ils font tous à peu près 1,70 m à 1,75m, ils sont tous bruns, sauf le gardien».

Racisme ordinaire ou chauvinisme à la française, on ne le saura jamais ; puisque celui qui a commenté plus de 1 300 matchs à la télévision française est décédé en 2012, laissant derrière lui sa passion pour le ballon rond. « Passion », le terme est d’ailleurs un peu faible pour qualifier le sentiment qu’éprouvait Thierry Roland à l’égard du football. C’est à lui que l’on doit la tirade suivant « L’équipe de France est championne du monde, vous le croyez ça ? Je crois qu’après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. Enfin le plus tard possible. Ha c’est superbe ! Quel pied ! À quel pied, oh putain ! Oh lalalala, oh c’est pas vrai !», prononcé le soir du 12 juillet 1998, lorsque l’équipe de France remporta le seul et unique titre de champion du monde de son histoire. Dans cette équipe de France, il y avait des blancs, des Arabes et des noirs, à l’unisson de leur nation. L’expression, la plus belle de la génération « black, blanc, beur ».

Pouvait-il autant aimer cette équipe de France s’il était vraiment raciste ?

Personnellement j’en doute, simplement, politique et football sont des mondes qui ne se comprennent pas…

 

Le Championnat de France et les joueurs africains, une histoire d’amour

Sagnol s’est fait mettre au pilori par une flopée de journalistes qui ne connaissent rien au football. Tout simplement parce que d’un point de vue footballistique il a raison de dire qu’il y a beaucoup de joueurs d’origine africaine dans le championnat de France.

C’est en effet le fruit de la politique de recrutement qui est menée par les clubs de Ligue 1 depuis le milieu des années 90. Dès la saison 1996-1997, l’UEFA met un terme aux quotas de joueurs étrangers au sein des équipes professionnelles qui peuvent donc recruter autant de joueurs communautaires qu’elles le souhaitent. Les années qui suivent voient les effectifs se diversifier autant qu’ils s’étoffent.

Les clubs, qui possédaient en moyenne 20,15 joueurs dans leur effectif professionnel en 1980, en possèdent 23,65 lors de la saison 2000/2001 et le pourcentage de joueurs français évoluant en Ligue 1 se stabilise aux alentours de 60%. Les joueurs africains arrivent de plus en plus nombreux dans les clubs de l’élite française et passent même devant les Européens.

En 2010, la part des joueurs africains est très clairement majoritaire parmi les joueurs étrangers. Le nombre de joueurs provenant d’Amérique latine reste plus ou moins stable à l’instar de celui des joueurs français. Cependant,  la présence des joueurs africains dans le Championnat de France n’est pas seulement une volonté du marché tricolore qui faisait principalement ses emplettes en Afrique subsaharienne et au Maghreb en raison du faible coût des joueurs et de leur capacité d’adaptation plus rapide. C’est aussi la conséquence d’une politique menée par les centres de formation des clubs de Ligue 1 depuis le début des années 90 qui consiste à  privilégier les joueurs athlétiques aux joueurs techniques.

À cet égard, l’actuel numéro 27 du PSG, le très talentueux Javier Pastore a été recalé par le centre de formation de l’Association Sportive de Saint-Étienne en novembre 2006 car il était trop frêle et pas assez guerrier pour supporter les températures négatives du Forez. Il y en a des dizaines d’autres qui n’ont pas retenu l’attention des clubs français. Antoine Griezmann, par exemple, est passé par le centre de formation de l’Olympique Lyonnais avant de se faire « remercier » à quinze ans et de rejoindre les rangs de la Real Sociedad avec le succès que l’on connaît aujourd’hui.

Sagnol n’est pas raciste, c’est simplement un  professionnel du football qui a dit tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas et qui dénonce la politique des clubs de Ligue 1 qui privilégie les joueurs physiques – qui sont souvent des joueurs d’origine africaine – aux joueurs plus techniques – qui sont souvent  des joueurs d’origine européenne. Voilà ce qui lui a valu ce défoulement médiatique : une politique qui consiste  à cogner d’abord et à discuter ensuite .

Mozambo – Hulubberlu Mixtape #4

En cette fin d’année 2014, il y a deux choses qui font l’actualité de la cité  Phocéenne : l’avenir de la glacière de Marcelo Bielsa, signe du renouveau de l’Olympique de Marseille, et un jeune trio de musiciens au nom exotique : Mozambo.

Si la première a le mérite d’avoir remis l’Olympique de Marseille au cœur de toutes les attentions cette saison, c’est bien Mozambo qui a attiré la notre, il y a déjà quelques mois de ça.

L’histoire a commencé sur Souncloud, la plus grande plateforme, d’échangisme musical au monde, alors qu’on reluquait le matos digital par un après-midi d’hiver. Au hasard, des playlists, on est tombé sur un remix de « Baby I am yours » de Breakbot, le hit de l’été 2011. Sans doute, un peu nostalgique, on s’est laissé envouté par ce son chaud au relent estival.

Après la déferlante de Bakermat et de son saxophone, ont s’était dit que plus jamais, on ne s’extasierait sur des solos d’instruments à vent et encore plus si c’est des cuivres. Mais comme souvent, on n’a pas tenu nos promesses et on a dansé comme des maboules sans docteur sur ce morceau intitulé « wake up », titre plus qu’évocateur tant il désigne une musique entrainante et jouissive.

Bref, l’année s’écoule, on continue nos aller-retour incessants sur Souncloud multipliant les rencontres et les aventures musicales adultérines, tout en suivant à la trace se crâne d’indien de Mozambo. En mars dernier, il revient avec So Flute, un remix du DJ français Saint Germin, l’un des pionnier de la house hexagonale, qui a fait les grandes heures des soirées parisiennes dans les années 90. Avec ce remix, le dicton « c’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures confitures » prend clairement tout son sens. Le morceau, essentiellement composé de flute traversière, dépoussiéré entièrement, connaît un très grand succès, dépassant ainsi les 600 000 écoutes sur Souncloud (pour vous donner un ordre d’idée, la métropole de Lyon comptait 491 268 habitants en 2011).

Après, avoir joué au Wanderlust cet été avec KLINGANDE et ANDROMA, les gars Mozambo continuent leur inéluctable ascension vers le succès. Un succès qu’ils méritent largement, n’en déplaise à tous les petits rigolos qui pensent que la deep house, est un mouvement trop commercial. C’est vrai qu’ils ne s’enregistrent pas dans des caves, superposant les riffs de guitares pour permettre « la symbiose de l’homme et de la machine » et ce n’est vraiment pas plus mal.

Mozambo c’est une histoire de potes, et d’amour de la musique. C’est une histoire de danse et de partage. C’est l’histoire de l’été qui est maintenant bien loin et qu’ils ont décidé de nous faire partager avec cette mixtape.

Bonne écoute et merci à eux.

Mozambo – Hulubberlu Mixtape #4

Les meilleurs disques des mois oubliés

C’est un peu une tradition depuis la création de la maison Hurluberlu, de donner nos coups de cœur musicaux mensuels. En hôte très occupé ces derniers mois, on a complètement oublié de vous faire parvenir nos disques préférés. Alors c’est vrai, on s’est un peu rattrapé avec une playlist de 70 morceaux à télécharger (gratuitement), en guise de cadeau de rentrée, mais ça ne vaut pas une bonne vielle chronique à l’ancienne.
Étant donné que, comme Marty, notre calendrier est resté bloqué sur le mois de mai et le superbe album de Chet Faker (pour ceux qui suivent), on n’a pas moins de cinq mois à passer en revue, pour revenir à jour sur notre planning.
 
 

Le mois de juin, avec Fakear « le magicien »

On aime bien le mois de juin, c’est la fin des partiels pour les branquignols  d’universitaire que nous sommes. Au-delà de cette aspect purement technique, c’est la période de l’année où l’on commence à trainer tard la nuit ce qui nécessite une musique de circonstance.

Cette année,  c’est clairement le normand « Fakear » et son album « Sauvage » qui a su nous  tenir éveillé tout le mois de juin avec ses  sonorités d’orient. Producteur de génie, le jeune  Caennais  a confirmé qu’il fallait compter avec lui ces prochaines années sur la scène des beatmakers hexagonale. En prime, le garçon a pas mal écumé les festivals cet été, et pour avoir eu  la chance de croiser sa route, on peut vous dire, qu’il envoie du bois  sur scène.

Morceaux de choix

Le mois de juillet, sous les tropiques avec Jungles

 

Jungles, c’est une vielle histoire, celle de deux Anglais dopés à la funk des 70’s qui décident de se lancer dans la musique. Une première vidéo postée sur le net, il y a un an de ça, montrait deux jeunes renois , Stan Smith  aux pieds,  dansant comme des fous sur une bonne vielle funk des familles. Finalement, après plusieurs teaser du même acabit, le masque tombe et à la stupeur générale (surtout la nôtre), Jungles est un duo d’anglais au minois juvénile, aux allures plus proches des frères Lawrence de Disclosure que  des Kool & The Gang. En revanche au niveau des sons, ça tabasse aussi fort qu’à l’époque de la Stax Records, la banane en moins.

Pari réussi pour les deux potes de Londres qui produisent une soule humide, luxuriante et chaude, exactement comme leur nom.  

Morceau de choix: 

Le mois d’août, dans les nuages avec Rustie

 

En plein mois d’aout alors que le soleil cognait fort sur l’hexagone et partout ailleurs, pour les petits chanceux qui ont eu la chance prendre du bon temps aux quatre coins du globe.  Il fallait traverser la manche pour découvrir le deuxième album le DJ écossais roi de l’entertainment  bondissant, l’ami Rustie, pour se rafraichir. On savait depuis longtemps que le type était quasiment intouchable en live (pour les Lyonnais, sa prestation aux Nuits Sonores 2014 vous aura peut-être convaincu).  Néanmoins on avait des doutes sur la capacité du jeune homme de produire un album qui puisse s’écouter sans se taper la tête contre les murs. Belle surprise, que cet album majestueux et puissant qui donne l’impression que Hulk a pris possession de l’orgue de Notre-Dame de Paris.

A noter aussi, le retours du duo californien Foxygen, composé de Sam France et Jonathan Rado, deux potes du lycée, qui ont eu envie de quitter les bancs de l’école pour se mettre à la musique, et vu le résultat, on se dit qu’ils ont clairement bien fait. On vous avez  d’ailleurs déjà parlé du groupe lors de notre article spécial « rock garage« , et les mecs ont confirmé qu’ils étaient décidément très forts…
Fin août sortait leur troisième album « … and star power » petit merveille de pop chaude et poétique, au relent « Dylanien ».

Le mois de septembre,  viré jazz avec Electro Deluxe

 

Cette année c’était une grosse rentrée musicale, avec le premier album du producteur anglais SBTRKT, le deuxième album des géniaux ALT – J,  le retour du duo acidulé The DO, ainsi que l’album électronique le plus attendu de ces six derniers mois, « Our Love » de Caribou . Mais tous ces albums ayant déjà été chroniqués dans beaucoup de médias, on s’est dit qu’on devait donner dans quelque chose de plus original et si possible de français. Il se trouve justement que les trublions d’Electro Deluxe (à ne pas confondre avec le groupe à moustache DeLuxe), ont profité du mois de septembre pour sortir une édition de luxe  de leur album sorti un an plus tôt,  « Home ».

Un jazz « fait maison » sans chichi, ni fioriture, juste l’essentiel : quatre super musiciens et la voix  de James Copley pour assaisonner le tout. Un vrai beau disque avec des vrais bons artistes, pour ceux qui aiment les sonorités jazzy (et pour les autres aussi un peu).

Morceau de choix :

Le mois d’octobre : Voyage avec un dandy anglais et un chapelier un peu fou

 

Ce mois-ci, notre cœur balance clairement entre la classe du dandy anglais Baxter Dury et l’élégance de ce drôle de baladin qu’est le Chapelier Fou.

Indéniablement, le quatrième album du sir Dury est un chef d’oeuvre de pop, une balade mélancolique,  qui n’est pas sans rappeler un certain Bryan Ferry dans la manière d’organiser avec harmonie chaque note qui le compose.

On a  vraiment adoré  « It’s Pleasure » et tout particulièrement « the White Man » et  « Palm Trees », les morceaux les plus aboutis de l’album.

C’est aussi avec plaisir qu’on a écouté l’album de ce personnage directement sorti du roman de Lewis Caroll, qu’est le Chapelier Fou. Ce petit génie de la musique qui mélange les genres avec brio passant allègrement du violon, aux synthétiseurs, bidouillant chaque sonorité pour en faire un son de cristal.

C’est vraiment un artiste hors-norme dans le paysage musical français, c’est pour ça qu’on aime et que l’on a plaisir à le retrouver avec Delta. Le troisième album du jeune Lorrain est une heureuse berceuse, un voyage vers la rêverie et les paysages froids du pôle Nord.

On ne vous a pas choisi de morceau de choix et pour cause, tout l’album mérite d’être écouté et vous allez voir qu’une fois emmené dans son univers, comme Alice, vous aurez du mal à vous échapper.

Pour conclure cette revu de bibliothèque, on ne peut que vous conseiller aussi, de vous arrêter sur l’EP de la dernière recru du label français Roche Music, le bien nommé Dabeull qui, entre funk et soule, envoie une musique  diablement entrainante, avec une petite touche vintage très agréable.

 

Mais où est passé l’esprit Canal + ?

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Canal + fêtera ses 30 piges, en grande pompe, le 4 novembre prochain. Pour l’occasion, la chaîne cryptée la plus célèbre de France, réserve à ses abonnés (et aux autres), une programmation spéciale pendant tout le mois de novembre.

Depuis sa création, Canal + a façonné le paysage audiovisuel français, et a contribué à renouveler les codes du divertissement en proposant des programmations novatrices adaptées à chaque époque. Si mes parents ont pu s’esclaffer devant les entrées fracassantes d’un José Garcia, boudiné dans une jupe trop serrée,  au bras d’Antoine De Caunes. J’ai pris un malin plaisir à citer de manière répétée les phrases de Jean Blaguin l’humoriste (le personnage de fiction inventé par Omar et Fred). Alors que mon petit cousin de 10 ans à peine, ne jure que par la bande du Bagel.

L’Esprit du comique

Dès 1987, lorsque le grand Coluche venait présenter son journal quotidien – « Un faux, Coluche » –  peinturluré,  et déguisé comme un animateur du Club Med, il a décoiffé le post de télévision, d’une France qui n’avait, encore jamais vu ça. Il n’est resté qu’un an, mais ça allait suffire à lancer « ce Taze » médiatique, dont le dicton est « toujours + ».

De la bande des Nuls, aux Robins des Bois, en passant par les imitations de Kad et O, Canal + a tout inventé. Inventer les fausses publicités, inventer les émissions de stand-up, et même inventer les caméras cachées. Bien avant, François Damien,   c’est Philippe Vandel , Laurent Baffie,  et Jean-Yves Lafess qui ont posé les bases d’un bon micro-trottoir, celui où l’on se joue de son interlocuteur, avec subtilité et finesse.

Il y a aussi cette culture du grand bordel, façon bagarre de saloon où le barman se retrouve  projeté  la tête la première dans le piano, avec un pianiste qui continue sa partition (sans fausses notes), malgré les lancées de guitares et les frictions d’oreilles du shérif .

Dans le rôle du pianiste et maître de cérémonie, il y a eu Philippe Gildas surtout et Denisot un peu.  Dans le rôle des barmans, les trognes fantaisistes se sont succédées, du phrasé argotique de Jamel Debbouze à l’éloquence d’Édouard Baer, en passant par la folie de Jonathan Lambert et les subtilités québécoises de Gad Elmaleh.

L’Esprit du glamour

Louise Bourgoin

Canal + c’est la Silver Factory Hexagonale, on y entre petit « apprentie » comédien et on en sort icône nationale. Les garçons voulaient être Begbeider pendant que les filles se rêvaient en Louise Bourgoin. Forcément des salaires mensuels à cinq chiffres pour cinq vannes dans une chronique de cinq minutes, c’est un bon ratio. Puis il y a tout le reste: la reconnaissance, les soirées privées pendant le Festival de Cannes, les jolies filles et les contacts avec ce que le planète compte de plus médiatique. L’esprit Canal +, c’était la grande vie pour celui qui avait la chance d’y pénétrer. Un sorte de temple de la « hype » où la jeunesse de France rêvait de « faire ses classes ». 

L’esprit Foot-Ball

Désolé pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi le football est un sport populaire, mais le succès de Canal + est aussi passé par le ballon rond…

C’est en effet la première chaîne à retransmettre la Ligue 1 puis la Ligue des Champions. Plus fort, c’est elle qui est à l’origine du classico en l’Olympique de Marseille et le Paris – Katar – Germain. Une salle histoire qui mériterait à elle toute seule un article. Mais qui se résume avec deux acteurs : Bernard Tapie et Canal +.

Tapie voulait donner à l’OM un vrai rival pour pimenter le Championnat de France. Canal Plus, diffuseur des matchs de Division 1 et propriétaire du PSG, avait également intérêt à rendre spectaculaire ces confrontations. Résultat, les déclarations d’avant-match deviennent de plus en plus agressives, sur le terrain la bataille est féroce, et cette haine se déplace dans les tribunes : le classico était né.

C’est ainsi que tous les amateurs de football ont pu se délecter pendant presque trente ans – avant que Bein ne vienne gâcher la fête –  privant par la même, les spectateurs de la Ligue des Champions gratuites sur TF1 (ça aussi, c’est une autre histoire).

Pour les amateurs du genre, Canal + est aussi à l’origine du film le plus mythique, sur l’épopée sportive, la plus mythique, du sport français : la coupe du monde 1998 (ce n’est pas moi qui le dis, c’est les anciens qui disent qui n’avaient pas vu autant de monde dans les rues, depuis la libération française en 1945).

Bref, « les Yeux dans les Bleus » c’est Canal +, les tirades d’Aimé Jacquet,  et un générique de fin, qui arrache toujours une petite larme, surtout lorsqu’on n’est pas habitué.   

https://www.youtube.com/watch?v=FZQdurLBbnQ

Mais où est donc passé l’esprit Canal  +?

On pourrait commencer tout de suite à faire tourner les tables, et à s’essayer au spiritualisme, car l’esprit Canal semble mort et enterré. Celui du « grand n’importe quoi » et du politiquement incorrect en tout cas. La bande de Petit Journal essaye de donner le change, mais derrière le sourire farceur de Yann Barthès, on constate un flagrant manque d’imagination et une difficulté redondante à trouver des sujets. Ensuite, il a le Grand Journal, héritier de Nule Par Ailleurs, qui a essayé de revenir aux fondamentaux, en demandant à Saint-Antoine, de devenir maître de cérémonie, mais là encore, ces acolytes ne suivent pas. Avec toute l’amitié qu’on peut porter aux différents You Tubeurs qui ont été débauchés par Canal + pour assurer la relève. Il est assez difficile de transposer le format des vidéos sur Internet au format de la télévision, qui nécessite un peu de folie, et d’imprévu.

Côté football,   hormis l’Equipe du Dimanche (l’EDD pour les amateurs) qui reste une référence, on nous gave de consultants qui donnent leurs avis à tour de bras, multipliant les analyses et les coups bas, oubliant souvent qu’ils ont été joueurs avant d’être consultant, à tel point que l’on a souvent envie de leur rappeler cette histoire d’hôpital et de charité….

« Vous regardez  toujours trop la télévision, bonsoir »

Super Menteur

Malgré ce constat, Canal reste Canal. Toujours capable, d’écorner l’image des politiciens avec un Guignol bien senti, ou de résumer l’actualité des dernières 24h avec un petit Zapping, lui aussi,bien senti. C’est aussi la seule chaîne qui peut se payer des vrais Lives de musique à des heures de grandes audiences, et ça fait toujours plaisir.

Puis, il y a toujours des gouailleurs  pour tenir le crachoir ; ils s’appellent  Gaspard Proust, Stephane De Groodt, ou Chris Esquerre et ne laissent jamais leur plume à la maison lorsqu’il s’agit de chroniquer l’actualité. Lorsque la TV d’aujourd’hui nous propose comme référence littéraire  absolue, Aymeric Caron, l’éloquence de ces types-là fait plaisir à entendre.

Pour finir sur une note vraiment positive, le Before du Grand Journal animé par notre Jimmy Fallon nationale, Monsieur Thomas Thourroute est vraiment ce que la chaîne sait faire de mieux. Un format court, mais intense, dans lequel il peut vraiment se passer n’importe quoi. D’abord, il y avait la Connasse, qui dans son rôle de blonde écervelée a renoué avec la grande tradition de la caméra cachée « made in Canal ».  Puis tout un tas de petits sketches marrants, comme « dans la bouche de » ou « les complots », des petites pastilles d’humour frais et assez novatrices . Mais paradoxalement,  l’émission n’a pas connu un très grand succès et c’est peut-être là où le bât blesse.

Si Canal s’apprête à fêter  ses 30 ans sans accrocs, c’est qu’elle a su trouver des concepts qui plaisent aux gens (c’est la fameuse loi de l’offre et de la demande). La conclusion  serait donc que les gens préfèrent des choses plus aseptisées et abrutissantes que la finesse d’esprit et les mots d’humour – on tombe des nues.  (Quoi ?, on me dit que NRJ 12 fait 12% de l’audience nationale avec son émission des Anges de la téléréalité). L’esprit Canal serait donc bien encore là, mais il serait caché.

Caché par le CSA, caché par les consommateurs qui ont eu marre de voir le cul de Jango Edwards sur les commodes, caché par les dirigeants qui ont voulu vulgariser la chaîne, caché aussi par la mentalité  d’une société de plus en plus austère. Canal fait désormais dans la facilité et donne aux gens ce qui veulent voir: un mélange de monotonie intellectuel et de bienpensante, avec comme principal soucis de ne choquer personne.

Pour les quarante ans de la chaîne alors, il serait peut-être bien de penser à nous secouer (à nouveau)…   

Entrepreneuriat – L’aventure de Paul Morlet

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Il n’y a pas si longtemps encore, on estimait que plus de 2 millions de personnes n’avaient pas les moyens de se procurer des lunettes à leur vue. La raison de cette statistique alarmante : le prix moyen d’une paire de lunettes (monture + verres) est de 470 euros pour le consommateur selon UFC que Choisir.

Mais ça, comme dirait Krys, « c’était avant »; avant que Paul Morlet, jeune entrepreneur lyonnais ne lance le concept de « Lunettes Pour Tous ». Le principe est simple, vendre des lunettes à 10 euros payées directement par le consommateur, sans qu’il n’ait besoin d’une mutuelle. Le succès est immédiat, aussi bien dans les médias qu’auprès des consommateurs. Le concept est révolutionnaire et casse très nettement le prix du marché.

L’aventure de Paul commence en 2010 lorsque, en regardant une émission de poker à la télévision, il s’aperçoit que la salle était couverte de publicité hormis sur les lunettes des joueurs. Il pense alors à créer des lunettes personnalisées : Lulu Frenchie était né.

Après avoir conquis une quarantaine de pays et fourni des lunettes aux plus grandes stars de la planète, de Lady Gaga à David Guetta en passant par le français Norman, il a décidé de s’attaquer au marché de l’optique.

Norman qui porte une paire de lunettes Lulu Frenchie

En à peine quatre mois d’activité dans son magasin du 1er arrondissement de Paris, il a écoulé presque 15 000 lunettes et commence déjà à penser aux prochaines boutiques.

Paul est comme ça, dynamique, motivé et toujours prêt à l’action. On a décidé de l’appeler pour en savoir un peu plus sur son état esprit et sa vision de l’entrepreneuriat  en France.


Hurluberlu: Comment en es-tu arrivé à faire de l’entrepreneuriat?

Paul Morlet:  Un peu par défaut. J’ai passé un bac professionnel en informatique et réseau en alternance à la SNCF. En 2006, c’était déjà la crise, j’ai cherché un emploi pendant deux ans. J’avais réussi à mettre de côté 3 000 euros, ce qui, à l’époque, me paraissait énorme, et j’ai lancé Lulu Frenchie.

Hurluberlu: Niveau éducation, j’imagine que ça ne s’est pas super bien passé, c’est une belle revanche sur l’enseignement que tu prends?

PM: Comme souvent, on a décidé pour moi, on m’a mis là où on voulait bien me mettre et puis voilà. J’ai retrouvé un bulletin récemment et j’étais mort de rire en voyant les appréciations qui disaient que j’allais rien pouvoir faire de mon avenir. C’est sûr que 15 après, je peux clairement dire qu’ils avaient tord, je le sais, mais eux j’en suis pas bien sûr, ils sont tellement déconnectés des réalités.

Hurluberlu: Tu penses que le système éducatif français est mal fait?

PM: C’est pas qu’il est mal fait, c’est qu’il est complètement pourri; tu es orienté par des profs qui n’ont jamais travaillé. Comment veux-tu que leur histoire soit cohérente? Ils ne savent même pas où ils t’envoient lorsqu’ils t’orientent. 

« Les gens ne savent pas à quoi s’attendre. »

Paul Morlet

 

Hurluberlu: Tu es de la vielle école, c’est à dire celle qui n’a pas fait d’école. A ce propos, Paul Bocuse disait lorsqu’on lui demandait s’il avait le bac, que des bacs ils en avaient deux: un d’eau chaude et un d’eau froide, pour faire la plonge. Finalement il règne sur un empire. Révélateur qu’on peut réussir sans diplôme?

PM: (rire). Lorsque tu fais une école, tu apprends une méthode. Ce qui fait que chaque mec qui fait une école utilise plus ou moins la même méthode. Lorsque tu te lances tout seul, que tu es autodidacte, tu n’as pas de méthode prédéfinie. C’est une très grande force car tu es imprévisible. Et c’est ce qui se passe avec moi, les gens ne savent pas à quoi s’attendre.

Hurluberlu: Lunettes pour tous a nécessité de résoudre des contraintes techniques assez importantes et notamment le fait de pouvoir assembler les verres et les lunettes en une quinzaine de minutes. Comment as-tu résolu ce problème?

PM: J’ai contacté les grandes marques françaises de l’optique. Il y avait des projets en cours chez eux, mais jamais terminés. Il n’y avait pas d’énorme machine capable de produire 400 lunettes en une journée. Le marché de l’optique représente six magasins qui emploient six machines qui font simplement deux ou trois paires de lunettes par jour. Avec Lulu Frenchie, j’avais déjà des fournisseurs de montures en Chine. J’y suis retourné pour trouver des fournisseurs de verres qui sont découpés et taillés, l’interrogation était de pouvoir monter les verres sur les montures très rapidement. Il a fallu industrialiser le processus pour assembler très vite les lunettes.

Hurluberlu: La rumeur veut que Xavier Niels ait investi dans ton projet, c’est vrai ou pas?

PM: (rire), je ne sais pas, il faut lui demander. Tu sais que Xavier Niels ne vient pas par hasard à l’inauguration d’un magasin de lunettes. Mais c’est vrai qu’on se connait et qu’on aime bien travailler ensemble.

Xavier Niels au Parc des Princes pour le match Barça / PSG avec des lunettes « Lunettes pour tous »

« Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger. »


Hurluberlu: On dit souvent que l’Hexagone n’est pas forcément une terre d’accueil pour les entrepreneurs, notamment d’un point de vue fiscal, est-ce que tu es d’accord avec ça?

PM: Tout dépend de ce que tu fais. Dans mon cas précis, je pense que c’est le meilleur moment pour le faire. J’arrive à un moment où c’est la crise : les gens n’ont pas beaucoup d’argent mais il y a des produits qui sont obligatoires comme les lunettes. On a donc changé le moyen de l’acheter. Dans mon cas précis, la France était l’endroit idéal pour créer cette entreprise. Il faut bien voir que chaque territoire est un marché potentiel sur lequel se confondent une offre et une demande. Si tu arrives avec une entreprise qui correspond à une demande, tu as réussi ton coup. La zone géographique est sans incidence sur le choix de ton entreprise, il faut juste être adapté à une demande.

C’est vrai qu’en France, la fiscalité est sans doute l’une des plus élevées au monde. En effet, on peut dire que c’est un problème; cependant, c’est un problème que rencontrent les gens riches. Mais je pense qu’on peut encore gagner beaucoup d’argent en France et les réinvestir de façon intelligente dans de bons endroits et en profiter pleinement.

Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger. Je pense au contraire qu’il faut être un peu patriote et défendre son pays, c’est ce que je fais et ça me réussit plutôt bien.   

Hurluberlu: Si tu devais donner les qualités d’un bon entrepreneur, quelles seraient-elles?

PM: Il faut d’abord être courageux, optimiste et fédérateur, être une sorte de chef de meute. Le plus important c’est vraiment de connaître ce que l’on vend. Il faut vraiment connaître son domaine, en être un spécialiste.

« Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs. »


Hurluberlu: Est-ce que tu sens que l’entrepreneuriat est une discipline à part entière, au même titre que la médecine ou le droit?

PM: Oui c’est clair, c’est devenu à la mode parce que toutes les écoles font des Master entreprendre et on en parle aussi beaucoup à la télévision. Mais je me sens assez différent de l’entrepreneur type; celui qui a fait une école de commerce, qui, à 28 ans, a levé des fonds et qui commence à faire du « e-commerce ». Pour moi c’est l’entrepreneur qui ne sait pas du tout ce qu’il vend et qui va parler de lever de fonds toutes les 5 minutes. Ce qu’il faut plutôt faire, c’est créer un truc, avoir des idées, et pouvoir tout contrôler. Lorsque tu es bon, les finances vont toujours suivre. Mais malheureusement les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs. Ils veulent simplement lever des fonds, prendre de l’oseille et revendre en faisant une belle plus-value.

Hurluberlu: Mais c’est un peu le rêve ultime de tout entrepreneur que de créer sa boite et de la revendre assez chère pour ne plus avoir à se soucier du lendemain?

PM: Oui c’est sûr, c’est un métier comme les autres et on le fait avant tout pour vivre. Mais il y a l’aspect création qui est aussi très important. Tu vois ce qui m’amuse, c’est qu’à 24 ans, avec un million d’euros d’investissement, on fait trembler un marché qui pèse 6 milliards avec des mecs qui ont l’âge de mes parents et qui ont commencé leur activité alors que je n’étais pas encore né.

Hurluberlu: C’est vrai que pour le coup Lunettes pour tous est vraiment très inventif..

PM: Tout a changé, le mode de fabrication, la vente et surtout le prix. On a tout cassé!

Hurluberlu: As-tu reçu des menaces venant de certains opticiens?

PM: J’en ai reçues des centaines. Simplement, que ce soit les franchisés ou les indépendants, ils sont voués à disparaître car ils ne pourront pas suivre. Pour les franchisés de chez Affllelou par exemple, ils ont investi 50 000 euros dans une franchise et on leur a dit qu’en vendant deux paires de lunettes par jour, ils allaitent être rentables. Désormais, pour être rentables, ils doivent vendre 400 paires de lunettes par jours, c’est pas tenable. Pour les indépendants, ils tirent encore beaucoup sur les mutuelles, en te faisant des forfaits adaptés à tes revenus pour utiliser tout ton crédit.

Hurluberlu: Je pense que tu as suivi le projet de Bercy sur les professions réglementées visant principalement la réforme des notaires, des pharmaciens et des huissiers. Penses-tu que Lunettes pour tous puisse amener une réforme du marché de l’optique?

PM: C’est même déjà fait puisqu’ils sont par exemple en train d’abandonner le fait que les opticiens soient diplômés pour vendre des lunettes. Je n’ai pas de diplôme d’optique, je devrais donc être hors-la-loi et pourtant personne ne m’a empêché d’ouvrir mon magasin.   

Hurluberlu: Des projets pour l’avenir?

PM: J’espère qu’on va continuer à se développer.

C’est tout ce qu’on souhaite à Paul, et on vous donne rendez-vous sur le site Internet de Lunettes pour Tous, ou directement dans la boutique, pour faire l’acquisition d’une paire de lunettes stylée et pas chère.