A propos Charles

"Qui suis-je ?" C'est ça la grande question de notre existence. Celle que l'on se pose tous depuis la nuit des temps. Mais qui sommes-nous dans l'univers ? D'où vient-on ? Où allons-nous ? Avons-nous seulement un but ? Une direction ? Faut-il faire l'amour ou la guerre ? Plutôt Coca ou plutôt Pepsi ? Qui a tué Kennedy ? Les aliens existent-ils ? A t-on vraiment marché sur la lune ? Claire Chazal est-elle vraiment une femme ?....LA VIE A-T-ELLE UN SENS ?!? Autant de question auxquelles je ne répondrais pas. (Pas tout de suite). Alors "qui suis-je ?". Sans vous apporter une réponse existentielle, Je me définirais comme un genre de créatif hybride complètement philosophico-cosmique new-generation 7.0 fabriqué en France mais ouvert sur le monde. Bref, un curieux quoi.

Le premier plongeon de l’été

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Bien-sûr, il fait beau.

Assez beau pour que le soleil darde de tous ses rayons l’hiver terminé. C’est le début de l’été. L’astre de lumière resplendit magnifiquement dans le ciel bleu et vient réchauffer cette piscine qui va enfin reprendre du service. La pauvre était condamnée à subir le froid de l’hiver sans pouvoir s’enfuir. Maigrement recouverte d’une bâche, elle était là, immobile, inutile. Mais quand le soleil pointe son nez et vient la réchauffer, la piscine ressuscite. Cette piscine n’est pas forcément la même chaque année. Une année c’est celle qui se trouve dans une résidence de la côte d’azur, quelque part vers Sainte-Maxime. Une autre, c’est celle qui est chez un ami qui nous a invité pour les vacances dans sa maison de campagne ardéchoise. Parfois même, elle est à l’étranger. Qu’elle soit chez nous, chez les autres, ou dans un hôtel, ce qui compte vraiment c’est qu’elle soit là. On arrive alors devant la piscine, serviette sur le dos. Autour de nous, les femmes enlèvent leur vêtements pour arborer fièrement leur nouveaux maillot de bain deux pièces acheté il y a peu. On assiste alors à un défilé aussi étonnant qu’original durant lequel les femmes nous livre leurs courbes élégantes. Ces fameuses courbes qu’elles nous ont caché toute l’année. Notre attention finit par se focaliser exclusivement sur leur corps révélés. Leurs maillots, aussi colorés soient-ils, n’existent plus. Elles s’allongent sur les chaises longues pour faire bronzette et cachent leurs visages derrières des lunettes de soleil. Elles étalent méticuleusement de la crème solaire sur leur peau fragile. On respire des parfums de coco et de vanille dans l’air. Sur leurs chaises longues, elles font semblant de dormir juste pour prendre le soleil. Là, elles finissent généralement par ouvrir un livre ou un magazine people qui va probablement enchanter  leur après-midi.

Mais devant nous il y a toujours cette piscine, qui est là et qui nous fixe désormais avec un air de défi. Cet air joueur, qui au début, ressemblait à une invitation, semble finalement vouloir nous provoquer en duel. Un air qui nous dit « Arriveras-tu a rentrer ?… Parviendras-tu à plonger ? ». Méfiant, on regarde alors le ciel, pour vérifier qu’aucun nuage ne va venir  perturber cet instant sacré. On est attentif au souffle du vent et on se prépare psychologiquement à sauter. On se demande si la piscine est si chaude que ça, ce qui nous amène mécaniquement à chercher le thermomètre flottant pour vérifier la température de l’eau. La petite barre rouge indique 28°. Ça va. Théoriquement, c’est même plutôt bien. Par prudence, on trempe un orteil et on prend un peu d’eau dans sa main pour en mettre sur son cou et dans le dos. C’est le rituel de précaution pour éviter la célèbre hydrocution que l’on n’a jamais vu de ses propres yeux (surtout à cette température là). Mais quand il s’agit de risques, on a la foi. En se versant l’eau dessus, on a tout de suite l’impression qu’elle est plus froide que prévu. On a la chair de poule au sens propre du terme, cependant le sens figuré n’est pas si loin. Mais il est trop tard. Maintenant que l’on a commencé, on ne peut plus revenir en arrière. Sinon, cela voudrait dire que c’est la piscine qui gagne. Et elle ne doit pas gagner. On est un mec ou on ne l’est pas. Alors, on se lève, on prend du recul, stabilisant ses pieds sur la terre avant de faire le grand saut. Naturellement, tous les regards se tournent vers nous car il semble évident que le premier plongeon dans la piscine est l’évènement incontournable de l’après-midi. Il captive, le premier plongeon. Maintenant c’est le moment, on doit le faire. Alors d’un seul coup, on s’élance vers le rebord. Les premiers pas sont timides, mais très vite on prend de l’assurance dans cette course qui va nous amener à sauter au-delà du rebord. On prend un ultime appui contre ce dernier et enfin en s’envole au dessus de l’eau. Il est définitivement trop tard. On retient son souffle. On prend cette dernière bouffée d’air au cas où l’on ne remonterait pas. Dans le même temps, on lève les bras vers le ciel pour parvenir à joindre nos mains tendues. C’est comme une dernière prière. On ferme les yeux. L’impact est imminent. Inévitable. La loi de la gravité l’exige. Notre envolée héroïque tombe à l’eau avec l’attraction universelle. SPLASH ! Nous voilà sous l’eau.

L’impact du plongeon laisse soudainement place à un calme immense. Dans la piscine, on entend plus les bruits de l’extérieur. Le temps s’arrête. On réalise alors que l’eau nous porte et défie l’attraction universelle l’espace de quelques secondes. En fait notre envolée se passe ici. On se sent planer. Un sentiment de liberté immense grandit en nous. On s’évade intérieurement. On oublie tous les problèmes. Finalement, on se retrouve. La jouissance est totale. On voudrait que cet instant éphémère dure pour toujours, mais malheureusement nos poumons n’ont plus d’air et il va falloir remonter. Le manque d’oxygène nous ramène à la réalité. Alors forcément, on va chercher à répéter cet instant et se mettre à replonger. Mais bien-sûr, les autres plongeons ne seront déjà plus pareil. Parce que le premier plongeon de l’été, c’est aussi le début vacances.

Ce texte vous a plu ? Il est inspiré du style de Philippe Delerm que vous pouvez retrouver dans son livre « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ». Pour ma part vous pourrez me lire très prochainement dans ma rubrique « Checkpoint Charly » – les questions existentielles ou presque – sur Hurluberlu. Super bisous les loulous !

Médias – Pourquoi les geeks changent le monde ?

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Checkpoint Charly : Les questions existentielles ou presque.

Pourquoi les geeks changent le monde ?

Les questions existentielles ou preque du Checkpoint Charly

Nous ne sommes pas seuls. Venus d’une galaxie très lointaine ils ont envahi la terre et ont pris forme humaine (avec plus ou moins de réussite au départ). Nous avions remarqué leur présence sur notre planète dans les années 60, mais il semblerait qu’ils étaient déjà là avant. Au XVIIIe siècle déjà, on parlait de gecken, monstres de foire dans les cirques ambulants austro-hongrois. Vers la fin du XIXe siècle, en Amérique du Nord on présentait ces freaks dans les side-shows pour effrayer les visiteurs. On parlait du bestiaire de l’étrange. Enfermés dans des cages, personne ne se doutait qu’ils allaient un jour contrôler le monde. On leur donna alors un nom que le monde n’oublierait pas (roulement de tambours): LES GEEKS ! (Badaboum ! Enchaînement avec une musique dramatique avec chorus transcendé).  Le terme est alors attribué aux gens décalés et bizarres, qui ne s’intègrent pas dans la société. Tandis que l’humanité avait sous-estimé leur intelligence, ces « extra-terrestres » un peu fous que l’on pouvait voir rentrer chez eux les vêtements négligés, les cheveux en désordre, absorbés dans leurs pensées, allaient enfin sortir de leurs ténèbres spatiales. C’est dans les années 60, qu’avec le développement des calculatrices puis des ordinateurs, que le terme commença à être utilisé pour parler de ces « intellos » en sciences et technologies qui – dans les lycées et les universités – ne s’intéressaient pas à la plupart des activités de leurs camarades. À noter que si ces derniers avaient amélioré leurs apparences humaines, quelques imperfections subsistaient encore. On peut notamment évoquer les boutons d’acné et une vue réduite qui les contraignait à porter de grosses lunettes. Autant de signes qui permettaient à la société d’identifier facilement ces malheureux. Isolés, rejetés, parfois incompris et souvent cognés par les joueurs de football américain, ces derniers ont pris la fuite et se sont alors réfugiés dans des mondes imaginaires. Dans leur fuite, les geeks ont absorbé des kilos de volumes de romans d’anticipation, de science fiction, d’heroic fantasy, de comics. Les marginaux sont devenus des passionnés. Leur identité s’est établie. Tout geek est d’abord un fan. Nos freaks se sont retrouvés, jusqu’à former ensemble une communauté auto-suffisante et épanouie de créateurs et de fans. Probablement nostalgiques de leur lointaine galaxie oubliée, ils se sont mis à inventer, à raconter et à partager ensemble ces incroyables histoires qui ne finissent jamais. « Vers l’infini et au-delà ». Ainsi leurs esprits créatifs se sont retrouvés dans la génération X qu’ils allaient sans le savoir bouleverser complètement. La vérité, c’est que les geeks ont en réalité contribué à la faire évoluer. Leur fracture avec cette génération-là étant tellement énorme, qu’elle est en fait à l’origine d’une nouvelle génération connectée : la génération Y.

Leur révolution était en marche. La révolution par l’imagination. Elle-même doublée d’une arme de création massive : l’informatique.  Se passionnant pour ses nouvelles technologies terriennes, nos geeks ont commencé à partager leurs connaissances, travaillant alors à imaginer un monde à leur image. Ils allaient inventer le futur. Alors que pendant ce temps-là certains se baladaient à poils dans les festivals prenant du LSD pour dire merde à la guerre et faisant l’amour sans capotes pour la paix dans le monde, ceux-là préparaient l’avenir dans leur garage. Mais ne faisons pas de généralités, il y a peut-être une petite proportion de ces geeks qui se baladaient à poils dans les festivals prenant du LSD pour dire merde à la guerre et faisant l’amour sans capotes pour la paix dans le monde (avec un poil moins de succès peut-être).

Mais revenons à nos moutons. Nos fameux moutons sont sortis de l’ombre en s’évadant de l’enclos des conventions, sortant des sentiers battus, prouvant que derrière leur image d’intellos torturés se cachaient les génies que tout le monde allait adorer.

Alors, qui sont-ils ? Qu’on t-ils fait de génial ?  Et tentons de répondre à cette question fondamentale que l’on se pose tous :

Comment les geeks changent le monde ?

Ces geeks ne sont autres que Georges Lucas, Steve Jobs, Bill Gates, Marc Zuckerberg, Jack Dorsey, Xavier Niels, les Daft Punk… mais ce sont aussi des anonymes, des anonymous, des Hulubberliens et… des filles (dites geekettes) ! Ces geeks, ils ont bouleversé le cinéma, crée des machines révolutionnaires et des logiciels dont plus personne ne se passe. Ils ont aussi inventé les réseaux sociaux et les jeux-vidéos. Parfois-même ils ont fait danser la planète. Grâce au geek, le particulier accède, à un outil tellement incroyable qu’il dépasse l’imagination : Internet. La connaissance absolue. L’information immédiate. Le Saint-Graal du geek. En un clic, l’information fait le tour du monde, voyageant à la vitesse de la lumière. La communication entre les Hommes change, la vie aussi.

Arrive alors un grand principe fondamental, le cadeau des geeks à l’Humanité : l’Open Source. En trois mots l’accessibilité, le partage et la gratuité. Autrement dit, la plus belle politique du monde. Si aujourd’hui nombre de foyers en France regardent plus de films et écoutent plus de musiques qu’ils n’en achètent, c’est grâce aux geeks qui ont inventé le peer to peer. C’est beau l’esprit d’équipe ! Bref les geeks partagent tout, débattent, se transmettent des idées, des observations, des expériences. Et ils le font souvent de manière désintéressée, voyant plus d’intérêt pour tout le monde à se refiler des tuyaux ou du matériel qu’à se mettre des bâtons dans les roues. La communauté d’abord. Esprit communautaire qui d’ailleurs ne se limite pas qu’à l’informatique. Les joueurs de jeu vidéo se transmettent des informations, se prêtent leurs jeux, jouent ensemble, en ligne, en réseau, sur console et ce depuis toujours, bien avant que ce marché ait pris les proportions pharaonesques d’aujourd’hui. Si le consommateur lambda peut à notre époque s’immerger dans des jeux vidéo plus vrais que vrais, ou complètement farfelus, aux décors et musiques somptueuses, c’est parce qu’après qu’un geek a inventé Pong, un autre a inventé Tetris, et que certains des geeks qui y jouaient en ont inventé d’autres.

Star Wars, Apple, Microsoft, Google, YouTube, Yahoo! eBay, Ubi-Soft, EA-Games, Activision, Marvel, MSN, MySpace, Spotify, Free, Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat… Tout ça c’est les geeks. Ça fait un sacré gros paquet de milliards pas vrai ? Alors mesdames, la prochaine fois que vous croiserez un geek en soirée (Playstation en panne), ne le sous-estimez pas, il pourrait vous surprendre !

Le geek passe à la postérité. Ces mêmes extra-terrestres que tout le monde charriait au collège sont désormais riches, adulés et inspirants. Ce qu’ils avaient fait pour y arriver ? Juste une petite bosse dans l’univers.

Mais comme à la rédac’ d’Hulubberlu on aime les choses bien faites, on vous livre leurs trois secrets pour changer le monde :

Souvenez-vous la pub Apple : « Ceci est en l’honneur des cinglés, des marginaux, des rebelles, des provocateurs, des blocs ronds dans les trous carrés, de ce ceux qui voient les choses différemment des autres. Ils ne sont pas fous des règles et n’ont aucun respect pour le statut quo. On peut les citer, les dénoncer, les admirer ou encore les détester. Mais la seule chose qu’on ne peut pas faire, c’est les ignorer. Parce qu’ils changent les choses. Ils poussent la race humaine à avancer. Certains voient en eux de la folie, nous nous voyons en eux du génie. Parce que ceux parmi nous qui sont assez fous pour croire qu’ils vont changer le monde, sont ceux qui le font« . Voilà ce que disait la marque à la pomme au monde : THINK DIFFERENT.

Voilà comment les geek changent le monde. Leur pulsion de connaissance les pousse toujours plus avant dans leur découverte de terres inconnues.

Les geeks sont plus qu’une révolution, ils sont l’évolution. La victoire de l’esprit sur la chair.

Rétabliront-ils l’équilibre dans la force? Détruiront-ils l’anneau de Sauron ? Libèreront-ils les hommes de la Matrice? Autant de questions qui nous poussent à nous demander si comme Néo et ses copains, les geeks ne pourraient pas sauver le monde ?

Le Checkpoint Charly c’est fini pour aujourd’hui, mais on se retrouve dans un mois pour pleins de nouvelles questions existentielles ou presque. Super bisou les loulous!

 

 

La Revenge Porn, What The Fuck ?

Checkpoint Charly : Les questions existentielles ou presque. 

REVENGE PORN : WHAT THE FUCK ?  

Ou comment une nouvelle forme de vengeance entre les couples a explosé sur la toile américaine ? Dommages collatéraux supers chauds.

Septembre 2010.

Un smartphone vibre dans le noir.

« Je suis désolée de te l’apprendre comme ça, mais je préfère qu’on en reste là. Tu es gentil, mais je pense qu’on n’est pas fait pour être ensemble. Salut. Blair ».

Ce sont les mots qu’Alex lit sur son portable. Blair c’était sa copine. Cela faisait presque un an qu’ils étaient ensemble. Le temps s’arrête. Il est dépité. Sa gorge se noue et une boule affreusement amère remonte dans sa gorge. Il a envie de pleurer. Ses yeux aux bords des larmes sont braqués sur ce texto survenu de nulle-part. Mais à chaque relecture c’est la même chose : l’incompréhension. Et alors que le jeune californien s’apprête à écrire à son ex pour comprendre pourquoi elle le quitte par texto, son smartphone vibre à nouveau. C’est un MMS de son pote Clay : “ Tu devrais voir ça… ». C’est une photo de Blair qui embrasse un autre gars. Elle a l’air ivre et le mec tout droit sorti des Bruins, l’équipe de football de l’UCLA.

Oh la salope, pense Alex. Putain mais comment elle a pu me faire ça ?! Ça y est, Alex chiale. Il comprend que c’est la soirée à laquelle il ne s’est pas rendu ce soir. Il repense à la distance de ces derniers jours entre lui et Blair.  À vrai dire, il était loin d’imaginer qu’une malheureuse soirée suffirait pour tout bouleverser. Mais c’était le cas : une soirée, un SMS, une photo. Le tierce gagnant. Pour lui le scénario est clair : Blair venait de le trahir. Alors qu’elle le quitte sans explication, Alex réalise que son ex-copine le trompe. La haine le ronge mais le pire pour lui est de se sentir parfaitement impuissant. Ce soir Alex ne dormira pas. Seul dans sa chambre, il fait défiler les photos de Blair sur son téléphone. Chaque photo semble plus douloureuse que la précédente. Il renifle et avale ses larmes l’esprit confus. Mais alors que ses souvenirs avec elle se chamboulent dans sa tête, il tombe soudain sur une série de photos que les évènements récents lui auraient presque fait oublier. Des photos que Blair lui avait envoyées quand elle était partie au Canada avec ses parents pour les vacances de Noël. En fait des photos d’elle prenant des poses plus que suggestives devant son miroir. Complètement nue. C’était son « cadeau de Noël ». C’est alors qu’un souvenir lui revint. Un souvenir qui lui inspire une idée noire qui grandit et se propage comme un virus dans son esprit aveuglé par la colère.  Alex se souvient d’un truc qu’on lui avait raconté. Il repense à ce mec de New-York qu’il avait rencontré en soirée, un certain Hunter Moore. C’était le Dj, un gars snob et mégalo qui lui avait raconté qu’il avait crée un business XXL en fondant un site où n’importe qui pouvait poster des photos de femmes à-poil et faire du porno amateur. Il se ventait d’obtenir 300 000 clics quotidiens et de gagner 15 000 dollars par mois grâce à ça. Hunter Moore venait en réalité de créer le premier site de « Revenge Porn« . Grâce à son site les mecs pouvaient désormais se venger de leurs ex-copines en publiant les photos hots qu’ils avaient d’elles pour les humilier. Le sang d’Alex ne fit qu’un tour. Il allait se venger et c’est Blair qui dégusterait.

Quelques jours plus tard.

Blair découvre ses photos sur internet. Elle aurait pu supplier Alex de les retirer mais il était déjà trop tard. Plus de 200 sites les avaient déjà partagées. Blair abandonne les cours mais ce qui pèse sur elle est insupportable. Ses parents l’ont appris. Elle a bien essayé de mettre un terme à tout ça en appelant la police, elle pensait que c’était forcément un crime, qu’on n’avait pas le droit de faire ça, mais ils lui ont expliqué que son ex n’avait rien fait de mal, que c’était elle qui lui avait donné les photos et donc que c’était lui le propriétaire. C’était leurs mots : « Techniquement, il peut faire ce qu’il veut avec. » La fille assistait comme une spectatrice impuissante à l’enfer de sa vie. Sans parler de certains messages d’insultes qui l’accusent d’avoir chercher ce qui lui arrive. D’autres qui lui ont même dit qu’elle mériterait d’être violée et tuée. La vérité c’est qu’elle se sent déjà comme violée. Et pour la vie. D’ailleurs la vie n’a plus d’importance. Elle est salie. Quand elle se regarde dans le miroir elle ne peut s’empêcher de pleurer. Elle s’allume une cigarette qu’elle fume à moitié. Tremblante et désespérée, elle prend tous les médicaments qu’elle trouve dans la salle de bain de ses parents et les avalent d’une traite. Prise de vertiges la fille s’effondre et perd connaissance. Les photos disparaissent de sa tête. Son esprit quitte son jeune corps. La voilà libérée. Désormais plus rien n’a d’importance. Plus rien n’est grave. Un smartphone vibre dans le noir, c’est une amie qui pense à elle. Mais Blair ne répondra pas. Elle est partie. Et son téléphone vibre dans le néant.

Fin.

Salut les loulous ! Vous êtes de retour sur votre rubrique préférée de l’internet : le « Checkpoint Charly » sur Hurluberlu ! (Grosse explosion de paillettes avec pluie de confettis multicolores dans le ciel suivie d’une fanfare de trompettes jouées par des strip-teaseuses espagnoles… c’est-à-dire un peu « Olé-Olé »!) + (Ouais, je tente une transition sympathique pour contrebalancer avec l’histoire un peu badante du début parce que ma rubrique est cool.) + (Et oui je viens d’inventer l’écriture mathématique où l’on peut ajouter des additions entre les parenthèses… pratique non ?). Cela étant dit si l’histoire qui précède vous a touché d’une manière ou d’une autre, sachez qu’elle traduit malgré son côté romancé, une certaine réalité. Pour info je me suis largement inspiré d’histoires racontées par des victimes de la vengeance pornographique trouvées sur internet pour l’écrire. Si les personnages sont fictifs, les victimes sont bien réelles. En fait j’aurais carrément pu faire comme dans les films américains où il y a écrit « Cette histoire est tirée de faits bien réels ». La seule différence avec le cinéma, c’est qu’à la fin d’un article, y’a pas de musique épique qui fait que tu quittes la salle en te disant que le film que tu viens de voir était génial. Comme le dirait le capitaine Haddock, je fais avec les moyens du bord. Maintenant si tu penses que cette courte histoire c’est des conneries, tu peux toujours fermer cette page et aller boire un thé, c’est chaud et ça fait du bien. Mais si au contraire l’histoire d’Alex et de Blair a réveillé en toi des interrogations troublantes et qu’en plus tu penses que cette histoire ferait un super bouquin alors tu es au bon endroit. « Le revenge porn : what the fuck ??? »….THE ‘CHAUD’ MUST GO ON !

BORN IN THE USA.

C’est une pratique qui explose aux États-Unis, un véritable fléau avec des sites qui se sont spécialisés dans la diffusion de photos d’ex pour un business bien juteux. On appelle ça le Revenge Porn (ou « Porno Vengeance » en français). C’est l’histoire d’Alex et Blair. Mais aussi celle de nombreux autres couples et d’une génération bouleversée par Internet. Vous n’en n’avez peut-être jamais entendu parler et pourtant ce phénomène prend une ampleur considérable. Cette pratique consiste à mettre en ligne et à faire circuler des photos « pornographiques » de son ex-petit(e) ami(e) dans le but de l’humilier. Mais ne nous voilons pas la face, dans la grande majorité des cas (environ 95%), c’est bien le mec qui balance les photos de son ex-copine à poil. Ces photos sulfureuses qui n’auraient jamais dû sortir de la chambre à coucher font parfois le tour de la toile. Et des dizaines de sites pornos se sont spécialisés sur le marché de l’humiliation. Certains gratuits, d’autres payants. À l’heure où la vengeance est un plat qui se mange chaud, aux USA les adeptes se comptent déjà par milliers, les victimes aussi. Les photos diffusées ont été réalisées dans divers contextes souvent avec le consentement du modèle. Pour jouer, s’exciter ou entretenir une relation à distance. Sur le coup c’est grisant, après la rupture, ça peut devenir cauchemardesque. Mais ce n’est pas tout, à côté des clichés on trouve nom, prénom, adresse et parfois même le numéro de téléphone du modèle humilié. Ça plus des commentaires souvent atroces qui accompagnent les photos.  À titre d’exemple sur un des sites on peut voir L. une blonde, mince, seins nus, sexy, en petite culotte rouge. Elle se prend en photo dans un miroir et sourit. Juste en dessous ce poème écrit par son ex : « L. baise avec n’importe qui et ce même si elle a un enfant, elle s’en branle. Elle trompe son copain avec un nombre incalculable de mecs. Elle baisera avec vous facilement. ». Classe. Un des graves problèmes soulevés par ce phénomène c’est que ces photos sont visibles par tout le monde et par extension n’importe qui. L’autre, plus grave encore (bien qu’il s’agisse pour l’instant d’une minorité), est que certaines victimes comme Blair y laisse leurs vies… ce qui en réfléchissant un tout petit peu fait de leurs ex’ les responsables de leurs morts. On peut parler de tueurs ? Mais heureusement d’autres victimes ont fait le choix de parler et de se battre. Bref, de ne pas rester impuissantes face au phénomène. C’est le cas de Holly Jacobs. L’ex de cette Américaine avait diffusé des photos d’elle qu’elle lui avait envoyées, dans une période où ils vivaient à distance. Après avoir lancés une pétition et un site pour sensibiliser au problème et soutenir les victimes, certains états américains ont fini par légiférer, comme la Californie en promulguant une nouvelle loi criminalisant le Revenge Porn et plus récemment l’état de New-York qui aimerait prohiber cette pratique en proposant une sanction allant jusqu’à 1 000 dollars d’amendes et un an de prison. Des politiciens voudraient même aller plus loin en montant l’amende à 30 000 dollars. Ça va faire cher la photo humiliante. Mais quel est le prix de l’image d’une personne ? Et celle d’une vie ? Mais une faille subsiste encore en faveur du porno sans consentement. En effet, ce que la loi californienne dit c’est « que les victimes sont protégées seulement  si c’est celui qui détient la photo qui l’a prise ». En clair la loi californienne ne s’applique pas si c’est la victime qui a pris elle-même la photo. Le souci, c’est que dans 80% des cas cela se passe comme ça. Pourquoi ? Des pressions d’associations pour la liberté d’expression qui constitue l’amendement numéro un aux États-Unis. Mais la bonne nouvelle c’est que 10 autres états sont en train de criminaliser le porno vengeance (vengeance pornographique). Les bases se posent et bientôt les lois iront plus loin.

Mais alors comment une nouvelle forme de vengeance entre les couples a explosé sur la toile américaine ? Dans les faits, c’est bel et bien ce diable de Hunter Moore, qui au-delà d’être l’un des personnages de mon histoire, est le mec bien réel qui serait à l’origine du premier site de revenge porn. L’équipe de Canal l’avait rencontré à New-York lors d’une soirée « Sexy-Trash » sur un bateau où le gars chauffait l’ambiance derrière les platines. Au royaume de la débauche, c’est la star des post-ados écervelés qui jouent à la vie comme si c’était un film porno. Car chez eux, poser nu et envoyer les photos  sur Internet, c’est la norme. Une blonde éméchée dit même à la caméra : « Si t’es bonasse, vas-y prends-toi en photo et partage-les et envoie tes photos au monde entier« . Pour revenir à Mister Moore, devant les journalistes, le mec se défendait d’avoir « trouvé le moyen de payer ses factures et d’avoir juste été assez malin pour faire de l’argent avec les erreurs des autres. » Il disait « être juste un être humain qui aime les femmes à poils… (je ne le blâmerai pas sur cette partie là) il y a des gens qui ont utilisé mon site pour se venger, mais cela ne veut pas dire que c’est moi le méchant. Vous savez, les temps changent, moi j’espère juste avoir éduqué les gens à la technologie« . Bref, le mec joue le bad-boy malin (ce qu’il est probablement) mais cherche quand même à se dégager de toute responsabilité en cas de « dommages collatéraux ». Son discours tiendrait presque la route (je suis plutôt ouvert d’esprit, notamment par rapport au porno et à la technologie) si je n’avais pas l’impression que ce type n’a aucun problème de conscience avec le fait de se remplir les poches en ruinant des vies. Sachez quand même que pour ses leçons de technologie le gars a été entendu par le FBI. Se cachant derrière la liberté d’expression, reversant la faute et la responsabilité sur les gens qui ont pris les photos, le bad boy a été relâché. Mais face à la campagne anti-revenge porn qui sévit outre-Atlantique, Hunter Moore a quand même été contraint de fermer son site. Mais si le gars est peut-être le dernier des tocards, il a flairé avec intelligence (oui ça m’arrache un peu la gueule de le dire) une tendance qui est à l’origine même du revenge-porn. Le mec n’a fait que surfer sur une vague d’hyper-sexualisation de la société sur internet. Le cas d’Hunter Moore reflète en fait une réalité plus sombre que lui.

PORNIFICATION.

Avant on menaçait d’envoyer la photo par courrier à l’entourage, aujourd’hui, on menace de la poster sur Internet. Ça c’est pour le chapitre « La technologie change la manière de faire » (mot-dièse : #vivonslahappytechnologie). Pas besoin d’écrire une page dessus, vous avez pigé l’idée. À la limite le seul truc à dire c’est qu’avec internet c’est public, donc plus grave. Mais ce qui m’intéresse en revanche et qui pourrait bien être la source du problème c’est le phénomène de « Pornification«  de notre génération, lui-même « marié » à la célèbre mode des « Selfies » et la pratique (pas nouvelle) du « sexto« . Pornification, autrement dit l’hypersexualisation des mœurs.  Il s’agit en fait d’un phénomène encouragé par les grandes marques de vêtements et cosmétiques, par les stars adolescentes au sex-appeal débridé (et pour cause le sexe est leur fond de commerce), par la presse, par la télé-réalité et ses anges de la débauche qui ont à peu près autant de jugeote que la mouette moyenne en période de reproduction, par les médias en général mais aussi (et malheureusement) les films pornos en streaming. À mon sens, le problème n’est pas le porno à proprement parler. Du moins pas directement. Les mecs (que j’allais désigner comme « les principaux consommateurs de films X » mais c’est un pléonasme) savent pour la plupart faire la différence entre la fiction et la réalité. Le porno c’est le fantasme, autrement dit une fantaisie de l’imaginaire qui par définition n’a pas pour but d’être assouvi. Non, je pense que le problème vient plutôt de la société de l’image dans laquelle nous vivons, qui emprunte aujourd’hui tous les codes de la pornographie pour les copier-coller dans la vie réelle, jusqu’à les exposer comme modèle de vie. On voit des Nabilla, Zahia, Miley Cyrus et autres bombasses vulgaires devenir des icônes et des modèles de réussite. C’est un peu l’histoire de Pretty Woman. Comme si avant d’être une princesse il fallait être une pute. Ou du moins en jouer le rôle. Here comes the Bitches ! Bien-sûr c’est de la provoc’, du jeu, du « c’est pour de faux », mais cela fonctionne à merveille. De ce fait on assiste l’hyper-érotisation des expressions, des postures, du vocabulaire et des codes vestimentaires… cela inspire tout le monde et surtout les plus jeunes. Cela dit, le fait que le sexe soit vendeur n’a absolument rien de nouveau (sans remonter trop loin on peut déjà se remémorer le fameux « Like a virgin » de Madonna). Le truc qui est neuf c’est que cette imagerie pornographique a changé de statut. Elle est passée de « provocatrice » à parfaitement normale. Ce qui avant était considéré comme un gros bras d’honneur à l’ordre établi est devenu l’ordre établi. Et le plus drôle (si on peut considéré cela comme drôle), c’est que notre société de l’image n’a presque rien eu à faire puisque notre génération s’est complètement approprié le concept. C’était une parfaite Inception. La seule chose à faire c’était planter la graine et nous on s’est chargé du reste. Et on a bien bossé. Alors le cul c’est Rock’n’Roll et tout, mais là où la Pornification pose problème c’est qu’en devenant un phénomène généralisé, elle a troublé notre perception des choses. Je pourrais dire qu’elle nous a abrutis, mais c’est plus fort que ça : elle nous a aveuglés. En se généralisant, les codes du cinéma dénudés ont flouté les frontières entre fiction et réalité. L’effet de mode devenant la norme, le corps humain a perdu de sa valeur, altérant les jugements de certains jusqu’à permettre une confusion dans leurs rapports au sexe dans la vie courante comme dans la vie digitale. Un chose en entraînant une autre, il n’a pas fallu grand chose pour que des mecs sans repère (pour ne pas dire des abrutis) perçoivent le corps (pour ne pas dire celui de la Femme) + (pour ne pas dire la Femme tout court) comme un objet sexuel public parfaitement diffusable sur internet. En gros, comme dans leurs perceptions la fiction est devenue une réalité, certains individus confondent les deux. Pire, ils trouvent ça cool. Pornification oblige.

Alors c’est simple, vous prenez cette tendance, vous la mélangez avec la culture du partage sur Internet, des photos sexy sur Facebook, du selfie devant le miroir (j’ai même découvert hier la nouvelle mode du « Sexselfie » qui consiste à faire une photo après une partie de jambes en l’air puis de la partager sur les réseaux… non mais sérieusement WTF ?) et vous obtenez après une belle rupture bien douloureuse, le méchant concept du « porno vengeance ». Au fond, quand Hunter Moore dit que les temps changent, il a raison. Alors loin de moi l’idée de revenir à une société aussi pieuse que coincée, pour ainsi dire je ne suis pas fan du politiquement correct non plus, mais la vérité c’est que nous ne sommes encore qu’au début d’une ère ou sexe et technologie vont être intimement liés. À nous enfants de l’image et de l’internet, d’en tirer nos propres enseignements pour apprendre à vivre avec. C’est un sujet passionnant sur lequel je n’ai (à titre personnel) aucune leçon de morale à donner à personne et surtout pas à toi lecteur chéri. Chacun peut en son âme et conscience vivre sa vinaigrette sexuelle comme il l’entend. Mais si je devais donner mon avis, je dirais que l’intimité c’est bien, que le revenge porn c’est aussi lâche que cruel et qu’internet n’a rien à foutre dans une vraie bonne partie de jambes en l’air. Appartient au couple de gérer et protéger sa vie sexuelle réelle et digitale comme il l’entend. Point positif : si en France, il y a des sujets sur lesquels on n’est pas bien armés, sur celui-là, on l’est très bien. Une personne te menace de diffuser une photo de toi ? Te fait du chantage ? BIM, cinq ans de taule dans la gueule et 75 000 euros d’amende. Atteinte au droit à l’image et à la vie privée ? REBIM, un an de taule et 45 000 euros d’amende. Le tout sans passer par la case départ. Des sanctions qui devraient vite calmer les petits malins français qui voudraient humilier leur copine sur internet. À priori, au pays de l’amour, le couple peut encore « sextoter » sereinement.

UNE THÉORIE SUR LE REVENGE PORN.

Pour finir, j’aimerais partager avec vous la pensée d’un journaliste sur la « vengeance pornographique » qui a formulé une petite théorie que je rejoins complètement. Le mec est allé sur ces sites, et retient une expérience intéressante. Intéressante car au final très peu excitante. Étrange parce qu’on y retrouve à peu près ce qu’on recherche sur un site porno classique. Mais selon-lui, tout se loge dans l’ « à peu près ». En fait si les images sont si peu excitantes c’est qu’elles sont autre chose qu’excitantes. Les sites pornographiques traditionnels regorgent de ce porno amateur, de ces gens normalement beaux – c’est-à-dire normalement moches -, qui se livrent à des activités sexuelles mal filmées (photos surexposées ou sous exposées, caméra de travers, qui tremble, qui tombe etc.…). Et l’excitation, vous le devinez, provient de l’effet de réel donné par ce moindre souci porté à l’esthétique, qu’elle soit physique ou technique. Ces images de « revenge porn », dans leur côté mal foutu, devraient provoquer cette même excitation. Eh bien non. Parce qu’on est encore en dessous du porno amateur, on est dans une autre zone. Le revenge porn provoque autre chose. Voilà sa théorie mot pour mot :

« Dans toute leur crudité, dans toute leur laideur parfois, ces images sont émouvantes. Elles sont émouvantes parce qu’elles ont excité. Elles ont excité deux personnes, dans un contexte qu’on imagine : l’éloignement, la séparation, l’impossibilité de se voir, le dévoilement progressif, la découverte de la photo. Et parfois, le contexte, c’est aussi un décor, un intérieur, une literie, des dessous de mauvais goût. Ces images sont émouvantes dans leur quête de l’excitation de leur destinataire, quête souvent maladroite car surjouée, excessive. Elles sont émouvantes par le complexe jeu de regard qu’elles supposent. Elles sont émouvantes parce qu’elles sont les résidus d’une histoire, parce qu’elles sont des traces. Mais comme l’était auparavant une correspondance amoureuse, parce qu’on n’a pas attendu Internet pour s’exciter à distance avec des images et pour en garder des preuves. « 

Bon il n’y a pas de fumée sans feu, si cette pratique a explosé, c’est bien qu’il y a quelque chose. Mais l’émotion qui transpire à travers ces images dérange. Et le jeu du fantasme qui appartient au porno amateur finalement bien codé, disparaît. Enfin pour ce qui est de l’excitation à distance comme le prouve ce vieux coquin de Flaubert, on n’a finalement pas inventé grand chose. Voilà pour conclure, je vais faire comme les films américains et terminé mon checkpoint de ouf sur une chanson rock méga puissante qui fera décoller vos likes sur Facebook !

Poets & Pornstars – Rock And Roll

Le Checkpoint Charly c’est fini pour aujourd’hui, mais on se retrouve dans un mois pour plein de nouvelles questions existentielles ou presque. Allez ciao bonsoir !

Pourquoi Internet anesthésie la génération Y ?

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Checkpoint Charly : Les questions existentielles ou presque.

POURQUOI INTERNET ANESTHÉSIE (DANGEREUSEMENT) LA GÉNÉRATION Y ?

Le réveil sonne. Vous ouvrez les yeux mais vous ne voulez pas vous lever. Ça pique. Vous vous êtes encore couché trop tard. Il va falloir aller travailler et d’ici une minute, vous allez soulever votre couverture, avoir froid et courir pour atteindre la douche, ultime moyen de vous réveiller vraiment. Car jusqu’à présent vous ne l’êtes pas. Du moins pas complètement. Vous êtes plutôt un genre de zombie qui reprend soudain conscience de son existence (et oui, ce n’est pas toujours beau à voir). Mais la douche est encore loin et le réveil de votre smartphone probablement de type iPhone sonne toujours. Cette même sonnerie qui vous réveille tous les matins de la même manière résonne dans votre tête. Cela vous irrite, alors vous tendez le bras et atteignez votre téléphone chargé à 100%. Votre pouce glisse sur l’écran LCD et la musique s’arrête. Vous regardez péniblement l’heure, aveuglé par votre écran et vous imaginez une seconde le plaisir d’une grasse matinée défendue. « Et si ce matin, exceptionnellement, je ne me levais pas ? » Vous pourriez inventer une excuse formidable et vous replonger dans vos draps chauds, façon fajitas Old El Paso. Votre cocon adoré. Mais finalement non. La raison l’emporte. La grasse mat’ attendra… vivement le week-end prochain!

Alors c’est décidé, vous allez vous lever. Mais une petite chose vous retient encore. Un nouveau rituel qui rythme désormais vos matins. Votre iRéveil est encore dans votre main et vos yeux sont braqués sur la lumière de l’écran. Ils ont repérés un petit carré bleu avec des bords arrondis et un « f » blanc dessus. Ce carré vous le connaissez  par cœur. D’ailleurs il vous nargue toute la journée. Il titille votre cerveau ce carré bleu. Vous lui accordez toute votre attention, il est incontournable. Non, vous ne l’éviterez pas. Vous ne pourrez pas l’éviter. Sa force d’attraction est plus forte que vous. Le « quoi de neuf » qui n’engage à rien s’est métamorphosé en habitude. « Trop de mystères se cachent derrière cet icône ». Il devient alors impossible de ne pas cliquer dessus. Et évidemment vous ne faites pas la seule chose qui aurait pu contredire cette introduction avec panache, à savoir : jeter avec violence votre smartphone contre le mur en criant « JE T’EMMERDEEE FACEBOOK ! ». Raison numéro une : un iPhone ça coûte cher. Raison numéro deux : vous êtes addict. Bon, le « jeté de smartphone » est un peu radical, mais d’un côté une désinscription totale du réseau social à ce moment-là semble presque aussi surréaliste.  Alors non, vous ne faites pas ça. En fait, vous faites exactement l’inverse. Car à cet instant-là de manière quasi-instinctive, comme ça, sans réfléchir, la seule chose que vous faites, c’est cliquer. Votre doigt touche le coin de l’écran, espace où se trouve précisément notre fameux carré bleu. L’application s’ouvre. Vous voilà connecté au monde. La journée peut commencer. Le chargement s’effectue et vous scrollez votre page d’actualités. Ce que vous faites est vide de sens mais c’est devenu naturel. D’ailleurs vous vous en fichez pas mal de savoir si cela a un sens. Vous attendez la surprise. Vous espérez.  Peut-être qu’un message de séduction inattendu de la personne que vous convoitez secrètement va apparaître ? Ou alors la publication des photos de samedi soir que vous attendez toujours ? Ou peut-être 20 likes de plus sur votre nouvelle photo de profil ? (Ou même juste un ?)  Ou peut-être simplement voir si le monde tourne toujours rond ? Alors il y a des matins où vous êtes gâté. Vous avez votre lot de surprises et c’est une raison suffisante  pour commencer la journée du bon pied. Mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Parfois vous n’avez pas votre surprise. À vrai dire souvent.  C’est comme si la petite souris avait oublié de passer. En réalité, c’est juste le clic de cette dernière. Mais enfin, pour vous c’est pareil. Cela vous fait un drôle d’effet. L’effet d’un manque. Vos paupières sont lourdes. Rien ne se passe. Vous avez satisfait votre envie de cliquer, mais réalisez que cela ne vous suffit pas. Vous vouliez plus. Le pire étant de réaliser que vous ne savez pas quoi. Vous ne vous êtes pas levé que vous êtes déjà frustré. Le monde vous a parfaitement ignoré et le matin a un goût amer. En fait non. C’est plus flippant que ça, car le matin n’a pas de goût. Vous reposez votre téléphone. Un zombie se lève. Ce zombie c’est vous. Et c’est moi aussi.

Salut génération Y ! Le mois dernier, mon article portait sur les Geeks. Il inaugurait cette rubrique philosophico-sociologique-cool-new-wave en posant la question suivante : « Pourquoi les geeks changent le monde ? »  À travers ce questionnement existentiel ou presque, on parlait d’évolutions humaines, de technologies qui révolutionnaient nos vies et d’internet. Mais au-delà des machines, cet article était avant tout un hymne à l’imagination. Une ode à la créativité au service de l’Homme. Car c’est toujours ça la grande question : Nous. Mais quand l’article fut posté, j’ai réalisé que je n’avais pas tout dit. Et comme tout n’est pas blanc, j’ai eu envie d’explorer les zones d’ombres de notre génération Y, le côté obscur de l’Internet. C’est pour cette raison que j’ai envie de poser la question de notre relation à Internet. Après la force des Geeks, les failles d’un monde 2.0 et la boucle sera bouclée !  Alors si toi aussi tu penses que tu deviens un zombie moderne tape ZOMBIE au 8 32 32 et lis la suite, ça pourrait t’intéresser.

AVANT INTERNET.

Au commencement le Big-Bang. Le choc des matières. Une puissante lumière se propage dans le néant et laisse derrière elle une trainée de poussières cosmiques. Parmi elles, une planète peuplée de dinosaures : la Terre. Un astéroïde plus tard, grosse explosion, fin du délire Jurassic Park (à l’exception d’un certain Denver, le dernier dinosaure) et arrivée des mollusques. Théorie de l’évolution : les méduses se tapent les têtards qui se tapent des lézards et PAF ça fait des bébés singes. Enfin débarquement des extra-terrestre (les geeks ?) sur la Terre, qui finissent par s’enfiler les singes et REPAF ça fait des hommes de Cro-Magnon (des singes plus intelligents en gros… nos ancêtres). L’Homme est donc un animal faible mais plus clairvoyant que les autres. Il se sert de son cerveau pour devenir meilleur. Il découvre le feu, se sert de ses mains pour créer des outils et pour construire. Ainsi il fait l’amour et la guerre. Ainsi il fait l’Histoire. Il invente tout plein de trucs formidables tels que l’agriculture et les machines à vapeur. Il invente aussi des trucs inutiles (tels que la peinture, la poésie, la musique… bref l’Art) mais qui lui donnent un sentiment justifié d’intelligence et d’évolution. L’Histoire de l’Homme est fameuse, pleine de rebondissement et de profondeur. On voit passer des révolutions et des démocraties. Des crises économiques et des crises de colères. Du sexe et du Rock’n’Roll. Autant de choses qui donnent à la vie une putain de saveur. L’Homme est dans l’action et se sent plus vivant que jamais.

Vous l’aurez compris, il faut que j’arrête d’écrire bourré. Plus sérieusement,  il est évident que ce « résumé » de l’Histoire de l’humanité ne dit pas tout (et dit aussi beaucoup de conneries). Mais il a toutefois le mérite de guider ma pensée vers l’idée suivante : « le sentiment d’existence ». En fait l’idée qu’à travers son évolution périlleuse, le genre humain dans sa globalité et malgré ses nombreux défauts, avait une aspiration à la grandeur. Et comme sa quête de bonheur est longue et laborieuse, parsemée de pièges et de malheurs, quand il arrive au bout, l’Homme a vécu un vrai truc. Comme le dit l’adage « Ce n’est pas la destination qui compte, c’est la route ». En gros la vie est une montagne russe avec des hauts et des bas, mais où l’émotion prime sur tout. D’où ce « sentiment d’exister ». Mais ça c’était avant. Avant Internet.

Il y a eu un avant internet et il y a eu un après. Le « Avant-Internet » c’est la préhistoire de l’Homme moderne. Car quand l’Homme a découvert Internet, l’Homme à découvert le feu.

APRÈS INTERNET.

« Si Dieu a crée l’Homme, L’Homme s’est émancipé en créant Internet. »

Comme à la découverte de n’importe quel trésor, au début c’est l’effervescence. Comme un gamin qui déballe son paquet à Noël et découvre que le cadeau est encore mieux que prévu. Comme quand on trouve une idée géniale. Car c’était le cas : une idée géniale au potentiel énorme. Alors évidemment on s’emballe et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On fonce tête baissée dans le futur, joueur et insouciant, avec l’espoir que ce trésor nous apportera une vie meilleure. Dans mon article précédent, j’avais défini Internet comme tel : « La connaissance absolue. L’information immédiate. (…) En un clic, l’information fait le tour du monde, voyageant à la vitesse de la lumière. »  Formidable n’est-ce pas ? Mais cela sous-entend qu’Internet a une fonction bien précise de partage d’informations. Voilà ce qu’aurait dû être Internet : un outil pour l’Homme. Et j’insiste sur cette notion : un outil UTILE à la vie. J’emploie du conditionnel pour le définir mais la vérité c’est qu’Internet EST utile. Utile pour s’informer, écouter, voir, partager  ou encore communiquer. Aussi utile pour créer, pour entreprendre, pour troquer, pour voyager, pour se faire connaître, pour devenir trader et gagner de l’argent facilement ce qui permettrait ensuite d’augmenter la taille de son sexe et de baiser des filles moches, pour faire des rencontres, regarder des films en streaming, se faire un p’tit porno, apprendre la cuisine, réparer un téléphone… utile parce que tout est moins cher, j’en passe et des meilleurs. Bref UTILE.

Mais si j’ai employé le conditionnel pour le définir tout à l’heure, c’est parce qu’il y a un « mais ». Ou plutôt un « SAUF QUE ». Quand je dis « ce qu’Internet aurait dû être » sous-entend pour moi qu’Internet a désormais dépassé ce statut d’outil qui devait le définir. Internet est devenu plus qu’un outil, il est devenu un monde à part entière. Internet est génial MAIS nous en sommes devenus dépendants. Internet est utile SAUF QUE c’est devenu une addiction. En entrant dans nos vies, Internet est devenu notre vie. Sur la pyramide de Maslow, il y a les besoins fondamentaux (manger, dormir, respirer…) et juste après il y a Internet. Nous ne pouvons plus nous en passer car nous faisons partie de la définition : nous sommes des êtres connectés. Nous vouons désormais un culte total à notre smartphone connecté.  Notre nouveau Dieu s’appelle Internet et son premier prophète est Facebook. Le feu que l’on a découvert brûle les livres et nous consume tout doucement.

Et si en découvrant Internet nous avions ouvert la boîte de Pandore ? Et si Internet était notre fruit défendu ? Notre pomme empoisonnée ?

Un constat en quelques chiffres :

Nous sommes désormais plus d’1 milliard d’êtres humains connectés sur Facebook. 600 millions de membres accèdent au site depuis un appareil mobile. Chaque jour, les Américains de plus de 18 ans passent en moyenne 5 h 09 sur Internet, contre 4 h 31 en moyenne devant leur poste de télévision. Le temps passé sur Internet est en nette augmentation (15,8 %). En France nous passons en moyenne 1 heure par jour devant Facebook (un chiffre déjà énorme et qui a pourtant vocation à augmenter encore).

Un constat qui peut donc faire peur car en seulement une année le temps passé devant notre téléphone a littéralement explosé. Au bout du compte nous passerions 36 heures par semaine devant un écran ! On serait tenté de se demander si avec tout ça on prend le temps de se parler ? Les réseaux sociaux qui aurait dû nous rapprocher n’auraient-ils pas eu l’effet inverse ?

J’aimerais partager avec vous cette publicité Apple nommée « l’incompris », que vous avez peut-être vue au moment de Noël :

https://www.youtube.com/watch?v=v76f6KPSJ2w

Photo : pub Apple « l’incompris »

Le pitch est simple : Un adolescent passe toutes ses vacances de Noël sur son iPhone. Alors que sa famille pense qu’il s’ennuie et préfère sa vie virtuelle, il les filme. Le matin de Noël, il montre les moments d’émotions qu’il a captés, réussissant à émouvoir sa famille. Évidemment cela fonctionne à merveille. C’est plein d’émotions, on s’identifie et cela nous rassure. Mais la vérité c’est qu’avec ce spot, Apple tente de dédramatiser les jeunes passant leur temps sur leur iPhone et iPad. Je sais que les marketeurs et les publicitaires sont des malins (à vrai dire je les connais bien, j’en suis moi-même un), mais là ils ont fait très fort. Ils ont pris un coup d’avance sur ce qui est en train de devenir le sujet qui fait mal au business. Et c’est tellement bien utilisé, tellement au bon moment. Combien parmi vous on eu l’impression que ce Noël 2013 était encore plus connecté que les précédents ? Combien on eu le sentiment que cette année le téléphone était trop présent ? Notre famille est là et nous, nous sommes sur notre téléphone. C’est quand j’ai réalisé qu’il était temps de proposer un bon vieux jeu de société type Monopoly, pour que tout le monde (moi y compris) se déconnecte, que j’ai commencé à flipper. Cette pub Apple se sert de cette réalité (que l’on appelle « Insight » en publicité) pour nous faire déculpabiliser. Mais moi, j’ai peur. Alors pourquoi faisons-nous ça ? La réponse est simple : nous cherchons à fuir l’ennui. Sauf qu’en cherchant à fuir l’ennui, nous fuyons la réalité. Nous devenons malgré nous des No-Life (la version dark du geek).

Finalement nous nous centrons sur nous-mêmes et sur notre e-réputation. Sans nous en rendre compte, nous sommes devenus des zombies égocentriques (d’ailleurs « SELFIE » est devenu le mot de l’année au Canada). Bombardés par un surplus d’informations nous sommes au bord de l’overdose. Nous perdons notre temps en nous abrutissant devant de la « junk information » (les fameux articles du type « Les 10 trucs les plus cons que vous avez jamais vus »). D’ailleurs nous ne prenons plus le temps de lire. Nous préférons les tweets de 140 caractères aux livres qui racontent des histoires. Mais le pire du pire (« Pire2Pire ») c’est que la journée se finit exactement comme elle a commencé : devant son écran. Alors qu’il est 1 heure du matin, que vous êtes fatigué, la dernière chose que vous faites c’est checker une dernière fois Facebook avant de dormir. Votre quête de surprises s’achèvera ici dans votre lit. Vous branchez votre téléphone pour le recharger et là, enfin vous fermez les yeux. Les 6 ou 7 heures qui vont suivre vous dormirez. 6 ou 7 heures consécutives où vous ne serez pas devant votre écran. 6 ou 7 heures où vous pourrez enfin rêver. Je dis « vous », mais en fait je dis « nous ». Anesthésiés par notre téléphone nous avons oublié qu’Internet était un outil. Nous avons oublié de vivre.

Alors quelles solutions ? Pas évident. Mais commencer par une prise de conscience collective autour de notre consommation du web serait un bon point de départ. Tout ce que je viens d’écrire est un peu badant et j’exagère volontairement les traits de notre génération pour faire passer les grandes idées. Je ne suis pas un anti-internet, au contraire, je suis un geek dans l’âme et je penses que nous avons irrémédiablement besoin d’Internet pour faire évoluer le monde. D’ailleurs je suis persuadé que le web a encore de belles choses à offrir au monde. Acceptons le futur, mais n’oublions pas qu’Internet est avant tout et surtout un outil.  Et pour finir sur une note positive, régalez-vous devant cette campagne de pub’ géniale pour Le Mouv’, qui nous rappelle aussi que « Tout n’était pas mieux avant ».

Alors sortez de chez vous, faites la bringue, soûlez-vous la gueule avec vos amis ou des inconnus, faites l’amour, voyagez et vivez. Le Checkpoint Charly c’est fini pour aujourd’hui, mais on se retrouve dans un mois pour plein de nouvelles questions existentielles ou presque. Allez ciao bonsoir !

Je dédie cet article à la génération Y et à Hélène pour son aide précieuse. « TMTC Babydoll ».