A propos Paul

Elève-avocat, adepte des tirades audiardesques et spécialiste politique/relations internationales de l'Hurluberlu.

Entrepreneuriat – Lepermislibre

L’heure est plus que jamais au « sharing »! La mise en relation simplifiée de professionnels et de particuliers, ou de particuliers entre eux, gagne encore du terrain. Après les succès d’Airbnb et de Blablacar (qu’on a interviewé ce mois-ci), on assiste à la naissance d’un petit nouveau tout droit sorti de l’ancienne capitale des Gaules, Lepermislibre. C’est dans l’esprit de deux jeunes lyonnais, Lucas Tournel et Romain Durand, qu’a germé l’idée d’appliquer ce principe de partage au permis de conduire. L’Hurluberlu a interviewé l’un d’entre eux pour mieux connaître leur concept, leurs motivations et ce qui les a poussés à entrer dans le monde de l’entrepreneuriat.

Entrepreneuriat – Lepermislibre

Si ses études ne le prédestinaient pas à monter un tel projet, Lucas affirme qu’en les terminant, il ne pensait qu’à créer son entreprise. Cette idée novatrice lui est venue en discutant avec Romain des contraintes financières et logistiques croissantes que rencontrent les futurs candidats au permis de conduire. En découvrant progressivement les rouages de cet examen, ils se sont aperçus qu’il y avait de nombreux moniteurs indépendants désireux d’augmenter leur nombre d’heures de cours de conduite et que, parallèlement, les moniteurs affiliés à une auto-école avaient parfois des vides dans leur planning hebdomadaire. Nos deux entrepreneurs ont ainsi compris qu’il fallait mettre en relation ces moniteurs avec ces élèves et inversement.

Le concept est simple. La plateforme en ligne permet de mettre en contact des futurs candidats au permis de conduire et des moniteurs sans passer par une auto-école, faisant l’économie d’une démarche parfois longue et coûteuse. Chacun des protagonistes bénéficie d’un espace dédié sur le site. En achetant un « Pack candidat libre », l’élève est directement mis en contact avec un moniteur qui s’est préalablement inscrit dans l’espace réservé à sa qualité. Lepermislibre se charge de la mise en relation par l’échange des coordonnées. Dates et lieux sont ensuite convenus entre l’élève et le moniteur.

Si le gain de temps et l’économie de logistique sont évidents, Lucas se défend de faire de la concurrence aux auto-écoles. S’il a par ailleurs monté une auto-école en ligne comme d’autres ont pu le faire, son concept en est parfaitement indépendant. Lepermislibre regroupe en réalité deux activités: le concept de mise en relation évoqué plus haut et une auto-école en ligne. Le segment de marché sur lequel se sont positionnés les deux entrepreneurs est inédit. Il s’agit en réalité d’une double idée. La première est d’utiliser le temps libre des moniteurs d’auto-écoles et de faciliter le travail de recherche des moniteurs indépendants. La seconde vise à simplifier les démarches des candidats libres au permis de conduire. Tout ceci sans empiéter sur l’activité séparée d’auto-école. Globalement, certains y gagnent et d’autres n’y perdent pas.

Lorsqu’on lui demande s’il a dû faire face à certaines contraintes, Lucas reconnaît ne pas en avoir rencontrées d’insurmontables. Outre les démarches administratives nécessaires au démarrage de son activité et la création du site internet qui concernent toutes les jeunes start-up, la législation relative à son concept est inexistante. De plus, les lois et règlements propres à l’activité d’auto-école ne l’empêchent pas de développer ce nouveau concept.

Pour justifier de leur bonne foi, bien que leurs diplômes universitaires les en dispensaient, Lucas et Romain ont pris le temps de suivre la formation nécessaire pour devenir gérant d’auto-école. Si celle-ci n’était pas indispensable dans le cadre des deux activités de la start-up, l’acquisition de connaissances spécifiques à ce milieu leur a été particulièrement bénéfique; l’objectif étant de mieux comprendre leurs interlocuteurs, d’améliorer leurs connaissances du marché et certainement de rassurer les plus sceptiques…

Lepermislibre fonctionne depuis un mois et les premiers cours de conduite ont déjà eu lieu. Lucas ne pense pas avoir assez de recul pour évoquer un succès mais il ne s’interdit aucune projection. Il nous explique que malgré son implantation à Lyon, les moniteurs proviennent progressivement de régions plus éloignées. Son objectif serait, à terme, de se faire connaître à travers tout l’Hexagone et de couvrir par conséquent l’ensemble du territoire. Ainsi prévoit-il prochainement de lever des fonds afin de développer sa communication et surtout de commencer à embaucher du personnel. Il ne compte pas ses heures et ne ressent pas la fatigue. Il aime ce qu’il fait. Il vit son projet à 200%.

Nous lui avons demandé quelles étaient les qualités requises pour un entrepreneur. Là encore, Lucas fait preuve de prudence et met en avant son manque de recul. Outre l’ambition qui demeure un fil conducteur, il souligne la nécessité de bien savoir s’entourer.

D’autres projets ? Il ne sait pas mais il ne se ferme aucune porte. En attendant, sa start-up, qui vient tout juste de démarrer le moteur, semble être prête pour un sacré road trip!

Rejoignez la page Facebook Lepermislibre ici sur laquelle chacun peut se tenir informé de l’actualité de la start-up et visiter virtuellement ses locaux dans le centre de Lyon !

Politique – la disparition de la diplomatie française

Image

Historiquement, la diplomatie française est toujours apparue comme un des fleurons français, une industrie politique capable de trouver des solutions aux contentieux internationaux touchant de près ou de loin la sphère d’influence de la France et de défendre ses intérêts géostratégiques à travers le monde.

Sans remonter au Moyen-Âge ou même à la Renaissance, la politique internationale menée par les Chefs d’Etat français successifs depuis 1945 s’est caractérisée par des positions souvent équilibrées, indépendantes et respectueuses des autres nations. La diplomatie française a, jusqu’à très récemment, généralement fait preuve d’une grande modération dans les positions à adopter face aux conflits internationaux. En témoignent les visites du Général de Gaulle en Russie et en Chine dans les années 1960, la mise en place d’une politique pro-arabe après la Guerre des Six Jours de 1967 et le refus d’une intervention armée en Irak aux côtés des Américains et des Britanniques en 2003.

Les dernières années ont malheureusement vu cette position historique de la France disparaître.

Quai d’Orsay

Le 17 mars 2009, un vote de confiance de l’Assemblée Nationale a entériné le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Cette date doit être évoquée car il n’est pas possible de dissocier la politique étrangère d’un pays et son appartenance à une organisation militaire aussi importante que l’OTAN. Outre son volet militaire, il ne faut pas oublier que l’OTAN est aussi dotée d’un volet économique important que les médias ont tendance à oublier. La réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN signifie par conséquent le rapprochement de sa politique étrangère avec celle des autres membres de cette organisation en tête desquels se trouvent les Etats-Unis.

Théoriquement, une telle alliance militaire ne devrait pas empêcher la France de s’exprimer et d’adopter une voie qui lui est propre, d’autant plus qu’elle fait partie de cette alliance. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir la symétrie ou plutôt l’alignement de la politique étrangère de Paris sur celle de Washington depuis 2011.

2011 est l’année de l’intervention en Libye. Si la France est apparue en tête de l’opération visant à évincer le Colonel Kadhafi du pouvoir – certainement pour des raisons qui nous échappent ou que les médias taisent -, une telle intervention n’aurait pu se faire sans l’aval des autres membres de l’OTAN, et des plus importants, à savoir les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Mais quel était l’intérêt de la France dans la destitution d’un dictateur qui parvenait malgré tout à maintenir un certain apaisement dans un pays composite et tribale? Le chaos qui règne actuellement en Libye montre l’erreur commise par ceux qui ont participé à cette opération. Ce pays pétrolifère et composé d’une population majoritairement alphabétisée et éduquée avait tout d’un partenaire économique correct pour la France.

Le chaos libyen

Les conséquences n’en sont que plus désastreuses. L’armement irréfléchi des rebelles libyens est la cause directe de la montée du terrorisme au Mali. Le Sahara est en effet une vaste zone d’échange sur laquelle règnent de nombreuses tribus, extrêment mobiles, qui étendent leur zone d’influence de l’Atlantique à l’Océan Indien. Le Président actuel n’a donc pas eu d’autre choix que de tenter de réparer les erreurs commises par son prédécesseur en lançant l’opération Serval. En outre, les désastres humanitaires en Libye et au-delà ont accentué l’immigration massive en Europe où les victimes des crises économiques successives n’avaient pas besoin de subir en plus les conséquences des erreurs de leurs dirigeants en Afrique.

Les interventions du Président François Hollande en 2014 ont fini d’achever l’image de la diplomatie française à travers le monde ou tout du moins de confirmer l’alignement de Paris sur la politique agressive de Washington.

En Ukraine, la France a suivi la politique de l’Union européenne qui suivait elle-même la politique de Washington. Elle a ainsi fait montre d’un manichéisme certain et d’une grande irresponsabilité en soutenant aveuglément toutes les composantes de l’opposition ukrainienne, dont certaines seraient dans un autre contexte largement blâmées, et l’ingérence grotesque des Etats-Unis par le biais de sponsors financiers. Au-delà des conséquences économiques néfastes pour l’Ukraine qu’une telle position peut engendrer, la France se met à dos un marché économiquement important qu’est celui de la Russie. Je rappellerai à nos lecteurs que le complexe militaro-industriel français s’épanouissait encore jusqu’à très récemment à travers de juteux contrats conclus avec les russes. Si l’affaire des Mistrals a été médiatisée, la presse tait les conséquences de l’embargo sur les matériels industriels militaires de haute technologie produits par des entreprises françaises.

Finalement, n’importe quel français doué de bon sens se demanderait pourquoi notre gouvernement se prive d’échanges économiques susceptibles de créer de l’emploi en France et d’améliorer un tant soit peu la situation économique de notre pays. La réponse tient essentiellement à des raisons géopolitiques. La crise ukrainienne est l’illustration de la volonté américaine de limiter et de réduire la sphère d’influence de la Russie, pays capable de peser comme un contrepoids à l’hégémonie américaine. La politique étrangère des Etats-Unis depuis 1945 s’est toujours caractérisée par l’existence d’un ennemi justifiant tous types d’ingérence, militaire ou économique. L’ennemi étant logiquement celui qui s’oppose à cette hégémonie, l’on comprend mieux pourquoi l’histoire nous présente des dictateurs plus démocratiques que d’autres. La France et le reste des pays de l’Union européenne sont pris dans ce conflit dans lequel ils doivent prendre parti sans vraiment avoir le choix tant l’influence de l’OTAN – des Etats-Unis – est prégnante. La diplomatie française n’a donc joué aucun rôle dans la crise ukrainienne. A contrario, l’absence de positionnement équilibré et réfléchi a fait passer la France et d’autres pays européens pour des vassaux n’ayant plus les moyens d’affirmer leur propre voie susceptible de défendre leurs intérêts. Le chantage politique que fait aujourd’hui François Hollande, sous la pression des Etats-Unis, à Vladimir Poutine, concernant la livraison des navires de guerre Mistrals construits par les français, finit de décrédibiliser la capacité de la France à honorer ses futurs engagements avec des partenaires étrangers.

Le manque d’indépendance de la France dans la crise ukrainienne

La question très actuelle de l’EIIL (Emirat Islamique en Irak et au Levant) parachève la fin de la diplomatie vertueuse de la France. Le conflit qui a opposé en Syrie ceux qu’on appelle « les rebelles » et l’armée régulière fidèle à Bachar Al-Assad a donné l’occasion aux occidentaux de faire preuve d’une grande ingérence dans ce pays. Ces derniers ont apporté leur soutien à une opposition soi-disant modérée qui s’est révélée ensuite être un magma composé de mouvements complètement différents dont certains versent dans le fondamentalisme islamiste. Ce soutien s’est traduit par la livraison d’armes payées directement par le Qatar et l’Arabie Saoudite. François Hollande a, à l’époque, donné son feu vert à une intervention des troupes françaises en Syrie aux côtés des américains. Lorsque Barack Obama a décidé de ne pas engager les troupes américaines, François Hollande a aussitôt fait volte-face. Où est passée l’indépendance de la France?

Le berceau de l’EIIL se situant en Syrie, qui peut encore croire que les fondamentalistes déguisés en modérés, financés hier par les occidentaux dans le but d’évincer Bachar Al-Assad, sont différents des fondamentalistes qui constituent aujourd’hui l’EIIL? Les médias taisent ainsi une faute et une véritable responsabilité des pays occidentaux dans la déstabilisation du Moyen-Orient. La France en fait évidemment partie. Des photos prises de membres de l’EIIL montrent certains d’entre eux armés de FAMAS, le fusil d’assault utilisé par l’Armée française. Pour ceux qui ne le savent pas encore, si le financement de terroristes islamistes n’a aucun intérêt pour le citoyen français, il permet toutefois de maintenir une zone tampon entre les deux puissances chiites que sont la Syrie et l’Iran. L’EIIL permet également de mettre la main sur les champs pétrolifères irakiens et de vendre du pétrole à bas prix à la Turquie et à Israël. Il permet enfin de déstabiliser une région proche du caucase et de provinces russophones, et de maintenir un réservoir de terroristes susceptibles d’aller désordonner l’ouest de la Chine. C’est donc un formidable atout pour des Etats-Unis qui souhaitent maintenir leur hégémonie face à la montée en puissance de pays comme la Russie et la Chine. Plus généralement, l’EIIL empêche la stabilisation d’une zone susceptible de voir se développer des puissances économiques qui, unies,  mettraient fin à la domination et à l’ingérence des Etats-Unis. La France se rallie ainsi à la cause d’un pays qui défend des intérêts sans véritables liens avec les siens. A l’heure de la crise économique, il n’est pas raisonnable de se priver de partenaires commerciaux pour des pseudo-raisons définies par quelques élites fanatiques.

Après l’énormité que le Président Hollande a pu sortir en expliquant que Bachar Al-Assad était un allié objectif de l’EIIL, il décide aujourd’hui de bombarder cette organisation qu’il a pu auparavant indirectement soutenir. Cette agression, si elle semble aujourd’hui nécessaire – à condition d’être utile -, conduit l’EIIL à inciter au meurtre de français. L’exécution récente d’un ressortissant français en Algérie n’est finalement qu’une conséquence de l’incohérence et de l’irresponsabilité qui règnent à l’Elysée et au quai d’Orsay depuis maintenant plusieurs années. Où est passée la diplomatie française? …

Hervé Gourdel

Pour la suite des événements, regardez ici

Ukraine: jusqu’où va-t-on aller ?

Pour ceux qui ne le savent pas encore, l’Ukraine vit actuellement une crise profonde qui dépasse les simples politiques internes. Cette crise d’une rare violence s’inscrit dans un contexte de politique internationale qui dépasse les dissensions nationales. 

Tout a commencé le 21 novembre 2013 date à laquelle l’ancien Président Viktor Ianoukovitch a rejeté l’accord d’association proposé par l’Union Européenne. Il réitèrera sa décision une semaine plus tard au sommet de l’UE à Vilnius. Entre temps, l’opposante Ioulia Timochenko a lancé un appel à la manifestation en suggérant à la population de descendre dans les rues. Cette décision du 21 novembre suivie de la volonté du Président de se rapprocher de la Russie affirmée quelques semaines plus tard a plongé le pays dans des troubles sans précédents. Trois mois après le début des manifestations pro-européennes, on compte des centaines de blessés et d’interpellations ainsi que des morts. La récente démission du gouvernement n’a pas semblé calmer l’ampleur du mouvement. Mais pourquoi?

Les événements internationaux de l’année 2013 ont montré toute l’essence de la rivalité actuelle entre la Russie et le monde occidental. Le Président russe Vladimir Poutine a affiché une politique neutre, consensuelle voire même pacifiste mais il n’en a pas moins conservé sa fermeté et sa rigueur à l’égard de ceux qui souhaitent étendre leur influence sur sa « chasse gardée ». L’Ukraine, nation cosaque et berceau de la civilisation slave, présente une histoire et des intérêts communs avec l’ancien pays des tsars. Un lien spirituel et religieux unit les deux pays autour d’une même cause, la cause slave. En outre, l’Ukraine représente un partenaire économique sérieux et un atout géopolitique important. La présence de la flotte militaire russe dans le port de Sébastopol en est la meilleure preuve.

Ces manifestations pro-occidentales se heurtent depuis plusieurs mois à cette alliance et l’acharnement des manifestants ne fait que révéler un peu plus chaque jour la volonté géopolitique de l’UE d’accueillir l’Ukraine en son sein. L’UE fait fi de l’apport économique de la Russie dans la vie des ukrainiens et ne se préoccupe que de ses propres intérêts stratégiques et économiques. Or, la situation actuelle montre que l’UE a connu des jours meilleurs et qu’elle devrait se concentrer sur l’amélioration de la situation de chacun de ses membres avant d’en intégrer de nouveaux. Pour arriver à ses fins, l’UE joue sur les différentes composantes de la population ukrainienne. Si l’Est du pays est russophone et orthodoxe, l’Ouest est en revanche catholique et très tourné vers la Pologne et le reste de l’Europe. Malgré tout, ces peuples font partie d’une seule et même nation et possèdent la même histoire. La division serait une ineptie.

Photo: francetvinfo (GLEB GARANICH : REUTERS)

Mais l’UE a prouvé avec la guerre des Balkans qu’elle n’avait que faire de l’Histoire. Elle ne voit en l’Ukraine que le moyen de reprendre du terrain sur la Russie et déstabiliser la zone frontalière à ces deux dernières. L’immixtion des Etats-Unis dans le différend est riche d’enseignements. Les visites de John McCain et Victoria Nuland (conseillère de John Kerry, Secrétaire d’Etat américain aux affaires étrangères) à Kiev pour soutenir les manifestants montrent l’intérêt que portent également les Etats-Unis à ce conflit. Si certains soutiennent publiquement ces manifestants, on devine le soutien d’autres par des financements privés. Dès lors, on ne peut plus nier la primauté des intérêts politiques et géopolitiques occidentaux sur ceux des ukrainiens. Les américains et les européens s’appuient ainsi sur la tranche de la population pro-européenne pour tenter de renverser le pays et mettre l’Ukraine sur la voie d’une future adhésion à l’Union européenne plutôt que sur celle d’un partenariat renforcé avec le grand frère russe, accueilli par la majorité de la population.

Face à cet imbroglio, il est légitime de se demander où est l’intérêt de l’Ukraine mais n’est cependant pas déraisonnable de constater que la langue, l’histoire et la culture constituent des paramètres importants pour répondre à ce type de problématique. Face à l’ingérence des pays occidentaux, l’avenir de la nation bleue et jaune est incertain…

Comprendre le phénomène de la Quenelle

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit » Article 19 – Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948).

Vaste est le débat qui naît aujourd’hui de l’interprétation du geste de la quenelle, geste créé – repris ? – par l’humoriste Dieudonné il y a une dizaine d’années. Le développement qui va suivre n’a pas pour objectif de subodorer l’interprétation exacte de ce geste mais plutôt de comprendre pourquoi il est actuellement un sujet national.

On peut trouver sur le net des vidéos de quenelles antérieures au début de la carrière humoristique de Dieudonné. Sont-elles aussi ambigües que les quenelles de Dieudonné? Vont-elles faire l’objet d’une fatwa nationale? La réponse sera bien évidemment négative car elles n’intéressent personne.
En outre, la quenelle « made by Dieudo » existe depuis une dizaine d’années. Dix années où les quenelliers, certes moins nombreux qu’aujourd’hui, ont pu s’adonner à leur pratique en toute sérénité loin des attaques haineuses et discriminatoires dont ils font l’objet aujourd’hui. Que s’est-il donc passé pour qu’en l’espace de quelques mois l’existence de la quenelle passe du calme à la tempête? Avez-vous vu en 2012 ne serait-ce qu’une simple attaque sur ce geste? Vous n’en trouverez pas car l’élément déclencheur de cette médiatisation diffamatoire se situe en 2013.
La première attaque officielle a été lancée par Alain Jakubowicz, Président de la LICRA, dans un courrier adressé au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en date du 9 septembre 2013 ; courrier publié et relayé dans les médias par la suite. M. Jakubowicz déplore à cet endroit la quenelle effectuée par deux chasseurs alpins devant une synagogue. Il qualifie ainsi la quenelle de « salut nazi inversé signifiant la sodomisation des victimes de la Shoah ». Ce sont ses mots.
La boîte de Pandore est pour ainsi dire ouverte. L’huile est jetée sur le feu. La reprise médiatique de la quenelle va aller dans le sens du Président de la LICRA et non dans celui de l’humoriste. Depuis cette date, nous assistons donc à une montée en puissance des attaques à l’encontre de ce geste auparavant inconnu du grand public. Que de publicité pour l’humoriste Dieudonné me direz-vous ! Oui et non. Si le succès de l’humoriste est grandissant auprès de toutes les classes sociales et tranches d’âge de la population, le gouvernement ne le voit toutefois pas d’un bon œil : Manuel Valls en est venu à envisager par des moyens juridiques l’interdiction des spectacles de l’intéressé. Mais comme l’explique très bien Maître Gardères sur France 24, l’annonce faite par le Ministre de l’Intérieur montre bien son impuissance à trouver ces fameux moyens juridiques, sous-entendant par là que ceux-ci seraient déjà mis en place s’il y avait matière.

Ces faits permettent de constater l’opportunité de l’interprétation du geste de la quenelle faite par l’ensemble des grands médias. Dieudonné fait l’objet depuis plusieurs années d’un boycott médiatique pour certains de ses sketchs considérés comme racistes ou antisémites. Or, le succès grandissant de l’humoriste passant de moins en moins inaperçu, il devenait difficile de le camoufler. La communauté médiatique, le gouvernement et les associations antiracistes ne pouvaient, à leur sens, laisser cette situation ainsi. La surmédiatisation diffamatoire du comique est alors apparue via la quenelle.
Cette affaire, ce phénomène, conduit à une vraie réflexion sur la liberté d’expression et la pratique de la censure. Les sketchs de Dieudonné et la quenelle entrent-ils dans les dispositions de l’article 19 de la DUDH ou même des articles 10 et 11 de la DDHC ? Mais la démarche de questionnement juridique doit-elle intervenir aussi tôt ? Qui peut juger de ce qui est drôle ou de ce qui est raciste ? A l’instar de Pierre Desproges, ne devrions-nous pas plutôt nous demander si l’on peut rire de tout ? Sa réponse était certainement salutaire : oui, mais pas avec n’importe qui. Oblige-t-on les indiens à assister aux sketchs sur les indiens, aux arabes sur les arabes, aux juifs sur les juifs ?
Avant de lancer toutes sortes d’attaques verbales, physiques ou judiciaires, les intéressés devraient adopter une démarche montaignienne et se demander si ce qu’il se dit d’un côté se confirme également de l’autre. Le doute n’est pas lâche ni la prise de position obligatoire. Seule la réflexion sur ce qui nous entoure compte. Personne n’a l’apanage de la raison ni du rire. Ces quelques lignes apparemment logiques et ne pouvant être contredites par toute personne de bon sens, il est probable que certains aient des intérêts dans la fin de carrière de l’humoriste Dieudonné. Qui ? Pourquoi ? On déborde sur un autre débat qui sort du sujet traité par cet article…

Revenir sur la home

Politique – Affaire Leonarda: on marche sur la tête

Leonarda, la Kosovare de 15 ans …

Les histoires, affaires et autres aventures politico-romancées ne cessent de sortir du chapeau de la classe politique. La dernière en date ne fait que discréditer un peu plus le peu de considération qu’éprouvent encore les pays qui voient dans la France un modèle. Les « affaires » prenaient jusqu’à alors des noms de ministres, d’hommes d’affaires ou de mutinationales ; aujourd’hui des noms de jeunes filles kosovares…

Jamais une expulsion de Roms n’avait autant fait couler d’encre ni occuper le 19h-20h30 des 65 millions de français, alors pourquoi Léonarda? Elle a certainement compris mieux que personne comment fonctionnait l’appareil médiatique. Un simple message posté sur les réseaux sociaux a suffi à rameuter toute la presse nationale, avide d’informations faciles et non subversives. On ne peut que déplorer l’attrait des journalistes pour une affaire qui n’en est pas une, la loi ayant été purement et simplement respectée par les autorités françaises (oui, ça arrive). J’invite nos lecteurs à soumettre aux médias une liste de sujets dont ils pourraient parler et dans lesquels les atteintes à la loi sont quotidiennes. D’autres arguent que la sortie de l’école n’est pas un endroit d’où on expulse les enfants. Fort heureusement pour elle, Leonarda ne faisait pas l’école buissionnière ce jour-là. On rappellera au passage les 100 jours de classe qu’elle a manqués depuis le 1er janvier 2013. Il faut croire que les quelques lycéens boutonneux présents lors de la manifestation Place de la Bastille ont loupé cet épisode.

Il est ensuite déplorable de voir l’attitude que notre Président adopte face à cette situation qui n’en est pas une. Le semblant de négociation par journaux télés interposés n’est qu’une hérésie. On ne négocie pas avec les terroristes mais on peut négocier avec une jeune kosovare de 15 ans. Aqmi en prend pour son grade. Là où il aurait pu se montrer ferme et faire taire toute polémique, il a préféré emprunter des chemins de traverse où ses adversaires politiques se plaisent à le tacler. Refuser le retour de toute la famille de Leonarda aurait été une marque de fermeté et d’application de la loi. Accepter le retour de cette dernière sans sa famille est indigne : au fait du prince vient s’ajouter la violation des conventions internationales sur la protection de l’enfant. Mais dans quel but?

Ceux qui y voient un boulevard pour le Front national et l’UMP aux prochaines municipales n’ont qu’à moitié raison. Cette histoire ne fait que mettre en avant la personnalité du Ministre de l’Intérieur et redonner une tribune au Front de Gauche presque oublié. Comment peut-on accorder du crédit à des associations internationalistes, jeunistes et progressistes qui font fi de toutes les lois de la République en acceptant ouvertement l’immigration incontrôlée de familles non-françaises dont la seule légitimité est de se voir appliquer la CEDH?

Chers françaises, chers français, vous saurez qu’en politique tous les moyens sont bons pour ne pas se faire oublier. Ces lycéens n’ont fait que répondre à l’appel d’associations d’extrême-gauche censées appuyer le discours d’un franc-maçon atlantiste qui ne cherche qu’à s’opposer à un discours auquel il adhère. A quelle fin? Continuer de se faire inviter sur les plateaux télé. De plus, le soi-disant cohu-bohu au sein du Parti socialiste n’est finalement orchestré qu’aux fins de mettre la lumière sur un Ministre de l’Intérieur présidentiable capable d’empêcher un candidat de droite de remporter trop facilement la prochaine élection présidentielle.

Entre temps, le pouvoir d’achat n’augmente pas, Leonarda reste au Kosovo, et les politiques continuent la mauvaise saga hollywoodienne qu’est la classe politique française. Au moins, vous n’aurez pas pris le temps de vous forger une opinion susceptible de désapprouver cette dernière par les urnes.