Start-up, les soldats Français sont sur le front !

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“Un jeune sur deux entre 18 et 24 ans déclare vouloir entreprendre en France”. 
Etonnant lorsqu’on entend sans cesse des propos négatifs sur l’économie française ou que l’on constate les derniers chiffres sortis cette semaine qui nous indiquent que le taux de chômage a encore augmenté de 0,4% uniquement sur mars 2015 !

Entreprendre et chômage : comment expliquer cette corrélation ? 

  • L’avenir est instable.

Les jeunes voient de plus en plus parents, grands frères et amis réduis au chômage forcé. Ils ont donc compris que s’ils voulaient du travail, ils auraient plus de chances de le créer eux-mêmes que de le trouver.

  • Les chômeurs sont des entrepreneurs endormis.

C’est en tout cas ce que Pôle Emploi veut faire comprendre/croire à ses inscrits. Des conférences sont organisées et des aides proposées pour ceux qui voudraient se lancer. C’est à la fois, un moyen de remettre autant que possible des éléments actifs sur le circuit, mais aussi de créer de l’emploi si l’entreprise prend. 

 
  • Des exemples démesurés possibles grâce à internet !

Les success stories d’avant étaient souvent amenées par des gestionnaires. Ils étaient fin investisseurs, visionnaires et ils ont bâti leur empire pierre après pierre et ce, sur toute une vie ! Mais aujourd’hui, ça a bien changé, les héritages sont dépensés en moins de trois générations et les coups se font très vite ! Marc Zuckerberg qui a fêté ses 29 ans la semaine dernière a une fortune personnelle estimée en 2014 à 30 milliards $ ! (Quand on sait que son aventure avec Facebook a commencé en 2004…) Donc oui, nous arrivons trop tard pour la bulle immobilière de 2000 à 2010 où le prix des logements avait pris plus 107%. Mais qui pouvait, en ce temps, gagner 30 milliards de dollars en 10 ans ? Et des exemples, nous en avons aussi en France comme avec BlaBlaCar, la start-up Sigfox qui a levé 100 Millions d’euros, ou avec notre ami Paul Morlet qui a ridiculisé les opticiens, et ce à moins de 25 ans …
C’est dans les moments difficiles que l’on doit s’accrocher ! 
 Toujours le même combat. Lors des festins chaque soldat se vante toujours d’être le plus fort, mais en revenant de la guerre, seuls les plus redoutables restent.
Toujours le même combat. Dans l’entrepreneuriat tout le monde n’arrive pas à ses fins. Avoir faim ne suffit pas. Il faut d’abord avoir l’idée, puis ensuite savoir s’entourer, budgétiser, étudier. Sans cela on pourrait justement “l’avoir” trop vite arriver : la fin.
Alors fonçons sur ce champ de bataille ! Oublions préjugés exprimés par des bornés ! Envie et mépris sont confondus… mais généralement séparés par une médaille !

La France amoureuse des start-ups !

La bonne nouvelle c’est que la France est un des pays qui accueille le mieux les start-ups ! La conjonction n’a jamais été aussi bonne pour monter sa société ! On voit fleurir incubateurs, concours, salons, colloques et séminaires en masse mais le gouvernement aussi donne un coup de main avec des subventions comme BPIFrance ou encore French Tech.

Cet environnement favorable a déjà vu ses jeunes pousses. En 2014, dans le classement de Techno Fast 500 qui fait un classement international des nouvelles entreprises à forte croissance, on trouvait 86 entreprises françaises parmi les 500 ! Et attention : dont 20 dans le Top 100 !

Sans oublier qu’un bon soldat à genoux est un soldat qui se relève; Qui viendra se rendre sur le front ?

Halle Freyssinet : Le méga incubateur financé par Xavier Niel accueillera 1000 start-ups dans 30 000m2

Entrepreneuriat – L’aventure de SnapEvent

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On rêve tous d’organiser un événement inoubliable, dans un lieu original, façon fête magistrale à la  Fitzgerald. Malheureusement, passé l’enthousiasme du début, l’organisation d’un évènement s’avère, souvent, très compliquée.

Entre le choix du lieu, du traiteur, du DJ, le nettoyage et les cautions à poser ; les budgets enflent et les prestations sont souvent décevantes.

Toutes ces raisons ont poussé deux Parisiens à lancer en juillet dernier, SnapEvent.

SnapEvent est une plateforme qui permet de réserver des lieux qui ne sont pas habituellement dédiés à l’évènementiel (lofts, appartements, ateliers d’artistes, etc.), ainsi que des traiteurs et des prestataires de services. Ces lieux et prestations sont référencés en ligne gratuitement puis SnapEvent prélève une commission sur chaque réservation.

Avec plus de 200 lieux référencés dans tout Paris, plus de 350 options possibles, et un chiffre d’affaires mensuel de 150 000 euros, SnapEvent, est une start-up qui fascine. Si bien qu’elle a rejoint l’incubateur le plus efficace de la capitale : 50Partners, ce qui lui a permis de réaliser une levée de fonds de 300 000 euros en octobre dernier.

Face à ce succès, on a eu envie d’en savoir un peu plus sur cette entreprise qui est en train de révolutionner le petit monde de l’évènementiel.

Rencontre avec Maud Arditti, la cofondatrice dynamique et entrepreneure en « série ».

Hulubberlu : J’ai lu que vous avez monté SnapEvent avec Olivier Levy, quelle est votre formation ?

Maud Arditi : Je suis associée sur ce projet avec Olivier, ingénieur de formation qui est passé par Polytechnique  suivi d’un Master spécialité entrepreneuriat à HEC Paris. Quant à moi, j’ai fait l’école hôtelière de Lausanne, puis un Master spécialisé dans l’entrepreneuriat à HEC Paris aussi. Très vite, nous sommes partis du constat qu’il y avait quelque chose à faire dans l’évènementiel. On a donc commencé à réfléchir à une idée de plateforme, puis on a été incubé à HEC Paris.

Hulubberlu : Justement, il y a beaucoup d’incubateurs en France, et notamment à Paris (ndlr : Xavier Niels prévoit le lancement du plus gros incubateur du monde spécialisé dans le numérique : 1000 start-ups).

Comment vous avez fait pour vous y retrouver au milieu de cette offre pléthorique ?

C’est vrai qu’on a la chance d’avoir, en France de plus en plus de structures d’incubation lorsqu’on décide d’entreprendre, et c’est un énorme avantage. Mais, 50’s Parteners, est vraiment un incubateur différent par rapport aux autres ; il y a un vrai accompagnement, puisque les 50 entrepreneurs, partenaires de l’incubateur, font plus que  donner des conseils : ils prennent part directement à la vie de l’entreprise en investissant au capital de chaque start-up, ce qui renforce l’esprit de cohésion. Il y aussi une multitude de professionnels vraiment très compétents, pour nous aider dans nos démarches.

Hulubberlu : Avant de lancer SnapEvent, vous vous étiez déjà « essayée » à l’entrepreneuriat ?

Il y a quatre ans, j’ai créé Chef Date, qui était un service où chaque mois, on livrait une box avec ses ingrédients pour réaliser une recette française.

J’ai aussi créé cookNmeet, qui est une plateforme qui met en relation les personnes souhaitant se retrouver, se rencontrer et partager autour d’une table, quelque soit la maison ou le pays. C’était déjà avec Olivier, et cela nous a permis d’avoir une première expérience entrepreneuriale avant de nous lancer dans la grande aventure SnapEvent.

Hulubberlu : Comment vous est venue l’idée de digitaliser le marché de l’évènementiel ?

Nous sommes partis du constat, qu’à Paris, c’était la véritable « galère » pour organiser un événement. Par exemple, lorsqu’un particulier souhaitait organiser son anniversaire, c’était, ou trop cher, ou les lieux (qu’il pouvait se payer) n’étaient pas de bonne qualité. On a donc fait un long travail de recherche pour trouver des particuliers propriétaires de lieus sympas, puis nous les avons convaincus de travailler avec nous.

L’autre gros avantage, c’est qu’on propose un service ultra personnalisable ; que vous vouliez organiser un barbecue sur un « Roof Top » animé par des musiciens espagnols pour une après-midi, ou un enterrement de vie de garçon avec des jongleurs dans un cirque, nous savons le faire..

Hulubberlu : En à peine quelques mois, vous avez des chiffres vraiment très enviables : presque une réservation d’événement par jour et lorsque chaque client dépense en moyenne 2500 euros pour l’organisation de son événement, les rentrées d’argents vont assez vite. Comment expliquez-vous ce succès presque instantané ?

C’est vrai qu’on se développe très vite, on est donc content. Simplement, on est arrivé sur  le marché au bon moment. Il y avait déjà eu des multitudes de tests mais jamais de site qui avait réussi à condenser la location de lieux en y associant des options de traiteurs et en prenant en charge l’organisation le jour J. Il y avait quelques sites agendas comme ABC salles, qui fonctionnaient en référençant tous les lieux où l’on pouvait organiser un évènement, mais en l’occurrence, ils se concentrent uniquement sur les lieux « professionnels », alors que nous, nous mettons à disposition des lieux de particuliers, donc forcément, notre offre plus importante et c’est ce que les gens aiment.

Quelques lieux insolites disponibles sur SnapEvent

Hulubberlu : Si vous deviez donner 3 qualités qui font d’une personne un bon entrepreneur ?

Courageux, dynamique et énergique.

Hulubberlu : C’est devenu une question classique dans nos différentes interviews ; croyez-vous que la France est une terre d’accueil pour entreprendre ?

Bien évidemment je pense qu’il est possible d’entreprendre en France, sinon on n’aurait pas lancé SnapEvent à Paris. En plus, il y a de très bons modèles d’accompagnement en France. Surtout, moi qui suis Française, j’avais envie de créer quelque chose en France.

Puis, ce n’est pas si facile d’entreprendre à l’étranger, par exemple, il y a quelques années, j’ai lancé  Chef Date à New York, et même si les USA peuvent sembler être une terre d’accueil, Si on n’y connaît personne, ça ne l’est vraiment pas, surtout lorsque l’on n’est pas natif.

 Hulubberlu : Quels sont vos projets pour 2015 ?

On compte s’étendre aux capitales européennes, et notamment dans un futur très proche à Londres.

Entrepreneuriat – L’aventure de MyBandMarket

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Quentin Lechemia de MyBandMarket à Uplust

Pour ma reprise de la rubrique Entrepreneuriat d’Hurluberlu, j’ai décidé d’interviewer un jeune serial-entrepreneur lyonnais expatrié à Paris. Son nom est Quentin Lechemia, il est entre autre le fondateur de MyBandMarket, MyBandNews, EuroMusic Contest, Loodon, Uplust (anciennement Pornostagram), ai-je oublié quelque chose ?

Un entrepreneur digital, autodidacte et connecté qui a fait de sa passion pour le code, de jolies réussites.

Musicien à succès dans une précédente vie, il entreprend à tout va à compter de sa 21ème année. Et très vite il fait émerger des concepts web innovants.

Travailleur acharné, selon ses proches, il passe plus de nuits à coder qu’aller boire des verres. Ce féru de nouvelles technologies n’est jamais à court d’idée, et dans ces journées de 17h, il a le temps d’en développer pas mal.

Vous aurez compris, il n’y a que le travail qui compte pour lui et il le démontre au travers de cette interview qui commence par survoler l’ensemble de ses créations, pour finalement se concentrer sur la personne-même de cet entrepreneur digital.

Tout d’abord, comment t’es venu l’idée de MyBandMarket ?

Après ma licence d’expertise-comptable, je me suis inscrit en Master à distance et je suis parti à Londres faire un stage au Tin Pan Alley Studio, un prestigieux studio de musique, pour m’occuper de leur communication. J’ai pu rencontré là-bas un grand nombre de musiciens pro comme amateurs. C’est à ce moment là que j’ai commencé à vraiment m’intéresser à l’entrepreneuriat musical, parallèlement aux cours que je suivais à distance. En discutant avec les artistes, beaucoup me disaient qu’ils avaient du mal à estimer leurs cachets pour des prestations Live. Une idée m’est donc venue : et si je développais un algorithme qui permettrait de coter les musiciens en fonction de leur popularité sur le web.

En rentrant en France, j’ai donc développé jour et nuit cette idée, et en un peu plus de trois mois la plateforme MyBandMarket était née. Les artistes pouvaient alors s’y inscrire gratuitement tandis que les bookers pouvaient les retrouver selon certains critères comme un budget, un style musical ou une ville. Parallèlement, les musiciens pouvaient recevoir une estimation de leur valeur sur le marché du Live et ainsi négocier des petits cachets plutôt qu’être payé 3 bières pour leur prochain concert.

Ça, c’était le MyBandMarket version 1.0. A présent, c’est bien plus qu’une simple plateforme de booking. Pour tout te dire, on s’est très vite rendu compte que ça ne pouvait pas vraiment fonctionner financièrement parlant. Le marché du booking est une niche où le paiement au black est trop répandu. On a donc préféré dériver sur des concepts qui gravitent autour du live, des musiciens et des fans.

Peux-tu nous pitcher le concept MBM 2.0 ?

MBM 2.0 c’est un propulseur de concepts musicaux originaux et innovants, à la pointe de la technologie. Ça regroupe plusieurs projets qui tournent autour de notre algorithme ELISE : MyBandNews, l’EuroMusic Contest et enfin Loodon.

Il y a tout d’abord le site d’actualités MyBandNews. Fin 2011, j’avais commencé à faire un blog avec une ligne éditoriale similaire à celle des sites anglosaxons comme Pitchfork. On parlait de groupes qui ne passaient pas forcément à la radio. Et très rapidement, ça a pris, à tel point qu’aujourd’hui, on est devenu une plateforme d’actualités musicales à part entière publiant une quinzaine d’articles par jour. Thomas Martin gère le webzine avec brio et les labels / marques nous sollicitent régulièrement pour des partenariats et opés spéciales. Nous avons également intégré la régie publicitaire de VICE il y a 2 ans, AdVice.

La grosse valeur ajoutée de MBM, c’est clairement l’algorithme que nous avons développé au fil du temps. ELISE est aujourd’hui assez puissante pour détecter des artistes qui vont marcher dans les prochains mois. C’est ce qu’on appelle du « big data musical ». On récupère tous les jours des millions de données que ça soit dans le web social comme Facebook, Twitter, Instagram ou dans le streaming comme Spotify, Deezer, Soundcloud, ou encore dans les médias. ELISE puise toutes ces données, les traite et nous envoie ensuite des alertes sur des groupes qui commencent à percer, le tout selon différents indicateurs.

On a alors constaté l’attrait que pouvaient avoir les marques pour la musique indépendante, et on s’est dit qu’on pouvait vendre nos services à ces dernières, vendre des concepts musicaux originaux comme notamment l’EuroMusic Contest, notre Eurovision 2.0. On a développé ça nous même l’année dernière et ça a cartonné.

Notre prochain projet s’intitulera Loodon, date de sortie prévue début avril. C’est un géolocaliseur de musiciens qui répond à une question toute bête : comment contacter un musicien ? Si tu veux organiser un événement, ou jouer avec un musicien, comment tu t’y prends pour rentrer en contact ? Grâce à Loodon on va mettre en relation tout ce monde là, d’une façon enfantine.

Avec ces différents concepts à succès, on a conçu une vraie offre technologique à disposition des entreprises qui veulent investir le monde de la musique. Aujourd’hui, on est une petite équipe de 8 personnes vraiment cool et on va continuer à inventer de nouveau concepts innovants, tu peux en être sûr !

Tu peux nous parler un peu plus de EuroMusic Contest, ta solution 2.0 de l’Eurovision ?

On est parti d’un postulat simple : l’Eurovision est une émission qui n’est pas adaptée à notre génération. On a donc voulu créer un site alliant nouvelles technologies et artistes indépendants, plébiscités par les populations européennes.

40 pays, 1 gagnant par pays déterminé à l’issue du nombre de votes, puis un jury détermine les 10 vainqueurs, on vote et au final il n’en reste plus qu’un. Le vainqueur 2014 était les lituaniens de Deeper Upper, un groupe vraiment talentueux, d’un style unique.

On a réussi à convaincre de gros partenaires comme le Nouvel Obs ou encore Euronews et ça a été un vrai succès. En un mois, on a fait plus de 1,4 millions de visites uniques, 350 000 votes uniques et 3 500 groupes inscrits dans les 40 différents pays européens représentés.

Tous ces chiffres prouvent qu’il y avait une véritable attente, et on a réussi ça avec très peu d’investissement financier. Alors maintenant imagine qu’on le refasse avec un gros budget, et ce sera le cas, ça va changer la donne !

Tu viens de réaliser un joli tour de table pour ta levée de fonds du mois dernier, 250 000 euros, comment selon toi on peut se financer en France ? C’est plus facile qu’avant ?

Je n’ai peut être pas assez d’expérience pour te répondre d’une manière très intéressante, mais je dirais que le meilleur moyen c’est de faire du chiffre. Après, le problème quand tu es dans une société innovante qui travaille sur sa R&D, comme nous, c’est compliqué pour se financer car il faut des développeurs, et le chiffre d’affaire ne se fait pas tout de suite, on passe par de longs process de développement. A ce stade, le meilleur moyen ce sont donc les aides publiques à l’innovation comme celles de la BPI France, le statut Jeune Entreprise Innovante… mais ce sont des procédures relativement longues. Un autre moyen très pratique quand on a la chance de tomber sur les bonnes personnes, et pour nous c’était le cas, ce sont les Business Angels. S’ils voient l’intérêt de ton business, ils foncent dans ton projet et peuvent t’apporter beaucoup par leur propre expérience ! Entre Alexia Laroche-Joubert et Michel Masson ou Serge Mathieu (producteurs de Notre Dame de Paris), j’ai clairement eu cette chance là pour mon premier tour de table.

Quels sont tes projets pour MyBandMarket avec ces nouvelles ressources ?

Le premier est le lancement de Loodon sous peu, c’est un projet dans lequel on s’est énormément investi ces derniers mois, et on croit à sa réussite dur comme fer. On a pu négocier de jolis partenariats avec des artistes (re)connus. Et puis continuer à développer ELISE, pour qu’elle prédise de manière toujours plus optimale les tendances musicales des prochains mois, avec des cibles de fans toujours plus précises. Quel âge a le public d’un artiste ? Quel sexe ? D’où vient-il ? C’est hyper important pour une marque, et elles sont friandes de ça. De plus en plus de marques préfèrent dépenser moins d’argent dans de l’endorsment mais privilégier des artistes qui émergent, pour ensuite les accompagner davantage dans leur carrière et rayonner avec eux. On est clairement sur ce créneau là, on rapproche des artistes prometteurs avec des marques qui ont compris la puissance de la comm’ musicale. Tout le monde est donc content.

Comment vois-tu le futur de MyBandMarket ?

Je veux que MyBandMarket soit le Rocket Internet de la musique. Qu’il y ait plein de projets qui passent par nous, qu’on puisse ainsi développer des concepts et constituer ensuite un catalogue de solutions musicales innovantes qui ont prouvé leur efficacité.

Tu as entrepris plusieurs sites qui se révèlent être des succès, quels sont les secrets selon toi pour monétiser l’audience de site ?

Je ne sais pas s’il y a un secret, surtout dans ce milieu-là, mais disons qu’il est essentiel de faire des partenariats intéressants avec des entreprises, et pour ça, il faut connaître sa cible. Pour MBN, ce sont les 18-30 ans, urbains, avec une très grosse base parisienne. On a une ligne éditoriale bien définie où les mélomanes se retrouvent.

Jusqu’à présent ton terrain de jeu était l’univers de la musique, mais avec la sortie de ton site Uplust (anciennement Pornostagram), un « Instragram sexy voire pornographique », tu n’as pas eu peur d’être perçu comme un pornographe ?

(rires) Non je ne suis en rien un pornographe, et pour tout te dire je n’y connais rien dans ce secteur, mais il me fait rire car il permet une imagination sans fin… j’adore imaginer des campagnes dans le sexe car on peut être très drôle, mais aussi très fin, les bonnes idées peuvent fuser très vite.

Pornostagram c’était à la base une blague, un délire. Je ne pense pas que ça soit l’idée la plus originale du monde, mais j’ai la chance de pouvoir développer mes idées. J’ai donc créé de A à Z toute la plateforme, j’ai codé tous les filtres photo façon Instagram. Lancée en 2013 en exclusivité sur Vice, ça a fait son petit buzz en France, on a eu très vite 10 000 utilisateurs, et en quelques mois on marchotait bien avec quelques centaines de milliers de vues par mois. Ça faisait bien marrer les journalistes, et ils reconnaissaient une idée intéressante pour le secteur. C’est pour ça que la mayonnaise a prise. On a eu directement de la très bonne presse et la suite était le fruit d’un cercle vertueux.

Tu as une anecdote à nous livrer sur Uplust ?

Parfois la vie fait bien les choses. En mars 2014 il y avait eu le scandale du jeu Flappy Bird (qui avait été retiré des stores), et j’ai surfé sur cette vague là. J’ai créé en quelques pauses café le jeu Fappy Guy (Fappy veut dire « branlette »), un dérivé coquin mais marrant d’un cartoon, où une tête de vieux papy devait naviguait sans toucher des dessins de sexes en érection et des paires seins. Mon jeu a buzzé aux Etats-Unis, ça a été relayé par notamment le Daily Dot. On leur a alors envoyé un petit mail disant « Hey mais vous avez vu qui a développé le jeu Fappy Guy ? C’est Pornostagram ! ». Ils nous ont alors interviewé et ont pondu un article sur Pornostagram. C’était le début du buzz mondial, on a eu des centaines et des centaines d’articles en quelques semaines : le Huffington Post USA, The Guardian, Europe 1… et j’en passe. Je ne m’attendais vraiment pas à un tel succès. Ça a tellement bien marché d’ailleurs que Instagram est venu nous voir pour nous demander de changer de nom. Ça me semblait normal, et on a opté pour Uplust. Ça ne me plaisait pas d’avoir le mot « porn » dans le nom du site. Je ne voulais pas qu’il devienne un site porno dégueulasse comme on le voit souvent aujourd’hui… je voulais en faire un vrai réseau social pour adulte, sans censure.

La communauté a bien perçu le changement de nom en « Uplust » ?

Lorsque j’ai changé le nom en février, le trafic a chuté en France. Le terme « Lust » (luxure) est peu connu par les français. Mais aux Etats-Unis… ça a boosté notre trafic. Maintenant notre trafic est à 80% américain. On fait entre 1 million et 1,5 million de pages vues par jour, et 170 000 utilisateurs sont inscrits à Uplust. C’est une affaire qui roule. On est en train d’intégrer le business model et on vient de conclure une levée de fonds auprès d’un gros acteur du milieu. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant.

Quel est le futur business model ?

C’est une offre freemium de start-up “basique”, avec des petits packs, plus de filtres, des options supplémentaires… Toujours pour faire quelque chose de marrant, décalé et innovant pour le secteur.

Entreprendre c’est difficile, on est souvent seul pour décider, et prendre des risques, tu n’as jamais baissé les bras ?

Si j’ai bien failli tout lâcher en 2012. Je me suis dit que ça ne servait à rien de continuer. Que ça n’allait pas marcher. Je bossais près de 17h par jour, comme toujours d’ailleurs ! A cette époque, j’en avais vraiment marre, je n’avais plus de temps pour moi. Je me disais alors que je pouvais partir et choisir un chemin moins tortueux, bosser dans une major par exemple et m’éclater différemment. A ce moment là, Barclay (Universal) proposait un job dans le social media. J’ai fini dans la shortlist pour le job puis je n’ai pas été pris. Ça a été un sacré coup de boost ! Je me suis dit après ça que j’avais été stupide de baisser les bras. Je ne serais pas là si j’avais été pris pour le travail.

Un musicien est dans un certain sens un entrepreneur, pour toi c’était une continuité ? En somme ça t’a aidé ?

C’est vrai, un musicien entreprend, il compose, produit, se dote d’un budget, cherche des dates. Même si je ne pense pas avoir été timide dans ma jeunesse, je pense que la musique m’a permis de me décomplexer. Le fait de faire des concerts devant 8 000 personnes, qui sont tous là pour danser, ça pousse à donner le meilleur de soi-même. Et je pense que ça m’a aidé lorsque je devais pitcher devant 400 personnes par exemple ou des investisseurs.

Selon toi quelles sont les qualités qui font un bon entrepreneur ?

Clairement, la persévérance. Il faut être persévérant et curieux. J’ai un problème avec les gens qui disent « je ne sais pas faire » et point. J’aurais été ce type de personne, je n’aurais certainement jamais rien appris, et je ne serais pas là où j’en suis. Ne pas savoir c’est normal, mais c’est pour cela qu’il faut apprendre. Google, c’est un peu mon école, j’ai passé des centaines d’heures sur les tutos et autres forums.

Tu as une devise ?

C’est une citation d’Albert Einstein, que certainement beaucoup de personnes connaissent… Elle peut me définir en soit car ça a toujours été mon truc : « l’imagination est plus importante que le savoir ». Toutes les idées que j’ai eues, je n’avais clairement pas les connaissances pour les créer, les coder. Du coup j’ai tout appris sur le tas et, étant curieux, ça aide !

Y-a-t’il un entrepreneur que tu admires ?

Non pas particulièrement. En fait, c’est ceux qui ne réussissent pas qui devraient être admirés. En France, la culture de l’échec est quasi inexistante, c’est un problème et c’est dommage. Je connais des entrepreneurs qui ont malheureusement raté, qui sont revenus à un train de vie plus stable et tranquille. Ils sont souvent vus comme des “échecs” par beaucoup de gens. Ce n’est pas normal, ils ont tenté quelque chose, ils ont essayé eux au moins.

Heureusement, on a une démarche plus ouverte maintenant sur l’entrepreneuriat, on regarde ce qui se passe dans la Silicon Valley. La France s’est dotée de la French Tech et il y a un vrai écosystème qui commence à se créer. Les jeunes le comprennent et sont d’ailleurs de plus en plus motivés à développer leurs idées.

C’est vrai, un sondage mené conjointement par MoovJee, APCE, OpinionWay et CIC en janvier 2015 révèle que 34% des élèves en lycées professionnels et des étudiants souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneurial. Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaiterait se lancer dans un projet web ?

Sincèrement le premier conseil que je leur donne, et je le dis aussi aux adultes, c’est apprenez le code ! C’est tout bête, mais quand je code, je fais des algorithmes, des logarithmes népériens, des fonctions exponentielles… tout ça ce sont des trucs qu’on voit au lycée et on se demande « mais pourquoi je fais ça ? A quoi ça me sert ce truc ? »… Le code c’est une manière originale et ludique de faire notamment des maths !

Une illustration de la pertinence de mon propos. Des entrepreneurs qui ont eu des bonnes idées mais qui n’ont pas eu les fonds pour les développer, j’en connais des tonnes, et leur soucis est pratiquement toujours le même. Ils ont 10 ou 15 000 euros de coté au grand maximum, et ils dépensent tout dans un prestataire externe pour faire leur site internet. Ils se rendent vite compte que le rendu n’est pas toujours ce à quoi ils s’attendaient. Les fonctions ne sont pas toutes là, ou quelque chose cloche… ils sont obligés de réinjecter de l’argent dans le site pour corriger ces problèmes… et ça devient vite la banqueroute. Si tu sais coder, ça peut te prendre du temps, mais tu peux déjà pas mal te débrouiller et ça, sans sortir un euro. T’imagines les économies que j’ai faites depuis tout ce temps là en apprenant le code très tôt…

Ça s’apprend de savoir diriger une équipe ?

Oui bien sûr et je pense qu’à ce niveau là, j’avais il y a encore quelques mois de grosses lacunes. On apprend sur le tas, et en étant curieux, on lit des articles de management, on écoute d’autres témoignages… c’est un travail de tous les jours.

Et sincèrement, même si ce n’est toujours pas parfait, j’ai déjà vu l’évolution.

Est-ce que tu accompagnes des entrepreneurs dans leurs aventures ? De près ou de loin ?

Je me fais moi-même hyper conseillé ! On apprend tous les jours aussi. J’ai la chance d’avoir dans mon entourage des personnes fortes de leur expérience et qui comptent pour moi. Mon père tout d’abord, parce que sans lui je ne serai pas là, il m’a aidé dès le début. Ma cousine Romy Roynard m’a aussi accompagné et aidé ces derniers mois à voir toujours plus grand. Et enfin, Patrick Marché, qui est aujourd’hui mon associé, un homme génial avec qui j’ai des liens très forts et qui m’accompagne notamment dans mes levées de fonds. Très clairement je ne serais pas là sans eux.

C’est une chance et c’est pourquoi j’aime aussi conseiller des jeunes entrepreneurs, malgré ma courte expérience. Il m’arrive régulièrement de faire des Skypes avec des entrepreneurs qui ont des idées et qui veulent me les pitcher. Je me prête au jeu, c’est le genre de truc que j’aurais aimé qu’on me fasse à mes débuts !

Pour toi quel est l’événement start-up qui t’a marqué en ce début d’année 2015 ?

Il y a un truc qui m’a marqué, c’est Uber. Pas très original, je te le concède. Le 16 mars dernier il y a eu une perquisition au siège d’Uber France, dans le cadre d’une enquête sur son service de covoiturage UberPop. Ça me choc car je pense qu’Uber est un service tout simplement génial. Ce concept est très américain dans le sens où « tout le monde peut travailler ». Je prends UberPop trois à quatre fois par semaine car quand je sors du bureau, il n’y a plus de métro généralement, et les gars sont à chaque fois super sympas. Un grand nombre bossent pour boucler leur fin de mois, et je comprends ça. C’est sûr que ce n’est pas facile pour les taxis, qui payent leur licence très chère, mais voir des lobbys empêcher la liberté d’entreprendre, ce n’est vraiment pas normal. Les plus pénaliser, c’est nous en fin de compte.

Entrepreneuriat – L’aventure Les Petits Frenchies

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Avant même que Monsieur Montebourg ne vêtisse sa marinière, il avait déjà eu l’idée de remettre le « Made in France », et surtout l’élégance à la française, au goût du jour, en créant le site internet « les Petits Frenchies». Lui, c’est Thibaut Mallecourt, jeune entrepreneur dynamique et ambitieux, qui en à peine quatre ans d’existence, a réussi le tour de force de redonner ses lettres de noblesse aux marques françaises avec un site marchand original. Bien loin des classiques un peu solennels des Marc Jacobs et autres Yves Saint-Laurent, «Les Petits Frenchies » s’efforcent de mettre en lumière de jeunes marques françaises, tirées par de jeunes entrepreneurs qui portent fièrement les couleurs hexagonales.

 

 

 

 

Explication de texte avec son créateur d’une trentaine d’années, Thibaut Mallecourt.

 

Hurluberlu: Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs et surtout nous en dire un peu plus sur ton parcours, dans ta jeunesse, tu étais plutôt « l’élève modèle » ou le “cancre”?

Je n’ai jamais eu le profil du « premier de la classe ». En fait, j’ai fait l’école de commerce d’Euromed à Marseille, puis je me suis orienté vers le Master “Entrepreneuriat” de l’EM Lyon. De là, grâce à l’incubateur, j’ai pu monter ma première start-up qui s’appelait « So We Trip », un site internet proposant aux internautes de partager et de rechercher des bons plans de séjours en ligne. Ce portail web qui comptait plus de 25 000 membres a été racheté en 2012 par la société Easy Voyage, de là j’ai commencé à me focaliser sur le site « Les Petits Frenchies ».

Hurluberlu: Justement, comment est venue l’idée LES PETITS FRENCHIES, c’était un trip entre potes ou avais-tu vraiment la volonté d’en faire un site marchand tout de suite ?

Non, j’ai toujours pensé que le fait de créer un blog centré sur les marques françaises pouvait être assez porteur, notamment par rapport au positionnement. Au début, ce n’était qu’un blog, mais on a eu un gros succès très vite, et donc je me suis orienté sur le format d’un véritable site internet. Mais j’ai toujours eu une petite équipe qui me faisait de la création éditoriale. Depuis le mois de mars, nous sommes vraiment passés dans une autre dimension, puisque le site est passé E-marchand et qu’on s’est mis à faire de la vente « réelle », avec une boutique éphémère qui a été ouverte pendant la période de Noël. Maintenant depuis 15 jours, on a un showroom : Étienne Marcel 15 passage du Bourg l’Abbé dans le 2ème arrondissement de Paris (ouvert tous les mercredis en fin de journée).

Hurluberlu: Comment te sens-tu en tant qu’entrepreneur français en 2014 ?

Les jeunes qui lancent leurs start-ups sont confrontés très vite à un problème de visibilité. C’est, je crois, l’essence même des PETITS FRENCHIES, d’être une sorte d’estrade pour les jeunes entreprises, tout en mettant l’entrepreneur au cœur du sujet. On a vraiment envie de ne pas faire simplement un catalogue de marques, mais de présenter chaque marque, comme si l’on racontait une histoire, car chacun a la sienne. Après, pour en revenir à l’entrepreneuriat en France, c’est vrai que depuis une dizaine d’années, c’est un domaine qui est devenu « à la mode », les gens ont de plus en plus envie de se laisser tenter par l’aventure et je trouve que ce changement d’état d’esprit est assez cool.

Hurluberlu: On dit souvent que l’Hexagone n’est pas une terre d’accueil pour les jeunes entrepreneurs, qu’en penses-tu ?

Il faut bien reconnaître que d’un point de vue opérationnel, les choses ne sont pas toujours hyper simples pour nous. Il y a qu’à voir la dernière réforme qui veut limiter à 10% le nombre des stagiaires dans la masse salariale des entreprises. Les conséquences, pour nous, vont être désastreuses. Chaque jour, on reçoit des dizaines de CV de jeunes qui veulent bosser avec nous et je ne pourrais pas les prendre alors que tout le monde connaît l’importance des stages à l’heure actuelle, que ce soit pour nous ou pour les étudiants. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Cela fait pas mal de contraintes, que l’on doit gérer, peut-être plus qu’ailleurs, ça, c’est sûr.

Hurluberlu: Si tu ne devais n’en choisir qu’un, quel pays conseillerais-tu pour monter sa boite ?

Alors, je n’ai pas le recul nécessaire pour pouvoir analyser tous les pays du monde bien entendu. Mais surtout, je pense que cela dépend de ton secteur d’activité. Chaque pays a ses avantages et ses inconvénients. Il n’y a pas de grandes règles en la matière et je ne connais pas encore l’eldorado de l’entrepreneuriat.

Hurluberlu: Quelle sont les qualités qui font : un « entrepreneur qui réussit »?

Chacun doit trouver “chaussure à son pied”. Je pense qu’il faut d’abord se connaître pour pouvoir trouver le domaine d’activité qui nous correspond. Ensuite, c’est une histoire de passion, c’est à dire de faire les choses avec cœur. Si tu aimes ce que tu fais, tu pourras l’emmener au bout, tu pourras te réaliser et surtout performer. Il faut aussi avoir de la perspective, car tu dois te projeter sur le long terme pour pouvoir vraiment développer ton projet. L’adéquation entre l’homme et le projet est aussi vraiment primordiale.

Hurluberlu: Revenons un peu sur ta marque, les PETITS FRENCHIES, c’est un avantage de faire du « made in France » en France en 2014 ?

Alors, on ne fait pas que du made in France, on a entre 30 et 40% de marques qui sont 100% made in France, mais par contre ce sont toutes des marques françaises. Avoir un catalogue diversifié qui fabrique tout en France, c’est vraiment difficile à tenir. Mais la porte d’entrée pour être présent sur le site Les Petits Frenchies c’est d’être français et d’être jeune.

Hurluberlu: Quels sont les projets pour la suite ?

Cela accélère fort: on a fait une levée de fonds de 300 000 euros le mois dernier, l’ouverture du showroom, puis le lancement prochainement d’une grande campagne de publicité. On a aussi des grandes ambitions digitales avec la création d’une version du site en anglais pour aller chercher de nouveaux marchés à l’international.

On  souhaite « bon continuation » à toute l’équipe Les Petits Frenchies et on vous invites vivement à passer les voir au showroom Etienne Marcel, chaque mercredi après-midi..

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Et vous alors, vous pensez que les Petits Franchies font partis de ces soldats Français du régiment start-up ?

 

Faut-il créer une musique pour promouvoir son entreprise ?

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La culture musicale a atteint des limites impressionnantes, c’est indéniable. Tous les genres musicaux ont forcément de quoi atteindre certaines catégories de personnes. Centrée autour du divertissement, la musique permet d’accéder à un large public, aussi réservé soit-il. Si l’on est tous d’accord sur le fait qu’elle ne laisse personne indifférent, est-ce pour autant qu’il faut en faire un outil de publicité d’entreprise ?

Le genre musical : un subterfuge pour susciter l’intérêt

Une campagne publicitaire a pour objectif de susciter l’intérêt du public sur une marque. Quoi de mieux que la musique ? A l’heure actuelle où la musique est devenue une culture presque populaire, il est idéal de savoir en tirer profit. Les entreprises l’ont compris puisqu’elles se sont mis dans la cadence, à l’instar des grandes enseignes telles que McDonalds, Hugo Boss, Samsung, et récemment Hug Avenue. Une bonne musique est rarement ennuyeuse, cela va de soi. C’est donc à juste titre que ces marques l’intègrent volontiers dans leurs stratégies de communication. Certaines compagnies vont encore plus loin, en optant pour la comédie musicale.

Les musiques d’entreprise

Plusieurs entreprises ont eu à intégrer de la musique dans leur publicité. De gré ou par le concours de circonstances, certaines se sont vues dédicacées des musiques, qui ont contribué à leur publicité.

 

  •  Charlie Hedbo : l’hymne de l’attentat

    Il y a quelques mois, Jean Baptiste Buller, créait le buzz sur les réseaux sociaux en publiant une musique à propos de l’attentat qui a secoué l’hebdomadaire Charlie. Avec sa voix et sa guitare, ce jeune apprenti notaire a su rallier plus de 10 millions de personnes à sa cause. Vu la célébrité acquise en quelques jours, Jean Baptiste nous démontre assez bien qu’il est possible de créer du buzz avec la musique. Ce n’est pas Charlie Hebdo qui dira le contraire..

  • L’UMP LibDub : le bad buzz

    Vous souvenez vous du LipDub réalisé par les jeunes de l’UMP en 2010 ? Parti d’une idée novatrice : les jeunes populaires avaient réalisé une musique accompagné d’un clip vidéo dans lequel des ministres étaient apparu avec les secrétaires d’Etat mais aussi le sénateur. Tous avaient joué le jeu et ainsi on y voit Christine Lagarde, Xavier Darcos, Chantal Jouanno, Patrick Devedjian, Eric Besson, Jean-Pierre Raffarin,  David Douillet, Laurent Wauquiez, Rama Yade, Rachida Dati, Valérie Pécresse, Frédéric Lefebvre, Xavier Bertrand et Nadine Morano mimer les paroles de “Changer le monde” à la manière “des enfoirés”. Le problème c’est que les paroles semblent plus sortir d’une association humanitaire plutôt que d’un parti politique, le déhanché des ministres n’est pas au top. Et même si on est très fan de Frédéric Lefebvre qui dessine un coeur avec sa main, la qualité comme la réalisation est bas de gamme. Forcément, les critiques n’ont pas pu être clémentes.

 

  •  Hug Avenue : plus branché, plus cool et plus accessible Cet été, Hug Avenue a eu l’idée d’intéresser le public grâce à une musique fun et accessible, intitulée « Est-ce que tu as pécho ? ». Le moins qu’on puise dire est que cette campagne a été audacieuse. Le réseau social des célibataires a voulu miser sur une campagne relaxante et empreinte de bonne humeur, tout en ayant à l’esprit, l’objectif de promotion de son site. Vous vous ennuyez par un bel après midi ? Faites un tour sur Hug Avenue. Sympathique, inoffensive et engageante, cette petite comédie musicale aura quand même su faire parler d’elle. Destinée aux célibataires sans pour autant refléter une sorte de contrainte. Subtil, n’est-ce pas? Tout genre musical a son public. Il serait peut être temps d’exploiter cet atout pour promouvoir les produits de son entreprise.Et vous, qu’est ce que vous en pensez ?

Entrepreneuriat – L’aventure de Paul Morlet

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Il n’y a pas si longtemps encore, on estimait que plus de 2 millions de personnes n’avaient pas les moyens de se procurer des lunettes à leur vue. La raison de cette statistique alarmante : le prix moyen d’une paire de lunettes (monture + verres) est de 470 euros pour le consommateur selon UFC que Choisir.

Mais ça, comme dirait Krys, “c’était avant”; avant que Paul Morlet, jeune entrepreneur lyonnais ne lance le concept de « Lunettes Pour Tous ». Le principe est simple, vendre des lunettes à 10 euros payées directement par le consommateur, sans qu’il n’ait besoin d’une mutuelle. Le succès est immédiat, aussi bien dans les médias qu’auprès des consommateurs. Le concept est révolutionnaire et casse très nettement le prix du marché.

L’aventure de Paul commence en 2010 lorsque, en regardant une émission de poker à la télévision, il s’aperçoit que la salle était couverte de publicité hormis sur les lunettes des joueurs. Il pense alors à créer des lunettes personnalisées : Lulu Frenchie était né.

Après avoir conquis une quarantaine de pays et fourni des lunettes aux plus grandes stars de la planète, de Lady Gaga à David Guetta en passant par le français Norman, il a décidé de s’attaquer au marché de l’optique.

Norman qui porte une paire de lunettes Lulu Frenchie

En à peine quatre mois d’activité dans son magasin du 1er arrondissement de Paris, il a écoulé presque 15 000 lunettes et commence déjà à penser aux prochaines boutiques.

Paul est comme ça, dynamique, motivé et toujours prêt à l’action. On a décidé de l’appeler pour en savoir un peu plus sur son état esprit et sa vision de l’entrepreneuriat  en France.


Hurluberlu: Comment en es-tu arrivé à faire de l’entrepreneuriat?

Paul Morlet:  Un peu par défaut. J’ai passé un bac professionnel en informatique et réseau en alternance à la SNCF. En 2006, c’était déjà la crise, j’ai cherché un emploi pendant deux ans. J’avais réussi à mettre de côté 3 000 euros, ce qui, à l’époque, me paraissait énorme, et j’ai lancé Lulu Frenchie.

Hurluberlu: Niveau éducation, j’imagine que ça ne s’est pas super bien passé, c’est une belle revanche sur l’enseignement que tu prends?

PM: Comme souvent, on a décidé pour moi, on m’a mis là où on voulait bien me mettre et puis voilà. J’ai retrouvé un bulletin récemment et j’étais mort de rire en voyant les appréciations qui disaient que j’allais rien pouvoir faire de mon avenir. C’est sûr que 15 après, je peux clairement dire qu’ils avaient tord, je le sais, mais eux j’en suis pas bien sûr, ils sont tellement déconnectés des réalités.

Hurluberlu: Tu penses que le système éducatif français est mal fait?

PM: C’est pas qu’il est mal fait, c’est qu’il est complètement pourri; tu es orienté par des profs qui n’ont jamais travaillé. Comment veux-tu que leur histoire soit cohérente? Ils ne savent même pas où ils t’envoient lorsqu’ils t’orientent. 

“Les gens ne savent pas à quoi s’attendre.”

Paul Morlet

 

Hurluberlu: Tu es de la vielle école, c’est à dire celle qui n’a pas fait d’école. A ce propos, Paul Bocuse disait lorsqu’on lui demandait s’il avait le bac, que des bacs ils en avaient deux: un d’eau chaude et un d’eau froide, pour faire la plonge. Finalement il règne sur un empire. Révélateur qu’on peut réussir sans diplôme?

PM: (rire). Lorsque tu fais une école, tu apprends une méthode. Ce qui fait que chaque mec qui fait une école utilise plus ou moins la même méthode. Lorsque tu te lances tout seul, que tu es autodidacte, tu n’as pas de méthode prédéfinie. C’est une très grande force car tu es imprévisible. Et c’est ce qui se passe avec moi, les gens ne savent pas à quoi s’attendre.

Hurluberlu: Lunettes pour tous a nécessité de résoudre des contraintes techniques assez importantes et notamment le fait de pouvoir assembler les verres et les lunettes en une quinzaine de minutes. Comment as-tu résolu ce problème?

PM: J’ai contacté les grandes marques françaises de l’optique. Il y avait des projets en cours chez eux, mais jamais terminés. Il n’y avait pas d’énorme machine capable de produire 400 lunettes en une journée. Le marché de l’optique représente six magasins qui emploient six machines qui font simplement deux ou trois paires de lunettes par jour. Avec Lulu Frenchie, j’avais déjà des fournisseurs de montures en Chine. J’y suis retourné pour trouver des fournisseurs de verres qui sont découpés et taillés, l’interrogation était de pouvoir monter les verres sur les montures très rapidement. Il a fallu industrialiser le processus pour assembler très vite les lunettes.

Hurluberlu: La rumeur veut que Xavier Niels ait investi dans ton projet, c’est vrai ou pas?

PM: (rire), je ne sais pas, il faut lui demander. Tu sais que Xavier Niels ne vient pas par hasard à l’inauguration d’un magasin de lunettes. Mais c’est vrai qu’on se connait et qu’on aime bien travailler ensemble.

Xavier Niels au Parc des Princes pour le match Barça / PSG avec des lunettes “Lunettes pour tous”

“Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger.”


Hurluberlu: On dit souvent que l’Hexagone n’est pas forcément une terre d’accueil pour les entrepreneurs, notamment d’un point de vue fiscal, est-ce que tu es d’accord avec ça?

PM: Tout dépend de ce que tu fais. Dans mon cas précis, je pense que c’est le meilleur moment pour le faire. J’arrive à un moment où c’est la crise : les gens n’ont pas beaucoup d’argent mais il y a des produits qui sont obligatoires comme les lunettes. On a donc changé le moyen de l’acheter. Dans mon cas précis, la France était l’endroit idéal pour créer cette entreprise. Il faut bien voir que chaque territoire est un marché potentiel sur lequel se confondent une offre et une demande. Si tu arrives avec une entreprise qui correspond à une demande, tu as réussi ton coup. La zone géographique est sans incidence sur le choix de ton entreprise, il faut juste être adapté à une demande.

C’est vrai qu’en France, la fiscalité est sans doute l’une des plus élevées au monde. En effet, on peut dire que c’est un problème; cependant, c’est un problème que rencontrent les gens riches. Mais je pense qu’on peut encore gagner beaucoup d’argent en France et les réinvestir de façon intelligente dans de bons endroits et en profiter pleinement.

Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger. Je pense au contraire qu’il faut être un peu patriote et défendre son pays, c’est ce que je fais et ça me réussit plutôt bien.   

Hurluberlu: Si tu devais donner les qualités d’un bon entrepreneur, quelles seraient-elles?

PM: Il faut d’abord être courageux, optimiste et fédérateur, être une sorte de chef de meute. Le plus important c’est vraiment de connaître ce que l’on vend. Il faut vraiment connaître son domaine, en être un spécialiste.

“Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs.”


Hurluberlu: Est-ce que tu sens que l’entrepreneuriat est une discipline à part entière, au même titre que la médecine ou le droit?

PM: Oui c’est clair, c’est devenu à la mode parce que toutes les écoles font des Master entreprendre et on en parle aussi beaucoup à la télévision. Mais je me sens assez différent de l’entrepreneur type; celui qui a fait une école de commerce, qui, à 28 ans, a levé des fonds et qui commence à faire du « e-commerce ». Pour moi c’est l’entrepreneur qui ne sait pas du tout ce qu’il vend et qui va parler de lever de fonds toutes les 5 minutes. Ce qu’il faut plutôt faire, c’est créer un truc, avoir des idées, et pouvoir tout contrôler. Lorsque tu es bon, les finances vont toujours suivre. Mais malheureusement les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs. Ils veulent simplement lever des fonds, prendre de l’oseille et revendre en faisant une belle plus-value.

Hurluberlu: Mais c’est un peu le rêve ultime de tout entrepreneur que de créer sa boite et de la revendre assez chère pour ne plus avoir à se soucier du lendemain?

PM: Oui c’est sûr, c’est un métier comme les autres et on le fait avant tout pour vivre. Mais il y a l’aspect création qui est aussi très important. Tu vois ce qui m’amuse, c’est qu’à 24 ans, avec un million d’euros d’investissement, on fait trembler un marché qui pèse 6 milliards avec des mecs qui ont l’âge de mes parents et qui ont commencé leur activité alors que je n’étais pas encore né.

Hurluberlu: C’est vrai que pour le coup Lunettes pour tous est vraiment très inventif..

PM: Tout a changé, le mode de fabrication, la vente et surtout le prix. On a tout cassé!

Hurluberlu: As-tu reçu des menaces venant de certains opticiens?

PM: J’en ai reçues des centaines. Simplement, que ce soit les franchisés ou les indépendants, ils sont voués à disparaître car ils ne pourront pas suivre. Pour les franchisés de chez Affllelou par exemple, ils ont investi 50 000 euros dans une franchise et on leur a dit qu’en vendant deux paires de lunettes par jour, ils allaitent être rentables. Désormais, pour être rentables, ils doivent vendre 400 paires de lunettes par jours, c’est pas tenable. Pour les indépendants, ils tirent encore beaucoup sur les mutuelles, en te faisant des forfaits adaptés à tes revenus pour utiliser tout ton crédit.

Hurluberlu: Je pense que tu as suivi le projet de Bercy sur les professions réglementées visant principalement la réforme des notaires, des pharmaciens et des huissiers. Penses-tu que Lunettes pour tous puisse amener une réforme du marché de l’optique?

PM: C’est même déjà fait puisqu’ils sont par exemple en train d’abandonner le fait que les opticiens soient diplômés pour vendre des lunettes. Je n’ai pas de diplôme d’optique, je devrais donc être hors-la-loi et pourtant personne ne m’a empêché d’ouvrir mon magasin.   

Hurluberlu: Des projets pour l’avenir?

PM: J’espère qu’on va continuer à se développer.

C’est tout ce qu’on souhaite à Paul, et on vous donne rendez-vous sur le site Internet de Lunettes pour Tous, ou directement dans la boutique, pour faire l’acquisition d’une paire de lunettes stylée et pas chère.

Entrepreneuriat – l’aventure de BlaBlaCar

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Si Internet est « La Révolution » des années 2000, « l’économie collaborative » sera sans aucun doute « La Révolution » des prochaines décennies.

L’importance de l’économie collaborative, la société française BlaBlaCar l’a bien comprise puisqu’elle est leader mondial sur le marché du covoiturage avec plus de 10 millions de membres répartis dans plus de 14 pays. Avec une croissance de 200% par an, BlaBlaCar est un véritable modèle de réussite qui montre que l’Hexagone est encore une bonne pépinière pour les entrepreneurs innovants.

En l’occurrence, de l’innovation, Frédéric Mazzella, Président fondateur de BlaBlaCar n’en manque pas. Son cursus suivi à l’Ecole Normale Supérieure a été complété par un diplôme de Stanford, une formation complémentaire à l’INSEAD et il a fait ses classes à la NASA.

En qualité de patron d’une société qui est en passe d’être valorisée à plus d’un milliard de dollars, il est aussi, très occupé. Cela n’a pas altéré notre envie de connaître les dessous d’une des plus belles sociétés françaises de cette décennie. C’est la raison pour laquelle après quelques échanges de mails, nous nous sommes rendus dans les locaux de BlaBlaCar situés dans le 9e arrondissement de Paris afin de rencontrer Laure Wagner, membre  fondatrice de l’équipe BlaBlaCar, qui a gentiment accepté de se livrer aux lecteurs d’Hurluberlu.

L’interview BlaBlaCar avec Laura Wagner

Laure Wagner

Hurluberlu : Comment est née l’idée BlaBlaCar ?

Frédéric Mazzella, le fondateur, a eu l’idée de lancer un site de covoiturage en décembre 2004. Il voulait rentrer chez ses parents pour Noël en Vendée mais il n’avait pas pris ses billets de train à l’avance. Il s’est alors aperçu qu’il était impossible de prendre un train à la dernière minute sans devoir payer des sommes astronomiques. Il a compris que le covoiturage pouvait devenir une autre alternative sur le marché pour voyager à la dernière minute sans se ruiner et qu’il y avait une opportunité à créer un site Internet dédié au covoiturage. Pour la petite histoire, à la suite de ce constat, il n’a pas dormi pendant 70h, pour essayer de réfléchir comment il pourrait organiser son site Internet.

Finalement, c’est en 2005 qu’il a vraiment commencé à coder le site Comuto.com, car le domaine Covoiturage.fr n’était pas disponible. Finalement, en 2006, il est arrivé à récupérer le nom de domaine et il s’est lancé dans le projet, de ce qui deviendra BlablaCar.

Hurluberlu: L’avantage d’être ingénieur de formation, c’est que techniquement, Frédéric Mazzella avait les moyens de lancer un site Internet comme BlaBlaCar ?

Exactement, c’est lui qui a bâti la première version du site qui était, pour l’époque, déjà assez fonctionnelle et novatrice, puisqu’il y avait déjà un système de géolocalisation lié à une cartographie Google et à un moteur de recherche. Ce qui se différenciait vraiment du concurrent de l’époque, qui était «Allo Stop», un système d’annonces non digitalisées, qui nécessitait d’appeler chaque particulier un par un pour savoir si des places étaient disponibles.

Hurluberlu: BlaBlaCar est l’une des premières sociétés (avec AirBnB) à s’être engagée sur le marché de l’économie collaborative, comment ont réagi les utilisateurs français au début ?

C’est bien de dire utilisateur et non pas consommateur, car l’économie collaborative repose sur un dualisme des cibles, puisqu’il faut aller chercher l’offre en même temps que la demande. Ce qui est très différent de l’économie « classique » où les entreprises vont simplement proposer une offre adaptée aux besoins des consommateurs.

Ce qui a été très difficile au départ était donc d’arriver à constituer une base d’utilisateurs suffisamment importante pour que l’offre proposée la soit aussi. L’économie collaborative repose sur un dualisme des cibles, puisqu’il faut aller chercher l’offre en même temps que la demande.

Frédéric a donc connu une grande « traversée du désert » de 2005 à 2009. En effet, c’était vraiment frustrant de voir que des gens cherchaient des trajets Nantes/Marseille pour tel jour et que, finalement, ce jour là, n’était proposé qu’un Guingamp/ Caen. Je grossis volontairement le trait, mais c’est ce à quoi l’on a été confronté.

En plus de ça, c’était le début des réseaux sociaux et de la technologie mobile, donc les gens étaient bien moins connectés que maintenant, ce qui rendait les choses assez compliquées.

Puis les gens sont peu à peu devenus plus réceptifs à notre projet en raison des gains économiques qu’ils pouvaient réaliser. Il faut savoir que la première motivation des utilisateurs était pécuniaire au début, mais désormais il y a les côtés affectifs et partage qui jouent aussi beaucoup.

Hurluberlu: Pourquoi les choses se sont-elles améliorées en 2009 ?

Au début, pour Frédéric, le site était une passion avant d’être une source de revenus. C’est-à-dire qu’il a continué à travailler en tant qu’ingénieur salarié tout en s’occupant du site. Mais en 2008, il a pris le risque de quitter son travail d’ingénieur pour faire INSEAD (NDLR : Une très grande école de management située à Fontainebleau), et il a pris un an pour réfléchir sur le modèle économique que pourrait avoir le site. Au terme de cette année, il a gagné le concours Business Venture de l’INSEAD, signe que son projet était déjà viable.

Cette année-là, il a aussi rencontré Francis Nappé, son associé actuel, (qui travaillait chez Meetic à l’époque). C’est lui qui lui a fait la première version mobile du site sur le WAP, ce qui a «bluffé» Frédéric et qui l’a décidé à l’association.

En sortant de l’école en janvier 2009, le site « Covoiturage.fr » comptait environ 100 000 membres, il fallait donc recruter quelqu’un pour s’occuper de la communication.

C’est la raison pour laquelle j’ai été embauchée pour développer et faire connaître le site « Covoiturage.fr ». En fait, je connaissais Frédéric depuis 2006, puisque je travaillais auparavant dans une agence de communication pour le compte du ministère de l’Écologie et je l’avais contacté dans le cadre d’une campagne sur les nouveaux moyens de transport “éco-responsables”.

À partir de janvier 2009, Frédéric a commencé à travailler à plein temps sur le projet qu’il avait passé un an à mûrir, avec Frédéric Nappé son associé et moi en qualité de « first employée ». C’est donc à ce moment-là que les choses ont vraiment décollé.

Hurluberlu: Donc 100 000 utilisateurs en 2009 et plus de 10 000 000 d’utilisateurs aujourd’hui, ça fait beaucoup d’utilisateurs gagnés en cinq années, quel est le secret ?

Franchement, ça a été super lent – la blague, c’est qu’en 2009, je n’avais que 500 euros de budget pour gérer la communication et qu’il fallait faire comme on pouvait avec ce que l’on avait.

Mais, notre chance, ça a été d’avoir eu de très bons « bouche-à-oreille », puisque le site étant bien fait, les gens en parlaient autour d’eux alors même qu’ils ne trouvaient pas forcément leurs trajets. On a alors eu l’idée de mettre un système d’alerte sur les trajets, c’est-à-dire qu’on a incité les gens qui ne trouvaient pas à revenir dès lors que le trajet qui les intéressait se créait.

Concernant les conducteurs, on essayait de leur faire publier plusieurs trajets, afin de fournir une offre toujours plus importante. Par exemple, on demandait à quelqu’un qui publiait une annonce pour un trajet, si ce trajet était hebdomadaire. Alors, au lieu de proposer une annonce, la personne en proposait une centaine.

La grande difficulté d’un site comme BlaBlaCar, par rapport à AirBnB par exemple, c’est que nos offres ont une durée de vie très courte. Ainsi, quelqu’un qui va poster une annonce de location d’appartement va voir son annonce durer dans le temps, alors que quelqu’un qui poste l’annonce d’un trajet Lyon/ Marseille à 16h 00, à 16h 01 l’annonce expire. Donc, il fallait absolument profiter de la venue d’un nouveau membre sur le site pour en tirer le plus d’informations.

Hurluberlu : C’est avec ce genre de recette que vous avez réussi une levée de fonds record de 100 millions de dollars auprès  Index Ventures en juillet dernier ?

En fait, une fois que l’on a eu fidélisé les utilisateurs, il a fallu trouver un modèle économique. C’est la raison pour laquelle on a fait une première levée de fonds de 1,5 million de dollars en 2011. C’est à cette époque-là que l’on a mis en place la commission de 10% sur les transactions, en mettant parallèlement en place la notation des voyageurs afin de renforcer l’esprit communautaire du site.

Ensuite on a fait une deuxième levée de 8 millions afin de se lancer à l’international, c’est avec ça qu’on a pu conquérir les marchés espagnol, portugais, italien, anglais, allemand, polonais, ukrainien ou russe.

Enfin, la levée de fonds de cet été, c’est pour s’étendre sur tous les pays du monde et notamment en Asie et en Amérique du Sud. On est déjà leader sur le marché en termes de nombre d’utilisateurs, mais ce que l’on ne veut pas, c’est que des sociétés prennent notre modèle économique pour s’implanter dans une région et deviennent si grosses, qu’il nous sera impossible de les détrôner. On est dans une logique de porte-drapeau, on envoie des équipes aux quatre coins du monde afin d’implanter la société.

Hurluberlu: Et la rentabilité dans tout ça, j’ai lu que la société BlaBlaCar n’est pas encore rentable, est-ce vrai ?

À l’heure actuelle, on est déjà rentable dans deux pays, la France et l’Espagne, où l’on a instauré un système de commission. Pour tous les autres pays, on met en relation les utilisateurs entre eux, mais on ne prend rien sur les transactions, car le marché n’est pas assez mature. Donc, c’est vrai, que pour l’instant, BlaBlaCar, n’est pas encore rentable.

 Il faut bien se dire que pour l’instant, BlaBlaCar n’est pas du tout rentable.

On a le modèle économique, désormais il faut attendre que le covoiturage rentre dans les mœurs pour pouvoir prendre une commission. 

Hurluberlu: BlaBlaCar est une très belle réussite française, à une époque, où il est tendance de dire et de penser qu’il est impossible d’entreprendre dans notre pays, quelle est votre opinion sur les opportunités économiques françaises ?

C’est une question qui est récurrente c’est vrai, puisqu’on a tendance à se morfondre sur notre condition. Mais par rapport à BlaBlaCar, la France nous a beaucoup apporté. D’abord parce qu’il y de très bons ingénieurs et lorsqu’on voit le défi technique du site, c’est très important d’être entouré de personnes très compétentes.

 La France nous a beaucoup apporté.

Le second point c’est que je pense que la France est un pays qui a le mieux compris les enjeux de l’économie collaborative; par exemple le site OuiShare est français, le premier espace de coworking est né en France (NLDR : La Mutinerie à Paris) et KissKissBangBang est l’un des tous premiers sites de crowfounding à avoir vu le jour dans le monde.

Ensuite, le nerf de la guerre reste la motivation, en France ou ailleurs.

Hurluberlu: Quels sont les projets de BlablaCar pour l’année à venir ?

Le but c’est de continuer l’expansion internationale, en s’implantant dans tous les pays du monde. On doit réussir l’ouverture en Inde à la fin du mois de février, puis suivra l’Amérique du Sud. En revanche, on ne voit pas le marché américain comme une priorité, car le prix de l’essence étant très bas, il n’y a pas de réel besoin de faire du covoiturage. En plus, les villes sont tellement lointaines, que les américains font la plupart de leurs longs trajets en avion.

Hurluberlu: Une dernière question, tout le monde croit que BlaBlaCar appartient à la SNCF, vous pensez que c’est un complot des chemins de fer pour vous nuire ?

 (Rire) – ça se pourrait oui, car on leur prend des nouvelles parts de marché à chaque nouvelle grève. Mais je pense que les gens confondent avec ID Vroum, le site de co-voiturage de la SNCF, c’est une belle légende urbaine en tout cas !

Crédits photos : © BlaBlaCar

Qu’est-ce que le dropshipping et que faut-il espérer de cette méthode ?

Le dropshipping est une tendance qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde et ce n’est pas pour rien puisque les avantages sont nombreux, et les inconvénients sont généralement minimes selon les solutions choisies. Mais qu’est-ce que le dropshipping au juste et comment en faire ? Voici quelques éléments de réponse pour vous ! Continuer la lecture

Entrepreneuriat – L’aventure « Avions de Chasse »

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Stendhal disait que « les femmes extrêmement belles étonnaient moins le second jour », c’est la raison pour laquelle,  la startup Lyonnaise, « Avions de Chasse » a décidé de publier chaque jour,  sept photos de  jolies filles, pour maintenir la gent masculine dans l’étonnement permanent.

En à peine un an d’existence, « Avions de Chasse » a surtout réussi le tour de force de collecter  plus de 173 000 fans sur Facebook (l’équivalent de la ville de Saint-Étienne), et cela malgré le terrible algorithme mis en place par la société de Marc Zuckerberg.  En effet, avec le grand nombre d’utilisateurs et de pages Facebook, il est impossible d’afficher dans le fil d’actualité d’un utilisateur l’intégralité des contenus postés par ses amis et les pages qu’il suit. Facebook doit donc trier. Il le fait grâce à un algorithme extrêmement opaque et complexe qui ne laisse apparaître que les contenus qui sont le plus susceptibles d’être « aimés », « commentés » et « partagés ». C’est à cause de ce maudit algorithme , que vous passez à côté de certains merveilleux articles proposés par la rédaction. Malgré cela, « Avions de Chasse » a su tirer son épingle du jeu, et se développe sur internet à une vitesse fulgurante.

La startup lyonnaise a fini de nous convaincre, lorsque après un partenariat organisé, puis annulé avec Uber, leur site  était en première page  de CNN.

Si « Avions de Chasse » s’est fait une spécialité de l’amour digital, en proposant des jolies filles quotidiennement, le concept a vocation à s’étendre sous d’autres formats, notamment des vidéos et des soirées organisés dans de prestigieux clubs français. Les  « Avions de Chasse » sont sur le tarmac et prêts aux décollages.  On a donc décidé de s’entretenir  avec  leur cofondateur,  Pierre pour discuter, entrepreneuriat digital et  business modèle sur Internet.


Hulubberlu : Comment, devient-on en quelques mois à peine, le « chef de meute »,  de plus de 170 000 personnes sur Facebook?

En fait, j’ai commencé à travailler dans le digital, à partir du 3e cycle que j’ai effectué à l’EM Lyon. Ensuite, je me suis fait incuber à la pépinière d’Écully de l’EM Lyon, j’y suis resté pendant un an avant de voler de mes  propres ailes, mais l’expérience s’est soldé par échec. J’ai heureusement rebondi en  travaillant à Paris pour Mobile Network Group, la régie publicitaire de Shazam, des Inrocks, de Marie-Claire, exclusivement des marques extrêmement premiums dans le digital.  Puis, j’ai été débauché par une autre entreprise qui fait de la technologie de publicité digitale géolocalisée.

Pour la petite histoire, « Avions de chasse » est né avec un de mes potes de Lyon, Gaspard fondateur d’ une agence  de conseils en  communication. On avait créé, une fan page au départ pour rigoler, et elle a tellement bien pris, qu’on en a fait un site Internet.

Avion de chasse: terme familier pour désigner une jolie fille comme Yana Bella

C’est vrai qu’à un moment, la page Facebook prenait jusqu’à 5 000 fans par jour. On a donc eu une croissance assez rapide, d’ailleurs passés les 100 000 fans, Facebook nous a bridés, c’est-à-dire que nos publications avaient moins de portée, on a donc ralenti un peu la croissance, mais on avait pris presque 80 000 fans en 5 mois, donc on s’est dit qu’on pouvait essayer de faire quelque chose.

Hulubberlu : « Avions de Chasse », est  donc plus un délire de potes qu’une vraie volonté de faire un site Internet?

Oui c’est exactement ça ; mais c’est un « délire » sur lequel on s’investit beaucoup, en terme de temps et d’argent.  Puisqu’on a pour ambition d’être plus qu’une plateforme où l’on peut voir des  jolies demoiselles. C’est un projet à long terme qui consiste à créer un club pour les jolies filles en partenariat avec des boîtes de nuit.

Car, en plus de passer des bonnes soirées, les filles cumuleraient des points pour des cadeaux ; ça peut aller d’un bijou, à un voyage à New-York, donc, elles seraient récompensées pour leur fidélité à « Avions de chasse »,et pour le plus grand plaisir de la gent masculine…

https://www.youtube.com/watch?v=8w_0IKjLgAA

Hulubberlu : Tu aurais des conseils à donner à nos lecteurs, sur la façon de développer une page sur Facebook ?

Aujourd’hui, si tu veux développer une page Facebook, il faut mettre en place une stratégie de management digitale. C’est à dire, qu’en fonction de ce que tu proposes, il faut adapter tes publications.

Par exemple, sur  la page Facebook « Avions de chasse », on s’est rendu compte qu’il fallait publier moins que sur le site, pour optimiser la visibilité de nos posts.

Mais il n’y a pas de recette miracle, il faut faire des tests pour savoir comment publier, pour toucher le plus de monde possible…

Hulubberlu : On dit souvent que le digital, est très rentable, car un site Internet, n’est pas un « gros » investissement, par contre la rentabilité peut-être maximale, es-tu d’accord avec cette idée ?

C’est vrai qu’aujourd’hui, on peut créer un site Internet avec un petit budget, mais après,  s’il on veut le développer, il faut mettre en place des opérations de communications;  il faut faire appelle à des graphistes, à des agents de maintenances et, cumulés, toutes ces choses font que le site, va finalement,  revenir assez cher. Quand à la rentabilité, tout dépend du trafic qu’on arrive à générer.  C’est vrai que si l’on a beaucoup de visiteurs uniques, on peut signer avec une grosse régie publicitaire, et on  pourra avoir un bon complément de revenu, mais c’est très rare de pouvoir en vivre, à moins d’avoir une énorme fréquentation.

“Je pense que l’entrepreneuriat c’est un choix de luxe”


Hulubberlu : Plus généralement, que penses-tu de l’entrepreneuriat en France ?

Je pense que l’entrepreneuriat « c’est un choix de luxe ». C’est-à-dire, que, sans faire des généralités, pour entreprendre, il faut avoir la chance d’avoir des gens autour de toi, qui te soutiennent financièrement. Parce que, si, lorsque tu montes ton entreprise, tu n’as pas les moyens de payer ton loyer, ton projet va vite « tomber à l’eau ».

Concernant le vivier français des entrepreneurs, j’ai constaté avec ma petite expérience, que dès que tu créé une entreprise, tu es tout de suite taxé, alors même que tu n’as pas fait un euro de chiffre, et ça, c’est un peu pénible.

Paradoxalement, il y a aussi beaucoup  d’aides financières, comme Oséo qui peut t’aider à la création et d’autres choses, comme le « crédit impôt recherche »,  mais malheureusement, c’est souvent les grosses entreprises qui en bénéficient et jamais les jeunes startup, le monde est mal fait… .

Donc, c’est vrai que je connais beaucoup de potes qui ont créé des startups dans le digital et ils sont tous dans une logique de partir de France pour optimiser leur plan fiscal.

Mais cette question, de partir de France, c’est utile lorsque tu commences à gagner beaucoup d’argent. Donc je pense qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

Hulubberlu : Dernière petite question : est-ce que le fait d’avoir « avion de chasse » t’aide avec les filles ?

J’ai une copine depuis un petit moment, c’est, sans aucun doute, la plus belle des « avions de chasse. »

Entrepreneuriat – Ces français qui lèvent 1,2M de $ dans la Silicon Valley

Mindie est une application pour iPhone destinée à partager des séquences de sa vie en vidéo, sur fond musical, en 7 secondes. Lancé en octobre 2013 par quatre jeunes français, Mindie vient de lever 1,2 millions de dollars dans la Silicon Valley.

Mindie souhaite entrer dans l’histoire avec un service innovant qui lie images animées et musique. L’application nous rappelle le célèbre Vine, mais le concept de Mindie va plus loin. Il incite ses utilisateurs à donner une ambiance amusante aux séquences qu’ils partagent à l’aide d’une musique sélectionnée dans le catalogue d’Itunes. Le service est très graphique et simple d’utilisation et le résultat des Mindies peut être très surprenant.

« On se positionne au début d’une nouvelle ère »

Quatre jeunes entrepreneurs français sont à l’origine de ce concept novateur.

Pour eux, on entre actuellement au début d’une nouvelle ère sur les réseaux sociaux. « Une grosse partie va être centrée sur la vidéo, et on se positionne au début de ça » nous confie Grégoire Henrion, CEO de Mindie.

Par un format qui se veut populaire, les fondateurs de Mindie avouent qu’ils croient fortement au potentiel de leur application car « elle est fun et très centrée sur l’émotionnel ».

Soutenu par les mêmes investisseurs que Path, Facebook, Twitter …

Parce que pour eux il a été compliqué de se lancer en France, les quatre français ont rapidement décidé d’aller conquérir l’Amérique. Au sein de la Silicon Valley, ils sont parvenus à séduire des investisseurs et ont levé pas moins d’1,2M de dollars en un mois seulement, quand la France n’y croyait pas.

Ils font parti de ce pourcentage de startup française à avoir eu le soutien de quelques investisseurs, notamment ceux qui ont cru en Path, Facebook, Uber ou encore Twitter.

Un bel exemple d’entrepreneuriat français

Les quatre français ne veulent pas encore communiquer le nombre d’utilisateurs de leur application. Néanmoins Ashton Kutcher l’a déjà adopté. Et quand on sait qu’il a été l’un des précurseurs sur Twitter, on ose imaginer le même succès pour Mindie.

Ambitieux, les quatre jeunes hommes ne sont pas à leur premier coup d’essai. Ils ont d’abord travaillé sur un premier projet d’application, Ever, pour finalement aboutir sur le concept de Mindie qui a de très bonnes heures devant lui.

Quand les fondateurs de l’application donnent un conseil à de jeunes entrepreneurs : « Aujourd’hui grâce à Internet, tout est possible. Osez, vous ne perdrez rien ».

Accros à Vine, vous allez aimer ce bel exemple d’entrepreneuriat français, à suivre de très près dans les prochains mois.

Testez Mindie et dîtes-nous ce que vous en pensez !

Sébastien Jeny