Pourquoi c’est (déjà) culte – La Boiler Room

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C’est peut-être les soirées des années 2010, la rencontre entre le cool et le web 2.0, entre la musique et les Internets. Difficile, en effet d’être passé à côté du phénomène Boiler Room, véritable raz-de-marée de la « hype » qui rassemble chaque mois quelques centaines de fidèles à la recherche de la Guest List qui leurs permettra d’assister à un événement organisé par le collectif Londonien et des milliers d’internautes derrières leurs écrans d’ordinateurs. 

Ce qui pouvait en effet s’apparenter, au début, à des soirées underground, est désormais un phénomène planétaire qui rassemble chaque mois pas moins de 3 millions de spectateurs. Retours sur ce phénomène hallucinant.

La recette du « comme à la maison »

Loin de l’ambiance aseptisée du clubbing  de « masse », la Boiler Room (car oui c’est bel et bien un nom féminin)  a émergé à Londres en 2010. Le principe était de rapprocher les DJs de leur public en leur permettant de jouer dans un lieu original et souvent intimiste, le live étant retransmis en direct sur Internet.

L’idée c’est de prendre les pointures de la scène électronique mondiale et de les mettre dans votre salon ou parfois l’inverse. Par exemple, le DJ canadien Richie Hawtin a tout simplement organisé une Boiler Room dans son appartement de Berlin .

Né en juin 2010 dans une fête improvisée à Londres dans une ancienne « boiler room », un centre d’appel pour vendre des actions complètement pas rentables et qui à fait, entre autres, la richesse de Jordan Belfort, le héro malheureux du Loup de Wall Street. Le phénomène s’est vite étendu dans les villes où la musique électronique est légion et notamment à New York, Los Angeles et Berlin.

Paris est resté pendant très longtemps à l’écart du phénomène, puisqu’elle n’a accueilli sa première Boiler Room qu’en 2012, avant que d’autres villes françaises ne suivent et notamment Lyon qui a accueilli l’évènement lors de la  dernière  édition des Nuits Sonores, pour le set énormissime de Rone (ceux qui y étaient savent).

L’apogée du web 2.0 pour ne pas rater l’immanquable 

Les soirées privées ont toujours existé, mais le gros avantage des Boiler Room, c’est que l’internaute a la possibilité d’avoir  un œil à l’intérieur du microcosme de la culture club. L’univers de la musique électronique est très fermé ; il a ses propres codes et ses références, et bien souvent sans un solide carnet d’adresses, il est difficile de s’approcher des principaux acteurs qui composent ce réseau : les DJs .

La Boiler Room est aussi l’occasion de gratter le numéro de la sublime Nina Kraviz

Si l’accès au Boiler Room est très sélectif, tout un chacun peut  voir le set de Maya Jane Coles ou de Gesaffelstein, en direct live grâce à un site de streaming. L’internaute est donc plongé, l’espace de quelques minutes, dans l’univers de tel ou tel artiste, avec son lot de surprises et d’imprévus. C’était le cas lors de  la Boiler Room de Motor City Drum Ensemble, où un gars débarque, fait semblant de scratcher pour déconner et tout le set s’arrête à cause de lui.

Si cela peut paraître aberrant pour certains que des milliers d’internautes squattent leurs écrans d’ordinateurs pour voir mixer un mec au lieu de sortir s’adhérer la tête avec des vraies personnes, pour celui qui suie le concert, l’envie qui prime est de ne pas louper l’immanquable. Ce que les Anglo-saxons appellent le “Fear Of Missing Out”, la peur de manquer un événement crucial, une dernière track jouée, ou un nouvel album en préparation; un truc de fan, entretenu par la sélection des évènements.\

La sélection par la hype 

C’est une règle immuable de l’être humain, moins on a accès à quelques choses et plus on désire l’avoir. C’est le fameux théorème amoureux du « suis moi et je te fuis et fuis-moi et je te suis », appliqué au club c’est plutôt que l’on aurait toujours tendance à vouloir rentrer là où on ne peut pas rentrer, plutôt que de profiter de notre soirée dans un endroit accessible. C’est la culture naturelle de l’épanouissement par la sélection, et ça les organisateurs de la Boiler Room l’ont bien compris.

Blaise Belleville, le “company director” de Boiler Room qui a déjà à son actif le succès des soirées All Age dédiées aux adolescents, n’a que 26 ans. Et c’est sûrement pour ça qu’il est à même de comprendre que la position du curseur sur l’échelle “hype – célébrité” est la clé de voûte du succès, et qu’il faut donc le manier avec la plus grande subtilité.

Ainsi,  pour n’importe quel amateur d’électro, les soirées Boiler Room c’est le Graal : trois ou quatre performances par soirée, des programmations démentes pour qui s’intéresse un peu aux cultures électroniques, pas un kopeck à dépenser pour rentrer, des lieux souvent complètement fous et l’assurance de passer une grande soirée. Le seul problème c’est que la guest list est ridiculement petite et presque aucun moyens pour le commun des mortels d’y inscrire son nom. La seule solution qui  reste est donc d’allumer l’ordinateur pour profiter du son…

A lire aussi : Faut t-il se droguer pour écouter de l’électro ?

De la musique de qualité et gratuite 

Si vous n’aimez pas passer vos samedis soir assis sur le canapé à mater un live sur votre ordinateur avec un pot de glace Haagen Daz alors vous pouvez toujours aller rechercher de quoi nourrir votre Ipod, puisque presque tous les mixs de la Boiler Room sont en téléchargement gratuit sur leur Souncloud, mais comme on est des amis, on  vous a mis une petite sélection de ce qui s’est fait de mieux ces dernières années et qui sont déjà cultes.

Rendez-vous alors à la prochaine Boiler Room, près de chez vous?

 

Le rêve, frontière de la réalité

Les rêves fascinent et c’est peu de le dire. Voyez comme à travers les âges ils ont toujours suscité croyances, études, mysticismes et interprétations. Bien que la science progresse de façon fulgurante en usant de méthodes toujours plus performantes, il n’en demeure pas moins que la signification des rêves en eux-mêmes échappe à la Raison.

Peut-être est-ce la preuve qu’il existe en nous des mécanismes bien plus profonds que l’on ne veut le croire. Ou peut-être est-ce simplement l’œuvre d’un ensemble de capacités purement physiologiques aboutissant à un résultat parfaitement aléatoire.

Personne ne saurait le dire, et pourtant nombreux sont ceux qui se sont attelés à la complexe tâche visant à décrypter nos songes.

L’interprétation divine du rêve chez les Anciens

Le lien entre le rêve et le divin est quelque chose d’assez universel. On le retrouve dans un grand nombre de mythes fondateurs et de légendes. Les mythologies égyptienne, grecque, romaine et monothéiste, pour ne parler que d’elles, foisonnent de personnages qui, touchés par la grâce des dieux, ont entre-aperçu le futur en rêve. Car oui, lorsqu’il y a du divin, il y a nécessairement du prophétique !

Parfois, elle ne se rappelait plus.

Le rêve prémonitoire était d’ailleurs une des spécialités de la célèbre Pythie de Delphes, l’Oracle du Temple d’Apollon qui, joyeusement droguée, faisait part de sa communication avec les puissances occultes de l’au-delà. Dans le même registre, les pharaons de l’Antique Egypte (lire ici notre article sur le monde antique) sollicitaient très sérieusement les conseils des légions de prêtres, médecins, astrologues et autres onirologues (« spécialiste » des rêves) composant leur divine cour.  Et que dire du rêve dans la tradition biblique, et plus précisément des célèbres visions de Daniel présentant la statue aux pieds d’argile ou encore les quatre bêtes symbolisant quatre empires auxquels succédera la venue du Messie.

Un moyen simple d’avoir l’attention des puissants…

Cela étant, il n’en demeure pas moins que, quoiqu’antiques, certains personnages étaient bien moins superstitieux. Platon estimait, par exemple, que le rêve était le lieu où les désirs honteux s’exprimaient. Aristote, quant à lui, les envisageait comme un phénomène lié au vécu de la journée. Il est très surprenant de constater à quel point leurs réflexions sont toujours d’actualité, que ce soit à travers la psychanalyse freudienne ou les études relatives à l’incidence de l’environnement sur le sommeil !

A lire sur le même sujet : L’homme utilise t-il 10% de son cerveau ?

La frustration, selon Freud

Le père de la psychologie s’est beaucoup penché sur le phénomène. En étudiant l’inconscient de la personnalité, Freud émet l’hypothèse que le rêve est une manifestation des pulsions du « ça », cette partie de notre psyché qui suggère en permanence au « moi » des désirs très souvent sexuels, et que notre « surmoi » oppresse de son mieux pour permettre la vie en société. Selon Freud, les pulsions refoulées jaillissent inconsciemment à travers les rêves et c’est la raison pour laquelle il les interprète comme un indicateur des frustrations sexuelles d’un individu par références implicites.

Au-delà du fait que Freud base toute sa réflexion sur le rapport au sexe, les problèmes apparaissent lorsque le psychanalyste précise que le rêve s’appuie sur des images provenant de l’inconscient collectif, des sortes de schémas partagés inconsciemment par tous. Par exemple, si une femme rêve qu’elle caresse un chat, cela signifie qu’elle a de gros besoins masturbatoires. Si un homme rêve d’un chêne, cela signifie qu’il se questionne quant à son rapport au phallus…

Entre Floyd et Freud, il n’y a qu’un rêve.

No comment.

On notera toutefois le courage et le mérite de Freud d’évoquer au XIXème siècle, à une époque encore très empreinte de tabou et de religion, le rapport entre l’individu et sa sexualité. Il est très probable que cela ait une incidence sur le rêve, mais dans une moindre mesure à n’en pas douter !

L’approche moderne et technique du rêve

Les progrès en matière de médecine ont permis, à défaut d’en percer les mystères, en tout cas d’étudier et décortiquer le sommeil en plusieurs phases : le sommeil lent, et le sommeil paradoxal et le sommeil intermédiaire (de façon très schématique).

En mettant en évidence les signaux électriques produits par le cerveau durant le sommeil, certaines études relèvent que le rêve a lieu principalement pendant la phase du sommeil paradoxal. Cette phase assez courte, d’une durée de 15 à 20 minutes, s’accompagne de mouvements oculaires rapides, dont les rêves seraient à l’origine.

Tout est dans la tête.

Le songe est davantage présenté par la technique comme une fonction physiologique primordiale permettant une « mise à jour » de la mémoire, ce qui explique pourquoi les animaux rêvent également. Quant à leur signification, il s’agirait en réalité d’une succession de données collectées par notre mémoire et combinées aléatoirement dans notre cerveau. L’intensité du souvenir de rêve serait liée, quant à elle, au moment précis de notre réveil. Selon la phase durant laquelle l’individu est réveillé, il en gardera un souvenir plus ou moins net.

Il ne s’agit là évidemment que d’hypothèses. La science ne parviendra peut-être à expliquer le rêve que lorsqu’elle aura réussi à percer les mystères du cerveau. Et il y a encore beaucoup de travail !

Cela étant, rien ne nous empêche d’avoir notre propre conception des rêves, aussi troublants, mystérieux et abscons puissent-ils être. Si une chose est bien certaine, c’est que le rêve est précisément quelque chose de personnel. La meilleure méthode pour l’étudier au niveau individuel consiste surement à l’écrire lorsqu’il est encore frais, peu après le réveil. Peut-être qu’en le lisant avec du recul, quelque chose de particulier en jaillira.

Et, après tout, la signification du rêve réside peut-être dans un mélange de toutes ces considérations ? Un peu de physiologie, un peu de frustration et un peu de prémonition

50 nuances de Houellebecq

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Le gars, il a écrit un roman qui s’appelle Soumission. C’est marrant parce que quand on y pense, on est en plein dans la période de promotion du sadomasochisme, avec la sortie de Fifty Shades of Grey au cinéma. Mais rassurez-vous, tout ça n’a rien à voir avec le déballage érotique mal écrit d’une quarantenaire en pleine crise d’adolescence. N’attendez pas de moi que je vous fasse un résumé critique de ce film ; je ne pourrai pas être un bon juge parce que je suis un mec. Il a peut-être une chance d’être bien, à condition d’y aller les yeux bandés (cherchez les différents jeux de mots de cette phrase). Comme le film dure précisément 2h05, je me suis dit que ces 5 minutes superflues devaient être passionnantes ; et je n’ai pas été déçu : un splendide survol en planeur, piloté par Christian Grey, pendant qu’Anastasia tente en vain de se donner de la contenance en faisant semblant d’être malade. Je vous le donne en mille : paysage absolument magnifique ! Le reste du film est comme une répétition laborieuse. Ce film m’a permis de me rendre compte que les aiguilles de ma montre étaient fluorescentes ! C’est déjà ça de gagné.

Soumission est donc le dernier roman polémique de Michel Houellebecq. En fait Houellebecq, c’est un peu le mal aimé de la littérature française, puisqu’il vend autant (sinon plus) de livres à l’étranger que dans son propre pays. Il en a tellement eu marre qu’il s’est même exilé en Irlande ; bon, il parait que c’est pour des soucis fiscaux mais je continue de croire en la poésie de l’homme qui refuse son environnement et qui s’enfuit en pleine nature. Genre Into the Wild mais en plus riche. Un mythe devenu cliché, mais tout de même assez stylé. Pourquoi les gens attirants sont toujours ceux qui font le plus de controverse ?

« Houellebecq reste quand même un des grands auteur français à l’heure actuelle. »

Bref. Revenons à nos moutons. Soumission c’est donc une sorte de futur imaginé, dans lequel Houellebecq se projette. Le nouveau président français est issu d’un mouvement politique appelé : La Fraternité Musulmane. Alors on pourra dire ce qu’on veut sur la pertinence d’un tel sujet aujourd’hui ; seulement, on parle de littérature ici. Contrairement à la tonne de critique qui s’efforce de se donner une contenance, j’ai fait des études littéraires et pas Science Po (oui, c’était par choix). Et Houellebecq reste quand même un des grands auteur français à l’heure actuelle. Je veux dire, un vrai auteur. Un mec qui bosse son écriture, qui réfléchit à ce qu’il fait. Qui propose des nouvelles choses. Et qui écrit de la poésie en plus de tout ça : quel autre écrivain d’aujourd’hui possède son anthologie poétique éditée ? Chantée par Jean-Louis Aubert ? Personne. Parce que ce gars-là a une vision assez sensée de tout ce qui se passe en France, et ce qui fait chier tout le monde c’est qu’il l’écrit haut et fort.

Oui c’est vrai que le mec divise pas mal, et soit on adhère, soit on est hermétique. C’est déjà un bon point, dans une époque où on passe notre temps à dire « Je m’en fous ! ». « – Tu vas arriver en retard – Je m’en tape ! », « – Elle va dire quoi ta mère ? – Je m’en tape ! », « – Pose cette manette et viens manger ! – Je m’en tape à fond ! ». Plus sérieusement, j’ai deux auteurs fétiches : Simon Liberati (ici notre article sur Simon Liberati), dont je parlerai un jour ; et Houellebecq. J’aime les choses de mon temps et Balzac m’emmerde au plus haut point, je sais, c’est pas correct ; mais comme dirait un pote à moi : Je m’en tape.

« C’est peut-être aussi le moment de se mettre à jour, et de rentrer de plein pied dans le monde d’aujourd’hui. »

(Source photo : Les 4 vérités)

Les 60 premières pages du livre sont les plus réussies que j’ai pu lire depuis 2013 (depuis Dans la solitude des champs de coton de Koltès en fait). Et vraiment, rien que pour ça, ça vaut le détour. C’est peut-être aussi le moment de se mettre à jour, et de rentrer de plein pied dans le monde d’aujourd’hui. Faire connaissance avec Houellebecq se fait par différentes petites étapes, presque comme une danse : on s’y intéresse, puis on le met de côté, on y retourne et ça nous plait, après on le hait. Mais au fond, regardez une photo de ce pauvre mec, moqué par les journalistes ignorants et dépourvus de toute sensibilité poétique, et dites-vous que son oeuvre est beaucoup plus colorée et optimiste que ce gars, avec sa clope et son pull gris effilé.

On devrait jamais critiquer un livre juste sur l’opinion qu’on se fait de son auteur, mais bel et bien en lisant son texte ; un peu comme The Voice mais version littérature quoi. « This is The Book ! ».

Si vous désirez lire le fameux livre Soumission de Houellebecq, on vous invite à cliquez ICI !

Que faut il retenir des JO de Sotchi ?

C’est le 23 février dernier que se sont achevés les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi. Dix jours après la très belle cérémonie de clôture, il est intéressant de s’interroger sur le bilan que l’on peut tirer de cette édition. (Les paralympiques quant à eux commencent vendredi)

 

Quel est le bilan des JO de Sotchi ?

Pour le président du comité international olympique ce fut de « super Jeux ». « Tout ce que j’ai entendu, c’étaient des commentaires positifs » a t-il ajouté lors de la conférence de presse de clôture . En effet, l’organisation a été à la hauteur de l’événement et les athlètes ont été satisfaits de l’accueil et du déroulement des épreuves .
Sur le plan sportif, la Russie sort gagnante avec un total de 33 médailles dont 13 en or devant la Norvège et le Canada . La France arrive à la dixième place avec 15 médailles et bat son record puisqu’elle en avait ramené 11 lors des jeux de Salt Lake City et Vancouver.

L’arrivée des disciplines freestyles comme le slopestyle et le half-pipe ski ont dynamisé ces jeux en attirant un public plus jeune. (profites en pour lire ou relire notre article sur le ski freeride Français)

https://www.youtube.com/watch?v=u5kWtGsyljk&feature=youtu.be
Il reste cependant une sensation étrange après ces jeux de Sotchi, on ne peut réduire cet événement mondial à son simple aspect sportif ce serait oublier l’impact qu’il a sur la société.
Dès lors le bilan de ces JO d’hiver commence à se ternir, les 50 millions d’euros dépensés ont soulevé une énorme vague de critiques de la part des observateurs . De nombreuses accusations de corruption ont été émises et la question du devenir des infrastructures construites pour l’occasion se pose toujours.
Sur le plan écologique les dégâts sont conséquents, le village d’Akhshtyr en est le parfait exemple. Afin de construire la voie rapide et le chemin de fer menant aux pistes de ski les autorités ont décidé de dévier la rivière Mzimta, cela a provoqué une contamination des nappes phréatiques et c’est désormais l’armée qui doit chaque jour alimenter les villageois en eau.

Enfin, la situation en Ukraine à profondément marqué ces JO à tel point que certains athlètes Ukrainiens à l’image de Marina Lisogor et Katerina Serdiouk ont boycotté des épreuves. Aujourd’hui la situation en Ukraine est explosive, les forces Russes encerclent certaines bases de l’armée ukrainienne ce qui a poussé la diplomatie anglaise à boycotter les jeux paralympiques qui commencent ce vendredi 7. « A cause de la gravité de la situation en Ukraine, William Hague et moi-même croyons que ce ne serait pas bien que les ministres du Royaume Uni assistent aux Paralympiques de Sotchi » a écrit le premier ministre britannique David Cameron sur son compte Twitter.

En France, la décision n’a pas encore été prise, mais selon l’AFP la Ministre des Sports Marie-Arlette Carlotti plaide « pour qu’il n’y ait pas de représentation gouvernementale à Sotchi, compte tenu de la crise en Ukraine.

Le bilan de ces jeux olympiques d’hiver est donc très contrasté pour la Russie et Vladimir Poutine mais comme disait Pierre De Coubertin, « l’important c’est de participer ».

 

(photo : France Olympique)

Savoir-utile : Non, l’être humain n’utilise pas que 10% de son cerveau

D’entrée de jeu, excusez-moi pour celles et ceux qui rêvaient de faire exploser des pastèques à distance par la force mentale ou qui souhaitaient utiliser la « force » pour se faire monter leurs petits déjeuners aux lits les dimanches matins. L’idée selon laquelle l’Homme n’utiliserait que 10% des capacités de son cerveau n’est qu’une légende urbaine. Explications.

Cette légende viendrait d’Albert Einstein qui aurait émis l’idée que nous aurions un potentiel 10 fois supérieur à notre intelligence actuelle. En exploitant ce potentiel, nous pourrions devenir des dieux, voire des Jedis. Pourquoi pas.  Le seul problème dans cette théorie, c’est qu’elle est complètement fausse et qu’elle ne vient pas d’Einstein.

 L’origine de la supercherie

La légende a probablement démarré avec la théorie de la “réserve d’énergie” des psychologues de Harvard, William James et Boris Sidis dans les années 1890. Pour vérifier leur théorie, les deux psychologues ont élevé un enfant prodige, William Sidis, réputé pour posséder un QI de 250-300, alors que la moyenne est à 100 (exception faite des supporters de foots). C’est vrai qu’il avait l’air pas trop con, le William : il est entré à Harvard à 11 ans, parlait 40 langues et s’est improvisé grand professeur en « toutologie », publiant de nombreuses recherches en cosmologie, en histoire des populations américaines, en mécanique… Il a même déposé un brevet pour un calendrier perpétuel prenant en compte les années bissextiles. Et il avait ses petites obsessions, le garçon… Il était fasciné par les tramways… Bref. Personnage plutôt marrant. Mais bon, il se trouve qu’en fait, une bonne partie de sa réputation relevait également du mythe.

Cela n’a pas empêché l’auteur américain Dale Carnegie d’utiliser la réserve d’énergie comme méthode psychologique pour exploiter les « petites gens ». En effet dans son best-seller planétaire:  How to Win Friends and Influence People, le vieux Dale, se sert de cette théorie pour expliquer que chaque homme est un génie capable de dominer son voisin dans toutes situations s’il parvient à découvrir les fameux 90% de cerveau non exploités.

De cette ode au charlatanisme naîtra cette fameuse idée qui, durant des siècles, va permettre aux gourous et autres sectes chelous de se remplir les poches. Et ça en enseignant aux êtres crédules que pour 10 plaques ils peuvent devenir des génies.  C’est d’ailleurs, encore actuellement, l’une des idées majeures de la très puissante église de scientologie.

Mais à la fin du XXIe siècle, des scientifiques ont commencé à émettre des doutes sur cette théorie, c’est alors que comme l’étudiant en droit qui veut rassurer son correcteur sur la véracité de ses propos, les petits galopins ont décidé d’attribuer cette fausse idée à ce cher Albert à qui l’on prête bien des citations. L’un des hommes les plus intelligents du siècle dernier ne peut pas dire de bêtises, c’est évident.

photo prise en 1930 dans un laboratoire allemand (version originale)

Quoi qu’il en soit, on sait aujourd’hui, qu’il existe de nombreuses aires plus ou moins spécialisées dans le cerveau. Et cela semble donc tout à fait logique qu’elles ne s’activent pas toutes à fond en même temps. Le mythe viendrait-il du fait que seuls 10% de nos cellules cérébrales sont actives à un instant « t », les autres s’activant plus tôt ou plus tard. En gros, le cerveau serait un gros ordinateur dans lequel se trouveraient plusieurs parties spécialisées qui s’activeraient en fonction des taches que le corps demande. L’idée serait que plusieurs parties ne pouvant s’activer en même temps, l’être humain utiliserait son cerveau parti par parti.

Mais alors, on utilise 10% à la fois ? 

Pour le Dr Barry Gordon, neurologue, nous utilisons pratiquement toutes les parties du cerveau, et cela, la plupart du temps. Dans une interview pour le Scientific American, il précise ”Le cerveau compte pour 3% du poids du corps… Et il consomme 20% de son énergie!”

Dans un épisode d’octobre 2010, les Mythbusters ont voulu en avoir le coeur net. Ils ont passé en revue le cerveau d’un de leur membre avec plusieurs techniques. La magnétoencéphalographie  indiquait une activité moyenne de 35% du cerveau, quelles que soient les activités.  L’IRM fonctionnelle indiquait 15% d’activité cérébrale au repos, et 30% lorsqu’il racontait une histoire avec l’intention d’activer autant d’aires cérébrales que possible. Forts de ces résultats, ils ont fièrement déclaré le mythe “busted”. En effet, un organe qui consommerait 200% de notre énergie ne nous emmènerait pas bien loin, si ce n’est direct à la morgue…

Alors tant pis pour les rêves de super intelligence, de superpouvoirs, ou d’explosion mentale de pastèques. Si on veut vraiment faire preuve d’intelligence, le plus sage consiste sans doute à accepter la réalité telle qu’elle est et de bosser encore et encore pour arriver là où l’on souhaite, sans dépenser des fortunes à chercher la technique miracle qui nous permettrait de nous dépasser.

Sans doute le plus grand génie des génies est d’être travailleur…

Ukraine: jusqu’où va-t-on aller ?

Pour ceux qui ne le savent pas encore, l’Ukraine vit actuellement une crise profonde qui dépasse les simples politiques internes. Cette crise d’une rare violence s’inscrit dans un contexte de politique internationale qui dépasse les dissensions nationales. 

Tout a commencé le 21 novembre 2013 date à laquelle l’ancien Président Viktor Ianoukovitch a rejeté l’accord d’association proposé par l’Union Européenne. Il réitèrera sa décision une semaine plus tard au sommet de l’UE à Vilnius. Entre temps, l’opposante Ioulia Timochenko a lancé un appel à la manifestation en suggérant à la population de descendre dans les rues. Cette décision du 21 novembre suivie de la volonté du Président de se rapprocher de la Russie affirmée quelques semaines plus tard a plongé le pays dans des troubles sans précédents. Trois mois après le début des manifestations pro-européennes, on compte des centaines de blessés et d’interpellations ainsi que des morts. La récente démission du gouvernement n’a pas semblé calmer l’ampleur du mouvement. Mais pourquoi?

Les événements internationaux de l’année 2013 ont montré toute l’essence de la rivalité actuelle entre la Russie et le monde occidental. Le Président russe Vladimir Poutine a affiché une politique neutre, consensuelle voire même pacifiste mais il n’en a pas moins conservé sa fermeté et sa rigueur à l’égard de ceux qui souhaitent étendre leur influence sur sa « chasse gardée ». L’Ukraine, nation cosaque et berceau de la civilisation slave, présente une histoire et des intérêts communs avec l’ancien pays des tsars. Un lien spirituel et religieux unit les deux pays autour d’une même cause, la cause slave. En outre, l’Ukraine représente un partenaire économique sérieux et un atout géopolitique important. La présence de la flotte militaire russe dans le port de Sébastopol en est la meilleure preuve.

Ces manifestations pro-occidentales se heurtent depuis plusieurs mois à cette alliance et l’acharnement des manifestants ne fait que révéler un peu plus chaque jour la volonté géopolitique de l’UE d’accueillir l’Ukraine en son sein. L’UE fait fi de l’apport économique de la Russie dans la vie des ukrainiens et ne se préoccupe que de ses propres intérêts stratégiques et économiques. Or, la situation actuelle montre que l’UE a connu des jours meilleurs et qu’elle devrait se concentrer sur l’amélioration de la situation de chacun de ses membres avant d’en intégrer de nouveaux. Pour arriver à ses fins, l’UE joue sur les différentes composantes de la population ukrainienne. Si l’Est du pays est russophone et orthodoxe, l’Ouest est en revanche catholique et très tourné vers la Pologne et le reste de l’Europe. Malgré tout, ces peuples font partie d’une seule et même nation et possèdent la même histoire. La division serait une ineptie.

Photo: francetvinfo (GLEB GARANICH : REUTERS)

Mais l’UE a prouvé avec la guerre des Balkans qu’elle n’avait que faire de l’Histoire. Elle ne voit en l’Ukraine que le moyen de reprendre du terrain sur la Russie et déstabiliser la zone frontalière à ces deux dernières. L’immixtion des Etats-Unis dans le différend est riche d’enseignements. Les visites de John McCain et Victoria Nuland (conseillère de John Kerry, Secrétaire d’Etat américain aux affaires étrangères) à Kiev pour soutenir les manifestants montrent l’intérêt que portent également les Etats-Unis à ce conflit. Si certains soutiennent publiquement ces manifestants, on devine le soutien d’autres par des financements privés. Dès lors, on ne peut plus nier la primauté des intérêts politiques et géopolitiques occidentaux sur ceux des ukrainiens. Les américains et les européens s’appuient ainsi sur la tranche de la population pro-européenne pour tenter de renverser le pays et mettre l’Ukraine sur la voie d’une future adhésion à l’Union européenne plutôt que sur celle d’un partenariat renforcé avec le grand frère russe, accueilli par la majorité de la population.

Face à cet imbroglio, il est légitime de se demander où est l’intérêt de l’Ukraine mais n’est cependant pas déraisonnable de constater que la langue, l’histoire et la culture constituent des paramètres importants pour répondre à ce type de problématique. Face à l’ingérence des pays occidentaux, l’avenir de la nation bleue et jaune est incertain…

Sport – 2014, le retour du roi Federer ?

Quels sont les vœux de Federer pour 2014 ?

Actuel 6eme au classement ATP, Roger Federer paie sa piètre année 2013.
Un seul titre gagné (tournoi de Halle), le Suisse a enchaîné les déceptions et totalisait 17 défaites à la fin de la saison.

Pourtant, on ne peut imaginer Federer être sur le déclin, même si les statistiques disent le contraire, même si avec ses 32 ans la répétition des efforts n’est plus aussi facile, il est inconcevable de penser qu’il puisse régresser, tout simplement parce que Roger Federer respire le tennis, il incarne le tennis. L’intéressé lui-même déclare avoir bon espoir de jouer à son meilleur niveau dès l’Open d’Australie qui aura lieu du 13 au 26 janvier.
La semaine dernière il a cependant perdu la finale de l’ATP Brisbane contre Lleyton Hewitt (6-1 4-6 6-3) un duel entre deux anciens numéros 1 mondiaux ou le suisse a semblé sans repères notamment lors du 1er set qu’il a laissé échapper en 27 minutes. Voilà toute la complexité du personnage, si la finale a été mauvaise le reste du tournoi été plutôt convaincant. Une sorte de syndrome docteur Jekyll et Mister Hyde qui nous empêche de croire à un retour au sommet de l’Helvète.


Le trio de tête Djokovic, Nadal, Murray semble pour l’instant intouchable mais attention, Federer n’est pas cuit, si ses problèmes physiques le laissent en paix et qu’il se remet dans le rythme, alors l’homme aux 17 grands chelems aura des arguments pour récupérer son trône et sa couronne de roi du tennis mondial.
2014 s’annonce comme une année charnière dans la carrière de Roger Federer, l’open d’Australie nous donnera nos premiers indices sur sa véritable forme. On pourra alors déterminer si cette année est celle de la fin du tout-puissant Federer ou celle qui annonce le retour du roi. Dans tous les cas, par son palmarès impressionnant, sa technique infaillible et sa classe inimitable le Suisse restera gravé dans l’histoire du tennis.
https://www.youtube.com/watch?v=ZIMx7Zx_Oh0&feature=youtu.be

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Sport – Paris ville bénie du football

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Paris jouera donc son huitième de finale de ligue des champions contre le Bayer Leverkusen. Un soulagement pour les Parisiens qui souhaitaient à tout prix éviter les grosses cylindrées que sont le Bayern Munich, Arsenal et Manchester City.
Un tirage au sort plutôt clément, en tout cas sur le papier car il ne faut pas sous-estimer l’équipe de Leverkusen actuellement solide deuxième du championnat allemand avec 5 points d’avance sur le Borussia Dortmund et 7 de retard sur le Bayern Munich.

Une équipe compacte, très homogène mais sans véritable joueur vedette. Une équipe qui est sortie sans difficultés d’un groupe plutôt relevé composé de Manchester United, du Shakhtar Donetsk et des Espagnols de la Real Sociedad preuve qu’elle n’est pas arrivée en huitième de finale par hasard.
Pourtant force est de constater que cette équipe ne soulève pas les foules, la faute à la médiatisation limitée du championnat allemand.

Tout l’inverse de son concurrent pour les quarts de finale, le Paris Saint-Germain et sa pléiade de stars. Solide leader de la ligue 1 le PSG impressionne les observateurs par sa qualité technique et son aisance collective. Sur la scène européenne, on ne peut pas dire que les parisiens soient considérés comme des favoris au titre final. Sorti très facilement d’un groupe composé des Belges d’Anderlecht, du Benfica Lisbonne et de l’Olympiakos, les coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic ont cependant marqué les esprits avec notamment un 5-0 infligé sur la pelouse d’Anderlecht grace à un quadruplé du géant suédois.
Paris est invaincu à domicile en coupe d’Europe depuis 2006 et à la chance de recevoir au match retour, un véritable atout en cas de contre-performance en Allemagne même si les Parisiens partent logiquement avec une longueur d’avance.

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Politique – Affaire Leonarda: on marche sur la tête

Leonarda, la Kosovare de 15 ans …

Les histoires, affaires et autres aventures politico-romancées ne cessent de sortir du chapeau de la classe politique. La dernière en date ne fait que discréditer un peu plus le peu de considération qu’éprouvent encore les pays qui voient dans la France un modèle. Les « affaires » prenaient jusqu’à alors des noms de ministres, d’hommes d’affaires ou de mutinationales ; aujourd’hui des noms de jeunes filles kosovares…

Jamais une expulsion de Roms n’avait autant fait couler d’encre ni occuper le 19h-20h30 des 65 millions de français, alors pourquoi Léonarda? Elle a certainement compris mieux que personne comment fonctionnait l’appareil médiatique. Un simple message posté sur les réseaux sociaux a suffi à rameuter toute la presse nationale, avide d’informations faciles et non subversives. On ne peut que déplorer l’attrait des journalistes pour une affaire qui n’en est pas une, la loi ayant été purement et simplement respectée par les autorités françaises (oui, ça arrive). J’invite nos lecteurs à soumettre aux médias une liste de sujets dont ils pourraient parler et dans lesquels les atteintes à la loi sont quotidiennes. D’autres arguent que la sortie de l’école n’est pas un endroit d’où on expulse les enfants. Fort heureusement pour elle, Leonarda ne faisait pas l’école buissionnière ce jour-là. On rappellera au passage les 100 jours de classe qu’elle a manqués depuis le 1er janvier 2013. Il faut croire que les quelques lycéens boutonneux présents lors de la manifestation Place de la Bastille ont loupé cet épisode.

Il est ensuite déplorable de voir l’attitude que notre Président adopte face à cette situation qui n’en est pas une. Le semblant de négociation par journaux télés interposés n’est qu’une hérésie. On ne négocie pas avec les terroristes mais on peut négocier avec une jeune kosovare de 15 ans. Aqmi en prend pour son grade. Là où il aurait pu se montrer ferme et faire taire toute polémique, il a préféré emprunter des chemins de traverse où ses adversaires politiques se plaisent à le tacler. Refuser le retour de toute la famille de Leonarda aurait été une marque de fermeté et d’application de la loi. Accepter le retour de cette dernière sans sa famille est indigne : au fait du prince vient s’ajouter la violation des conventions internationales sur la protection de l’enfant. Mais dans quel but?

Ceux qui y voient un boulevard pour le Front national et l’UMP aux prochaines municipales n’ont qu’à moitié raison. Cette histoire ne fait que mettre en avant la personnalité du Ministre de l’Intérieur et redonner une tribune au Front de Gauche presque oublié. Comment peut-on accorder du crédit à des associations internationalistes, jeunistes et progressistes qui font fi de toutes les lois de la République en acceptant ouvertement l’immigration incontrôlée de familles non-françaises dont la seule légitimité est de se voir appliquer la CEDH?

Chers françaises, chers français, vous saurez qu’en politique tous les moyens sont bons pour ne pas se faire oublier. Ces lycéens n’ont fait que répondre à l’appel d’associations d’extrême-gauche censées appuyer le discours d’un franc-maçon atlantiste qui ne cherche qu’à s’opposer à un discours auquel il adhère. A quelle fin? Continuer de se faire inviter sur les plateaux télé. De plus, le soi-disant cohu-bohu au sein du Parti socialiste n’est finalement orchestré qu’aux fins de mettre la lumière sur un Ministre de l’Intérieur présidentiable capable d’empêcher un candidat de droite de remporter trop facilement la prochaine élection présidentielle.

Entre temps, le pouvoir d’achat n’augmente pas, Leonarda reste au Kosovo, et les politiques continuent la mauvaise saga hollywoodienne qu’est la classe politique française. Au moins, vous n’aurez pas pris le temps de vous forger une opinion susceptible de désapprouver cette dernière par les urnes.

Et si le français était la langue la plus parlée ?

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Bénéficiant d’un rayonnement culturel historique, la langue de Molière s’est imposée pendant plusieurs siècles comme la langue de la diplomatie par excellence. Dès le XVIIe siècle, les Cours royales d’Europe avaient pour usage de négocier en français. La précision et la rigueur de notre idiome national en faisait sans aucun doute un précieux outil permettant d’éviter de dangereux contresens. A l’époque, tous les traités étaient écrits en français et l’usage voulait que le prince reçoive ses hôtes en leur souhaitant la bienvenue en français. Toutes les Cours se prêtaient à cette tradition, y compris l’aristocratie britannique elle-même.

Au XVIIIème siècle, le français s’exporte au-delà de la Méditerranée, de l’Atlantique et du Pacifique, à travers l’immense empire colonial français. Lourdement armés de leur vision universaliste du monde, les colons l’enseignent aux peuples vernaculaires et cet héritage perdure encore aujourd’hui puisque le français demeure la langue administrative, si ce n’est officielle, d’un grand nombre de ces pays.

Aujourd’hui, amoindri face à l’omniprésence de l’anglais sur la scène internationale et à un mandarin conquérant dans les rapports économiques, le français peine à conserver son statut de langue diplomatique par excellence. Notons qu’elle demeure langue officielle de l’Union Européenne au même titre que la langue de Shakespeare, idem concernant les Nations Unies. De la même façon, le français est la langue officielle des Jeux Olympiques, ceux-ci ayant été fondés par notre très frenchie Baron Pierre de Coubertin.

Cette moustache…

 Français LV1 en 2050

Revenons à présent sur une étude qui a interpellé votre dévoué serviteur avide d’anecdotes amusantes. Celle-ci, produite par la banque d’investissement Natixis en 2013, prédit que le français sera la langue la plus parlée au monde en 2050.

Étonnant ? A priori, pas tant que ça. L’étude s’appuie sur la croissance démographique explosive que connait l’Afrique dans sa globalité. Le continent devrait atteindre 4,5 milliard d’individus en 2050. Ce boom propulserait le nombre de francophones à 800 millions à travers le monde contre 220 millions à l’heure actuelle, devant l’anglais qui aurait plutôt tendance à diminuer dans les prochaines décennies. Voilà de quoi ravir notre « ego idiomatique ».

Des prédictions à relativiser

Malheureusement, l’étude est critiquable sur plusieurs aspects. En premier lieu, elle émane d’une institution française ce qui, d’emblée, remet en cause sa crédibilité scientifique. L’idéal aurait été de voir cette étude publiée par un organisme gouvernemental, osons-le, anglais afin de difficilement remettre en question l’impartialité de ces instigateurs.

Cela étant, là ne réside pas son seul défaut. En effet, les méthodes employées sont, elles aussi, sujettes à controverse. Il est notamment reproché à l’étude de comptabiliser de façon très générale les pays disposant du français comme langue administrative ou officielle. Force est de constater à ce niveau que le français est loin d’être réellement maitrisé par l’intégralité des populations visées. A titre d’exemple, citons la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg dont les populations ne sont pas en toutes francophones. Le même problème se retrouve également dans les Etats africains, au sein desquels s’ajoute, outre les difficultés liées à la coexistence de plusieurs dialectes régionaux, un fort taux d’analphabétisme ne facilitant certainement pas l’apprentissage du français.

Enfin, l’étude semble ignorer toutes les possibilités géopolitiques susceptibles de secouer le globe en trente-cinq ans. Il est bon de rappeler qu’il y a autant de temps en arrière, le russe était réellement la deuxième langue la plus parlée au monde, le mur de Berlin était encore solidement fixé et les français avaient parié sur le Minitel plutôt que l’Internet.

LA modernité à l’état pur

Concrètement, l’influence de la Chine à travers le monde a tout simplement été relayée au second plan au motif que le mandarin n’est pas une langue dite « internationale ». Au-delà de l’absence de définition claire et justifiée de ce qu’est une langue « internationale », on peut légitimement s’interroger quant à l’absence du mandarin dans cette étude.

Un raisonnement tout à fait analogue peut être appliqué à la langue arabe. Si l’on doit croire cette étude, la langue arabe est censée être parlée, logiquement, dans l’intégralité des pays arabes, ces pays étant sujets pour la majorité d’entre eux à une très forte croissance démographique. Pourtant, rien n’est dit à leur propos.

Alors que penser de l’avenir de notre langue ? Certes, il est difficile de répondre à cette question sans être Nostradamus. Mais nous avons quelques pistes pour forger cet avenir nous même, plutôt que de l’attendre passivement. L’usage d’une langue à travers le monde est, sans conteste, le résultat de son rayonnement international. Pour que le français s’exporte à nouveau à travers les frontières, peut-être nous faut-il commencer par retrouver un semblant de crédibilité sur la scène mondiale ?

Pourquoi c’est culte – Ayrton Senna, l’héritage…

« La chance a lâché Ayrton; il n’avait pas la moindre contusion, pas un seul os cassé. Si ce morceau de ferraille était passé 15cm plus haut, ou plus bas, il se serait relevé et aurait marché jusqu’au paddock. »

Il aurait marché jusqu’au paddock…

Il y a 20 ans aujourd’hui qu’Ayrton Senna est mort au volant de sa Renault Williams F1. Et pourtant, pour les plus vieux d’entre nous, qui se souviennent de son pilotage rapide et instinctif, et qui se souviennent encore de ce triste 1er Mai 1994; mais aussi pour les plus jeunes, qui ont toujours entendu parler du pilote Brésilien, c’est comme si c’était hier.

En effet, ce pilote, par son humilité, sa fougue, et son talent a su créer un mythe qui le classe au sommet du panthéon sportif.

Ah Magic Senna, ce pilote Brésilien, roi de la pluie, de Monaco et des podiums, c’est sûr qu’il a marqué les esprits, qui plus est, à une période ou la formule 1 n’était pas forcément très populaire.

Aujourd’hui, nous allons entendre parler de lui un peu partout dans la presse sportive, mais finalement, 20ans après, que  reste-t-il du triple champion du monde?

Aux stands…

Un souvenir…

Ayrton c’est le gendre idéal, le mec sympa de la F1 à qui tout souriait, un gagnant modeste, un ami fidèle, un a des as, bref tout!

On dit souvent que c’est au sommet qu’il faut penser à partir, même ça il a su le gérer! Ce qui lui assure une place au paradis des sportifs, des gendres idéaux et de pleins d’autres trucs encore!

Quelques records…

Avant la razzia de Sebastian Vettel, Ayrton était le plus jeune champion du monde en F1.
Mais surtout, et encore aujourd’hui, il est le pilote qui a remporté le plus de courses consécutives sur un circuit; en effet entre 1989 et 1993, Monaco était devenu sa forteresse imprenable.
De plus, avec 19 circuits remportés en étant parti en pôle position, il est encore actuellement le pilote le plus stable des circuits.

Chez lui, à Monaco!

 

Un neveu…

Bruno Senna, qui a été pendant 1an titulaire chez Williams, est le propre neveu de Ayrton.
Malgré l’interdit familial (tu m’étonnes!) de courir sur un véhicule plus gros qu’un Kart, Bruno se passionne pour la F1 et souhaite suivre les traces de son oncle (en évitant bien sur les rambardes d’Imola). Fort heureusement, avec l’aide d’un ancien pilote, ami de la famille, il parvient à lever cet interdit, et commence donc tardivement à gravir les échelons jusqu’à la f1. Notons quand même qu’il a ça dans le sang, étant donné que lors de sa première course en f2, il termine sur la deuxième marche du podium.
Néanmoins, devant de piètres résultats, dus à son manque d’expérience, il est contraint de se retirer et se voit offrir un volant par Aston Martin en catégorie endurance. Actuellement premier du championnat, nous lui souhaitons beaucoup de réussite en Juin pour les 24h du Mans.

« Vous pensez que je suis rapide? Attendez de voir mon neveu! » Avait déclaré Ayrton au photographe qui prenait ce cliché!

 

Un excellent documentaire…

Mais pas un documentaire de grand mère hein!
Réalisé par Asif Kapadia en 2011, ce film basé sur de nombreuses images inédites provenant des archives de la F1, de vidéos de familles etc… raconte l’histoire de Magic Senna, de ses débuts en kart, jusqu’à sa mort en 1994.
Réalisé comme un film, ce documentaire a été sélectionné de nombreuses fois, et primé 2 fois.

Un film chaudement recommandé par La rédaction!

En bref,

Ajoutez à ceci, une fondation pour aider les enfants des favelas, une commission de sécurité supplémentaire à la FIA, un nez de f1 à son effigie, et des retombées au Brésil qui avoisinent celles de Pelé ou encore Ronaldo, vous aurez un rapide aperçu de l’étendue de l’aura du roi de Monaco!

C’est ainsi que Senna était grand, et c’est pour ça qu’il est culte!

Lyon, l’exemple à suivre ?

Victorieux le week end dernier face au Paris Saint Germain, l’olympique lyonnais a dû s’incliner contre cette même équipe hier soir en finale de la coupe de la ligue. Une défaite deux buts à un marqué par une énorme faute d’arbitrage qui a annihilé les chances de victoire du club rhodanien . Pourtant les joueurs de Rémy Garde n’ont pas démérité et ont su mettre en difficulté un collectif parisien moins souverain depuis l’élimination en ligue des champions face à Chelsea.

« Un lion ne meurt jamais, il dort ».

Il semblerait en effet que l’Olympique Lyonnais soit doucement en train de se réveiller .
Arrivé à la tête du club en 1987 Jean Michel Aulas a construit son équipe comme on bâtit une entreprise, une vision du football totalement novatrice qui porte ses fruits dans les années 2000, l’OL est alors la meilleure équipe française et un sérieux candidat au titre de meilleure équipe européenne . A l’époque, ces performances permettent aux Lyonnais de dégager d’énormes sources de revenus à travers les droits TV, les contrats de sponsoring mais aussi les gains en ligue des champions . La saison 2008-2009 marque la fin de l’hégémonie lyonnaise sur les terrains et donc financièrement . Le début d’un nouveau cycle avec une cotation en bourse qui a surpris bon nombre d’observateurs, les sceptiques annonçaient un fiasco . Il est légitime de leur donner raison pour l’instant puisque le titre ne vaut aujourd’hui que deux euros contre 24 euros à son entrée en bourse. Cependant, cette ouverture du capital intégrait la construction d’un stade détenu à 100% par le club .

Un bijou de 60000 places, avec restaurants et boutiques dont la totalité des revenus générés seront pour le club olympien . Après de très longues négociations, le stade devrait être opérationnel pour 2016 . Une petite révolution dans le monde du football français puisque la majorité des stades de ligue 1 appartiennent aux villes et pas aux clubs. Le stade des lumières est donc l’une des pierres angulaires du nouveau modèle économique lyonnais .

A cela il faut ajouter l’autre pilier de cette nouvelle stratégie : le centre de formation. De Karim Benzema à Hatem Ben Harfa en passant par Loic Rémy l’OL a toujours été loué pour la qualité de sa formation . Selon une étude publiée par l’observatoire Suisse CIES, le centre de formation lyonnais est le deuxième club le plus performant en matière de formation derrière Barcelone . En attendant la livraison de son stade et l’arrivée d’un possible fair play financier Jean Michel Aulas a donc décidé de s’appuyer sur ses jeunes. Un pari assez réussi puisque les lyonnais ont été éliminé en quart de finale de la ligue Europa et sont toujours en course pour une qualification européenne.

Pourtant tout n’est pas si rayonnant dans la ville lumière, l’année dernière le club à enregistré plus de 19 millions d’euros de pertes . Pour rééquilibrer les balances, le club pourrait vendre ses meilleurs éléments à l’instar de Gonalons ou Grenier et alléger la masse salariale avec le départ en fin de contrat de Jimmy Briand . Cependant, peut on vraiment rester compétitif en remplaçant des joueurs confirmés par des joueurs issus du centre de formation ? C’est ici la principale limite du modèle lyonnais, réduire au maximum les dépenses et se séparer de ses meilleurs éléments peut nuire au projet sportif . Une non qualification européenne serait un fiasco pour le club rhodanien tant les conséquences sur le plan financier seraient désastreuses ( contrats de sponsoring et gain lié à la compétition ) .

La stratégie Lyonnaise a le mérite de ne pas s’appuyer sur des mécènes étrangers comme ceux du PSG ou de Monaco . Pourtant, la perte de compétitivité du club d’années en années pourrait porter préjudice à ce nouveau modèle . C’est une bonne chose d’avoir un beau stade encore faut il pouvoir le remplir, et pour cela il faut des ambitions sportives.

 

http://youtu.be/Jd1d1VL50Mk

 

Et le PSG selon vous ? Est ce que c’est une grande équipe d’Europe ? 

Sport – Le Ballon d’Or est-il devenu un trophée en chocolat ?

Le 21 janvier prochain le magazine France Football élira le meilleur joueur de la planète, alors que notre Kaiser Franck national est en lice pour remporter le gros lot, bon nombre de spécialistes du ballon rond  viennent à remettre en cause l’existence de ce dernier. Alors véritable consécration ou simple engouement médiatique, le Ballon d’Or a-t-il encore un sens? 

Créé en 56 par France Football, le ballon d’or récompensait à la base le meilleur joueur disposant d’une nationalité européenne, évoluant dans un championnat européen. C’est la raison pour laquelle sont exclus du palmarès certains grands pontes du siècle dernier, tels que Diego Maradona ou le roi Pelé et c’est déjà une aberration.

Conscients que le football ne se jouait pas que dans les préaux du vieux continent, les organisateurs ont décidé d’ouvrir la compétition à tous les joueurs sans distinction de nationalité permettant ainsi aux Africains et aux Sud-Américains d’être pris en compte dans l’élection.

George Weah est à ce jour le seul joueur d’origine africaine à avoir remporté un ballon d’or et c’était en 95..

Finalement depuis 2007, le ballon d’or consacre le meilleur joueur du monde, sans distinction de championnat ou de nationalité. Décerné à un joueur, il vient indirectement saluer le parcours d’une équipe dans une compétition majeure, que ce soit un Euro, une Coupe du Monde ou une Champions League. On peut y voir un paradoxe ou une contradiction, mais il n’en demeure pas moins qu’un grand joueur doit avant tout faire gagner son équipe et contribuer à élever le niveau de jeu collectif en rendant les autres meilleurs. Un cador digne du prestigieux trophée ne doit pas phagocyter le jeu de son équipe et bouffer du ballon en vue de faire gonfler ses statistiques, mais mettre de l’huile dans les rouages et savoir  faire la différence sans tirer la couverture à lui. Dans l’idéal, si l’on s’en tient aux critères mis en avant chaque année à l’occasion du vote, le lauréat devrait être un exact équivalent du Most Valuable Players dans la NBA: le lauréat doit non seulement briller individuellement, mais aussi et peut-être surtout tirer tout le monde vers le haut, à l’image d’un Michael Jordan d’un Lebron James ou d’un Kareem Abdul-Jabbar, le genre de barons dont la simple présence sur le terrain change le visage de l’équipe.

Kareem Abdul Jabbar est un joueur américain qui a outrageusement dominé la NBA entre 1970 et 1980, faisant de lui le joueur ayant gagné le plus de MPV.

Quand on jette un œil au palmarès du Ballon d’Or, on constate avec regret, que la récompense n’a été qu’exceptionnellement attribuée à des joueurs altruistes, polyvalents et indispensables par leur rayonnement et leur leadership. Sacré en 2003, un joueur comme Pavel Nedved fait figure d’exception comme Lothar Matthäus, tandis qu’un Zidane ne doit sa balle dorée qu’à ses deux buts en finale de Coupe du Monde. Des milieux de terrain de grande envergure comme Gerrard, Pirlo ou Sneijder n’ont eu droit qu’aux places d’honneur, au même titre que Xavi et Iniesta, extraordinaires de régularité et multititrés avec le Barça et la Roja.

En 2002, Michael Ballack, qui avait littéralement porté le Bayer Leverkusen et la Mannschaft sur ses épaules, s’était fait devancer par Ronaldo et ses huit pions en Asie, alors que le Brésilien n’avait pas joué de la saison.  Un exemple qui en dit long et met en lumière une forme d’incohérence, pour ne pas dire d’injustice. Négligeant superbement l’influence qu’un joueur peut exercer sur son équipe, les votants s’obstinent à récompenser des solistes (Owen, Rivaldo, Chevchenko, Ronaldinho, Kaka, les deux Ronaldo, Papin) avant tout capables de marquer et de frapper les esprits par leurs exploits personnels.

Parfois, on en arrive à des décisions complètement absurdes même, notamment en 2006, où l’on attribua le ballon d’or à Cannavaro pour son simple statut de capitaine de la Squadra Azzura  alors que le français Thierry Henry avait emmené les Gunners d’Arsenal en finale de ligue des champions perdue contre  le FC Barcelone et largement contribué au parcours tricolore en coupe du Monde.

Au risque de surprendre certains, le football est avant tout un sport collectif.

Alors c’est vrai que c’est bien joli de mettre quatre pions par match ou de passer en revue toutes les défenses d’Espagne et d’Europe avec une incroyable facilité. Mais seul, tu as beau être le meilleur, tu ne gagnes pas un match. Pourtant, depuis quatre ans, un petit Argentin marche sur le monde du football, devenant ainsi le recordman des ballons d’ors et  par la même occasion, selon une logique purement comptable, le meilleur joueur de tous les temps.

Mais que récompense-t-on exactement, un nombre de buts dans une année, le rendement pour le rendement, en faisant abstraction de tout le reste et notamment des coéquipiers qui s’emploient chaque match à distribuer caviars sur caviars pour que finalement le plus grand attaquant du XXI siècle pousse le ballon dans des buts parfois vides. Le problème c’est que ce même attaquant entouré de joueurs différents, notamment en équipe nationale,  a des statistiques beaucoup moins impressionnantes. S’il n’a personne pour le faire jouer, Léo Messi, pour ne pas le citer, ne joue pas, il demeure un bon joueur, mais n’a pas les épaules pour emmener son équipe sur le toit du monde, comme un certain Zinédine Zidane a pu le faire en 2006 ou comme Johan Cruijff a su le faire  en 1978.

http://www.youtube.com/watch?v=1eU_pW93iCU

Car le problème actuel du ballon d’or c’est de se focaliser sur des statistiques individuelles en oubliant de prendre en compte le reste. Cette année, depuis bien longtemps la donne peut être changée si les grands décideurs du ballon doré se penchent sur le cas Franck Ribéry. Ce gamin de Boulogne devenu Kaiser de l’Allianz Arena, meneur de jeu de cette redoutable machine qu’est le Bayern de Munich, qui a tout gagné cette saison sans pour autant   que ne se dégage réellement  une quelconque individualité, mais avec une pléiade de grands joueurs se donnant pour un collectif: Robben/Lahm/Schweinsteiger autant de joueurs talentueux. Au milieu de tout ça, Ribery fait jouer; aussi content de marquer que de faire marquer, son équipe ne jouant pas pour lui, jouant pour son équipe et c’est là une sacrée grande différence.

Dernier point et à mon avis le plus important, le football est fait de telle sorte que chacun de nous puisse trouver sur cette terre un joueur qu’il met au-dessus du lot pour des considérations qui lui sont propres.

L’emblématique capitaine de la Roma est une légende qui n’a jamais touché  le podium du Ballon d’Or…

Car oui les cacahuètes de Francesco Totti aux 35 mètres auraient mérité leurs lots de trophées au même titre que les coups francs de David Beckam et de Juninho ou la classe internationale d’un certain Steven Gerrard lorsqu’un soir de juin 2005 alors que Liverpool était menés 3 à 0 contre le grand Milan AC à la mi-temps, il s’est décidé à renverser la vapeur d’un coup de tête rageur pour finalement voir son équipe l’emporter aux tirs aux buts.

Décidément non, le talent d’un joueur ne se mesure pas à de simples considérations comptables, et à des effets de manches médiatiques. Il serrait de bon augure que les grands électeurs  du ballon d’or en prennent conscience, dans le cas contraire ce trophée est voué a disparaitre

N’oublions pas que les statistiques se perdent, et les looks changent (cf notre article) mais les légendes demeurent!

Faut-il souffrir pour mériter l’Oscar ?

Oui, cet article fait évidemment référence à l’Oscar de Leonardo DiCaprio, sésame précieux enfin décroché après des années d’errance. Au fil des années, les cinq nominations de Leo en comptant The Revenant, pourtant pas l’acteur le plus malchanceux en la matière (coucou Richard Burton), sont devenues une sorte de public joke donnant lieu à des memes et à un jeu qui, je l’avoue, m’a bien distraite cette semaine (http://redcarpetrampage.com/). Et bien qu’ayant beaucoup de sympathie pour l’acteur, au fil des cérémonies qui égrènent le début d’année, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander pourquoi l’on n’arrêtait pas d’entendre « S’il ne l’a pas pour ce film, je ne sais pas quand ils lui donneront » ou encore « Si en se faisant bouffer par un ours il ne gagne pas, c’est que les Oscars ont juré de ne jamais le récompenser ». En d’autres termes, c’était l’année ou jamais. Mais pourquoi ?


 De prime abord, je pense que tout le monde sera d’accord avec moi pour dire qu’un Oscar, ça se mérite. Récompense parmi les récompenses pour les acteurs, il semble que pour que le choix de l’Académie soit adoubé par l’opinion publique, il faut qu’on ait l’impression que l’acteur récompensé s’est donné du mal, s’est mis en danger. Ce qui me fait penser que Matt Damon n’avait aucune chance pour Seul sur Mars (que j’ai par ailleurs adoré), dans le sens où son rôle, bien qu’intéressant, n’était pas vraiment un personnage complexe : c’était un héros américain typique, intelligent, drôle, optimiste – impression renforcée par la bonne bouille de l’acteur. Cette sensation est clairement confirmée par le fait que des acteurs mythiques adeptes de la méthode de l’Actors Studio, qui préconise une immersion la plus complète possible dans l’environnement du personnage pour une meilleure appréhension de sa psychologie et donc une performance plus habitée, ont inspiré les acteurs qui aujourd’hui font le bonheur d’Hollywood. Je pense par exemple à Daniel Day-Lewis qui cite souvent les prestations criantes de réalisme de De Niro comme élément déclencheur de sa vocation. L’engagement total, qui nécessite une certaine forme de souffrance (qu’elle soit physique avec des pertes de poids spectaculaires ou mentale avec des conditions de tournage difficiles, des immersions dans des milieux hostiles), génère de la concentration et donc plus de justesse… Qualités évidemment récompensables par un Oscar.

On peut objecter à cet argument que certains Oscars n’ont clairement pas récompensé des prestations d’exception ou « à risque ». Ce qui m’amène à penser que parfois, les  Oscars viennent récompenser une évolution, une révélation. A titre personnel, je citerai Jennifer Lawrence dans Happiness Therapy. Bien que j’ai trouvé le film très réussi, je n’ai pas été convaincue qu’elle était au sommet de son talent et j’ai eu un petit regret pour Emmanuelle Riva. Mais je me suis rapidement consolée en me disant qu’après tout, J. Law avait montré avec ce rôle une maturité impressionnante et qu’elle avait prouvé qu’elle était plus que l’égérie d’une franchise à gros budget. De cette réflexion découle une conclusion assez réjouissante : un Oscar ne vient pas récompenser l’apogée du talent d’un acteur. Déjà parce que comparer les performances d’un film à l’autre est particulièrement périlleux. Et ensuite parce que cela n’augurerait rien de bon pour la future carrière de Leo et de tous les Oscarisés en général.

Leo a donc souffert et a décroché l’Oscar. Et le film dans tout ça ? Sans trop vous spoiler, The Revenant est un film que je qualifierais de pas facile. C’est un film rugueux, violent, une mise à nu d’un homme dans un milieu beau et terrible et au sein d’une intrigue simple mais qui vous cloue sur place. La performance m’a personnellement paru remarquable, quoique difficilement soutenable par certains peut-être. En fait-il trop ? Je ne pense pas que qui que ce soit soit qualifié pour juger que quelqu’un qui serait véritablement dans la situation de Hugh Glass ne se comporterait pas comme Leo dans ce film. Reste à discuter la concurrence. J’admets que Matt Damon était pour moi une petite erreur de casting étant donné son rôle. Michael Fassbender a livré une prestation impeccable dans ce qui reste un biopic de facture assez classique. N’ayant pas encore vu son film, je ne peux rien dire de Bryan Cranston. Pour conclure, je me contenterais de dire que cet Oscar est, selon moi, amplement mérité. Pas parce que Leo a souffert durant le tournage, mais bien parce que sa prestation vous prend aux tripes. Et si ce n’est pas ça qui vous fait aller au cinéma, alors je ne sais pas ce que c’est. Et j’ajouterais juste qu’à mon humble avis, Eddie Reydmane n’en a pas fini avec le cinéma…

J’ai croisé Sébastien Tellier

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C’est généralement le week-end qu’il se passe plein de trucs. Au hasard d’une soirée, j’ai croisé Sébastien Tellier. Panama sur la tête, lunettes de soleil sur les yeux, et verre de rosé à la main, il fêtait son dernier album en toute simplicité. Il était assez impressionnant derrière sa grosse barbe, complètement planqué du monde extérieur. Sa musique est un univers à part, et lui même se met à part du monde qui l’entoure. Tellier donc, ce grand gourou musicien avec qui je discute.

 

Tellier donc, ce grand gourou musicien avec qui je discute.

J’adore sa musique. La Ritournelle est quand même un morceau que tout le monde a en tête, même sans savoir qu’il l’a composé. On l’entend dans des tas de pubs, elle sert de jingle. C’est un peu le privilège des grands artistes, je veux dire, de pouvoir supporter l’usure du temps ; surtout que le temps ne fait pas de cadeau. Et finalement, même si on sait reconnaitre leurs œuvres sans connaitre leur nom, c’est qu’ils ont déjà gagné. Tellier pour moi, c’est un peu ça ; et face à moi il était déjà en terrain conquis. Il m’explique son inspiration brésilienne, et plaisante sur le nom de L’Aventura. Ça sonne un peu Stone & Charden, passons. L’Aventura, c’est une sorte de voyage dans l’Amérique latine, vers un Eldorado mythique et délicieux. Tout ça est très coloré. Tout ça est lié à l’amour, à la jeunesse, et à la naïveté de l’enfance. La vie de Tellier quoi. Car il faut bien se le dire, c’est un mec qui n’a pas grandi. C’est encore un enfant, qui balance des vannes sérieuses et se met à rire aux éclats.

L’ambiance bossanova déstabilise un peu les habitués de l’électro-classicisme des premiers albums, mais revient un tout petit peu, à l’image de son premier amour ; on est bercés tout au long de l’aventure qu’il nous propose. Ça commence par un Love instrumental qui installe l’ambiance, Sous les rayons du soleil permet de se réchauffer un peu (car tout n’est qu’amour et érotisme chez lui, faut-il seulement le rappeler), puis on tombe dans les problèmes de l’adolescence avec Ricky l’adolescent, assez percutant, déstabilisant et très électronique. On finit par une espèce de renaissance avec L’enfant vert. Transformation réussi et encore une fois, une preuve que l’homme sait s’adapter.

Quand il me demande quel morceau je préfère, je réponds sans hésiter : « Ricky ! Dedans il y a tout ce qu’il faut. » Il se met à rire : « Je pensais pas que ça plairait. Je l’ai mis dedans un peu pour me faire plaisir, il arrive à un moment où on l’attend pas. » Et il a pas tort. Pourtant, c’est un beau conteur le Sébastien. Tous ces albums nous font voir des mythes imaginaires : Sexuality et la recherche de l’amour, My God is Blue se penche sur la religion. Avec celui-ci, on prend le bateau pour le Brésil, et danser toute la nuit avec de belles nanas sur la plage d’Ipanema, entre deux chasses aux trésors aztèques. C’était une discussion vraiment très bizarre, mais il n’est pas allé jusqu’à me parler des sujets qu’il balance généralement en interview. Je n’ai donc pas eu droit à l’explication de la vie des Hommes avec la parabole des saumons qui remontent la rivière, ou l’intelligence extraordinaire des cailloux puisque je cite : « Ils sont là depuis plus longtemps que nous, donc c’est qu’ils ont su s’adapter ».

On a passé une très bonne soirée. Avant de partir, il chante quelques débuts de morceaux (l’alcool est passé par là), et fredonne la musique que je garderai en tête pour tout le reste de la nuit : « Tous les soirs sans fin, je trainais sur ma Vespa, dans mon gilet de satin, c’était la Dolce Vita… ». Le problème de Tellier, c’est qu’il n’a pas que des tubes alors qu’il pourrait facilement faire douze morceaux fabuleux ; alors on se dit que l’irrégularité est le fardeau des génies. Génie ou poète ? Plutôt poète. Je me souviens qu’il avait raconté, un jour, sa déception d’apprendre que c’était le métro, en passant, qui faisait bouger les murs de sa maison quand il était enfant, et pas « un grand dragon ». Un gosse qui s’invente des histoires, je vous dis…

(Crédit photo : Ruda Cabral)

Étienne de Crécy fait-il de la musique de supermarché?

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Réveil, il me faut de la musique.

Lecture aléatoire de Spotify. Au milieu de tout le bruit actuel, j’entends ce qui ressemble à de la musique ; je sais pas si c’est hype, mainstream, connu ou complètement à l’ombre du grand tourbillon médiatique : Paradis. J’ai entendu les premières notes de leur morceau Garde-le pour toi, et c’était comme une évidence. Le genre de musique qu’on a déjà entendu avant, mais en fait non, et qu’on écoute en boucle toute la journée. Ça résonne un peu comme du Phoenix ; attention, le Phoenix du début, le vrai, celui de la French Touch. Garde-le pour toi c’est en quelque sorte le If I ever feel better de 2014. Évidemment, raconter de la musique c’est compliqué, alors ceci n’est juste qu’un énorme clin d’œil pour aller l’écouter vite fait.

Rien dans le frigo.

 

C’est souvent ce qui arrive quand on a faim. La résolution d’aller faire les courses s’impose comme un évidence, et complètement résigné je me décide à y aller. C’est pas vraiment sexy le supermarché ; Warhol avait pourtant des trucs assez stylés avec des boîtes de lessive. C’était une bonne idée de vouloir transformer les rayons en couloirs de musée ; mais bon d’un autre côté, c’est assez difficile de bouffer des tableaux et des sculptures. Je me dis qu’il y aurait une idée d’exposition, genre faire des tableaux en chocolat et les manger au fur et à mesure de la soirée. Je regarderai si ça existe en rentrant, un taré a bien dû y penser avant moi.

« D’un coup, je sais que c’est lui : Étienne de Crécy. »

Dans un rayon, au hasard des rayons, dans ce labyrinthe de rayons. Je tombe sur un gars qui me dit vaguement quelque chose. Un mec barbu, jeune vieux (comparé à moi j’veux dire), qui se trimballe avec un panier : deux baguettes de pain, de la salade, des yaourts 0%. D’un coup, je sais que c’est lui : Étienne de Crécy. Justement un des gars qui faisait de la musique en même temps que Phoenix, Alex Gopher, Philipe Zdar (il formait le groupe Cassius, avec le frère de Sinclair, le mec de la Nouvelle Star), Daft Punk, et j’en passe. Étienne est là, beau comme un homme moderne et j’en profite pour lui glisser : « Ton Super Discount 3 est vraiment un carton. Et pourtant tu fais tes courses comme tout le monde ! ». Il rigole : « Sympa merci. Il faut bien manger, et les frigos se remplissent pas encore tous seuls ! ». On rigole. C’est une bonne idée ça aussi.

 

« Étienne de Crécy c’est un truc un peu pointu, presque une niche de nostalgiques. »

« Pourquoi t’as tout appelé Super Discount ? C’est un moyen de dénoncer ou c’est juste un mot qui sonne bien ? » Et là : « En fait pour le premier album, il fallait attirer l’attention ; l’esthétique des promos de magasin est pas trop mal pour ça. Et puis ils l’ont étudié avant moi. Donc je m’en suis resservi et puis c’est resté. C’est flashy, on peut pas passer à côté ! ». Ouais c’est vrai, bonne idée. « Hashtag My Ass, You, WTF. Tout ça c’est des titres d’aujourd’hui ; j’aime beaucoup l’idée de s’approprier des codes. Et puis c’est bien fait. J’ai entendu du Daft, du Armand Van Helden, des trucs ghetto quoi ! » Il se marre. C’est vrai, c’est vraiment très bien dosé tout ça. J’ai eu du mal avec ses premiers sons, un peu trop bruts et finalement, de rajouter un côté plus pop, ça lisse un peu le truc. Mais je sais pas si je devrais lui dire ; Étienne de Crécy c’est un truc un peu pointu, presque une niche de nostalgiques.

 

Il est en train de continuer ses courses tranquillement. Je pense à d’autres mecs qui font de la musique et qui vendent malheureusement plus que lui. Genre David « Bandit Manchot » Guetta. Genre One Direction. Non je rigole, eux on s’en tape. En partant je passe devant une belle montagne de boites de conserve (des petits pois) ; l’idée de mon exposition insolite me revient comme une claque dans la gueule.

Quand JusTice fait du Soulages (ou l’inverse)

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Un jour, je couvrais une expo de Pierre Soulages et le gars me dit : « Tu vois, dans le noir en fait, on trouve tout un tas de couleurs. Et on se rend compte qu’il n’y a pas un seul noir, mais bien plusieurs. La nuance, c’est important. » Et il m’achève en disant : « En fait, c’est toujours dans les choses qu’on croit absolues que se trouve l’infini. » Autant dire que j’ai écouté, en pensant qu’il aurait pu me dire ça autrement. Par exemple : « Tu vois mec, c’est dans les choses qu’on croive qu’elles sont finies, qu’en fait elles continuent, jusqu’à temps que le monde tourne dans le sens des aiguilles d’une horloge ». Malheureusement, on était dans un musée et pas dans Les Anges de la Téléréalité. Du coup, j’ai eu droit à un cours particulier par quelqu’un de très important dans le milieu de l’art moderne, et ça n’a pas de prix (enfin si, celui du billet d’entrée, gracieusement offert pas la rédaction pour laquelle je grattais du papier).

« Soulages est à la peinture ce que Justice est (bon ok… était) à la musique. »

Pour mettre un peu la chose en perspective, Soulages est à la peinture ce que Justice est (bon ok… était) à la musique. Il faut faire un petit retour en arrière pour se rappeler d’un groupe électro français, à l’époque complètement inconnu. D.A.N.C.E. arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, inattendu et assez frais. Pourtant, juste avant ça, ils avaient cartonné avec un remix de Simian Mobile Disco, We are your friends : c’était la ligne de basse qui faisait tout. Clairement, Justice avait trouvé son créneau, une musique un peu sombre, saturée, presque « dégueulasse ». Dans la foulée, le premier album arrive et confirme la chose ; j’en conserve un magnifique vinyle, baptisé Cross, en vestige de cette époque bénie, à côté du Homework intemporel des Daft Punk.

« Phantom Part.1 et Part.2 ; les fantômes, c’est fait pour hanter n’est-ce pas ? »

 

Écouter Cross, c’est comme entrer dans une cathédrale où la lumière ne fonctionnerait pas, où le ménage n’aurait pas été fait depuis des mois, où les curés seraient habillés en soutanes de cuir. On est dans un univers entre rock, punk, électro et grande invocation religieuse. Alors sans refaire tout l’album, il y a quand même quelques morceaux qui vivent dans l’inconscient électro : Phantom Part.1 et Part.2, les fantômes, c’est fait pour hanter n’est-ce pas ? Mais quel rapport entre Pierre Soulages, Justice et la musique électro ? Calmez-vous, la réponse est pour bientôt.

10 juin 2007, fin de soirée. Je crois me rappeler que l’été était déjà là. J’attendais patiemment l’arrivée de mon groupe préféré sur les ondes de la BBC. L’émission dans laquelle Pete Tong propose un Essential Mix, orchestré par les plus grands DJs du moment. L’émission continue toujours aujourd’hui et très franchement, on a jamais l’occasion d’être déçu. Les meilleurs (bon, les pires aussi) sont passés par là. C’était le soir de JusTice. Casque sur la tête, prêt à bouger mon corps, les paroles si reconnaissables de Pete Tong annoncent la couleur : « blablabla French artists blablabla Xavier de Rosnay bla Gaspard Augé blabla they are Justice ». C’est là que tout a commencé.

« On était en plein miracle, genre une oasis de couleurs musicales dans un désert de lignes de basses saturées. »

J’avais jamais vraiment entendu un truc comme ça. C’était à base de sons des années 80, mixés avec des morceaux électro de l’époque, eux-mêmes mixés avec du Justice. En gros, France Gall répondait à MGMT, en glissant doucement vers Stress. Pourtant, ce grand fouillis maîtrisé était absolument génial ; Justice avait réussi à mettre de la couleur dans sa musique obscure, sale, angoissante. On était en plein miracle, genre une oasis de couleurs musicales dans un désert de lignes de basses saturées. Une explosion de rythmes, entre « Ils sont pas sérieux ?! » et « Putain c’est vraiment trop trop stylé ! ». En fait, c’était du Pierre Soulages musicale, les 50 nuances de noir revues et corrigées par les professeurs de la French Touch des années 2000.

Depuis, c’est le calme plat. Le duo est muet, et on raconte qu’on peut croiser Gaspard dans le métro parisien, toujours avec la même coupe, toujours avec la même moustache. Son fantôme sonore traine par là, surement à la recherche d’inspiration, apportée par le claquement des rails des rames furieuses du métro. À quand la suite, les gars ?

La dé-libération de Pacadis

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Alain Pacadis. Ça vous dit rien ? Bon…

On est en plein milieu des années 70. Les années 80 arrivent à grands pas, et au fond d’une boite de nuit parisienne, un mec est assis et regarde la foule qui se déhanche autour de lui. Ils écoutent une toute nouvelle musique, qui sera la bande-son des noctambules pendant de nombreuses années : le démarrage de ce qu’on appelle déjà la « House Music ». Un mélange parfaitement dosé de funk, de disco et de musique électronique. Tout le monde danse, consomme, et la nuit se passe comme ça ; la prochaine est une occasion de recommencer. Le mec assis prend des notes sur eux, jusqu’au petit matin ; il passe la nuit à discuter, faire des interviews, prendre de la drogue. Le lendemain, il retranscrit tout ce qu’il a vu, dans sa chronique de Libération intitulée Whiteflash. On dirait un nom pour un tube de dentifrice, mais croyez-moi dans ces années-là, c’était quelque chose de beaucoup plus stylé.

« À l’époque donc, la culture avait une énorme place dans les journaux. »

À l’époque, Libé est un journal de gauche. Comme aujourd’hui me direz-vous. Et je vous répondrais qu’un débat peut être lancé. Mais ce n’est pas le sujet. À l’époque donc, la culture avait une énorme place dans les journaux. Les expositions, les portraits d’auteurs, de peintres ; les meilleurs pages des romans à venir, les critiques de projections privées. Je suppose que pour le théâtre c’était valable aussi. La mode musicale se résumait à l’émergence de plus en plus concrète d’une scène rock et de toutes ses nuances les plus sombres : punk, métal et j’en passe. Les représentants, alors inconnus, de cette musique étaient des gens comme Le Velvet Underground (avec un certain Lou Reed), The Stooges (avec un certain Iggy Pop), Les New-Yorks Dolls (avec une certaine j’ai pas d’exemple). Le journal sait qu’il faut rendre compte de cette émergence toute nouvelle, que personne ne semble réellement connaitre. Un petit gars, prénommé Alain Pacadis, jouera ce rôle de reporter entre les entrailles des salles de concert, et le commun des mortels. Il vit déjà au milieu de cette foule si particulière, en connait les codes et a déjà ses entrées dans le milieu. Du coup, tout est plus simple pour lui.

« Il aura l’occasion de côtoyer […] des gens comme Andy Warhol, Serge Gainsbourg ou Iggy Pop en personne »

Journaliste musical, cinéma, littéraire, et aussi inventeur de la chronique mondaine moderne (c’est dur à dire à l’oral ça !), il rapporte chaque jour ou presque (des fois il est incapable d’écrire une seule page tellement son état laisse à désirer) des moments capturés dans la capitale et ses lieux les plus emblématiques. Pas une soirée ne lui échappe ; ni aucune célébrité : il aura l’occasion de côtoyer et même de nouer des amitiés sincères avec des gens comme Andy Warhol, Serge Gainsbourg ou Iggy Pop en personne. Cette position lui donne certains avantages, comme avoir des interviews complètement inédites ; ses confessions font de lui un personnage important des nuits parisiennes dans les années 70 – 80.

Pourtant, Alain va mal, très mal, au fond de lui, depuis de nombreuses années.

Le décalage horaire qu’il s’inflige dans sa vie n’est pas volontaire. Lorsqu’il est encore jeune, sa mère se suicide, en lui donnant l’opportunité de plonger dans l’alcool et la drogue ; il part même en voyage faire la célèbre « Route de l’opium », qui l’emmène jusqu’aux portes de l’Orient. Une logique autodestructrice en somme. Son apparence négligée n’arrange rien ; parfois, il se hisse au rang de dandy, soucieux de son apparence. Au fur et à mesure que sa vie avance, sans prendre de recul sur son train de vie, il se préoccupe de moins en moins de sa santé physique (et bien évidemment mentale), et sombre peu à peu dans la grande dépression, ce tourbillon qui emporte les fous et les génies.

« Il ouvre la porte de chez lui, s’affale sur le sol froid de l’appartement. »

Un soir comme les autres, ou presque, il se pointe au Palace, et on lui refuse l’entrée. Il ne comprend pas ; il explique au videur, qu’il connait très bien, que le nouveau patron ne veut plus de lui. Il reprend un taxi pour rentrer chez lui ; son porte-feuille est vide. Altercation verbale, quasi physique. Il ouvre la porte de chez lui, s’affale sur le sol froid de l’appartement. Il trouve la force de dire à sa compagne (un transsexuel dénommé « Dinah ») : « Si tu m’aimes, tues-moi. » L’amour pousse aux pulsions les plus folles. Il s’éteint en 1986. Il laisse derrière lui un bouquin (désormais introuvable), une relique intitulée : Un jeune homme chic, édité par les éditions Sagittaire. Si vous en trouvez un, sachez que ça vaut dans les 350/400 euros, selon les années. De temps en temps, il est bon de rendre hommage aux poètes, car bien que journaliste, sa culture avait une étendue assez folle : étudiant en histoire de l’art pendant sa jeunesse, il citait volontiers Baudelaire ou Rimbaud dans ses articles. Une très belle plume, en plus du personnage atypique.

Quentin Dupieux : L’Oizo surréaliste de la réalité

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Avant de commencer, revenons quelques années en arrière. Nous sommes en 1924, dans la maison d’André Breton. On est samedi, fin de journée, le gars a eu une semaine un peu merdique : deux soirées arrosées qui ont faillit mal se terminer, l’écriture de quelques poèmes intéressants mais pas transcendants, et surtout une sorte d’envie de définir un mouvement underground qui se trame dans les endroits branchés de la capitale. André le Celtique prend donc sa plume pour rédiger ce qu’on appelle Le manifeste du surréalisme. Inspiré comme un général à la tête de son armée, trois minutes avant la bataille, il écrit que le surréalisme a pour but d’exprimer « le fonctionnement réel de la pensée », « sans influence de la raison » et surtout sans se préoccuper de l’esthétique ou de la morale. Beau projet. Il pose sa plume et va se pieuter OKLM.

Aujourd’hui, que reste-t-il de cette pensée assez folle ? Pas grand chose. Toute une vague d’artiste ont été libres, et donc libérés par cette vision esthétique : René Magritte, Aragon, Éluard, Duchamp, sans oublier le fameux Salvador Dali. Après eux, c’est une sorte de désert avec quelques oasis. Il y a toujours des gens qui se « revendiquent » de ce mouvement, mais chercher l’approbation d’une influence n’est pas la même chose qu’en faire partie. La plupart du temps, les artistes essaient de se justifier, pour plaire au public. Avouez que si vous étiez le premier à voir les Montres molles de Dali, sans qu’il soit célèbre, sans avoir conscience de ce qu’est le surréalisme, vous auriez dit (grosso modo) : « C’est quoi cette merde ? ».

« Un cinéma du non-sens, où il montrera uniquement ce qu’il a envie de montrer. »

Crédits photo : cinemablend.com

J’aime bien un gars. Quentin Dupieux a.k.a. Mr. Oizo. Je sais pas trop comment le définir : artiste électro-producteur-interprète-compositeur-réalisateur. En fait, il baignait dans la musique, à l’époque de la pub pour les jeans Levis, ce qui l’a d’ailleurs rendu célèbre. Petit à petit, il exprime son désir de faire du cinéma ; attention, pas un cinéma commun. Un cinéma du non-sens, où il montrera uniquement ce qu’il a envie de montrer. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Je me dis que c’est certainement un représentant moderne du surréalisme ; une sorte d’évolution de la chose. Son premier film, en réalité un court-métrage dans lequel on retrouve Kavinsky et Sébastien Tellier dans les rôles principaux s’appelle, à juste titre, Non-film. Pendant 45 minutes, vous regardez un truc très bizarre : les personnages répètent les dialogues, jouent avec ce qui se trouve hors du champ de la caméra. En bref, la logique a complètement été effacé du scénario, ce qui donne quand même un effet brouillon auquel nous ne sommes pas habitués.

Ça tombe bien, je n’aime pas le cinéma. C’est quoi ce principe de feignasse de s’asseoir dans une salle complètement noire, pour regarder quelque chose qu’on a déjà vu des milliers de fois auparavant ? Tout se ressemble trop. Le cinéma est devenu prévisible, et qui plus est, beaucoup trop cher pour ce que c’est. Il n’y a plus de prise de risque, ni d’originalité. Seulement, notre Quentin Dupieux national n’est pas de ce genre-là. Le profit n’est pas son truc. Il le prouve d’ailleurs avec son site internet, où il balance de temps en temps des EP entiers gratuits, téléchargeables sans restriction. Il ne cherche pas la notoriété non plus : pour preuve, le meilleur moyen de se faire retweeter par l’artiste est de l’insulter, ou de lui dire que ce qu’il fait c’est de la m****. J’ai moi-même eu droit à ce privilège. Remarque c’est peut-être ironique… Mais finalement, sa seule joie est d’être projeté au festival Sundance, où le film indépendant est roi et où il cartonne à chaque fois.

« Réalité, avec un casting encore plus intéressant : Alain Chabat, re-Jonathan Lambert. »

Crédits photo : lemonde.fr

Niveau film, résumons un peu : après Non-film, on a droit à un film sobrement intitulé Steak avec au casting Éric et Ramzy, Jonathan Lambert, Kavinsky et autres. On retrouve même l’ami Sébastien Tellier, fidèle au poste. Je pense qu’avec le recul, ce film est le moins original de sa filmographie puisqu’il y a … une histoire cohérente. Et c’est bien la seule raison. Ensuite, Quentin imagine une autre histoire : Rubber, un pneu télépathe tueur. Là, on est d’accord, c’est spécial. On abandonne le scénario, ou du moins, on le fait complètement éclater : c’est la marque de fabrique Oizo. Prenez un fil rouge, puis collez plein d’histoires sans aucun rapport tout autour. Une bonne manière de faire du cinéma surréaliste. Après ça, on part sur un Wrong plutôt poétique, sur les rapports entre un homme et son chien, et sur un tas de problématiques entre les hommes et le monde en général. On y retrouve Éric Judor, qui dit s’éclater avec Dupieux et apprécie sa vision du cinéma, sans « aucune contrainte ». Enfin, on arrive à l’actualité : Réalité, avec un casting encore plus intéressant : Alain Chabat, re-Jonathan Lambert. Dans ce film, on peut dire qu’ils décident de trouver le « cri parfait » pour la réalisation d’un film. Mais encore une fois, on a l’impression que le réalisateur a prit l’un de ses rêves pour le mettre au cinéma ; les images arrivent, il ne se passe pas ce qu’on attend, les codes sont bousculés. J’aime réellement ce cinéma « sans influence de la raison », qui donne l’impression d’un brouillon inachevé, surréaliste, juste pour le plaisir et au fond, du cinéma juste pour le cinéma.

Je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un coup d’oeil à ce que fait ce monsieur ; et aussi, si vous aimez l’électro bien saturée, pleine de nouveaux sons, faites chauffer Spotify et soyez curieux !

C’est la rentrée ciné, voici les coups de cœur de Cécile

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Et sinon, votre année cinématographique, ça se passe comment ?

 

© DR

 

Aaaah, l’odeur des cahiers neufs si chère à nos cœurs. Les stylos qui s’effacent par magie, les gommes parfumées, les taille-crayons en forme de citrouille… Pour la majorité d’entre vous, c’est la rentrée ! Donc le moment de prendre vos bonnes résolutions ciné de l’année – non, janvier n’a pas le monopole des objectifs ambitieux. Je vous propose trois coups de cœur que je vous conseille absolument et trois films qu’il me tarde de voir avant la fin de l’année.

A voir très très rapidement

Tous genres confondus, c’est LE film de l’année à mes yeux. Ne vous fiez pas aux critiques qui parlent d’un Virgin Suicides turc et courez apprécier Mustang pour ce qu’il est : un bijou de cinéma. Deniz Gamze Ergüven filme avec une tendresse infinie le quotidien de cinq sœurs qui bascule le jour où elles sont aperçues en train de jouer dans l’eau avec des garçons de leur âge. Leur oncle décide alors de reprendre les choses en main en les privant de liberté. Et tandis que des barrières – physiques et intellectuelles – sont érigées autour du foyer, elles font front et tentent de résister coûte que coûte. Sans télévision, sans téléphone, retirées de l’école et avec le mariage avec un inconnu comme seule porte de sortie, elles se battent et on est ému par leur solidarité, leur complicité, leur soif de liberté. Les jeunes actrices crèvent l’écran et nous interpellent sans détour sur des injustices auxquelles on paraît se résigner trop facilement.

On a souvent lu qu’Audiard méritait la Palme d’or pour certains de ses précédents films. Quelle jubilation pourtant de le voir obtenir le Graal pour Dheepan. En suivant le parcours de cette fausse famille qui tente de comprendre les codes de la société française pour s’intégrer, on est effrayé par l’hermétisme de cette dernière. On se fait tout petit sur son siège, scotché par l’humanité et la dignité de ces gens qui se heurtent à nos pires fêlures. Et en cette période de manipulation des peurs collectives, on sort de ce film la tête remplie d’interrogations et les convictions bousculées.

Sorti en toute discrétion, Victoria, filmé pratiquement en temps réel, sublime l’atmosphère nocturne de Berlin dès le premier plan qui nous présente Victoria dans un fameux club berlinois enfumé. On découvre une âme un peu perdue dont le rêve d’une carrière de pianiste professionnelle a été contrarié par des professeurs de conservatoire. En rentrant chez elle, elle rencontre Sonne et ses amis, de jeunes Berlinois de l’Est qui zonent. Inexorablement, la nuit tourne au drame et pourtant, on ne décolle pas les yeux de l’écran tant on est pris par le rythme singulier et la découverte d’un Berlin insoupçonné.

Ça a l’air bien bien bien

Sélectionné au dernier Festival de Cannes, le dernier Sorrentino fait déjà parler de lui. Et pour cause ! Réalisateur prodige, casting trois étoiles – le formidable Michael Caine qui s’extirpe de sa bromance avec Nolan, Harvey Keitel et Rachel Weisz – et thème universel : que faire face à la vieillesse ? Fred et Mick, deux vieux amis octogénaires, s’efforcent de répondre à cette question ensemble et croyez-moi,  il ne fait nul doute que Youth fera bientôt l’objet d’un article.

© DR

Je l’avoue, j’ai hâte de voir la réponse de Ridley Scott à Christopher Nolan. Car c’est bien comme ça que je perçois Seul sur Mars, qui débarque sur nos écrans quasiment un an après Interstellar – dont je me remets à peine. Est-ce que le réalisateur cherche à nous prouver qu’il n’y a pas besoin d’un scénario à la limite de l’intelligible pour faire un film extraordinaire ? Que ce n’est pas la peine d’aller à l’autre bout de l’Univers pour cela alors que Mars est (relativement) plus près et fait l’affaire ? Quoi qu’il en soit, l’idée de retrouver Matt Damon et sa bouille de bon père de famille américain aux côtés de Jessica Chastain (qui décidément a du mal à quitter le costume de cosmonaute) dans ce film ambitieux m’émoustille au plus haut point.

Enfin, il sort au cinéma aujourd’hui également, Life d’Anton Corbijn. Honnêtement, c’est autant par curiosité pour l’évolution du jeu de Robert Pattinson que pour découvrir une face méconnue du géant Dean (si ça existe véritablement). J’essaierai d’entrer dans la salle sans trop de préjugés – pas facile, hein ?

Vous pouvez également cliquer sur ce lien si vous désirez lire l’article de Antony sur Réalité le dernier film de Quentin Dupieux.

C’est maintenant que tu le découvres ? #7 Fuzz

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Au risque de me faire taper par une partie des adolescents des années 90, j’ai rarement vu un groupe produire des sons aussi proches que ceux que faisaient Nirvana.

 

 

C’est ainsi qu’on va présenter Fuzz, ceux que vous avez pu entendre lors du dernier jour de Rock en Seine se forme en 2011 autour d’un monstre du rock, Ty Segall, l’Américain qui n’a même pas encore 30 ans est déjà un artiste incroyable. Polyvalent aussi bien au chant, qu’à la batterie au sein de Fuzz, il est déjà l’auteur de 7 albums solo et de nombreux autres avec ces projets divers. En ce qui concerne Fuzz, il est accompagné de Charlie Moothart et de Chad Ubovitch (qui lui sera remplacé par Roland Cosio)

Leurs uniques productions datent de 2013 avec un album éponyme et trois EP contenant chacun deux chansons.

Pour faire simple le groupe oscille entre Garage Punk et Rock Psyche, peu importe le résultat est merveilleusement old school. Ils font la base du rock, une guitare, une basse, une batterie et des voix.

Les trois garçons n’ont pas annoncé de projets pour les prochaines, la tournée des festivals se terminant bientôt (en Europe) on ne sait pas trop à quel moment ils reviendront remplir nos oreilles de leurs sons si particuliers.

Pour ou contre aller voir Spectre ?

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007 – Opus 24

Le 11 novembre prochain, Spectre arrive sur nos écrans. Dernier né de la saga James Bond, il fait déjà parler de lui dans la presse et parmi les fans les plus inconditionnels. On le dit réussi, fascinant… mais on entend également que c’est le pire 007 jamais réalisé et un flop monumental après un Skyfall extraordinaire. Vous aurez certainement le temps de vous faire une opinion – et moi aussi. En attendant, voilà qui pourrait vous décider.

UPDATE : je suis effectivement allée voir le film, vous pouvez retrouver ma critique juste en-dessous de l’article. 

Pourquoi vous devez courir voir Spectre ?

  • Parce que Daniel Craig est indubitablement le meilleur James Bond de tous les temps

Inutile de le nier, je suis une fervente admiratrice du James Bond de Daniel Craig. Sombre, un brin torturé et sexy en diable, 007 est à mes yeux devenu un héros quasi parfait, loin des oeillades de celui de Roger Moore dans les 70’s. L’annonce de son casting avait pourtant surpris : un Britannique (jusque-là, rien d’anormal) au physique nordique qui conduit à peine… et surtout inconnu ! Pourtant, Casino Royale remportait tous les suffrages et à chaque film, Craig insuffle de plus en plus de profondeur et de charisme à un personnage qui semblait quelque peu creux depuis Sean Connery (<3). Peut-être est-ce parce qu’il est le premier acteur de la saga à poser sa patte sur le scénario en suggérant régulièrement des alternatives aux propositions originelles. Ou peut-être est-ce justement parce qu’il est l’anti James Bond dans la vie qu’il a réussi à faire évoluer le personnage de manière aussi spectaculaire.

  • Pour enfin comprendre Quantum of Solace

La bande-annonce l’annonce (ahah) : Spectre est derrière « tous les ennuis de James Bond », sous-entendu derrière tous les complots et péripéties survenus depuis Skyfall. Ce qui inclut le très nébuleux Quantum of Solace dont je n’ai guère retenu que la présence solaire d’Olga Kurylenko. Peut-être que cet opus permettra d’enfin comprendre les méandres du scénario…

  • Pour Monica Bellucci

Tout est dit.

Pourquoi je reste un poil dubitative

  • Parce que la promo est un peu too much

J’avoue avoir été assez désagréablement surprise par les dernières publicités OMEGA mettant en scène 007. Même si ce partenariat est historique (il a démarré dans GoldenEye en 1995), la promotion s’apparente quelque peu à un matraquage – et c’est un euphémisme, avec trois diffusions du même spot avant la projection de Seul sur Mars. Et Moneypenny n’est pas en reste : dans une publicité de SONY, Naomie Harris se démène pour récupérer le téléphone de 007 en dépit de péripéties un peu rocambolesques. Même si on se doute que Spectre sera plus qu’un prétexte au placement de produit, on préfèrerait quand même ne pas avoir la sensation de se faire prendre pour un pigeon. Et on passera sous silence le chèque de 14 millions de dollars encaissé par la MGM et Sony en contrepartie de quelques petits changements visant à redorer l’image que le film renvoie du Mexique : les méchants ne sont plus si mexicains que ça et Stephanie Sigman a l’immense privilège d’être une JBG pendant 4 minutes. Voilà voilà.

  • Parce que ce sera forcément moins bien que Skyfall

Skyfall place la barre très haut. Bande-son exceptionnelle, scénario extrêmement intelligent, jeu d’acteurs remarquables (mention spéciale à Judi Dench)… Le James Bond parfait est là. Et après ?

  • Parce que les polémiques récentes me fatiguent

Depuis que la saga est devenue aussi bankable (encore une conséquence du talent Craig), la moindre sortie des acteurs est sujette à polémique. Lorsque l’acteur principal annonce que le prochain 007 sera son dernier, les spéculations sur le nom de son successeur vont bon train… et ont de quoi dégoûter les fans les plus civilisés, notamment lorsqu’on entend dire qu’Idris Elba, acteur prodige s’il en est, est inenvisageable pour le rôle car non blanc. Idem lorsque l’on découvre les critiques à l’encontre du choix de Monica Bellucci, jugée trop vieille par certains médias américains pour pouvoir vraisemblablement séduire James Bond. Il vaut mieux être sourd qu’entendre ça.


 

J’y étais. Oui, j’étais à la première projection publique de Spectre à Lyon en ce mercredi doux et ensoleillé. Verdict ? (Il est préférable d’avoir vu le film avant de parcourir ces lignes. Ou de promettre de ne pas m’en vouloir pour les spoilers)

Un 007 de facture quelque peu classique

Alors oui je l’avoue, le scénario de Spectre ne m’a pas renversée. « 00 est un programme obsolète (…) une méchante organisation veut fusionner les services secrets des principales puissances mondiales pour semer le chaos (…) quand la hiérarchie ne le soutient plus, 007 est seul contre tous ». Je dois bien admettre que le postulat de départ n’est pas sans rappeler le scénario de Mission Impossible : Rogue Nation sorti cette année. La comparaison s’arrête toutefois là, je vous rassure. On peut également regretter que jamais aucun véritable suspense ne vienne perturber les rebondissements « classiques » de cet opus : jamais vous ne douterez que JB s’en sortira ; ni qu’il le fera avec une classe et une élégance outrageantes.

Mais même sans trop s’attarder sur le scénario, d’autres points noirs apparaissent. L’un des plus gros à mon sens est la bande originale de Sam Smith (que j’aime pourtant beaucoup) que j’estime ratée – en même temps, il faut assumer de passer derrière Adele. Enfin, je regrette que cet opus soit si masculin. Comprenez-moi bien, j’ai bien conscience qu’il s’agit d’un film d’action et qu’il y a certains must. Mais l’accumulation d’explosions/cascades peut finir par lasser même les plus fans.

Mais ça fonctionne

Bien sûr que cela fonctionne. Bien sûr qu’on adore voir Daniel Craig se démener et fusiller ses ennemis de son regard bleu acier. Bien sûr qu’on frissonne en voyant que Christoph Waltz n’a rien perdu de son talent à incarner des psychopathes terrifiants. Bien sûr que les plans des villes sont magnifiques et que la réalisation est impeccable – mention spéciale aux scènes dans le train de Tanger qui sont d’une esthétique remarquable à tout point de vue. Et bien sûr qu’on frémit lorsque LE rebondissement est dévoilé et que les pires fêlures de 007 sont révélées.

Alors oui, mille fois oui, allez-y. Et pour vous consoler du dénouement qui n’est pas des plus originaux (hello Christopher Nolan) et du jeu assez pauvre de Léa Seydoux (au demeurant extrêmement séduisante), dites-vous que le prochain ne va pas tarder à arriver… et qu’il promet d’être légendaire.

PS : on vous conseil de lire également cet article à prendre au 2nd degré sur James Bond et son amour pour l’alcool.

 

Fast and Furious: la meilleure saga de l’univers.

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Dans l’univers cinématographique, il existe nombre de sagas indétrônables que chaque personne sur Terre se doit d’avoir vu et aimé sous peine de rejet social. Les réactions des gens en disent beaucoup:

« Quoi tu n’as pas vu la trilogie Matrix ?! Attends je finis mon verre de sky et je cours sur les murs pour te montrer.»

« WTF ROFL tu ne connais pas Star Wars ?! xd mais matte mon sabre laser en plastique à 2000 dollars. »

« O ma god tu c pa ki c harry potter ?! mes lach lafeyr va lir cet artik alor. »

« La trilogie de l’anneau non plus ? Alors il y a Aragorn fils d’Arathorn, descendant d’Isildur du Gondor, héritier du trône et tu vois… »

Fast and Furious ne fait pas partie de cette liste. Personne n’en parle. Non pas parce que c’est de la merde, mais parce que cette saga n’a pas besoin de ça. D’ailleurs, Furious 7 est sorti il y a quelques mois et j’ai enfin pris le temps de le voir. Alors je vais vous le dire tout de suite : J’AIME LA SAGA FAST AND FURIOUS ET JE METS DES MAJUSCULES POUR APPUYER MON PROPOS. Du coup j’ai envie de vous présenter chaque film afin de vous donner l’envie d’avoir envie.

Bande d’annonce alléchante du premier film donnant la volonté d’acheter une petite Golf et de claquer 10 000 dollars dans le tuning.

https://www.youtube.com/watch?v=s7DjEL3cwak

The Fast and the Furious (2001)

Bryan O’Conner, un flic de L.A. accro à la vitesse, s’infiltre dans le milieu des courses automobiles underground afin d’enquêter sur des vols de camions pratiqués en voitures tunées. Mais sa mission est remise en cause lorsqu’il tombe in love de la sœur de Dom Toretto, le principal suspect. Envers qui ira sa loyauté ? Il finira par choisir la famille de Dom, quitte à perdre sa plaque et à être en cavale. Une belle leçon de vie: « quand t’aimes une meuf, nique la loi ».

Affiche de toute beauté.

2 Fast 2 Furious (2003)

Bryan, en cavale, se fait choper et passe un accord avec le FBI pour coincer un méchant baron de la drogue. Il demande à son copain black de l’aider à conduire des voitures sur un bateau. A la fin, Paul Walker gagne.

Tokyo Drift (2006)

Un jeune rebelle pas très beau nommé Sean déménage à Tokyo et découvre les joies du dérapage nocturne. Il va détrôner le champion local roi du drift, pécho sa meuf et rencontrer Vin Diesel à la fin.

Dom souhaite saluer son ami sur l’autoroute.

Fast and Furious (2009)

Bryan et Dom Toretto font les foufous au Mexique et démantèlent un réseau de narco-trafiquants. Toujours recherchés par la police, la traque de leur ennemi commun effacera leur querelle pour laisser place à une bromance.

Fast Five (2011)

Brian, Dom et Mia (copine du premier et sœur du deuxième) se cachent à Rio pour échapper à la police. Ils doivent encore mettre en place un coup aussi rapide que furieux afin de gagner leur liberté. Notons la présence de l’agent Luke Hobbs, joué par le catcheur Dwayne Johnson, et pratiquant le catch afin de stopper les automobiles. Bisous à sa famille.

Scène réalisée sans trucage.

Fast and Furious 6 (2013)

Même histoire mais cette fois se déroulant à Londres. A la fin, The Rock (qui est l’agent Luke Hobbs) offre l’amnistie à la bande de Dom. Ce dernier et The Rock partagent alors la même passion du muscle et du marcel.

Furious 7 (2015)

L’apothéose. Même schéma scénaristique, mêmes personnages, mais cette fois les voitures traversent les immeubles de Dubaï et la scène de fin est trop émouvante quand Bryan et Dom se disent au revoir avec une dernière course au soleil couchant. Perso j’ai chialé.

Paul Walker: « Le plus dur dans cette scène, c’était de la faire avant que je meure lol. »

La force de cette saga est de créer un attachement aux personnages, couplé à un scénario complexe et cohérent, mélangeant adrénaline et testostérone, s’ajoutant à ceci la naissance d’un fort amour pour les belles voitures. Je ne vous parle évidemment pas des valeurs morales transmises à travers chaque film, comme l’amitié, la loyauté, la famille, les muscles, et tout ce petit melting pot saucé à l’américaine.

J’espère qu’avec ce petit résumé, cela vous donnera la volonté de télécharger ces films afin d’améliorer votre culture générale.

Je vous laisse avec la dernière scène de Furious 7, un hommage à Paul Walker. La larme à l’oeil est de mise.

https://www.youtube.com/watch?v=9EptTFgqnPE

 

Littérature – Le Pingouin d’Andreï Kourkov

« L’homme n’est pas fait pour vivre seul et il est incapable aussi de vivre en société » écrivait Georges Duhamel. En effet l’homme au cours de son existence, ressent le besoin de trouver son alter ego chez le sexe opposé, des camarades avec qui entretenir des relations sociales dans  faire vivre le débat. Même le plus atteint des misanthropes ne peut supporter la solitude. Seulement voilà, par moultes tentatives infructueuses, ou en complément d’un fort capital social et amoureux, l’homme ressent le besoin de la compagnie d’un animal. On connait tous les moments d’affections uniques que peuvent nous procurer nos amis « les bêtes », craquer sur l’une d’entre elles peut s’avérer être un retour sur investissement très attractif. Qui n’a jamais ressenti de l’amour pour  » le chien chien a son papa » ou le « minou a sa maman » ( oui je sais c’est marrant) ? Outre les « classiques », certains vont jusqu’à s’éprendre pour des furets, boa ou caméléon rachitique. La littérature entrevoit encore plus exotique, le Pingouin !

 

Le Pingouin

Bref, Andrei Kourkov, écrivain ukrainien de langue russe, né a St Saint-Pétersbourg en 1961 a imaginé une fiction qui met en valeur un animal insignifiant en apparence, et ridicule dans sa démarche, le Pingouin ! Dans ce savoureux roman, à la fois très bien écrit et facile d’accès, l’auteur narre l’histoire de dépendance réciproque entre un humain et un Pingouin. Victor, célibataire résident à Kiev est un journaliste en mal d’écriture. Il a pour désir de devenir romancier, il compte pour seul lien social  Micha son pingouin domestiqué rescapé de la fermeture d’un zoo.  La chance sourit a Victor lorsqu’un patron de presse lui propose d’écrire des nécrologie sur des personnes encore vivantes. Ce travail est très bien payé mais voilà que les personnes dont Victor dresse des  » petites croix » disparaissent soudainement. Entre temps, Victor  fait la connaissance d’un autre Micha  » pas le pingouin »qui lui demande de veiller sur sa fille Sonia. Stop, il ne faut pas en dire plus.

Bon, je suis loin de m’affirmer critique littéraire alors si je vous en parle c’est que ce livre d’Andreï Kourkov m’a plu ! Voici un ouvrage qui intrigue mes amis.  A mi chemin entre le roman fantastique et le thriller, tout est bon dans le Pingouin ! Il est impossible de ne pas s’attacher a ce satané pingouin dépressif. Au fil du roman on aussi ressent cette dépression vécue par Micha qui est en mal de son Antarctique natal. Le phénomène dépressif qu’incarne Micha s’apparente  aussi une nostalgie mélancolique pour l’ancien régime Stalinien. On comprend toute la spécificité émotionnelle et l’intelligence de perception dont est doté cet animal.

En effet le Pingouin semble blasé par la société de consommation qui touche l’Ukraine, comme si « c’était mieux avant ». Cette sorte de personnification est due au génie d’Andreï Kourkov qui utilise le registre de la fable animalière pour dépeindre avec humour la vie politique et social des années post soviétiques.Par son regard acéré et ironique il nous dépeint une société nouvelle en URSS qui n’arrive pas à résorber les affres du Stalinisme. On voit évoluer Victor et son Pingouin dans un univers où l’hiver est tenace,le champ lexical de la neige, du froid, de la fonte est ultra présent et répétitif tout en étant très bien détaillé.

Le Pingouin dépeint la naissance d’une société civile dissidente ou plus simplement indifférente au régime et à ses buts, hors de la tutelle du Parti, et qui conduit à l’émergence des forces démocratiques et centrifuges au sein de l’Union et à des mouvements nationalistes ou religieux clandestins. Le livre reflète bien  les libertés d’expression et de déplacement bafouées par des restes du régime totalitaires mais aussi un écoulement monotone et monacale de l’existence, le sentiment que l’on ne peut se fier a personne et que l’important est de se contenter du minimum et surtout s’efforcer de vivre malgré la morosité ambiante.

Le personnage de Victor est d’une simplicité et d’une naïveté troublante, sans cesse en questionnement sur lui même, le sens qu’il donne a sa vie a mesure que les minutes s’égrainent. Ce roman décrit ces instants simples de la vie de tous les jours, ces habitudes qui nous sont chères et qui permettent de tenir le coup ( Victor prend plaisir a déguster un café le matin à sa fenêtre l’action est décrite de la plus belle des manières.) De plus, Victor célibataire sans famille, à la charge de s’occuper de Sonia une petite orpheline qui lui procure un épanouissement nouveau, il va aussi renouer avec le plaisir charnel grâce a Nina une fille d’a peine 18 ans qui comble sa solitude.

Le thème de la mort est présent tout au long du récit, la déchéance de l’humain qui arrive en fin de vie, la précarité des soins offerts pour une masse de viande périssable. L’amour est également omniprésent avec la relation si particulière qu’entretient Victor avec Micha, l’affection qu’a le pingouin pour son maître , le regard fixe et plein de tendresse qu’il pose sur lui, mais aussi dans sa relation atypique qu’il entretient avec Nina et du rôle de pseudo père qu’il joue avec Sonia.

Pas de doute le pingouin de Andreï Kourkov marque les esprits, il est un roman qui raconte la vie tout simplement, une prise de conscience de celle ci et des instants qui la composent. Ce petit livre d’a peine 300 pages a confirmé les talents d’écrivain de Kourkov et l’a rendu célèbre dans le monde entier, il préside aujourd’hui l’Union des écrivains Ukrainien. De quoi faire un petit tour chez le libraire ou bien le commander en ligne !

T.G

 

 

L’écrivain Liberati

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J’aimerais vous parler d’un mec complètement décalé. Simon Liberati. C’est un écrivain donc j’apprécie tout particulièrement. Le genre de mec que j’aimerais bien croiser, dans la rue, pour aller boire un verre avec lui. Je l’ai découvert il y a déjà quelques années, à une certaine époque où France 2 diffusait le samedi soir une émission appelée Tout le monde en parle, animée par un certain Thierry Ardisson. Une époque plutôt lointaine donc, et où il était encore possible de voir à la télévision des mecs comme lui. Amené par Frédéric Beigbeder sur le plateau, Simon Liberati était arrivé complètement bourré mais parlait pourtant parfaitement de son livre. Ensuite j’ai lu, naturellement. Et puis j’ai aimé. Le temps a eu la désobligeance de s’écouler et maintenant, il compte désormais six livres, dont un essai et quelques parutions dans le magazine Lui. En somme, c’est un bon mec. D’ailleurs, il vient de publier un bouquin intitulé Eva qui a pour sujet sa femme. Leur rencontre et leur amour. Que c’est beau.

« Liberati habite dans les années 70 et tente de faire ressurgir la dolce vita parisienne »

Source: www.ledailymontpellier.com

J’aime les écrivains dont la vie est peu glorieuse, et qui en tirent un véritable style. Parce que quand on lit du Liberati, on le sait. Dans ses premiers romans, Liberati habite dans les années 70 et tente de faire ressurgir la dolce vita parisienne, avec des personnages qui eux-mêmes sont nostalgiques de leur présents. Comme un auteur s’inspire de souvent de sa propre vie (tout le monde le sait hein), il faut rappeler qu’il était avec Frédéric Beigbeder lorsque celui-ci a été arrêté par la police pour “consommation de drogue dure sur la voie publique”. Voulant rejouer une scène mythique de film, les deux compères n’ont pas hésité à sniffer de la cocaïne sur un capot de voiture, devant une célèbre boîte de nuit de la capitale. Les deux s’enfuient en riant ; merde, Fred a oublié sa carte bleue (oui, on s’en sert pour couper la drogue) sur le capot de la voiture. La police arrive, la case prison est inévitable ; Beigbeder écrira un livre à la suite de cette histoire : Un roman français. Simon Liberati quant à lui, déclame des poèmes et des vers en latin au flic qui lui passe les menottes. Une scène complètement surréaliste et ça tombe bien, parce que le mec est aussi un grand fan du cinéma de la moitié du XXème siècle.

« Le style est complètement poétique, tout en sobriété »

Récompensé par le Prix de Flore en 2009 avec L’Hyper Justine, on l’accuse d’être pistonné par le président du jury qui n’est autre que Frédéric Beigbeder. Décidément, là on trouve l’un, l’autre n’est jamais très loin. Pourtant, le bouquin est vraiment très réussi, et reste dans mon top 3 littéraire : un mec paumé, qui se fait passer pour quelqu’un d’autre, tombe amoureux d’une jeune fille qu’il voit sur un balcon du boulevard Haussman. Le style est complètement poétique, tout en sobriété, et rappelle sans cesse la rigueur classique qui manque parfois à certaines auteurs d’aujourd’hui. On commence à lire et puis on est déjà à la dernière page.

Source : www.20minutes.fr

« Pour Antony, cordialement »

Il gagne également le Prix Fémina en 2011 pour sa rétrospective sur une actrice américaine célèbre : Jayne Mansfield 1967. C’est son premier prix, incontestable cette fois-ci, qu’il savoure amplement. Après avoir écrit l’horoscope pour des magazines, pour je cite “en dégoûter les lectrices”, Liberati est aujourd’hui un auteur français qui est sur le point de devenir incontournable. Il lui manque un tout petit peu de notoriété, un petit quelque chose pour en faire un grand auteur. La bascule de l’ombre à la lumière est sûrement difficile et aléatoire. Son dernier livre lui permettra peut-être d’attirer un peu plus de lecteurs, et de se rapprocher de son objectif d’être célèbre et… attendez. On me dit qu’il s’en fout. À un salon du livre où je vais pour le rencontrer : « Hey monsieur Liberati, je vous adore. Anthologie des apparitions c’est vraiment le seul livre que je peux lire et relire sans me fatiguer. Vous êtes pour moi l’écrivain le plus talentueux du moment, respect ». Sa réponse « Merci. Votre nom pour la dédicace ? ». Du coup j’ai un bouquin dédicacé de sa main, où il est inscrit : « Pour Antony, cordialement ». Bon pour le côté convivial, on repassera.

Top 4 des vêtements d’aujourd’hui dont vous ignorez l’origine !

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Si de nos jours, certains vêtements ou d’autres accessoires, sont des objets de mode (voir ici notre rubrique) à part entière, ce ne fut pas toujours le cas. Autrefois, bon nombre d’entre eux étaient essentiellement utilisés pour le travail ou pour se faciliter la vie, mais au 21e siècle, ils nous servent uniquement à nous embellir pour être plus séduisant, ou pour coller au mieux à notre style. Voici l’histoire de quelques vêtements devenus incontournables dans la mode d’aujourd’hui.

 

Le jean

C’est probablement le vêtement le plus porté au monde, que l’on soit un homme ou une femme, un ado ou un retraité, on possède tous au moins un jean.

Le premier jean voit le jour aux États-Unis en 1850, c’est alors un simple bleu de travail utilisé par les mineurs, ou les fermiers américains. Il est très prisé, car résistant, et il s’adapte ainsi à la perfection aux conditions de travail les plus rudes. Il faudra attendre prés d’un siècle pour que le jean soit adopté comme un objet de mode, il devient ainsi dans les années 50 un vêtement symbolisant la jeunesse et la rébellion. Dans les années 60 et 70, les hippies en font leur pantalon favori, il est alors souvent moulant au niveau des fesses, et à pattes d’éléphant. Il est également très personnalisé, brodé , ou perlé, et devient en quelques années un objet culte auquel les gens s’attachent pour de bon.

À partir des années 80, le jean fait son apparition dans les maisons de haute couture, et aujourd’hui, on le trouve pour tous les styles, du rockeur à l’amoureux de musique électronique, et dans toutes les classes sociétales, de l’ouvrier au patron de multinationale. Vous trouverez forcément un modèle qui vous plaira en cliquant sur le site de C & A

Les lunettes

Aristote parlait déjà du pouvoir agrandissant de certaines pierres transparentes il y a plus de 2000 ans, mais on ne sait finalement pas quand les premières lunettes ont vu le jour. On retrouve une première trace en Italie, sans pour autant connaître le nom d’un inventeur. Elles ne servent au départ, absolument pas à se donner un style ou à se protéger du soleil, mais bien à aider les personnes qui souffrent de quelques problèmes de vue.

On les appelle alors au 13e siècle, les bésicles clouantes. Ce sont deux verres convexes ronds, entourés généralement de bois, de corne ou de cuir, attachés individuellement à des manchons qui sont reliés par un clou. Les verres concaves ne feront leur apparition que 200 ans plus tard. Les bésicles sont réservées à la bourgeoisie, et deviennent rapidement un signe d’érudition. Encore aujourd’hui d’ailleurs, on a l’air plus intelligent avec des lunettes, même si elle ne corrige que la vue, c’est un phénomène qui ne s’explique pas.

Dés le 16e siècle vient l’apparition des monocles, qui deviennent déjà un accessoire de mode, puis les binocles voient le jour au 18e siècle. Tous les modèles sont toujours liés à la bourgeoisie. C’est au 19e siècle que les lunettes se démocratisent. Les techniques de fabrication sont plus nombreuses, et elles deviennent alors plus ergonomiques, plus légères mais surtout plus excentriques qu’auparavant.

La lunettes de soleil voit le jour en 1917, Guiseppe Ratti les imagine pour les aviateurs, puis sa marque attirent aussi les pilotes automobiles, et enfin les stars de cinéma lancent une mode qui reste d’actualité aujourd’hui. De nos jours, certains portent même des lunettes de soleil en intérieur, ce qui n’a absolument aucune utilité, mais on ne négocie plus avec le style.

 

La casquette

Elle est directement inspirée du képi, et est d’abord un élément de costume militaire au 16e siècle. On la trouve par exemple sur la tête des officiers supérieurs des armées russes et prussiennes lors des guerres napoléoniennes. Très rapidement, elle fait son apparition dans tous les corps de métier de la classe ouvrière, du chauffeur de train au postier, et les écoliers en reçoivent une en France en signe de reconnaissance.

À partir des années 30, elle devient plus sportive et ressemble déjà à la casquette que nous connaissons aujourd’hui. Ce sont les tennismans ou les tenniswomans qui commencent par la porter, suivit rapidement par les joueurs de base-ball et les cyclistes.

Aujourd’hui, la casquette, est un objet de mode très prisé dans le milieu du hip-hop notamment, où elle ne sert plus toujours de protection contre le soleil, mais bien à affiner un style. (le moment de se ré-ecouter notre mixtape trip-hop by Degiheugi ?)

 

La cravate

Si aujourd’hui, elle est signe d’élégance, il faut savoir qu’autrefois, la cravate n’était rien de plus qu’une écharpe. Elle est, comme la casquette, née pour des besoins militaires au 17e siècle. C’est un régiment de hussards croates créé sous Louis XIII, qui l’utilise pour se protéger du froid. Il s’agit d’un régiment de cavalerie, que l’on nommera quelques années plus tard la « Royal-Cravates ».

Quelques dizaines d’années après, la bourgeoisie européenne remplace les jabots de dentelle par la cravate, qui se veut plus confortable et moins encombrante. Sous Louis XIV, la cravate trouve ses lettres de noblesse, et né alors le métier de cravatier.

Lors de la révolution, la cravate est synonyme de bourgeoisie, et il y aura même des débats pour décider si elle doit être interdite, mais au contraire, elle se démocratise. Elle est alors plus bouffante et se nomme cravate Garat, du nom d’un comédien qui la portait chaque jour. La cravate régate, qui est l’ancêtre de nos cravates actuelles, apparaît au début du 20e siècle. Depuis il y a eu différente coupe, plus fines, plus épaisse, plus courte ou plus longue, mais la cravate est toujours un objet de mode très utilisé, que ce soit dans les bureaux, ou lors d’événements particuliers. Elle reste un signe d’élégance.

Histoire : Comment est mort Alexandre le Grand ?

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Avant d’entrer dans la postérité et de remplir aussi bien notre mémoire collective que les tombeaux les plus somptueux, les grandes figures du passé étaient, avant tout, des femmes et des hommes comme nous tous !

Cela semble a priori évident, mais nombreux sont ceux qui ont tendance à oublier que ces grandes personnalités mangeaient, dormaient, riaient et pleuraient.

Bien entendu, l’Histoire n’aime pas les héros humains. L’Histoire préfère les demi-dieux, les héros invincibles et les tyrans démoniaques. Elle aime distendre leurs vies et exagérer leurs traits au point de les déformer, voire de nous faire oublier qu’ils n’étaient que de vils mortels.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’Histoire n’aspire qu’à devenir Mythes et Légendes !

Hurluberlu s’en va donc vous narrer la véritable cause de la mort d’Alexandre le Grand, aussi peu épique soit-elle…

ALEXANDRE LE GRAND : Sa véritable mort.

Alexandre le Grand, dont la réputation n’est plus à faire, meurt le 13 juin 323 avant J-C dans des circonstances aussi tragiques que mystérieuses.

Pendant longtemps, les raisons de son décès sont restées relativement obscures. Bien que les sources fiables soient aussi nébuleuses que peu nombreuses, la plupart des faits relatés par les auteurs antiques se recoupent et ont permis de reconstituer partiellement le moment du décès.

Ainsi, le célèbre macédonien alors âgé de 33 ans, dans la force de l’âge et d’une constitution robuste, développe subitement une étrange pathologie qui aura raison de lui en quelques jours seulement. Au départ, il ressent une forte fièvre et éprouve de grandes difficultés pour manger et boire. Il est ensuite atteint de violentes douleurs, de toux fréquentes, de vomissements et alterne les phases de délires et de conscience. Cet état persiste environ quelques jours avant de provoquer son décès.

C’est ainsi que le maître de la moitié du monde connu s’éteint, laissant à sa succession un empire dont la carcasse encore fumante sera partagée entre ses plus proches lieutenants, et ouvrant par la même l’ère des Royaumes Diadoques.

Empire d’Alexandre et Royaumes Diadoques

LES THÉORIES DE L’EMPOISONNEMENT

Évidemment, les spéculations et théories sur le sujet ont largement eu le temps de mûrir et s’épanouir en plus de deux millénaires. Deux d’entre elles ont particulièrement été approuvées à travers les siècles :

La plus classique d’entre elle, la plus vendeuse, celle que tout le monde connait et à laquelle presque tout le monde adhère, consiste à attribuer le funeste sort d’Alexandre le Grand à un empoisonnement.

Il faut avouer qu’un empire s’étalant du Nord de la Macédoine aux rives de l’Indus en passant par le Sud de l’Egypte et par le Nord de l’Arménie avait de quoi susciter quelques convoitises… Mais au-delà de ces viles considérations politiques, il faut également admettre qu’une mort aussi foudroyante, chez un homme dont la force physique et la robustesse sont avérées, a tout d’un acte suspect. Et les suspects étaient nombreux.

Toutefois cette hypothèse a toujours été confrontée au fait qu’aucun des goûteurs d’Alexandre n’avait contracté le même mal…

« On accepte une coupe de poison de celui qui nous a offert 100 coupes de nectar » Proverbe indien

La plus ancienne théorie, moins intuitive, consiste à attribuer le décès du conquérant à une septicémie. Pourquoi ? Parce que la tradition antique grecque veut que les vainqueurs au combat célèbrent leurs victoires par de glorieux banquets où l’alcool coule autant à flot que le sang de l’adversaire.

Et Alexandre le Grand était plutôt le genre de guerrier qui gagne beaucoup. Il buvait donc… beaucoup ! Peut-être même trop, selon certains de ces proches. C’est pourquoi, des spécialistes ont envisagé l’idée selon laquelle l’ingurgitation massive d’alcool aurait conduit à un empoisonnement certes, mais « involontaire » cette fois.

Cependant, là encore, rien n’est avéré : l’empoisonnement du sang en raison de l’alcool aurait normalement dû provoquer une ou plusieurs cirrhoses avant de calmer les ardeurs du jeune guerrier. Or aucun texte ne relate de tels antécédents…

Le liquide idéal pour se liquider.

UN BIEN CRUEL DESTIN

La dernière hypothèse, très récente, beaucoup moins héroïque et reconnue par l’intégralité des spécialistes historiens comme médecins, consiste à affirmer qu’Alexandre le Grand est décédé à cause……… d’un insecte !

Une mouche anophèle, vecteur du paludisme.

En effet, le plus grand conquérant de tous les temps serait bel et bien mort suite à la fatale piqure d’un moustique anophèle, moustique qui lui aurait transmis le paludisme alors qu’il inspectait des marais.

Le plus ironique dans cette histoire est qu’Alexandre le Grand n’avait quasiment jamais été battu sur un champ de bataille, qu’il était en bonne santé jusqu’alors et qu’il envisageait même de diriger ses armées de l’autre côté de la Méditerranée. Voici une preuve supplémentaire de l’humour noir auquel aime tant se livrer le Destin.

Moralité : soyez à jour dans vos vaccins.

Mais en fait, c’est quoi la loi Godwin ?

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Un lundi soir pénard, on se balade sur Internet, short de bain et Charentaise anglaise. C’est qu’on aime se balader sur la toile, « nous autres les jeunes ». Au détour d’un article du Monde, on descend en bas de la page pour aller lire le plus intéressant : les commentaires.  En effet, sur ces sites d’informations, un peu intello, se ruent toutes sortes d’individus, qui derrière leur poste d’ordinateur et sous couvert d’un pseudo bien ringard, s’insurgent ou s’encanaillent de l’actualité du jour. Le point commun de ces « commentateurs impulsifs » digitaux outre la culture très approximative du sujet qu’ils traitent, c’est leur affection démesurée pour les références historiques douteuses.  Au milieu de ce remue-ménage d’intellectuels à la sauce Wikipédia,  il y a toujours un moment où l’un d’entre eux va forcément traiter l’autre de « SS / Hitler » ou faire une comparaison foireuse sur le nazisme, c’est à ce moment-là que l’on touche du doigt, le point du Professeur Godwin.

Lorsque lInternet brasse la connerie : cest le paradoxe du point Godwin.

C’est en trainant sur le réseau Usenet que Mike Godwin, un avocat américain, a remarqué que plus les mecs s’embrouillaient plus la probabilité qu’ils en viennent à parler du nazisme s’approcher de 100%.  Outre le fait de prouver que le droit menait vraiment à tout, Godwin a sans doute développé la plus belle loi empirique de toute l’histoire de l’humanité.  C’est à dire quelque chose que l’on a prouvé grâce à des exemples et qui ne repose sur aucun fondement théorique, avouez que c’est ouf…

Bref, pour en revenir à la théorie du bon maître Godwin, on dit donc que la conversation a atteint son « Point Godwin » et on ferme la discussion afin de repartir sur des bases saines. « Le point  G »est en quelque sorte un carton rouge qui signifie que le débat va « trop loin ».  Le problème, c’est que comme en Ligue 1, les arbitres autoproclamés, que sont les Internautes, sont vraiment mauvais et l’utilisation abusive du terme anéantis tous ces effets.

D’abord, parce que même si Godwin a théorisé sa loi avec le Nazisme, elle peut s’appliquer à chaque débat au cours duquel les protagonistes utilisent des arguments issus d’idéologie extrême. À ce titre, le communisme, l’anarchisme et tous les mouvements d’extrême gauche peuvent être à l’origine d’un point Godwin. Ensuite, parce qu’on a constaté ces dernières années, un regain d’affection pour l’utilisation abusive du terme par les Internautes francophones, et il est presque impossible d’avoir un débat sans que l’on arrive au point critique de Godwin, comme si la théorie était elle-même enfermée dans une autre théorie, celle de se dire, que : les gens bêtes, incultes et à court d’arguments, en arrivent toujours aux mêmes conclusions lorsque le débat ne tourne pas en leur faveur.

Mike Godwin

Le troll : le con 2.0

Ce que nos grands-parents auraient appelé« un gros con », le Petit Larousse illustré version 2014 l’appelle un « troll », « une personne qui participe à une discussion ou un débat dans le but de susciter ou nourrir artificiellement une polémique ».

Est-ce la nature même du Net (facile d’accès, anonyme) qui transforme n’importe quelle discussion en défouloir ? Autrement dit : «Internet rend-il méchant ? », la nature humaine est ainsi faite et personne n’est à l’abri de dire une très grosse connerie – Personne ne naît troll, tout le monde peut le devenir. Homme, femme, banquier, chômeur, ministre, étudiant, secrétaire. Aucun profil type, mais une logique simple : une opinion d’Internaute déplaît, un autre riposte ; et c’est l’engrenage.

C’est comme au café PMU du village, les mecs s’insurgent, s’insultent, se jurent l’un et l’autre  de détenir la vérité.  Mais la différence c’est qu‘ils sont bien planqués derrière leurs écrans d’ordinateur, short de bain et charentaise anglaise, bien planqués derrière des pseudonymes bien idiots.

Cambert71 : « Sacré gros con de nazie, va ! ».

Petitchat93 : «Ca y est, c’est le point Godwin. Bien joué champion »

Hulubberlu : « … »

C.

L’usine d’art d’Andy Warhol

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Parfois, les lieux sont autant intéressants que les gens qui vivent dedans. Le lieu en question est un studio, situé au 5ème étage d’un immeuble de Manhattan. C’était assez calme, avant. On y fabriquait des chapeaux, de 8h du matin (des femmes y travaillent principalement, elles pointaient à 7h30) jusqu’à 18h. Ça roulait pas mal, mais très vite la révolution culturelle a frappé à la porte. Les années 60 commencent. Le studio est vendu quelques années plus tard, certaines pièces mécaniques restent en place. Le 28 janvier 64, le nouveau propriétaire des lieux s’appelle Andy Warhol.

Le maître des lieux veut produire du “mythe”.

Source : www.huffingtonpost.com

Les murs changent immédiatement de couleur. Le nouveau patron demande que la décoration soit uniquement argentée. Du sol au plafond, en passant par les meubles, les poignées de portes, les machines, les téléphones et même les ascenseurs seront de la couleur de l’acier. De la couleur de l’industrie. Un nouveau souffle pour l’endroit qui pourtant, est encore loin d’imaginer ce qui l’attend.

Le maître des lieux veut produire du “mythe”. Il cherche ici à créer quelque chose autour de l’art en faisant de la Factory un endroit fascinant, au sens premier du terme. Warhol avait compris l’importance qu’il avait, et l’influence qu’il exerçait sur ses sujets. Il ne se gênait d’ailleurs pas de les faire travailler à la chaîne pour ses sérigraphies; chaque œuvre devait provenir de la main de l’homme. Donc jour et nuit, les junkies arrivistes, les artistes pleins d’espoir et les drag-queens amoureux se relayaient pour faire plaisir à Andy, en l’aidant dans sa quête artistique. Il décide de qui doit être célèbre, juste en pointant du doigt.

« Tu entres anonyme, tu sors en Superstar ma chérie !”

Fabrique d’images, oui mais quelles images ? Des images factices, peintes par de la main-d’œuvre désabusée ; ou l’image sociale que l’on façonne à grand coup de promotion ? Dans la Factory, c’est un peu les deux. Pour preuve, quand l’endroit ne fonctionne pas à plein régime il se transforme en rendez-vous de la jet-set : galerie d’exposition, studio de tournage, salle de projection, salle de concert, boîte de nuit. On imagine que la drogue tient une place privilégiée. Tout est bon pour faire venir du monde. L’art est relégué au rang de prétexte. On vient chez Warhol pour se mélanger aux artistes dépressifs, et faire la fête. Le reste, on s’en tape.

Mais il y a aussi quelques tragédies qui se jouent. Une des ses “courtisanes” avait décidé de réunir tous ses anciens amants, à la même heure, à la Factory. A l’heure fixée, tous sont en bas,  certainement en train de discuter. L’un d’entre eux se décide à faire sonner l’interphone, et la jeune femme se jette à travers les fenêtres du 5ème étage et vient mourir sur le trottoir, aux pieds de ceux qui furent pendant un temps, les hommes de sa vie.

Source : www.emmanuellepatry.fr

In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes.

Warhol lui-même se fera également tirer dessus à 3 reprises par Valérie Solana (une proche), qui l’accuse de plagiat et surtout de ne pas la prendre au sérieux. En gentleman, il refusera de porter plainte. Elle déclarera plus tard à la police : “Warhol avait trop de contrôle sur ma vie”. La blessure n’est pas seulement physique, puisque tout ce joli petit monde décide de prendre ses distances.  Et de repartir chacun dans sa direction. L’épais nuage d’illusions s’est dissipé, un coup de feu marque la fin de l’aventure.

Le showeb d’automne : récap

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Mardi 6 Octobre, 9h30 Paris est déjà levé depuis quelques heures, c’est donc bien réveillé qu’il voit débarquer sur son avenue la plus célèbre une horde de gens de l’internet. Ils viennent tous d’horizons différents mais sont liés par un point commum: le cinéma. L’Avenue des Champs Elysées est détrempée, l’Arc de Triomphe à peine visible mais le cadre reste splendide.

Tout ce beau monde dans le Gaumont Marignan, la salle d’attente se remplit doucement, on attend juste le signal pour rentrer dans la salle. La salle parlons-en, il y a deux types de salles, l’amphithéâtre, représenté comme ceci : \ | ; et les salles plates comme ceci : _ |. Là c’est plat, la scène et l’écran sont légèrement surélevés, cela favorise ceux qui ont la fougue de se placer dans les premiers rangs. C’est idéalement placé que la convention peut démarrer.

Gros débat quelques minutes avant le début du showeb : quel sera le film surprise de fin de convention ? Les possibilités fusent et c’est au bout de 2 minutes de convention que l’on nous apprend que le film ne sera pas diffuser faute de temps.

Premier résumé, l’événement : Trois sessions, les gros distributeurs, les petits et indépendants puis les gros. Entre les sessions, une pause repas. Le buffet, simple, très simple, mais efficace, rien à redire. Une pause café ou un goûter, pareil efficace, simple et funky.

Passons aux choses sérieuses, les films.

Il y  avait beaucoup de distributeurs, c’est une très bonne chose, mais c’était long, surtout si certains d’entre eux n’apportent pas grand chose. Pour convaincre dans ce genre d’événement il faut des coups de coeur, que ce soit en rapport au style du film, au casting, à la bande annonce ou autres. Ce showeb (m’)aura déçu dans ce sens, sur approximativement une bonne centaine de films présentés, seuls une petite dizaine auront retenu mon attention. Les voici :

Men and Chicken :

Distributeur : Urban Distribution

Le film est déjà sorti, mais au Danemark. Il s’agit d’une comédie noire qui sort des sentiers battus, l’humour est différent, le film aussi. Le film sera adoré ou haï.

The Danish Girl :

Distributeur : Universal Pictures

Quelle transition. Tom Hooper, Eddie Redmayne. Le réalisateur du Discours d’un roi accompagné de celui qui a joué Stephen Hawking dans Une Merveilleuse histoire du temps. Je pourrais m’arrêter là que cela devrait avoir convaincu une majorité d’aller voir ce film, du coup je vais arrêter et laisser le trailer terminer de vous convaincre.

Pauline s’arrache

distributeur : Jour2fête

Strip-tease, l’émission de France 3, vous étiez fan ? Vous adorerez Pauline s’arrache. C’est drôle, c’est filmé différemment, c’est punk. Et ça sort avant Noël.

Un joli podium du showeb. La conclusion comportera une liste de noms de films qui feront parler d’eux vus lors de la convention :

Made in FranceRoomArrêtez moi là, Mr. Gaga, Bastille Day, Au nom de ma fille, Legend.