Coups de Coeur

La March Madness : Quand la NCAA s’embrase !

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La March Madness rassemble chaque année les meilleures équipes du championnat universitaire de basketball made in USA. Petit brieffing sur l’ampleur sportive et médiatique du phénomène. Accrochez-vous à vos Brackets !

Tout a commencé un Mercredi matin au bureau. Un de mes collègues, grand fan et pratiquant de basketball, fait irruption dans mon bureau. Après un salut cordial mais amical il me lance ” Et alors Théo t’as remplis ton Bracket ? “. Je lui répond ” Mon quoi ? ” – lui ” Ben ton Bracket ! Tu sais March Madness !? ” … ben non je ne sais pas.
Malgré 7 années bien remplies – et titrées – de basketball en club, je n’ai jamais eu le virus de la NCAA. Les aficionados vous diront que le championnat de basketball universitaire aux US (la NCAA donc) est bien plus intéressante que la sacro-sainte NBA. C’est une véritable usine à talents (Carmelo Anthony, Joakim Noah, Pat Ewing ou encore Isiah Thomas) et la meilleure démonstration de la ferveur autour d’un système scolaire qui donne la part belle au sport.

Le sport lui rend d’ailleurs plutôt pas mal car à elle seule, la March Madness rapporte rapporte environ 1.15 milliards de dollars annuellement. Les vidéos d’étudiants en délire et s’époumonant pour leurs teams peuplent le net et sont l’occasion de tifos sacrément bien préparés. A titre de comparaison, la March Madness est le second événement sportif le plus populaire aux Etats-Unis derrière le mastodonte Superbowl. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais on a encore un peu de marge avant de pouvoir se mater un Sorbonne-Lyon III sur les ondes Françaises…

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La March Madness, comment-ça-fonctionne ?

Trêves de plaisanteries car la March Madness n’est pas si simple que cela. Les non thésards de Physique quantique auront peut-être
un peu de mal à suivre, mais vous étiez prévenus. Le tournoi des finales universitaires regroupe 65 équipes de la saison régulière. Les équipes sont réparties en une vingtaine de « conférences », dont les plus renommées sont l’Atlantic Coast Conference (Duke Blue Devils, Georgia Tech Yellow Jackets, North Carolina Tar Heels, North Carolina State Wolfpack, Maryland Terrapins), la Big East (Louisville Cardinals, Connecticut Huskies, Syracuse Orange, Georgetown Hoyas), la Big Ten (Michigan Wolverines, Michigan State Spartans, Indiana Hoosiers, Purdue Boilermakers) et la Pacific Twelve (UCLA Bruins, Arizona Wildcats).
Début Mars, après la saison régulière, se tient la Championship Week. Des tournois sont alors organisés au sein de 30 conférences et le vainqueur de ce tournoi gagne sa qualification pour le tournoi final (la Big Dance). Il existe 31 ligues, mais dans la mesure où l’Ivy League n’organise aucun tournoi, la qualification pour la Big Dance revient au numéro 1 de la saison régulière (Kentucky cette année). On ajoute ensuite à ces 31 premiers qualifiés, les 34 autres. Ceux-ci sont sélectionnés par un comité en fonction de leurs résultats et de la difficulté de la conférence à laquelle elles appartiennent et du classement de leurs adversaires et de leur nombre de Likes sur la page Facebook Hurluberlu (LOL).

Les équipes sont divisées en 4 régions avec des têtes de séries. Vient alors le temps des matchs à élimination directe – One Shot fellas – ainsi que cette curieuse tradition qui consiste à offrir, au gagnant du match 64e vs 65e, le privilège de prendre une pétée des familles face au 1er. Sympas nos amis ricains !

Now this is time for some vocabulary :
le Sweet-Sixteen (oui comme l’émission de MTV plus connu sous le nom de Mon Incroyable Anniversaire) : le troisième tour du tournoi correspond aux demi-finales régionales (16 équipes).
l’ Elite Eight : les finales régionales (8 équipes)
le Final Four : là ça devient tendu… Les demi-finales nationales et à la finale. Il a lieu le premier week-end d’Avril. Pour clôre tout cela, le meilleur joueur du tournoi final est nommé Most Outstanding Player. Un autre prix (College Player of the year) récompense le meilleur joueur de l’année sur le championnat.

obama bracket 2015

La March Madness : comment faire des sous avec des Brackets

En dehors du sport, car on s’en fout nous on aime les sous, il y a toute une agitation commerciale et marketing autour de la March Madness. Pour rappel de mes premières lignes, l’événement chiffre en milliards. C’est donc toute une vague de folie qui déferle sur les States, les sponsors, les annonceurs, les politiques et les réseaux sociaux. Autant vous dire que quand Barack Obama (grand fan et très bon joueur universitaire – tiens tiens…) annonce son Bracket, les fans l’écoutent. Ah oui j’avais zappé, le Bracket. C’est le tableau personnel que chacun peut remplir sur le site d’ESPN afin de prédire l’issue, matchs par matchs, du tournoi. En gros vous faites le devin un peu comme lors de la Coupe du Monde de foot avec Jean-Charles du service compta de votre boite. A ceci près que Jean-Charles ne s’appelle pas Warren Buffet et qu’il n’offre pas 1 milliard de dollars à celui qui trouvera la grille parfaite (100% de bons résultats). Slow down homie, sache qu’il y a 9,223,372,036,854,775,808 façons de remplir la grille… piece of cake non ? Je précise qu’avec les résultats inattendus des premiers matchs, 95% des grilles sont déjà hors-jeu pour le $1.000.000.000 – Paul Le Poulpe likes this.

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La March Madness : La folie des sponsors

Parlons encore un peu gros sous, car la bataille fait rage chez les annonceurs. les équipementiers s’arrachent les tuniques des différentes franchises. Under Armour annonçait quatre équipes l’an passé, Nike 48 équipes dont les 4 premiers (Kentucky, Michigan State, Syracuse & UNC). Adidas était sur 10 chandails et Russell 5. Les universités sont à elles seules de véritables marques ambulantes avec leurs produits dérivés et leurs couleurs déposées. Tout ceci coûte également un max aux fac elles mêmes. Au total, les universités participantes au March Madness 2014 ont investi 420 millions de dollars dans leur programme de Basketball. La baston se jouent aussi sur les médias et les réseaux sociaux. les internautes rivalisent de concepts originaux et souvent très bien organisés (Kentucky et #SeeBlue). La NCAA a même créé des plate-formes en ligne pour permettre l’écoute de plus de 12.6 millions d’heures de vidéo du March Madness. Du coté des diffuseurs ; CBS a dernièrement signé un accord de 10,8 milliards de dollars pour présenter pendant 14 ans le mois de tournoi.

Si la victoire finale semble promise à Kentucky, nul doute que la March Madness du cru 2015 a délivré quelques surprises sur et en dehors des parquets ! Pensez à moi quand vous aurez votre milliard en poche.

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