Degiheugi – Hurluberlu Mixtape # 6

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Ce mois-ci c’est Degiheugi qui nous a fait le grand honneur de passer derrière les platines pour cette sixième mixtape, résolument plus hip-hop que d’habitude. Ce mix est à l’image du Monsieur, sympathique et coloré. Au programme de ces 30 minutes de réjouissances auditives, la crème de la crème du Hip-Hop d’aujourd’hui, comme Guts ou Marian Hill, et la soul d’hier comme Janko Nilovic. Le tout mélangé à la sauce Degiheugi rend un mix impeccable, idéal pour finir la semaine en beauté.

 

 Degiheugi, artiste mystérieux

Il faut dire, qu’avec presque dix ans de carrière à son actif Degiheugi sait y faire avec la musique. Fin gastronome depuis 1998, il mélange tous les styles, pour concocter des sons toujours plus agréables à nos oreilles. Producteur autodidacte ce n’est que depuis 2005 qu’il a commencé à rencontrer le succès, avec des titres comme « Détends toi »  ou « Un jour comme un autre » , morceau dans lequel il rend hommage à Brigitte Bardot et à Serge Gainsbourg. Avec la particularité, qu’il ne vit pas de la musique, mais pour la musique, il met ainsi à disposition de ses compatriotes chacune des ses créations. Depuis, il nous régale donc de ses morceaux aux articulations complexes, mais qui sonnent toujours justes. Artiste prolifique, bien trop  souvent assimilé à une version gratuite de Wax Tailor, le compositeur a su se démarquer en trouvant sa patte, digne des plus grands comme RJD2 ou Blockhead.

Degiheugi, artiste talentueux

Son style unique entre Hip-Hop, Trip-Hop et Jazz font de lui, un personnage à part dans le paysage musical français. Déjà cinq albums à son actif, et toujours la même communauté enthousiaste qui le suie à chaque nouveau projet (dont je fais partie, il faut bien l’avouer). À ce titre, il a bouclé sa collecte sur KissKissBangBang pour financer son album en à peine 48h, signe de cet engouement qui entoure ce personnage aussi mystérieux que talentueux. Pour vous en convaincre, il vous suffit d’écouter, « le temps est bon » et « Keeping Memory Alive », deux titres absolument somptueux, qui trouvent une place de choix dans « les indispensables » de notre Ipod.

Ce mix permet aussi de nous faire patienter jusqu’au 5 mai prochain, date de sortie du prochain album de Degiheugi, qui s’intitulera « Endless Smile » et qui risque de raisonner fort dans nos enceintes (et des vôtres). Affaire à suivre !

 

 

Les disques du mois de février (et plus si affinité)

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Le mois de février touche déjà à sa fin, un mois où l’on a eu l’occasion d’écouter beaucoup de musique blotti au fond de notre canapé avec un verre de scotch et Dostoïevski en guise de compagnie, pour lutter contre la froideur hivernale.

Un mois qui fut riche en actualité musicale, avec notamment le retour de Björk sur le devant de la scène et la surprenante reformation du mythique groupe Blur (avec un album annoncé pour le 27 avril prochain). Ce mois de février fut aussi celui de Roxy Music, puisque les deux fondateurs du groupe y sont allés de leurs albums.

D’un côté Brian Eno a sorti de ces cartons, des petits bijoux instrumentaux du début des années 90.  De l’autre Bryan Ferry, qui, revitalisé comme un enfant, depuis sa collaboration avec Todd Terje, a livré un autoportrait sonore, composé de ses meilleurs morceaux de sa carrière. Avec cet énième album,  Bryan Ferry montre qu’il est un des grands fauves du rock, un chanteur, musicien et performeur hors pair, sûrement l’un des plus grands, avec Bowie.

Les disques du mois de février, Rone et Panda Bear

Mais ce mois de février fut surtout celui de Rone et de Panda Bear, deux musiciens atypiques, dont leur différence n’a d’égale que leur talent.

Le voyage lunaire de Rone

C’était le dimanche 12 mai 2013,  le festival des Nuits Sonores livrait sa dernière bataille dans la pénombre des usines Brossettes. Le dernier artiste de la soirée, s’appelait Rone et il venait défendre son deuxième album Tohu Bohu, sorti quelques mois plus tôt. Devant les quelques 45 000 personnes réunies ce soir là, il livra une prestation incroyable, retournant son auditoire, dans une cohue presque surréaliste, au son de Bye Bye Macadam.

Ce soir-là, Lyon avait eu la confirmation que Rone était bien plus qu’un DJ, c’était un artiste singulier à l’imagination débordante.

Depuis ce fameux concert, de l’eau a coulé sous les ponts,  Rone a acquis le statut de « prodige de l’électronique français », et s’est fait beaucoup de nouveaux amis.

Etienne Daho notamment, qui lui a demandé de remixer «En surface», morceau de son dernier album, The National qu’il a épaulé sur l’album Trouble Will Find Me ou Jean-Michel Jarre, qui a choisi deux des titres du jeune homme pour une compilation.

C’est donc avec un engouement certain qu’est sorti « Creatures », le troisième album de Rone.

Ces créatures, ce sont ses petits démons intérieurs, bons ou mauvais, celles également d’un brillant casting d’intervenants extérieurs : Etienne Daho (encore lui), François Marry (Frànçois And The Atlas Mountains), Gaspar Claus, Bachar Mar-Khalifé, Bryce Dessner de The National ou le trompettiste Toshinori Kondo ont notamment participé à la naissance de ces morceaux en forme de golems sonores. Parce que Rone a ouvert son disque aux quatre vents et à toutes les latitudes, parce qu’il semble avoir réussi, techniquement comme mentalement, à lâcher sans réserve la bride de sa riche imagination, Creatures fourmille d’une vie étonnante.

Rone est de nouveau à l’affiche des Nuits Sonores, et on l’on suppose que comme un passeur , il clôturera le festival avec « Sing Song« , morceau lunaire, qui fait écho à « Bye Bye Macadam ».

L’histoire n’est donc pas près de s’arrêter…

On vous invite d’ailleurs à soutenir l’artiste en vous procurant l’album Creatures en cliquant ICI.

Panda Bear au sommet des cimes.

Jusque là, Noah Lennox, alias Panda Bear, était plus connue pour sa collaboration, avec les Daft Punk,  sur le titre Doin’it right, que pour ses projets solos.

Mais ça, c’était avant son dernier album «  Panda Bear Meets The Grim Reaper ». Un album aussi surprenant qu’éclectique, où Noah, raconte sa peur de la mort au travers d’un voyage auditif.

Je sais dit comme ça, c’est surprenant, mais après plusieurs écoutes, ce disque (chaudement recommandé par mon frère) c’est révélé être une pure merveille de créativité.

Plus austère et plus solennel que Personn Pitch et Tomboy, sorti respectivement en 2007 et 2011, « Panda Bear  meet the Grimp Reap » est un des très grands disques de ce début d’année.

Il vous suffira d’écouter « Boys Latin » ou « Mr Noha » pour vous en convaincre.

Dans la boite à musique d’Hurluberlu

Pour conclure, ce week-end musical, après le mix de Make The Girl Dance, on vous laisse avec notre playlist électronique de février. Une sélection purement subjective, de ce qui a tourné sur notre Souncloud le mois dernier, avec entre autres, un énorme remix de Nicolas Jaar, une belle reprise d’ELEPHANZ,  une nouvelle production de Mozambo, une bonne tranche d’amour distillée par le Prieur de la Marne et le retour sur le devant de la scène, du cultissime Degiheugi (dont on sera amené à vous reparler très bientôt).