Jusqu’à quel âge peut-on fumer des joints ?

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Jusqu’à quel âge peut-on fumer des joints en public ?

La France a beau être le pays où la loi est la plus punitive en matière de consommation de cannabis, c’est aussi l’une des parties de l’Europe où l’on fume le plus de joints. Statistiquement parlant c’est la jeunesse qui fume le plus (en 2011, 41 % des jeunes  de 17 ans déclaraient avoir déjà fumer au cours de leur vie) , mais depuis quelques années on constate que beaucoup de pères de famille ayant pourtant endossés le costume de patriarche, avec toutes les responsabilités qui leur incombent, sont des fumeurs  de pétards (ils  sont plus  13,8 % chez les 26-34 ans à fumer des joints. Au-delà de 45 ans, l’usage au cours de l’année s’avère plus rare; 2,4 % des 45-54 ans et 0,8 % des 55-64 ans).

 

Ce n’est un secret pour personne, le cannabis est comme Tintin : c’est un phénomène universel – de 7 à 77 ans.

D’ailleurs le capitaine Haddock fumait la pipe…

Socialement parlant, fumer au-delà d’un certain âge peut être mal vu.

On connaît tous dans notre entourage, des pères de famille, des hommes mariés, qui payent leurs impôts et ont une situation professionnelle respectable voire exercent un poste à responsabilité et continuent pourtant de fumer de manière ponctuelle ou occasionnelle avec tous les risques que cela comportent. La consommation de cannabis étant pour l’instant répréhensible pénalement, l’adage en la matière c’est simplement « pas vu pas pris »,  mais qu’advient-il si l’on est pris ?

Imaginez Patrick Hochon 35 ans, VRP chez Cofidis qui se fait attraper par la patrouille lors d’un contrôle routier avec 5 grammes de « weed » dans sa boite à gants alors qu’il rentre d’un séminaire à Oullins.

Clairement ça la fout mal – bien sûr, il n’aura pas, comme lorsqu’il s’était fait choper à 17 ans, l’horrible supplice de devoir appeler ses parents pour qu’ils viennent le chercher au commissariat se prenant par la même une raclée d’anthologie, tout  ça pour un joint d’anniversaire grillé dans un parc à la pause de midi. Mais le résultat sera le même; il va se faire allumer par sa femme et risque d’être la risée du voisinage. Le pauvre va être marginalisé. Dans son immeuble, on rira de lui lorsqu’il remontera ses courses de Monoprix et il ne sera plus crédible, lorsqu’en assemblée de copropriétaires, il s’opposera aux ravalements de façade prévus sous sa fenêtre.

Le plan des travaux prévoit du bruit de 8h du matin à 6h du soir, une éternelle chasse du Bipbip par le Coyote sous ses fenêtres. Mais tout le monde s’en fout, il est tout le temps défoncé le Patrick, il fume « la drogue » disait Mme Michue, sa voisine du 4e , qui se soulage au Prozac depuis qu’elle a chuté de sa baignoire en lavant son chat.

Mme Michue n’aime pas les gens qui fument, ça lui rappelle les 60’s, lorsque des jeunes chevelus qui vivaient au-dessus de son magasin de chaussettes l’empêchaient de dormir en écoutant toute la nuit des groupes anglais au nom louche comme les « Scarabées » ou les « Flamants Roses ».

Depuis cette histoire, Monsieur Hochon ne fume plus, il n’a écopé que d’une amende et d’un suivi psychologique pour stopper son addiction. Sa femme lui a pardonné, et ils s’adonnent de nouveau à des pratiques sexuelles régulières, ce qui était de plus en plus rare depuis la naissance de leur fils Paul.

Cette sale histoire, qui pourrait être le sujet parfait pour une prochaine émission de « Confessions Intimes », est un sujet de fiction, mais l’essentiel demeure.

La triste vérité c’est que les Français sont les champions du jugement. Des commères et des jaloux qui passent plus de temps à s’occuper du potager du voisin plutôt qu’à défricher leurs malheureux géraniums sur leurs balcons. Le plus dramatique, c’est que plus ils vieillissent  et plus les critiques sont acerbes.  Comme dirait François,  « pour vivre heureux, vivons caché »,  c’est valable pour tout et surtout pour les plaisirs interdits par les lois de la République.

Que l’on ne se méprenne pas, nous ne sommes pas en train de faire l’apologie du cannabis, et de plaider pour sa légalisation (bien qu’il y aurait pourtant des raisons économiques d’en venir à une autre législation, mais c’est une autre histoire). D’autant plus que si l’on n’a pas un pote botaniste, c’est un bordel incroyable pour toucher finalement deux pauvres morceaux de résines coupés et recoupés qui vont te donner une migraine d’enfer et te racler la gorge à attraper une bronchite au point que tu te demanderas si le surnom « shit » n’est pas à prendre au sens premier du terme.

Cette économie parallèle engraisse aussi des pauvres demeurés agressifs et paranoïaques qui ne comprennent généralement pas qu’il est incohérent de rouler en Audi R8 et de postuler au RSA, mais qui, faute de preuves tangibles, polluent les prisons en attentant un jugement, qui, de toute façon, se terminera par un non-lieu.

On se rassure comme on peut, en disant que chaque pays à ses gangsters…

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Non vraiment ce que l’on défend ce n’est pas ces mecs-là, ni les dérives que cela entrainent.Non, ce qui nous défendons, vraiment, c’est la liberté  de tout un chacun de faire ce qu’il veut, sans que la société n’exerce sur lui une forme quelconque  de jugement sur ce qu’il est moralement en droit de faire ou de ne pas faire.

C’est vrai qu’un type qui fume des joints alors qu’il est père de famille est hors la loi c’est un fait juridique incontestable.

Mais  doit-il pour autant être marginalisé et mis au banc des accusés ?

On milite pour une société qui arrête de juger son prochain, aussi bien le fumeur à temps partiel que le jeune catholique pratiquant ou le vieil homosexuel revendicateur. Car le principal problème à l’heure actuelle est un morcellement de notre société en différentes petites communautés qui tentent de tirer la couverture à leur profit, au détriment des autres.

Arrêtons de faire du communautarisme basé sur le jugement d’autrui, que celui-ci soit un fumeur de joint ou non. Pour le reste le sujet est tellement sensible, et le gouvernement tellement moralisateur, qu’on préfère stopper notre développement ici avant de se choper une circulaire circulante, qui nous traite de droguer, alors qu’on  ne fait qu’un plaidoyer pour la liberté.

En tout cas, la prochaine fois que vous verrez un père de famille, un tarlu au bec, abstenez-vous de juger, l’essentiel est ailleurs. Demandez lui plutôt s’il sait roulé en forme d’avion !

Un champion de roulage de joints

 

Sur le même sujet, que pensez vous de la drogue sur la musique électronique ?

Faut t-il se droguer pour apprécier la musique électronique ?

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« T’écoutes de l’électro « underground »,  tu prends des cachets toi alors ? ». C’est une question récurrente qu’entendent inévitablement les fans de musique électronique. Cet amalgame existe encore pour beaucoup de personnes, qui jugent bien souvent sans connaître le milieu. Comment discerner le vrai du faux dans un univers musical qui prend de plus en plus d’ampleur ces derniers temps ?

La drogue et l’électro

Il est vrai que l’écoute de musiques électroniques (et plus particulièrement la minimale, la psytrance, la techno ou la deep house) est souvent associée à la consommation de stupéfiants. Nos parents diront que c’est véridique et prouvé depuis la nuit des temps (d’autres affirmeront même qu’ils étaient présents dans les raves ou à Woodstock, rien que ça, dans le but d’en imposer face à leurs rejetons), les rejetons en question diront que rien de tout ça n’est vrai et que la drogue est inexistante dans les soirées électro. Qui a raison et qui a tort ? C’est une bien vaste question…

Faut t-il se droguer pour écouter la musique électronique ?

 

D’où ça vient ?

Aux origines, la musique électronique était surtout diffusée au cours des « raves », ces rassemblements autour de la musique électronique underground qui se déroulent en pleine nature ou dans tout autre lieu non prévu pour à la base, selon Wikipédia. L’avènement de ce type de manifestations vient d’un soulèvement de la jeunesse dans les années 80, mouvement qui s’est amplifié dans les années 90, notamment en Angleterre, à l’époque où les clubs fermaient leurs portes à l’heure où le permis de débit d’alcool expirait. Les bases idéologiques de ces rassemblements étaient un refus des valeurs mercantiles du système et la recherche de la transcendance grâce à la musique. De toute évidence, la drogue faisait partie intégrante de ces manifestations « sauvages », ce qui n’est pas un terme péjoratif puisque c’est ce qui faisait précisément le charme de ce concept, avec notamment le LSD et l’ecstasy qui circulaient en masse au cours de ce genre de festivités.

Qu’en est-il de nos jours ?

Aujourd’hui les événements de musique électronique ont pris de l’ampleur, se sont développés dans les clubs et autres lieux d’événements, bien que les raves existent toujours mais destinées à un public beaucoup plus pointu et connaisseur de musiques de plus en plus psychédéliques (psytrance/dark/progressive/core). Mais attention, il ne faut pas s’y méprendre : la musique électronique « underground » devient aujourd’hui un phénomène de mode, séduisant d’ailleurs un public de plus en plus jeune. Ainsi, la gamine de 17 ans qui prend de la MDMA en se trémoussant sur du Jamie Jones en 2014 et un vrai « teufeur » du même âge sous acid lors d’une soirée avec les Spiral Tribe 20 ans plus tôt sont à des années-lumière d’écart…

Pourquoi ça pose problème ?

C’est là qu’est aujourd’hui le problème. Les jeunes ne maîtrisent plus leurs consommations, que ce soit en parlant d’alcool ou de drogue. La prise de stupéfiants relève aujourd’hui souvent du « fun » lors de concerts ou de festivals électroniques. Les cachets peuvent parfois circuler à tout-va, la facilité d’accès à la drogue aujourd’hui explique aussi sa consommation excessive chez certains jeunes (trop jeunes ?). La musique électronique est devenue la nouvelle pop pour un grand nombre de jeunes, ce qui explique un intérêt si grand pour des événements qui n’auraient ramené que quelques puristes de l’électro il y’a 10 ans.

Concert de C2C en France

La prise de stupéfiants impose également des dérives, notamment celle de l’excès et de l’addiction. Un problème de plus en plus récurent, ce qui a conduit des médecins anglais à ouvrir à Londres la « Club Drug Clinic » dans l’hôpital de Chelsea & Westminster. Ils voient donc passer tous les jours des clubbeurs sortant de la Fabric ou du Ministry of Sound, les aidant petit à petit à stopper ou réduire leur consommation. Une initiative qui a le mérite d’être saluée, qui pourrait même d’ailleurs contribuer à redorer le blason de la musique électronique.

La drogue est donc aujourd’hui encore omniprésente dans ce type d’événements, et il semblerait que rien ne puisse changer cela. Mais il ne faut pas interpréter cela comme une maxime qui imposerait à tous les fêtards à la recherche de bonne musique électronique de se droguer pour profiter du « bon son ». Bien au contraire…

Peut-on écouter de la musique électronique sans drogue ?

Les “camés” qui courent les festivals électro pendant la période estivale se drogue parce qu’ils recherchent un état “d’extase” ou de “transe”, pour simplement mieux ressentir et vivre la musique. La drogue provoque une légère euphorie, une sensation de bien-être et de plaisir qui s’accompagne d’une relaxation, d’une exacerbation des sens (dont l’ouïe) et d’une impression de comprendre, d’accepter les autres. A l’époque, c’était “Sex, Drugs & Rock N’ Roll”, mais si l’on tient compte du fait que les DJ’s sont les nouvelles rockstars d’aujourd’hui (étant donné le succès rencontré par l’électro aujourd’hui), il semblerait que cette maxime soit encore bien respectée.

Mais ne vous y méprenez pas, la drogue n’est pour autant pas une fatalité pour la musique électronique. La bonne musique reste de la bonne musique, quel que soit l’univers musical, et rien ne pourra changer ça. Notre Lolo national (Laurent Garnier) nous l’explique d’ailleurs très simplement dans une interview donnée récemment à l’Express : « Quant aux amalgames sur les drogues, j’ai renoncé à m’énerver contre ces raccourcis ridicules. La drogue a toujours été liée au monde de la nuit et de la fête. Pourquoi stigmatiser la techno ? Est-ce que, pendant le Festival de Cannes, on parle de la consommation de cocaïne ? Non, on parle de cinéma ». Comme quoi un artiste sain de corps et d’esprit peut également faire vibrer des milliers de personnes.

Nuits sonores Garnier

Il est donc bon de le rappeler : écouter de la musique électronique participer à ce style d’événements n’est pas synonyme de prise de drogue, et encore heureux ! Un grand nombre de festivaliers ou amateurs de cette musique arrivent parfaitement à profiter de la qualité musicale sans être sous l’emprise de quelconque produit hallucinogène. L’engouement n’a d’ailleurs jamais été aussi fort qu’aujourd’hui, et on ne peut que s’en féliciter en France. Mais la drogue a toujours été associée à l’art en général et pas qu’à la musique électronique.

Moralité, il semble presque impossible de définir quelle causalité il existe entre drogues et musique électronique, bien qu’elles soient inévitablement liées. Néanmoins, on ne peut que vous encourager à écouter de la vraie, bonne et pure électro, notamment lors du festival des Nuits Sonores qui aura lieu à Lyon chaque année fin mai/début juin, 4 jours non-stop de fête électronique dans toute la ville, à ne pas manquer (festival au cours duquel Laurent Garnier sera d’ailleurs bien présent comme chaque année)…