Entrepreneuriat – L’aventure de MyBandMarket

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Quentin Lechemia de MyBandMarket à Uplust

Pour ma reprise de la rubrique Entrepreneuriat d’Hurluberlu, j’ai décidé d’interviewer un jeune serial-entrepreneur lyonnais expatrié à Paris. Son nom est Quentin Lechemia, il est entre autre le fondateur de MyBandMarket, MyBandNews, EuroMusic Contest, Loodon, Uplust (anciennement Pornostagram), ai-je oublié quelque chose ?

Un entrepreneur digital, autodidacte et connecté qui a fait de sa passion pour le code, de jolies réussites.

Musicien à succès dans une précédente vie, il entreprend à tout va à compter de sa 21ème année. Et très vite il fait émerger des concepts web innovants.

Travailleur acharné, selon ses proches, il passe plus de nuits à coder qu’aller boire des verres. Ce féru de nouvelles technologies n’est jamais à court d’idée, et dans ces journées de 17h, il a le temps d’en développer pas mal.

Vous aurez compris, il n’y a que le travail qui compte pour lui et il le démontre au travers de cette interview qui commence par survoler l’ensemble de ses créations, pour finalement se concentrer sur la personne-même de cet entrepreneur digital.

Tout d’abord, comment t’es venu l’idée de MyBandMarket ?

Après ma licence d’expertise-comptable, je me suis inscrit en Master à distance et je suis parti à Londres faire un stage au Tin Pan Alley Studio, un prestigieux studio de musique, pour m’occuper de leur communication. J’ai pu rencontré là-bas un grand nombre de musiciens pro comme amateurs. C’est à ce moment là que j’ai commencé à vraiment m’intéresser à l’entrepreneuriat musical, parallèlement aux cours que je suivais à distance. En discutant avec les artistes, beaucoup me disaient qu’ils avaient du mal à estimer leurs cachets pour des prestations Live. Une idée m’est donc venue : et si je développais un algorithme qui permettrait de coter les musiciens en fonction de leur popularité sur le web.

En rentrant en France, j’ai donc développé jour et nuit cette idée, et en un peu plus de trois mois la plateforme MyBandMarket était née. Les artistes pouvaient alors s’y inscrire gratuitement tandis que les bookers pouvaient les retrouver selon certains critères comme un budget, un style musical ou une ville. Parallèlement, les musiciens pouvaient recevoir une estimation de leur valeur sur le marché du Live et ainsi négocier des petits cachets plutôt qu’être payé 3 bières pour leur prochain concert.

Ça, c’était le MyBandMarket version 1.0. A présent, c’est bien plus qu’une simple plateforme de booking. Pour tout te dire, on s’est très vite rendu compte que ça ne pouvait pas vraiment fonctionner financièrement parlant. Le marché du booking est une niche où le paiement au black est trop répandu. On a donc préféré dériver sur des concepts qui gravitent autour du live, des musiciens et des fans.

Peux-tu nous pitcher le concept MBM 2.0 ?

MBM 2.0 c’est un propulseur de concepts musicaux originaux et innovants, à la pointe de la technologie. Ça regroupe plusieurs projets qui tournent autour de notre algorithme ELISE : MyBandNews, l’EuroMusic Contest et enfin Loodon.

Il y a tout d’abord le site d’actualités MyBandNews. Fin 2011, j’avais commencé à faire un blog avec une ligne éditoriale similaire à celle des sites anglosaxons comme Pitchfork. On parlait de groupes qui ne passaient pas forcément à la radio. Et très rapidement, ça a pris, à tel point qu’aujourd’hui, on est devenu une plateforme d’actualités musicales à part entière publiant une quinzaine d’articles par jour. Thomas Martin gère le webzine avec brio et les labels / marques nous sollicitent régulièrement pour des partenariats et opés spéciales. Nous avons également intégré la régie publicitaire de VICE il y a 2 ans, AdVice.

La grosse valeur ajoutée de MBM, c’est clairement l’algorithme que nous avons développé au fil du temps. ELISE est aujourd’hui assez puissante pour détecter des artistes qui vont marcher dans les prochains mois. C’est ce qu’on appelle du « big data musical ». On récupère tous les jours des millions de données que ça soit dans le web social comme Facebook, Twitter, Instagram ou dans le streaming comme Spotify, Deezer, Soundcloud, ou encore dans les médias. ELISE puise toutes ces données, les traite et nous envoie ensuite des alertes sur des groupes qui commencent à percer, le tout selon différents indicateurs.

On a alors constaté l’attrait que pouvaient avoir les marques pour la musique indépendante, et on s’est dit qu’on pouvait vendre nos services à ces dernières, vendre des concepts musicaux originaux comme notamment l’EuroMusic Contest, notre Eurovision 2.0. On a développé ça nous même l’année dernière et ça a cartonné.

Notre prochain projet s’intitulera Loodon, date de sortie prévue début avril. C’est un géolocaliseur de musiciens qui répond à une question toute bête : comment contacter un musicien ? Si tu veux organiser un événement, ou jouer avec un musicien, comment tu t’y prends pour rentrer en contact ? Grâce à Loodon on va mettre en relation tout ce monde là, d’une façon enfantine.

Avec ces différents concepts à succès, on a conçu une vraie offre technologique à disposition des entreprises qui veulent investir le monde de la musique. Aujourd’hui, on est une petite équipe de 8 personnes vraiment cool et on va continuer à inventer de nouveau concepts innovants, tu peux en être sûr !

Tu peux nous parler un peu plus de EuroMusic Contest, ta solution 2.0 de l’Eurovision ?

On est parti d’un postulat simple : l’Eurovision est une émission qui n’est pas adaptée à notre génération. On a donc voulu créer un site alliant nouvelles technologies et artistes indépendants, plébiscités par les populations européennes.

40 pays, 1 gagnant par pays déterminé à l’issue du nombre de votes, puis un jury détermine les 10 vainqueurs, on vote et au final il n’en reste plus qu’un. Le vainqueur 2014 était les lituaniens de Deeper Upper, un groupe vraiment talentueux, d’un style unique.

On a réussi à convaincre de gros partenaires comme le Nouvel Obs ou encore Euronews et ça a été un vrai succès. En un mois, on a fait plus de 1,4 millions de visites uniques, 350 000 votes uniques et 3 500 groupes inscrits dans les 40 différents pays européens représentés.

Tous ces chiffres prouvent qu’il y avait une véritable attente, et on a réussi ça avec très peu d’investissement financier. Alors maintenant imagine qu’on le refasse avec un gros budget, et ce sera le cas, ça va changer la donne !

Tu viens de réaliser un joli tour de table pour ta levée de fonds du mois dernier, 250 000 euros, comment selon toi on peut se financer en France ? C’est plus facile qu’avant ?

Je n’ai peut être pas assez d’expérience pour te répondre d’une manière très intéressante, mais je dirais que le meilleur moyen c’est de faire du chiffre. Après, le problème quand tu es dans une société innovante qui travaille sur sa R&D, comme nous, c’est compliqué pour se financer car il faut des développeurs, et le chiffre d’affaire ne se fait pas tout de suite, on passe par de longs process de développement. A ce stade, le meilleur moyen ce sont donc les aides publiques à l’innovation comme celles de la BPI France, le statut Jeune Entreprise Innovante… mais ce sont des procédures relativement longues. Un autre moyen très pratique quand on a la chance de tomber sur les bonnes personnes, et pour nous c’était le cas, ce sont les Business Angels. S’ils voient l’intérêt de ton business, ils foncent dans ton projet et peuvent t’apporter beaucoup par leur propre expérience ! Entre Alexia Laroche-Joubert et Michel Masson ou Serge Mathieu (producteurs de Notre Dame de Paris), j’ai clairement eu cette chance là pour mon premier tour de table.

Quels sont tes projets pour MyBandMarket avec ces nouvelles ressources ?

Le premier est le lancement de Loodon sous peu, c’est un projet dans lequel on s’est énormément investi ces derniers mois, et on croit à sa réussite dur comme fer. On a pu négocier de jolis partenariats avec des artistes (re)connus. Et puis continuer à développer ELISE, pour qu’elle prédise de manière toujours plus optimale les tendances musicales des prochains mois, avec des cibles de fans toujours plus précises. Quel âge a le public d’un artiste ? Quel sexe ? D’où vient-il ? C’est hyper important pour une marque, et elles sont friandes de ça. De plus en plus de marques préfèrent dépenser moins d’argent dans de l’endorsment mais privilégier des artistes qui émergent, pour ensuite les accompagner davantage dans leur carrière et rayonner avec eux. On est clairement sur ce créneau là, on rapproche des artistes prometteurs avec des marques qui ont compris la puissance de la comm’ musicale. Tout le monde est donc content.

Comment vois-tu le futur de MyBandMarket ?

Je veux que MyBandMarket soit le Rocket Internet de la musique. Qu’il y ait plein de projets qui passent par nous, qu’on puisse ainsi développer des concepts et constituer ensuite un catalogue de solutions musicales innovantes qui ont prouvé leur efficacité.

Tu as entrepris plusieurs sites qui se révèlent être des succès, quels sont les secrets selon toi pour monétiser l’audience de site ?

Je ne sais pas s’il y a un secret, surtout dans ce milieu-là, mais disons qu’il est essentiel de faire des partenariats intéressants avec des entreprises, et pour ça, il faut connaître sa cible. Pour MBN, ce sont les 18-30 ans, urbains, avec une très grosse base parisienne. On a une ligne éditoriale bien définie où les mélomanes se retrouvent.

Jusqu’à présent ton terrain de jeu était l’univers de la musique, mais avec la sortie de ton site Uplust (anciennement Pornostagram), un « Instragram sexy voire pornographique », tu n’as pas eu peur d’être perçu comme un pornographe ?

(rires) Non je ne suis en rien un pornographe, et pour tout te dire je n’y connais rien dans ce secteur, mais il me fait rire car il permet une imagination sans fin… j’adore imaginer des campagnes dans le sexe car on peut être très drôle, mais aussi très fin, les bonnes idées peuvent fuser très vite.

Pornostagram c’était à la base une blague, un délire. Je ne pense pas que ça soit l’idée la plus originale du monde, mais j’ai la chance de pouvoir développer mes idées. J’ai donc créé de A à Z toute la plateforme, j’ai codé tous les filtres photo façon Instagram. Lancée en 2013 en exclusivité sur Vice, ça a fait son petit buzz en France, on a eu très vite 10 000 utilisateurs, et en quelques mois on marchotait bien avec quelques centaines de milliers de vues par mois. Ça faisait bien marrer les journalistes, et ils reconnaissaient une idée intéressante pour le secteur. C’est pour ça que la mayonnaise a prise. On a eu directement de la très bonne presse et la suite était le fruit d’un cercle vertueux.

Tu as une anecdote à nous livrer sur Uplust ?

Parfois la vie fait bien les choses. En mars 2014 il y avait eu le scandale du jeu Flappy Bird (qui avait été retiré des stores), et j’ai surfé sur cette vague là. J’ai créé en quelques pauses café le jeu Fappy Guy (Fappy veut dire « branlette »), un dérivé coquin mais marrant d’un cartoon, où une tête de vieux papy devait naviguait sans toucher des dessins de sexes en érection et des paires seins. Mon jeu a buzzé aux Etats-Unis, ça a été relayé par notamment le Daily Dot. On leur a alors envoyé un petit mail disant « Hey mais vous avez vu qui a développé le jeu Fappy Guy ? C’est Pornostagram ! ». Ils nous ont alors interviewé et ont pondu un article sur Pornostagram. C’était le début du buzz mondial, on a eu des centaines et des centaines d’articles en quelques semaines : le Huffington Post USA, The Guardian, Europe 1… et j’en passe. Je ne m’attendais vraiment pas à un tel succès. Ça a tellement bien marché d’ailleurs que Instagram est venu nous voir pour nous demander de changer de nom. Ça me semblait normal, et on a opté pour Uplust. Ça ne me plaisait pas d’avoir le mot « porn » dans le nom du site. Je ne voulais pas qu’il devienne un site porno dégueulasse comme on le voit souvent aujourd’hui… je voulais en faire un vrai réseau social pour adulte, sans censure.

La communauté a bien perçu le changement de nom en « Uplust » ?

Lorsque j’ai changé le nom en février, le trafic a chuté en France. Le terme « Lust » (luxure) est peu connu par les français. Mais aux Etats-Unis… ça a boosté notre trafic. Maintenant notre trafic est à 80% américain. On fait entre 1 million et 1,5 million de pages vues par jour, et 170 000 utilisateurs sont inscrits à Uplust. C’est une affaire qui roule. On est en train d’intégrer le business model et on vient de conclure une levée de fonds auprès d’un gros acteur du milieu. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant.

Quel est le futur business model ?

C’est une offre freemium de start-up « basique », avec des petits packs, plus de filtres, des options supplémentaires… Toujours pour faire quelque chose de marrant, décalé et innovant pour le secteur.

Entreprendre c’est difficile, on est souvent seul pour décider, et prendre des risques, tu n’as jamais baissé les bras ?

Si j’ai bien failli tout lâcher en 2012. Je me suis dit que ça ne servait à rien de continuer. Que ça n’allait pas marcher. Je bossais près de 17h par jour, comme toujours d’ailleurs ! A cette époque, j’en avais vraiment marre, je n’avais plus de temps pour moi. Je me disais alors que je pouvais partir et choisir un chemin moins tortueux, bosser dans une major par exemple et m’éclater différemment. A ce moment là, Barclay (Universal) proposait un job dans le social media. J’ai fini dans la shortlist pour le job puis je n’ai pas été pris. Ça a été un sacré coup de boost ! Je me suis dit après ça que j’avais été stupide de baisser les bras. Je ne serais pas là si j’avais été pris pour le travail.

Un musicien est dans un certain sens un entrepreneur, pour toi c’était une continuité ? En somme ça t’a aidé ?

C’est vrai, un musicien entreprend, il compose, produit, se dote d’un budget, cherche des dates. Même si je ne pense pas avoir été timide dans ma jeunesse, je pense que la musique m’a permis de me décomplexer. Le fait de faire des concerts devant 8 000 personnes, qui sont tous là pour danser, ça pousse à donner le meilleur de soi-même. Et je pense que ça m’a aidé lorsque je devais pitcher devant 400 personnes par exemple ou des investisseurs.

Selon toi quelles sont les qualités qui font un bon entrepreneur ?

Clairement, la persévérance. Il faut être persévérant et curieux. J’ai un problème avec les gens qui disent « je ne sais pas faire » et point. J’aurais été ce type de personne, je n’aurais certainement jamais rien appris, et je ne serais pas là où j’en suis. Ne pas savoir c’est normal, mais c’est pour cela qu’il faut apprendre. Google, c’est un peu mon école, j’ai passé des centaines d’heures sur les tutos et autres forums.

Tu as une devise ?

C’est une citation d’Albert Einstein, que certainement beaucoup de personnes connaissent… Elle peut me définir en soit car ça a toujours été mon truc : « l’imagination est plus importante que le savoir ». Toutes les idées que j’ai eues, je n’avais clairement pas les connaissances pour les créer, les coder. Du coup j’ai tout appris sur le tas et, étant curieux, ça aide !

Y-a-t’il un entrepreneur que tu admires ?

Non pas particulièrement. En fait, c’est ceux qui ne réussissent pas qui devraient être admirés. En France, la culture de l’échec est quasi inexistante, c’est un problème et c’est dommage. Je connais des entrepreneurs qui ont malheureusement raté, qui sont revenus à un train de vie plus stable et tranquille. Ils sont souvent vus comme des « échecs » par beaucoup de gens. Ce n’est pas normal, ils ont tenté quelque chose, ils ont essayé eux au moins.

Heureusement, on a une démarche plus ouverte maintenant sur l’entrepreneuriat, on regarde ce qui se passe dans la Silicon Valley. La France s’est dotée de la French Tech et il y a un vrai écosystème qui commence à se créer. Les jeunes le comprennent et sont d’ailleurs de plus en plus motivés à développer leurs idées.

C’est vrai, un sondage mené conjointement par MoovJee, APCE, OpinionWay et CIC en janvier 2015 révèle que 34% des élèves en lycées professionnels et des étudiants souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneurial. Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaiterait se lancer dans un projet web ?

Sincèrement le premier conseil que je leur donne, et je le dis aussi aux adultes, c’est apprenez le code ! C’est tout bête, mais quand je code, je fais des algorithmes, des logarithmes népériens, des fonctions exponentielles… tout ça ce sont des trucs qu’on voit au lycée et on se demande « mais pourquoi je fais ça ? A quoi ça me sert ce truc ? »… Le code c’est une manière originale et ludique de faire notamment des maths !

Une illustration de la pertinence de mon propos. Des entrepreneurs qui ont eu des bonnes idées mais qui n’ont pas eu les fonds pour les développer, j’en connais des tonnes, et leur soucis est pratiquement toujours le même. Ils ont 10 ou 15 000 euros de coté au grand maximum, et ils dépensent tout dans un prestataire externe pour faire leur site internet. Ils se rendent vite compte que le rendu n’est pas toujours ce à quoi ils s’attendaient. Les fonctions ne sont pas toutes là, ou quelque chose cloche… ils sont obligés de réinjecter de l’argent dans le site pour corriger ces problèmes… et ça devient vite la banqueroute. Si tu sais coder, ça peut te prendre du temps, mais tu peux déjà pas mal te débrouiller et ça, sans sortir un euro. T’imagines les économies que j’ai faites depuis tout ce temps là en apprenant le code très tôt…

Ça s’apprend de savoir diriger une équipe ?

Oui bien sûr et je pense qu’à ce niveau là, j’avais il y a encore quelques mois de grosses lacunes. On apprend sur le tas, et en étant curieux, on lit des articles de management, on écoute d’autres témoignages… c’est un travail de tous les jours.

Et sincèrement, même si ce n’est toujours pas parfait, j’ai déjà vu l’évolution.

Est-ce que tu accompagnes des entrepreneurs dans leurs aventures ? De près ou de loin ?

Je me fais moi-même hyper conseillé ! On apprend tous les jours aussi. J’ai la chance d’avoir dans mon entourage des personnes fortes de leur expérience et qui comptent pour moi. Mon père tout d’abord, parce que sans lui je ne serai pas là, il m’a aidé dès le début. Ma cousine Romy Roynard m’a aussi accompagné et aidé ces derniers mois à voir toujours plus grand. Et enfin, Patrick Marché, qui est aujourd’hui mon associé, un homme génial avec qui j’ai des liens très forts et qui m’accompagne notamment dans mes levées de fonds. Très clairement je ne serais pas là sans eux.

C’est une chance et c’est pourquoi j’aime aussi conseiller des jeunes entrepreneurs, malgré ma courte expérience. Il m’arrive régulièrement de faire des Skypes avec des entrepreneurs qui ont des idées et qui veulent me les pitcher. Je me prête au jeu, c’est le genre de truc que j’aurais aimé qu’on me fasse à mes débuts !

Pour toi quel est l’événement start-up qui t’a marqué en ce début d’année 2015 ?

Il y a un truc qui m’a marqué, c’est Uber. Pas très original, je te le concède. Le 16 mars dernier il y a eu une perquisition au siège d’Uber France, dans le cadre d’une enquête sur son service de covoiturage UberPop. Ça me choc car je pense qu’Uber est un service tout simplement génial. Ce concept est très américain dans le sens où « tout le monde peut travailler ». Je prends UberPop trois à quatre fois par semaine car quand je sors du bureau, il n’y a plus de métro généralement, et les gars sont à chaque fois super sympas. Un grand nombre bossent pour boucler leur fin de mois, et je comprends ça. C’est sûr que ce n’est pas facile pour les taxis, qui payent leur licence très chère, mais voir des lobbys empêcher la liberté d’entreprendre, ce n’est vraiment pas normal. Les plus pénaliser, c’est nous en fin de compte.

Entrepreneuriat – L’aventure de Paul Morlet

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Il n’y a pas si longtemps encore, on estimait que plus de 2 millions de personnes n’avaient pas les moyens de se procurer des lunettes à leur vue. La raison de cette statistique alarmante : le prix moyen d’une paire de lunettes (monture + verres) est de 470 euros pour le consommateur selon UFC que Choisir.

Mais ça, comme dirait Krys, « c’était avant »; avant que Paul Morlet, jeune entrepreneur lyonnais ne lance le concept de « Lunettes Pour Tous ». Le principe est simple, vendre des lunettes à 10 euros payées directement par le consommateur, sans qu’il n’ait besoin d’une mutuelle. Le succès est immédiat, aussi bien dans les médias qu’auprès des consommateurs. Le concept est révolutionnaire et casse très nettement le prix du marché.

L’aventure de Paul commence en 2010 lorsque, en regardant une émission de poker à la télévision, il s’aperçoit que la salle était couverte de publicité hormis sur les lunettes des joueurs. Il pense alors à créer des lunettes personnalisées : Lulu Frenchie était né.

Après avoir conquis une quarantaine de pays et fourni des lunettes aux plus grandes stars de la planète, de Lady Gaga à David Guetta en passant par le français Norman, il a décidé de s’attaquer au marché de l’optique.

Norman qui porte une paire de lunettes Lulu Frenchie

En à peine quatre mois d’activité dans son magasin du 1er arrondissement de Paris, il a écoulé presque 15 000 lunettes et commence déjà à penser aux prochaines boutiques.

Paul est comme ça, dynamique, motivé et toujours prêt à l’action. On a décidé de l’appeler pour en savoir un peu plus sur son état esprit et sa vision de l’entrepreneuriat  en France.


Hurluberlu: Comment en es-tu arrivé à faire de l’entrepreneuriat?

Paul Morlet:  Un peu par défaut. J’ai passé un bac professionnel en informatique et réseau en alternance à la SNCF. En 2006, c’était déjà la crise, j’ai cherché un emploi pendant deux ans. J’avais réussi à mettre de côté 3 000 euros, ce qui, à l’époque, me paraissait énorme, et j’ai lancé Lulu Frenchie.

Hurluberlu: Niveau éducation, j’imagine que ça ne s’est pas super bien passé, c’est une belle revanche sur l’enseignement que tu prends?

PM: Comme souvent, on a décidé pour moi, on m’a mis là où on voulait bien me mettre et puis voilà. J’ai retrouvé un bulletin récemment et j’étais mort de rire en voyant les appréciations qui disaient que j’allais rien pouvoir faire de mon avenir. C’est sûr que 15 après, je peux clairement dire qu’ils avaient tord, je le sais, mais eux j’en suis pas bien sûr, ils sont tellement déconnectés des réalités.

Hurluberlu: Tu penses que le système éducatif français est mal fait?

PM: C’est pas qu’il est mal fait, c’est qu’il est complètement pourri; tu es orienté par des profs qui n’ont jamais travaillé. Comment veux-tu que leur histoire soit cohérente? Ils ne savent même pas où ils t’envoient lorsqu’ils t’orientent. 

« Les gens ne savent pas à quoi s’attendre. »

Paul Morlet

 

Hurluberlu: Tu es de la vielle école, c’est à dire celle qui n’a pas fait d’école. A ce propos, Paul Bocuse disait lorsqu’on lui demandait s’il avait le bac, que des bacs ils en avaient deux: un d’eau chaude et un d’eau froide, pour faire la plonge. Finalement il règne sur un empire. Révélateur qu’on peut réussir sans diplôme?

PM: (rire). Lorsque tu fais une école, tu apprends une méthode. Ce qui fait que chaque mec qui fait une école utilise plus ou moins la même méthode. Lorsque tu te lances tout seul, que tu es autodidacte, tu n’as pas de méthode prédéfinie. C’est une très grande force car tu es imprévisible. Et c’est ce qui se passe avec moi, les gens ne savent pas à quoi s’attendre.

Hurluberlu: Lunettes pour tous a nécessité de résoudre des contraintes techniques assez importantes et notamment le fait de pouvoir assembler les verres et les lunettes en une quinzaine de minutes. Comment as-tu résolu ce problème?

PM: J’ai contacté les grandes marques françaises de l’optique. Il y avait des projets en cours chez eux, mais jamais terminés. Il n’y avait pas d’énorme machine capable de produire 400 lunettes en une journée. Le marché de l’optique représente six magasins qui emploient six machines qui font simplement deux ou trois paires de lunettes par jour. Avec Lulu Frenchie, j’avais déjà des fournisseurs de montures en Chine. J’y suis retourné pour trouver des fournisseurs de verres qui sont découpés et taillés, l’interrogation était de pouvoir monter les verres sur les montures très rapidement. Il a fallu industrialiser le processus pour assembler très vite les lunettes.

Hurluberlu: La rumeur veut que Xavier Niels ait investi dans ton projet, c’est vrai ou pas?

PM: (rire), je ne sais pas, il faut lui demander. Tu sais que Xavier Niels ne vient pas par hasard à l’inauguration d’un magasin de lunettes. Mais c’est vrai qu’on se connait et qu’on aime bien travailler ensemble.

Xavier Niels au Parc des Princes pour le match Barça / PSG avec des lunettes « Lunettes pour tous »

« Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger. »


Hurluberlu: On dit souvent que l’Hexagone n’est pas forcément une terre d’accueil pour les entrepreneurs, notamment d’un point de vue fiscal, est-ce que tu es d’accord avec ça?

PM: Tout dépend de ce que tu fais. Dans mon cas précis, je pense que c’est le meilleur moment pour le faire. J’arrive à un moment où c’est la crise : les gens n’ont pas beaucoup d’argent mais il y a des produits qui sont obligatoires comme les lunettes. On a donc changé le moyen de l’acheter. Dans mon cas précis, la France était l’endroit idéal pour créer cette entreprise. Il faut bien voir que chaque territoire est un marché potentiel sur lequel se confondent une offre et une demande. Si tu arrives avec une entreprise qui correspond à une demande, tu as réussi ton coup. La zone géographique est sans incidence sur le choix de ton entreprise, il faut juste être adapté à une demande.

C’est vrai qu’en France, la fiscalité est sans doute l’une des plus élevées au monde. En effet, on peut dire que c’est un problème; cependant, c’est un problème que rencontrent les gens riches. Mais je pense qu’on peut encore gagner beaucoup d’argent en France et les réinvestir de façon intelligente dans de bons endroits et en profiter pleinement.

Je ne suis pas de ceux qui vont te dire qu’il faut faire une école en France et se barrer à l’étranger. Je pense au contraire qu’il faut être un peu patriote et défendre son pays, c’est ce que je fais et ça me réussit plutôt bien.   

Hurluberlu: Si tu devais donner les qualités d’un bon entrepreneur, quelles seraient-elles?

PM: Il faut d’abord être courageux, optimiste et fédérateur, être une sorte de chef de meute. Le plus important c’est vraiment de connaître ce que l’on vend. Il faut vraiment connaître son domaine, en être un spécialiste.

« Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs. »


Hurluberlu: Est-ce que tu sens que l’entrepreneuriat est une discipline à part entière, au même titre que la médecine ou le droit?

PM: Oui c’est clair, c’est devenu à la mode parce que toutes les écoles font des Master entreprendre et on en parle aussi beaucoup à la télévision. Mais je me sens assez différent de l’entrepreneur type; celui qui a fait une école de commerce, qui, à 28 ans, a levé des fonds et qui commence à faire du « e-commerce ». Pour moi c’est l’entrepreneur qui ne sait pas du tout ce qu’il vend et qui va parler de lever de fonds toutes les 5 minutes. Ce qu’il faut plutôt faire, c’est créer un truc, avoir des idées, et pouvoir tout contrôler. Lorsque tu es bon, les finances vont toujours suivre. Mais malheureusement les entrepreneurs d’aujourd’hui sont simplement des financiers, alors qu’ils devraient être des créatifs. Ils veulent simplement lever des fonds, prendre de l’oseille et revendre en faisant une belle plus-value.

Hurluberlu: Mais c’est un peu le rêve ultime de tout entrepreneur que de créer sa boite et de la revendre assez chère pour ne plus avoir à se soucier du lendemain?

PM: Oui c’est sûr, c’est un métier comme les autres et on le fait avant tout pour vivre. Mais il y a l’aspect création qui est aussi très important. Tu vois ce qui m’amuse, c’est qu’à 24 ans, avec un million d’euros d’investissement, on fait trembler un marché qui pèse 6 milliards avec des mecs qui ont l’âge de mes parents et qui ont commencé leur activité alors que je n’étais pas encore né.

Hurluberlu: C’est vrai que pour le coup Lunettes pour tous est vraiment très inventif..

PM: Tout a changé, le mode de fabrication, la vente et surtout le prix. On a tout cassé!

Hurluberlu: As-tu reçu des menaces venant de certains opticiens?

PM: J’en ai reçues des centaines. Simplement, que ce soit les franchisés ou les indépendants, ils sont voués à disparaître car ils ne pourront pas suivre. Pour les franchisés de chez Affllelou par exemple, ils ont investi 50 000 euros dans une franchise et on leur a dit qu’en vendant deux paires de lunettes par jour, ils allaitent être rentables. Désormais, pour être rentables, ils doivent vendre 400 paires de lunettes par jours, c’est pas tenable. Pour les indépendants, ils tirent encore beaucoup sur les mutuelles, en te faisant des forfaits adaptés à tes revenus pour utiliser tout ton crédit.

Hurluberlu: Je pense que tu as suivi le projet de Bercy sur les professions réglementées visant principalement la réforme des notaires, des pharmaciens et des huissiers. Penses-tu que Lunettes pour tous puisse amener une réforme du marché de l’optique?

PM: C’est même déjà fait puisqu’ils sont par exemple en train d’abandonner le fait que les opticiens soient diplômés pour vendre des lunettes. Je n’ai pas de diplôme d’optique, je devrais donc être hors-la-loi et pourtant personne ne m’a empêché d’ouvrir mon magasin.   

Hurluberlu: Des projets pour l’avenir?

PM: J’espère qu’on va continuer à se développer.

C’est tout ce qu’on souhaite à Paul, et on vous donne rendez-vous sur le site Internet de Lunettes pour Tous, ou directement dans la boutique, pour faire l’acquisition d’une paire de lunettes stylée et pas chère.

Entrepreneuriat – l’aventure de BlaBlaCar

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Si Internet est « La Révolution » des années 2000, « l’économie collaborative » sera sans aucun doute « La Révolution » des prochaines décennies.

L’importance de l’économie collaborative, la société française BlaBlaCar l’a bien comprise puisqu’elle est leader mondial sur le marché du covoiturage avec plus de 10 millions de membres répartis dans plus de 14 pays. Avec une croissance de 200% par an, BlaBlaCar est un véritable modèle de réussite qui montre que l’Hexagone est encore une bonne pépinière pour les entrepreneurs innovants.

En l’occurrence, de l’innovation, Frédéric Mazzella, Président fondateur de BlaBlaCar n’en manque pas. Son cursus suivi à l’Ecole Normale Supérieure a été complété par un diplôme de Stanford, une formation complémentaire à l’INSEAD et il a fait ses classes à la NASA.

En qualité de patron d’une société qui est en passe d’être valorisée à plus d’un milliard de dollars, il est aussi, très occupé. Cela n’a pas altéré notre envie de connaître les dessous d’une des plus belles sociétés françaises de cette décennie. C’est la raison pour laquelle après quelques échanges de mails, nous nous sommes rendus dans les locaux de BlaBlaCar situés dans le 9e arrondissement de Paris afin de rencontrer Laure Wagner, membre  fondatrice de l’équipe BlaBlaCar, qui a gentiment accepté de se livrer aux lecteurs d’Hurluberlu.

L’interview BlaBlaCar avec Laura Wagner

Laure Wagner

Hurluberlu : Comment est née l’idée BlaBlaCar ?

Frédéric Mazzella, le fondateur, a eu l’idée de lancer un site de covoiturage en décembre 2004. Il voulait rentrer chez ses parents pour Noël en Vendée mais il n’avait pas pris ses billets de train à l’avance. Il s’est alors aperçu qu’il était impossible de prendre un train à la dernière minute sans devoir payer des sommes astronomiques. Il a compris que le covoiturage pouvait devenir une autre alternative sur le marché pour voyager à la dernière minute sans se ruiner et qu’il y avait une opportunité à créer un site Internet dédié au covoiturage. Pour la petite histoire, à la suite de ce constat, il n’a pas dormi pendant 70h, pour essayer de réfléchir comment il pourrait organiser son site Internet.

Finalement, c’est en 2005 qu’il a vraiment commencé à coder le site Comuto.com, car le domaine Covoiturage.fr n’était pas disponible. Finalement, en 2006, il est arrivé à récupérer le nom de domaine et il s’est lancé dans le projet, de ce qui deviendra BlablaCar.

Hurluberlu: L’avantage d’être ingénieur de formation, c’est que techniquement, Frédéric Mazzella avait les moyens de lancer un site Internet comme BlaBlaCar ?

Exactement, c’est lui qui a bâti la première version du site qui était, pour l’époque, déjà assez fonctionnelle et novatrice, puisqu’il y avait déjà un système de géolocalisation lié à une cartographie Google et à un moteur de recherche. Ce qui se différenciait vraiment du concurrent de l’époque, qui était «Allo Stop», un système d’annonces non digitalisées, qui nécessitait d’appeler chaque particulier un par un pour savoir si des places étaient disponibles.

Hurluberlu: BlaBlaCar est l’une des premières sociétés (avec AirBnB) à s’être engagée sur le marché de l’économie collaborative, comment ont réagi les utilisateurs français au début ?

C’est bien de dire utilisateur et non pas consommateur, car l’économie collaborative repose sur un dualisme des cibles, puisqu’il faut aller chercher l’offre en même temps que la demande. Ce qui est très différent de l’économie « classique » où les entreprises vont simplement proposer une offre adaptée aux besoins des consommateurs.

Ce qui a été très difficile au départ était donc d’arriver à constituer une base d’utilisateurs suffisamment importante pour que l’offre proposée la soit aussi. L’économie collaborative repose sur un dualisme des cibles, puisqu’il faut aller chercher l’offre en même temps que la demande.

Frédéric a donc connu une grande « traversée du désert » de 2005 à 2009. En effet, c’était vraiment frustrant de voir que des gens cherchaient des trajets Nantes/Marseille pour tel jour et que, finalement, ce jour là, n’était proposé qu’un Guingamp/ Caen. Je grossis volontairement le trait, mais c’est ce à quoi l’on a été confronté.

En plus de ça, c’était le début des réseaux sociaux et de la technologie mobile, donc les gens étaient bien moins connectés que maintenant, ce qui rendait les choses assez compliquées.

Puis les gens sont peu à peu devenus plus réceptifs à notre projet en raison des gains économiques qu’ils pouvaient réaliser. Il faut savoir que la première motivation des utilisateurs était pécuniaire au début, mais désormais il y a les côtés affectifs et partage qui jouent aussi beaucoup.

Hurluberlu: Pourquoi les choses se sont-elles améliorées en 2009 ?

Au début, pour Frédéric, le site était une passion avant d’être une source de revenus. C’est-à-dire qu’il a continué à travailler en tant qu’ingénieur salarié tout en s’occupant du site. Mais en 2008, il a pris le risque de quitter son travail d’ingénieur pour faire INSEAD (NDLR : Une très grande école de management située à Fontainebleau), et il a pris un an pour réfléchir sur le modèle économique que pourrait avoir le site. Au terme de cette année, il a gagné le concours Business Venture de l’INSEAD, signe que son projet était déjà viable.

Cette année-là, il a aussi rencontré Francis Nappé, son associé actuel, (qui travaillait chez Meetic à l’époque). C’est lui qui lui a fait la première version mobile du site sur le WAP, ce qui a «bluffé» Frédéric et qui l’a décidé à l’association.

En sortant de l’école en janvier 2009, le site « Covoiturage.fr » comptait environ 100 000 membres, il fallait donc recruter quelqu’un pour s’occuper de la communication.

C’est la raison pour laquelle j’ai été embauchée pour développer et faire connaître le site « Covoiturage.fr ». En fait, je connaissais Frédéric depuis 2006, puisque je travaillais auparavant dans une agence de communication pour le compte du ministère de l’Écologie et je l’avais contacté dans le cadre d’une campagne sur les nouveaux moyens de transport « éco-responsables ».

À partir de janvier 2009, Frédéric a commencé à travailler à plein temps sur le projet qu’il avait passé un an à mûrir, avec Frédéric Nappé son associé et moi en qualité de « first employée ». C’est donc à ce moment-là que les choses ont vraiment décollé.

Hurluberlu: Donc 100 000 utilisateurs en 2009 et plus de 10 000 000 d’utilisateurs aujourd’hui, ça fait beaucoup d’utilisateurs gagnés en cinq années, quel est le secret ?

Franchement, ça a été super lent – la blague, c’est qu’en 2009, je n’avais que 500 euros de budget pour gérer la communication et qu’il fallait faire comme on pouvait avec ce que l’on avait.

Mais, notre chance, ça a été d’avoir eu de très bons « bouche-à-oreille », puisque le site étant bien fait, les gens en parlaient autour d’eux alors même qu’ils ne trouvaient pas forcément leurs trajets. On a alors eu l’idée de mettre un système d’alerte sur les trajets, c’est-à-dire qu’on a incité les gens qui ne trouvaient pas à revenir dès lors que le trajet qui les intéressait se créait.

Concernant les conducteurs, on essayait de leur faire publier plusieurs trajets, afin de fournir une offre toujours plus importante. Par exemple, on demandait à quelqu’un qui publiait une annonce pour un trajet, si ce trajet était hebdomadaire. Alors, au lieu de proposer une annonce, la personne en proposait une centaine.

La grande difficulté d’un site comme BlaBlaCar, par rapport à AirBnB par exemple, c’est que nos offres ont une durée de vie très courte. Ainsi, quelqu’un qui va poster une annonce de location d’appartement va voir son annonce durer dans le temps, alors que quelqu’un qui poste l’annonce d’un trajet Lyon/ Marseille à 16h 00, à 16h 01 l’annonce expire. Donc, il fallait absolument profiter de la venue d’un nouveau membre sur le site pour en tirer le plus d’informations.

Hurluberlu : C’est avec ce genre de recette que vous avez réussi une levée de fonds record de 100 millions de dollars auprès  Index Ventures en juillet dernier ?

En fait, une fois que l’on a eu fidélisé les utilisateurs, il a fallu trouver un modèle économique. C’est la raison pour laquelle on a fait une première levée de fonds de 1,5 million de dollars en 2011. C’est à cette époque-là que l’on a mis en place la commission de 10% sur les transactions, en mettant parallèlement en place la notation des voyageurs afin de renforcer l’esprit communautaire du site.

Ensuite on a fait une deuxième levée de 8 millions afin de se lancer à l’international, c’est avec ça qu’on a pu conquérir les marchés espagnol, portugais, italien, anglais, allemand, polonais, ukrainien ou russe.

Enfin, la levée de fonds de cet été, c’est pour s’étendre sur tous les pays du monde et notamment en Asie et en Amérique du Sud. On est déjà leader sur le marché en termes de nombre d’utilisateurs, mais ce que l’on ne veut pas, c’est que des sociétés prennent notre modèle économique pour s’implanter dans une région et deviennent si grosses, qu’il nous sera impossible de les détrôner. On est dans une logique de porte-drapeau, on envoie des équipes aux quatre coins du monde afin d’implanter la société.

Hurluberlu: Et la rentabilité dans tout ça, j’ai lu que la société BlaBlaCar n’est pas encore rentable, est-ce vrai ?

À l’heure actuelle, on est déjà rentable dans deux pays, la France et l’Espagne, où l’on a instauré un système de commission. Pour tous les autres pays, on met en relation les utilisateurs entre eux, mais on ne prend rien sur les transactions, car le marché n’est pas assez mature. Donc, c’est vrai, que pour l’instant, BlaBlaCar, n’est pas encore rentable.

 Il faut bien se dire que pour l’instant, BlaBlaCar n’est pas du tout rentable.

On a le modèle économique, désormais il faut attendre que le covoiturage rentre dans les mœurs pour pouvoir prendre une commission. 

Hurluberlu: BlaBlaCar est une très belle réussite française, à une époque, où il est tendance de dire et de penser qu’il est impossible d’entreprendre dans notre pays, quelle est votre opinion sur les opportunités économiques françaises ?

C’est une question qui est récurrente c’est vrai, puisqu’on a tendance à se morfondre sur notre condition. Mais par rapport à BlaBlaCar, la France nous a beaucoup apporté. D’abord parce qu’il y de très bons ingénieurs et lorsqu’on voit le défi technique du site, c’est très important d’être entouré de personnes très compétentes.

 La France nous a beaucoup apporté.

Le second point c’est que je pense que la France est un pays qui a le mieux compris les enjeux de l’économie collaborative; par exemple le site OuiShare est français, le premier espace de coworking est né en France (NLDR : La Mutinerie à Paris) et KissKissBangBang est l’un des tous premiers sites de crowfounding à avoir vu le jour dans le monde.

Ensuite, le nerf de la guerre reste la motivation, en France ou ailleurs.

Hurluberlu: Quels sont les projets de BlablaCar pour l’année à venir ?

Le but c’est de continuer l’expansion internationale, en s’implantant dans tous les pays du monde. On doit réussir l’ouverture en Inde à la fin du mois de février, puis suivra l’Amérique du Sud. En revanche, on ne voit pas le marché américain comme une priorité, car le prix de l’essence étant très bas, il n’y a pas de réel besoin de faire du covoiturage. En plus, les villes sont tellement lointaines, que les américains font la plupart de leurs longs trajets en avion.

Hurluberlu: Une dernière question, tout le monde croit que BlaBlaCar appartient à la SNCF, vous pensez que c’est un complot des chemins de fer pour vous nuire ?

 (Rire) – ça se pourrait oui, car on leur prend des nouvelles parts de marché à chaque nouvelle grève. Mais je pense que les gens confondent avec ID Vroum, le site de co-voiturage de la SNCF, c’est une belle légende urbaine en tout cas !

Crédits photos : © BlaBlaCar

Entrepreneuriat – L’aventure « Avions de Chasse »

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Stendhal disait que « les femmes extrêmement belles étonnaient moins le second jour », c’est la raison pour laquelle,  la startup Lyonnaise, « Avions de Chasse » a décidé de publier chaque jour,  sept photos de  jolies filles, pour maintenir la gent masculine dans l’étonnement permanent.

En à peine un an d’existence, « Avions de Chasse » a surtout réussi le tour de force de collecter  plus de 173 000 fans sur Facebook (l’équivalent de la ville de Saint-Étienne), et cela malgré le terrible algorithme mis en place par la société de Marc Zuckerberg.  En effet, avec le grand nombre d’utilisateurs et de pages Facebook, il est impossible d’afficher dans le fil d’actualité d’un utilisateur l’intégralité des contenus postés par ses amis et les pages qu’il suit. Facebook doit donc trier. Il le fait grâce à un algorithme extrêmement opaque et complexe qui ne laisse apparaître que les contenus qui sont le plus susceptibles d’être « aimés », « commentés » et « partagés ». C’est à cause de ce maudit algorithme , que vous passez à côté de certains merveilleux articles proposés par la rédaction. Malgré cela, « Avions de Chasse » a su tirer son épingle du jeu, et se développe sur internet à une vitesse fulgurante.

La startup lyonnaise a fini de nous convaincre, lorsque après un partenariat organisé, puis annulé avec Uber, leur site  était en première page  de CNN.

Si « Avions de Chasse » s’est fait une spécialité de l’amour digital, en proposant des jolies filles quotidiennement, le concept a vocation à s’étendre sous d’autres formats, notamment des vidéos et des soirées organisés dans de prestigieux clubs français. Les  « Avions de Chasse » sont sur le tarmac et prêts aux décollages.  On a donc décidé de s’entretenir  avec  leur cofondateur,  Pierre pour discuter, entrepreneuriat digital et  business modèle sur Internet.


Hulubberlu : Comment, devient-on en quelques mois à peine, le « chef de meute »,  de plus de 170 000 personnes sur Facebook?

En fait, j’ai commencé à travailler dans le digital, à partir du 3e cycle que j’ai effectué à l’EM Lyon. Ensuite, je me suis fait incuber à la pépinière d’Écully de l’EM Lyon, j’y suis resté pendant un an avant de voler de mes  propres ailes, mais l’expérience s’est soldé par échec. J’ai heureusement rebondi en  travaillant à Paris pour Mobile Network Group, la régie publicitaire de Shazam, des Inrocks, de Marie-Claire, exclusivement des marques extrêmement premiums dans le digital.  Puis, j’ai été débauché par une autre entreprise qui fait de la technologie de publicité digitale géolocalisée.

Pour la petite histoire, « Avions de chasse » est né avec un de mes potes de Lyon, Gaspard fondateur d’ une agence  de conseils en  communication. On avait créé, une fan page au départ pour rigoler, et elle a tellement bien pris, qu’on en a fait un site Internet.

Avion de chasse: terme familier pour désigner une jolie fille comme Yana Bella

C’est vrai qu’à un moment, la page Facebook prenait jusqu’à 5 000 fans par jour. On a donc eu une croissance assez rapide, d’ailleurs passés les 100 000 fans, Facebook nous a bridés, c’est-à-dire que nos publications avaient moins de portée, on a donc ralenti un peu la croissance, mais on avait pris presque 80 000 fans en 5 mois, donc on s’est dit qu’on pouvait essayer de faire quelque chose.

Hulubberlu : « Avions de Chasse », est  donc plus un délire de potes qu’une vraie volonté de faire un site Internet?

Oui c’est exactement ça ; mais c’est un « délire » sur lequel on s’investit beaucoup, en terme de temps et d’argent.  Puisqu’on a pour ambition d’être plus qu’une plateforme où l’on peut voir des  jolies demoiselles. C’est un projet à long terme qui consiste à créer un club pour les jolies filles en partenariat avec des boîtes de nuit.

Car, en plus de passer des bonnes soirées, les filles cumuleraient des points pour des cadeaux ; ça peut aller d’un bijou, à un voyage à New-York, donc, elles seraient récompensées pour leur fidélité à « Avions de chasse »,et pour le plus grand plaisir de la gent masculine…

https://www.youtube.com/watch?v=8w_0IKjLgAA

Hulubberlu : Tu aurais des conseils à donner à nos lecteurs, sur la façon de développer une page sur Facebook ?

Aujourd’hui, si tu veux développer une page Facebook, il faut mettre en place une stratégie de management digitale. C’est à dire, qu’en fonction de ce que tu proposes, il faut adapter tes publications.

Par exemple, sur  la page Facebook « Avions de chasse », on s’est rendu compte qu’il fallait publier moins que sur le site, pour optimiser la visibilité de nos posts.

Mais il n’y a pas de recette miracle, il faut faire des tests pour savoir comment publier, pour toucher le plus de monde possible…

Hulubberlu : On dit souvent que le digital, est très rentable, car un site Internet, n’est pas un « gros » investissement, par contre la rentabilité peut-être maximale, es-tu d’accord avec cette idée ?

C’est vrai qu’aujourd’hui, on peut créer un site Internet avec un petit budget, mais après,  s’il on veut le développer, il faut mettre en place des opérations de communications;  il faut faire appelle à des graphistes, à des agents de maintenances et, cumulés, toutes ces choses font que le site, va finalement,  revenir assez cher. Quand à la rentabilité, tout dépend du trafic qu’on arrive à générer.  C’est vrai que si l’on a beaucoup de visiteurs uniques, on peut signer avec une grosse régie publicitaire, et on  pourra avoir un bon complément de revenu, mais c’est très rare de pouvoir en vivre, à moins d’avoir une énorme fréquentation.

« Je pense que l’entrepreneuriat c’est un choix de luxe »


Hulubberlu : Plus généralement, que penses-tu de l’entrepreneuriat en France ?

Je pense que l’entrepreneuriat « c’est un choix de luxe ». C’est-à-dire, que, sans faire des généralités, pour entreprendre, il faut avoir la chance d’avoir des gens autour de toi, qui te soutiennent financièrement. Parce que, si, lorsque tu montes ton entreprise, tu n’as pas les moyens de payer ton loyer, ton projet va vite « tomber à l’eau ».

Concernant le vivier français des entrepreneurs, j’ai constaté avec ma petite expérience, que dès que tu créé une entreprise, tu es tout de suite taxé, alors même que tu n’as pas fait un euro de chiffre, et ça, c’est un peu pénible.

Paradoxalement, il y a aussi beaucoup  d’aides financières, comme Oséo qui peut t’aider à la création et d’autres choses, comme le « crédit impôt recherche »,  mais malheureusement, c’est souvent les grosses entreprises qui en bénéficient et jamais les jeunes startup, le monde est mal fait… .

Donc, c’est vrai que je connais beaucoup de potes qui ont créé des startups dans le digital et ils sont tous dans une logique de partir de France pour optimiser leur plan fiscal.

Mais cette question, de partir de France, c’est utile lorsque tu commences à gagner beaucoup d’argent. Donc je pense qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

Hulubberlu : Dernière petite question : est-ce que le fait d’avoir « avion de chasse » t’aide avec les filles ?

J’ai une copine depuis un petit moment, c’est, sans aucun doute, la plus belle des « avions de chasse. »

Entrepreneuriat – L’aventure Excuse My Party

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Inviter des inconnus chez vous pour y faire la fête, c’est l’idée d’Excuse My Party la première plateforme collaborative de soirées chez les particuliers du monde.

Lancé au mois de mai dernier, le projet s’est développé petit à petit, avec l’objectif de s’étendre le plus vite possible au delà des frontières de l’Hexagone. Si l’idée semble complètement dingue au premier abord, le marché est prometteur puisque la jeune pousse française est la première à s’y lancer.

Officiellement lancé au mois d’avril 2015, le site compte déjà plus de 5000 membres, qui ont réalisé plus 100 « Ambiançages » créés notamment à Paris, Londres, Berlin, Lyon, Lille, Rennes et Nantes …

Devant ce succès, on a pris l’initiative de discuter avec deux des cinq co-fondateurs de la plateforme, Bruno Haddad et Philippe Vitry, pour essayer de comprendre les dessous de ce pari complètement fou.

L’interview des fondateurs, d’Excuse My Party

Hurluberlu: Comment un site qui met en relation des particuliers pour faire la fête s’organise-t-il au niveau des assurances?

Philippe: En France nous avons tous notre assurance responsabilité civile et habitation, ainsi la plupart des risques sont déjà couverts ! C’est un début, mais à terme il nous faut penser à une assurance globale comme sur les sites leaders du collaboratif !

Bruno: Une assurance dans le web collaboratif coute très chère pour une start-up à ses débuts. Il existe une très bonne société d’assurance (celle d’Airbnb) basée en Angleterre, c’est désormais possible également en France. C’est ce que nous visons pour notre levée de fond !

 

H: Car, une des premières craintes pour tout le monde lorsqu’on invite des gens chez soit, c’est qu’il dégrade le matériel..

B: Oui mais sur Excuse My Party, comme sur AirBnB d’ailleurs, c’est l’ambianceur (ndlr: la personne qui organise), qui choisi les personnes qui participeront à la soirée. On a un système d’évaluation, un peu comme sur BlaBlaCar, où tu peux attribuer des notes et des appréciations sur chaque personne, Au final tu n’invites que des personnes que tu as choisi

P: Oui tu peux également discuter avec tes futurs ambiancés via Excuse MyParty. Tu te rends tout de suite compte des affinités pour choisir tes invités !

 

H: Concrètement, comment le site fonctionne?

B: C’est simple, toi tu adore les sushis, tu veux faire une soirée japonaise qui sort de l’ordinaire, tu vas t’inscrire sur Excuse My Party, et proposer un prix d’entré ou gratuit au gens avec un nombre de place limité et des critères de sélection (des impératifs de déguisement par exemple). Ensuite, les gens vont demander à rejoindre ta soirée et c’est à toi qui décide si tu les acceptes ou non.

Enfin, si tu acceptes, l’argent est débité, il arrive sur ton comte, et la personne va recevoir ton adresse exacte pour pouvoir se rendre à ta soirée.

P: Ce serait vraiment ouf, qu’on impose des gens chez toi, tu imagines ? (rire)

 

H: C’est clair, mais pourquoi cette idée de mettre les gens en relations pour qu’ils fassent la fête?

P: Déjà, il faut remettre les choses dans leur contexte, les gens ne nous on pas attendu pour s’inviter entre eux et faire la fête. Simplement avec Excuse My Party, on digitalise ce qui existe depuis la nuit des temps, et on essaye de le rendre plus simple. Aujourd’hui on peut donc tous organiser ou participer à des soirées chez des particuliers ce qui était plus difficile avant.

B: Pour la petite histoire, on était en école de commerce à Toulouse (ndlr: l’ESC Toulouse) et on en avait marre de se faire racketter par les établissements de nuit qui vendaient des vodka/ pomme à 10 euros. L’autre point, c’est que l’on s’est rendu compte que bien souvent lorsque l’on était en boite de nuit, après notre before, les gens se démotivaient et on perdait la bonne ambiance de la soirée. Du coup on s’est dit qu’on aimerait bien faire une plateforme de soirée en appart pour en faire plus souvent et plus longtemps !

On dit que bien souvent pour apprendre à connaitre un pays, il faut sortir avec des locaux, , pourrait devenir un nouveau mode de rencontre pour voyager aussi?

B: C’est un peu l’objectif affiché, le troisième fondateur John est d’ailleurs parti à Londres pour lancer le site au Royaume-Unis, et d’ailleurs la première soirée y a été faite au mois de juin dernier. Tout le site est aussi accessible en anglais, donc il y a la volonté de s’ouvrir très vite à l’international.

P: C’est vrai que si Excuse My Party devenait mondialisé et permettait de rencontrer des gens à travers le monde pour que les touristes puissent découvrir la culture local, ce serait énorme (mais step by step)

 

Il faut y croire, vous êtes tout de même passé dans le BEFORE sur Canal+, signe qu’il y a un vrai engouement autour de votre plateforme…

P: Oui c’est vrai que les choses se passent bien pour le moment. L’objectif c’est de lancer assez vite l’application iPhone (Printemps 2016) et forcément de se développer dans d’autres pays.

B: Après, on ne vit pas encore de notre start-up car les choses mettent du temps à se mettre en place, mais dans l’économie collaborative, le processus est très long car au delà d’aller chercher une cible, comme dans un secteur classic, il faut faire matcher l’offre (les organisateurs) et la demande (les participants).

 

Quelles sont les conseils que vous pourriez donner à nos lecteurs qui souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale?

P: Je pense qu’il faut croire à son projet et croire en sa capacité à pouvoir l’exécuter. D’autant plus qu’aujourd’hui à Paris il y a vraiment un très bon écosystème Startup !

B: En effet, rien n’est impossible à qui croit vraiment en ses idées, je pense que le plus important, c’est vraiment la détermination.

Pour NOËL laissez vous tenter par ce super concept…

Retrouvez Excuse My Party sur :

Devenez assistant du PDG d’Adecco France pendant un mois

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On le sait, il est parfois difficile pour un jeune de trouver un emploi ou un stage sans expérience (le petit Marcel en a fait les frais récemment). Pour lutter contre cette spirale infernale, la première société d’intérim française propose le meilleur CDD du monde: devenir assistant du PDG d’Adecco pendant un mois.

Devenez assistant d’Alain Dehaze pendant un mois

Une belle initiative qui permettra à un(e) jeune hurluberlu(e) de partager la vie d’Alain Dehaze, le président du Groupe Adecco France,pendant un mois, du 21 juin au 22 juillet 2015, avec une rémunération de 7 000 euros.

Bien loin de la galère des jobs d’étés alimentaires, vous aurez la chance de partager la vie d’un décisionnaire d’entreprise (et de financer un tour du monde ou une année d’étude).

Si l’on sent bien le gros coup de communication d’Adecco, on peut aussi saluer cette initiative, qui vise à mettre en lumière le talent de la jeunesse française.

Alors, si vous avez l’âme d’un entrepreneur, et que vous souhaitez vivre le meilleur stage de votre vie, armez-vous d’originalité et postulez dès à présent en suivant le lien: ICI.   

Entrepreneuriat – L’aventure Michel et Augustin

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Nous sommes en 2015 après Jésus Christ. Toutes les marques de l’agroalimentaire sont trustées par les grands groupes… Toutes ? Non ! Une poignée d’irréductibles « biscuits » résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Cette marque, c’est Michel et Augustin. C’est une histoire d’entreprise comme on les aime. Tout a commencé avec deux amis d’enfance, passionnés de pâtisserie, qui se sont lancés dans la préparation de petits biscuits et ce dans une minuscule cuisine. Près de 12 ans plus tard, avec à présent 50 recettes et une centaine de produits, ils parviennent à réaliser un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros ! Une vraie pépite (de chocolat) !

Ces trublions du goût ont réussi à imposer leur marque dans le secteur ultra-concurrentiel de l’agroalimentaire en personnifiant les articles sans âme du secteur. En « dé-produisant le produit » pour le remettre à sa place, ils ont touché le cœur des consommateurs. Et tout cela sans trop d’argent ! Et faisant face à d’énormes mastodontes disposant de puissants lobbies. Il faut que vous sachiez que la quasi-totalité des marques alimentaires que vous voyez dans vos rayons de supermarchés est détenue par seulement 10 multinationales…

Nous avons rencontré Florian Baudoin, directeur de la bananeraie de Lyon, qui a gentiment accepté de partager avec nous son expérience chez Michel et Augustin, l’entreprise qui incarne véritablement la « success story » à la française.

Michel et Augustin – L’interview

Pourrais-tu tout d’abord présenter à nos lecteurs l’histoire « Michel & Augustin » ?

Michel et Augustin, c’est deux copains d’enfance qui se sont rencontrés sur les bancs d’école en 4eme C et se sont suivis jusqu’en école de commerce. Augustin est parti faire de la stratégie au Club Med puis chez Air France, passant dans le même temps son CAP de boulanger ; Michel est quant à lui parti faire du trading à New York.

Puis tous deux se sont retrouvé à Paris pendant une année sabbatique durant laquelle ils se sont lancés dans un tour des 1200 boulangeries de Paris dans l’idée de faire ensuite un guide. C’est après cela qu’ils ont décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils se sont dit : « Nous, on veut révolutionner le monde de l’agroalimentaire et faire un pied de nez aux géants industriels qui font un lobbying ultra-puissant sur ce secteur-là. »

Ils ont ainsi décidé de créer une marque qui s’appellerait Michel et Augustin, qui serait fun, qui serait sympathique et avec un univers très décalé. Et à travers de laquelle ils proposeraient aux consommateurs des recettes simples, saines et gourmandes. Grâce à des matières nobles comme du beurre frais et de la crème d’Isigny, de la vanille de Madagascar. Des recettes simples mais avec une charte de qualité exceptionnelle.

Ils n’ont pas eu peur de quitter leur situation confortable comme ça pour vendre des biscuits ?

Ils ne voulaient plus être des jus de cerveau en entreprise, même s’ils ont adoré leur première expérience ; ils ne cherchaient absolument pas la sécurité. Ils voulaient juste vivre pleinement et ce comme ils le souhaitaient et non en fonction de leurs supérieurs. Ils n’ont pas eu peur de se lancer car ils se sont toujours dit que ça leur apporterait une grande richesse personnelle et professionnelle quand bien même l’aventure Michel et Augustin venait à disparaître. Ils avaient une petite sécurité financière à l’époque, Augustin venait de revendre une start-up technologique qu’il avait cofondée ; ils ont ainsi pu se concentrer pleinement sur Michel et Augustin.

Et les difficultés du début, ils n’ont pas trop nagé dans du chocolat avant de gagner leur croûte ?

Le plus dur quand on lance une marque dans l’agroalimentaire, c’est tout ce qui concerne la préparation. Tu arrives dans un marché inconnu. Toute ta famille, tes amis, tes collègues s’inquiètent lorsque tu leur annonces que tu as tout plaqué pour faire des petits biscuits. Les gens au départ te prennent pour un fou car c’est un marché ultra-saturé. Mais eux croyaient en la simplicité de leurs recettes, en leur qualité et en leur dimension gourmande. Ils étaient optimistes et c’est pourquoi ils ont mis tant d’énergie pour lancer leur entreprise.

C’était comment d’ailleurs le tout début de l’aventure ?

Ils ont commencé dans la cuisine d’Augustin et c’était plutôt simple : ils préparaient les sablés, les emballaient, posaient une étiquette découpée à la main et imprimée chez eux. Ils allaient faire du porte-à-porte chez les commerçants du quartier. Puis ils sont rentrés dans la Grande Epicerie, chez Colette, Monoprix. Petit à petit, ils ont franchi les étapes !

Comment expliquerais-tu un tel succès ?

Le succès part avant tout de la simplicité des deux gars, de la notion d’amitié qu’ils véhiculent depuis des années, à la fois en entreprise et sur le terrain, avec cette transparence, cette honnêteté et cette simplicité qui plaît beaucoup à nos consommateurs. L’idée, c’est de se dire que quand on achète un produit, on n’a pas besoin d’avoir un master de chimie pour décrypter la composition ! C’est grâce à toute cette simplicité, cette authenticité, qu’on a réussi à créer une petite communauté de consommateurs et plus qu’une communauté, des vrais ambassadeurs, qui vivent nos événements et partagent des moments exceptionnels avec nous.

On dit souvent que se lancer dans une aventure entrepreneuriale à deux, c’est un mariage. Comment expliques-tu le succès de ce duo ?

Oui c’est vrai, c’est s’associer pour le meilleur et pour le pire. Le succès de leur réussite, c’est une solide amitié, avec beaucoup de confiance et de transparence. Il faut savoir dire non mais aussi savoir prendre des risques quand il le faut. Michel et Augustin se soutiennent énormément : Augustin a des projets toujours plus farfelus chaque jour, Michel, lui, gère plutôt les finances de la boîte. C’est la complémentarité : Michel et Augustin ont deux profils très différents et se complètent dans toutes leurs missions, dans toutes les caractéristiques intrinsèques à l’entrepreneuriat. Ils sont passionnés, ils aiment l’humain, le contact, apporter des choses et partager des moments agréables avec les gens qui les entourent.

Vous avez réussi à créer un univers de marque à 360 degrés, où le consommateur est au centre de votre stratégie. Vous êtes d’incroyables marketers n’hésitant pas à mouiller le maillot au cours de campagnes de wild marketing et ce pour pas un sou. Peux-tu nous dire comment vous mettez cela en place ?

Nous souhaitons faire vivre à nos consommateurs des expériences inédites qui respectent trois choses : le savoir-faire pâtissier, la sympathie et la joie de vivre.

Nous avons adopté un ton décalé sur l’ensemble de nos canaux de communication. Nous jouons sur l’humour et voulons être toujours au plus près de nos consommateurs. Cela est pleinement assumé par le choix d’une charte graphique colorée, un logo aux style enfantin et un ton résolument amical.

Augustin a toujours eu comme principe « agitez votre imagination, pas votre porte-monnaie ». C’est en partant de cela qu’ils ont vu dans le packaging un territoire d’expression et de communication incroyable : jusqu’à présent, ça reste le premier outil de communication de Michel et Augustin. Le packaging est réajusté tous les ans en fonction des actualités et des « nouvelles trublionnades ». Mais tous nos produits conservent la promesse de base : des produits authentiques, fait-maison et conçus avec des ingrédients de qualité.

Ce que nous voulons, c’est offrir aux consommateurs des expériences inédites, fun et décalées. C’est pourquoi l’un de nos piliers de communication reste la création d’événements, comme notamment la chasse au chameau dans les rues de Boulogne-Billancourt.

La culture d’entreprise de la marque est aussi un facteur clé de communication pour Michel et Augustin. Vous êtes des types cool qui bossent dans une boîte cool et qui créent des produits cool. Mais au-delà de cette personnification, comment c’est de bosser chez M&A ? Il me semble que l’intrapreneuriat est très présent chez vous non ?

Michel et Augustin, c’est une boîte géniale où l’on peut vraiment s’épanouir. Il y a toujours une super ambiance parce que tout le monde y met du sien. On travaille tous d’arrache-pied parce qu’on aime notre entreprise et qu’on veut l’emmener très loin. Et quitte à ne pas compter ses heures, autant le faire dans une super ambiance.

Michel et Augustin, c’est aussi 88 employés, du chef du secteur à la logistique, en passant par la comptabilité, les responsables communication, etc. C’est ensemble que nous construisons l’aventure Michel et Augustin. Chez nous, le mot d’ordre c’est la liberté d’expression : on peut tous être porteur de projet et ce n’est pas parce que tu es au pôle logistique que tu ne pourras pas soumettre ton avis au pôle R&D…

On n’est pas très nombreux dans l’entreprise et on a tous des agendas chargés. Donc ce que l’on cherche avant tout, c’est des gens sympas, débrouillards, dynamiques, malins, souriants et qui ont la joie de vivre. Nous passons énormément de temps tous ensemble, c’est important d’avoir des affinités personnelles. Et ce n’est pas pour rien que la valeur fondatrice de l’aventure Michel et Augustin c’est l’amitié. On ne cherche pas le CV ou bien la compétence absolue. Nous, on cherche des gens passionnés, engagés, très sérieux et hyper proactifs, qui souhaitent se construire à travers l’entreprise. Michel et Augustin nous donne les bons codes pour être de bons entrepreneurs.

Toujours soucieux de vos consommateurs, vous vous êtes donné une casquette de « centre de formation de pâtissiers », une très belle initiative de partage et de gourmandise. Toi aussi tu comptes passer ton CAP Pâtisserie bientôt ?

Oui, nous sommes plutôt uniques au monde pour cela ! Nous invitons nos salariés à se former dans un autre domaine que celui de leur emploi dans la boîte, afin de développer une expertise dans notre cœur de métier, la pâtisserie. Nous avons des cours directement à la bananeraie tous les lundis soirs, de la théorie et de la pratique. Et pour les trublions lyonnais, nous passons nos épreuves en mai prochain !

A terme, nous aimerions être la première entreprise de biscuits dont tous les salariés seraient titulaires d’un CAP de pâtissier !

Et au-delà des salariés, nous donnons également une chance à nos consommateurs, à condition bien sûr qu’ils soient passionnés par la pâtisserie et déterminés à passer leur certificat. Il faut qu’ils aient un réel projet de reconversion professionnelle ou de recherche d’emploi. Et c’est pourquoi nous organisons chaque année en septembre un concours pour trouver un nouvel apprenti. Et l’heureux élu gagne une année de formation de 78 heures en pâtisserie avant de passer en juin l’examen officiel du certificat d’aptitude professionnelle (CAP).

Le concept « Bananeraie », c’est le nom que vous avez donné à vos bureaux et ce n’est clairement pas anecdotique. Ce lieu de travail pour vos trublions est surtout un moyen énorme de fidéliser vos consommateurs et de benchmarker à mini prix et ce sans « focus group ». Ici, pas besoin de glace sans tain ni de questionnaires, les consommateurs se lâchent et dégustent avec plaisir…

Oui c’est nos bureaux, un lieu vraiment agréable où on aime y travailler, mais comme tu l’as dit c’est surtout un lieu d’échange, de passage, où chaque consommateur peut venir pousser la porte et apporter sa touche personnelle. Tous les premiers jeudi de chaque mois, on ouvre nos portes à plus de 600 personnes dans le but de faire déguster tous les produits déjà existants de Michel et Augustin et les nouveautés en avant-première afin que nos consommateurs puissent donner leurs avis, tant positif que négatif, pour que nous puissions optimiser nos recettes.

Au lieu de dépenser beaucoup d’argent dans des campagnes médias, nous avons voulu aller voir nos consommateurs, du moins les inviter à venir nous voir et c’est ce qui a donné les bananeraies. On souhaite vraiment comprendre leur façon de consommer, les spécificités du bassin de consommation, afin que nos recettes soient toujours plus délicieuses.

La famille Pinault raffole de vos biscuits. Comment vois-tu le futur de Michel et Augustin maintenant que vous avez à vos côtés la holding Artémis ?

Nous exportons nos produits dans 26 pays et cette année avec un gros focus sur les États-Unis. On a ouvert dernièrement une nouvelle bananeraie à Brooklyn dans le but d’aller vendre des cookies dans le pays du cookie.

La prise de participation d’Artémis chez Michel et Augustin  nous a permis d’internationaliser la marque. Nous ne voulons pas seulement vendre nos produits à l’export, nous voulons créer une véritable aventure dans ces pays, notamment au travers de Bananeraies.

Quel est ton parcours chez Michel et Augustin ?

J’ai rejoint la grande famille Michel et Augustin lors d’un stage de fin d’étude, j’étais chef de secteur de toute la partie Ouest de Paris. Je suis ensuite passé par plein de métiers différents : j’ai été commercial, j’ai travaillé dans la logistique où j’ai mis en place un nouveau canal de distribution « M&A distribution ». Et puis un jour Augustin m’a dit : « Écoute je sens que tu as un dynamisme énorme pour booster l’entreprise, alors écris-nous un projet et s’il tient la route, on le développera ». J’ai alors travaillé sur la casquette de la marque, qui était encore très parisienne et j’ai voulu revaloriser la région en développant un concept de bananeraie. Le projet lui a plu et c’est pourquoi nous avons ouvert une bananeraie à Lyon : la capitale française du goût était pour nous la ville parfaite pour une nouvelle implantation.

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneuriale ?

Soyez audacieux, croyez en vos projets, n’écoutez pas vos proches très souvent sceptiques. Il n’y a pas de mauvais projets, il n’y a que des bons projets : même si ça n’aboutit pas, on apprend beaucoup de ses échecs.

Essayez de faire des choses simples mais faites-les de manière exceptionnelle. Ça ne sert à rien d’attendre la bonne idée, il faut se lancer et la travailler et c’est comme cela que l’idée deviendra bonne.

Sachez vous entourer, c’est la clé du succès : tout seul, on ne va pas bien loin.

Et enfin, surtout, croyez en ce que vous êtes. Ça ne sert à rien de tricher avec la personne que l’on est. Soyez le plus humble possible, avec le plus large esprit possible, et voyez loin.

L’entrepreneuriat est important chez Michel et Augustin, venez-vous en aide à des jeunes entrepreneurs ?

Oui c’est notamment pour cela que nous avons lancé les « Boire une vache avec… », des conférences où l’on donne la parole à un entrepreneur ou une personnalité publique qui intervient sur une problématique qui lui tient à cœur. A Paris, nous avons déjà accueilli Fleur Pellerin, Cédric Villani, Frédéric Mazzella, Pierre Kosciusko Morizet… et à Lyon, des personnalités davantage locales avec notamment Gregory Cuilleron, Bruno Rousset. Le 28 avril prochain, c’est Christophe Fargier, le fondateur de Ninkasi, qui nous fait l’honneur de venir boire une vache.

Nous entretenons une relation privilégiée avec les jeunes entrepreneurs. Par exemple, nous prêtons une partie de nos bureaux de Paris à des jeunes entrepreneurs qui n’ont pas de locaux pour travailler. Nous aidons et accompagnons pédagogiquement des entrepreneurs. Nous souhaitons nous entourer de jeunes dynamiques, afin de cultiver la folie entrepreneuriale qui nous est propre et chère.

=> Retrouvez le site internet de Michel et Augustin ici.=> Retrouvez nos autres interview et nos articles business ici

Entrepreneuriat – Lepermislibre

L’heure est plus que jamais au « sharing »! La mise en relation simplifiée de professionnels et de particuliers, ou de particuliers entre eux, gagne encore du terrain. Après les succès d’Airbnb et de Blablacar (qu’on a interviewé ce mois-ci), on assiste à la naissance d’un petit nouveau tout droit sorti de l’ancienne capitale des Gaules, Lepermislibre. C’est dans l’esprit de deux jeunes lyonnais, Lucas Tournel et Romain Durand, qu’a germé l’idée d’appliquer ce principe de partage au permis de conduire. L’Hurluberlu a interviewé l’un d’entre eux pour mieux connaître leur concept, leurs motivations et ce qui les a poussés à entrer dans le monde de l’entrepreneuriat.

Entrepreneuriat – Lepermislibre

Si ses études ne le prédestinaient pas à monter un tel projet, Lucas affirme qu’en les terminant, il ne pensait qu’à créer son entreprise. Cette idée novatrice lui est venue en discutant avec Romain des contraintes financières et logistiques croissantes que rencontrent les futurs candidats au permis de conduire. En découvrant progressivement les rouages de cet examen, ils se sont aperçus qu’il y avait de nombreux moniteurs indépendants désireux d’augmenter leur nombre d’heures de cours de conduite et que, parallèlement, les moniteurs affiliés à une auto-école avaient parfois des vides dans leur planning hebdomadaire. Nos deux entrepreneurs ont ainsi compris qu’il fallait mettre en relation ces moniteurs avec ces élèves et inversement.

Le concept est simple. La plateforme en ligne permet de mettre en contact des futurs candidats au permis de conduire et des moniteurs sans passer par une auto-école, faisant l’économie d’une démarche parfois longue et coûteuse. Chacun des protagonistes bénéficie d’un espace dédié sur le site. En achetant un « Pack candidat libre », l’élève est directement mis en contact avec un moniteur qui s’est préalablement inscrit dans l’espace réservé à sa qualité. Lepermislibre se charge de la mise en relation par l’échange des coordonnées. Dates et lieux sont ensuite convenus entre l’élève et le moniteur.

Si le gain de temps et l’économie de logistique sont évidents, Lucas se défend de faire de la concurrence aux auto-écoles. S’il a par ailleurs monté une auto-école en ligne comme d’autres ont pu le faire, son concept en est parfaitement indépendant. Lepermislibre regroupe en réalité deux activités: le concept de mise en relation évoqué plus haut et une auto-école en ligne. Le segment de marché sur lequel se sont positionnés les deux entrepreneurs est inédit. Il s’agit en réalité d’une double idée. La première est d’utiliser le temps libre des moniteurs d’auto-écoles et de faciliter le travail de recherche des moniteurs indépendants. La seconde vise à simplifier les démarches des candidats libres au permis de conduire. Tout ceci sans empiéter sur l’activité séparée d’auto-école. Globalement, certains y gagnent et d’autres n’y perdent pas.

Lorsqu’on lui demande s’il a dû faire face à certaines contraintes, Lucas reconnaît ne pas en avoir rencontrées d’insurmontables. Outre les démarches administratives nécessaires au démarrage de son activité et la création du site internet qui concernent toutes les jeunes start-up, la législation relative à son concept est inexistante. De plus, les lois et règlements propres à l’activité d’auto-école ne l’empêchent pas de développer ce nouveau concept.

Pour justifier de leur bonne foi, bien que leurs diplômes universitaires les en dispensaient, Lucas et Romain ont pris le temps de suivre la formation nécessaire pour devenir gérant d’auto-école. Si celle-ci n’était pas indispensable dans le cadre des deux activités de la start-up, l’acquisition de connaissances spécifiques à ce milieu leur a été particulièrement bénéfique; l’objectif étant de mieux comprendre leurs interlocuteurs, d’améliorer leurs connaissances du marché et certainement de rassurer les plus sceptiques…

Lepermislibre fonctionne depuis un mois et les premiers cours de conduite ont déjà eu lieu. Lucas ne pense pas avoir assez de recul pour évoquer un succès mais il ne s’interdit aucune projection. Il nous explique que malgré son implantation à Lyon, les moniteurs proviennent progressivement de régions plus éloignées. Son objectif serait, à terme, de se faire connaître à travers tout l’Hexagone et de couvrir par conséquent l’ensemble du territoire. Ainsi prévoit-il prochainement de lever des fonds afin de développer sa communication et surtout de commencer à embaucher du personnel. Il ne compte pas ses heures et ne ressent pas la fatigue. Il aime ce qu’il fait. Il vit son projet à 200%.

Nous lui avons demandé quelles étaient les qualités requises pour un entrepreneur. Là encore, Lucas fait preuve de prudence et met en avant son manque de recul. Outre l’ambition qui demeure un fil conducteur, il souligne la nécessité de bien savoir s’entourer.

D’autres projets ? Il ne sait pas mais il ne se ferme aucune porte. En attendant, sa start-up, qui vient tout juste de démarrer le moteur, semble être prête pour un sacré road trip!

Rejoignez la page Facebook Lepermislibre ici sur laquelle chacun peut se tenir informé de l’actualité de la start-up et visiter virtuellement ses locaux dans le centre de Lyon !