Réussir son gala sans gamelle en 3 étapes

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GALA : CONSEIL AUX CANDIDATS :

C’est la fin de l’année, les oiseaux chantent, le soleil brille, les fleurs vacillent avec la douce brise d’été. Bref, c’est bientôt les vacances. Vos examens sont bientôt finis ou peut-être déjà terminés. Mais avant de pouvoir aller faire du farniente tout l’été sur la plage en reluquant les faux mannequins qui arborent tranquillement le sable chaud, il vous reste peut-être une dernière épreuve : Le gala de fin d’année. Et pour ne pas risquer un rattrapage dans ce domaine, je vous propose une petite révision pour le réussir sans gamelle.

1) Choisir la tenue adéquate

Si vous voulez déjà pouvoir obtenir la moyenne à l’épreuve du gala, ne commettez par l’affront de confondre « gala » et « bal ». Pour une grande majorité des écoles organisant un gala, celui-ci ressemble aux autres soirées organisées par le BDE avec pour seules particularités les habits des convives et la qualité des boissons distribuées. Ainsi, vous devrez choisir votre tenue en conséquence. En effet, il est si vite arrivé de faire un petit tour dans le fumoir avec votre camarade un peu trop éméché qui vous troue le pantalon de costume avec sa cigarette brulante. (Même si le mieux reste d’arrêter de fumer bien sûr). Pour éviter ce genre de déboires, si vous devez acheter une tenue spécialement pour l’occasion, il est recommandé de jeter un petit coup d’œil sur l’étiquette.

Les filles, à ceci peut s’ajouter la longueur de votre robe si vous aviez prévu une longue tenue. Imaginez une magnifique longue robe de bal que vous avez payé l’équivalent d’un demi salaire qui traine au final dans l’alcool et autres fluides qui jonchent le sol.

2) Savoir danser

Une fois habillé comme un véritable tombeur avec les cheveux coiffés, la chemise boutonnée et la cravate correctement nouée (c’est à dire aligner le bas du grand pan avec niveau de la boucle de la ceinture), on peut bien se dire que vous n’avez pas fait tous ces efforts pour, finalement, sauter bêtement sur la pointe des pieds en levant un bras. C’est alors que vous apprendrez à danser pour coordonner votre tenue avec vos actes.

Pour ce faire, pourquoi ne pas essayer de danser avec un balai dans votre chambre. En plus, cela plaira à votre compagne, colocataire, mère ou toute autre personne vivant avec vous, de vous voir manier un balai. Vous pouvez aussi utiliser votre ami en ligne de toujours qu’est Google pour rechercher le nombre de pas associé à chaque danse, comment reconnaître une danse à son rythme, mais là nous rentrons dans quelque chose de plus technique réservé à ceux qui visent la mention.

Pour ceux qui ont pris l’option « drague » à l’épreuve du gala, je pense qu’il est inutile de le rappeler mais mieux vaut prévenir que guérir : vous aurez des points bonus si vous maîtrisez l’art de Billy Eliott vous permettant de valider les deux épreuves d’une seule traite.

3) Se respecter soi-même

Ce dernier point est facultatif mais peut faire la différence entre les bonnes copies et les très bonnes copies. On vous l’a répété maintes et maintes fois, la conclusion est importante et permet de se démarquer et il en est de même pour les exercices pratiques.

De plus si vous ratez ce point, vous risquez de dégrader tous vos efforts précédents. Un verre de trop et c’est la tenue qui finit tachée d’une couleur variable à l’odeur nauséabonde et des danses qui ressemblent plus à la maladie de Parkinson qu’au traditionnel slow ou au bon vieux rock’n roll.

Nous ne le rappellerons jamais assez, ceci est une épreuve et non un concours. Donc, merci de ne pas ruiner le travail des autres candidats en leur renversant le contenu votre verre sur leurs tenues que ce soit de manière manuelle… ou orale.

J’attends de vous des excellents travaux et espère ne pas voir de lecteurs fidèles à Hurluberlu.fr aller aux rattrapages et gâcher le début de leur été.

Bonne chance à tous les candidats.

MOOC, What is that?

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Si vous avez plus de 20 ans, il est très probable que vous vous souveniez de l’avant internet, d’avoir joué inlassablement sur le minitel familial, d’avoir cherché des mots dans un Robert et d’avoir entendu le bip infernal des premier modems ADSL. Si vous avez plus de 20 ans, vous vous faites forcément la réflexion régulièrement, que tout a changé tellement vite et que les discussions qu’aura plus tard notre génération avec celle de nos enfants seront parfois lunaires.

On n’arrive même plus à faire la liste de tous les changements que le web a engendré année après année, parmi eux : la gratuité de certains produits. L’industrie musicale est la première à s’être pris un sacré KO 2.0. Acheter un disque est presque devenu un acte militant tant il est rare pour beaucoup de consommateurs aux bibliothèques iTunes pourtant bien garnies. Piratage semble aujourd’hui être un terme disproportionné pour désigner le self-service musical qu’offre internet, même ma mère télécharge gratuitement, tout est dit.

L’accès à l’information et au savoir ultra-démocratisé est également un pas de géant redevable à l’ère numérique. Si il faut relativiser l’idée selon laquelle l’avènement de Wikipédia et du Smartphone font des êtres connectés des personnes plus cultivées que leurs parents (des chercheurs de l’Université Yale ont prouvé que les utilisateurs d’un moteur de recherche finissent, à la longue, par se croire plus érudits qu’ils ne le sont), il est impossible de ne pas s’émerveiller devant la base de donnée infinie de connaissances qu’est internet.

Et le MOOC qu’est ce que c’est ?

Une des dernières révolutions en marche porte le nom de MOOC, à savoir : Massive Open Online Courses. Il s’agit de cours en ligne dispensés par des professeurs certifiés, à l’aide de webcam, à un grand nombre d’étudiants et de façon gratuite. Le système ne se contente pas de dispenser des leçons, les inscrits peuvent, tels de vrais étudiants, passer une certification à la fin de leur module (qui souvent dure plusieurs mois). Si les cours sont toujours gratuits, la certification est parfois payante, à un prix évidemment faible en comparaison à un semestre universitaire.

Les MOOCs gagnent en crédibilité lorsqu’il y a deux ans la prestigieuse université de Stanford décide de rejoindre le MIT dans son Open Courseware initiative. Depuis, la tendance a été suivie par un bon nombre d’universités parmi lesquelles les américaines Harvard, Berkeley et Columbia.

Si le système tend à se développer plus rapidement chez les anglo-saxons, surement en raison du prix moyen de l’université dans ces pays, la France n’est pas en reste avec notamment la plateforme France Université Numérique, dont la liste d’écoles partenaires comprend des noms tels que Science Po, Polytechnique, l’ESSEC ou encore Centrale.

Alors demain contracter un emprunt pour étudier sera-t-il obsolète ?

La qualité de certain MOOC pourrait nous en convaincre. Les cours de Coursera et TedX sont réalisés presque exclusivement par des professeurs renommés issus du milieu académique. Egalement, et particulièrement pour les étudiants anglophones, les MOOC recouvrent à peu prêt l’intégralité des thèmes qu’il est possible de trouver à l’université. Tous les MOOC fonctionnent de manière différente mais beaucoup d’entre eux comprennent la réalisation d’exercices pratiques « TD » comme c’est le cas dans l’enseignement traditionnel.

Lorsque l’on sait qu’un étudiant américain finit son cursus universitaire avec un emprunt de 26 600 dollars en moyenne, le MOOC apparait comme une réponse d’avenir.

De plus, étudier de chez soi est aussi adapté à un grand nombres d’étudiants à travers le monde pour lesquels l’accès à l’Université n’était pas possible car trop loin de leur domicile familial et incapables de payer un logement dans la grande ville la plus proche.

Sans conteste ces modules online incarnent un idéal démocratique en terme d’études. En revanche dire qu’il s’agit du futur de l’enseignement relève de l’utopie.

La première limite est la crédibilité du diplôme et ses faibles chances de donner accès à un emploi. Pour les recruteurs la valeur de la certification est un problème. Les examens étant faits en ligne du domicile de l’étudiant, aucun contrôle n’est possible pour lutter contre les fraudes et de ce fait le diplôme a une valeur très faible. Autre problème : les exigences sont extrêmement variables d’un MOOC à un autre. Il n’est par exemple pas nécessaire d’avoir suivi certains MOOC pour réussir l’examen. Face à cette hétérogénéité de niveau, et le manque de repère attestant de leur sérieux, ces diplômes sont des lignes peu impactantes sur un CV.

Ensuite il semble que l’absence de cadre universitaire et d’investissement économique de la part des étudiants n’encouragent ni à l’assiduité ni à la réussite. La plupart des modules sont abandonnés avant la fin par 90 % des inscrits. Ce chiffre doit faire relativiser le nombre impressionnant de personnes inscrites à travers le monde. N’étant ni encouragées par des professeurs, des groupes d’étudiants ou sous la pression d’un effort financier, beaucoup de participants abandonnent, trop absorbés par d’autres priorités.

Alors très certainement, il n’est pas possible de mettre sur un même plan ces nouvelles méthodes avec l’enseignement traditionnel. Mais le constat est-il pour autant que ces modules sont bons à jeter ?

Leur utilité est peut être plutôt à rechercher du coté d’un public de professionnels, déjà en poste, à la recherche d’une actualisation de leurs connaissances ou d’un degré supplémentaire dans leur spécialisation. Un bon nombre d’actifs curieux en font déjà l’usage. Le système leur étant particulièrement adapté car n’ayant que faire de la certification final, les MOOCs sont intégralement gratuits pour eux.

Alors les études en ligne avec les MOOCs ?

En résumé les MOOCs sont à prendre pour ce qu’ils sont : une des nombreuses opportunités qu’internet offre pour s’informer et se former, mais limité par sa gratuité. Leur avenir en tant que rivaux des grandes écoles et universités est du moins envisageable, en acceptant de participer financièrement, même de façon modérée, à cette formation ; des examens de validation avec une surveillance pourraient être mis en place, les diplômes pourraient être valorisés et ainsi une alternative crédible aux études couteuses pourrait exister.

Si peu de choses finalement nous séparent de l’enseignement du futur.