Anticipation, science-fiction : 6 films + livres extras !

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L’Avenir & la science-fiction.

Il fait rêver, souvent trembler, quelquefois espérer, mais toujours il inspire. De nombreux auteurs de science-fiction ont envisagé divers futurs pour notre Humanité. Il faut avouer que le sujet laisse un champ de possibilité infiniment vaste car, comme chacun le sait, l’Humain est la bête la plus imprévisible du règne animal.

Certaines des œuvres en la matière se distinguent toutefois par le fort réalisme du futur qu’elles annoncent. J’ai tenté de réunir ici les livres et films qui m’ont le plus frappé par la haute probabilité de l’avenir qu’ils envisagent.

Les pessimistes

Le Meilleur des Mondes, Aldous Huxley

 

Ce roman écrit par l’auteur britannique Aldous Huxley dans les années 30 est l’œuvre fondatrice de la littérature d’anticipation. Ce genre littéraire se distingue de la science-fiction en proposant une société située dans un futur relativement proche du temps présent.

De fait, Le Meilleur des mondes est une dystopie prenant place au milieu du XXIème, soit un siècle après sa rédaction par Huxley, dépeignant le portrait d’une société mondiale parfaite où la maladie, la guerre et la faim ont disparu de la surface de la Terre. Toutefois, ce monde d’apparence merveilleuse repose sur une réalité qui l’est bien moins…

Les naissances sont industriellement contrôlées et planifiées en fonction des besoins, le sexe n’a pour unique but que la satisfaction du désir quel qu’il soit, la société est strictement hiérarchisée en différentes castes dont l’allure physique des membres reflètent leur statut social. On y déteste la laideur aussi bien que la vieillesse, et la principale valeur promue par l’Etat Mondial est la recherche du bonheur immédiat par le biais d’une consommation outrancière…

On pourrait presque se demander s’il ne s’agit pas d’une troublante prophétie plutôt que d’une simple dystopie, n’est-ce pas ?

Mad Max : Fury Road, George Miller

 

Bien que d’apparence simple, ce film post-apocalyptique est en réalité très subtil. Après avoir été ravagée par les conflits nucléaires, la Terre est désertique, sans ressources et les humains, gangrénés par les radiations, s’entredéchirent pour la survie. Jusque-là rien de nouveau, je vous l’accorde.

Toutefois, une société très tribale s’est construite, basée sur le contrôle de l’eau, du carburant, des véhicules et des « pondeuses ». La légitimité de ses chefs repose, certes sur la violence, mais également sur le respect d’une mythologie improbable, véritable syncrétisme unissant croyances scandinaves, civilisation romaine, féodalisme, et société de consommation occidentale.

Même si vous ne portez pas les films d’action dans votre cœur, je vous conseille vraiment de le visionner, ne serait-ce que par curiosité, mais aussi parce qu’il est à mon sens le futur le plus probable de notre espèce.

1984, George Orwell

 

L’histoire de ce fameux roman d’anticipation publié en 1949 se déroule, sans surprise, en 1984, soit trente ans après un conflit nucléaire ayant permis l’ascension d’un régime policier et totalitaire exerçant une censure massive sur la population. Les comportements et pensées de chaque individu sont contrôlés et surveillés à tout moment par le très célèbre « Big Brother », la société est déconstruite jusqu’à sa langue et chaque aspect de la vie est conditionné par une propagande constante visant à sacraliser le régime et son leader.

Bref, un super bouquin à offrir en cadeau à notre ami Kim Jong Un.

Matrix, Larry et Andy Wachowski

 

Si vous ne connaissez pas, regardez-le. C’est tout.

Les optimistes

Fondation, Isaac Asimov

Cette saga du Père de la science-fiction a été rédigée initialement dans les années 40 sous forme de nouvelles, compilées en 1951 pour former le premier titre de cette épopée stellaire. L’intrigue se passe 15 000 ans dans le futur, l’Humanité a colonisé toute la Voie Lactée mais a oublié la Terre, reléguée au rang de mythe créateur sans réel intérêt. La Galaxie est dominée par l’Empire Galactique dont Hari Seldon prédit l’inexorable chute. Mais Hari Seldon est loin d’être un prophète illuminé. Au contraire, c’est le fondateur de la « psychohistoire », science qui a pour but de prédire le comportement de groupements humains en usant d’outils statistiques ultra-performants.

Grâce à cette science, Seldon annonce la fin de l’Empire et les 30 000 ans de barbarie qui s’ensuivront avant l’avènement d’un Second Empire plus vaste et plus puissant que le premier. Afin de limiter l’anarchie à seulement 1000 ans, il met alors en place le Plan Seldon dont la première pierre est l’instauration d’une Fondation sur la planète stérile et reculée de Terminus, chargée de recueillir tout le savoir de l’Humanité…

A travers Fondation, Isaac Asimov propose une réflexion aussi profonde qu’intéressante sur le libre arbitre, le caractère cyclique des civilisations et l’évolution.

Equilibrium, Kurt Wimmer

 

L’histoire se déroule en 2070, en Libria. La Terre a (une fois de plus) été dévastée par les conflits atomiques de masse. Afin de ne plus jamais revivre une telle apocalypse, les quelques survivants décident de fabriquer le « prozium », substance destinée à annihiler toute forme de sentiment ou d’émotion, ceux-ci étant jugés responsables des massacres perpétrés tout au long de l’histoire.

Une société ultra disciplinée et insensible est ainsi mise en place. Celle-ci est organisée autour du culte du Père, garant de l’administration du « prozium ». Tout ce qui est susceptible de susciter des sentiments chez l’Humain est méthodiquement détruit par les Ecclésiastes, agents d’élite formant le bras armé du Père. De cette façon, la paix absolue est assurée entre les Hommes. Ou presque.

En effet, il existe les « déviants », ceux qui refusent de prendre la dose de « prozium », rassemblés pour former « l’Underground », sorte de résistance qui tente de sauver les œuvres d’arts et lutter contre le régime du Père.

Ce film est malheureusement peu connu du grand public mais il en vaut vraiment la peine. La réflexion n’est pas forcément aussi pointue quand dans Fondation ou le Meilleur des Mondes, mais Equilibrium a le mérite de faire réfléchir sur ce qui fait réellement l’Humain, dans le meilleur comme dans le pire.

Les Fils de l’Homme, Alfonso Cuarón

Au delà des délicieuses références à Pink Floyd, ce film est riche d’allusions à de nombreux aspects de notre société actuelle. Ici pas de cataclysme nucléaire, en tout cas pas a priori. L’histoire débute le 16 novembre 2027, toutes les femmes de la planète sont devenues stériles et le plus jeune être humain vient de mourir à l’âge de 18 ans. Le chaos règne au sein de cette Humanité vouée à disparaître en moins d’un siècle, faute de naissances.

Ce film est particulièrement poignant. Il expose sans détour la détresse et l’anarchie d’une société sans but, sans espoir, sans avenir, bref sans enfants. Je vous le recommande.

Cette liste est évidemment loin d’être exhaustive et j’espère vous avoir donné envie de voir ou revoir certaines de ces œuvres.

Sur ce, que la Force soit avec vous !

Le monstre qui n’a pas aimé Vice Versa, c’est moi.

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Rares sont les films aussi biens accueillis par la critique et par le spectateur, 4,7/5 par les critiques et 4,4/5 par les gens devant l’écran sur Allociné. Le baromètre américain Rotten Tomatoes lui offre même 98%.

Avant de commencer, un léger résumé du film: Riley est une fille dont les actions sont dictés par 5 personnages tout mignons représentants les émotions puis c’est le bordel et ça finit bien. Cette corvée du résumé terminée, on va attaquer le gros du sujet.

Suis-je un monstre sans âme qui n’a pas apprécié ce si splendide film d’animation ? Non et oui.

Il est très clair que le film de Pete Docter est une réussite, la musique est excellente, la technique d’animation est maîtrisée (la patte Pixar) et les doublages sont parfaits aussi bien pour Inside Out que pour Vice Versa.

Cependant, ce qui rend ce film si bon selon les puristes, c’est la portée psychologique et le double sens qui touche les adultes et les enfants. Soit je ne suis pas fini et, malgré deux visionnages du film, je ne vois que la portée basique de ce film qui n’est destiné qu’aux enfants, soit du haut de mes 19 ans je ne peux plus apprécier les films enfantins et je ne suis pas assez expérimenté pour comprendre la portée plus adulte de ces mêmes films.

Le second « mais » est plus général :

– Si la simple présence du sarcasme rend le film adulte, la mémoire vous est bien courte mes amis. En effet il est impensable de faire un film pour enfant avec un humour d’une simple bassesse, ce serait dégoûtant et usant. De plus l’humour n’est pas le point fort, hormis les gags répétitifs à répétition et le sarcasme gentillet qui apparaît de temps en temps, ce n’est pas la grosse marrade.

– Dans la liste contenant les pourquoi du comment, le film n’a aucune portée adulte. Le scénario est d’un basique, aucune surprise, il y a un grand trou où si tu y vas ça craint, bingo ils vont dedans, un labyrinthe gigantesque, et hop 1h de film dedans. C’est pas si important en soit, mais l’absence de réflexion que pourrait offrir un scénario différent, grâce à l’animation qui laisse libre court à l’imagination, me rend mauvais au plus haut point.

Pour conclure, Vice Versa n’est pas nul, mais c’est assez énervant de faire d’un film très bien réalisé techniquement et un chef d’oeuvre psychologique alors qu’il ne l’est a priori pas.

En parlant de chef d’oeuvre si vous avez l’honneur d’avoir vu le court métrage Lava, vous êtes fort chanceux, et si vous avez l’occasion de le voir, vous serez forts chanceux.

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Cinéma – Dans l’oeil de la finance

Comme le veut la tradition, pour Noël on s’offre des cadeaux. Ce mercredi 25 décembre, le réalisateur américain Martin Scorsese  a livré le sien ; son dernier film : « Le loup de Wall Street » (avec la sulfureuse Margot Robbie). Un bio pic de 3h sur l’ascension fulgurante de Jordan Belfort (interprété par Di Caprio), petit courtier chez LF Rothschild en 1987, star de Wall Street et de tous ses excès fin 1993. Entre-temps, en 1989, il aura créé Stratton Oakmont, une firme de courtage qui lui valut, moyennant des méthodes moralement douteuses, d’amasser en très peu de temps une fortune considérable. On y retrouve les thèmes favoris du réalisateur, l’argent, le sexe et la drogue, mais non pas au milieu des gangsters et autres mafieux comme à son habitude, mais dans le milieu très fermé de la finance.

Un monde qui fascine autant qu’il terrifie ; point d’orgue de la campagne de François Hollande en 2012, il continue pourtant  d’attirer bon nombre d’étudiants  français qui voit dans ce mode de vie un eldorado. L’objectif ultime pour celui qui veut toucher du doigt la consommation sans limites. Car finalement ce que l’on connaît du monde de la finance, outre les faits divers tragiques,  c’est le cinéma qui nous l’a appris.

Petit tour d’horizon des films consacrés au monde impitoyable des requins en col blanc.

Le + authentique : Wall Street 


Impossible de parler de films sur la finance, sans mentionner Gordon Gekko, le personnage culte incarné par le grand Michael Douglas dans Wall Street sortie en 87 ce qui lui vaudra l’oscar du meilleur acteur l’année suivante. Histoire d’un jeune gars interprété par Charlie Sheen tout fraichement sortie de l’université qui va se confronter à la dure réalité du monde de la finance. Pour la première fois, le spectateur est plongé face à la rudesse des marchés financés où les relations humaines sont régies par les profits et les pertes.

 

Le + réaliste : Capitalism, a love story  


Lorsque la crise des supbrimes a frappé l’Amérique puis le monde en 2008, le héros moderne de la veuve et de l’orphelin, Michael Moore se devait d’agir pour dénoncer les malversations des banques américaines. Ce qu’il fit très bien avec ce documentaire-choc qui alterne questions économiques et notamment celle de savoir comment la cupidité a été la cause d’une crise financière sans précédent qui a causé à des milliers de foyers américains de se faire exproprier de leurs logements familiaux. Mais qui pose aussi une question bien plus politique qui est de savoir si l’on peut être catholique et capitaliste à la fois, et qui est conclue non sans une certaine dérision que « l’on ne peut pas être à la fois un capitaliste et un chrétien, parce qu’on ne peut pas en même temps aimer son argent et aimer son prochain ». Un film à regarder avec un certain recul lorsque l’on connaît les penchants quelques peu extrémistes de Moore, mais qui tout de même a le mérite de taper là où ça fait mal, dans le porte-monnaie de l’Amérique : à Wall Street..

Le + français : Krash

Romance fantaisiste d’un banquier d’affaires à New-York qui invente une recette magique pour contrôler la bourse, à la clef beaucoup d’argent, des femmes et du succès. Une ascension fulgurante emmenée par un Gilles Lellouche quasiment bilingue qui se plait à se prendre pour le maitre du Monde avant que celui-ci ne le ramène à la réalité. Pour dire vrai, ce film n’a rien de légendaire, mais parce qu’il est français on se devait de vous en parler.  Pas une grande œuvre, mais qui a le mérite de divertir un lendemain de fête trop arrosée.

Le + drôle : Un fauteuil  pour deux 


Eddie Murphy et Dan Aykroyd au sommet de leur gloire pour une comédie n’hésitant pas à surfer sur les clichés. Un jeune cadre chargé des investissements dans une banque d’affaires de Philadelphie et un afro-américain débrouillard, mais fauché, vont échanger leurs rôles pour les besoins d’un pari. La recette est déjà vue, mais le résultat est là: on se bidonne bien !

http://www.youtube.com/watch?v=ZjDbJQKDXCY

Le + « Kerviel » : Trader

La banqueroute de la banque Barings par les agissements d’un certain Nick Leeson. Cette histoire vraie,  portée par un très bon Ewan MC Gregor est le triste destin  d’un trader qui a eu plus grands yeux que grand ventre et qui finie par faire couler sa compagnie, par des mises spéculatives trop importantes. Cette mésaventure n’est pas sans rappeler le revers de manche qu’a essuyé un certain Jerome Kerviel ancien trader pour la Société Général qui a été condamnée en appel en 2012 a 5 ans de prison et au remboursement des pertes subies par son employeur soit 4,91 milliards d’euros. Comme au Tour de France, tout le monde triche, c’est un fait et tout le monde le sait, seulement parfois on se sent obligé d’en prendre un pour faire l’exemple. Kerviel est à la finance ce qu’Armstrong est au cyclisme : la goutte de trop qui fait déborder le vase, et Trader en est son illustration.

Le + crapuleux : Les initiés 

En Droit,  le délit d’initié consiste à obtenir une information confidentielle sur une société pour faire des opérations à son profit, sur les titres ou actifs concernés, avant que l’information ne devienne publique, entraînant alors une baisse ou une hausse des cours de bourse. Un délit pénal répréhensible de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 1 500 000 euros en droit français. Dans le film, Giovanni Ribisi et Vin Diesel   donnent la réplique à Ben Affleck dans un voyage aux limites de la légalité.  Histoire assez simple de jeunes gars qui sont payés pour vendre des parts de sociétés imaginaires avant qu’ils ne se rendent compte qu’ils œuvrent pour une entreprise aussi immorale que rentable. Un choix devra se faire chez nos jeunes protagonistes. Entre quête de la richesse et idéal de vie, les Initiés pose la question que tous les jeunes devraient se poser lorsqu’ils rentrent sur le marché du travail : suis-je prêt à gagner beaucoup d’argent au détriment de toutes mes valeurs ?

http://www.youtube.com/watch?v=4N3vcLeX3bg

Le + dramatique : Arbitrage 

Derrière les manias de la finance, il y a avant  des Hommes. C’est ce que montre Arbitrage un film avec dans le rôle principal Richard Gere, un business man de la finance qui doit vendre la société familiale dont il a truqué les comptes tout en échappant à la police, qui veut l’inculper du meurtre accidentel de sa maîtresse. Un drame quasiment Cornélien, qui montre l’humanité d’un homme que la finance a abêtie.


Le + futuriste : Cosmopolis 

Eric Packer a réussi dans la vie : courtier reconnu, il se pavane en voiture de luxe en plein New-York. Pour lui, la vie du commun des mortels ne s’apprécie que de loin. Pourtant, lors d’une visite présidentielle, il se retrouve, comme tout le monde, bloqué dans les embouteillages, contraint de traverser la ville à vitesse réduite. Peu à peu, autour de lui, le chaos s’installe. Le golden boy, qui présente des traits paranoïaques et égocentriques, commence à croire que son univers s’effondre. Pire, il est maintenant persuadé que quelqu’un est là, dans la population, prêt à l’assassiner. Il se méfie de tout le monde et perd de plus en plus le contact avec la réalité… Rôle taillé pour Paterson, Eric Packer est l’illustration même de ce gamin qui a été coupé du monde par l’argent et la réussite. Vivant dans un paradis ultra protégé, il se retrouve le temps d’une nuit confronté à la misère de la vie réelle. Un film sur la finance un peu spécial, mais qui ne manque pas de piquant !

Le + réaliste : Inside a Job

La dépression mondiale, dont le coût s’élève à plus de 20 000 milliards de dollars, a engendré pour des millions de personnes la perte de leur emploi et leur maison. Au travers d’enquêtes approfondies et d’entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace l’émergence d’une industrie scélérate et dévoile les relations nocives qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire. Narré par l’acteur oscarisé Matt Damon, le film a été tourné entre les Etats-Unis, l’Islande, l’Angleterre, la France, Singapour et la Chine. Oscar 2011 du Meilleur Documentaire que la rédaction vous recommande vivement.

Le + juridique : Cleveland contre Wall Street 

Le 11 janvier 2008, Josh Cohen et ses associés, avocats de la ville de Cleveland, assignent en justice les 21 banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville. Mais les banques de Wall Street qu’ils attaquent s’opposent par tous les moyens à l’ouverture d’une procédure. Finalement le procès n’aura jamais lieu, mais le cinéaste suisse  Jean-Stéphane Bron décide de refaire en huit clos, l’acte manqué. Résultat il plonge le spectateur dans l’histoire d’une crise mondiale et de ces conséquences locales.

Avec ça vous êtes désormais fin prêt pour affronter le monde de la finance avec un œil nouveau.

J’avoue, je boycotte Birdman

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Et j’ai une bonne raison !  

 

Voilà, c’est dit. Je fais la sourde oreille dans les dîners, je hausse les épaules quand on me demande ce que j’en pense, je détourne les yeux des affiches. Bref, je boycotte Birdman. Et je vous avoue que c’est loin d’être facile vu que c’est le sujet de conversation culturel incontournable de ces dernières semaines après la 87e cérémonie des Oscars qui s’est avérée être relativement intéressante (merci Neil).

Pourquoi tant de haine, me direz-vous ? Détrompez-vous tout de suite, ce film est un chef-d’œuvre, loin de moi l’idée de le nier. Mais dans le combat de David contre Goliath, j’ai toujours eu un faible pour David. Vous êtes en train de deviner le fond de ma pensée. Oui, je m’attendais au sacre de Richard Linklater pour son travail sur Boyhood.

Comparer les deux films est très difficile à mes yeux puisque je considère Boyhood comme un exercice totalement inédit et unique – à l’exception de la trilogie Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight, toujours de l’excellent Linklater, qui nous racontait l’histoire d’un couple avec 9 ans d’intervalle entre chaque film. Il n’est pas vraiment question de considérer Boyhood comme meilleur que Birdman, ce dernier étant, je le répète, un excellent film. Mais le bijou de finesse qu’est Boyhood méritait à mon avis mieux que l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Patricia Arquette (extraordinaire par ailleurs).

On a déjà beaucoup parlé de ce film et de son concept si particulier et si vous ne l’avez pas déjà vu, courez-y. Si vous avez vécu dans une grotte au cours des quatre ou cinq derniers mois, voici une piqûre de rappel. Le réalisateur, Richard Linklater donc, a tourné pendant douze ans le même film, en organisant des périodes de tournage de trois jours par an, pour élaborer la chronique d’une famille américaine à travers le regard d’un enfant, Mason (excellent et totalement inconnu Ellar Coltrane).

On observe donc les personnages grandir, vieillir littéralement. Mason a 6 ans au début du film, ses parents viennent de divorcer et sa mère se retrouve seule avec sa sœur et lui. Au fil des années, le spectateur le voit mûrir, subir les beaux-pères successifs (et calamiteux), devenir un jeune adulte plein de promesses. Et autour de lui gravitent son père, au début géniteur légèrement irresponsable qui se mue en chef de famille, sa sœur, qu’on a plaisir à observer pendant les années de gloire de Britney Spears, et une galerie de personnages secondaires attachants et terriblement réalistes. On s’amuse également de voir avec quel talent Linklater a su capturer des moments emblématiques de la dernière décennie, la première GameBoy, le premier Mac.

Et on ressort de ce film ravissant en se disant que Richard Linklater nous a offert 166 minutes extraordinaires grâce à un travail de longue haleine que nul autre n’avait envisagé auparavant. Iñárritu est-il moins méritant ? Non, mais on est en droit de regretter qu’un film produit par Fox Searchlight Pictures et donc par 21st Century Fox ait le dessus sur un film indépendant produit par la société du réalisateur. Mais quand on s’intéresse de près à la mécanique des Oscars, l’issue des votes n’est pas si surprenante.

Découvrez Boyhood ici et Birdman là

PS : Si tu es d’accord, partage en cliquant ci-dessous et levons un boycott ensemble !

Cinéma – The Amazing Spiderman, l’araignée qui envahit la toile

Même si vous n’avez pas commandé votre Happy Meal la dernière fois que vous avez mangé McDo, vous n’avez pas pu passer à côté de l’énorme campagne de communication mise en place pour la sortie du dernier Spiderman. Sorti le mercredi 30 avril, il s’agit du 5ème opus de la saga, après les 3 premiers films réalisés par Sam Raimi et après le premier « The Amazing Spiderman » réalisé par Marc Webb.

« The Amazing Spiderman : le destin d’un héros », ou Spidey 2 comme l’appellent les fans, nous raconte donc (encore une fois, une fois de trop ?) les aventures de Peter Parker, photographe de profession et homme-araignée à ses heures perdues. Comme dans le premier film, il est interprété par Andrew Garfield. Il se retrouve confronté à Electro, mi-homme mi-ampoule, interprété lui par Jamie Foxx, seule grosse figure du cinéma américain, qui joue son rôle de méchant à la perfection (et c’est malheureusement le seul…). Spiderman va devoir sauver la ville en l’affrontant, le cœur déchiré par un amour impossible (non non, ce n’est pas Twilight pourtant). Bref, vous l’aurez compris, il n’y a pas de quoi casser 3 pattes à un canard avec ce scénario, surtout que The Amazing Spiderman cible de plus en plus les jeunes.

Que ce soit dans les traits des personnages très caricaturaux ou dans les touches d’humour un peu trop « facile ». (probablement pour mieux vendre les produits dérivés: on note notamment un passage parfaitement bien encadré par le marketing lorsqu’un enfant, fan de Spiderman se lève en travers du méchant en collant rouge et bleu)

Une communication massive

Si le film a fait parler de lui, c’est avant tout pour le plan de communication massif qui a entouré sa sortie. Le budget communication n’est pas connu, mais il doit occuper une grosse part dans les 230 millions d’euros (rien que ça !) qui ont servi à la réalisation et à la promotion du film. En France, on note notamment les nombreux passages télévisés dans des émissions comme 66 Minutes sur M6, ou encore au JT de 20h sur TF1. La communication se fait jusque dans les McDonald’s, avec la distribution de nombreux produits dérivés destinés aux enfants.

Evian s’offre les services de l’homme-araignée

Vous le savez certainement déjà, et si vous ne le savez pas je vais vous demander de sortir, mais la dernière campagne Evian s’est offert un invité de marque puisque s’agit de Spiderman (pas étonnant, autrement on ne vous en parlerait pas !). Evian conserve sa marque de fabrique version communication avec les bébés, et le héros est donc « babyfié », ce qui donne un résultat plutôt sympathique et une publicité qui plaît aux petits et aux grands, qui totalise à ce jour presque 20 millions de vues sur Youtube. On vous laisse en juger en la visionnant…

https://www.youtube.com/watch?v=pyV57QlGUGI

Une campagne d’affichage, simple mais efficace, vient s’ajouter au spot TV et tourne beaucoup sur le net en ce moment (voir couverture de cet article).

Le placement produits, vrai héros du film

A noter également une chose que vous avez peut-être remarquée si vous avez l’œil vif et que vous êtes un businessman dans l’âme, le nombre impressionnant de placements produits dans le film. Le film étant une production Sony, le smartphone Xperia I fait donc son apparition dans le film (et Spiderman s’offre aussi un petit passage dans le film publicitaire de Sony), Les plus grandes marques y passent, dont McDonald’s, Kellog’s, Bing, Kodak, … Les plus importantes sont mêmes répertoriées sur le site officiel du film. On en déduit donc que ce nouveau blockbuster reste avant tout un gigantesque coup commercial (même s’il rencontre bien moins de succès qu’attendue), pour le plus grand dépit des amoureux du 7ème art hollywoodien (si celui-ci existe encore).

Et pour ceux qui en redemanderaient, en 2016 est prévu la sortie de « The Amazing Spiderman 3 » (toujours avec Jamie Foxx, toujours pour le même film ?), et en 2018 de « The Amazing Spiderman 4 », mais « Spidey 2 » est toujours en salles si vous tenez absolument à le voir (un conseil, attendre la sortie en DVD (ou autres) ne serait pas du luxe, on dit ça pour vous).