Doit-on consommer 100% français ?

Quelle est cette drôle de nouveauté de vouloir sans cesse nous faire consommer français, ne sommes nous donc pas satisfaits de notre burger américain, de notre tee-shirt chinois et de notre café brésilien ?

Le « made in France » a été un argument massu utilisé par chacun des candidats à la présidence, au point de nommer un ministre du redressement productif s’habillant en marinière et présentant fièrement un blender, à la manière d’un Rodger Federer présentant le trophée de Wimbledon.
Nous pensions belle et bien avoir enfin enterré le débat, quand un jeune couillu : Benjamin Carle vient nous cueillir à même notre canapé, sur Canal + en montrant qu’il l’a fait; qu’il a vécu en 100% français pendant 9 mois. Cette question est désormais résolue car oui on peut vivre made in France, au risque de manger avarié (n’ayant pas de frigo), de surfer sur une tablette de cuisine et d’écouter Piaf en allant au boulot…

Courageux vous me direz, alors qu’en est-il ressorti de cette expérience ? Qu’il n’est pas décent et surtout profondément stupide de vivre made in France dans son intégralité.

C’est vrai consommer français, au moment de l’apéro, une bonne bouteille de côte du Rhône en main, le saucisson et le fromage sur la table, on se laisserait tous  tenter par l’expérience.

Mais est-il intelligent de fabriquer des téléviseurs, de l’acier ou encore des tee-shirt en France ?

D’abord il serait important de savoir ce qu’est vraiment le made in France. Ainsi, selon l’article 24 du Code des douanes communautaires c’est  « Une marchandise (…) originaire du pays où a eu lieu la dernière transformation ou ouvraison substantielle ». On s’aperçoit alors que le made in France ça ne veut pas dire grand chose.
Face à cette approximation, une entreprise privée a pu créer le « label origine France garantie », deux conditions sont ici à remplir : le produit doit être associé en France et plus de 50% de la valeur ajoutée doit être française.

Donc à votre calculatrice pour savoir si votre marinière, fabriquée à Brest, composée de fil Allemand, de teinte indienne et de coton français, est véritablement française…

Alors oui, on doit consommer français, c’est d’ailleurs vous qui le souhaitez à 78%. Car oui, vous estimez que ça va sauver l’emploi de Jean-Claude Duchenot, 58 ans, un ouvrier spécialisé dans la fameuse technique du cousu retourné travaillant chez J-M Weston.

Vous estimez qu’il a plus de savoir faire que Kim Nguyen 12 ans, un ouvrier Vietnamien qui travaille pourtant 50h par semaine pour 60$.
Vous justifiez ce choix par le fait que c’est plus écolo, que votre chaussure sera plus belle, vieillira mieux, que vous bénéficierez d’un bien meilleur service après vente et que c’est tout de même beaucoup plus chic et dans l’air du temps de consommer français.

Vous aurez, mes amis, à défaut de 100% français, 100% raison.

Le consommateur souhaite retrouver cette French Touch, ce savoir faire et cette image du beau produit.
Le producteur quant à lui peut se retrouver dans ce processus car même s’il est séquestré et ligoté dans son bureau quant il refuse d’augmenter le salaire de Jean-Claude, il peut en effet garantir un SAV de qualité, les frais de retour des produits seront en effet bien moins élevés, ses frais de transaction se trouveront diminués et comme c’est la volonté du marché, le label « France » fera augmenter ses ventes.

Mais vous alors vous me direz, est il important que Pierre Lecocq, surnommé Pierrot, continue de travailler dans les hauts fourneaux de Florange ?

Économiquement parlant OUI, Mais du point de vue du ménage ? Cela ne se justifie pas. On marche sur la tête en continuant à produire ce que Ardhendu Hamsa, un indien de 36 ans travaillant dans une aciérie en Inde produit de qualité équivalente et pour beaucoup moins cher.

Car nous ne le cachons plus, une entreprise en France subira une pression réglementaire et fiscale beaucoup plus importante que sa concurrente en Inde. On pourrait plus simplement rappeler que fabriquer en France coûtera au total 7 fois plus cher que de fabriquer en Chine. De plus le protectionnisme trop poussé nous rappellera de mauvais souvenirs soviétiques. Enfin l’entreprise pourra se demander si le made in France n’est pas une mode de bobo et qu’elle passera comme le bio…

Vous l’aurez alors compris, nous devons consommer français de manière intelligente. Vous devez consommer français dans les domaines dans lesquels nous excellons. Il faut garder à l’esprit que nous ne devons pas accepter de payer 3x plus cher pour un produit mieux fabriqué chez son concurrent étranger. Cela signifie tout simplement que vous devez continuer à consommer des bolides allemand, de la musique anglaise, des films américains ou encore des télés coréennes.

Car en effet, il semble que nous rigolions de manière un peu abusive de nous-même et cela dans tous les domaines, nous sommes de très mauvais commerçants d’un très bon produit. Le consommateur est une personne raisonnable, il doit avant tout être rationnel dans ses choix, je veux dire par là, qu’il doit consommer français pour ce que la France fait de mieux. De fait, il a été prouvé que lorsque Renault a souhaité monter en gamme notamment avec sa Velsatis, que cela a été un bide totale bien que fabriquée en France car le consommateur achète avant tout une image et l’image que renvoie Renaut ne leur permettait pas de se placer à un tel niveau.

Enfin ne confondez pas l’image France avec la fabrication française. Si la première ne cesse de se bonifier avec le temps comme un bon vin, la seconde doit faire sa place dans une société mondialisée où la concurrence extérieure est de plus en plus exacerbée.

Cependant, si vous-voulez consommer 100% français, on vous recommande quelques marques cools, qui font du « made in france« , beaux et malins, pour vous habiller des pieds à la tête.

Le tee-shirt des Fists et des Lettres de « Monsieur Tee-shirt » (17 euros)

Le sweat « Bachibouzouk » des Petits Frenchies (42 euros)

Docksides rouge pas Sebago (109 euros)

Alors, elle est pas belle la vie avec nous ?

Economie – Le « french bashing » est-il vraiment justifié ?

Citation

Le french bashing ou le dénigrement Français

C’est un sport national outre-Manche, depuis quelques mois, que de se moquer des français et surtout de la santé économique du pays.
Sans vraiment savoir pourquoi le pays des droits de l’homme  est devenu la risée des Anglo-Saxon, c’est le « french bashing ». Essuyant les moqueries douteuses  tantôt du  quotidien britannique The Economist  qui taclait la France à coup de Unes sanglantes (« La France dans le déni » publié en mars 2012, et « La bombe à retardement au cœur de l’Europe » en novembre de la même année). Tantôt par des  dossiers incriminants la politique économique du pays publiés par Netweeks au début du mois de janvier et qui sonne aussi bien qu’un plaquage haut lors d’un traditionnel crunch.
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Rajouté à cela, qu’aucun arbitre français n’a été sélectionné pour aller à la Coupe du Monde au  Brésil et que les agences de notation ne font que dégrader la note de la France (notamment Standard & Poor’s qui est passée de AA+ à AA en novembre dernier). On peut légitimement en déduire, que les Anglo-Saxons n’ont pas l’Hexagone en odeur de sainteté en ce moment.

Une politique de taxation maximum

Dans la sinistrose ambiante, la France n’est pas si mal lotie. Certes, elle reste à la traîne derrière l’Allemagne, qui a été portée par son redoutable secteur de l’exportation. Mais la France fait de meilleurs résultats que la plupart des autres pays européens. Et on ne parle pas seulement des pays frappés par la crise de la dette. La croissance française a dépassé celle de piliers de l’UE comme la Finlande et les Pays-Bas.
Cependant le virage adopté par François Hollande depuis  le début son quinquennat fut radicalement socialiste dans une tradition bien française ; qui est de dépenser sans compter et de taxer au maximum. En se complaisant à surtaxer les entreprises et les particuliers pour combler la dette, il n’a obtenu que l’effet inverse.  En effet fin novembre, le couperet est tombé; le produit des recettes fiscales s’établissait à 284 milliards au lieu des 287,5 milliards prévus, il  a donc une moins-value de 3,5 milliards d’euros d’enregistrée.  Paradoxalement le gouvernement a continué de créer de nouveaux postes de fonctionnaire, notamment dans le secteur de l’éducation, ne faisant qu’aggraver un peu plus la charge des dépenses publiques dans un pays qui compte déjà deux fois plus de fonctionnaires que son concurrent direct, l’Allemagne.
Les Anglo-Saxons ont  donc raison d’avoir des inquiétudes, car la politique économique de la France est désastreuse. Alors, on est, pour l’instant, encore loin du prix du litre de lait à 4$ comme l’affirmait la journaliste américaine, mais on est certainement sur la pente de la « déflation programmée« .

De quoi se mêlent-t-ils?

La vrai question n’est pas finalement de savoir s’ ils ont raison ou pas. Mais plus de savoir pourquoi les journalistes Anglo-Saxons  s’immiscent dans la politique économique du pays.
Est-ce que des éditorialistes du Monde vont demander à David Cameron pourquoi il a entrepris une croisade contre la pornographie sur Internet ou vont-ils s’indigner devant l’espionnage à grande échelle du NSA aux Etats-Unis?
La réponse est indéniablement oui, ils le font chaque année.
Les grands quotidiens français ne se ménagent pas envers la population et les moeurs américaines ou certaines politiques menées au Royaume-Unis. Pour s’en convaincre, il y a qu’à voir l’accueil qu’à réserver la presse française à la mort de Margaret Thatcher en avril dernier, c’est à peine si elle en a parlé. Lorsqu’elle a eu la courtoisie de lui consacrer un papier s’était pour l’affubler de tous les maux, à la manière du grand Renaud. Comble de l’arrogance française, François Hollande n’a même pas eu la décence  d’envoyer un ministre le représenter à l’enterrement.
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Deuxième raison de l’intérêt que peut avoir les anglais pour la politique économique français. C’est qu’ils sont directement concernés par la santé du pays. Tous les deux étant membres  actifs de l’Union Européenne, il est normal que les journalistes se posent quelques questions sur la mentalité ambiante qui règne en  Hexagone. La Rose a donc des raisons de piquer au vif le petit Coq, elle est même dans son bon droit.

Les politiciens  français en guise de seul réponse devrait faire profil bas et remobiliser l’économie du pays plutôt que de tenir des propos médisants (l’ambassadeur français à Londres a publié une lettre ouverte au Royaume-Unis pour défendre la France qui a bien faillie dégénérer en incident diplomatique). Comme au Rugby, rien ne sert de parler avec les Anglais, la meilleure des réponses se fait sur le terrain.. 

Vers un renouveau économique qui fera taire la critique?

Mais 2014 pourrait être une année charnière  pour la France qui redorerait son blason, si François Hollande se décidait, comme Mitterrand avant lui, d’opérer un virage économique de sociaux démocrate, c’est  à dire moins d’interventionnisme étatique pour privilégier le marché. Lors de ses vœux, le président a prophétisé que 2014 serait « une année des décisions fortes ». Il a dénoncé une fiscalité « trop lourde », mise en garde contre « les excès et les abus » qui plombent la sécurité sociale, proposé aux entreprises un « pacte de responsabilité » : une baisse des charges et du coût du travail en échange de créations d’emplois. En s’éloignant de la vieille gauche orthodoxe, il pourrait remettre le pays sur les railles comme on su le faire certains de ces anciens collègues notamment Tony Blair au Royaume-Uni et Gerhard Schröder en Allemagne, mais en est-il vraiment capable, là, est toute la question.

(Photo : The Economist)

 

Lire notre article sur le MADE IN FRANCE

Politique – la disparition de la diplomatie française

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Historiquement, la diplomatie française est toujours apparue comme un des fleurons français, une industrie politique capable de trouver des solutions aux contentieux internationaux touchant de près ou de loin la sphère d’influence de la France et de défendre ses intérêts géostratégiques à travers le monde.

Sans remonter au Moyen-Âge ou même à la Renaissance, la politique internationale menée par les Chefs d’Etat français successifs depuis 1945 s’est caractérisée par des positions souvent équilibrées, indépendantes et respectueuses des autres nations. La diplomatie française a, jusqu’à très récemment, généralement fait preuve d’une grande modération dans les positions à adopter face aux conflits internationaux. En témoignent les visites du Général de Gaulle en Russie et en Chine dans les années 1960, la mise en place d’une politique pro-arabe après la Guerre des Six Jours de 1967 et le refus d’une intervention armée en Irak aux côtés des Américains et des Britanniques en 2003.

Les dernières années ont malheureusement vu cette position historique de la France disparaître.

Quai d’Orsay

Le 17 mars 2009, un vote de confiance de l’Assemblée Nationale a entériné le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Cette date doit être évoquée car il n’est pas possible de dissocier la politique étrangère d’un pays et son appartenance à une organisation militaire aussi importante que l’OTAN. Outre son volet militaire, il ne faut pas oublier que l’OTAN est aussi dotée d’un volet économique important que les médias ont tendance à oublier. La réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN signifie par conséquent le rapprochement de sa politique étrangère avec celle des autres membres de cette organisation en tête desquels se trouvent les Etats-Unis.

Théoriquement, une telle alliance militaire ne devrait pas empêcher la France de s’exprimer et d’adopter une voie qui lui est propre, d’autant plus qu’elle fait partie de cette alliance. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir la symétrie ou plutôt l’alignement de la politique étrangère de Paris sur celle de Washington depuis 2011.

2011 est l’année de l’intervention en Libye. Si la France est apparue en tête de l’opération visant à évincer le Colonel Kadhafi du pouvoir – certainement pour des raisons qui nous échappent ou que les médias taisent -, une telle intervention n’aurait pu se faire sans l’aval des autres membres de l’OTAN, et des plus importants, à savoir les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Mais quel était l’intérêt de la France dans la destitution d’un dictateur qui parvenait malgré tout à maintenir un certain apaisement dans un pays composite et tribale? Le chaos qui règne actuellement en Libye montre l’erreur commise par ceux qui ont participé à cette opération. Ce pays pétrolifère et composé d’une population majoritairement alphabétisée et éduquée avait tout d’un partenaire économique correct pour la France.

Le chaos libyen

Les conséquences n’en sont que plus désastreuses. L’armement irréfléchi des rebelles libyens est la cause directe de la montée du terrorisme au Mali. Le Sahara est en effet une vaste zone d’échange sur laquelle règnent de nombreuses tribus, extrêment mobiles, qui étendent leur zone d’influence de l’Atlantique à l’Océan Indien. Le Président actuel n’a donc pas eu d’autre choix que de tenter de réparer les erreurs commises par son prédécesseur en lançant l’opération Serval. En outre, les désastres humanitaires en Libye et au-delà ont accentué l’immigration massive en Europe où les victimes des crises économiques successives n’avaient pas besoin de subir en plus les conséquences des erreurs de leurs dirigeants en Afrique.

Les interventions du Président François Hollande en 2014 ont fini d’achever l’image de la diplomatie française à travers le monde ou tout du moins de confirmer l’alignement de Paris sur la politique agressive de Washington.

En Ukraine, la France a suivi la politique de l’Union européenne qui suivait elle-même la politique de Washington. Elle a ainsi fait montre d’un manichéisme certain et d’une grande irresponsabilité en soutenant aveuglément toutes les composantes de l’opposition ukrainienne, dont certaines seraient dans un autre contexte largement blâmées, et l’ingérence grotesque des Etats-Unis par le biais de sponsors financiers. Au-delà des conséquences économiques néfastes pour l’Ukraine qu’une telle position peut engendrer, la France se met à dos un marché économiquement important qu’est celui de la Russie. Je rappellerai à nos lecteurs que le complexe militaro-industriel français s’épanouissait encore jusqu’à très récemment à travers de juteux contrats conclus avec les russes. Si l’affaire des Mistrals a été médiatisée, la presse tait les conséquences de l’embargo sur les matériels industriels militaires de haute technologie produits par des entreprises françaises.

Finalement, n’importe quel français doué de bon sens se demanderait pourquoi notre gouvernement se prive d’échanges économiques susceptibles de créer de l’emploi en France et d’améliorer un tant soit peu la situation économique de notre pays. La réponse tient essentiellement à des raisons géopolitiques. La crise ukrainienne est l’illustration de la volonté américaine de limiter et de réduire la sphère d’influence de la Russie, pays capable de peser comme un contrepoids à l’hégémonie américaine. La politique étrangère des Etats-Unis depuis 1945 s’est toujours caractérisée par l’existence d’un ennemi justifiant tous types d’ingérence, militaire ou économique. L’ennemi étant logiquement celui qui s’oppose à cette hégémonie, l’on comprend mieux pourquoi l’histoire nous présente des dictateurs plus démocratiques que d’autres. La France et le reste des pays de l’Union européenne sont pris dans ce conflit dans lequel ils doivent prendre parti sans vraiment avoir le choix tant l’influence de l’OTAN – des Etats-Unis – est prégnante. La diplomatie française n’a donc joué aucun rôle dans la crise ukrainienne. A contrario, l’absence de positionnement équilibré et réfléchi a fait passer la France et d’autres pays européens pour des vassaux n’ayant plus les moyens d’affirmer leur propre voie susceptible de défendre leurs intérêts. Le chantage politique que fait aujourd’hui François Hollande, sous la pression des Etats-Unis, à Vladimir Poutine, concernant la livraison des navires de guerre Mistrals construits par les français, finit de décrédibiliser la capacité de la France à honorer ses futurs engagements avec des partenaires étrangers.

Le manque d’indépendance de la France dans la crise ukrainienne

La question très actuelle de l’EIIL (Emirat Islamique en Irak et au Levant) parachève la fin de la diplomatie vertueuse de la France. Le conflit qui a opposé en Syrie ceux qu’on appelle « les rebelles » et l’armée régulière fidèle à Bachar Al-Assad a donné l’occasion aux occidentaux de faire preuve d’une grande ingérence dans ce pays. Ces derniers ont apporté leur soutien à une opposition soi-disant modérée qui s’est révélée ensuite être un magma composé de mouvements complètement différents dont certains versent dans le fondamentalisme islamiste. Ce soutien s’est traduit par la livraison d’armes payées directement par le Qatar et l’Arabie Saoudite. François Hollande a, à l’époque, donné son feu vert à une intervention des troupes françaises en Syrie aux côtés des américains. Lorsque Barack Obama a décidé de ne pas engager les troupes américaines, François Hollande a aussitôt fait volte-face. Où est passée l’indépendance de la France?

Le berceau de l’EIIL se situant en Syrie, qui peut encore croire que les fondamentalistes déguisés en modérés, financés hier par les occidentaux dans le but d’évincer Bachar Al-Assad, sont différents des fondamentalistes qui constituent aujourd’hui l’EIIL? Les médias taisent ainsi une faute et une véritable responsabilité des pays occidentaux dans la déstabilisation du Moyen-Orient. La France en fait évidemment partie. Des photos prises de membres de l’EIIL montrent certains d’entre eux armés de FAMAS, le fusil d’assault utilisé par l’Armée française. Pour ceux qui ne le savent pas encore, si le financement de terroristes islamistes n’a aucun intérêt pour le citoyen français, il permet toutefois de maintenir une zone tampon entre les deux puissances chiites que sont la Syrie et l’Iran. L’EIIL permet également de mettre la main sur les champs pétrolifères irakiens et de vendre du pétrole à bas prix à la Turquie et à Israël. Il permet enfin de déstabiliser une région proche du caucase et de provinces russophones, et de maintenir un réservoir de terroristes susceptibles d’aller désordonner l’ouest de la Chine. C’est donc un formidable atout pour des Etats-Unis qui souhaitent maintenir leur hégémonie face à la montée en puissance de pays comme la Russie et la Chine. Plus généralement, l’EIIL empêche la stabilisation d’une zone susceptible de voir se développer des puissances économiques qui, unies,  mettraient fin à la domination et à l’ingérence des Etats-Unis. La France se rallie ainsi à la cause d’un pays qui défend des intérêts sans véritables liens avec les siens. A l’heure de la crise économique, il n’est pas raisonnable de se priver de partenaires commerciaux pour des pseudo-raisons définies par quelques élites fanatiques.

Après l’énormité que le Président Hollande a pu sortir en expliquant que Bachar Al-Assad était un allié objectif de l’EIIL, il décide aujourd’hui de bombarder cette organisation qu’il a pu auparavant indirectement soutenir. Cette agression, si elle semble aujourd’hui nécessaire – à condition d’être utile -, conduit l’EIIL à inciter au meurtre de français. L’exécution récente d’un ressortissant français en Algérie n’est finalement qu’une conséquence de l’incohérence et de l’irresponsabilité qui règnent à l’Elysée et au quai d’Orsay depuis maintenant plusieurs années. Où est passée la diplomatie française? …

Hervé Gourdel

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