Histoire : Comment est mort Alexandre le Grand ?

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Avant d’entrer dans la postérité et de remplir aussi bien notre mémoire collective que les tombeaux les plus somptueux, les grandes figures du passé étaient, avant tout, des femmes et des hommes comme nous tous !

Cela semble a priori évident, mais nombreux sont ceux qui ont tendance à oublier que ces grandes personnalités mangeaient, dormaient, riaient et pleuraient.

Bien entendu, l’Histoire n’aime pas les héros humains. L’Histoire préfère les demi-dieux, les héros invincibles et les tyrans démoniaques. Elle aime distendre leurs vies et exagérer leurs traits au point de les déformer, voire de nous faire oublier qu’ils n’étaient que de vils mortels.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’Histoire n’aspire qu’à devenir Mythes et Légendes !

Hurluberlu s’en va donc vous narrer la véritable cause de la mort d’Alexandre le Grand, aussi peu épique soit-elle…

ALEXANDRE LE GRAND : Sa véritable mort.

Alexandre le Grand, dont la réputation n’est plus à faire, meurt le 13 juin 323 avant J-C dans des circonstances aussi tragiques que mystérieuses.

Pendant longtemps, les raisons de son décès sont restées relativement obscures. Bien que les sources fiables soient aussi nébuleuses que peu nombreuses, la plupart des faits relatés par les auteurs antiques se recoupent et ont permis de reconstituer partiellement le moment du décès.

Ainsi, le célèbre macédonien alors âgé de 33 ans, dans la force de l’âge et d’une constitution robuste, développe subitement une étrange pathologie qui aura raison de lui en quelques jours seulement. Au départ, il ressent une forte fièvre et éprouve de grandes difficultés pour manger et boire. Il est ensuite atteint de violentes douleurs, de toux fréquentes, de vomissements et alterne les phases de délires et de conscience. Cet état persiste environ quelques jours avant de provoquer son décès.

C’est ainsi que le maître de la moitié du monde connu s’éteint, laissant à sa succession un empire dont la carcasse encore fumante sera partagée entre ses plus proches lieutenants, et ouvrant par la même l’ère des Royaumes Diadoques.

Empire d’Alexandre et Royaumes Diadoques

LES THÉORIES DE L’EMPOISONNEMENT

Évidemment, les spéculations et théories sur le sujet ont largement eu le temps de mûrir et s’épanouir en plus de deux millénaires. Deux d’entre elles ont particulièrement été approuvées à travers les siècles :

La plus classique d’entre elle, la plus vendeuse, celle que tout le monde connait et à laquelle presque tout le monde adhère, consiste à attribuer le funeste sort d’Alexandre le Grand à un empoisonnement.

Il faut avouer qu’un empire s’étalant du Nord de la Macédoine aux rives de l’Indus en passant par le Sud de l’Egypte et par le Nord de l’Arménie avait de quoi susciter quelques convoitises… Mais au-delà de ces viles considérations politiques, il faut également admettre qu’une mort aussi foudroyante, chez un homme dont la force physique et la robustesse sont avérées, a tout d’un acte suspect. Et les suspects étaient nombreux.

Toutefois cette hypothèse a toujours été confrontée au fait qu’aucun des goûteurs d’Alexandre n’avait contracté le même mal…

« On accepte une coupe de poison de celui qui nous a offert 100 coupes de nectar » Proverbe indien

La plus ancienne théorie, moins intuitive, consiste à attribuer le décès du conquérant à une septicémie. Pourquoi ? Parce que la tradition antique grecque veut que les vainqueurs au combat célèbrent leurs victoires par de glorieux banquets où l’alcool coule autant à flot que le sang de l’adversaire.

Et Alexandre le Grand était plutôt le genre de guerrier qui gagne beaucoup. Il buvait donc… beaucoup ! Peut-être même trop, selon certains de ces proches. C’est pourquoi, des spécialistes ont envisagé l’idée selon laquelle l’ingurgitation massive d’alcool aurait conduit à un empoisonnement certes, mais « involontaire » cette fois.

Cependant, là encore, rien n’est avéré : l’empoisonnement du sang en raison de l’alcool aurait normalement dû provoquer une ou plusieurs cirrhoses avant de calmer les ardeurs du jeune guerrier. Or aucun texte ne relate de tels antécédents…

Le liquide idéal pour se liquider.

UN BIEN CRUEL DESTIN

La dernière hypothèse, très récente, beaucoup moins héroïque et reconnue par l’intégralité des spécialistes historiens comme médecins, consiste à affirmer qu’Alexandre le Grand est décédé à cause……… d’un insecte !

Une mouche anophèle, vecteur du paludisme.

En effet, le plus grand conquérant de tous les temps serait bel et bien mort suite à la fatale piqure d’un moustique anophèle, moustique qui lui aurait transmis le paludisme alors qu’il inspectait des marais.

Le plus ironique dans cette histoire est qu’Alexandre le Grand n’avait quasiment jamais été battu sur un champ de bataille, qu’il était en bonne santé jusqu’alors et qu’il envisageait même de diriger ses armées de l’autre côté de la Méditerranée. Voici une preuve supplémentaire de l’humour noir auquel aime tant se livrer le Destin.

Moralité : soyez à jour dans vos vaccins.

Histoire – Retour sur 1515

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Malgré un temps gris ce matin là, Reims paraissait lumineuse. Chaque bourgeois, chaque corporation avait pavoisé chacune des rues. Dans la cathédrale, s’avance seul, François, dans son costume de damas blanc, précédant de plusieurs pas les 6 pairs ecclésiastiques, portant l’ampoule, le sceptre et l’anneau royal. Puis viennent les 6 pairs laïcs, chargés de l’épée de Charlemagne, sa couronne, et de l’étendard royal. En ce 25 janvier 1515, François est sacré roi de France, c’était il y a 500 ans.

2015 est donc l’année François Ier : Demi millénaire du début de son règne (1 Janvier 1515), de son sacre (25 janvier 1515) de Marignan (13 et 14 septembre 1515), etc..

Son exercice du pouvoir est aux antipodes de son très lointain successeur, mais néanmoins homonyme. Nul besoin pour lui de se cacher sous un casque pour monter chez sa maîtresse afin ne pas être reconnu. Ses sorties galantes étaient au contraire assez tapageuses, et François, au moins avant son sacre, aimait courir la gueuse dans les hôtels borgnes des faubourgs de Paris. On raconte qu’une bourgeoise lyonnaise préféra se défigurer en plongeant la tête dans un brasier, plutôt que de succomber à ses charmes.

François et une maitresse

Le règne de François Ier va profondément modifier la France dans ses paysages, sa culture, sa position internationale.

Un roi bâtisseur :

Fini le Louvre modèle château de sable, place aux prémices du bâtiment que nous pouvons voir aujourd’hui (pyramide exclue). François 1er a modifié ou bâti bien des demeures royales : Chambord, rêve de chasse en partie inachevé, Blois, Amboise, Fontainebleau pour les plus fameuses.

Un roi de la Renaissance :

Marignan 1515, ok tout le monde connaît, en revanche Pavie 10 ans après, c’est comme le siège d’Alésia, la défaite de Crécy, ou le bus de Knysna : on préfère vite oublier. Bref les campagnes d’Italie ne furent pas un franc succès militaire. Mais en France, pour transformer des défaites en succès on est aussi fort qu’en gastronomie.

Ainsi, lors des dernières élections, le chef du gouvernement peut tranquillement expliquer, que même s’il a bien perdu, les autres n’ont pas totalement gagné, en tirant sur son Havane n°3.

François 1er noya l’amertume de la défaite dans la majestuosité des arts et rentra en France avec bon nombre d’artistes italiens dont le plus connu est Léonard de Vinci mais dont les plus actifs créèrent une des premières écoles de peinture en France sur le chantier du château de Fontainebleau.

Manu un soir de défaite électorale

Un grand chef d’Etat.

Que se soit dans sa diplomatie ou dans les affaires internes, il restera comme un grand monarque. Afin de parfaire l’unité du pays, il impose le français dans toutes les administrations. Il noue des alliances audacieuses : avec les luthériens de l’Empire germanique alors qu’il combat les protestants en France ou avec le musulman Soliman Le Magnifique alors que celui-ci menace l’Europe chrétienne. Mais le paradoxe de ce roi est d’avoir fait rentrer la France dans l’humanisme de la Renaissance alors que son règne s’achève dans les premiers étripages des guerres de religion.

Leonard présentant à la cour un projet non retenu par François 1er : le home cinéma couleur.

Pour approfondir sur ce personnage, il y a de nombreuses expositions à Paris ou ailleurs, tout au long de cette année, dont une notable à la Bibliothèque Nationale de France à voir jusqu’au 21 juin.