On aime, on partage: PhotoVice

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Chez Hurluberlu, il faut avouer que malgré nos airs de jeunes gens biens sous tous rapports, nous sommes majoritairement très pâtes au beurre, Simpsons, et chaussettes sales dans un quinze mètres carrés parisien; mais il faut surtout avouer que ce mode de vie, précaire en tout point de vu, est avant tout subit, et que comme tout à chacun, nous savons tout de même apprécier les belles choses.

Ainsi nous aimons, entre autres, l’art, l’entreprenariat et les gens passionnés !

C’est ce que nous avons trouvé en discutant avec Mircea Oarda, organisateur du concours PhotoVice.

 

PhotoVice, qu’est-ce que c’est?

PhotoVice est une façon concrète de promouvoir la photographie auprès d’un public le plus large possible.

Le principe est finalement assez simple, les organisateurs proposent 3 concours par ans via la plateforme PhotoVice; pour chaque concours, il y a un thème, un jury, des participants et des récompenses.

Ce concours permet chaque année à Photo Vice de proposer l’édition d’un livre d’art, ainsi qu’un grand vernissage réalisés à partir des photos de la douzaine de lauréats.
Le site mutualise ainsi contenu et récompenses et permet ainsi à de nombreux photographes, amateurs ou non d’être publiés, et relayés auprès d’un large public.

L’objectif de ce concours? La promotion d’artistes, la découverte de talents, mais aussi l’édition d’un livre qui paraîtra au printemps 2016.

Le concours proposé cet été par la plateforme a pour thème « Vie Privée » et offre pour l’instant au public une sélection d’une quarantaine de photos, d’une qualité exceptionnelle.
Ces photos seront soumises au jury, et aux internautes, afin d’en sélectionner une douzaine qui seront mises en avant lors du vernissage, ainsi que dans le livre proposé par PhotoVice.

 

 

L’agence Picabel à l’origine du projet…

Ce beau projet est une initiative de l’agence de photographie et de communication Picabel. En effet cette agence lyonnaise créée il y a deux ans, s’est spécialisée dans l’Image avec un grand I et est à l’initiative de jolis projets généralement en rapport avec son activité principale qui est aussi la passion de ses collaborateurs: la photo.

Ainsi, grand frère de PhotoVice, From Lyon, est devenu une référence internationale en terme de tourisme Lyonnais. Ainsi la plateforme, gérée sous forme de communauté, rassemble pour des reportages communs, un photographe et un rédacteur autour de leur passion pour la capitale des Gaules.

 

En bref, on a kiffé le projet, on croit en vos talents, du coup on partage!
http://photovice.com/
http://picabel.com/

Ci dessous: La sélection de la rédac parmis le grand nombre de photos de qualité.

 

 

Pâris Kyriakidis – L’ancêtre

Maxence Lebreux – After hour

Maxence Lebreux – Baudelaire

Julien Mouffron-Gardner – Montréal depuis la rue

Caroline Capelle Tourn – SOLITUDE

Benjamin Lalande -Intimité

Alexandre Villard – Mistresse

Les commandements pour être un mec stylé sur les réseaux sociaux ?

Notre société est devenue narcissique à grande échelle depuis que chaque personne a la possibilité de se prendre pour un homme des médias. Au milieu de cette quête permanente de la popularité digitale, l’homme moderne doit être capable de glisser le bon mot d’esprit ou la photo de vacances qui a la classe pour s’émanciper de cette grosse masse boueuse qu’est l’Internet. S’il vous arrive d’écrire des statuts Facebook du genre « aujourd’hui, j’ai descendu la poubelle et j’ai croisé mon voisin, il ressemble à Vincent Cassel » et que vos contacts vous répondent en cœur « j’aime ça », alors cet article est fait pour vous. Pour les autres, une petite séance de rattrapage ne fait jamais de mal.

Les commandements pour être un mec stylé sur les réseaux sociaux ?

Ne jamais, au grand jamais, se prendre en photo tout seul devant une glace et en faire sa photo de profil.

L’erreur est classique et pourtant si commune. Le gars fait un magnifique « selfie » dans l’ascenseur de son immeuble, parce que, fraichement  diplômé, il est apprêté pour son bal  de promo, il pense avoir du style avec sa bouche en cul de poule et le flash de son iPhone, qu’il a oublié de désactiver.

NON MON GARS, tu as juste l’air d’un gros blaireau qui n’a pas l’habitude de revêtir un costume et qui immortalise l’instant comme l’idiot du village qui fait des tours avec une Lamborghini de location sur la place Bellecour un mercredi après-midi, car lui non plus n’a pas l’habitude et veut épater la galerie.

 

Là encore, l’instruction paraît bidon,  mais combien de vos contacts Facebook, oublient de se dé-taguer  après leur soirée de fin de partiel ? C’était il y a cinq ans et jamais cette photo où il était saoul comme un régiment russe après la victoire de Stalingrad ne va ressortir… jusqu’au jour où

Surprise !! Il suffit d’un collègue de boulot un peu véreux pour que cette fameuse photo où il est déguisé en PO des Telettubies  avec un gros « quatre feuilles » dans la bouche, ne soit imprimée partout dans l’entreprise. Même les meilleurs se font pincer, puisque  Gaspard Gantzer, le directeur de communication de l’Élysée s’est fait « prendre » en train de fumer une cigarette magique, alors qu’il était en poste depuis moins d’une semaine.

Arrêtez de faire les zouaves, dé-taguez-vous de toutes les photos sensibles et BLOQUER votre compte à toutes personnes autres que vos meilleurs amis, un point c’est tout. (Encore que vos potes sont capables de garder des « dossiers » qu’ils attendront de ressortir à votre mariage, chienne de vie…)

Soyez apolitique.

On sait que le retour de Nicolas Sarkozy en politique fut vécu par les partisans de la droite française comme un signe annonciateur de joie dans la grisaille hollandaise. Sûrement aussi que quelques années plus tôt, les jeunes bobos plein de rêves avaient acclamé la venue de ce même François Hollande à qui ils tournent désormais le dos. Ainsi va la vie, et nous autres, les Français, fils de Montesquieu et de la Révolution avons en nous des velléités de grands discours et de combats politiques.

Mais, non, les réseaux sociaux ne sont pas une estrade pour fomenter de grands discours et ainsi exposer le Prieur de La Marne et autre Jean Jaurès qui sommeillent en nous. Cette remarque vaut aussi pour les écologistes ; lorsque l’on a comme principaux combats de prendre un vélo pour aller faire ses courses, de fermer le robinet en se brossant les dents et de trier ses déchets, il n’est pas vraiment nécessaire de le twitter au quotidien comme si on voulait absolument montrer à nos amis virtuels à quel point chic type nous sommes. Encore faut t-il savoir si on le fait pour nous et notre planète ou pour le montrer … !?

Entretenez son image publique

Facebook, Twitter et Instagram sont faits pour faire partager à la communauté Internet votre vie. Car oui, les réseaux sociaux sont bien là pour que vous ayez une vie publique. Ceux qui ne postent jamais rien et disent que c’est simplement un bon moyen de garder contact avec leur correspondant espagnol du lycée ou leur pote parti vivre en Australie ont tort.

Nous sommes la génération Y et qu’on le veuille ou non, il faut vivre avec son temps et internet en fait partie. Les réseaux sociaux sont un excellent moyen pour développer et fidéliser vos contacts. On ne dit pas là qu’il est nécessaire de poster toute la journée en restant cloitrer dans son appart afin de faire monter son « cloud » (sa côte internet). En revanche, entretenir et poster assez régulièrement permet d’être vue et maintenir ses contacts « actifs ». Donc de ne pas être oublié. Vos contacts vont alors penser à vous et vous appelez lorsqu’ils auront un plan susceptible de vous intéresser. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui aux personnes physiques ce qu’est un site internet pour une entreprise : de la visibilité pour se vendre.

Pour garder contact avec les gens et pour communiquer on utilise WhatsApp ou Skype, mais pas la conversation instantanée de Facebook, en tout cas, pas en 2014.

Il faut donc travailler son image, quitte à prendre dix à quinze minutes pour éplucher la toile et poster une photo/vidéo choper sur la page pute de Brain. (Bien sûr, les plus sérieux eux, décideront plutôt de poster des articles du Monde ou du Point pendant que les plus éveillé publierons des articles d’Hulubberlu)

Privilégier le post de photos aux statuts rigolos

C’est bien connu les actes valent mieux que les longs discours.  En matière digitale c’est la même chose, il faut toujours préférer la publication de photos aux statuts pour illustrer votre vie. Ainsi, si on va à Hong Kong, une photo de vous à votre première rencontre avec un grand maitre en arts martiaux vaut mieux que le post de votre destination en lettre capitale. Statistiquement, une photo sera plus virale qu’un simple post et si on y ajoute un filtre « sépia », alors là, c’est sûr que c’est le « buzz ».

Mais attention, la côte de popularité des photos postées varie beaucoup en fonction de l’âge, de la région et surtout du sexe.

  • De l’âge d’abord, parce que les jeunes d’aujourd’hui sont des « serial likers », toujours prêt à aimer tout et n’importe quoi. Comme à l’époque des « Skyblogs », c’est le marché aux puces de la popularité, ça monnaye les « j’aime » et les commentaires.
  • De la région ensuite, car il est plus facile d’être populaire sur les réseaux sociaux en campagne qu’en ville. Le théorème paraît complètement con, mais étant donné que la densité de population est plus importante dans un cas que dans l’autre, il est normal d’arriver à se faire plus vite une place sur la toile. CQFD
  • Du sexe enfin, car les membres de la gente féminine sont plus populaires que ceux du sexe opposé. Il suffit que ces dames publient une photo en maillot de bain pour que les « likes » affluent aussi vite que des lapins en Garenne. C’est valable sur tous les supports et parfois c’est complètement abusé. Notamment sur Instagram, où des nanas sont suivies par plus de 10k followers (rappelez vous le cas de Jen Selter) alors que nous, simple hommes modernes, multipliant les bons mots et les infos croustillantes,  nous n’arrivons pas à dépasser la barre fatidique des 500 followers. Voilà ce qu’est vraiment « l’inégalité des sexes ».

Être naturel

Même si les réseaux sociaux sont faits pour avoir une vie publique, il faut montrer qu’il y a justement une vie derrière l’ordinateur. Les gars « sur-connectés »qui vont jusqu’à souhaiter la « bonne nuit » sur Twitter laissent à penser qu’en dehors de leur vie digitale,  ils se sentent bien seuls avant d’aller au lit.

Pour conclure, il faut se dire qu’il faut être impeccable et honnête sur les réseaux sociaux, tout en connaissant leurs perversité. Ce n’est pas parce que l’on peut choisir ce que l’on peut publier, partager ou encore supprimer que nous devons nous inventer une vie.

Soyez digne et Internet vous rendra la gratification que vous méritez.

Dark Web : le côté obscur de la force Internet

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Tu te souviens de ce petit coin derrière ton collège ? Mais si, tu sais, là où tu  faisais tes premiers bisous avec la langue, cramais tes premières clopes, et quelques temps plus tard : fumais tes premiers joints … Ah oui, c’était « craignos » à souhait comme endroit. Tes parents avaient la conscience tranquille te sachant malmené par toute une équipe de tortionnaires , ta CPE traumatisait quelques-uns de tes camarades en salle de perm et tes professeurs se racontaient comment ils étaient parvenus à faire pleurer le petit Pierre, 12 ans, promulgué : roi des cancres, en salle des profs.  Continuer la lecture

Pourquoi Internet anesthésie la génération Y ?

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Checkpoint Charly : Les questions existentielles ou presque.

POURQUOI INTERNET ANESTHÉSIE (DANGEREUSEMENT) LA GÉNÉRATION Y ?

Le réveil sonne. Vous ouvrez les yeux mais vous ne voulez pas vous lever. Ça pique. Vous vous êtes encore couché trop tard. Il va falloir aller travailler et d’ici une minute, vous allez soulever votre couverture, avoir froid et courir pour atteindre la douche, ultime moyen de vous réveiller vraiment. Car jusqu’à présent vous ne l’êtes pas. Du moins pas complètement. Vous êtes plutôt un genre de zombie qui reprend soudain conscience de son existence (et oui, ce n’est pas toujours beau à voir). Mais la douche est encore loin et le réveil de votre smartphone probablement de type iPhone sonne toujours. Cette même sonnerie qui vous réveille tous les matins de la même manière résonne dans votre tête. Cela vous irrite, alors vous tendez le bras et atteignez votre téléphone chargé à 100%. Votre pouce glisse sur l’écran LCD et la musique s’arrête. Vous regardez péniblement l’heure, aveuglé par votre écran et vous imaginez une seconde le plaisir d’une grasse matinée défendue. « Et si ce matin, exceptionnellement, je ne me levais pas ? » Vous pourriez inventer une excuse formidable et vous replonger dans vos draps chauds, façon fajitas Old El Paso. Votre cocon adoré. Mais finalement non. La raison l’emporte. La grasse mat’ attendra… vivement le week-end prochain!

Alors c’est décidé, vous allez vous lever. Mais une petite chose vous retient encore. Un nouveau rituel qui rythme désormais vos matins. Votre iRéveil est encore dans votre main et vos yeux sont braqués sur la lumière de l’écran. Ils ont repérés un petit carré bleu avec des bords arrondis et un « f » blanc dessus. Ce carré vous le connaissez  par cœur. D’ailleurs il vous nargue toute la journée. Il titille votre cerveau ce carré bleu. Vous lui accordez toute votre attention, il est incontournable. Non, vous ne l’éviterez pas. Vous ne pourrez pas l’éviter. Sa force d’attraction est plus forte que vous. Le « quoi de neuf » qui n’engage à rien s’est métamorphosé en habitude. « Trop de mystères se cachent derrière cet icône ». Il devient alors impossible de ne pas cliquer dessus. Et évidemment vous ne faites pas la seule chose qui aurait pu contredire cette introduction avec panache, à savoir : jeter avec violence votre smartphone contre le mur en criant « JE T’EMMERDEEE FACEBOOK ! ». Raison numéro une : un iPhone ça coûte cher. Raison numéro deux : vous êtes addict. Bon, le « jeté de smartphone » est un peu radical, mais d’un côté une désinscription totale du réseau social à ce moment-là semble presque aussi surréaliste.  Alors non, vous ne faites pas ça. En fait, vous faites exactement l’inverse. Car à cet instant-là de manière quasi-instinctive, comme ça, sans réfléchir, la seule chose que vous faites, c’est cliquer. Votre doigt touche le coin de l’écran, espace où se trouve précisément notre fameux carré bleu. L’application s’ouvre. Vous voilà connecté au monde. La journée peut commencer. Le chargement s’effectue et vous scrollez votre page d’actualités. Ce que vous faites est vide de sens mais c’est devenu naturel. D’ailleurs vous vous en fichez pas mal de savoir si cela a un sens. Vous attendez la surprise. Vous espérez.  Peut-être qu’un message de séduction inattendu de la personne que vous convoitez secrètement va apparaître ? Ou alors la publication des photos de samedi soir que vous attendez toujours ? Ou peut-être 20 likes de plus sur votre nouvelle photo de profil ? (Ou même juste un ?)  Ou peut-être simplement voir si le monde tourne toujours rond ? Alors il y a des matins où vous êtes gâté. Vous avez votre lot de surprises et c’est une raison suffisante  pour commencer la journée du bon pied. Mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Parfois vous n’avez pas votre surprise. À vrai dire souvent.  C’est comme si la petite souris avait oublié de passer. En réalité, c’est juste le clic de cette dernière. Mais enfin, pour vous c’est pareil. Cela vous fait un drôle d’effet. L’effet d’un manque. Vos paupières sont lourdes. Rien ne se passe. Vous avez satisfait votre envie de cliquer, mais réalisez que cela ne vous suffit pas. Vous vouliez plus. Le pire étant de réaliser que vous ne savez pas quoi. Vous ne vous êtes pas levé que vous êtes déjà frustré. Le monde vous a parfaitement ignoré et le matin a un goût amer. En fait non. C’est plus flippant que ça, car le matin n’a pas de goût. Vous reposez votre téléphone. Un zombie se lève. Ce zombie c’est vous. Et c’est moi aussi.

Salut génération Y ! Le mois dernier, mon article portait sur les Geeks. Il inaugurait cette rubrique philosophico-sociologique-cool-new-wave en posant la question suivante : « Pourquoi les geeks changent le monde ? »  À travers ce questionnement existentiel ou presque, on parlait d’évolutions humaines, de technologies qui révolutionnaient nos vies et d’internet. Mais au-delà des machines, cet article était avant tout un hymne à l’imagination. Une ode à la créativité au service de l’Homme. Car c’est toujours ça la grande question : Nous. Mais quand l’article fut posté, j’ai réalisé que je n’avais pas tout dit. Et comme tout n’est pas blanc, j’ai eu envie d’explorer les zones d’ombres de notre génération Y, le côté obscur de l’Internet. C’est pour cette raison que j’ai envie de poser la question de notre relation à Internet. Après la force des Geeks, les failles d’un monde 2.0 et la boucle sera bouclée !  Alors si toi aussi tu penses que tu deviens un zombie moderne tape ZOMBIE au 8 32 32 et lis la suite, ça pourrait t’intéresser.

AVANT INTERNET.

Au commencement le Big-Bang. Le choc des matières. Une puissante lumière se propage dans le néant et laisse derrière elle une trainée de poussières cosmiques. Parmi elles, une planète peuplée de dinosaures : la Terre. Un astéroïde plus tard, grosse explosion, fin du délire Jurassic Park (à l’exception d’un certain Denver, le dernier dinosaure) et arrivée des mollusques. Théorie de l’évolution : les méduses se tapent les têtards qui se tapent des lézards et PAF ça fait des bébés singes. Enfin débarquement des extra-terrestre (les geeks ?) sur la Terre, qui finissent par s’enfiler les singes et REPAF ça fait des hommes de Cro-Magnon (des singes plus intelligents en gros… nos ancêtres). L’Homme est donc un animal faible mais plus clairvoyant que les autres. Il se sert de son cerveau pour devenir meilleur. Il découvre le feu, se sert de ses mains pour créer des outils et pour construire. Ainsi il fait l’amour et la guerre. Ainsi il fait l’Histoire. Il invente tout plein de trucs formidables tels que l’agriculture et les machines à vapeur. Il invente aussi des trucs inutiles (tels que la peinture, la poésie, la musique… bref l’Art) mais qui lui donnent un sentiment justifié d’intelligence et d’évolution. L’Histoire de l’Homme est fameuse, pleine de rebondissement et de profondeur. On voit passer des révolutions et des démocraties. Des crises économiques et des crises de colères. Du sexe et du Rock’n’Roll. Autant de choses qui donnent à la vie une putain de saveur. L’Homme est dans l’action et se sent plus vivant que jamais.

Vous l’aurez compris, il faut que j’arrête d’écrire bourré. Plus sérieusement,  il est évident que ce « résumé » de l’Histoire de l’humanité ne dit pas tout (et dit aussi beaucoup de conneries). Mais il a toutefois le mérite de guider ma pensée vers l’idée suivante : « le sentiment d’existence ». En fait l’idée qu’à travers son évolution périlleuse, le genre humain dans sa globalité et malgré ses nombreux défauts, avait une aspiration à la grandeur. Et comme sa quête de bonheur est longue et laborieuse, parsemée de pièges et de malheurs, quand il arrive au bout, l’Homme a vécu un vrai truc. Comme le dit l’adage « Ce n’est pas la destination qui compte, c’est la route ». En gros la vie est une montagne russe avec des hauts et des bas, mais où l’émotion prime sur tout. D’où ce « sentiment d’exister ». Mais ça c’était avant. Avant Internet.

Il y a eu un avant internet et il y a eu un après. Le « Avant-Internet » c’est la préhistoire de l’Homme moderne. Car quand l’Homme a découvert Internet, l’Homme à découvert le feu.

APRÈS INTERNET.

« Si Dieu a crée l’Homme, L’Homme s’est émancipé en créant Internet. »

Comme à la découverte de n’importe quel trésor, au début c’est l’effervescence. Comme un gamin qui déballe son paquet à Noël et découvre que le cadeau est encore mieux que prévu. Comme quand on trouve une idée géniale. Car c’était le cas : une idée géniale au potentiel énorme. Alors évidemment on s’emballe et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On fonce tête baissée dans le futur, joueur et insouciant, avec l’espoir que ce trésor nous apportera une vie meilleure. Dans mon article précédent, j’avais défini Internet comme tel : « La connaissance absolue. L’information immédiate. (…) En un clic, l’information fait le tour du monde, voyageant à la vitesse de la lumière. »  Formidable n’est-ce pas ? Mais cela sous-entend qu’Internet a une fonction bien précise de partage d’informations. Voilà ce qu’aurait dû être Internet : un outil pour l’Homme. Et j’insiste sur cette notion : un outil UTILE à la vie. J’emploie du conditionnel pour le définir mais la vérité c’est qu’Internet EST utile. Utile pour s’informer, écouter, voir, partager  ou encore communiquer. Aussi utile pour créer, pour entreprendre, pour troquer, pour voyager, pour se faire connaître, pour devenir trader et gagner de l’argent facilement ce qui permettrait ensuite d’augmenter la taille de son sexe et de baiser des filles moches, pour faire des rencontres, regarder des films en streaming, se faire un p’tit porno, apprendre la cuisine, réparer un téléphone… utile parce que tout est moins cher, j’en passe et des meilleurs. Bref UTILE.

Mais si j’ai employé le conditionnel pour le définir tout à l’heure, c’est parce qu’il y a un « mais ». Ou plutôt un « SAUF QUE ». Quand je dis « ce qu’Internet aurait dû être » sous-entend pour moi qu’Internet a désormais dépassé ce statut d’outil qui devait le définir. Internet est devenu plus qu’un outil, il est devenu un monde à part entière. Internet est génial MAIS nous en sommes devenus dépendants. Internet est utile SAUF QUE c’est devenu une addiction. En entrant dans nos vies, Internet est devenu notre vie. Sur la pyramide de Maslow, il y a les besoins fondamentaux (manger, dormir, respirer…) et juste après il y a Internet. Nous ne pouvons plus nous en passer car nous faisons partie de la définition : nous sommes des êtres connectés. Nous vouons désormais un culte total à notre smartphone connecté.  Notre nouveau Dieu s’appelle Internet et son premier prophète est Facebook. Le feu que l’on a découvert brûle les livres et nous consume tout doucement.

Et si en découvrant Internet nous avions ouvert la boîte de Pandore ? Et si Internet était notre fruit défendu ? Notre pomme empoisonnée ?

Un constat en quelques chiffres :

Nous sommes désormais plus d’1 milliard d’êtres humains connectés sur Facebook. 600 millions de membres accèdent au site depuis un appareil mobile. Chaque jour, les Américains de plus de 18 ans passent en moyenne 5 h 09 sur Internet, contre 4 h 31 en moyenne devant leur poste de télévision. Le temps passé sur Internet est en nette augmentation (15,8 %). En France nous passons en moyenne 1 heure par jour devant Facebook (un chiffre déjà énorme et qui a pourtant vocation à augmenter encore).

Un constat qui peut donc faire peur car en seulement une année le temps passé devant notre téléphone a littéralement explosé. Au bout du compte nous passerions 36 heures par semaine devant un écran ! On serait tenté de se demander si avec tout ça on prend le temps de se parler ? Les réseaux sociaux qui aurait dû nous rapprocher n’auraient-ils pas eu l’effet inverse ?

J’aimerais partager avec vous cette publicité Apple nommée « l’incompris », que vous avez peut-être vue au moment de Noël :

https://www.youtube.com/watch?v=v76f6KPSJ2w

Photo : pub Apple « l’incompris »

Le pitch est simple : Un adolescent passe toutes ses vacances de Noël sur son iPhone. Alors que sa famille pense qu’il s’ennuie et préfère sa vie virtuelle, il les filme. Le matin de Noël, il montre les moments d’émotions qu’il a captés, réussissant à émouvoir sa famille. Évidemment cela fonctionne à merveille. C’est plein d’émotions, on s’identifie et cela nous rassure. Mais la vérité c’est qu’avec ce spot, Apple tente de dédramatiser les jeunes passant leur temps sur leur iPhone et iPad. Je sais que les marketeurs et les publicitaires sont des malins (à vrai dire je les connais bien, j’en suis moi-même un), mais là ils ont fait très fort. Ils ont pris un coup d’avance sur ce qui est en train de devenir le sujet qui fait mal au business. Et c’est tellement bien utilisé, tellement au bon moment. Combien parmi vous on eu l’impression que ce Noël 2013 était encore plus connecté que les précédents ? Combien on eu le sentiment que cette année le téléphone était trop présent ? Notre famille est là et nous, nous sommes sur notre téléphone. C’est quand j’ai réalisé qu’il était temps de proposer un bon vieux jeu de société type Monopoly, pour que tout le monde (moi y compris) se déconnecte, que j’ai commencé à flipper. Cette pub Apple se sert de cette réalité (que l’on appelle « Insight » en publicité) pour nous faire déculpabiliser. Mais moi, j’ai peur. Alors pourquoi faisons-nous ça ? La réponse est simple : nous cherchons à fuir l’ennui. Sauf qu’en cherchant à fuir l’ennui, nous fuyons la réalité. Nous devenons malgré nous des No-Life (la version dark du geek).

Finalement nous nous centrons sur nous-mêmes et sur notre e-réputation. Sans nous en rendre compte, nous sommes devenus des zombies égocentriques (d’ailleurs « SELFIE » est devenu le mot de l’année au Canada). Bombardés par un surplus d’informations nous sommes au bord de l’overdose. Nous perdons notre temps en nous abrutissant devant de la « junk information » (les fameux articles du type « Les 10 trucs les plus cons que vous avez jamais vus »). D’ailleurs nous ne prenons plus le temps de lire. Nous préférons les tweets de 140 caractères aux livres qui racontent des histoires. Mais le pire du pire (« Pire2Pire ») c’est que la journée se finit exactement comme elle a commencé : devant son écran. Alors qu’il est 1 heure du matin, que vous êtes fatigué, la dernière chose que vous faites c’est checker une dernière fois Facebook avant de dormir. Votre quête de surprises s’achèvera ici dans votre lit. Vous branchez votre téléphone pour le recharger et là, enfin vous fermez les yeux. Les 6 ou 7 heures qui vont suivre vous dormirez. 6 ou 7 heures consécutives où vous ne serez pas devant votre écran. 6 ou 7 heures où vous pourrez enfin rêver. Je dis « vous », mais en fait je dis « nous ». Anesthésiés par notre téléphone nous avons oublié qu’Internet était un outil. Nous avons oublié de vivre.

Alors quelles solutions ? Pas évident. Mais commencer par une prise de conscience collective autour de notre consommation du web serait un bon point de départ. Tout ce que je viens d’écrire est un peu badant et j’exagère volontairement les traits de notre génération pour faire passer les grandes idées. Je ne suis pas un anti-internet, au contraire, je suis un geek dans l’âme et je penses que nous avons irrémédiablement besoin d’Internet pour faire évoluer le monde. D’ailleurs je suis persuadé que le web a encore de belles choses à offrir au monde. Acceptons le futur, mais n’oublions pas qu’Internet est avant tout et surtout un outil.  Et pour finir sur une note positive, régalez-vous devant cette campagne de pub’ géniale pour Le Mouv’, qui nous rappelle aussi que « Tout n’était pas mieux avant ».

Alors sortez de chez vous, faites la bringue, soûlez-vous la gueule avec vos amis ou des inconnus, faites l’amour, voyagez et vivez. Le Checkpoint Charly c’est fini pour aujourd’hui, mais on se retrouve dans un mois pour plein de nouvelles questions existentielles ou presque. Allez ciao bonsoir !

Je dédie cet article à la génération Y et à Hélène pour son aide précieuse. « TMTC Babydoll ».

 

La Revenge Porn, What The Fuck ?

Checkpoint Charly : Les questions existentielles ou presque. 

REVENGE PORN : WHAT THE FUCK ?  

Ou comment une nouvelle forme de vengeance entre les couples a explosé sur la toile américaine ? Dommages collatéraux supers chauds.

Septembre 2010.

Un smartphone vibre dans le noir.

« Je suis désolée de te l’apprendre comme ça, mais je préfère qu’on en reste là. Tu es gentil, mais je pense qu’on n’est pas fait pour être ensemble. Salut. Blair ».

Ce sont les mots qu’Alex lit sur son portable. Blair c’était sa copine. Cela faisait presque un an qu’ils étaient ensemble. Le temps s’arrête. Il est dépité. Sa gorge se noue et une boule affreusement amère remonte dans sa gorge. Il a envie de pleurer. Ses yeux aux bords des larmes sont braqués sur ce texto survenu de nulle-part. Mais à chaque relecture c’est la même chose : l’incompréhension. Et alors que le jeune californien s’apprête à écrire à son ex pour comprendre pourquoi elle le quitte par texto, son smartphone vibre à nouveau. C’est un MMS de son pote Clay : “ Tu devrais voir ça… ». C’est une photo de Blair qui embrasse un autre gars. Elle a l’air ivre et le mec tout droit sorti des Bruins, l’équipe de football de l’UCLA.

Oh la salope, pense Alex. Putain mais comment elle a pu me faire ça ?! Ça y est, Alex chiale. Il comprend que c’est la soirée à laquelle il ne s’est pas rendu ce soir. Il repense à la distance de ces derniers jours entre lui et Blair.  À vrai dire, il était loin d’imaginer qu’une malheureuse soirée suffirait pour tout bouleverser. Mais c’était le cas : une soirée, un SMS, une photo. Le tierce gagnant. Pour lui le scénario est clair : Blair venait de le trahir. Alors qu’elle le quitte sans explication, Alex réalise que son ex-copine le trompe. La haine le ronge mais le pire pour lui est de se sentir parfaitement impuissant. Ce soir Alex ne dormira pas. Seul dans sa chambre, il fait défiler les photos de Blair sur son téléphone. Chaque photo semble plus douloureuse que la précédente. Il renifle et avale ses larmes l’esprit confus. Mais alors que ses souvenirs avec elle se chamboulent dans sa tête, il tombe soudain sur une série de photos que les évènements récents lui auraient presque fait oublier. Des photos que Blair lui avait envoyées quand elle était partie au Canada avec ses parents pour les vacances de Noël. En fait des photos d’elle prenant des poses plus que suggestives devant son miroir. Complètement nue. C’était son « cadeau de Noël ». C’est alors qu’un souvenir lui revint. Un souvenir qui lui inspire une idée noire qui grandit et se propage comme un virus dans son esprit aveuglé par la colère.  Alex se souvient d’un truc qu’on lui avait raconté. Il repense à ce mec de New-York qu’il avait rencontré en soirée, un certain Hunter Moore. C’était le Dj, un gars snob et mégalo qui lui avait raconté qu’il avait crée un business XXL en fondant un site où n’importe qui pouvait poster des photos de femmes à-poil et faire du porno amateur. Il se ventait d’obtenir 300 000 clics quotidiens et de gagner 15 000 dollars par mois grâce à ça. Hunter Moore venait en réalité de créer le premier site de « Revenge Porn« . Grâce à son site les mecs pouvaient désormais se venger de leurs ex-copines en publiant les photos hots qu’ils avaient d’elles pour les humilier. Le sang d’Alex ne fit qu’un tour. Il allait se venger et c’est Blair qui dégusterait.

Quelques jours plus tard.

Blair découvre ses photos sur internet. Elle aurait pu supplier Alex de les retirer mais il était déjà trop tard. Plus de 200 sites les avaient déjà partagées. Blair abandonne les cours mais ce qui pèse sur elle est insupportable. Ses parents l’ont appris. Elle a bien essayé de mettre un terme à tout ça en appelant la police, elle pensait que c’était forcément un crime, qu’on n’avait pas le droit de faire ça, mais ils lui ont expliqué que son ex n’avait rien fait de mal, que c’était elle qui lui avait donné les photos et donc que c’était lui le propriétaire. C’était leurs mots : « Techniquement, il peut faire ce qu’il veut avec. » La fille assistait comme une spectatrice impuissante à l’enfer de sa vie. Sans parler de certains messages d’insultes qui l’accusent d’avoir chercher ce qui lui arrive. D’autres qui lui ont même dit qu’elle mériterait d’être violée et tuée. La vérité c’est qu’elle se sent déjà comme violée. Et pour la vie. D’ailleurs la vie n’a plus d’importance. Elle est salie. Quand elle se regarde dans le miroir elle ne peut s’empêcher de pleurer. Elle s’allume une cigarette qu’elle fume à moitié. Tremblante et désespérée, elle prend tous les médicaments qu’elle trouve dans la salle de bain de ses parents et les avalent d’une traite. Prise de vertiges la fille s’effondre et perd connaissance. Les photos disparaissent de sa tête. Son esprit quitte son jeune corps. La voilà libérée. Désormais plus rien n’a d’importance. Plus rien n’est grave. Un smartphone vibre dans le noir, c’est une amie qui pense à elle. Mais Blair ne répondra pas. Elle est partie. Et son téléphone vibre dans le néant.

Fin.

Salut les loulous ! Vous êtes de retour sur votre rubrique préférée de l’internet : le « Checkpoint Charly » sur Hurluberlu ! (Grosse explosion de paillettes avec pluie de confettis multicolores dans le ciel suivie d’une fanfare de trompettes jouées par des strip-teaseuses espagnoles… c’est-à-dire un peu « Olé-Olé »!) + (Ouais, je tente une transition sympathique pour contrebalancer avec l’histoire un peu badante du début parce que ma rubrique est cool.) + (Et oui je viens d’inventer l’écriture mathématique où l’on peut ajouter des additions entre les parenthèses… pratique non ?). Cela étant dit si l’histoire qui précède vous a touché d’une manière ou d’une autre, sachez qu’elle traduit malgré son côté romancé, une certaine réalité. Pour info je me suis largement inspiré d’histoires racontées par des victimes de la vengeance pornographique trouvées sur internet pour l’écrire. Si les personnages sont fictifs, les victimes sont bien réelles. En fait j’aurais carrément pu faire comme dans les films américains où il y a écrit « Cette histoire est tirée de faits bien réels ». La seule différence avec le cinéma, c’est qu’à la fin d’un article, y’a pas de musique épique qui fait que tu quittes la salle en te disant que le film que tu viens de voir était génial. Comme le dirait le capitaine Haddock, je fais avec les moyens du bord. Maintenant si tu penses que cette courte histoire c’est des conneries, tu peux toujours fermer cette page et aller boire un thé, c’est chaud et ça fait du bien. Mais si au contraire l’histoire d’Alex et de Blair a réveillé en toi des interrogations troublantes et qu’en plus tu penses que cette histoire ferait un super bouquin alors tu es au bon endroit. « Le revenge porn : what the fuck ??? »….THE ‘CHAUD’ MUST GO ON !

BORN IN THE USA.

C’est une pratique qui explose aux États-Unis, un véritable fléau avec des sites qui se sont spécialisés dans la diffusion de photos d’ex pour un business bien juteux. On appelle ça le Revenge Porn (ou « Porno Vengeance » en français). C’est l’histoire d’Alex et Blair. Mais aussi celle de nombreux autres couples et d’une génération bouleversée par Internet. Vous n’en n’avez peut-être jamais entendu parler et pourtant ce phénomène prend une ampleur considérable. Cette pratique consiste à mettre en ligne et à faire circuler des photos « pornographiques » de son ex-petit(e) ami(e) dans le but de l’humilier. Mais ne nous voilons pas la face, dans la grande majorité des cas (environ 95%), c’est bien le mec qui balance les photos de son ex-copine à poil. Ces photos sulfureuses qui n’auraient jamais dû sortir de la chambre à coucher font parfois le tour de la toile. Et des dizaines de sites pornos se sont spécialisés sur le marché de l’humiliation. Certains gratuits, d’autres payants. À l’heure où la vengeance est un plat qui se mange chaud, aux USA les adeptes se comptent déjà par milliers, les victimes aussi. Les photos diffusées ont été réalisées dans divers contextes souvent avec le consentement du modèle. Pour jouer, s’exciter ou entretenir une relation à distance. Sur le coup c’est grisant, après la rupture, ça peut devenir cauchemardesque. Mais ce n’est pas tout, à côté des clichés on trouve nom, prénom, adresse et parfois même le numéro de téléphone du modèle humilié. Ça plus des commentaires souvent atroces qui accompagnent les photos.  À titre d’exemple sur un des sites on peut voir L. une blonde, mince, seins nus, sexy, en petite culotte rouge. Elle se prend en photo dans un miroir et sourit. Juste en dessous ce poème écrit par son ex : « L. baise avec n’importe qui et ce même si elle a un enfant, elle s’en branle. Elle trompe son copain avec un nombre incalculable de mecs. Elle baisera avec vous facilement. ». Classe. Un des graves problèmes soulevés par ce phénomène c’est que ces photos sont visibles par tout le monde et par extension n’importe qui. L’autre, plus grave encore (bien qu’il s’agisse pour l’instant d’une minorité), est que certaines victimes comme Blair y laisse leurs vies… ce qui en réfléchissant un tout petit peu fait de leurs ex’ les responsables de leurs morts. On peut parler de tueurs ? Mais heureusement d’autres victimes ont fait le choix de parler et de se battre. Bref, de ne pas rester impuissantes face au phénomène. C’est le cas de Holly Jacobs. L’ex de cette Américaine avait diffusé des photos d’elle qu’elle lui avait envoyées, dans une période où ils vivaient à distance. Après avoir lancés une pétition et un site pour sensibiliser au problème et soutenir les victimes, certains états américains ont fini par légiférer, comme la Californie en promulguant une nouvelle loi criminalisant le Revenge Porn et plus récemment l’état de New-York qui aimerait prohiber cette pratique en proposant une sanction allant jusqu’à 1 000 dollars d’amendes et un an de prison. Des politiciens voudraient même aller plus loin en montant l’amende à 30 000 dollars. Ça va faire cher la photo humiliante. Mais quel est le prix de l’image d’une personne ? Et celle d’une vie ? Mais une faille subsiste encore en faveur du porno sans consentement. En effet, ce que la loi californienne dit c’est « que les victimes sont protégées seulement  si c’est celui qui détient la photo qui l’a prise ». En clair la loi californienne ne s’applique pas si c’est la victime qui a pris elle-même la photo. Le souci, c’est que dans 80% des cas cela se passe comme ça. Pourquoi ? Des pressions d’associations pour la liberté d’expression qui constitue l’amendement numéro un aux États-Unis. Mais la bonne nouvelle c’est que 10 autres états sont en train de criminaliser le porno vengeance (vengeance pornographique). Les bases se posent et bientôt les lois iront plus loin.

Mais alors comment une nouvelle forme de vengeance entre les couples a explosé sur la toile américaine ? Dans les faits, c’est bel et bien ce diable de Hunter Moore, qui au-delà d’être l’un des personnages de mon histoire, est le mec bien réel qui serait à l’origine du premier site de revenge porn. L’équipe de Canal l’avait rencontré à New-York lors d’une soirée « Sexy-Trash » sur un bateau où le gars chauffait l’ambiance derrière les platines. Au royaume de la débauche, c’est la star des post-ados écervelés qui jouent à la vie comme si c’était un film porno. Car chez eux, poser nu et envoyer les photos  sur Internet, c’est la norme. Une blonde éméchée dit même à la caméra : « Si t’es bonasse, vas-y prends-toi en photo et partage-les et envoie tes photos au monde entier« . Pour revenir à Mister Moore, devant les journalistes, le mec se défendait d’avoir « trouvé le moyen de payer ses factures et d’avoir juste été assez malin pour faire de l’argent avec les erreurs des autres. » Il disait « être juste un être humain qui aime les femmes à poils… (je ne le blâmerai pas sur cette partie là) il y a des gens qui ont utilisé mon site pour se venger, mais cela ne veut pas dire que c’est moi le méchant. Vous savez, les temps changent, moi j’espère juste avoir éduqué les gens à la technologie« . Bref, le mec joue le bad-boy malin (ce qu’il est probablement) mais cherche quand même à se dégager de toute responsabilité en cas de « dommages collatéraux ». Son discours tiendrait presque la route (je suis plutôt ouvert d’esprit, notamment par rapport au porno et à la technologie) si je n’avais pas l’impression que ce type n’a aucun problème de conscience avec le fait de se remplir les poches en ruinant des vies. Sachez quand même que pour ses leçons de technologie le gars a été entendu par le FBI. Se cachant derrière la liberté d’expression, reversant la faute et la responsabilité sur les gens qui ont pris les photos, le bad boy a été relâché. Mais face à la campagne anti-revenge porn qui sévit outre-Atlantique, Hunter Moore a quand même été contraint de fermer son site. Mais si le gars est peut-être le dernier des tocards, il a flairé avec intelligence (oui ça m’arrache un peu la gueule de le dire) une tendance qui est à l’origine même du revenge-porn. Le mec n’a fait que surfer sur une vague d’hyper-sexualisation de la société sur internet. Le cas d’Hunter Moore reflète en fait une réalité plus sombre que lui.

PORNIFICATION.

Avant on menaçait d’envoyer la photo par courrier à l’entourage, aujourd’hui, on menace de la poster sur Internet. Ça c’est pour le chapitre « La technologie change la manière de faire » (mot-dièse : #vivonslahappytechnologie). Pas besoin d’écrire une page dessus, vous avez pigé l’idée. À la limite le seul truc à dire c’est qu’avec internet c’est public, donc plus grave. Mais ce qui m’intéresse en revanche et qui pourrait bien être la source du problème c’est le phénomène de « Pornification«  de notre génération, lui-même « marié » à la célèbre mode des « Selfies » et la pratique (pas nouvelle) du « sexto« . Pornification, autrement dit l’hypersexualisation des mœurs.  Il s’agit en fait d’un phénomène encouragé par les grandes marques de vêtements et cosmétiques, par les stars adolescentes au sex-appeal débridé (et pour cause le sexe est leur fond de commerce), par la presse, par la télé-réalité et ses anges de la débauche qui ont à peu près autant de jugeote que la mouette moyenne en période de reproduction, par les médias en général mais aussi (et malheureusement) les films pornos en streaming. À mon sens, le problème n’est pas le porno à proprement parler. Du moins pas directement. Les mecs (que j’allais désigner comme « les principaux consommateurs de films X » mais c’est un pléonasme) savent pour la plupart faire la différence entre la fiction et la réalité. Le porno c’est le fantasme, autrement dit une fantaisie de l’imaginaire qui par définition n’a pas pour but d’être assouvi. Non, je pense que le problème vient plutôt de la société de l’image dans laquelle nous vivons, qui emprunte aujourd’hui tous les codes de la pornographie pour les copier-coller dans la vie réelle, jusqu’à les exposer comme modèle de vie. On voit des Nabilla, Zahia, Miley Cyrus et autres bombasses vulgaires devenir des icônes et des modèles de réussite. C’est un peu l’histoire de Pretty Woman. Comme si avant d’être une princesse il fallait être une pute. Ou du moins en jouer le rôle. Here comes the Bitches ! Bien-sûr c’est de la provoc’, du jeu, du « c’est pour de faux », mais cela fonctionne à merveille. De ce fait on assiste l’hyper-érotisation des expressions, des postures, du vocabulaire et des codes vestimentaires… cela inspire tout le monde et surtout les plus jeunes. Cela dit, le fait que le sexe soit vendeur n’a absolument rien de nouveau (sans remonter trop loin on peut déjà se remémorer le fameux « Like a virgin » de Madonna). Le truc qui est neuf c’est que cette imagerie pornographique a changé de statut. Elle est passée de « provocatrice » à parfaitement normale. Ce qui avant était considéré comme un gros bras d’honneur à l’ordre établi est devenu l’ordre établi. Et le plus drôle (si on peut considéré cela comme drôle), c’est que notre société de l’image n’a presque rien eu à faire puisque notre génération s’est complètement approprié le concept. C’était une parfaite Inception. La seule chose à faire c’était planter la graine et nous on s’est chargé du reste. Et on a bien bossé. Alors le cul c’est Rock’n’Roll et tout, mais là où la Pornification pose problème c’est qu’en devenant un phénomène généralisé, elle a troublé notre perception des choses. Je pourrais dire qu’elle nous a abrutis, mais c’est plus fort que ça : elle nous a aveuglés. En se généralisant, les codes du cinéma dénudés ont flouté les frontières entre fiction et réalité. L’effet de mode devenant la norme, le corps humain a perdu de sa valeur, altérant les jugements de certains jusqu’à permettre une confusion dans leurs rapports au sexe dans la vie courante comme dans la vie digitale. Un chose en entraînant une autre, il n’a pas fallu grand chose pour que des mecs sans repère (pour ne pas dire des abrutis) perçoivent le corps (pour ne pas dire celui de la Femme) + (pour ne pas dire la Femme tout court) comme un objet sexuel public parfaitement diffusable sur internet. En gros, comme dans leurs perceptions la fiction est devenue une réalité, certains individus confondent les deux. Pire, ils trouvent ça cool. Pornification oblige.

Alors c’est simple, vous prenez cette tendance, vous la mélangez avec la culture du partage sur Internet, des photos sexy sur Facebook, du selfie devant le miroir (j’ai même découvert hier la nouvelle mode du « Sexselfie » qui consiste à faire une photo après une partie de jambes en l’air puis de la partager sur les réseaux… non mais sérieusement WTF ?) et vous obtenez après une belle rupture bien douloureuse, le méchant concept du « porno vengeance ». Au fond, quand Hunter Moore dit que les temps changent, il a raison. Alors loin de moi l’idée de revenir à une société aussi pieuse que coincée, pour ainsi dire je ne suis pas fan du politiquement correct non plus, mais la vérité c’est que nous ne sommes encore qu’au début d’une ère ou sexe et technologie vont être intimement liés. À nous enfants de l’image et de l’internet, d’en tirer nos propres enseignements pour apprendre à vivre avec. C’est un sujet passionnant sur lequel je n’ai (à titre personnel) aucune leçon de morale à donner à personne et surtout pas à toi lecteur chéri. Chacun peut en son âme et conscience vivre sa vinaigrette sexuelle comme il l’entend. Mais si je devais donner mon avis, je dirais que l’intimité c’est bien, que le revenge porn c’est aussi lâche que cruel et qu’internet n’a rien à foutre dans une vraie bonne partie de jambes en l’air. Appartient au couple de gérer et protéger sa vie sexuelle réelle et digitale comme il l’entend. Point positif : si en France, il y a des sujets sur lesquels on n’est pas bien armés, sur celui-là, on l’est très bien. Une personne te menace de diffuser une photo de toi ? Te fait du chantage ? BIM, cinq ans de taule dans la gueule et 75 000 euros d’amende. Atteinte au droit à l’image et à la vie privée ? REBIM, un an de taule et 45 000 euros d’amende. Le tout sans passer par la case départ. Des sanctions qui devraient vite calmer les petits malins français qui voudraient humilier leur copine sur internet. À priori, au pays de l’amour, le couple peut encore « sextoter » sereinement.

UNE THÉORIE SUR LE REVENGE PORN.

Pour finir, j’aimerais partager avec vous la pensée d’un journaliste sur la « vengeance pornographique » qui a formulé une petite théorie que je rejoins complètement. Le mec est allé sur ces sites, et retient une expérience intéressante. Intéressante car au final très peu excitante. Étrange parce qu’on y retrouve à peu près ce qu’on recherche sur un site porno classique. Mais selon-lui, tout se loge dans l’ « à peu près ». En fait si les images sont si peu excitantes c’est qu’elles sont autre chose qu’excitantes. Les sites pornographiques traditionnels regorgent de ce porno amateur, de ces gens normalement beaux – c’est-à-dire normalement moches -, qui se livrent à des activités sexuelles mal filmées (photos surexposées ou sous exposées, caméra de travers, qui tremble, qui tombe etc.…). Et l’excitation, vous le devinez, provient de l’effet de réel donné par ce moindre souci porté à l’esthétique, qu’elle soit physique ou technique. Ces images de « revenge porn », dans leur côté mal foutu, devraient provoquer cette même excitation. Eh bien non. Parce qu’on est encore en dessous du porno amateur, on est dans une autre zone. Le revenge porn provoque autre chose. Voilà sa théorie mot pour mot :

« Dans toute leur crudité, dans toute leur laideur parfois, ces images sont émouvantes. Elles sont émouvantes parce qu’elles ont excité. Elles ont excité deux personnes, dans un contexte qu’on imagine : l’éloignement, la séparation, l’impossibilité de se voir, le dévoilement progressif, la découverte de la photo. Et parfois, le contexte, c’est aussi un décor, un intérieur, une literie, des dessous de mauvais goût. Ces images sont émouvantes dans leur quête de l’excitation de leur destinataire, quête souvent maladroite car surjouée, excessive. Elles sont émouvantes par le complexe jeu de regard qu’elles supposent. Elles sont émouvantes parce qu’elles sont les résidus d’une histoire, parce qu’elles sont des traces. Mais comme l’était auparavant une correspondance amoureuse, parce qu’on n’a pas attendu Internet pour s’exciter à distance avec des images et pour en garder des preuves. « 

Bon il n’y a pas de fumée sans feu, si cette pratique a explosé, c’est bien qu’il y a quelque chose. Mais l’émotion qui transpire à travers ces images dérange. Et le jeu du fantasme qui appartient au porno amateur finalement bien codé, disparaît. Enfin pour ce qui est de l’excitation à distance comme le prouve ce vieux coquin de Flaubert, on n’a finalement pas inventé grand chose. Voilà pour conclure, je vais faire comme les films américains et terminé mon checkpoint de ouf sur une chanson rock méga puissante qui fera décoller vos likes sur Facebook !

Poets & Pornstars – Rock And Roll

Le Checkpoint Charly c’est fini pour aujourd’hui, mais on se retrouve dans un mois pour plein de nouvelles questions existentielles ou presque. Allez ciao bonsoir !

Le showeb d’automne : récap

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Mardi 6 Octobre, 9h30 Paris est déjà levé depuis quelques heures, c’est donc bien réveillé qu’il voit débarquer sur son avenue la plus célèbre une horde de gens de l’internet. Ils viennent tous d’horizons différents mais sont liés par un point commum: le cinéma. L’Avenue des Champs Elysées est détrempée, l’Arc de Triomphe à peine visible mais le cadre reste splendide.

Tout ce beau monde dans le Gaumont Marignan, la salle d’attente se remplit doucement, on attend juste le signal pour rentrer dans la salle. La salle parlons-en, il y a deux types de salles, l’amphithéâtre, représenté comme ceci : \ | ; et les salles plates comme ceci : _ |. Là c’est plat, la scène et l’écran sont légèrement surélevés, cela favorise ceux qui ont la fougue de se placer dans les premiers rangs. C’est idéalement placé que la convention peut démarrer.

Gros débat quelques minutes avant le début du showeb : quel sera le film surprise de fin de convention ? Les possibilités fusent et c’est au bout de 2 minutes de convention que l’on nous apprend que le film ne sera pas diffuser faute de temps.

Premier résumé, l’événement : Trois sessions, les gros distributeurs, les petits et indépendants puis les gros. Entre les sessions, une pause repas. Le buffet, simple, très simple, mais efficace, rien à redire. Une pause café ou un goûter, pareil efficace, simple et funky.

Passons aux choses sérieuses, les films.

Il y  avait beaucoup de distributeurs, c’est une très bonne chose, mais c’était long, surtout si certains d’entre eux n’apportent pas grand chose. Pour convaincre dans ce genre d’événement il faut des coups de coeur, que ce soit en rapport au style du film, au casting, à la bande annonce ou autres. Ce showeb (m’)aura déçu dans ce sens, sur approximativement une bonne centaine de films présentés, seuls une petite dizaine auront retenu mon attention. Les voici :

Men and Chicken :

Distributeur : Urban Distribution

Le film est déjà sorti, mais au Danemark. Il s’agit d’une comédie noire qui sort des sentiers battus, l’humour est différent, le film aussi. Le film sera adoré ou haï.

The Danish Girl :

Distributeur : Universal Pictures

Quelle transition. Tom Hooper, Eddie Redmayne. Le réalisateur du Discours d’un roi accompagné de celui qui a joué Stephen Hawking dans Une Merveilleuse histoire du temps. Je pourrais m’arrêter là que cela devrait avoir convaincu une majorité d’aller voir ce film, du coup je vais arrêter et laisser le trailer terminer de vous convaincre.

Pauline s’arrache

distributeur : Jour2fête

Strip-tease, l’émission de France 3, vous étiez fan ? Vous adorerez Pauline s’arrache. C’est drôle, c’est filmé différemment, c’est punk. Et ça sort avant Noël.

Un joli podium du showeb. La conclusion comportera une liste de noms de films qui feront parler d’eux vus lors de la convention :

Made in FranceRoomArrêtez moi là, Mr. Gaga, Bastille Day, Au nom de ma fille, Legend.

Comment une génération a suffit pour tuer l’ industrie musicale ?

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Les ruines, encore fumantes, de ce qui fut jadis un business bâti sur des jets privés, bouteilles de Cristal et autres millions dépensés en budget d’enregistrement nous permettent d’affirmer que nous nous dressons aujourd’hui devant la plus grande perturbation qu’est connu le secteur de la musique. Une perturbation initiée par un changement fondamental, lui même conduit par nos chers Millennials.

« Millennials » désigne la génération qui suit la génération « Boomers » ou Génération X »  (née approximativement entre 1965 et 1977).

Comment les Millennials ont tué l’industrie musicale ?

Pour la première fois, les ventes de disques ne suffisent plus à faire la carrière ou le succès d’un artiste. Autrefois, l’usine à tubes s’accrochait aux ventes pour survivre, mais ce modèle est désormais révolu.

Même pour les « superstars », les temps sont durs. Prenons le cas de Pitbull. L’artiste américano-cubain, qui a plus de 50 millions de fans Facebook et près de 170 millions de vues sur YouTube, a vendu moins de 10 millions d’albums en 10 ans de carrière. Une triste réalité pour « Mr. Worlwide » qui reflète pourtant la nouvelle ère de ce commerce.

Comment en sommes nous arrivé là ?  La réponse se trouve littéralement parmi nous et tient en un seul mot. Millennials. Nous avons repris le contrôle de l’industrie musicale en contrôlant les deux choses qui comptent pourtant le plus, à savoir :

1) La Demande

La musique est un business comme n’importe quel autre : Son but est de faire du profit. Pendant les deux dernières décennies, son marché a évolué et les ventes de CDs numériques ont souffert de l’arrivée de nouvelles plateformes comme Napster, iTunes ou encore les torrents. L’omniprésence de ces services de diffusion a réduit les ventes en dessous du niveau déjà extrêmement bas. Le marché de la musique a été également secouée par de nouvelles tendances, brisant son business modèle en le menant droit dans le mur.

Et c’est là qu’interviennent les Millennials.

Consommateurs dominants de la musique et des services qui lui sont affiliée -orientés digital- ils dominent également le marché émergent le plus prometteur pour celle-ci : les appareils mobiles.

Il s’avère en effet que les Millennials utilisent plus qu’une autre tranche d’âge la musique, les médias ainsi que toutes les applications diverses et variées liées à l’utilisation des smartphones (75 %), le tout en continuant d’user/abuser de celles dédiées au partage sociaux (20%).

En bref, les Millennials détiennent le pouvoir sur la musique. En consommant celle-ci à grande échelle de manière quotidienne tout en décidant d’en parler au plus grand nombre.

Il est donc évident que la consommation de mélodies est toujours d’actualité. Elle est même très forte. Cependant pourquoi est t-il aussi important que nous partagions ce que nous écoutons ?

Avant il y avait un lien entre les ventes de disques et le succès d’un artiste. Mais au cours de ces dernières années celles-ci ont drastiquement baissées emportées par la croissance des singles et l’apparition de divers services de diffusion.

D’une économie de musique matérielle nous sommes doucement mais sûrement passés à une économie numérique engendrant par l’occasion de nouveaux indicateurs de succès.

Prenons la nouvelle génération d’artistes. Il n’est pas rare, pour ainsi dire normal, d’assister à des prestations scéniques qui relèvent plus d’orgies fanstasmagoriques que de simples lives. Des préoccupations artistiques en somme toutes autres que la vente de leur propre musique.

L’engouement des foules pour le jeu de scène d’un artiste détermine désormais la durée de vie de celui-ci dans le monde très fermé des majors. Une réputation de show-man assurant programmation de festivals, concerts mais également vente de merchandising et produits dérivés en tout genre. Des sources de revenu nécessaires alors même que n’achetons plus réellement la musique « telle qu’elle ».

Le rôle de l’album est de moins en moins important

Les marques aussi connaissent ça. Les entreprises comme Guess, Red Bull et Steve Madden verseront plus de 1.34 milliards de $ dans le parrainage et/ou sponsoring d’évènements musicaux (festivals, tournées etc).

Plus d’un milliard de dollars sera également dépensé pour construire de nouvelles relations client ainsi que de la valeur pour la marque avec les ‘digital natives’. En revanche, le top 10 des artistes électroniques de l’année ont remporté à eux seuls plus de 240 millions de $. Soit moins de 20% de ce que les marques dépenseront en 2014 pour capturer l’attention des Millennials.

Les marques ont compris l’importance de la musique dans l’identité de la Génération Chochotte. Bien plus qu’un simple divertissement, elle peut être aussi importante que leur manière de s’habiller et contrebalance avec le poids de leur vie sociale.

Ainsi, aller aux festivals et aux spectacles est un moyen d’exprimer leurs personnalités. Les marques savent que si elles peuvent joindre leur image à celle d’un DJ comme Skrillex, l’attention du consommateur n’en sera que plus grande. C’est pourquoi la marque Steve Madden s’associe avec des DJs féminins prometteurs pour attirer à elle un nouveau vivier de consommateur.

Le constat est donc sans appel. Que ce soit l’industrie musicale comme les grandes marques toutes deux poursuivent les « nouveaux artistes » ; ceux-là même qui se consacrent à présent à monétiser d’avantage leurs présence que leurs ventes d’albums. Le but ? Attirer, charmer et garder près d’elles le nouvel eldorado que représente les trentenaires dépeints par Ellis.

2) L’offre

Aujourd’hui, pour faire un disque il faut simplement un ordinateur et un logiciel d’enregistrement plus ou moins abordable. Un des plus efficace avec un excellent rapport qualité/prix est le logiciel Logic Pro d’Apple qui coûte d’ailleurs moins de 200 euros.

À l’intérieur du logiciel on trouve aussi bien des instruments virtuels comme des pianos, des synthétiseurs et des tambours que tous les outils nécessaires pour éditer et produire sa propre piste audio. La plupart de l’équipement exigé pour créer sa propre musique a été placé au sein du logiciel (qui est toujours de plus en plus facile utiliser). Au final, les artistes peuvent créer plus rapidement, plus efficacement et surtout moins cher qu’avant.

Ainsi, Gotye qui a créé sa chanson « Somebody That I Used to Know » dans la maison de ses parents près de Melbourne (Australie), à vu sa piste auto-produite se hisser au numéro un des charts dans plus de 23 pays, tout en étant dans le top 10 dans plus de 30 à travers le monde. Fin 2012, elle est même devenue la chanson la plus vendue de l’année avec 11.8 millions de copies vendues, la classant par la même occasion parmi les singles numériques les plus achetés.

Un autre jeune producteur hollandais nommé Martin Garrix a atteint le sommet des charts dans plus de 10 pays avec sa bombe « Animals », qu’il a produite et sortie à 17 ans. La chanson a par la suite été classée N°1 sur Beatport, faisant de Garrix la personne la plus jeune à avoir reçu les honneurs.

Les Millennials, qui peuvent enregistrer après les cours ou le travail sont très familiers avec cette technologie. Du moins, leur attitude « open source »  vers l’apprentissage est très importante. Tapez « comment utiliser Logic Pro » dans la barre recherche de YouTube et vous trouverez des milliers de tutoriels gratuits. Les sites comme Reddit ont même des communautés entières avec des dizaines de milliers de membres qui recherchent sans cesse à découvrir les diverses techniques de production musicale.

Technologie peu chère, ressources d’apprentissage de qualité et accès gratuit : les artistes peuvent aujourd’hui créer des titres à succès sans jamais avoir mis les pieds dans un studio d’enregistrement.

3)La découverte Musicale au plus haut

Il va sans dire que l’exploration du territoire audio et la production vont de pair. La technologie a permis de faciliter le processus de découverte pour les artistes en devenir et leur a aussi fourni une façon d’atteindre le plus de fans possibles grâce à internet et aux réseaux sociaux.

Il y a bien sûr les histoires à succès dites « classiques » comme Justin Bieber ou encore Lana Del Rey. Mais il est important de souligner que sous l’empire YouTube repose une culture entière de jeunes qui découvrent leurs musiques en ligne.

Les plateformes telles que SoundCloud ont plus de 250 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. La génération Y en plus d’y découvrir principalement sa musique la diffuse également en premier lieu sur celles-ci, après une production home made dans les règles de l’art, évidemment.

Youtube est devenue la « top source de référence »

C’est ainsi que les trentaines jouent un double jeu en créant plus de contenus que jamais tout en sortant ceux-ci sur les plateformes où leurs semblables les découvrirons.

L’intermédiaire de l’industrie musicale a été disloqué et remplacé par des échanges réciproques. Bien sûr, les « superstars » comme Katy Perry dominent toujours les ventes mais les digital natives érodent ce modèle avec un nouveau modèle basé sur la découverte populaire.

 

4) Les Millennials forment des groupes de musiques dominants

Certains gros artistes comme Rihanna, Taylor Swift et Katy Perry l’on bien compris et couple désormais au sein de leur machine commerciale la fonction d’auteur et de production. Ces équipes combinées sont un des facteurs principaux qui permettent aux stars de rester au top en leur permettant de pondre un nombre de tracks pop très élevé.

Mais aujourd’hui la Génération Chochotte démolit aussi ce dernier obstacle.

Les services comme FindMySong permettent de relier les musiciens indépendants entre eux. Avec une technologie d’enregistrement peu chère et des moyens de diffusion efficaces, ces indépendants peuvent donc former leur propre équipe auteur/production pour être en concurrence directe avec les principaux labels. Judicieux quant on sait que de plus en plus désirent eux aussi avoir leur part du gâteau.

Musiciens et chanteurs : les vrais chiffres

Pour la première fois de sa longue histoire, le destin de l’industrie musicale est entre les mains des artistes mais aussi des consommateurs. Vous avez donc la capacité de la diriger là où vous le souhaitez. Alors, maintenant que vous savez que avez le pouvoir, qu’allez-vous en faire ?

SOURCES : elitedaily & vice

La prostitution 2.0, mythe ou réalité?

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Pour Philippe Bouvard,  « La prostitution est une des rares professions qui soient demeurées très artisanales en dépit du progrès technique. Les prostituées sont des femmes qui ne demandent pas qu’on les invite à dîner avant de passer à un autre genre d’exercice. » Qu’en est-il de la prostitution 2.0?

La prostitution est dit on le plus vieux métier du monde, s’il est reconnu classiquement comme étant l’échange de relations sexuelles contre une rémunération, exercée par les femmes et consommée par les hommes, nous constatons qu’il évolue au gré des époques.

Nous retrouvons mention de l’existence de la profession de prostitués dès l’Antiquité, elle semblait déjà être au service de la société, que cela soit pour honorer des divinités dans la société grecque ou plus généralement dans la bonne cohésion de la communauté entière.

Saint Thomas d’Acquin estimait au XIIIe siècle que la prostitution était « nécessaire à la société comme les toilettes à une maison, car cela sent mauvais, mais sans elle(s), c’est partout dans la maison que cela sentirait mauvais« . Il semble donc encore que si la prostitution est tabou dans presque toutes les sociétés elle parvient toujours à survivre et à s’imposer comme inévitable.

En droit français, elle a pu récemment faire l’objet de controverse. Une loi a été adoptée par l’Assemblée nationale en 2013 visant à pénaliser les clients de la prostitution, mais cette loi face aux discordes qu’elle entraîna est encore en discussion au sénat et donc pas encore en vigueur. Pour faire simple, disons qu’actuellement dans notre société occidentale, la prostitution est tolérée en vertu du droit de disposer librement de son corps. Mais est réprimé :  le racolage « Salut bel inconnu, ça te dirait de passer du bon temps ? » et le proxénétisme, vous savez ces mecs au demeurant hyper accueillants, roulant dans de grosses voitures, raffolant des pompes en croco et de costume tout droit sorti de l’imaginaire du producteur de jeux vidéos : Rockstar Games et de sa légendaire franchise « Grand Theft Auto ».

Il demeure aussi que les acteurs de cette pratique n’ont pas tellement évolué avec les époques successives, le drame étant tout de même que la prostitution ne soit pas sur la voie de l’amélioration. Si on se réfère au rapport parlementaire d’information sur la prostitution en France réalisé en 2011, on s’aperçoit que 91% des prostitués en France sont étrangers, composés aux deux tiers de filles de l’Europe de l’Est et appartenant en majeure partie à des réseaux mafieux mondiaux.

Ne discutez donc pas de la chute du mur de Berlin avec Régine qui a derrière elle 35 ans d’ancienneté de trottoir et qui a vu chuter son CA de 70% à cause des Gorbatchev, Jean-Paul II et autres acteurs de la libéralisation du marché de la prostitution européenne…

Sont aussi touchés les mineurs, les étudiants et toute autre personne dans la précarité. On peut ajouter à cette longue liste, certains individus bien pensants, bien éduqués à la recherche d’une expérience sexuelle nouvelle.

La prostitution comme tout système économiquement très viable, s’est adaptée et a profité de l’éclatement de la bulle Internet pour muter et renouveler son offre grâce aux possibilités quasi illimitées permises par cette plateforme d’échange et de communication sans précédent.

Je vous propose de faire un petit tour d’horizon de ces nouveaux moyens de prostitution définitivement 2.0…

Prostitution 2.0: les petites annonces 


Élie Sémoun et Franck Dubosc les avaient déjà imaginés il y a quelques années, c’est désormais possible. À la manière de La Centrale pour revendre son épave ou le bon coin pour revendre ses cadeaux (moisis) de Noël, on a vu fleurir sur la toile des petites annonces assez suggestives.
Le site VivaStreet en est un principal acteur par le biais de sa rubrique « érotica ». On peut désormais librement entrer en contact avec Simone 65 ans, 80 kg, 85D, sulfureuse brune expérimentée.
Ce supermarché de la prostitution permet au client de choisir sa dame non à la lumière tamisée d’un lampadaire un soir pluvieux, mais grâce au rétroéclairage de l’écran de sa tablette tactile.

Simone quant à elle n’a plus besoin de se mouiller les soirs pluvieux ou d’être frigorifiée en hiver, elle peut ferrer le matou à distance, ordinateur sur les genoux confortablement installée devant les anges de la téléréalité. 

Le rôle du proxénète est ici bien plus éphémère, car madame peut travailler librement à la maison en bonne chef d’entreprise 2.0.
Si cela est assez individuel ont a aussi vu naître des systèmes beaucoup plus corporatistes.

Prostitution 2.0: L’agence professionnelle d’escorte 


Grâce à ces services, c’est la prostitution à porter de clic,  par l’interemédiaire de professionnelles et d’un réseau sans limites. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. D’abord, le service de Luxe où monsieur et madame sont recrutés sur présentation des relevés de notes de Master, tests de culture G, examens médicaux et critères physiques draconiens.

L’agence prend les choses en main : paiement sécurisé, mise à disposition du téléphone de service, réservation de chambres d’hôtel, étude approfondie du dossier client.
Aussi, clé en main où en quelques clics vous pourrez aller passer un séjour en montagne pour quelques milliers d’euros avec la femme dont vous rêvez (http://travel-lady.com/) …

Le client en un mail se voit aussitôt comblé, sans avoir à contacter Dodo La Saumur et ses plans foireux.

À côté de cela, on a aussi pu voir des systèmes plus low cost, le Facebook de la prostitution : Escort-Annonce, le site à la différence de Vivastreet, était taillé pour la cyberprostitution. La justice est parvenue à mettre un terme à ces pratiques en incriminant les gestionnaires du site internet pour proxénétisme.

La suppression et l’arrestation des auteurs de ce site ne sont que l’arbre qui cache la forêt, car les offres pullulent sur Internet via les moteurs de recherches habituelles. Dans ce domaine, il n’y a pas besoin d’aller sur le dark-web pour voir des offres de prostitution directement sur l’ordinateur de Marcel.

Prostitution 2.0: Le live Show 


Alors là, nous sommes sur le plus gros dossier de Spam qu’internet n’ait jamais connu. Mais derrière cette page qui s’ouvre « Loana 25 ans : « Bonjour, ça te dirait 12 nanas pour toi ce soir, nous sommes en chemin, donne nous juste ton digicode (ps : une photo recto/ verso de ta carte bancaire est nécessaire pour m’assurer de ton identité) »… Bref c’est grotesque, souvent mal traduit de l’anglais, ça fait peur et ça peut même calmer Kevin à l’habitude grand amateur de porno.

Toutefois, la pratique existe bel et bien derrière ces spams. En effet, certaines personnes ont recours à des systèmes comme Skype, pour tarifer  l’exhibition sexuelle. 

Aussi des sites sont spécialisés pour mettre à disposition de leurs clients des shows sexuels, ils regroupent différents intervenants sur une même et unique enseigne.

Des services en ligne tentent de faire le ménage, comme dernièrement Snapchat dans la limite du possible, mais cette pratique reste assez prolifique et utilisée.

« Peut-on empêcher l’homme d’être homme »

Il existe donc bel et bien un nouveau visage de la prostitution permise par l’usage du web. Hurluberlu toujours bien loin des polémiques diverses et variées vous laisse avec votre conscience et vos idées sur la question.

Mais en tout état de cause peut-on empêcher l’homme d’être homme ?

Si le métier de charron a disparu, c’est bien que l’homme n’a plus besoin de charrette, espérons qu’un jour il n’ait plus besoin de prostitués, en tout état de cause, si le métier existe toujours, c’est bien qu’il est nécessaire.

Il demeure qu’un équilibre doit être trouvé pour qu’il y ait une liberté d’activité, une liberté de disposer de son corps, une sécurité sanitaire, médicale et physique pour les praticiens comme pour la clientèle.

Il est vrai aussi qu’il semble que le meilleur moyen de diminuer cette pratique serait de lutter contre la précarité.

Quittons-nous sur plus de poésie:

https://www.youtube.com/watch?v=PpChUNCALmE&t=315

 Crédit photo: Thomas Hawk 

MOOC, What is that?

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Si vous avez plus de 20 ans, il est très probable que vous vous souveniez de l’avant internet, d’avoir joué inlassablement sur le minitel familial, d’avoir cherché des mots dans un Robert et d’avoir entendu le bip infernal des premier modems ADSL. Si vous avez plus de 20 ans, vous vous faites forcément la réflexion régulièrement, que tout a changé tellement vite et que les discussions qu’aura plus tard notre génération avec celle de nos enfants seront parfois lunaires.

On n’arrive même plus à faire la liste de tous les changements que le web a engendré année après année, parmi eux : la gratuité de certains produits. L’industrie musicale est la première à s’être pris un sacré KO 2.0. Acheter un disque est presque devenu un acte militant tant il est rare pour beaucoup de consommateurs aux bibliothèques iTunes pourtant bien garnies. Piratage semble aujourd’hui être un terme disproportionné pour désigner le self-service musical qu’offre internet, même ma mère télécharge gratuitement, tout est dit.

L’accès à l’information et au savoir ultra-démocratisé est également un pas de géant redevable à l’ère numérique. Si il faut relativiser l’idée selon laquelle l’avènement de Wikipédia et du Smartphone font des êtres connectés des personnes plus cultivées que leurs parents (des chercheurs de l’Université Yale ont prouvé que les utilisateurs d’un moteur de recherche finissent, à la longue, par se croire plus érudits qu’ils ne le sont), il est impossible de ne pas s’émerveiller devant la base de donnée infinie de connaissances qu’est internet.

Et le MOOC qu’est ce que c’est ?

Une des dernières révolutions en marche porte le nom de MOOC, à savoir : Massive Open Online Courses. Il s’agit de cours en ligne dispensés par des professeurs certifiés, à l’aide de webcam, à un grand nombre d’étudiants et de façon gratuite. Le système ne se contente pas de dispenser des leçons, les inscrits peuvent, tels de vrais étudiants, passer une certification à la fin de leur module (qui souvent dure plusieurs mois). Si les cours sont toujours gratuits, la certification est parfois payante, à un prix évidemment faible en comparaison à un semestre universitaire.

Les MOOCs gagnent en crédibilité lorsqu’il y a deux ans la prestigieuse université de Stanford décide de rejoindre le MIT dans son Open Courseware initiative. Depuis, la tendance a été suivie par un bon nombre d’universités parmi lesquelles les américaines Harvard, Berkeley et Columbia.

Si le système tend à se développer plus rapidement chez les anglo-saxons, surement en raison du prix moyen de l’université dans ces pays, la France n’est pas en reste avec notamment la plateforme France Université Numérique, dont la liste d’écoles partenaires comprend des noms tels que Science Po, Polytechnique, l’ESSEC ou encore Centrale.

Alors demain contracter un emprunt pour étudier sera-t-il obsolète ?

La qualité de certain MOOC pourrait nous en convaincre. Les cours de Coursera et TedX sont réalisés presque exclusivement par des professeurs renommés issus du milieu académique. Egalement, et particulièrement pour les étudiants anglophones, les MOOC recouvrent à peu prêt l’intégralité des thèmes qu’il est possible de trouver à l’université. Tous les MOOC fonctionnent de manière différente mais beaucoup d’entre eux comprennent la réalisation d’exercices pratiques « TD » comme c’est le cas dans l’enseignement traditionnel.

Lorsque l’on sait qu’un étudiant américain finit son cursus universitaire avec un emprunt de 26 600 dollars en moyenne, le MOOC apparait comme une réponse d’avenir.

De plus, étudier de chez soi est aussi adapté à un grand nombres d’étudiants à travers le monde pour lesquels l’accès à l’Université n’était pas possible car trop loin de leur domicile familial et incapables de payer un logement dans la grande ville la plus proche.

Sans conteste ces modules online incarnent un idéal démocratique en terme d’études. En revanche dire qu’il s’agit du futur de l’enseignement relève de l’utopie.

La première limite est la crédibilité du diplôme et ses faibles chances de donner accès à un emploi. Pour les recruteurs la valeur de la certification est un problème. Les examens étant faits en ligne du domicile de l’étudiant, aucun contrôle n’est possible pour lutter contre les fraudes et de ce fait le diplôme a une valeur très faible. Autre problème : les exigences sont extrêmement variables d’un MOOC à un autre. Il n’est par exemple pas nécessaire d’avoir suivi certains MOOC pour réussir l’examen. Face à cette hétérogénéité de niveau, et le manque de repère attestant de leur sérieux, ces diplômes sont des lignes peu impactantes sur un CV.

Ensuite il semble que l’absence de cadre universitaire et d’investissement économique de la part des étudiants n’encouragent ni à l’assiduité ni à la réussite. La plupart des modules sont abandonnés avant la fin par 90 % des inscrits. Ce chiffre doit faire relativiser le nombre impressionnant de personnes inscrites à travers le monde. N’étant ni encouragées par des professeurs, des groupes d’étudiants ou sous la pression d’un effort financier, beaucoup de participants abandonnent, trop absorbés par d’autres priorités.

Alors très certainement, il n’est pas possible de mettre sur un même plan ces nouvelles méthodes avec l’enseignement traditionnel. Mais le constat est-il pour autant que ces modules sont bons à jeter ?

Leur utilité est peut être plutôt à rechercher du coté d’un public de professionnels, déjà en poste, à la recherche d’une actualisation de leurs connaissances ou d’un degré supplémentaire dans leur spécialisation. Un bon nombre d’actifs curieux en font déjà l’usage. Le système leur étant particulièrement adapté car n’ayant que faire de la certification final, les MOOCs sont intégralement gratuits pour eux.

Alors les études en ligne avec les MOOCs ?

En résumé les MOOCs sont à prendre pour ce qu’ils sont : une des nombreuses opportunités qu’internet offre pour s’informer et se former, mais limité par sa gratuité. Leur avenir en tant que rivaux des grandes écoles et universités est du moins envisageable, en acceptant de participer financièrement, même de façon modérée, à cette formation ; des examens de validation avec une surveillance pourraient être mis en place, les diplômes pourraient être valorisés et ainsi une alternative crédible aux études couteuses pourrait exister.

Si peu de choses finalement nous séparent de l’enseignement du futur.