C’est maintenant que tu le découvres ? #1 Fyfe

Deux ans pour un album, Fyfe a mis le temps qu’il fallait pour produire 40 minutes de plaisir auditif. Le premier extrait de “Control“, le premier album de Fyfe, “St-Tropez” a vu le jour en Février 2013, et pourtant il a continué d’avancer dans l’anonymat le plus complet.

Paul Dixon, le natif de Londres n’est pas un néophyte du monde de la musique, du haut de ses 25 ans, il en est déjà à sa troisième production publique. En 2011, sous le nom de David’s Lyre, il sort un premier EP “In Arms” disponible encore aujourd’hui avec son premier album “Picture of the Youth” sorti en Février 2012 sur BANDCAMP.

Avant ceci, Paul Dixon avait signé chez un major label, après avoir était  révélé en faisant des cover d’artistes comme Ellie Goulding. Mais à peine un an après, en 2011, Fyfe redevient indépendant et se concentre sur le seul et unique album de David’s Lyre.

BON, Fyfe maintenant.

D’où Fyfe ? Dans une interview il explique que ce nom est un projet, il différencie ça d’un pseudonyme comme il avait avec David’s Lyre. Fyfe est une succession de productions avec un artiste en tête d’affiche. Ce n’est pas juste l’artiste, compris ? ( Bon lisez l’interview -> ICI)

Fyfe est internet. Tout commence par une chaîne YouTube, classique. Il poste ses morceaux, comme je le disais “St-Tropez” il y a maintenant deux ans. A l’heure actuelle, le 9 Mars, il culminait au nombre impressionnant de 3 253 abonnés ! Mais peu importe le nombre, il devrait grimper extrêmement rapidement durant l’année. Acclamé par les critiques, adoré par des artistes comme Childish Gambino et London Grammar, c’est le moment d’écouter et de découvrir pour ensuite pouvoir être détestable en disant d’un air supérieur : “C’est maintenant que tu le découvres ?

Fyfe aime la France, enfin il a intérêt, il a signé chez le label de musique français Believe Recordings qui produit également des artistes tels que Grand Corps Malade, Raggasonic ou Iggy Pop. Le label organise très souvent des rencontres entre ses artistes, l’occasion de voir de nombreuses productions innovantes, Fyfe a déjà réalisé un duo avec le rappeur Sneazzy (mais je ne mettrai pas le lien car le son est bof bof).

Parlons  de la musique de Fyfe maintenant

Il aime la musique, il s’inspire de nombreuses styles musicaux dont le rap, (d’où le duo avec Sneazzy) la folk ou encore David Bowie ( David Bowie n’est pas un style musical au cas où vous vous poseriez la question ). Il fait une musique que je vais qualifier de précise, tout est contrôlé ( Control, nom de l’album, tout s’explique, tout se rejoint, quel talent de rédaction ), le Sunday Times du 8 Mars fait un bilan de l’album qui convient à l’artiste, traduction approximative :

 

Control est le résultat d’un mélange, une succession de regards, des sons précis relatant ses productions d’enfance inspirés de la musique classique, ceci combiné avec un rythme R&B, des paroles faisant preuve d’une conscience de soi-même remarquable et la voix d’un ange blasé

Sous le nom de Fyfe, il a continué à faire des cover d’artistes mondialement connu, comme Kanye West :

L’album est comme on l’attendait, très agréable à écouter, pendant 40 minutes, Fyfe fait ce qu’il nous a déjà montré auparavant, c’est à dire de la qualité et une musique très addictive. Dans ce flux d’albums de qualité sortis récemment, Control de Fyfe a amplement sa place parmi les meilleurs albums de ce début d’année 2015.

Spotify propose même un commentaire audio de l’album l’artiste même. Il nous révèle les histoires de chaque morceaux, il s’agit d’histoires purement fictionnels ou de vraies expression de sentiments qu’il a vécu. On entend aussi qu’il est doté d’une voix très ennuyeuse lorsqu’il prend la parole.

On a hâte  que le Londonien revienne en France pour nous présenter son album. Il sera le 8 Avril au Point FMR à Paris.

En attendant, l’extrait préféré du rédacteur :

 

On a testé pour vous : le Rebel Bingo.

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On a testé pour vous : le Rebel Bingo.

Cette année, de passage dans les UK, nous avons eu l’occasion de découvrir une nouvelle façon de festoyer toute en originalité : le rebel bingo. Oui, pas d’erreur, on a bien dit le “bingo”, ce jeu pour sexagénaire sacralisé dans toutes les maisons de retraite. Néanmoins détrompez vous si vous imaginez que cette partie se déroulera dans la même ambiance que la dernière visite rendue à vos aïeuls. Ici le Bingo se rebelle. Préparez vous à devenir accros. 

L’hiver en Angleterre c’est triste, il fait froid et il pleut, beaucoup. Pour lutter contre cette monotonie ambiante, il est nécessaire de s’ouvrir l’esprit. C’est pourquoi quand ma flatmate espagnole m’a proposé d’aller à une rebel bingo party, j’ai tout de suite accepté. Elle m’avait expliqué le concept dans les grandes lignes : une soirée ou l’on joue au bingo d’une façon originale et où sont mis en jeu des lots “atypiques”. Cette présentation sommaire ne saurait refléter fidèlement l’esprit du jeu, je vous laisse découvrir le déroulement de notre soirée. 

20h : Je sors de ma chambre vêtue de ma plus belle chemise, prête à attaquer l’apéro. Ma colocataire m’explique que les participants ont l’habitude de se barioler le corps avec leurs marqueurs pendant ces soirées. Elle porte un t-shirt de toute évidence très cheap. Peu séduite à l’idée de donner mes fringues préférées aux bonnes œuvre le lendemain matin, je retourne me changer, finalement heureuse de trouver une utilité à l’affreux croft-top primark, acheté 3 pounds une semaine plus tôt. 

21h30 : La soirée commence à 22H, étrange et inhabituel de se mettre en route de si bonne heure, un jeudi qui plus est. Dans le bus on est tous un peu déboussolé, j’entends les plus réfractaires à la soirée râler “je suis même pas bourré” 

22h : Arrivé sur le lieu des hostilités, et quel lieu. Le Motion (Bristol) est un club réputé comme étant l’un des meilleurs d’Europe (5e d’Angleterre et 37e mondial), particulièrement connu pour inviter la fleur de la scène électro underground. On est surpris par l’interminable queue. Nous qui pensions arriver tôt. Alors que nous rejoignons la file, nous croisons plusieurs personnes désespérément à la recherche de prévente, la soirée est archi sold-out. Nous commençons prendre conscience de la dimension de l’événement. 

22h30 : A l’entrée deux jeunes anglaises tatouées et percées, comme seuls les britishs savent le faire, nous distribuent notre kit de jeu pour la soirée : deux grilles de bingo et un feutre. A peine les portes passées, on fonce au bar afin de se ravitailler en bière. La partie n’a pas encore commencé mais la salle est déjà bien pleine. Derrière la scène, un immense écran sur lequel défile une succession de messages tel que “ce que vous vivez en ce moment est le calme avant la tempête” ou “vous vous apprêtez à vivre une expérience inédite”, ça met dans l’ambiance. 

Poster bingo rebel

22h40 : Je comprends rapidement à quel point le conseil vestimentaire de ma colocataire était avisé. Les marqueurs rouges distribués à l’entrée deviennent les instruments d’un body-painting géant. Très vite on ne croisera plus personne à la peau intacte. Si beaucoup s’amusent à orner leur camarade de formes phalliques, certains autres sont bien plus inspirés et dans le décolleté de quelques demoiselles germent des créations ravissantes. 

23h : Cette fois on y est, changement de lumières dans la salle, le solennel Genesis de Justice retenti alors que s’affiche sur l’écran un compte à rebours. A l’échéance de celui-ci arrivent enfin les animateurs de la soirée. La salle les accueille comme des rock stars, et des rocks stars c’est exactement ce qu’ils sont. Tous vêtus de façon excentrique et improbable, ils nous font sentir que ce soir : ils mettront le feux. 

23h03 : Le leader du groupe prend le micro et nous explique les origines du jeu, tout aurait commencé dans une veille église londonienne dans laquelle la bande de lascars avaient l’habitude d’organiser des soirées secrètes. Un jour, au sous sol ils trouvèrent un vieux jeu de bingo, de là serait né accidentellement le rebel bingo. Certaines personnes aujourd’hui essayeraient de réduire à néant ces soirées : les patrons de l’association officielle de bingo. S’affiche pour preuve sur l’écran géant le message Facebook de l’un d’entre eux, dénonçant ces rassemblements comme “amoraux, indécents et contraires au réel esprit du bingo”. La réaction de la foule ne se fait pas attendre : une huée collective. Quelle est la part de mythe, quelle est la part de vérité ? On s’en fout pas mal à vrai dire, on veut juste croire à leur histoire, belle et rebelle. 

23h11 : Le game commence, avec des règles un peu moins orthodoxes que pour un réel bingo. Peu importe qui termine sa grille en premier. Pour gagner il faut, une fois un bingo obtenu, se jeter sur la scène et aller enlacer avec vigueur un des animateurs de la soirée. Dans une salle remplie d’anglais prêt à en découdre, on vous laisse imaginer le challenge. 

23h30 : Nous surveillons tous notre grille assidûment. L’énoncé des chiffres est fait dans une prose qui n’est pas sans rappeler la poésie shakespearienne “And now it’s like a very thin penis and an extra-large asshole, it’s a 10!”

23h45 : Certains malins s’amusent à monter sur scène alors qu’ils n’ont pas complété de ligne. Mais on ne met pas de carotte au rebel bingo, dès que la fraude est démasquée s’affiche sur l’écran un grand “Loser” et pour fond musicale “move bitch get out the way” de Ludacris

23h54 : Première victoire, premier prix remporté. C’est l’événement, on croirait assister à la remise d’un Oscar. Pour être honnête les prix mis en jeu sont assez dérisoires, mais ils sont présentés d’une telle manière que la salle entière jalouse les gagnants. Une peluche devient votre meilleur ami pour la vie et un parapluie à diodes fluorescentes devient l’allié de choc pour survivre à la météo Britannique (les anglais savent être honnête lorsqu’il s’agit de parler de leur climat). 

00h00 : C’est l’heure de “l’entracte”. Retour au bar, nos pintes sont vides depuis un bon moment, nous étions juste trop absorbés par le jeu pour nous en rendre compte. 

00h03 : Dans le fumoir on sympathise avec quelques Bristoliens qui n’en sont pas à leur première soirée. On apprend alors que la victoire ou la défaite des téméraires, qui montent sur scène, dépend autant de leur grille que de leur charisme et humour. “La règle du rebel bingo c’est justement qu’il n’y a pas de règle tu vois?” me dit ma voisine aux cheveux bleus. Ouais je vois. 

00h20 : La soirée reprend, à ce stade absolument plus personne n’est sobre, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire au jeu. Les chiffres se mélangent et l’euphorie grandit.  

(Photo : Asicophoto.com / BrightestYoungThings.com

00h22 : Je remarque que la partie féminine de l’équipe du Rebel Bingo a encore changé de costume, c’est du grand art, à mi-chemin entre du burlesque et les créations modes les plus tendances, Ladygaga n’a qu’à bien se tenir, the show must go on! 

00h40 : La plupart d’entre nous avons abandonné nos grilles, ça devenait trop technique. 

01h00 : Le bingo s’achève. Aucun de mes amis n’a remporté de prix mais tous sont convertis. Une fois le jeu clôturé de la musique surgit des enceinte, il n’est qu’ 01h, il nous reste encore toute la nuit pour danser. 

On a testé pour vous : Paris-Londres pour 12 euros

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La vie étudiante est porteuse d’un cruel paradoxe : l’envie de tout faire, de tout voir et le porte monnaie aussi vide que le cœur d’un terroriste.
Les quelques provisions faites pendant ta carrière estivale de plagiste auront été vite dilapidées en bière et T-shirts à messages parodiques.
Les lois arithmétiques terrestres font qu’une opportunité de voyage est plus probable de se déclarer lorsque tes poches sont vides. Conséquences de cet algorithme : une frustration maximum et un gâchis de temps à baver sur l’instagram de ton cousin Berlinois.

Les hurluberlus sont toujours prêts à faire tourner les bons plans. Alors quand on a entendu parler d’un Paris-London en car pour 12 euros, on s’est dit qu’un test de rigueur s’imposait!

Paris-Londres pour 12 euros, ça donne quoi ?

Charles et Camilla trouvant ce prix “ridiculously cheap”

20h : RDV à porte Maillot Une file de bus attendent leurs passagers. Sont scotchées sur une feuille A4 jaunie les destinations des navettes : Madrid, Prague, Barcelone, Amsterdam… Comme à l’aéroport, on rêve en lisant la multitude de destinations, sauf que là il n’y a ni checking, ni hôtesse, ni avion, ni aéroport.

20h15 : Pas évident de trouver un chauffeur assez aimable pour m’indiquer la localisation du bus à destination de Londres. Qu’importe, mon enthousiasme de me faire un weekend à moindre frais est plus fort que tout. Je m’imagine déjà faire le plein de rencontres pendant ce long trajet, dans une navette probablement pleine d’étudiants au goût du voyage prononcé.

20h18 : Je m’installe à bord et vérifie que mes denrées sont suffisantes pour passer outre-manche : une bouteille de Ginger Ale et un paquet de digestive, les comptes sont bons, larguez les amarres.

20h25 : Pour fêter la mise en route du moteur et le confort assuré de mon trajet de part l’absence de voisin, je m’enfile un premier biscuit, calant confortablement mes jambes sur les deux places que je me suis auto-attribuée.

20h26 : Le digestive a un petit gout de reviens-y, alors que j’en pioche un second, Suzy, anglaise de 48 ans et mère de famille dévouée, s’installe tout sourire à côté de moi, brisant à jamais l’ergonomie de mon voyage.

20h50 : Suzy n’a pas eu la délicatesse des gâteaux secs pour casser la croute. Au menu : salade chou-fleur mayonnaise, pringles onion sour cream. Le visuel de salade ne m’attire pas plus que ça mais les pringles constituent une réelle agression sonore et olfactive.

21h : La batterie de mon Smartphone décline dangereusement. Organisée comme je suis, mon chargeur n’est jamais loin. 5 minutes après le branchement, un message sur mon écran m’indique l’extinction imminente de mon téléphone et, au passage, la vétusté de la prise dans laquelle j’avais placé tout mes espoirs.

21h20 : Une fois son repas finit, Suzy se sent d’humeur bavarde, je le suis moins mais me soumets tant bien que mal à une biographie odeur crème oignon.

22h30 : Le bus s’arrête. Une partie des passagers se font extirper brusquement de leur sommeil comme l’atteste l’arrêt soudain du concert de ronflement.

22h31 : Pas de panique : pas de panne technique, il s’agit juste de l’arrêt à la douane. Tout le monde descend, il fait approximativement 2 degrés, et nous sommes contraints de faire la queue pour présenter nos passeports à deux agents. Je m’imagine le drame du distrait se rendant compte qu’il a oublié sa carte, à 22h30, dans un bled, dans le froid, après 2 heures de route en compagnie d’une Suzy.
Je regarde les gens se succéder en tendant leurs papiers aux deux policiers, aussi glaciaux que la météo locale. Un instant je me demande si je pars en weekend ou au goulag.

22h45 : Retour dans le bus, pour me réconforter de cette halte impromptue je continue ma consommation de digestives, je vois Suzy en mal de dessert loucher sur le paquet, je lui en propose un, elle en acceptera deux.

23h30 : Incroyable mais il semblerait que j’ai enfin trouvé une position, mi-fœtale mi-lotus, qui soit à peu prés confortable. Alors que Morphée me berce : deuxième arrêt.

23h45 : Toute groggy je me dirige vers le Ferry, je vois une joyeuse bande sortie d’un autre bus, courir vers l’entrée. Je ne comprends pas cet empressement, persuadée qu’il y a assez de place à bord et que le capitaine n’oserai jamais m’abandonner sur le quai.

00h00 : Après 5 tours du navire et la certitude qu’il ne reste aucune banquette digne de ce nom, je réalise que je paie mon manque de réactivité pour passer à l’abordage. Je croque un Digestive pour me consoler.

04h00 : L’ennui est mortel, trouver le sommeil : impossible. Je monte sur le pont pour m’en griller une. La mer est agitée, je tente tant bien que mal de protéger ma roulée du vent et de la pluie. Alors que je dois me résoudre à abandonner l’idée de fumer, j’ai comme l’impression que les éléments se liguent contre moi. Avant de me mettre à l’abri, je jette un regard furieux au ciel et me prend une dernière giclée d’eau dans la figure.

04h30 : Retour dans le bus, j’ai le réflexe con de croquer un Digestive. C’est le trop plein, ce qui était mon biscuit préféré me dégoutera à jamais à compter de cette date, je donne le reste du paquet à Suzy.

05h30 : Alors que nous arrivons à Londres, j’ai comme la sensation d’une gueule de bois. Pourtant mon Ginger Ale est garantie 100% sucre et 0% alcool.

06h30 : Arrivée à Londres, je veux un lit, vite, dans la ville qui ne dort jamais.

En payant 12 euros pour parcourir 500 KM et traverser une mer, il ne faut pas s’attendre à une prestation 4 étoiles et comme dirait nos amis québécois : on ne demande pas à un cheval de pondre un oeuf. En revanche ne sous-estimez jamais votre besoin de confort et la sensibilité de votre postérieur. Le deal du bus bat en matière de prix tout autre moyen de transport, mais c’est à vous de choisir, entre la bourse et les hémorroïdes!