Les disques du mois de février (et plus si affinité)

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Le mois de février touche déjà à sa fin, un mois où l’on a eu l’occasion d’écouter beaucoup de musique blotti au fond de notre canapé avec un verre de scotch et Dostoïevski en guise de compagnie, pour lutter contre la froideur hivernale.

Un mois qui fut riche en actualité musicale, avec notamment le retour de Björk sur le devant de la scène et la surprenante reformation du mythique groupe Blur (avec un album annoncé pour le 27 avril prochain). Ce mois de février fut aussi celui de Roxy Music, puisque les deux fondateurs du groupe y sont allés de leurs albums.

D’un côté Brian Eno a sorti de ces cartons, des petits bijoux instrumentaux du début des années 90.  De l’autre Bryan Ferry, qui, revitalisé comme un enfant, depuis sa collaboration avec Todd Terje, a livré un autoportrait sonore, composé de ses meilleurs morceaux de sa carrière. Avec cet énième album,  Bryan Ferry montre qu’il est un des grands fauves du rock, un chanteur, musicien et performeur hors pair, sûrement l’un des plus grands, avec Bowie.

Les disques du mois de février, Rone et Panda Bear

Mais ce mois de février fut surtout celui de Rone et de Panda Bear, deux musiciens atypiques, dont leur différence n’a d’égale que leur talent.

Le voyage lunaire de Rone

C’était le dimanche 12 mai 2013,  le festival des Nuits Sonores livrait sa dernière bataille dans la pénombre des usines Brossettes. Le dernier artiste de la soirée, s’appelait Rone et il venait défendre son deuxième album Tohu Bohu, sorti quelques mois plus tôt. Devant les quelques 45 000 personnes réunies ce soir là, il livra une prestation incroyable, retournant son auditoire, dans une cohue presque surréaliste, au son de Bye Bye Macadam.

Ce soir-là, Lyon avait eu la confirmation que Rone était bien plus qu’un DJ, c’était un artiste singulier à l’imagination débordante.

Depuis ce fameux concert, de l’eau a coulé sous les ponts,  Rone a acquis le statut de « prodige de l’électronique français », et s’est fait beaucoup de nouveaux amis.

Etienne Daho notamment, qui lui a demandé de remixer «En surface», morceau de son dernier album, The National qu’il a épaulé sur l’album Trouble Will Find Me ou Jean-Michel Jarre, qui a choisi deux des titres du jeune homme pour une compilation.

C’est donc avec un engouement certain qu’est sorti « Creatures », le troisième album de Rone.

Ces créatures, ce sont ses petits démons intérieurs, bons ou mauvais, celles également d’un brillant casting d’intervenants extérieurs : Etienne Daho (encore lui), François Marry (Frànçois And The Atlas Mountains), Gaspar Claus, Bachar Mar-Khalifé, Bryce Dessner de The National ou le trompettiste Toshinori Kondo ont notamment participé à la naissance de ces morceaux en forme de golems sonores. Parce que Rone a ouvert son disque aux quatre vents et à toutes les latitudes, parce qu’il semble avoir réussi, techniquement comme mentalement, à lâcher sans réserve la bride de sa riche imagination, Creatures fourmille d’une vie étonnante.

Rone est de nouveau à l’affiche des Nuits Sonores, et on l’on suppose que comme un passeur , il clôturera le festival avec « Sing Song« , morceau lunaire, qui fait écho à « Bye Bye Macadam ».

L’histoire n’est donc pas près de s’arrêter…

On vous invite d’ailleurs à soutenir l’artiste en vous procurant l’album Creatures en cliquant ICI.

Panda Bear au sommet des cimes.

Jusque là, Noah Lennox, alias Panda Bear, était plus connue pour sa collaboration, avec les Daft Punk,  sur le titre Doin’it right, que pour ses projets solos.

Mais ça, c’était avant son dernier album «  Panda Bear Meets The Grim Reaper ». Un album aussi surprenant qu’éclectique, où Noah, raconte sa peur de la mort au travers d’un voyage auditif.

Je sais dit comme ça, c’est surprenant, mais après plusieurs écoutes, ce disque (chaudement recommandé par mon frère) c’est révélé être une pure merveille de créativité.

Plus austère et plus solennel que Personn Pitch et Tomboy, sorti respectivement en 2007 et 2011, « Panda Bear  meet the Grimp Reap » est un des très grands disques de ce début d’année.

Il vous suffira d’écouter « Boys Latin » ou « Mr Noha » pour vous en convaincre.

Dans la boite à musique d’Hurluberlu

Pour conclure, ce week-end musical, après le mix de Make The Girl Dance, on vous laisse avec notre playlist électronique de février. Une sélection purement subjective, de ce qui a tourné sur notre Souncloud le mois dernier, avec entre autres, un énorme remix de Nicolas Jaar, une belle reprise d’ELEPHANZ,  une nouvelle production de Mozambo, une bonne tranche d’amour distillée par le Prieur de la Marne et le retour sur le devant de la scène, du cultissime Degiheugi (dont on sera amené à vous reparler très bientôt).

Mozambo – Hulubberlu Mixtape #4

En cette fin d’année 2014, il y a deux choses qui font l’actualité de la cité  Phocéenne : l’avenir de la glacière de Marcelo Bielsa, signe du renouveau de l’Olympique de Marseille, et un jeune trio de musiciens au nom exotique : Mozambo.

Si la première a le mérite d’avoir remis l’Olympique de Marseille au cœur de toutes les attentions cette saison, c’est bien Mozambo qui a attiré la notre, il y a déjà quelques mois de ça.

L’histoire a commencé sur Souncloud, la plus grande plateforme, d’échangisme musical au monde, alors qu’on reluquait le matos digital par un après-midi d’hiver. Au hasard, des playlists, on est tombé sur un remix de « Baby I am yours » de Breakbot, le hit de l’été 2011. Sans doute, un peu nostalgique, on s’est laissé envouté par ce son chaud au relent estival.

Après la déferlante de Bakermat et de son saxophone, ont s’était dit que plus jamais, on ne s’extasierait sur des solos d’instruments à vent et encore plus si c’est des cuivres. Mais comme souvent, on n’a pas tenu nos promesses et on a dansé comme des maboules sans docteur sur ce morceau intitulé « wake up », titre plus qu’évocateur tant il désigne une musique entrainante et jouissive.

Bref, l’année s’écoule, on continue nos aller-retour incessants sur Souncloud multipliant les rencontres et les aventures musicales adultérines, tout en suivant à la trace se crâne d’indien de Mozambo. En mars dernier, il revient avec So Flute, un remix du DJ français Saint Germin, l’un des pionnier de la house hexagonale, qui a fait les grandes heures des soirées parisiennes dans les années 90. Avec ce remix, le dicton « c’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures confitures » prend clairement tout son sens. Le morceau, essentiellement composé de flute traversière, dépoussiéré entièrement, connaît un très grand succès, dépassant ainsi les 600 000 écoutes sur Souncloud (pour vous donner un ordre d’idée, la métropole de Lyon comptait 491 268 habitants en 2011).

Après, avoir joué au Wanderlust cet été avec KLINGANDE et ANDROMA, les gars Mozambo continuent leur inéluctable ascension vers le succès. Un succès qu’ils méritent largement, n’en déplaise à tous les petits rigolos qui pensent que la deep house, est un mouvement trop commercial. C’est vrai qu’ils ne s’enregistrent pas dans des caves, superposant les riffs de guitares pour permettre « la symbiose de l’homme et de la machine » et ce n’est vraiment pas plus mal.

Mozambo c’est une histoire de potes, et d’amour de la musique. C’est une histoire de danse et de partage. C’est l’histoire de l’été qui est maintenant bien loin et qu’ils ont décidé de nous faire partager avec cette mixtape.

Bonne écoute et merci à eux.

Mozambo – Hulubberlu Mixtape #4