Les commandements pour être un mec stylé sur les réseaux sociaux ?

Notre société est devenue narcissique à grande échelle depuis que chaque personne a la possibilité de se prendre pour un homme des médias. Au milieu de cette quête permanente de la popularité digitale, l’homme moderne doit être capable de glisser le bon mot d’esprit ou la photo de vacances qui a la classe pour s’émanciper de cette grosse masse boueuse qu’est l’Internet. S’il vous arrive d’écrire des statuts Facebook du genre « aujourd’hui, j’ai descendu la poubelle et j’ai croisé mon voisin, il ressemble à Vincent Cassel » et que vos contacts vous répondent en cœur « j’aime ça », alors cet article est fait pour vous. Pour les autres, une petite séance de rattrapage ne fait jamais de mal.

Les commandements pour être un mec stylé sur les réseaux sociaux ?

Ne jamais, au grand jamais, se prendre en photo tout seul devant une glace et en faire sa photo de profil.

L’erreur est classique et pourtant si commune. Le gars fait un magnifique « selfie » dans l’ascenseur de son immeuble, parce que, fraichement  diplômé, il est apprêté pour son bal  de promo, il pense avoir du style avec sa bouche en cul de poule et le flash de son iPhone, qu’il a oublié de désactiver.

NON MON GARS, tu as juste l’air d’un gros blaireau qui n’a pas l’habitude de revêtir un costume et qui immortalise l’instant comme l’idiot du village qui fait des tours avec une Lamborghini de location sur la place Bellecour un mercredi après-midi, car lui non plus n’a pas l’habitude et veut épater la galerie.

 

Là encore, l’instruction paraît bidon,  mais combien de vos contacts Facebook, oublient de se dé-taguer  après leur soirée de fin de partiel ? C’était il y a cinq ans et jamais cette photo où il était saoul comme un régiment russe après la victoire de Stalingrad ne va ressortir… jusqu’au jour où

Surprise !! Il suffit d’un collègue de boulot un peu véreux pour que cette fameuse photo où il est déguisé en PO des Telettubies  avec un gros « quatre feuilles » dans la bouche, ne soit imprimée partout dans l’entreprise. Même les meilleurs se font pincer, puisque  Gaspard Gantzer, le directeur de communication de l’Élysée s’est fait « prendre » en train de fumer une cigarette magique, alors qu’il était en poste depuis moins d’une semaine.

Arrêtez de faire les zouaves, dé-taguez-vous de toutes les photos sensibles et BLOQUER votre compte à toutes personnes autres que vos meilleurs amis, un point c’est tout. (Encore que vos potes sont capables de garder des « dossiers » qu’ils attendront de ressortir à votre mariage, chienne de vie…)

Soyez apolitique.

On sait que le retour de Nicolas Sarkozy en politique fut vécu par les partisans de la droite française comme un signe annonciateur de joie dans la grisaille hollandaise. Sûrement aussi que quelques années plus tôt, les jeunes bobos plein de rêves avaient acclamé la venue de ce même François Hollande à qui ils tournent désormais le dos. Ainsi va la vie, et nous autres, les Français, fils de Montesquieu et de la Révolution avons en nous des velléités de grands discours et de combats politiques.

Mais, non, les réseaux sociaux ne sont pas une estrade pour fomenter de grands discours et ainsi exposer le Prieur de La Marne et autre Jean Jaurès qui sommeillent en nous. Cette remarque vaut aussi pour les écologistes ; lorsque l’on a comme principaux combats de prendre un vélo pour aller faire ses courses, de fermer le robinet en se brossant les dents et de trier ses déchets, il n’est pas vraiment nécessaire de le twitter au quotidien comme si on voulait absolument montrer à nos amis virtuels à quel point chic type nous sommes. Encore faut t-il savoir si on le fait pour nous et notre planète ou pour le montrer … !?

Entretenez son image publique

Facebook, Twitter et Instagram sont faits pour faire partager à la communauté Internet votre vie. Car oui, les réseaux sociaux sont bien là pour que vous ayez une vie publique. Ceux qui ne postent jamais rien et disent que c’est simplement un bon moyen de garder contact avec leur correspondant espagnol du lycée ou leur pote parti vivre en Australie ont tort.

Nous sommes la génération Y et qu’on le veuille ou non, il faut vivre avec son temps et internet en fait partie. Les réseaux sociaux sont un excellent moyen pour développer et fidéliser vos contacts. On ne dit pas là qu’il est nécessaire de poster toute la journée en restant cloitrer dans son appart afin de faire monter son « cloud » (sa côte internet). En revanche, entretenir et poster assez régulièrement permet d’être vue et maintenir ses contacts « actifs ». Donc de ne pas être oublié. Vos contacts vont alors penser à vous et vous appelez lorsqu’ils auront un plan susceptible de vous intéresser. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui aux personnes physiques ce qu’est un site internet pour une entreprise : de la visibilité pour se vendre.

Pour garder contact avec les gens et pour communiquer on utilise WhatsApp ou Skype, mais pas la conversation instantanée de Facebook, en tout cas, pas en 2014.

Il faut donc travailler son image, quitte à prendre dix à quinze minutes pour éplucher la toile et poster une photo/vidéo choper sur la page pute de Brain. (Bien sûr, les plus sérieux eux, décideront plutôt de poster des articles du Monde ou du Point pendant que les plus éveillé publierons des articles d’Hulubberlu)

Privilégier le post de photos aux statuts rigolos

C’est bien connu les actes valent mieux que les longs discours.  En matière digitale c’est la même chose, il faut toujours préférer la publication de photos aux statuts pour illustrer votre vie. Ainsi, si on va à Hong Kong, une photo de vous à votre première rencontre avec un grand maitre en arts martiaux vaut mieux que le post de votre destination en lettre capitale. Statistiquement, une photo sera plus virale qu’un simple post et si on y ajoute un filtre « sépia », alors là, c’est sûr que c’est le « buzz ».

Mais attention, la côte de popularité des photos postées varie beaucoup en fonction de l’âge, de la région et surtout du sexe.

  • De l’âge d’abord, parce que les jeunes d’aujourd’hui sont des « serial likers », toujours prêt à aimer tout et n’importe quoi. Comme à l’époque des « Skyblogs », c’est le marché aux puces de la popularité, ça monnaye les « j’aime » et les commentaires.
  • De la région ensuite, car il est plus facile d’être populaire sur les réseaux sociaux en campagne qu’en ville. Le théorème paraît complètement con, mais étant donné que la densité de population est plus importante dans un cas que dans l’autre, il est normal d’arriver à se faire plus vite une place sur la toile. CQFD
  • Du sexe enfin, car les membres de la gente féminine sont plus populaires que ceux du sexe opposé. Il suffit que ces dames publient une photo en maillot de bain pour que les « likes » affluent aussi vite que des lapins en Garenne. C’est valable sur tous les supports et parfois c’est complètement abusé. Notamment sur Instagram, où des nanas sont suivies par plus de 10k followers (rappelez vous le cas de Jen Selter) alors que nous, simple hommes modernes, multipliant les bons mots et les infos croustillantes,  nous n’arrivons pas à dépasser la barre fatidique des 500 followers. Voilà ce qu’est vraiment « l’inégalité des sexes ».

Être naturel

Même si les réseaux sociaux sont faits pour avoir une vie publique, il faut montrer qu’il y a justement une vie derrière l’ordinateur. Les gars « sur-connectés »qui vont jusqu’à souhaiter la « bonne nuit » sur Twitter laissent à penser qu’en dehors de leur vie digitale,  ils se sentent bien seuls avant d’aller au lit.

Pour conclure, il faut se dire qu’il faut être impeccable et honnête sur les réseaux sociaux, tout en connaissant leurs perversité. Ce n’est pas parce que l’on peut choisir ce que l’on peut publier, partager ou encore supprimer que nous devons nous inventer une vie.

Soyez digne et Internet vous rendra la gratification que vous méritez.

Pourquoi Internet anesthésie la génération Y ?

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Checkpoint Charly : Les questions existentielles ou presque.

POURQUOI INTERNET ANESTHÉSIE (DANGEREUSEMENT) LA GÉNÉRATION Y ?

Le réveil sonne. Vous ouvrez les yeux mais vous ne voulez pas vous lever. Ça pique. Vous vous êtes encore couché trop tard. Il va falloir aller travailler et d’ici une minute, vous allez soulever votre couverture, avoir froid et courir pour atteindre la douche, ultime moyen de vous réveiller vraiment. Car jusqu’à présent vous ne l’êtes pas. Du moins pas complètement. Vous êtes plutôt un genre de zombie qui reprend soudain conscience de son existence (et oui, ce n’est pas toujours beau à voir). Mais la douche est encore loin et le réveil de votre smartphone probablement de type iPhone sonne toujours. Cette même sonnerie qui vous réveille tous les matins de la même manière résonne dans votre tête. Cela vous irrite, alors vous tendez le bras et atteignez votre téléphone chargé à 100%. Votre pouce glisse sur l’écran LCD et la musique s’arrête. Vous regardez péniblement l’heure, aveuglé par votre écran et vous imaginez une seconde le plaisir d’une grasse matinée défendue. « Et si ce matin, exceptionnellement, je ne me levais pas ? » Vous pourriez inventer une excuse formidable et vous replonger dans vos draps chauds, façon fajitas Old El Paso. Votre cocon adoré. Mais finalement non. La raison l’emporte. La grasse mat’ attendra… vivement le week-end prochain!

Alors c’est décidé, vous allez vous lever. Mais une petite chose vous retient encore. Un nouveau rituel qui rythme désormais vos matins. Votre iRéveil est encore dans votre main et vos yeux sont braqués sur la lumière de l’écran. Ils ont repérés un petit carré bleu avec des bords arrondis et un « f » blanc dessus. Ce carré vous le connaissez  par cœur. D’ailleurs il vous nargue toute la journée. Il titille votre cerveau ce carré bleu. Vous lui accordez toute votre attention, il est incontournable. Non, vous ne l’éviterez pas. Vous ne pourrez pas l’éviter. Sa force d’attraction est plus forte que vous. Le « quoi de neuf » qui n’engage à rien s’est métamorphosé en habitude. « Trop de mystères se cachent derrière cet icône ». Il devient alors impossible de ne pas cliquer dessus. Et évidemment vous ne faites pas la seule chose qui aurait pu contredire cette introduction avec panache, à savoir : jeter avec violence votre smartphone contre le mur en criant « JE T’EMMERDEEE FACEBOOK ! ». Raison numéro une : un iPhone ça coûte cher. Raison numéro deux : vous êtes addict. Bon, le « jeté de smartphone » est un peu radical, mais d’un côté une désinscription totale du réseau social à ce moment-là semble presque aussi surréaliste.  Alors non, vous ne faites pas ça. En fait, vous faites exactement l’inverse. Car à cet instant-là de manière quasi-instinctive, comme ça, sans réfléchir, la seule chose que vous faites, c’est cliquer. Votre doigt touche le coin de l’écran, espace où se trouve précisément notre fameux carré bleu. L’application s’ouvre. Vous voilà connecté au monde. La journée peut commencer. Le chargement s’effectue et vous scrollez votre page d’actualités. Ce que vous faites est vide de sens mais c’est devenu naturel. D’ailleurs vous vous en fichez pas mal de savoir si cela a un sens. Vous attendez la surprise. Vous espérez.  Peut-être qu’un message de séduction inattendu de la personne que vous convoitez secrètement va apparaître ? Ou alors la publication des photos de samedi soir que vous attendez toujours ? Ou peut-être 20 likes de plus sur votre nouvelle photo de profil ? (Ou même juste un ?)  Ou peut-être simplement voir si le monde tourne toujours rond ? Alors il y a des matins où vous êtes gâté. Vous avez votre lot de surprises et c’est une raison suffisante  pour commencer la journée du bon pied. Mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Parfois vous n’avez pas votre surprise. À vrai dire souvent.  C’est comme si la petite souris avait oublié de passer. En réalité, c’est juste le clic de cette dernière. Mais enfin, pour vous c’est pareil. Cela vous fait un drôle d’effet. L’effet d’un manque. Vos paupières sont lourdes. Rien ne se passe. Vous avez satisfait votre envie de cliquer, mais réalisez que cela ne vous suffit pas. Vous vouliez plus. Le pire étant de réaliser que vous ne savez pas quoi. Vous ne vous êtes pas levé que vous êtes déjà frustré. Le monde vous a parfaitement ignoré et le matin a un goût amer. En fait non. C’est plus flippant que ça, car le matin n’a pas de goût. Vous reposez votre téléphone. Un zombie se lève. Ce zombie c’est vous. Et c’est moi aussi.

Salut génération Y ! Le mois dernier, mon article portait sur les Geeks. Il inaugurait cette rubrique philosophico-sociologique-cool-new-wave en posant la question suivante : « Pourquoi les geeks changent le monde ? »  À travers ce questionnement existentiel ou presque, on parlait d’évolutions humaines, de technologies qui révolutionnaient nos vies et d’internet. Mais au-delà des machines, cet article était avant tout un hymne à l’imagination. Une ode à la créativité au service de l’Homme. Car c’est toujours ça la grande question : Nous. Mais quand l’article fut posté, j’ai réalisé que je n’avais pas tout dit. Et comme tout n’est pas blanc, j’ai eu envie d’explorer les zones d’ombres de notre génération Y, le côté obscur de l’Internet. C’est pour cette raison que j’ai envie de poser la question de notre relation à Internet. Après la force des Geeks, les failles d’un monde 2.0 et la boucle sera bouclée !  Alors si toi aussi tu penses que tu deviens un zombie moderne tape ZOMBIE au 8 32 32 et lis la suite, ça pourrait t’intéresser.

AVANT INTERNET.

Au commencement le Big-Bang. Le choc des matières. Une puissante lumière se propage dans le néant et laisse derrière elle une trainée de poussières cosmiques. Parmi elles, une planète peuplée de dinosaures : la Terre. Un astéroïde plus tard, grosse explosion, fin du délire Jurassic Park (à l’exception d’un certain Denver, le dernier dinosaure) et arrivée des mollusques. Théorie de l’évolution : les méduses se tapent les têtards qui se tapent des lézards et PAF ça fait des bébés singes. Enfin débarquement des extra-terrestre (les geeks ?) sur la Terre, qui finissent par s’enfiler les singes et REPAF ça fait des hommes de Cro-Magnon (des singes plus intelligents en gros… nos ancêtres). L’Homme est donc un animal faible mais plus clairvoyant que les autres. Il se sert de son cerveau pour devenir meilleur. Il découvre le feu, se sert de ses mains pour créer des outils et pour construire. Ainsi il fait l’amour et la guerre. Ainsi il fait l’Histoire. Il invente tout plein de trucs formidables tels que l’agriculture et les machines à vapeur. Il invente aussi des trucs inutiles (tels que la peinture, la poésie, la musique… bref l’Art) mais qui lui donnent un sentiment justifié d’intelligence et d’évolution. L’Histoire de l’Homme est fameuse, pleine de rebondissement et de profondeur. On voit passer des révolutions et des démocraties. Des crises économiques et des crises de colères. Du sexe et du Rock’n’Roll. Autant de choses qui donnent à la vie une putain de saveur. L’Homme est dans l’action et se sent plus vivant que jamais.

Vous l’aurez compris, il faut que j’arrête d’écrire bourré. Plus sérieusement,  il est évident que ce « résumé » de l’Histoire de l’humanité ne dit pas tout (et dit aussi beaucoup de conneries). Mais il a toutefois le mérite de guider ma pensée vers l’idée suivante : « le sentiment d’existence ». En fait l’idée qu’à travers son évolution périlleuse, le genre humain dans sa globalité et malgré ses nombreux défauts, avait une aspiration à la grandeur. Et comme sa quête de bonheur est longue et laborieuse, parsemée de pièges et de malheurs, quand il arrive au bout, l’Homme a vécu un vrai truc. Comme le dit l’adage « Ce n’est pas la destination qui compte, c’est la route ». En gros la vie est une montagne russe avec des hauts et des bas, mais où l’émotion prime sur tout. D’où ce « sentiment d’exister ». Mais ça c’était avant. Avant Internet.

Il y a eu un avant internet et il y a eu un après. Le « Avant-Internet » c’est la préhistoire de l’Homme moderne. Car quand l’Homme a découvert Internet, l’Homme à découvert le feu.

APRÈS INTERNET.

« Si Dieu a crée l’Homme, L’Homme s’est émancipé en créant Internet. »

Comme à la découverte de n’importe quel trésor, au début c’est l’effervescence. Comme un gamin qui déballe son paquet à Noël et découvre que le cadeau est encore mieux que prévu. Comme quand on trouve une idée géniale. Car c’était le cas : une idée géniale au potentiel énorme. Alors évidemment on s’emballe et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On fonce tête baissée dans le futur, joueur et insouciant, avec l’espoir que ce trésor nous apportera une vie meilleure. Dans mon article précédent, j’avais défini Internet comme tel : « La connaissance absolue. L’information immédiate. (…) En un clic, l’information fait le tour du monde, voyageant à la vitesse de la lumière. »  Formidable n’est-ce pas ? Mais cela sous-entend qu’Internet a une fonction bien précise de partage d’informations. Voilà ce qu’aurait dû être Internet : un outil pour l’Homme. Et j’insiste sur cette notion : un outil UTILE à la vie. J’emploie du conditionnel pour le définir mais la vérité c’est qu’Internet EST utile. Utile pour s’informer, écouter, voir, partager  ou encore communiquer. Aussi utile pour créer, pour entreprendre, pour troquer, pour voyager, pour se faire connaître, pour devenir trader et gagner de l’argent facilement ce qui permettrait ensuite d’augmenter la taille de son sexe et de baiser des filles moches, pour faire des rencontres, regarder des films en streaming, se faire un p’tit porno, apprendre la cuisine, réparer un téléphone… utile parce que tout est moins cher, j’en passe et des meilleurs. Bref UTILE.

Mais si j’ai employé le conditionnel pour le définir tout à l’heure, c’est parce qu’il y a un « mais ». Ou plutôt un « SAUF QUE ». Quand je dis « ce qu’Internet aurait dû être » sous-entend pour moi qu’Internet a désormais dépassé ce statut d’outil qui devait le définir. Internet est devenu plus qu’un outil, il est devenu un monde à part entière. Internet est génial MAIS nous en sommes devenus dépendants. Internet est utile SAUF QUE c’est devenu une addiction. En entrant dans nos vies, Internet est devenu notre vie. Sur la pyramide de Maslow, il y a les besoins fondamentaux (manger, dormir, respirer…) et juste après il y a Internet. Nous ne pouvons plus nous en passer car nous faisons partie de la définition : nous sommes des êtres connectés. Nous vouons désormais un culte total à notre smartphone connecté.  Notre nouveau Dieu s’appelle Internet et son premier prophète est Facebook. Le feu que l’on a découvert brûle les livres et nous consume tout doucement.

Et si en découvrant Internet nous avions ouvert la boîte de Pandore ? Et si Internet était notre fruit défendu ? Notre pomme empoisonnée ?

Un constat en quelques chiffres :

Nous sommes désormais plus d’1 milliard d’êtres humains connectés sur Facebook. 600 millions de membres accèdent au site depuis un appareil mobile. Chaque jour, les Américains de plus de 18 ans passent en moyenne 5 h 09 sur Internet, contre 4 h 31 en moyenne devant leur poste de télévision. Le temps passé sur Internet est en nette augmentation (15,8 %). En France nous passons en moyenne 1 heure par jour devant Facebook (un chiffre déjà énorme et qui a pourtant vocation à augmenter encore).

Un constat qui peut donc faire peur car en seulement une année le temps passé devant notre téléphone a littéralement explosé. Au bout du compte nous passerions 36 heures par semaine devant un écran ! On serait tenté de se demander si avec tout ça on prend le temps de se parler ? Les réseaux sociaux qui aurait dû nous rapprocher n’auraient-ils pas eu l’effet inverse ?

J’aimerais partager avec vous cette publicité Apple nommée « l’incompris », que vous avez peut-être vue au moment de Noël :

https://www.youtube.com/watch?v=v76f6KPSJ2w

Photo : pub Apple « l’incompris »

Le pitch est simple : Un adolescent passe toutes ses vacances de Noël sur son iPhone. Alors que sa famille pense qu’il s’ennuie et préfère sa vie virtuelle, il les filme. Le matin de Noël, il montre les moments d’émotions qu’il a captés, réussissant à émouvoir sa famille. Évidemment cela fonctionne à merveille. C’est plein d’émotions, on s’identifie et cela nous rassure. Mais la vérité c’est qu’avec ce spot, Apple tente de dédramatiser les jeunes passant leur temps sur leur iPhone et iPad. Je sais que les marketeurs et les publicitaires sont des malins (à vrai dire je les connais bien, j’en suis moi-même un), mais là ils ont fait très fort. Ils ont pris un coup d’avance sur ce qui est en train de devenir le sujet qui fait mal au business. Et c’est tellement bien utilisé, tellement au bon moment. Combien parmi vous on eu l’impression que ce Noël 2013 était encore plus connecté que les précédents ? Combien on eu le sentiment que cette année le téléphone était trop présent ? Notre famille est là et nous, nous sommes sur notre téléphone. C’est quand j’ai réalisé qu’il était temps de proposer un bon vieux jeu de société type Monopoly, pour que tout le monde (moi y compris) se déconnecte, que j’ai commencé à flipper. Cette pub Apple se sert de cette réalité (que l’on appelle « Insight » en publicité) pour nous faire déculpabiliser. Mais moi, j’ai peur. Alors pourquoi faisons-nous ça ? La réponse est simple : nous cherchons à fuir l’ennui. Sauf qu’en cherchant à fuir l’ennui, nous fuyons la réalité. Nous devenons malgré nous des No-Life (la version dark du geek).

Finalement nous nous centrons sur nous-mêmes et sur notre e-réputation. Sans nous en rendre compte, nous sommes devenus des zombies égocentriques (d’ailleurs « SELFIE » est devenu le mot de l’année au Canada). Bombardés par un surplus d’informations nous sommes au bord de l’overdose. Nous perdons notre temps en nous abrutissant devant de la « junk information » (les fameux articles du type « Les 10 trucs les plus cons que vous avez jamais vus »). D’ailleurs nous ne prenons plus le temps de lire. Nous préférons les tweets de 140 caractères aux livres qui racontent des histoires. Mais le pire du pire (« Pire2Pire ») c’est que la journée se finit exactement comme elle a commencé : devant son écran. Alors qu’il est 1 heure du matin, que vous êtes fatigué, la dernière chose que vous faites c’est checker une dernière fois Facebook avant de dormir. Votre quête de surprises s’achèvera ici dans votre lit. Vous branchez votre téléphone pour le recharger et là, enfin vous fermez les yeux. Les 6 ou 7 heures qui vont suivre vous dormirez. 6 ou 7 heures consécutives où vous ne serez pas devant votre écran. 6 ou 7 heures où vous pourrez enfin rêver. Je dis « vous », mais en fait je dis « nous ». Anesthésiés par notre téléphone nous avons oublié qu’Internet était un outil. Nous avons oublié de vivre.

Alors quelles solutions ? Pas évident. Mais commencer par une prise de conscience collective autour de notre consommation du web serait un bon point de départ. Tout ce que je viens d’écrire est un peu badant et j’exagère volontairement les traits de notre génération pour faire passer les grandes idées. Je ne suis pas un anti-internet, au contraire, je suis un geek dans l’âme et je penses que nous avons irrémédiablement besoin d’Internet pour faire évoluer le monde. D’ailleurs je suis persuadé que le web a encore de belles choses à offrir au monde. Acceptons le futur, mais n’oublions pas qu’Internet est avant tout et surtout un outil.  Et pour finir sur une note positive, régalez-vous devant cette campagne de pub’ géniale pour Le Mouv’, qui nous rappelle aussi que « Tout n’était pas mieux avant ».

Alors sortez de chez vous, faites la bringue, soûlez-vous la gueule avec vos amis ou des inconnus, faites l’amour, voyagez et vivez. Le Checkpoint Charly c’est fini pour aujourd’hui, mais on se retrouve dans un mois pour plein de nouvelles questions existentielles ou presque. Allez ciao bonsoir !

Je dédie cet article à la génération Y et à Hélène pour son aide précieuse. « TMTC Babydoll ».

 

Pourquoi j’ai quitté Facebook ?

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Il y a peu de temps, j’ai décidé de faire une chose que peu de gens dans ce monde auraient eu l’idée de faire : j’ai quitté Facebook. Je dois le reconnaître, je l’ai fait tel un petit joueur puisque je ne me suis pas embourbé dans les multiples formalités numériques nécessaires à la désactivation définitive de mon profil. La fonction « Désactiver votre compte » qui permet un retour à la normale à n’importe quel moment m’a semblé être un bon compromis pour mener à bien mon expérience personnelle tout en ne supprimant pas tout le contenu de mon ‘journal’. Toi qui lis cet article, tu peux poursuivre ta lecture : je ne suis pas sur le point de t’exposer des théories fumeuses sur l’espionnage et les données, des thèses supposées te dégoûter de ton utilisation ‘facebookienne’ quotidienne si tu fais partie des 1,35 milliard d’utilisateurs mondiaux ou des 26 millions de membres actifs rien qu’en France. La preuve : je n’ai pas complètement cessé d’exister sur les réseaux sociaux. Je me suis lancé dans cette expérience par envie de me déconnecter légèrement, de réfléchir plus longuement sur ce que Facebook (ou ne pas avoir Facebook) a réellement comme impact sur la vie quotidienne.

Quitter Facebook

Le début est, je pense, une première étape barrière. On se demande si c’est le bon moment pour l’expérience ; avant d’appuyer sur le bouton, on espère qu’on ne manquera pas de grandes choses dans l’actualité de notre école, dans les événements, etc. Puis on se décide finalement, avec un petit peu de volonté, à appuyer sur ce lien qui nous demande de taper une dernière fois notre mot de passe tout en essayant de nous dissuader de désactiver notre profil avec des annonces telles que « Vous allez manquer à Marcel ». Mais soyons francs, le plus difficile reste à venir.

Lorsque l’on est encore inscrit sur Facebook, on ne s’en rend pas compte mais le réseau social agit réellement comme une drogue. On y va quand on s’ennuie sous prétexte de se divertir ; mais à force de s’ennuyer, l’action de se connecter devient presque anodine, de l’ordre du réflexe. Je me suis rendu compte dès les premiers jours de l’expérience que dès lors que j’allumais mon ordinateur et que j’ouvrais mon navigateur, dès lors que je déverrouillais mon téléphone dans le tramway, une sorte de réflexe myotatique me faisait aller sur Facebook, soit en tapant juste la lettre ‘F’, soit en cliquant sur la petite application. Sans le vouloir, à force de se persuader que c’est juste pour se divertir en se disant « J’arrête quand je veux », on se retrouve à être dépendant sans s’en rendre compte jusqu’au jour où l’on souhaite arrêter. A mon niveau, cette période n’a duré qu’une ou deux semaines. Je me suis mis à chercher des alternatives de sites (Hurluberlu.fr est une très bonne lecture) afin d’essayer de contrer ce réflexe.

Un autre problème, lorsque l’on arrête Facebook, est que l’on n’est plus au courant de rien. De nos jours, presque toutes les universités et toutes les associations au sein de ces dernières font circuler leurs informations par le biais des réseaux sociaux. L’inconvénient est que dès lors que l’on quitte Facebook, toutes les informations sur les soirées et les conférences, les aides scolaires et toute autre information utile à une vie sociale et scolaire épanouie disparaissent avec, vous entraînant dans des scénarios tels que :

« -Eh Marcel, tu viens à la soirée de ce soir ?

-Laquelle ?

-Ben celle organisée par l’association de Kevin, t’as reçu une invitation sur Facebook normalement »

Facebook a su se rendre indispensable dans nos vies d’étudiants et de jeunes actifs. Ce qui est impressionnant, c’est qu’il y a encore 4 ans, je n’avais pas Facebook et pourtant, les gens savaient communiquer autrement. La où Facebook prétend nous rapprocher et faciliter la communication, il n’a fait que créer une barrière de plus entre les non-membres et les membres en éradiquant les autres réseaux de communication. Dans la vidéo « Can We Auto-Correct Humanity », Prince EA va plus loin en proposant de reclasser Facebook comme un réseau antisocial. De surcroît, nous sommes par nature accros à la recherche du lien social. Le site encourageant le nombrilisme nous permet d’exister dans l’ombre en nous permettant une meilleure compréhension et une meilleure vision des gens que nous ne connaissons pas vraiment.

Pour être franc, aujourd’hui je suis retourné sur Facebook pour des raisons associatives, mais une chose est sûre : Facebook, tu ne l’aimes pas forcément, mais tu ne le quittes pas.

Médias – Neknominate la nouvelle connerie alcoolisée des réseaux sociaux.

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Neknominate : Le nouveau défi alcoolisé des réseaux sociaux

Vous avez vu une vidéo d’un pote boire un quintuple cul-sec de tequila (20cl) alone dans son salon ? Vous n’avez pas compris pourquoi il postait ça sur Facebook un lundi à 17h et commenciez à vous demandez s’il n’était pas devenu alcoolique ? (ou du moins s’il ne se l’avouait pas enfin).

Mais lorsque, plus tard dans la soirée, vous êtes revenus sur le réseau social bleu. Vous tombez sur la vidéo de votre ex beau-frère de 17 ans ½ la bouteille d’une main, le blunt de l’autre… vous ne pouvez pas vous empêcher de remarquer la même « signature » en fin de vidéo que celle de votre ami; ils mettent au défi d’autres « rapteus ». Mais pourquoi ? 

Alors pas de panique si vous êtes en retard ; Hulubberlu vous explique le phénomène Neknominate.

Après la mode de se prendre en photo allongé (planking) ; celle de se prendre avec une moustache dessiné sur son doigt ou celle de se prendre sur des toits (rooftopping). C’est une nouvelle tendance qui envahit les réseaux-sociaux : Le NEKNOMINATE.

Le Neknominate ; c’est un tout nouveau jeu d’alcool. Aussi intelligent que la mode de 2011, qui était de se mettre des tampons imbibés d’alcool dans le cul, sauf que cette fois, ça se passe sur internet et ça ne vient pas de Russie mais d’Australie.

Hé oui, l’Australie est aussi un pays avec une bonne descente ! D’après Vice, 40 millions d’euros auraient été mis en place par Kevin Rudd pour stopper les accidents liés à l’alcool.

 

Le principe ?

1 – Un ami vous « nomine » dans une vidéo en vous mettant au défi de prendre un cul-sec de bière
2 – Vous avez 24h pour poster, à votre tour une vidéo où l’on vous voit boire votre binch de la manière la plus originale possible en remerciant l’ami qui vous a lancé le défi en début de vidéo.
3 – Vous finissez la vidéo en nominant 3 nouvelles personnes
Alors OUI, le principe est plutôt fun : boire une bière cul-sec de la manière la plus originale possible. En effet, on aurait pu inventer pleins de choses hyper sympas ! Imaginez, un neknominateur déguisé en Mickey à Disney aurait lancé le défi à 3 fêtards, le premier aurait demandé à un pote posté au balcon de lui verser une bière dans le gosier. Le second aurait bu à la bouteille dans un aquarium ; quand au troisième, il aurait bu tête à l’envers dans la cuvette des chiottes (je tiens à préciser que les deux derniers sont tirés d’une histoire vraie)

 

Mais au final, pour neuf vidéos sur dix, c’est la même chose: essayer de boire la plus grosse quantité d’alcool de la manière la plus banale au monde : en se filmant chez soi avec sa webcam.

Alors :

Si vous trouvez que c’est plus fun de faire un apéro tout seul chez vous en défiant vos potes via un écran plutôt que de le faire en vrai.
Si vous trouvez que c’est bien d’avoir des vidéos de soi entrain de faire des bitures express qui circulent sur internet (Hé oui, même si vous avez coché l’option « privé » de facebook).
Ou alors si vous avez été défié et que votre ego vous pousse à répliquer (l’ego est toujours plus fort dans les jeux d’alcool). Faites-nous plaisir : N’essayez pas de vous faire une bouteille de Jack Da cul sec pour ensuite gerber sur votre ordi en postant la vidéo. Contentez-vous d’une bière ou d’un verre normalement dosé mais concentrez vous sur l’idée la plus créative pour boire votre breuvage !

 

(photo: edinburghnews)

M comme Marcel: Comment réussir le buzz sur Facebook

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Nouveau venu sur Hurluberlu, Marcel nous fait part de ses analyses très pointues sur le monde qui l’entoure, aventurier dans l’âme, il se définit lui même comme un « Davy Croquette » des temps modernes, on vous laisse juger.

Avec un quart de siècle au compteur, je suis un pur produit de la génération Y et donc les réseaux sociaux sont mon pain quotidien. Chaque matin, comme un rituel, je vérifie que les filles de mon Instagram n’ont pas disparu pendant la nuit. À 12h, je regarde les évènements de la soirée à venir sur Facebook et le soir, à défaut d’avoir trouvé une soirée à faire, je suis les matchs de football en live sur Twitter (je regarde les commentaires des gens qui, eux, regardent le match, ça s’appelle un « live Tweet » et c’est assez rigolo)

Pour suivre les autres, je suis plutôt bon, en revanche, lorsqu’il s’agit de mettre ma vie en jeu, je suis carrément nul. Pourquoi ?

 Au milieu de toutes ces photos de gens extraordinaires, mon selfie au Roudourou avec Jocelyn Gourvennec est un peu mince pour récolter des cœurs, même avec un filtre sépia.

La réponse est simple, c’est que pour exister sur les réseaux sociaux, il faut avoir une vie de ouf. Le « Like » se mérite autant qu’une invitation pour une soirée sur le Axe Boat de St Tropez (ou la soirée des César, ça dépend de votre région). Quant au « Tweet », il faut lâcher LA réplique qui tue en 140 caractères pour avoir la chance que quelques bonnes âmes reprennent notre mot d’esprit (ou alors, s’appeler Laurent Baffie).

Enfin, Instagram, la nouvelle référence, en matière de « social network », est le pire endroit du monde, où il faut aller, si (comme moi), l’on touche du doigt un quelconque complexe d’infériorité. Des restaurants gastronomiques en pagaille, des photos de vacances, des filles sublimes, des voitures de sports, et des rooftops où jouent les meilleurs DJ de la planète en Boiler Room. Au milieu de toutes ces photos de gens extraordinaires, mon selfie au Roudourou avec Jocelyn Gourvennec est un peu mince pour récolter des cœurs, même avec un filtre sépia.

Cette semaine, je me suis donc attelé à essayer de sortir de l’anonymat digital – comme tout bon jeune de la génération Y – qui se respecte. Au début j’avais pensé faire quelque chose de « classique » ; tenter d’intégrer la nouvelle émission de téléréalité  de W9 (mais, mes parents ne voulaient pas), ou bien publier une vidéo de mon ex sur un site à caractère pornographique, façon « The girl next doors » (mais je ne maîtrise pas assez Photoshop pour arriver à me flouter).

Je commençais à sérieusement d’espérer lorsque…  j’ai vu un nouveau phénomène de mode envahir ma Timeline Facebook, la participation d’un certain nombre de mes amis à des évènements imaginaires dont le seul intérêt résidait dans un jeu de mot dans le titre.

 Je me suis dit, « même si tu n’es pas Pagnol, créer un évènement, à défaut de faire l’Académie française, tu peux finir à la Star Académie ».

C’est-à-dire que des centaines de milliers de personnes s’inscrivent sur Facebook à des évènements du type, « Grand rassemblement pour savoir, si être scripte, c’est une bonne situation ? » (Référence évidente à Astérix et Obélix mission Cléopâtre). On peut aussi trouver des évènements à caractère plus footballistique, du genre «  Grande réunion pour savoir si Robert doit muscler son jeu », ou « Grande expédition pour aller chercher Clément dans le Grenier». Mais, le plus commun de ce genre de petite farce reste tout de même basé sur les bonnes vieilles expressions populaires françaises, du type « Grande chaine humaine pour sortir mémé des orties » ou alors « Grande débat pour savoir si l’habit fait le moine ».

Je me suis dit, « même si tu n’es pas Pagnol, créé un évènement, à défaut de faire l’Académie Française, tu peux finir à la Star Académie ».

J’ai donc passé ma fin de semaine, à regarder les évènements Facebook se créer, afin de puiser un maximum d’inspiration dans le but de pouvoir, moi aussi, réunir des milliers de personnes autour d’un thème fédérateur qui rassemble. Au hasard, « Comment le marchand a réussi à se faire voler son orange », « Pourquoi le petit bonhomme en mousse est tombé de son plongeoir» ou « La réunion annuelle pour retrouver les pains perdus »

Finalement, on est vendredi, je n’ai pas trouvé d’idée pour faire le buzz sur Facebook et Hurluberlu me demande de rendre mon papier, j’envisage de faire un rassemblement, « Pour comprendre les rassemblements  Facebook », mais j’ai bien peur de passer, encore une fois, à côté du buzz.

À la semaine prochaine,

M.