Savoir-Utile – Risque-t-on une crise cardiaque en se baignant après avoir mangé ?

Tu te demandes pourquoi, chaque été après avoir englouti sept merguez et avalé un décimètre cube de rosé, ton oncle relou se met à aboyer :

« Plonge pas ! Tu vas faire une crise cardiaque! »

La crise cardiaque en se baignant après manger: vérité ou idée reçue ?

Les faits :
L’hydrocution ou « choc thermique » survient quand la différence de température entre le corps et l’eau est importante. Elle va se produire si l’équilibre thermique corporel est perturbé soudainement par la température de l’eau. L’eau refroidit vingt-cinq fois plus vite que l’air de par sa conduction.

Elle se manifeste par une perte de connaissance, des crampes et peut même aller jusqu’à la fameuse crise cardiaque en se baignant après mangé de tonton. Les frissons, les crampes et les démangeaisons sont des signaux d’alerte à écouter.

Les facteurs de risque :
– Une différence de température importante est d’autant plus dangereuse, l’approche doit alors se faire très lentement.
– Le repas, contrairement aux idées reçues a très peu d’incidence même si la digestion nécessite évidemment un apport d’oxygène accru vers le système digestif (le point culminant étant une heure après la fin du repas). Il s’agit en réalité de la période de la journée où on relève le plus d’hydrocution.
– L’alcool pour finir accroît aussi les risques.

Que faire ?
Un cardiologue en médecine sportive recommande d’être raisonnable et nous explique:
– Les personnes âgées de plus de quarante ans et/ou ayant des problèmes cardiaques sont plus exposées.
– Toutefois il souligne que l’hydrocution peut toucher TOUT LE MONDE, mêmes les meilleurs nageurs.
– Entrer progressivement dans l’eau est une priorité pour que le corps s’adapte à la température.
– Éviter les expositions prolongées au soleil.
– Les excès sous toutes formes (repas copieux, alcool, poppers ou filaments de banane…) vont augmenter les risques.

 

Si vous êtes face à une hydrocution les recommandations sont les suivantes :
–  Sortir la personne de l’eau.

– Appeler les secours (SAMU ou médecins d’urgences).

– Mettre la personne sur le côté ou le pencher en avant pour l’aider à tousser.

– Enlever les vêtements et réchauffer la personne.

– Si il ne respire pas, c’est parti pour jouer au pompier: commencer par trente compressions thoraciques puis alterner avec deux insufflations (bouche-bouche ou bouche-nez si il s’agit d’un bébé) à poursuivre jusqu’à l’arrivée des secours et demander à quelqu’un de se renseigner sur l’éventuelle présence proche d’un défibrillateur.

Bonne chance,

 

Les autres savoirs utiles ?

Savoir-utile : Non, l’être humain n’utilise pas que 10% de son cerveau

D’entrée de jeu, excusez-moi pour celles et ceux qui rêvaient de faire exploser des pastèques à distance par la force mentale ou qui souhaitaient utiliser la « force » pour se faire monter leurs petits déjeuners aux lits les dimanches matins. L’idée selon laquelle l’Homme n’utiliserait que 10% des capacités de son cerveau n’est qu’une légende urbaine. Explications.

Cette légende viendrait d’Albert Einstein qui aurait émis l’idée que nous aurions un potentiel 10 fois supérieur à notre intelligence actuelle. En exploitant ce potentiel, nous pourrions devenir des dieux, voire des Jedis. Pourquoi pas.  Le seul problème dans cette théorie, c’est qu’elle est complètement fausse et qu’elle ne vient pas d’Einstein.

 L’origine de la supercherie

La légende a probablement démarré avec la théorie de la “réserve d’énergie” des psychologues de Harvard, William James et Boris Sidis dans les années 1890. Pour vérifier leur théorie, les deux psychologues ont élevé un enfant prodige, William Sidis, réputé pour posséder un QI de 250-300, alors que la moyenne est à 100 (exception faite des supporters de foots). C’est vrai qu’il avait l’air pas trop con, le William : il est entré à Harvard à 11 ans, parlait 40 langues et s’est improvisé grand professeur en « toutologie », publiant de nombreuses recherches en cosmologie, en histoire des populations américaines, en mécanique… Il a même déposé un brevet pour un calendrier perpétuel prenant en compte les années bissextiles. Et il avait ses petites obsessions, le garçon… Il était fasciné par les tramways… Bref. Personnage plutôt marrant. Mais bon, il se trouve qu’en fait, une bonne partie de sa réputation relevait également du mythe.

Cela n’a pas empêché l’auteur américain Dale Carnegie d’utiliser la réserve d’énergie comme méthode psychologique pour exploiter les « petites gens ». En effet dans son best-seller planétaire:  How to Win Friends and Influence People, le vieux Dale, se sert de cette théorie pour expliquer que chaque homme est un génie capable de dominer son voisin dans toutes situations s’il parvient à découvrir les fameux 90% de cerveau non exploités.

De cette ode au charlatanisme naîtra cette fameuse idée qui, durant des siècles, va permettre aux gourous et autres sectes chelous de se remplir les poches. Et ça en enseignant aux êtres crédules que pour 10 plaques ils peuvent devenir des génies.  C’est d’ailleurs, encore actuellement, l’une des idées majeures de la très puissante église de scientologie.

Mais à la fin du XXIe siècle, des scientifiques ont commencé à émettre des doutes sur cette théorie, c’est alors que comme l’étudiant en droit qui veut rassurer son correcteur sur la véracité de ses propos, les petits galopins ont décidé d’attribuer cette fausse idée à ce cher Albert à qui l’on prête bien des citations. L’un des hommes les plus intelligents du siècle dernier ne peut pas dire de bêtises, c’est évident.

photo prise en 1930 dans un laboratoire allemand (version originale)

Quoi qu’il en soit, on sait aujourd’hui, qu’il existe de nombreuses aires plus ou moins spécialisées dans le cerveau. Et cela semble donc tout à fait logique qu’elles ne s’activent pas toutes à fond en même temps. Le mythe viendrait-il du fait que seuls 10% de nos cellules cérébrales sont actives à un instant « t », les autres s’activant plus tôt ou plus tard. En gros, le cerveau serait un gros ordinateur dans lequel se trouveraient plusieurs parties spécialisées qui s’activeraient en fonction des taches que le corps demande. L’idée serait que plusieurs parties ne pouvant s’activer en même temps, l’être humain utiliserait son cerveau parti par parti.

Mais alors, on utilise 10% à la fois ? 

Pour le Dr Barry Gordon, neurologue, nous utilisons pratiquement toutes les parties du cerveau, et cela, la plupart du temps. Dans une interview pour le Scientific American, il précise ”Le cerveau compte pour 3% du poids du corps… Et il consomme 20% de son énergie!”

Dans un épisode d’octobre 2010, les Mythbusters ont voulu en avoir le coeur net. Ils ont passé en revue le cerveau d’un de leur membre avec plusieurs techniques. La magnétoencéphalographie  indiquait une activité moyenne de 35% du cerveau, quelles que soient les activités.  L’IRM fonctionnelle indiquait 15% d’activité cérébrale au repos, et 30% lorsqu’il racontait une histoire avec l’intention d’activer autant d’aires cérébrales que possible. Forts de ces résultats, ils ont fièrement déclaré le mythe “busted”. En effet, un organe qui consommerait 200% de notre énergie ne nous emmènerait pas bien loin, si ce n’est direct à la morgue…

Alors tant pis pour les rêves de super intelligence, de superpouvoirs, ou d’explosion mentale de pastèques. Si on veut vraiment faire preuve d’intelligence, le plus sage consiste sans doute à accepter la réalité telle qu’elle est et de bosser encore et encore pour arriver là où l’on souhaite, sans dépenser des fortunes à chercher la technique miracle qui nous permettrait de nous dépasser.

Sans doute le plus grand génie des génies est d’être travailleur…