Quelle bouteille ramener en soirée?

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Chaque samedi soir, c’est la même galère, on a une soirée de prévu et on reste planté des heures devant le rayon bibine de chez Carrefour Market en attendant que la chips de M. Pringles vienne nous conseiller sur la “tise” à choisir. Entre le pote qui est sec comme un désert Mauritanien et l’autre cuistre qui a gagné son pari combiné sur Betclic, l’histoire est mal embarquée pour arriver à se mettre d’accord. Du coup, entre la bière de clodo et la bouteille de Talisker millésimée, on est resté à faire les cent pas dans le magasin jusqu’à se retrouver  nez à nez avec un paquet de poissons panés Findus,  ce qui est pourtant le dernier truc qu’on avait prévu de ramener à la soirée.

Finalement, et comme trop souvent, on est sorti sans vraiment avoir acheté ce qu’on voulait, avec une figurine PEZ et deux bouteilles de vins “moelleux”, qui nous ont fait passées pour des pingres toute la soirée.

Le choix de ce que vous ramenez à boire en soirée, impact finalement, durablement le déroulement de votre nuit et il est conseillé de bien réfléchir avant d’investir. D’autant plus si c’est la fin du mois et que votre nourriture se caractérise essentiellement par des nouilles chinoises instantanées, aromatisées à la sauce Samouraï. On vous propose donc trois plans: le classique, l’économe et le sophistiqué, à vous de voir…

Petit guide d’utilisation de la bouteille à ramener en soirée:

 

Les classiques

En guise de classique, on parle de formules vues et revues, avec laquelle on sûr de faire le taf. Le fameux 4-4-2 de la bouteille de soirée, le triptyque: whisky, vodka, gin. Avec une de ces trois quilles, dans un ratio équilibré bouteilles/personnes, un hôte normalement constitué ne pourra jamais vous refuser les portes de sa demeure même si vous ramenez votre collègue de stage et son cousin de passage dans votre ville. Pour ces trois bouteilles, vous pouvez aisément miser sur du premier prix, distillé respectivement avec du Coca, du Red-Bull ou du Tonic, le breuvage n’en sera que très peu affaibli.

Bouteilles de Club Mate au repos

Si vous arrivez à mettre la main sur du Club Mate, une boisson  allemande sans alcool à base de café,  vous dégagerez  l’impression d’être un grand voyageur, à la manière d’Indiana Jones, ce qui est idéal pour épater les filles, pour un peu que vous ayez  quelques notions d’archéologie. En plus, le gout du Mate est tellement fort, qu’il couvrira tous les types de vodkas, même les plus affreuses.  De toute façon c’est dans ce genre de situation, que la phrase d’Alfred De Musset prend tout son sens, « qu’importe le flacon, pourvu qu’il y est l’ivresse », et l’on sait qu’après quelques verres d’un alcool qui tourne généralement autour de 40°, vous serez forcément bien armés pour affronter la rudesse de la nuit.

La bouteille de choix: Si vous avez un peu de tune sur le compte en banque, on vous conseille d’acquérir le bourbon du Tennessee le plus fameux du monde, ce bon vieux Jack Daniels.

Non pas, à cause du fait que  se soit la boisson favorite de Booba ou de Jack Nicholson dans Shining, mais parce que son petit arrière goût de miel passe toujours bien. Surtout, qu’à la différence de la “Rachmaninoff” de grandes surfaces, vous n’aurez pas un petit singe qui jouera des cymbales dans votre crâne  le lendemain matin…

Les économiques

Le duc de Charmeuil

D’entrée de jeu, on élimine la mythique bouteille de Villageoise, qui se caractérise par un contenant en plastique avec un bouchon à vis, dont la seule indication du cépage en quatre mots garantit un tordage de boyaux de tous les diables; « vin originaire de l’Union Européenne ». On passe aussi sur  Le Duc de Charmeuil,  ce mousseux  à 1 euros la bouteille (0,76  centimes tout du moins à l’époque, mais sus à l’avarice) car  aucun organisme normalement constitué ne pourrait supporter plus d’une bouteille et demi sans percer un trou dans la paroi de son estomac. Enfin, on passe aussi sur la bière FAXE 10% qui malgré des mensurations alléchantes,  1 Litre, 10 degrés, 3 euros et des bananes, n’a aucun gout, si ce n’est celui de l’alcool.

On peut lui reconnaitre tout de même, le format pratique de 1000 ml d’aluminium, qui peut se transporter facilement et même se ranger dans les poches, notamment lorsqu’il s’agit de se déplacer dans un milieu urbain. Cela  peut ainsi devenir le meilleur plan si l’on va en festival, avec quelques beaux breuvages comme la AMSTERDAM MAXIMATOR à  11,6 degrés en format de 50 cl ou la KRONENBOURG 7,2% , elle aussi en format pocket. (Il faut tout de même être un gourmand)

En bon français, on est plutôt  fan des petits plants vins, qui vous feront passer pour un esthète cultivé auprès des zouzs que vous aller être amener à rencontrer.

Chez Nicolas d’abord, il y a un excellent Château Mirefleurs 2011, un bordeaux supérieur, finement boisé, à servir frais à 7,75 euros. Ensuite, il y le Prosecco, idéal lorsqu’on est en phase « apéro tranquille », puisque sa texture moussante et fruitée accompagne parfaitement un pain surprise ou un Monster Munch, le tout  à 6, 30 euros la bouteille. Enfin les Viognier premier prix qui sont caractérisés par un nez de fruits exotiques, et qui plaisent vraiment aux meufs, sont entre 5 et 7 euros.

Chez Monoprix, les sélection du jury qui tournent autours de 5 euros, sont toujours très complètes et en plus, elles sont calées à l’entrée du magasin, donc on ne peut pas les louper.

D’une manière plus générale, le Côte du Rhône est une valeur sûre, qui tout en colorant les dents, permettra de discuter bouquin et musique en ayant du fruit en bouche pour pas cher.

Bouteille de choix: Caïpirinha Velho Barreiro de chez Nicolas à 3 euros la bouteille de 20 cl. Ce n’est pas la même que celle qu’on buvait cette été sur la plage de Copacabana, mais selon les mots de Nico c’est «  une  boisson avec une robe trouble verdâtre, nez frais de citron sans excès. Acidité mordante puis sucré. Franc avec une finale capiteuse et acidulée. ». Assez aguichant non ?

Les sophistiqués

Par principe, le kit de cocktail est composé généralement d’un shaker, d’une passoire  et d’un doseur double à alcool. Mais ce n’est pas forcément le meilleur plan, lorsqu’on ambitionne une tourné d’appartements qui s’étend  généralement sur plusieurs kilomètres.

Il existe néanmoins quelques astuces pour picoler sophistiqué  et ainsi se mettre bien pour pas trop cher.

Sacré Ernest…

Le Bloody Mary est un cocktail inventé par l’écrivain Ernest Hemingway  qui,  craignant les colères de sa femme, Mary Welsh, qu’il surnommait Bloody Mary  (la vénère Mary) demanda au barman de  l’hôtel Ritz de lui créer un cocktail « sans-odeur » après lui avoir dit « ma femme ne veut plus que je boive, quand je rentre, elle respire mon haleine et elle m’engueule ».

Étant donné que c’est vraiment la galère de ramener son “Bloody kit” avec  de la vodka, du jus de tomate, du jus de citron, de la sauce Tabasco, de la sauce Worcestershire, du  poivre et du sel au céleri. On conseille tout simplement de se munir d’une vodka et d’un Gaspacho de tomate Alval en guise de soft. Si au début, on peut vous prendre pour un fou, le résultat final est tout à fait surprenant, aussi bien au niveau du gout, que de l’effet, et de l’aura que vous aller avoir après des convives qui seront intrigués par votre génie. On dit ça, en toute modestie bien sûr…

L’Americano, est le cocktail qui, selon Hank Moody (le héros de Californication),  plait le plus aux femmes. Étant donné la réputation du bonhomme, qui n’est plus à démontrer, on peut facilement se laisser tenter par ce breuvage acidulé aux effets décontractants. Pour faire les choses de manière exact, il faudrait (en théorie) se munir d’une bouteille de Martini Rouge (50%) , d’une bouteille de  Bitter Campari  (35 %) et d’une bouteille de Martini Dry (15%). Seul les deux premiers ingrédients suffisent, en faisant 2/3 de Martini Rouge et 1/3 de Bitter Campari vous arriverez à faire une boisson tout à fait agréable en faisant l’économie de 20 doll’s

La Tequilla Sunrise, a l’avantage d’être assez costaux en alcool tout en étant ultra déshydratante, ce qui est le bon plan pour les bavards qui aiment discuter en soirée ou des gens qui ont souvent soif (comme nous). Il suffit de se munir de Tequilla et de jus d’orange (milieu de gamme). Au niveau du dosage, il faut se la jouer réglementaire, c’est à dire 30% de Tequila et 70 % de jus d’orange.

Bouteille de choix: Le Jägermeister, parce que c’est la “Deutsch Qualität” et qu’en shoot avec du Red-Bull, on peut être sûr de danser jusqu’au bout de la nuit avec cette fille qui semble s’ennuyer désespérément sur le balcon.

Voilà, on vous a donné quelques  techniques pour être sûr de ramener la bonne bouteille en soirée. On espère que ça vous servira pour la prochaine fois. Si vous avez d’autres plans, n’hésitez pas à nous le faire savoir…

Cordialement

PS : A lire aussi notre article cool pour apprendre à attirer l’attention du barman !

On a testé pour vous : le Rebel Bingo.

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On a testé pour vous : le Rebel Bingo.

Cette année, de passage dans les UK, nous avons eu l’occasion de découvrir une nouvelle façon de festoyer toute en originalité : le rebel bingo. Oui, pas d’erreur, on a bien dit le “bingo”, ce jeu pour sexagénaire sacralisé dans toutes les maisons de retraite. Néanmoins détrompez vous si vous imaginez que cette partie se déroulera dans la même ambiance que la dernière visite rendue à vos aïeuls. Ici le Bingo se rebelle. Préparez vous à devenir accros. 

L’hiver en Angleterre c’est triste, il fait froid et il pleut, beaucoup. Pour lutter contre cette monotonie ambiante, il est nécessaire de s’ouvrir l’esprit. C’est pourquoi quand ma flatmate espagnole m’a proposé d’aller à une rebel bingo party, j’ai tout de suite accepté. Elle m’avait expliqué le concept dans les grandes lignes : une soirée ou l’on joue au bingo d’une façon originale et où sont mis en jeu des lots “atypiques”. Cette présentation sommaire ne saurait refléter fidèlement l’esprit du jeu, je vous laisse découvrir le déroulement de notre soirée. 

20h : Je sors de ma chambre vêtue de ma plus belle chemise, prête à attaquer l’apéro. Ma colocataire m’explique que les participants ont l’habitude de se barioler le corps avec leurs marqueurs pendant ces soirées. Elle porte un t-shirt de toute évidence très cheap. Peu séduite à l’idée de donner mes fringues préférées aux bonnes œuvre le lendemain matin, je retourne me changer, finalement heureuse de trouver une utilité à l’affreux croft-top primark, acheté 3 pounds une semaine plus tôt. 

21h30 : La soirée commence à 22H, étrange et inhabituel de se mettre en route de si bonne heure, un jeudi qui plus est. Dans le bus on est tous un peu déboussolé, j’entends les plus réfractaires à la soirée râler “je suis même pas bourré” 

22h : Arrivé sur le lieu des hostilités, et quel lieu. Le Motion (Bristol) est un club réputé comme étant l’un des meilleurs d’Europe (5e d’Angleterre et 37e mondial), particulièrement connu pour inviter la fleur de la scène électro underground. On est surpris par l’interminable queue. Nous qui pensions arriver tôt. Alors que nous rejoignons la file, nous croisons plusieurs personnes désespérément à la recherche de prévente, la soirée est archi sold-out. Nous commençons prendre conscience de la dimension de l’événement. 

22h30 : A l’entrée deux jeunes anglaises tatouées et percées, comme seuls les britishs savent le faire, nous distribuent notre kit de jeu pour la soirée : deux grilles de bingo et un feutre. A peine les portes passées, on fonce au bar afin de se ravitailler en bière. La partie n’a pas encore commencé mais la salle est déjà bien pleine. Derrière la scène, un immense écran sur lequel défile une succession de messages tel que “ce que vous vivez en ce moment est le calme avant la tempête” ou “vous vous apprêtez à vivre une expérience inédite”, ça met dans l’ambiance. 

Poster bingo rebel

22h40 : Je comprends rapidement à quel point le conseil vestimentaire de ma colocataire était avisé. Les marqueurs rouges distribués à l’entrée deviennent les instruments d’un body-painting géant. Très vite on ne croisera plus personne à la peau intacte. Si beaucoup s’amusent à orner leur camarade de formes phalliques, certains autres sont bien plus inspirés et dans le décolleté de quelques demoiselles germent des créations ravissantes. 

23h : Cette fois on y est, changement de lumières dans la salle, le solennel Genesis de Justice retenti alors que s’affiche sur l’écran un compte à rebours. A l’échéance de celui-ci arrivent enfin les animateurs de la soirée. La salle les accueille comme des rock stars, et des rocks stars c’est exactement ce qu’ils sont. Tous vêtus de façon excentrique et improbable, ils nous font sentir que ce soir : ils mettront le feux. 

23h03 : Le leader du groupe prend le micro et nous explique les origines du jeu, tout aurait commencé dans une veille église londonienne dans laquelle la bande de lascars avaient l’habitude d’organiser des soirées secrètes. Un jour, au sous sol ils trouvèrent un vieux jeu de bingo, de là serait né accidentellement le rebel bingo. Certaines personnes aujourd’hui essayeraient de réduire à néant ces soirées : les patrons de l’association officielle de bingo. S’affiche pour preuve sur l’écran géant le message Facebook de l’un d’entre eux, dénonçant ces rassemblements comme “amoraux, indécents et contraires au réel esprit du bingo”. La réaction de la foule ne se fait pas attendre : une huée collective. Quelle est la part de mythe, quelle est la part de vérité ? On s’en fout pas mal à vrai dire, on veut juste croire à leur histoire, belle et rebelle. 

23h11 : Le game commence, avec des règles un peu moins orthodoxes que pour un réel bingo. Peu importe qui termine sa grille en premier. Pour gagner il faut, une fois un bingo obtenu, se jeter sur la scène et aller enlacer avec vigueur un des animateurs de la soirée. Dans une salle remplie d’anglais prêt à en découdre, on vous laisse imaginer le challenge. 

23h30 : Nous surveillons tous notre grille assidûment. L’énoncé des chiffres est fait dans une prose qui n’est pas sans rappeler la poésie shakespearienne “And now it’s like a very thin penis and an extra-large asshole, it’s a 10!”

23h45 : Certains malins s’amusent à monter sur scène alors qu’ils n’ont pas complété de ligne. Mais on ne met pas de carotte au rebel bingo, dès que la fraude est démasquée s’affiche sur l’écran un grand “Loser” et pour fond musicale “move bitch get out the way” de Ludacris

23h54 : Première victoire, premier prix remporté. C’est l’événement, on croirait assister à la remise d’un Oscar. Pour être honnête les prix mis en jeu sont assez dérisoires, mais ils sont présentés d’une telle manière que la salle entière jalouse les gagnants. Une peluche devient votre meilleur ami pour la vie et un parapluie à diodes fluorescentes devient l’allié de choc pour survivre à la météo Britannique (les anglais savent être honnête lorsqu’il s’agit de parler de leur climat). 

00h00 : C’est l’heure de “l’entracte”. Retour au bar, nos pintes sont vides depuis un bon moment, nous étions juste trop absorbés par le jeu pour nous en rendre compte. 

00h03 : Dans le fumoir on sympathise avec quelques Bristoliens qui n’en sont pas à leur première soirée. On apprend alors que la victoire ou la défaite des téméraires, qui montent sur scène, dépend autant de leur grille que de leur charisme et humour. “La règle du rebel bingo c’est justement qu’il n’y a pas de règle tu vois?” me dit ma voisine aux cheveux bleus. Ouais je vois. 

00h20 : La soirée reprend, à ce stade absolument plus personne n’est sobre, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire au jeu. Les chiffres se mélangent et l’euphorie grandit.  

(Photo : Asicophoto.com / BrightestYoungThings.com

00h22 : Je remarque que la partie féminine de l’équipe du Rebel Bingo a encore changé de costume, c’est du grand art, à mi-chemin entre du burlesque et les créations modes les plus tendances, Ladygaga n’a qu’à bien se tenir, the show must go on! 

00h40 : La plupart d’entre nous avons abandonné nos grilles, ça devenait trop technique. 

01h00 : Le bingo s’achève. Aucun de mes amis n’a remporté de prix mais tous sont convertis. Une fois le jeu clôturé de la musique surgit des enceinte, il n’est qu’ 01h, il nous reste encore toute la nuit pour danser.