Le rêve, frontière de la réalité

Les rêves fascinent et c’est peu de le dire. Voyez comme à travers les âges ils ont toujours suscité croyances, études, mysticismes et interprétations. Bien que la science progresse de façon fulgurante en usant de méthodes toujours plus performantes, il n’en demeure pas moins que la signification des rêves en eux-mêmes échappe à la Raison.

Peut-être est-ce la preuve qu’il existe en nous des mécanismes bien plus profonds que l’on ne veut le croire. Ou peut-être est-ce simplement l’œuvre d’un ensemble de capacités purement physiologiques aboutissant à un résultat parfaitement aléatoire.

Personne ne saurait le dire, et pourtant nombreux sont ceux qui se sont attelés à la complexe tâche visant à décrypter nos songes.

L’interprétation divine du rêve chez les Anciens

Le lien entre le rêve et le divin est quelque chose d’assez universel. On le retrouve dans un grand nombre de mythes fondateurs et de légendes. Les mythologies égyptienne, grecque, romaine et monothéiste, pour ne parler que d’elles, foisonnent de personnages qui, touchés par la grâce des dieux, ont entre-aperçu le futur en rêve. Car oui, lorsqu’il y a du divin, il y a nécessairement du prophétique !

Parfois, elle ne se rappelait plus.

Le rêve prémonitoire était d’ailleurs une des spécialités de la célèbre Pythie de Delphes, l’Oracle du Temple d’Apollon qui, joyeusement droguée, faisait part de sa communication avec les puissances occultes de l’au-delà. Dans le même registre, les pharaons de l’Antique Egypte (lire ici notre article sur le monde antique) sollicitaient très sérieusement les conseils des légions de prêtres, médecins, astrologues et autres onirologues (« spécialiste » des rêves) composant leur divine cour.  Et que dire du rêve dans la tradition biblique, et plus précisément des célèbres visions de Daniel présentant la statue aux pieds d’argile ou encore les quatre bêtes symbolisant quatre empires auxquels succédera la venue du Messie.

Un moyen simple d’avoir l’attention des puissants…

Cela étant, il n’en demeure pas moins que, quoiqu’antiques, certains personnages étaient bien moins superstitieux. Platon estimait, par exemple, que le rêve était le lieu où les désirs honteux s’exprimaient. Aristote, quant à lui, les envisageait comme un phénomène lié au vécu de la journée. Il est très surprenant de constater à quel point leurs réflexions sont toujours d’actualité, que ce soit à travers la psychanalyse freudienne ou les études relatives à l’incidence de l’environnement sur le sommeil !

A lire sur le même sujet : L’homme utilise t-il 10% de son cerveau ?

La frustration, selon Freud

Le père de la psychologie s’est beaucoup penché sur le phénomène. En étudiant l’inconscient de la personnalité, Freud émet l’hypothèse que le rêve est une manifestation des pulsions du « ça », cette partie de notre psyché qui suggère en permanence au « moi » des désirs très souvent sexuels, et que notre « surmoi » oppresse de son mieux pour permettre la vie en société. Selon Freud, les pulsions refoulées jaillissent inconsciemment à travers les rêves et c’est la raison pour laquelle il les interprète comme un indicateur des frustrations sexuelles d’un individu par références implicites.

Au-delà du fait que Freud base toute sa réflexion sur le rapport au sexe, les problèmes apparaissent lorsque le psychanalyste précise que le rêve s’appuie sur des images provenant de l’inconscient collectif, des sortes de schémas partagés inconsciemment par tous. Par exemple, si une femme rêve qu’elle caresse un chat, cela signifie qu’elle a de gros besoins masturbatoires. Si un homme rêve d’un chêne, cela signifie qu’il se questionne quant à son rapport au phallus…

Entre Floyd et Freud, il n’y a qu’un rêve.

No comment.

On notera toutefois le courage et le mérite de Freud d’évoquer au XIXème siècle, à une époque encore très empreinte de tabou et de religion, le rapport entre l’individu et sa sexualité. Il est très probable que cela ait une incidence sur le rêve, mais dans une moindre mesure à n’en pas douter !

L’approche moderne et technique du rêve

Les progrès en matière de médecine ont permis, à défaut d’en percer les mystères, en tout cas d’étudier et décortiquer le sommeil en plusieurs phases : le sommeil lent, et le sommeil paradoxal et le sommeil intermédiaire (de façon très schématique).

En mettant en évidence les signaux électriques produits par le cerveau durant le sommeil, certaines études relèvent que le rêve a lieu principalement pendant la phase du sommeil paradoxal. Cette phase assez courte, d’une durée de 15 à 20 minutes, s’accompagne de mouvements oculaires rapides, dont les rêves seraient à l’origine.

Tout est dans la tête.

Le songe est davantage présenté par la technique comme une fonction physiologique primordiale permettant une « mise à jour » de la mémoire, ce qui explique pourquoi les animaux rêvent également. Quant à leur signification, il s’agirait en réalité d’une succession de données collectées par notre mémoire et combinées aléatoirement dans notre cerveau. L’intensité du souvenir de rêve serait liée, quant à elle, au moment précis de notre réveil. Selon la phase durant laquelle l’individu est réveillé, il en gardera un souvenir plus ou moins net.

Il ne s’agit là évidemment que d’hypothèses. La science ne parviendra peut-être à expliquer le rêve que lorsqu’elle aura réussi à percer les mystères du cerveau. Et il y a encore beaucoup de travail !

Cela étant, rien ne nous empêche d’avoir notre propre conception des rêves, aussi troublants, mystérieux et abscons puissent-ils être. Si une chose est bien certaine, c’est que le rêve est précisément quelque chose de personnel. La meilleure méthode pour l’étudier au niveau individuel consiste surement à l’écrire lorsqu’il est encore frais, peu après le réveil. Peut-être qu’en le lisant avec du recul, quelque chose de particulier en jaillira.

Et, après tout, la signification du rêve réside peut-être dans un mélange de toutes ces considérations ? Un peu de physiologie, un peu de frustration et un peu de prémonition

« Game of Thrones » : on en est où ?

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Si vous avez internet, vous ne pouvez pas passer à côté du grand évènement culturel qui va se dérouler dans la nuit de dimanche à lundi : la diffusion du premier épisode de la saison 6 de « Game of Thrones« . La saison 5 nous a laissé au milieu d’un flot, d’un océan de questions. Et chacun espère que l’on aura (au moins !) quelques réponses dans les épisodes qui vont arriver. L’attente aura-t-elle était vaine ? Il faudra attendre quelques diffusions d’épisodes avant de pouvoir se faire une idée générale. La seule chose que nous pouvons faire désormais, c’est attendre. Mais en attendant, quoi de mieux que de se rappeler où on en est ? Du moins avec les intrigues principales.

Attention aux SPOILERS éventuels : cet article risque de vous mettre à jour d’un seul coup si vous n’avez pas encore vu toute la série !

Daenerys Targaryen : la Khaleesi en terre connue

Crédits photo : hbo.com

Ce qu’il y a de bien avec Game of Thrones, c’est que les personnages se croisent, se rencontrent, se trucident (oui, souvent). Mais la Mère des Dragons, autrement dit Daenerys, notre jolie blonde à la peau bronzée, est quant à elle de l’autre côté de l’océan. Elle ne rencontre finalement que peu de monde, mais mène son destin d’une main écailleuse. Elle échappe, à la fin de la saison 5, à un assassinat mené par les Masques Dorés à Mereen, la ville où elle s’exerce au pouvoir. On languit que la princesse radieuse revienne poser les pieds en Westeros, pour pouvoir enfin prétendre au trône qui lui appartient. On rappelle que Daenerys est l’héritière légitime du trône.

Cercei Lannister, de la lumière à l’ombre (puis re-à la lumière)

Crédits photo : bustle.com

Quelle idée que de vouloir se frotter à une secte religieuse ? Qu’est-ce qui est passé par la tête de Cercei, pour défier avec autant d’affront un ordre aussi sévère ? Peu importe. Après avoir passé quelques épisodes en prison, elle est enfin rentrée au château princier de Port-Réal, non sans avoir subit la violence du peuple. On rappelle qu’elle a dû marcher nue, dans les rues malfamées de Port-Réal, afin d’expier ses péchés. C’est aussi ça Game of Thrones : des moments où l’on peut se venger des personnages détestables, mais aussi, une sorte d’empathie vis-à-vis de ces figures que l’on aime détester. Cercei va se venger, on le sait (on l’a même vu dans le trailer !) avec son frère (et amant, rappelons-le) Jamie ; un bel affrontement aux allures de guerre civile est en préparation. Ça promet !

Arya Stark, quel masque cette saison ?

Crédits photo : bustle.com

La petite Arya Stark est toujours dans la demeure du « Dieu multiface », en train de peaufiner son apprentissage de l’assassinat auprès de « Cet Homme ». Après une saison passée auprès de la mort, qu’elle apprivoise désormais plutôt bien, la cadette de Game of Thrones est quasiment prête à passer à l’action. On se rappelle de sa liste de personnes à tuer (avec l’aide de sa rapière prénommée « Aiguille ») ; une liste sur laquelle figuraient grand nombre de personnages déjà morts à l’heure actuelle. Repose en paix cher Limier, abandonné au pied d’un val rocailleux. À qui le tour ? On imagine que cette saison verra s’amplifier la vengeance de la « plus vivante » des Stark, malgré son rapport ambigu avec le monde des morts.

Jon Snow, le mort le moins mort de l’Histoire de la télé

Crédits photo : lamula.fr

Last but not least, Jon Snow. Le beau gosse de Game of Thrones, le bâtard de Winterfell, a terminé la saison 5 noyé dans un bain de sang. Trahi par certains de ses camarades de la « Garde de Nuit », on ne sait pas grand chose du sort qui lui est réservé. Nombreux ont été les personnes qui ont pleuré la mort de celui qui voulait tant fraterniser avec les sauvageons, et unir les peuples du Nord afin de faire face au fléau mort-vivant. Jon Snow est-il vraiment mort ? On nous dit que non. Va-t-il se réincarner dans son loup, comme certains le disent sur internet ? Peut-être. Va-t-il renaître grâce à la Sorcière des Flammes, qui est justement venue chercher refuge au Mur (après avoir participé à la mort de Stanis et de sa famille ?).

Toutes ces réponses, vous les aurez demain. Enfin, espérons-le ! Il ne faudrait pas regretter

En bonus, une petite vidéo qui récapitule très bien tout ça est disponible ici !

Cet été, mettez des t-shirts !

Il fait beau en ce moment. Il fait chaud. Et tandis que les jupes des belles demoiselles se raccourcissent, les hommes modernes dénudent leurs bras pour exhiber leur musculature difficilement gagnée. On est bien avec notre t-shirt. Mais rapidement, un problème se pose : où trouver des t-shirts sympas ? Quelle sera la tendance de cet été ? Car si l’on redevient sérieux quelques instants, le port du t-shirt n’est pas seulement une question de culture moderne : c’est un art. Il sert à exprimer une humeur, un état d’esprit, une révolte ; c’est un drapeau que l’on porte fièrement. Et vous convenez qu’on n’a pas le droit de se tromper ! Alors, pour ne rester dans le mainstream bas de gamme, direction les créations originales et indépendantes.

Grafitee.fr, le paradis du t-shirt

Je vous emmène donc sur un site internet qui allie à la fois information et vente, dans ce vaste univers que représente le vêtement à manches courtes. Grafitee.fr a en effet eu la bonne idée de lier l’utile à l’agréable. Il s’agit tout d’abord d’un média qui parle de création indépendante et qui se fait le relai de cette culture peu exposée que représente le t-shirt. Mais peu à peu, ils se sont aussi diversifiés, pour traiter des sujets plus larges : street life, culture underground, performances artistiques, évènements musicaux, etc. En fait, Grafitee.fr c’est un peu l’endroit où on trouve des choses branchées. Et ça, c’est déjà très bien (et mieux que certains magazines spécialisés !)

Mais, pour passer aux choses sérieuses, on trouve aussi une boutique de t-shirts qui rassemble plus d’une centaine de marques (109 à l’heure actuelle), chacune ayant son identité, son style, son univers. Vous voilà devant le paradoxe de la société de consommation : maintenant que vous avez le choix, un choix presque infini, vous voulez tout. Vous êtes incapable de vous arrêter sur un article en particulier. Peut-être en prendre deux. Au pire des cas, allez respirer en regardant ce qui se trouve du côté des débardeurs (mettez ces bras en valeur !) ou du côté des sweats (on n’est jamais à l’abri d’un petit coup de froid).

Crédits photo : Grafitee.fr

Je ne sais pas comment on « choisi » réellement un t-shirt. Certains disent, que c’est une légende, que c’est lui qui nous choisit. Je me souviens d’un mec qui m’avait interviewé pendant un festival. Il travaillait pour une radio locale et il avait une chronique sur les t-shirts : « Tu peux nous dire pourquoi tu as choisis celui-là ? Qu’est-ce que ça représente pour toi ? » Réponse naïve : « C’est le premier que j’ai attrapé avant de venir, je ne me suis pas vraiment posé la question. » Insistance de journaliste : « Oui mais il y a quand même écrit Coachella dessus, est-ce que c’est par esprit cohérence, parce que ce sont deux festivals ? » Réponse de mec qui en a déjà marre : « Non. C’est juste le hasard. »

Aujourd’hui, je sais que ce vêtement représente quelque chose d’autre. Et puis, porter le travail d’un artiste, qui plus est indépendant, c’est certainement ça le vrai acte de résistance. Ça permet au moins de sortir des sentiers battus qu’essaient de conserver les grandes marques, ça permet de mettre en avant une culture un peu plus proche de nous, une culture muette mais bien réelle. N’hésitez pas à aller y faire un tour, leur site est très bien foutu (et la navigation est vraiment très agréable), et si vous voulez acheter un t-shirt : vous y trouverez forcément ce quelque chose qui vous plaira !

 

 

2D Among Us incruste des personnages de films ou de cartoons dans la réalité

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Les utilisateurs de 2D Among se sont amusés à incruster des personnages issus de films, de manga, de cartoons ou encore de jeux vidéo dans un univers réel. C’est un peu le principe de la réalité augmentée d’ailleurs qui est d’insérer un élément virtuel dans un environnement réel.

Ici les designers se sont bien amusés et vous pourrez voir à travers cette petite galerie des personnages cultes du petit comme du grand écran comme :

Lire notre article pour : Devenir un super-hero

A lire aussi : Lyon envahi par le côté obscure de la force

 

Le foot US à l’écran : ça passe et/ou ça casse !

Le sport est bien plus présent dans la société américaine et se retrouve donc plus souvent dans les thématiques de séries, films ou documentaires. Il faut dire que les moyens financiers ne sont pas les mêmes et que le fanatisme outre-Atlantique est incomparable quand il s’agit de supporter la franchise locale. Je ne suis pas un connaisseur du foot US, je n’ai même jamais vraiment capté les règles de ce sport. Pour autant j’ai constaté que ce sport est vraiment paradoxal. Cette dualité est d’ailleurs souvent illustrée dans les quelques œuvres que je vais citer.

Je m’excuse par avance pour mes choix de films et documentaires, qui peut-être vont heurter, la sensibilité des fans ou des cinéphiles. Je suis à l’écoute de vos suggestions sur les chefs d’œuvres qui manquent à ma collection…

  • Le foot US à l’écran : ça passe !

    Ces quelques films sacralisent le sport préféré des Américains. La NFL met un point d’honneur à pénétrer chaque foyer pour que l’idée de pratiquer le football imprègne le cerveau des plus jeunes. Les parents sont en général les plus grands fans de leurs enfants et la passion du sport et de l’équipe se transmet de générations en générations. Je commence donc mon inventaire avec Invincible (7.1/10 IMDb) une fable romancée d’un petit gars de Philadelphie qui se retrouve propulsé du bar où il est serveur aux terrains de NFL grâce à une détection organisée par le club. Cette production Disney tape en plein dans le mille sentimental de tous les sportifs en herbe qui rêvent un jour de jouer aux côtés de leurs idoles et de représenter leurs quartiers et villes de naissance.

    Disney nous a également offert le très beau Remember The Titans (4.1/5 Allociné) dans lequel un coach noir intègre dans son équipe universitaire de foot US, 50% de joueurs noirs, le tout dans un bled paumé de Virginie dans les années 70. L’histoire des Titans est une histoire vraie et un bel exemple de l’intégration sociale réussie quand celle-ci utilise le vecteur du sport. Le film prend bien en compte toutes les difficultés que le coach (Denzel Washington) va rencontrer en travaillant avec certains joueurs de l’effectif, le coach en place et les habitants de la ville. SPOILER ALERT : A la fin les noirs et les blancs s’aiment, jouent au foot ensemble et tout le monde est content. La NFL aussi car le foot US réunit les populations.

    • Le foot US à l’écran : ça passe et ça casse !

      Quand certains films envisagent le foot US dans la sa globalité, cela donne des œuvres en général assez complètes et très paradoxales. Ce sont, pour moi, ces films qui captent le mieux la complexité de ce sport très violent et risqué mais également incroyablement lucratif.

      A titre de premier exemple, je vais citer Any Given Sunday (6.8/10 IMDb) d’Oliver Stone. Al Pacino campe le rôle du manager d’une équipe de Miami à la dérive et fissurées par les égos des membres de son effectif. En dehors du fait que la bande originale est excellente, ce film donne un aperçu assez précis et sombre du fonctionnement d’une franchise NFL. Les contrats, les primes, les actionnaires, les vieux joueurs cadres et les jeunes aux dents longues, le bling-bling du succès et la déchéance, tout y passe. Le côté social et humain laisse la place à l’ambition sportive et aux enjeux économiques de la performance, qui sont le quotidien d’une grande franchise américaine.

      Dans la même veine, la série Ballers de la chaîne HBO expose ces aspects du sport mais de façon plus humoristique. Dwayne Johnson incarne un ancien pro qui jongle entre les jeunes joueurs insouciants et caractériels et ses propres troubles psychologiques liés aux coups reçus tout au long de sa carrière. La série propose de se mettre à la place d’un agent de joueur, ce qui est assez intéressant dans la mesure où ces personnes dictent le rythme du marché. Les frasques des joueurs et de leurs différents satellites sont généralement très cocasses et contribuent au capital sympathie de la série.

      • Le foot US à l’écran : ça casse !

        En dépit de son succès et de sa popularité, le sport roi a aussi des détracteurs.  Ceux-ci mettent en avant les risques médicaux et les séquelles psychologiques irréversibles dont souffrent les anciens joueurs. Ces gladiateurs envoyés à l’abattoir par la ligue finissent souvent avec des troubles mentaux graves menant à la folie, la démence, la dépression et au suicide. Ce sujet revient de plus en plus dans le débat public depuis la publication d’articles médicaux et les suicides retentissants d’anciennes gloires de ce sport.

        Ces combats sont mis en avant dans deux œuvres assez similaires : le très récent Concussion (7.1/10 IMDb) et le documentaire de Spécial Investigation « NFL A mort les Gladiateurs ». Concussion retrace l’histoire du Dr Bennet Omalu qui a mis en évidence les séquelles graves liées à la pratique du foot US sur le cerveau humain. Ce film très fort montre notamment la déchéance mentale et psychologique de l’idole des Pittsburgh Stealers, Iron Mike. Suite à ces publications et à de nombreux discrédits de la part de la NFL, le Dr Omalu voit sa réputation entachée mais parvient néanmoins à faire entendre ses travaux par le Congrès. C’est tout le système NFL et ses acteurs qui sont impliqués dans ce film. On comprend le poids et l’impact négatif pour la NFL de telles révélations, en mesurant l’investissement des lobbys et de la Ligue pour les combattre et les faire disparaitre.

        Le documentaire de Special Investigation fait notamment intervenir le Dr Omalu et rapporte de nombreux faits présents dans le film. Cependant il ajoute encore un peu plus de noirceur au tableau quand il expose les séquelles du même type chez des adolescents pratiquant le football à la fac ou au College. Les témoignages des parents et des coéquipiers sont assez saisissants et on comprend pourquoi la NFL est de plus en plus sous pression. Des associations de parents, d’anciens joueurs et de médecins se rassemblent pour que la NFL trouve un moyen de mettre fin au désastre annoncé et envisagé.

        Le sport chéri des américains est certes un formidable tremplin pour certains et un vecteur d’intégration et de fraternité, mais pour d’autres la chute est très rude et souvent fatale.

Demi Portion :  » Libre par mes convictions  » !

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Demi portion est devenu en l’espace d’une dizaine d’années, une figure reconnue et respectée dans le milieu du Hip Hop. Son réel talent d’écriture et un rap sans fioritures ni artifices de production triomphe en octobre 2011 avec Artisan du Bic. Ensuite viennent les EP Sous le Chocde 2010, Sous le Choc, Vol. 2 qui offre en octobre 2012 un avant-goût de l’album Les Histoires annoncé par Demi-Portion. Il faut en fait attendre un peu plus d’un an pour voir sortir ce deuxième album de seize titres le 25 novembre 2013. Toujours indépendant, Demi-Portion tourne abondamment pour survivre de son art.

En 2015, il sort l’album Dragon Rash qui fait référence à la série animée à succès Dragon Ball Z. Oxmo Puccino, Disiz, Aketo et Mokless l’accompagnent dans ce retour vers les années 1990.

On est parti à la rencontre de ce super Sayen du Mic, humble et d’une grandeur d’âme sans pareil,  lors d’un concert donné à Besançon.

Go !

Notre interview avec Demi Portion

Peux-tu évoquer tes débuts et d’où te vient ce blaz ?

J’ai commencé il y a 20 ans. On était six petits jeunes du quartier à Sète et on s’appelait les demi-portions. Certains rappaient, d’autres dansaient. Nous étions les demi-portions jusqu’en 2000 puis je me suis connecté à un autre MC qui s’appelle Sprinter et c’est là que j’ai utilisé ce blaz comme nom de scène.

Quelles différences y’a-t-il entre ton dernier album (Dragon Rash) et le précédent (les Histoires) ?

« Les histoires » est un album beaucoup plus calme, lent, avec deux feats que je compare à une musique de bibliothèque (rires). Je voyais une tournée acoustique que je n’ai malheureusement pu mettre en place.

En revanche Dragon rash est un peu plus rap au sens dur, un peu plus rythmique, ce que j’avais l’habitude de faire avec mes propres productions.

Tu apportes ta griffe sur plusieurs albums (Lacraps, Nakk Mendosa, La Rumeur, Guizmo…) c’est important les connexions entre artistes ?

Oui. J’ai toujours marché avec les collaborations, que ça soit sur mixtapes ou albums. Je privilégie les relations humaines avant l’artistique. Après tout dépend des opportunités qui s’offrent à moi. J’ai attendu 20 ans pour faire une collab’ avec Mokless de la Scred Connexion même si je le connais depuis très longtemps.

Le titre, (tout album confondus) sur lequel as-tu pris le plus de plaisir et dont tu es le plus fier ?

Je ne suis jamais fier de mon travail, j’ai du mal à m’écouter. Je dirais sur le morceau « Une chaise pour deux » avec monsieur Oxmo Puccino. C’était un honneur, il m’a donné de la force. Je suis fier qu’Oxmo ait accepté un petit mec comme moi.

Quelles sont tes influences musicales ?

Étant minot j’ai eu du mal à adhérer à Brassens. Puis en grandissant, je m’en suis rapproché artistiquement, j’ai fait quelques hommages pour lui à Sète sans le reprendre car c’est impossible. Côté rap français, j’en ai beaucoup ! Je pense à la Fonky family, la Scred, Rocé, Roca, la Mixture. Je suis un peu bloqué à « l’époque » mais j’écoute ce qui se fait actuellement. Je suis le meilleur ami de youtube. J’ai également beaucoup écouté de rap américain « East Coast » comme Jadakiss et j’ai été bercé par Gangstarr, DJ Premier et bien d’autres.

Le Rap c’est du texte avant tout, aimes-tu lire ?

Je suis un peu fâché avec les livres. Le dernier en date est « Les quatre accords toltèques » J’suis malade avec les bouquins mais j’essaie de m’y pencher de temps en temps.

Dans ce cas qu’est-ce qui te pousse à écrire ?

Ma source d’inspiration reste la vie de tous les jours, le vécu, mes déceptions, mes joies, tout ce que je peux imaginer.

Quel regard portes tu sur ton rap ?

Je ne me revendique pas puriste, mais comme un artiste underground indépendant. À Sète, on se devait de faire les choses seuls. Je suis libre aujourd’hui grâce aux convictions que j’ai pu garder.

Et sur le rap « commercial » que l’on peut écouter sur des grandes stations ?

Le rap évolue, il plaît à un autre public. Je n’écoute pas ça. Pour autant je ne me sens pas en guerre contre eux. On les respecte. Chacun doit voir sa musique pour son public. Mais quand je vois les textes de certains MC, c’est un peu chaud de faire écouter leurs textes à des petits. On n’est pas forcé d’écouter ça. On peut s’en sortir autrement et distribuer sa musique sur des réseaux parallèles. Le retour aux sources est en train de se faire et c’est bien.

Quels sont selon toi les trois traits de caractères qui te définissent ?

Timide, timide, timide (Rires). Non je dirais timide, discret et ouvert.

Pour finir, quel est selon toi le meilleur album de rap connu à ce jour ?

Le meilleur album de rap que j’ai écouté reste « Détournement de son » de Fabe. C’est un album qui parle de sujets qui sont encore d’actualité à l’heure actuelle et s’il revenait sur scène on répondrait présent.

Propos recueillis par  Théo GILLET