Jusqu’à quel âge peut-on fumer des joints ?

Bizolle 07/05/2017
Jusqu'à quel âge peut-on fumer des joints
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Jusqu’à quel âge peut-on fumer des joints en public ?

La France a beau être le pays où la loi est la plus punitive en matière de consommation de cannabis, c’est aussi l’une des parties de l’Europe où l’on fume le plus de joints. Statistiquement parlant c’est la jeunesse qui fume le plus (en 2011, 41 % des jeunes  de 17 ans déclaraient avoir déjà fumer au cours de leur vie) , mais depuis quelques années on constate que beaucoup de pères de famille ayant pourtant endossés le costume de patriarche, avec toutes les responsabilités qui leur incombent, sont des fumeurs  de pétards (ils  sont plus  13,8 % chez les 26-34 ans à fumer des joints. Au-delà de 45 ans, l’usage au cours de l’année s’avère plus rare; 2,4 % des 45-54 ans et 0,8 % des 55-64 ans).

 

Ce n’est un secret pour personne, le cannabis est comme Tintin : c’est un phénomène universel – de 7 à 77 ans.

D'ailleurs le capitaine Haddock fumait la pipe...

D’ailleurs le capitaine Haddock fumait la pipe…

Socialement parlant, fumer au-delà d’un certain âge peut être mal vu.

On connaît tous dans notre entourage, des pères de famille, des hommes mariés, qui payent leurs impôts et ont une situation professionnelle respectable voire exercent un poste à responsabilité et continuent pourtant de fumer de manière ponctuelle ou occasionnelle avec tous les risques que cela comportent. La consommation de cannabis étant pour l’instant répréhensible pénalement, l’adage en la matière c’est simplement « pas vu pas pris »,  mais qu’advient-il si l’on est pris ?

Imaginez Patrick Hochon 35 ans, VRP chez Cofidis qui se fait attraper par la patrouille lors d’un contrôle routier avec 5 grammes de « weed » dans sa boite à gants alors qu’il rentre d’un séminaire à Oullins.

Clairement ça la fout mal – bien sûr, il n’aura pas, comme lorsqu’il s’était fait choper à 17 ans, l’horrible supplice de devoir appeler ses parents pour qu’ils viennent le chercher au commissariat se prenant par la même une raclée d’anthologie, tout  ça pour un joint d’anniversaire grillé dans un parc à la pause de midi. Mais le résultat sera le même; il va se faire allumer par sa femme et risque d’être la risée du voisinage. Le pauvre va être marginalisé. Dans son immeuble, on rira de lui lorsqu’il remontera ses courses de Monoprix et il ne sera plus crédible, lorsqu’en assemblée de copropriétaires, il s’opposera aux ravalements de façade prévus sous sa fenêtre.

Le plan des travaux prévoit du bruit de 8h du matin à 6h du soir, une éternelle chasse du Bipbip par le Coyote sous ses fenêtres. Mais tout le monde s’en fout, il est tout le temps défoncé le Patrick, il fume « la drogue » disait Mme Michue, sa voisine du 4e , qui se soulage au Prozac depuis qu’elle a chuté de sa baignoire en lavant son chat.

Mme Michue n’aime pas les gens qui fument, ça lui rappelle les 60’s, lorsque des jeunes chevelus qui vivaient au-dessus de son magasin de chaussettes l’empêchaient de dormir en écoutant toute la nuit des groupes anglais au nom louche comme les « Scarabées » ou les « Flamants Roses ».

Depuis cette histoire, Monsieur Hochon ne fume plus, il n’a écopé que d’une amende et d’un suivi psychologique pour stopper son addiction. Sa femme lui a pardonné, et ils s’adonnent de nouveau à des pratiques sexuelles régulières, ce qui était de plus en plus rare depuis la naissance de leur fils Paul.

Cette sale histoire, qui pourrait être le sujet parfait pour une prochaine émission de « Confessions Intimes », est un sujet de fiction, mais l’essentiel demeure.

Fumer des joints

La triste vérité c’est que les Français sont les champions du jugement. Des commères et des jaloux qui passent plus de temps à s’occuper du potager du voisin plutôt qu’à défricher leurs malheureux géraniums sur leurs balcons. Le plus dramatique, c’est que plus ils vieillissent  et plus les critiques sont acerbes.  Comme dirait François,  « pour vivre heureux, vivons caché »,  c’est valable pour tout et surtout pour les plaisirs interdits par les lois de la République.

Que l’on ne se méprenne pas, nous ne sommes pas en train de faire l’apologie du cannabis, et de plaider pour sa légalisation (bien qu’il y aurait pourtant des raisons économiques d’en venir à une autre législation, mais c’est une autre histoire). D’autant plus que si l’on n’a pas un pote botaniste, c’est un bordel incroyable pour toucher finalement deux pauvres morceaux de résines coupés et recoupés qui vont te donner une migraine d’enfer et te racler la gorge à attraper une bronchite au point que tu te demanderas si le surnom « shit » n’est pas à prendre au sens premier du terme.

Cette économie parallèle engraisse aussi des pauvres demeurés agressifs et paranoïaques qui ne comprennent généralement pas qu’il est incohérent de rouler en Audi R8 et de postuler au RSA, mais qui, faute de preuves tangibles, polluent les prisons en attentant un jugement, qui, de toute façon, se terminera par un non-lieu.

On se rassure comme on peut, en disant que chaque pays à ses gangsters…

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Non vraiment ce que l’on défend ce n’est pas ces mecs-là, ni les dérives que cela entrainent.Non, ce qui nous défendons, vraiment, c’est la liberté  de tout un chacun de faire ce qu’il veut, sans que la société n’exerce sur lui une forme quelconque  de jugement sur ce qu’il est moralement en droit de faire ou de ne pas faire.

C’est vrai qu’un type qui fume des joints alors qu’il est père de famille est hors la loi c’est un fait juridique incontestable.

Mais  doit-il pour autant être marginalisé et mis au banc des accusés ?

On milite pour une société qui arrête de juger son prochain, aussi bien le fumeur à temps partiel que le jeune catholique pratiquant ou le vieil homosexuel revendicateur. Car le principal problème à l’heure actuelle est un morcellement de notre société en différentes petites communautés qui tentent de tirer la couverture à leur profit, au détriment des autres.

Arrêtons de faire du communautarisme basé sur le jugement d’autrui, que celui-ci soit un fumeur de joint ou non. Pour le reste le sujet est tellement sensible, et le gouvernement tellement moralisateur, qu’on préfère stopper notre développement ici avant de se choper une circulaire circulante, qui nous traite de droguer, alors qu’on  ne fait qu’un plaidoyer pour la liberté.

En tout cas, la prochaine fois que vous verrez un père de famille, un tarlu au bec, abstenez-vous de juger, l’essentiel est ailleurs. Demandez lui plutôt s’il sait roulé en forme d’avion !

Le champion de roulage de joints

Un champion de roulage de joints

 

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