A propos Vincent

Lyonnais mi Bougnat-mi Gascon, je suis en fugue à Paris. Mon intérêt pour les Jaguar Type E et pour les clichés en général m'a incité à devenir Commissaire priseur. Je ne suis toutefois pas encore complètement marteau. Grand amateur d'Histoire et d'Histoire de l'Art, je peux citer Marignan 1516 comme tout le monde et les collections de peintures flamandes de Mazarin comme personne. Ou l'inverse. En revanche, si vous voulez un conseil, un cours ou un quelconque avis sur l'Art Contemporain, adressez vous à votre pangolin domestique.

Histoire – Retour sur 1515

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Malgré un temps gris ce matin là, Reims paraissait lumineuse. Chaque bourgeois, chaque corporation avait pavoisé chacune des rues. Dans la cathédrale, s’avance seul, François, dans son costume de damas blanc, précédant de plusieurs pas les 6 pairs ecclésiastiques, portant l’ampoule, le sceptre et l’anneau royal. Puis viennent les 6 pairs laïcs, chargés de l’épée de Charlemagne, sa couronne, et de l’étendard royal. En ce 25 janvier 1515, François est sacré roi de France, c’était il y a 500 ans.

2015 est donc l’année François Ier : Demi millénaire du début de son règne (1 Janvier 1515), de son sacre (25 janvier 1515) de Marignan (13 et 14 septembre 1515), etc..

Son exercice du pouvoir est aux antipodes de son très lointain successeur, mais néanmoins homonyme. Nul besoin pour lui de se cacher sous un casque pour monter chez sa maîtresse afin ne pas être reconnu. Ses sorties galantes étaient au contraire assez tapageuses, et François, au moins avant son sacre, aimait courir la gueuse dans les hôtels borgnes des faubourgs de Paris. On raconte qu’une bourgeoise lyonnaise préféra se défigurer en plongeant la tête dans un brasier, plutôt que de succomber à ses charmes.

François et une maitresse

Le règne de François Ier va profondément modifier la France dans ses paysages, sa culture, sa position internationale.

Un roi bâtisseur :

Fini le Louvre modèle château de sable, place aux prémices du bâtiment que nous pouvons voir aujourd’hui (pyramide exclue). François 1er a modifié ou bâti bien des demeures royales : Chambord, rêve de chasse en partie inachevé, Blois, Amboise, Fontainebleau pour les plus fameuses.

Un roi de la Renaissance :

Marignan 1515, ok tout le monde connaît, en revanche Pavie 10 ans après, c’est comme le siège d’Alésia, la défaite de Crécy, ou le bus de Knysna : on préfère vite oublier. Bref les campagnes d’Italie ne furent pas un franc succès militaire. Mais en France, pour transformer des défaites en succès on est aussi fort qu’en gastronomie.

Ainsi, lors des dernières élections, le chef du gouvernement peut tranquillement expliquer, que même s’il a bien perdu, les autres n’ont pas totalement gagné, en tirant sur son Havane n°3.

François 1er noya l’amertume de la défaite dans la majestuosité des arts et rentra en France avec bon nombre d’artistes italiens dont le plus connu est Léonard de Vinci mais dont les plus actifs créèrent une des premières écoles de peinture en France sur le chantier du château de Fontainebleau.

Manu un soir de défaite électorale

Un grand chef d’Etat.

Que se soit dans sa diplomatie ou dans les affaires internes, il restera comme un grand monarque. Afin de parfaire l’unité du pays, il impose le français dans toutes les administrations. Il noue des alliances audacieuses : avec les luthériens de l’Empire germanique alors qu’il combat les protestants en France ou avec le musulman Soliman Le Magnifique alors que celui-ci menace l’Europe chrétienne. Mais le paradoxe de ce roi est d’avoir fait rentrer la France dans l’humanisme de la Renaissance alors que son règne s’achève dans les premiers étripages des guerres de religion.

Leonard présentant à la cour un projet non retenu par François 1er : le home cinéma couleur.

Pour approfondir sur ce personnage, il y a de nombreuses expositions à Paris ou ailleurs, tout au long de cette année, dont une notable à la Bibliothèque Nationale de France à voir jusqu’au 21 juin.

Non c’est du Louis XV… Remarquez, vous n’êtes pas tombés loin.

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 Le mois d’octobre a déversé sur la capitale son flot d’œuvres contemporaines dans le cadre de la FIAC. Un temps, le monde à suspendu sa course pour admirer le sapin de Noël de la place Vendôme. Puis tout cela s’est dégonflé, le Grand Palais à quitté ses oripeaux XXIe pour retrouver son style 1900 dans une exposition sur le dessinateur Japonais Hokusai, et maintenant la tendance est au ..XVIIIème siècle.

 

A la mode pendant 2 siècles, le goût pour ce style s’est, en 20 ans, effacé chez les amateurs. Mais les Hulubberlus que nous sommes, voulons avoir un temps d’avance sur le badaud moyen. Et, à bien y regarder, ce temps d’avance se trouve quelque part entre la commode louis XV et le fauteuil Louis XVI.

 

Deux importantes expositions illustrent ce propos

1) AU musée du LOUVRE

La première est la discrète réouverture au mois de juin des salles des arts décoratifs du XVIIIème du Louvre.

Le touriste chinois (ou coréen, car de notre point de vue, ils se ressemblent tous) se masse devant la Joconde pour choper le selfie avec Mona Lisa, alors que les maitresses de Louis XV, de la Pompadour à la du Barry, étaient bien plus friponnes que cette sainte nitouche italienne. Ces maitresses dictèrent à la France et à l’Europe le goût pour les courbes les plus raffinées sur l’ensemble des arts décoratifs de cette époque. Ceux-ci sont à admirer à travers 2000 objets exposés dans des periods rooms imaginées par le décorateur Jacques Garcia.

 

2) Au palais de Versailles

La seconde est à Versailles jusqu’au 22 février sur le XVIIIème aux sources du design. Dans une scénographie travaillée par l’architecte contemporain Jean Nouvel, l’exposition démontre que le design moderne est né au XVIIIè dans la force créatrice qui a animé les ébénistes de ce siècle. Dans une centaine de pièces, issues pour certaines de collections privées et donc jamais exposées, le visiteur achèvera de se convaincre que le mobilier Ikea, c’est plat et finalement pas beaucoup moins cher !

 

Si vous voulez briller dans les diners mondains et éviter de passer pour une bille à l’image de Fernand Naudin dans les Tontons Flingueurs qui confond les fauteuils Louis XV et Louis XVI, un passage par l’une de ces expositions s’impose.