A propos Tristan Walser

Chasseur d'innovations de toutes tailles, étudiant en Droit et en Management, je tiens également la rubrique entrepreneuriat des Hurluberlus. Grand amateur d'hydromel gaulois, je me caractérise par un caractère de cochon et une mèche folle.

Jeu concours MaBièreBox

Devenez l’heureux propriétaire d’une box de bière MaBièreBox. 6 bières artisanales made in France à déguster sous le sapin avec un simple commentaire !

Noël c’est dans une semaine alors on vous gâte !

 

 

C’est toujours la fête à chaque début de mois avec la fine équipe de MaBièreBox. Recevoir directement dans sa boîte aux lettres une belle sélection de bières goûteuses, choisies avec soin par un incroyable biérologue, et provenant des meilleures brasseries de France.

 

UNE BIEREBOX DANS VOTRE BOITE AUX LETTRES JUSTE AVANT LES FÊTES

 

Pour gagner, partager le post Facebook sur votre mur et illustrez votre motivation en nous donnant en commentaire la chanson de Noël sur laquelle vous souhaiteriez déguster ce joli package… La ou le gagnant sera sélectionné(e) parmi les commentaires. Fin du jeu concours lundi 14h !

Bonne chance à toutes et à tous !

 

Pour ceux qui sont trop pressés, vous pouvez commander dès maintenant votre box ici.

La bière serait-elle devenue le new hype en terre hexagonale ?

Cette question n’est pas anodine il faut reconnaître que la bière a fait peau neuve depuis quelques années, disons moins de cinq ans. Quand bien même chaque seconde près de 5 800 litres de ce nectar sont consommés à travers le monde, que cet alcool existe depuis la « quasi-nuit des temps », mésopotamiens, égyptiens, celtes, gaulois se délectaient déjà de ce breuvage il y a des centaines d’années.

Depuis des dizaines d’années, les mastodontes de la bière comme Heineken ou Kronenbourg ont alimentés le marché français à grands coups de galions de bières sans réelles saveurs. Les français préférant la noblesse du vin, optaient pour la cervoise à quelques occasions festives et matchs footballistiques. Face à cette lassitude constante des consommateurs français, ces géants industriels ont fini de se reposer sur leurs lauriers et ont eu un vrai sursaut de lucidité à la façon du professeur Tournesol. Ils ont alors innové et diversifié leurs offres pour réintroduire une grande variété de goûts dans ces biberons. Plus que de simples opérations marketing ou qu’un changement de papier peint, les colosses du brassage, par leurs bières de Noël et leurs breuvages aromatisées, ont ouvert véritablement la voie aux brasseurs artisanaux en donnant un grand coup de fouet au marché.

Et il faut dire qu’à présent les brasseries artisanales ont le vent en poupe. Le marché est très dynamique et surfe sur une réelle déferlante. L’Hexagone compte aujourd’hui plus de huit cents brasseries sur l’ensemble de son territoire, dont beaucoup de micro-brasseries bien entendu. Ce chiffre est le double qu’il y a cinq ans. La France est à présent le troisième pays européen en nombre de sites de production. Il faut dire que le savoir-faire est très valorisé et la créativité est encouragée. De nombreux concours ont été mis en place et les circuits de distributions se sont consolidés. On compte aujourd’hui douze caves à bières à Paris, sachant que près de la moitié a ouvert dans les vingt-quatre derniers mois. La savoureuse révolution brassicole est en marche et beaucoup d’acteurs la soutienne ! Les initiatives se multiplient pour développer le marché et étendre les offres. Par exemple, le sous le modèle des box mensuel, Le site MaBièreBox propose des abonnements pour déguster chaque mois des bières artisanales rares et plus délicieuses les unes des autres.

Aujourd’hui, une bière c’est un goût défini, une provenance valorisée, une couleur propre et une histoire authentique et c’est ce que ce concept de box et toutes les caves à bière mettent en avant, la diversité, le plaisir du palet plutôt que la quantité.

Au-delà d’un réel plaisir gustatif, il semblerait même que cet ancestral breuvage présenterait des vertus médicinales ! Ce n’est pas moi qui le dit mais la Research Society on alcoholism. Apparemment la bière stimulerait nos capacités cognitives et serait un excellent moyen de protection contre par exemple la maladie d’Alzheimer ! De plus, les antioxydants que ces boissons comportent aiderait à perdre du poids… C’est donc bon pour votre santé ! Avec modération bien sur ! On recommande de boire pas plus de deux bières par jour messieurs dames…

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Entrepreneuriat – L’aventure Michel et Augustin

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Nous sommes en 2015 après Jésus Christ. Toutes les marques de l’agroalimentaire sont trustées par les grands groupes… Toutes ? Non ! Une poignée d’irréductibles « biscuits » résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Cette marque, c’est Michel et Augustin. C’est une histoire d’entreprise comme on les aime. Tout a commencé avec deux amis d’enfance, passionnés de pâtisserie, qui se sont lancés dans la préparation de petits biscuits et ce dans une minuscule cuisine. Près de 12 ans plus tard, avec à présent 50 recettes et une centaine de produits, ils parviennent à réaliser un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros ! Une vraie pépite (de chocolat) !

Ces trublions du goût ont réussi à imposer leur marque dans le secteur ultra-concurrentiel de l’agroalimentaire en personnifiant les articles sans âme du secteur. En « dé-produisant le produit » pour le remettre à sa place, ils ont touché le cœur des consommateurs. Et tout cela sans trop d’argent ! Et faisant face à d’énormes mastodontes disposant de puissants lobbies. Il faut que vous sachiez que la quasi-totalité des marques alimentaires que vous voyez dans vos rayons de supermarchés est détenue par seulement 10 multinationales…

Nous avons rencontré Florian Baudoin, directeur de la bananeraie de Lyon, qui a gentiment accepté de partager avec nous son expérience chez Michel et Augustin, l’entreprise qui incarne véritablement la « success story » à la française.

Michel et Augustin – L’interview

Pourrais-tu tout d’abord présenter à nos lecteurs l’histoire « Michel & Augustin » ?

Michel et Augustin, c’est deux copains d’enfance qui se sont rencontrés sur les bancs d’école en 4eme C et se sont suivis jusqu’en école de commerce. Augustin est parti faire de la stratégie au Club Med puis chez Air France, passant dans le même temps son CAP de boulanger ; Michel est quant à lui parti faire du trading à New York.

Puis tous deux se sont retrouvé à Paris pendant une année sabbatique durant laquelle ils se sont lancés dans un tour des 1200 boulangeries de Paris dans l’idée de faire ensuite un guide. C’est après cela qu’ils ont décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils se sont dit : « Nous, on veut révolutionner le monde de l’agroalimentaire et faire un pied de nez aux géants industriels qui font un lobbying ultra-puissant sur ce secteur-là. »

Ils ont ainsi décidé de créer une marque qui s’appellerait Michel et Augustin, qui serait fun, qui serait sympathique et avec un univers très décalé. Et à travers de laquelle ils proposeraient aux consommateurs des recettes simples, saines et gourmandes. Grâce à des matières nobles comme du beurre frais et de la crème d’Isigny, de la vanille de Madagascar. Des recettes simples mais avec une charte de qualité exceptionnelle.

Ils n’ont pas eu peur de quitter leur situation confortable comme ça pour vendre des biscuits ?

Ils ne voulaient plus être des jus de cerveau en entreprise, même s’ils ont adoré leur première expérience ; ils ne cherchaient absolument pas la sécurité. Ils voulaient juste vivre pleinement et ce comme ils le souhaitaient et non en fonction de leurs supérieurs. Ils n’ont pas eu peur de se lancer car ils se sont toujours dit que ça leur apporterait une grande richesse personnelle et professionnelle quand bien même l’aventure Michel et Augustin venait à disparaître. Ils avaient une petite sécurité financière à l’époque, Augustin venait de revendre une start-up technologique qu’il avait cofondée ; ils ont ainsi pu se concentrer pleinement sur Michel et Augustin.

Et les difficultés du début, ils n’ont pas trop nagé dans du chocolat avant de gagner leur croûte ?

Le plus dur quand on lance une marque dans l’agroalimentaire, c’est tout ce qui concerne la préparation. Tu arrives dans un marché inconnu. Toute ta famille, tes amis, tes collègues s’inquiètent lorsque tu leur annonces que tu as tout plaqué pour faire des petits biscuits. Les gens au départ te prennent pour un fou car c’est un marché ultra-saturé. Mais eux croyaient en la simplicité de leurs recettes, en leur qualité et en leur dimension gourmande. Ils étaient optimistes et c’est pourquoi ils ont mis tant d’énergie pour lancer leur entreprise.

C’était comment d’ailleurs le tout début de l’aventure ?

Ils ont commencé dans la cuisine d’Augustin et c’était plutôt simple : ils préparaient les sablés, les emballaient, posaient une étiquette découpée à la main et imprimée chez eux. Ils allaient faire du porte-à-porte chez les commerçants du quartier. Puis ils sont rentrés dans la Grande Epicerie, chez Colette, Monoprix. Petit à petit, ils ont franchi les étapes !

Comment expliquerais-tu un tel succès ?

Le succès part avant tout de la simplicité des deux gars, de la notion d’amitié qu’ils véhiculent depuis des années, à la fois en entreprise et sur le terrain, avec cette transparence, cette honnêteté et cette simplicité qui plaît beaucoup à nos consommateurs. L’idée, c’est de se dire que quand on achète un produit, on n’a pas besoin d’avoir un master de chimie pour décrypter la composition ! C’est grâce à toute cette simplicité, cette authenticité, qu’on a réussi à créer une petite communauté de consommateurs et plus qu’une communauté, des vrais ambassadeurs, qui vivent nos événements et partagent des moments exceptionnels avec nous.

On dit souvent que se lancer dans une aventure entrepreneuriale à deux, c’est un mariage. Comment expliques-tu le succès de ce duo ?

Oui c’est vrai, c’est s’associer pour le meilleur et pour le pire. Le succès de leur réussite, c’est une solide amitié, avec beaucoup de confiance et de transparence. Il faut savoir dire non mais aussi savoir prendre des risques quand il le faut. Michel et Augustin se soutiennent énormément : Augustin a des projets toujours plus farfelus chaque jour, Michel, lui, gère plutôt les finances de la boîte. C’est la complémentarité : Michel et Augustin ont deux profils très différents et se complètent dans toutes leurs missions, dans toutes les caractéristiques intrinsèques à l’entrepreneuriat. Ils sont passionnés, ils aiment l’humain, le contact, apporter des choses et partager des moments agréables avec les gens qui les entourent.

Vous avez réussi à créer un univers de marque à 360 degrés, où le consommateur est au centre de votre stratégie. Vous êtes d’incroyables marketers n’hésitant pas à mouiller le maillot au cours de campagnes de wild marketing et ce pour pas un sou. Peux-tu nous dire comment vous mettez cela en place ?

Nous souhaitons faire vivre à nos consommateurs des expériences inédites qui respectent trois choses : le savoir-faire pâtissier, la sympathie et la joie de vivre.

Nous avons adopté un ton décalé sur l’ensemble de nos canaux de communication. Nous jouons sur l’humour et voulons être toujours au plus près de nos consommateurs. Cela est pleinement assumé par le choix d’une charte graphique colorée, un logo aux style enfantin et un ton résolument amical.

Augustin a toujours eu comme principe « agitez votre imagination, pas votre porte-monnaie ». C’est en partant de cela qu’ils ont vu dans le packaging un territoire d’expression et de communication incroyable : jusqu’à présent, ça reste le premier outil de communication de Michel et Augustin. Le packaging est réajusté tous les ans en fonction des actualités et des « nouvelles trublionnades ». Mais tous nos produits conservent la promesse de base : des produits authentiques, fait-maison et conçus avec des ingrédients de qualité.

Ce que nous voulons, c’est offrir aux consommateurs des expériences inédites, fun et décalées. C’est pourquoi l’un de nos piliers de communication reste la création d’événements, comme notamment la chasse au chameau dans les rues de Boulogne-Billancourt.

La culture d’entreprise de la marque est aussi un facteur clé de communication pour Michel et Augustin. Vous êtes des types cool qui bossent dans une boîte cool et qui créent des produits cool. Mais au-delà de cette personnification, comment c’est de bosser chez M&A ? Il me semble que l’intrapreneuriat est très présent chez vous non ?

Michel et Augustin, c’est une boîte géniale où l’on peut vraiment s’épanouir. Il y a toujours une super ambiance parce que tout le monde y met du sien. On travaille tous d’arrache-pied parce qu’on aime notre entreprise et qu’on veut l’emmener très loin. Et quitte à ne pas compter ses heures, autant le faire dans une super ambiance.

Michel et Augustin, c’est aussi 88 employés, du chef du secteur à la logistique, en passant par la comptabilité, les responsables communication, etc. C’est ensemble que nous construisons l’aventure Michel et Augustin. Chez nous, le mot d’ordre c’est la liberté d’expression : on peut tous être porteur de projet et ce n’est pas parce que tu es au pôle logistique que tu ne pourras pas soumettre ton avis au pôle R&D…

On n’est pas très nombreux dans l’entreprise et on a tous des agendas chargés. Donc ce que l’on cherche avant tout, c’est des gens sympas, débrouillards, dynamiques, malins, souriants et qui ont la joie de vivre. Nous passons énormément de temps tous ensemble, c’est important d’avoir des affinités personnelles. Et ce n’est pas pour rien que la valeur fondatrice de l’aventure Michel et Augustin c’est l’amitié. On ne cherche pas le CV ou bien la compétence absolue. Nous, on cherche des gens passionnés, engagés, très sérieux et hyper proactifs, qui souhaitent se construire à travers l’entreprise. Michel et Augustin nous donne les bons codes pour être de bons entrepreneurs.

Toujours soucieux de vos consommateurs, vous vous êtes donné une casquette de « centre de formation de pâtissiers », une très belle initiative de partage et de gourmandise. Toi aussi tu comptes passer ton CAP Pâtisserie bientôt ?

Oui, nous sommes plutôt uniques au monde pour cela ! Nous invitons nos salariés à se former dans un autre domaine que celui de leur emploi dans la boîte, afin de développer une expertise dans notre cœur de métier, la pâtisserie. Nous avons des cours directement à la bananeraie tous les lundis soirs, de la théorie et de la pratique. Et pour les trublions lyonnais, nous passons nos épreuves en mai prochain !

A terme, nous aimerions être la première entreprise de biscuits dont tous les salariés seraient titulaires d’un CAP de pâtissier !

Et au-delà des salariés, nous donnons également une chance à nos consommateurs, à condition bien sûr qu’ils soient passionnés par la pâtisserie et déterminés à passer leur certificat. Il faut qu’ils aient un réel projet de reconversion professionnelle ou de recherche d’emploi. Et c’est pourquoi nous organisons chaque année en septembre un concours pour trouver un nouvel apprenti. Et l’heureux élu gagne une année de formation de 78 heures en pâtisserie avant de passer en juin l’examen officiel du certificat d’aptitude professionnelle (CAP).

Le concept « Bananeraie », c’est le nom que vous avez donné à vos bureaux et ce n’est clairement pas anecdotique. Ce lieu de travail pour vos trublions est surtout un moyen énorme de fidéliser vos consommateurs et de benchmarker à mini prix et ce sans « focus group ». Ici, pas besoin de glace sans tain ni de questionnaires, les consommateurs se lâchent et dégustent avec plaisir…

Oui c’est nos bureaux, un lieu vraiment agréable où on aime y travailler, mais comme tu l’as dit c’est surtout un lieu d’échange, de passage, où chaque consommateur peut venir pousser la porte et apporter sa touche personnelle. Tous les premiers jeudi de chaque mois, on ouvre nos portes à plus de 600 personnes dans le but de faire déguster tous les produits déjà existants de Michel et Augustin et les nouveautés en avant-première afin que nos consommateurs puissent donner leurs avis, tant positif que négatif, pour que nous puissions optimiser nos recettes.

Au lieu de dépenser beaucoup d’argent dans des campagnes médias, nous avons voulu aller voir nos consommateurs, du moins les inviter à venir nous voir et c’est ce qui a donné les bananeraies. On souhaite vraiment comprendre leur façon de consommer, les spécificités du bassin de consommation, afin que nos recettes soient toujours plus délicieuses.

La famille Pinault raffole de vos biscuits. Comment vois-tu le futur de Michel et Augustin maintenant que vous avez à vos côtés la holding Artémis ?

Nous exportons nos produits dans 26 pays et cette année avec un gros focus sur les États-Unis. On a ouvert dernièrement une nouvelle bananeraie à Brooklyn dans le but d’aller vendre des cookies dans le pays du cookie.

La prise de participation d’Artémis chez Michel et Augustin  nous a permis d’internationaliser la marque. Nous ne voulons pas seulement vendre nos produits à l’export, nous voulons créer une véritable aventure dans ces pays, notamment au travers de Bananeraies.

Quel est ton parcours chez Michel et Augustin ?

J’ai rejoint la grande famille Michel et Augustin lors d’un stage de fin d’étude, j’étais chef de secteur de toute la partie Ouest de Paris. Je suis ensuite passé par plein de métiers différents : j’ai été commercial, j’ai travaillé dans la logistique où j’ai mis en place un nouveau canal de distribution « M&A distribution ». Et puis un jour Augustin m’a dit : « Écoute je sens que tu as un dynamisme énorme pour booster l’entreprise, alors écris-nous un projet et s’il tient la route, on le développera ». J’ai alors travaillé sur la casquette de la marque, qui était encore très parisienne et j’ai voulu revaloriser la région en développant un concept de bananeraie. Le projet lui a plu et c’est pourquoi nous avons ouvert une bananeraie à Lyon : la capitale française du goût était pour nous la ville parfaite pour une nouvelle implantation.

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneuriale ?

Soyez audacieux, croyez en vos projets, n’écoutez pas vos proches très souvent sceptiques. Il n’y a pas de mauvais projets, il n’y a que des bons projets : même si ça n’aboutit pas, on apprend beaucoup de ses échecs.

Essayez de faire des choses simples mais faites-les de manière exceptionnelle. Ça ne sert à rien d’attendre la bonne idée, il faut se lancer et la travailler et c’est comme cela que l’idée deviendra bonne.

Sachez vous entourer, c’est la clé du succès : tout seul, on ne va pas bien loin.

Et enfin, surtout, croyez en ce que vous êtes. Ça ne sert à rien de tricher avec la personne que l’on est. Soyez le plus humble possible, avec le plus large esprit possible, et voyez loin.

L’entrepreneuriat est important chez Michel et Augustin, venez-vous en aide à des jeunes entrepreneurs ?

Oui c’est notamment pour cela que nous avons lancé les « Boire une vache avec… », des conférences où l’on donne la parole à un entrepreneur ou une personnalité publique qui intervient sur une problématique qui lui tient à cœur. A Paris, nous avons déjà accueilli Fleur Pellerin, Cédric Villani, Frédéric Mazzella, Pierre Kosciusko Morizet… et à Lyon, des personnalités davantage locales avec notamment Gregory Cuilleron, Bruno Rousset. Le 28 avril prochain, c’est Christophe Fargier, le fondateur de Ninkasi, qui nous fait l’honneur de venir boire une vache.

Nous entretenons une relation privilégiée avec les jeunes entrepreneurs. Par exemple, nous prêtons une partie de nos bureaux de Paris à des jeunes entrepreneurs qui n’ont pas de locaux pour travailler. Nous aidons et accompagnons pédagogiquement des entrepreneurs. Nous souhaitons nous entourer de jeunes dynamiques, afin de cultiver la folie entrepreneuriale qui nous est propre et chère.

=> Retrouvez le site internet de Michel et Augustin ici.=> Retrouvez nos autres interview et nos articles business ici

Entrepreneuriat – L’aventure de MyBandMarket

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Quentin Lechemia de MyBandMarket à Uplust

Pour ma reprise de la rubrique Entrepreneuriat d’Hurluberlu, j’ai décidé d’interviewer un jeune serial-entrepreneur lyonnais expatrié à Paris. Son nom est Quentin Lechemia, il est entre autre le fondateur de MyBandMarket, MyBandNews, EuroMusic Contest, Loodon, Uplust (anciennement Pornostagram), ai-je oublié quelque chose ?

Un entrepreneur digital, autodidacte et connecté qui a fait de sa passion pour le code, de jolies réussites.

Musicien à succès dans une précédente vie, il entreprend à tout va à compter de sa 21ème année. Et très vite il fait émerger des concepts web innovants.

Travailleur acharné, selon ses proches, il passe plus de nuits à coder qu’aller boire des verres. Ce féru de nouvelles technologies n’est jamais à court d’idée, et dans ces journées de 17h, il a le temps d’en développer pas mal.

Vous aurez compris, il n’y a que le travail qui compte pour lui et il le démontre au travers de cette interview qui commence par survoler l’ensemble de ses créations, pour finalement se concentrer sur la personne-même de cet entrepreneur digital.

Tout d’abord, comment t’es venu l’idée de MyBandMarket ?

Après ma licence d’expertise-comptable, je me suis inscrit en Master à distance et je suis parti à Londres faire un stage au Tin Pan Alley Studio, un prestigieux studio de musique, pour m’occuper de leur communication. J’ai pu rencontré là-bas un grand nombre de musiciens pro comme amateurs. C’est à ce moment là que j’ai commencé à vraiment m’intéresser à l’entrepreneuriat musical, parallèlement aux cours que je suivais à distance. En discutant avec les artistes, beaucoup me disaient qu’ils avaient du mal à estimer leurs cachets pour des prestations Live. Une idée m’est donc venue : et si je développais un algorithme qui permettrait de coter les musiciens en fonction de leur popularité sur le web.

En rentrant en France, j’ai donc développé jour et nuit cette idée, et en un peu plus de trois mois la plateforme MyBandMarket était née. Les artistes pouvaient alors s’y inscrire gratuitement tandis que les bookers pouvaient les retrouver selon certains critères comme un budget, un style musical ou une ville. Parallèlement, les musiciens pouvaient recevoir une estimation de leur valeur sur le marché du Live et ainsi négocier des petits cachets plutôt qu’être payé 3 bières pour leur prochain concert.

Ça, c’était le MyBandMarket version 1.0. A présent, c’est bien plus qu’une simple plateforme de booking. Pour tout te dire, on s’est très vite rendu compte que ça ne pouvait pas vraiment fonctionner financièrement parlant. Le marché du booking est une niche où le paiement au black est trop répandu. On a donc préféré dériver sur des concepts qui gravitent autour du live, des musiciens et des fans.

Peux-tu nous pitcher le concept MBM 2.0 ?

MBM 2.0 c’est un propulseur de concepts musicaux originaux et innovants, à la pointe de la technologie. Ça regroupe plusieurs projets qui tournent autour de notre algorithme ELISE : MyBandNews, l’EuroMusic Contest et enfin Loodon.

Il y a tout d’abord le site d’actualités MyBandNews. Fin 2011, j’avais commencé à faire un blog avec une ligne éditoriale similaire à celle des sites anglosaxons comme Pitchfork. On parlait de groupes qui ne passaient pas forcément à la radio. Et très rapidement, ça a pris, à tel point qu’aujourd’hui, on est devenu une plateforme d’actualités musicales à part entière publiant une quinzaine d’articles par jour. Thomas Martin gère le webzine avec brio et les labels / marques nous sollicitent régulièrement pour des partenariats et opés spéciales. Nous avons également intégré la régie publicitaire de VICE il y a 2 ans, AdVice.

La grosse valeur ajoutée de MBM, c’est clairement l’algorithme que nous avons développé au fil du temps. ELISE est aujourd’hui assez puissante pour détecter des artistes qui vont marcher dans les prochains mois. C’est ce qu’on appelle du « big data musical ». On récupère tous les jours des millions de données que ça soit dans le web social comme Facebook, Twitter, Instagram ou dans le streaming comme Spotify, Deezer, Soundcloud, ou encore dans les médias. ELISE puise toutes ces données, les traite et nous envoie ensuite des alertes sur des groupes qui commencent à percer, le tout selon différents indicateurs.

On a alors constaté l’attrait que pouvaient avoir les marques pour la musique indépendante, et on s’est dit qu’on pouvait vendre nos services à ces dernières, vendre des concepts musicaux originaux comme notamment l’EuroMusic Contest, notre Eurovision 2.0. On a développé ça nous même l’année dernière et ça a cartonné.

Notre prochain projet s’intitulera Loodon, date de sortie prévue début avril. C’est un géolocaliseur de musiciens qui répond à une question toute bête : comment contacter un musicien ? Si tu veux organiser un événement, ou jouer avec un musicien, comment tu t’y prends pour rentrer en contact ? Grâce à Loodon on va mettre en relation tout ce monde là, d’une façon enfantine.

Avec ces différents concepts à succès, on a conçu une vraie offre technologique à disposition des entreprises qui veulent investir le monde de la musique. Aujourd’hui, on est une petite équipe de 8 personnes vraiment cool et on va continuer à inventer de nouveau concepts innovants, tu peux en être sûr !

Tu peux nous parler un peu plus de EuroMusic Contest, ta solution 2.0 de l’Eurovision ?

On est parti d’un postulat simple : l’Eurovision est une émission qui n’est pas adaptée à notre génération. On a donc voulu créer un site alliant nouvelles technologies et artistes indépendants, plébiscités par les populations européennes.

40 pays, 1 gagnant par pays déterminé à l’issue du nombre de votes, puis un jury détermine les 10 vainqueurs, on vote et au final il n’en reste plus qu’un. Le vainqueur 2014 était les lituaniens de Deeper Upper, un groupe vraiment talentueux, d’un style unique.

On a réussi à convaincre de gros partenaires comme le Nouvel Obs ou encore Euronews et ça a été un vrai succès. En un mois, on a fait plus de 1,4 millions de visites uniques, 350 000 votes uniques et 3 500 groupes inscrits dans les 40 différents pays européens représentés.

Tous ces chiffres prouvent qu’il y avait une véritable attente, et on a réussi ça avec très peu d’investissement financier. Alors maintenant imagine qu’on le refasse avec un gros budget, et ce sera le cas, ça va changer la donne !

Tu viens de réaliser un joli tour de table pour ta levée de fonds du mois dernier, 250 000 euros, comment selon toi on peut se financer en France ? C’est plus facile qu’avant ?

Je n’ai peut être pas assez d’expérience pour te répondre d’une manière très intéressante, mais je dirais que le meilleur moyen c’est de faire du chiffre. Après, le problème quand tu es dans une société innovante qui travaille sur sa R&D, comme nous, c’est compliqué pour se financer car il faut des développeurs, et le chiffre d’affaire ne se fait pas tout de suite, on passe par de longs process de développement. A ce stade, le meilleur moyen ce sont donc les aides publiques à l’innovation comme celles de la BPI France, le statut Jeune Entreprise Innovante… mais ce sont des procédures relativement longues. Un autre moyen très pratique quand on a la chance de tomber sur les bonnes personnes, et pour nous c’était le cas, ce sont les Business Angels. S’ils voient l’intérêt de ton business, ils foncent dans ton projet et peuvent t’apporter beaucoup par leur propre expérience ! Entre Alexia Laroche-Joubert et Michel Masson ou Serge Mathieu (producteurs de Notre Dame de Paris), j’ai clairement eu cette chance là pour mon premier tour de table.

Quels sont tes projets pour MyBandMarket avec ces nouvelles ressources ?

Le premier est le lancement de Loodon sous peu, c’est un projet dans lequel on s’est énormément investi ces derniers mois, et on croit à sa réussite dur comme fer. On a pu négocier de jolis partenariats avec des artistes (re)connus. Et puis continuer à développer ELISE, pour qu’elle prédise de manière toujours plus optimale les tendances musicales des prochains mois, avec des cibles de fans toujours plus précises. Quel âge a le public d’un artiste ? Quel sexe ? D’où vient-il ? C’est hyper important pour une marque, et elles sont friandes de ça. De plus en plus de marques préfèrent dépenser moins d’argent dans de l’endorsment mais privilégier des artistes qui émergent, pour ensuite les accompagner davantage dans leur carrière et rayonner avec eux. On est clairement sur ce créneau là, on rapproche des artistes prometteurs avec des marques qui ont compris la puissance de la comm’ musicale. Tout le monde est donc content.

Comment vois-tu le futur de MyBandMarket ?

Je veux que MyBandMarket soit le Rocket Internet de la musique. Qu’il y ait plein de projets qui passent par nous, qu’on puisse ainsi développer des concepts et constituer ensuite un catalogue de solutions musicales innovantes qui ont prouvé leur efficacité.

Tu as entrepris plusieurs sites qui se révèlent être des succès, quels sont les secrets selon toi pour monétiser l’audience de site ?

Je ne sais pas s’il y a un secret, surtout dans ce milieu-là, mais disons qu’il est essentiel de faire des partenariats intéressants avec des entreprises, et pour ça, il faut connaître sa cible. Pour MBN, ce sont les 18-30 ans, urbains, avec une très grosse base parisienne. On a une ligne éditoriale bien définie où les mélomanes se retrouvent.

Jusqu’à présent ton terrain de jeu était l’univers de la musique, mais avec la sortie de ton site Uplust (anciennement Pornostagram), un « Instragram sexy voire pornographique », tu n’as pas eu peur d’être perçu comme un pornographe ?

(rires) Non je ne suis en rien un pornographe, et pour tout te dire je n’y connais rien dans ce secteur, mais il me fait rire car il permet une imagination sans fin… j’adore imaginer des campagnes dans le sexe car on peut être très drôle, mais aussi très fin, les bonnes idées peuvent fuser très vite.

Pornostagram c’était à la base une blague, un délire. Je ne pense pas que ça soit l’idée la plus originale du monde, mais j’ai la chance de pouvoir développer mes idées. J’ai donc créé de A à Z toute la plateforme, j’ai codé tous les filtres photo façon Instagram. Lancée en 2013 en exclusivité sur Vice, ça a fait son petit buzz en France, on a eu très vite 10 000 utilisateurs, et en quelques mois on marchotait bien avec quelques centaines de milliers de vues par mois. Ça faisait bien marrer les journalistes, et ils reconnaissaient une idée intéressante pour le secteur. C’est pour ça que la mayonnaise a prise. On a eu directement de la très bonne presse et la suite était le fruit d’un cercle vertueux.

Tu as une anecdote à nous livrer sur Uplust ?

Parfois la vie fait bien les choses. En mars 2014 il y avait eu le scandale du jeu Flappy Bird (qui avait été retiré des stores), et j’ai surfé sur cette vague là. J’ai créé en quelques pauses café le jeu Fappy Guy (Fappy veut dire « branlette »), un dérivé coquin mais marrant d’un cartoon, où une tête de vieux papy devait naviguait sans toucher des dessins de sexes en érection et des paires seins. Mon jeu a buzzé aux Etats-Unis, ça a été relayé par notamment le Daily Dot. On leur a alors envoyé un petit mail disant « Hey mais vous avez vu qui a développé le jeu Fappy Guy ? C’est Pornostagram ! ». Ils nous ont alors interviewé et ont pondu un article sur Pornostagram. C’était le début du buzz mondial, on a eu des centaines et des centaines d’articles en quelques semaines : le Huffington Post USA, The Guardian, Europe 1… et j’en passe. Je ne m’attendais vraiment pas à un tel succès. Ça a tellement bien marché d’ailleurs que Instagram est venu nous voir pour nous demander de changer de nom. Ça me semblait normal, et on a opté pour Uplust. Ça ne me plaisait pas d’avoir le mot « porn » dans le nom du site. Je ne voulais pas qu’il devienne un site porno dégueulasse comme on le voit souvent aujourd’hui… je voulais en faire un vrai réseau social pour adulte, sans censure.

La communauté a bien perçu le changement de nom en « Uplust » ?

Lorsque j’ai changé le nom en février, le trafic a chuté en France. Le terme « Lust » (luxure) est peu connu par les français. Mais aux Etats-Unis… ça a boosté notre trafic. Maintenant notre trafic est à 80% américain. On fait entre 1 million et 1,5 million de pages vues par jour, et 170 000 utilisateurs sont inscrits à Uplust. C’est une affaire qui roule. On est en train d’intégrer le business model et on vient de conclure une levée de fonds auprès d’un gros acteur du milieu. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant.

Quel est le futur business model ?

C’est une offre freemium de start-up « basique », avec des petits packs, plus de filtres, des options supplémentaires… Toujours pour faire quelque chose de marrant, décalé et innovant pour le secteur.

Entreprendre c’est difficile, on est souvent seul pour décider, et prendre des risques, tu n’as jamais baissé les bras ?

Si j’ai bien failli tout lâcher en 2012. Je me suis dit que ça ne servait à rien de continuer. Que ça n’allait pas marcher. Je bossais près de 17h par jour, comme toujours d’ailleurs ! A cette époque, j’en avais vraiment marre, je n’avais plus de temps pour moi. Je me disais alors que je pouvais partir et choisir un chemin moins tortueux, bosser dans une major par exemple et m’éclater différemment. A ce moment là, Barclay (Universal) proposait un job dans le social media. J’ai fini dans la shortlist pour le job puis je n’ai pas été pris. Ça a été un sacré coup de boost ! Je me suis dit après ça que j’avais été stupide de baisser les bras. Je ne serais pas là si j’avais été pris pour le travail.

Un musicien est dans un certain sens un entrepreneur, pour toi c’était une continuité ? En somme ça t’a aidé ?

C’est vrai, un musicien entreprend, il compose, produit, se dote d’un budget, cherche des dates. Même si je ne pense pas avoir été timide dans ma jeunesse, je pense que la musique m’a permis de me décomplexer. Le fait de faire des concerts devant 8 000 personnes, qui sont tous là pour danser, ça pousse à donner le meilleur de soi-même. Et je pense que ça m’a aidé lorsque je devais pitcher devant 400 personnes par exemple ou des investisseurs.

Selon toi quelles sont les qualités qui font un bon entrepreneur ?

Clairement, la persévérance. Il faut être persévérant et curieux. J’ai un problème avec les gens qui disent « je ne sais pas faire » et point. J’aurais été ce type de personne, je n’aurais certainement jamais rien appris, et je ne serais pas là où j’en suis. Ne pas savoir c’est normal, mais c’est pour cela qu’il faut apprendre. Google, c’est un peu mon école, j’ai passé des centaines d’heures sur les tutos et autres forums.

Tu as une devise ?

C’est une citation d’Albert Einstein, que certainement beaucoup de personnes connaissent… Elle peut me définir en soit car ça a toujours été mon truc : « l’imagination est plus importante que le savoir ». Toutes les idées que j’ai eues, je n’avais clairement pas les connaissances pour les créer, les coder. Du coup j’ai tout appris sur le tas et, étant curieux, ça aide !

Y-a-t’il un entrepreneur que tu admires ?

Non pas particulièrement. En fait, c’est ceux qui ne réussissent pas qui devraient être admirés. En France, la culture de l’échec est quasi inexistante, c’est un problème et c’est dommage. Je connais des entrepreneurs qui ont malheureusement raté, qui sont revenus à un train de vie plus stable et tranquille. Ils sont souvent vus comme des « échecs » par beaucoup de gens. Ce n’est pas normal, ils ont tenté quelque chose, ils ont essayé eux au moins.

Heureusement, on a une démarche plus ouverte maintenant sur l’entrepreneuriat, on regarde ce qui se passe dans la Silicon Valley. La France s’est dotée de la French Tech et il y a un vrai écosystème qui commence à se créer. Les jeunes le comprennent et sont d’ailleurs de plus en plus motivés à développer leurs idées.

C’est vrai, un sondage mené conjointement par MoovJee, APCE, OpinionWay et CIC en janvier 2015 révèle que 34% des élèves en lycées professionnels et des étudiants souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneurial. Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui souhaiterait se lancer dans un projet web ?

Sincèrement le premier conseil que je leur donne, et je le dis aussi aux adultes, c’est apprenez le code ! C’est tout bête, mais quand je code, je fais des algorithmes, des logarithmes népériens, des fonctions exponentielles… tout ça ce sont des trucs qu’on voit au lycée et on se demande « mais pourquoi je fais ça ? A quoi ça me sert ce truc ? »… Le code c’est une manière originale et ludique de faire notamment des maths !

Une illustration de la pertinence de mon propos. Des entrepreneurs qui ont eu des bonnes idées mais qui n’ont pas eu les fonds pour les développer, j’en connais des tonnes, et leur soucis est pratiquement toujours le même. Ils ont 10 ou 15 000 euros de coté au grand maximum, et ils dépensent tout dans un prestataire externe pour faire leur site internet. Ils se rendent vite compte que le rendu n’est pas toujours ce à quoi ils s’attendaient. Les fonctions ne sont pas toutes là, ou quelque chose cloche… ils sont obligés de réinjecter de l’argent dans le site pour corriger ces problèmes… et ça devient vite la banqueroute. Si tu sais coder, ça peut te prendre du temps, mais tu peux déjà pas mal te débrouiller et ça, sans sortir un euro. T’imagines les économies que j’ai faites depuis tout ce temps là en apprenant le code très tôt…

Ça s’apprend de savoir diriger une équipe ?

Oui bien sûr et je pense qu’à ce niveau là, j’avais il y a encore quelques mois de grosses lacunes. On apprend sur le tas, et en étant curieux, on lit des articles de management, on écoute d’autres témoignages… c’est un travail de tous les jours.

Et sincèrement, même si ce n’est toujours pas parfait, j’ai déjà vu l’évolution.

Est-ce que tu accompagnes des entrepreneurs dans leurs aventures ? De près ou de loin ?

Je me fais moi-même hyper conseillé ! On apprend tous les jours aussi. J’ai la chance d’avoir dans mon entourage des personnes fortes de leur expérience et qui comptent pour moi. Mon père tout d’abord, parce que sans lui je ne serai pas là, il m’a aidé dès le début. Ma cousine Romy Roynard m’a aussi accompagné et aidé ces derniers mois à voir toujours plus grand. Et enfin, Patrick Marché, qui est aujourd’hui mon associé, un homme génial avec qui j’ai des liens très forts et qui m’accompagne notamment dans mes levées de fonds. Très clairement je ne serais pas là sans eux.

C’est une chance et c’est pourquoi j’aime aussi conseiller des jeunes entrepreneurs, malgré ma courte expérience. Il m’arrive régulièrement de faire des Skypes avec des entrepreneurs qui ont des idées et qui veulent me les pitcher. Je me prête au jeu, c’est le genre de truc que j’aurais aimé qu’on me fasse à mes débuts !

Pour toi quel est l’événement start-up qui t’a marqué en ce début d’année 2015 ?

Il y a un truc qui m’a marqué, c’est Uber. Pas très original, je te le concède. Le 16 mars dernier il y a eu une perquisition au siège d’Uber France, dans le cadre d’une enquête sur son service de covoiturage UberPop. Ça me choc car je pense qu’Uber est un service tout simplement génial. Ce concept est très américain dans le sens où « tout le monde peut travailler ». Je prends UberPop trois à quatre fois par semaine car quand je sors du bureau, il n’y a plus de métro généralement, et les gars sont à chaque fois super sympas. Un grand nombre bossent pour boucler leur fin de mois, et je comprends ça. C’est sûr que ce n’est pas facile pour les taxis, qui payent leur licence très chère, mais voir des lobbys empêcher la liberté d’entreprendre, ce n’est vraiment pas normal. Les plus pénaliser, c’est nous en fin de compte.

Comment une génération a suffit pour tuer l’ industrie musicale ?

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Les ruines, encore fumantes, de ce qui fut jadis un business bâti sur des jets privés, bouteilles de Cristal et autres millions dépensés en budget d’enregistrement nous permettent d’affirmer que nous nous dressons aujourd’hui devant la plus grande perturbation qu’est connu le secteur de la musique. Une perturbation initiée par un changement fondamental, lui même conduit par nos chers Millennials.

« Millennials » désigne la génération qui suit la génération « Boomers » ou Génération X »  (née approximativement entre 1965 et 1977).

Comment les Millennials ont tué l’industrie musicale ?

Pour la première fois, les ventes de disques ne suffisent plus à faire la carrière ou le succès d’un artiste. Autrefois, l’usine à tubes s’accrochait aux ventes pour survivre, mais ce modèle est désormais révolu.

Même pour les « superstars », les temps sont durs. Prenons le cas de Pitbull. L’artiste américano-cubain, qui a plus de 50 millions de fans Facebook et près de 170 millions de vues sur YouTube, a vendu moins de 10 millions d’albums en 10 ans de carrière. Une triste réalité pour « Mr. Worlwide » qui reflète pourtant la nouvelle ère de ce commerce.

Comment en sommes nous arrivé là ?  La réponse se trouve littéralement parmi nous et tient en un seul mot. Millennials. Nous avons repris le contrôle de l’industrie musicale en contrôlant les deux choses qui comptent pourtant le plus, à savoir :

1) La Demande

La musique est un business comme n’importe quel autre : Son but est de faire du profit. Pendant les deux dernières décennies, son marché a évolué et les ventes de CDs numériques ont souffert de l’arrivée de nouvelles plateformes comme Napster, iTunes ou encore les torrents. L’omniprésence de ces services de diffusion a réduit les ventes en dessous du niveau déjà extrêmement bas. Le marché de la musique a été également secouée par de nouvelles tendances, brisant son business modèle en le menant droit dans le mur.

Et c’est là qu’interviennent les Millennials.

Consommateurs dominants de la musique et des services qui lui sont affiliée -orientés digital- ils dominent également le marché émergent le plus prometteur pour celle-ci : les appareils mobiles.

Il s’avère en effet que les Millennials utilisent plus qu’une autre tranche d’âge la musique, les médias ainsi que toutes les applications diverses et variées liées à l’utilisation des smartphones (75 %), le tout en continuant d’user/abuser de celles dédiées au partage sociaux (20%).

En bref, les Millennials détiennent le pouvoir sur la musique. En consommant celle-ci à grande échelle de manière quotidienne tout en décidant d’en parler au plus grand nombre.

Il est donc évident que la consommation de mélodies est toujours d’actualité. Elle est même très forte. Cependant pourquoi est t-il aussi important que nous partagions ce que nous écoutons ?

Avant il y avait un lien entre les ventes de disques et le succès d’un artiste. Mais au cours de ces dernières années celles-ci ont drastiquement baissées emportées par la croissance des singles et l’apparition de divers services de diffusion.

D’une économie de musique matérielle nous sommes doucement mais sûrement passés à une économie numérique engendrant par l’occasion de nouveaux indicateurs de succès.

Prenons la nouvelle génération d’artistes. Il n’est pas rare, pour ainsi dire normal, d’assister à des prestations scéniques qui relèvent plus d’orgies fanstasmagoriques que de simples lives. Des préoccupations artistiques en somme toutes autres que la vente de leur propre musique.

L’engouement des foules pour le jeu de scène d’un artiste détermine désormais la durée de vie de celui-ci dans le monde très fermé des majors. Une réputation de show-man assurant programmation de festivals, concerts mais également vente de merchandising et produits dérivés en tout genre. Des sources de revenu nécessaires alors même que n’achetons plus réellement la musique « telle qu’elle ».

Le rôle de l’album est de moins en moins important

Les marques aussi connaissent ça. Les entreprises comme Guess, Red Bull et Steve Madden verseront plus de 1.34 milliards de $ dans le parrainage et/ou sponsoring d’évènements musicaux (festivals, tournées etc).

Plus d’un milliard de dollars sera également dépensé pour construire de nouvelles relations client ainsi que de la valeur pour la marque avec les ‘digital natives’. En revanche, le top 10 des artistes électroniques de l’année ont remporté à eux seuls plus de 240 millions de $. Soit moins de 20% de ce que les marques dépenseront en 2014 pour capturer l’attention des Millennials.

Les marques ont compris l’importance de la musique dans l’identité de la Génération Chochotte. Bien plus qu’un simple divertissement, elle peut être aussi importante que leur manière de s’habiller et contrebalance avec le poids de leur vie sociale.

Ainsi, aller aux festivals et aux spectacles est un moyen d’exprimer leurs personnalités. Les marques savent que si elles peuvent joindre leur image à celle d’un DJ comme Skrillex, l’attention du consommateur n’en sera que plus grande. C’est pourquoi la marque Steve Madden s’associe avec des DJs féminins prometteurs pour attirer à elle un nouveau vivier de consommateur.

Le constat est donc sans appel. Que ce soit l’industrie musicale comme les grandes marques toutes deux poursuivent les « nouveaux artistes » ; ceux-là même qui se consacrent à présent à monétiser d’avantage leurs présence que leurs ventes d’albums. Le but ? Attirer, charmer et garder près d’elles le nouvel eldorado que représente les trentenaires dépeints par Ellis.

2) L’offre

Aujourd’hui, pour faire un disque il faut simplement un ordinateur et un logiciel d’enregistrement plus ou moins abordable. Un des plus efficace avec un excellent rapport qualité/prix est le logiciel Logic Pro d’Apple qui coûte d’ailleurs moins de 200 euros.

À l’intérieur du logiciel on trouve aussi bien des instruments virtuels comme des pianos, des synthétiseurs et des tambours que tous les outils nécessaires pour éditer et produire sa propre piste audio. La plupart de l’équipement exigé pour créer sa propre musique a été placé au sein du logiciel (qui est toujours de plus en plus facile utiliser). Au final, les artistes peuvent créer plus rapidement, plus efficacement et surtout moins cher qu’avant.

Ainsi, Gotye qui a créé sa chanson « Somebody That I Used to Know » dans la maison de ses parents près de Melbourne (Australie), à vu sa piste auto-produite se hisser au numéro un des charts dans plus de 23 pays, tout en étant dans le top 10 dans plus de 30 à travers le monde. Fin 2012, elle est même devenue la chanson la plus vendue de l’année avec 11.8 millions de copies vendues, la classant par la même occasion parmi les singles numériques les plus achetés.

Un autre jeune producteur hollandais nommé Martin Garrix a atteint le sommet des charts dans plus de 10 pays avec sa bombe « Animals », qu’il a produite et sortie à 17 ans. La chanson a par la suite été classée N°1 sur Beatport, faisant de Garrix la personne la plus jeune à avoir reçu les honneurs.

Les Millennials, qui peuvent enregistrer après les cours ou le travail sont très familiers avec cette technologie. Du moins, leur attitude « open source »  vers l’apprentissage est très importante. Tapez « comment utiliser Logic Pro » dans la barre recherche de YouTube et vous trouverez des milliers de tutoriels gratuits. Les sites comme Reddit ont même des communautés entières avec des dizaines de milliers de membres qui recherchent sans cesse à découvrir les diverses techniques de production musicale.

Technologie peu chère, ressources d’apprentissage de qualité et accès gratuit : les artistes peuvent aujourd’hui créer des titres à succès sans jamais avoir mis les pieds dans un studio d’enregistrement.

3)La découverte Musicale au plus haut

Il va sans dire que l’exploration du territoire audio et la production vont de pair. La technologie a permis de faciliter le processus de découverte pour les artistes en devenir et leur a aussi fourni une façon d’atteindre le plus de fans possibles grâce à internet et aux réseaux sociaux.

Il y a bien sûr les histoires à succès dites « classiques » comme Justin Bieber ou encore Lana Del Rey. Mais il est important de souligner que sous l’empire YouTube repose une culture entière de jeunes qui découvrent leurs musiques en ligne.

Les plateformes telles que SoundCloud ont plus de 250 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. La génération Y en plus d’y découvrir principalement sa musique la diffuse également en premier lieu sur celles-ci, après une production home made dans les règles de l’art, évidemment.

Youtube est devenue la « top source de référence »

C’est ainsi que les trentaines jouent un double jeu en créant plus de contenus que jamais tout en sortant ceux-ci sur les plateformes où leurs semblables les découvrirons.

L’intermédiaire de l’industrie musicale a été disloqué et remplacé par des échanges réciproques. Bien sûr, les « superstars » comme Katy Perry dominent toujours les ventes mais les digital natives érodent ce modèle avec un nouveau modèle basé sur la découverte populaire.

 

4) Les Millennials forment des groupes de musiques dominants

Certains gros artistes comme Rihanna, Taylor Swift et Katy Perry l’on bien compris et couple désormais au sein de leur machine commerciale la fonction d’auteur et de production. Ces équipes combinées sont un des facteurs principaux qui permettent aux stars de rester au top en leur permettant de pondre un nombre de tracks pop très élevé.

Mais aujourd’hui la Génération Chochotte démolit aussi ce dernier obstacle.

Les services comme FindMySong permettent de relier les musiciens indépendants entre eux. Avec une technologie d’enregistrement peu chère et des moyens de diffusion efficaces, ces indépendants peuvent donc former leur propre équipe auteur/production pour être en concurrence directe avec les principaux labels. Judicieux quant on sait que de plus en plus désirent eux aussi avoir leur part du gâteau.

Musiciens et chanteurs : les vrais chiffres

Pour la première fois de sa longue histoire, le destin de l’industrie musicale est entre les mains des artistes mais aussi des consommateurs. Vous avez donc la capacité de la diriger là où vous le souhaitez. Alors, maintenant que vous savez que avez le pouvoir, qu’allez-vous en faire ?

SOURCES : elitedaily & vice

Jeu concours De Rigueur

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Ce weekend Hulubberlu vous fait gagner un étui « La Sleeve » designé par la marque Française qui monte : De Rigueur.


Conçu dans un style sobre aux lignes épurées, cet écrin s’inspire du mythique modèle « Baise en Ville », produit phare de la marque, pour offrir à votre joujou 2.0 une protection originale et élégante permettant de renfermer iPad, iPad 2, Air, Air 2, Rétina, mais aussi Samsung Galaxy Tab.

De Rigueur, marque partisane du travail fait main sélectionne les matières de sa maroquinerie avec soins dans le plus grand respect de la tradition de l’artisanat Français. La Sleeve est donc tout naturellement élaboré en cuir de vachette pleine fleur retannée végétale et doublé d’une suédine accordée à la couleur extérieure (marron vintage, bleu marine, vert sapin ou noir pétrole). Le tout 100% Made in France, évidemment.

Si vous êtes l’heureux gagnant du jeu, vous pourrez choisir la couleur qui vous plaît (marron vintage, bleu marine, vert sapin, noir pétrole). Pour les autres, ne soyez pas trop triste vous pouvez en commander un sur leur tout nouveau site internet ! Pour cela il vous faudra débourser la somme de 95 euros. Eh oui, la qualité a un prix ! Alors tenter votre chance et gagnez un étui tablette.

Pour cela il vous suffit de vous rendre sur ce lien et de taguer 3 de vos amis facebook sur cette photo !

Votre participation est bien sûre « De Rigueur ».