M comme Marcel – La recherche de stage

M comme Marcel – La recherche de stage

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Nouveau venu sur Hurluberlu, Marcel nous fait part de ses analyses très pointues sur le monde qui l’entoure, aventurier dans l’âme, il se définit lui même comme un « Davy Croquette » des temps modernes, on vous laisse juger.

Je ne suis pas du genre à être un fidèle adepte de la théorie du « c’était mieux avant » en me complaisant sans arrêt dans la nostalgie d’un passé dépassé.

Puis, j’aime beaucoup le fait de pouvoir faire un Paris / Montréal sans devoir se taper deux mois de traversée de l’Atlantique, ou pouvoir appeler ma copine, sans avoir à passer par le patriarche de la maison et le téléphone fixe.

Cependant, il y a une chose, qui me fait parfois, regretter d’être né à la fin du XXe siècle,  c’est cette manie qui pousse le jeune de mon espèce, à se faire des plâtrées de stages, avant de goûter à la joie d’un CDI.

Marcel et la recherche de stage !

Pourtant, j’ai fait exactement ce que l’on m’a dit de faire ; j’ai suivi des études pour être formé à un métier, enchaîné  les années universitaires jusqu’à leurs termes. En me disant qu’à la sortie, j’allais pouvoir, travailler comme mon père (et mon grand-père).

Enfin, ça, c’était sans compter le drôle de manège qui s’est imposé aux jeunes de notre génération depuis quelques décennies : Le Stage.

Un nouveau contrat de travail, dans lequel, on est ni tout à fait salarié, ni tout à fait extérieur à l’entreprise, mais avec l’obligation impérieuse d’exécuter (dans la joie et la bonne humeur), toutes les tâches que l’on nous demande.

D’un point de vue positif, le stage est un moyen ludique et enrichissant de compléter sa formation théorique par un aspect plus pratique.  D’un point de vue négatif, c’est carrément de l’esclavage moderne, qui se solde généralement par une part de quatre quarts Papi Brossard et par un verre de cidre doux en guise de remerciement.

J’opterais pour la deuxième solution tant les expériences que j’ai eues étaient proches d’une traversée  du  désert du Taklamakan ; de véritables mirages qui ont abouti au néant.

Le stage est donc un passage obligatoire dont je me serais bien passé, mais ne pouvant y déroger, je me suis mis en quête d’une énième expérience à rajouter sur mon CV.

Mais, que  l’on se mette tout de suite d’accord, le mieux dans le stage, ce n’est pas le stage en lui-même, mais bien sa recherche.

Un ami aime à dire « Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent.» (c’est en tout cas, ce qu’il m’a dit lorsqu’il a vu que Pierre Niney (ici l’article du film Un Homme Idéal) avait remporté le Cesar du meilleur acteur à 25 berges. )

En matière de stage, il y a aussi deux catégories, d’un côté les petits filous, qui ont un piston et de l’autre ceux qui rament comme des galériens pour décrocher le précieux sésame.

Voilà bientôt quinze jours que je multiplie les envois de CV et les lettres de motivations avec un succès relatif, voire nul.

Alors, c’est vrai, j’ai bien eu quelques entretiens, dans lesquels j’ai tenté de montrer mon originalité, ma pugnacité, ma fiabilité, ma ponctualité et surtout ma ténacité. J’aurai même tenté de faire un numéro de claquette si l’occasion m’en était donnée, mais les expériences ont été un échec. La première parce qu’il fallait apparemment être polyglotte (maîtrise du français, de l’anglais et d’une troisième langue aux choix), à croire que désormais il faut avoir les compétences d’un traducteur de l’ONU pour trouver un stage correct. Le second rendez-vous, s’est très bien passé, mais s’est soldé par le traditionnel « on a quelques candidats, mais le poste semble pour vous »,  en langage d’entreprise, ça voulait dire, « j’irais cherché une personne sur Mars s’il le faut, mais je te prendrais pas toi ! ».

J’envisage donc très solennellement de me mettre à mon compte en tant que stagiaire professionnel avec le secret espoir de trouver une entreprise, qui acceptera de me former au rouage du métier.

Bien à vous,