Les meilleurs disques des mois oubliés

C’est un peu une tradition depuis la création de la maison Hurluberlu, de donner nos coups de cœur musicaux mensuels. En hôte très occupé ces derniers mois, on a complètement oublié de vous faire parvenir nos disques préférés. Alors c’est vrai, on s’est un peu rattrapé avec une playlist de 70 morceaux à télécharger (gratuitement), en guise de cadeau de rentrée, mais ça ne vaut pas une bonne vielle chronique à l’ancienne.
Étant donné que, comme Marty, notre calendrier est resté bloqué sur le mois de mai et le superbe album de Chet Faker (pour ceux qui suivent), on n’a pas moins de cinq mois à passer en revue, pour revenir à jour sur notre planning.
 
 

Le mois de juin, avec Fakear « le magicien »

On aime bien le mois de juin, c’est la fin des partiels pour les branquignols  d’universitaire que nous sommes. Au-delà de cette aspect purement technique, c’est la période de l’année où l’on commence à trainer tard la nuit ce qui nécessite une musique de circonstance.

Cette année,  c’est clairement le normand « Fakear » et son album « Sauvage » qui a su nous  tenir éveillé tout le mois de juin avec ses  sonorités d’orient. Producteur de génie, le jeune  Caennais  a confirmé qu’il fallait compter avec lui ces prochaines années sur la scène des beatmakers hexagonale. En prime, le garçon a pas mal écumé les festivals cet été, et pour avoir eu  la chance de croiser sa route, on peut vous dire, qu’il envoie du bois  sur scène.

Morceaux de choix

Le mois de juillet, sous les tropiques avec Jungles

 

Jungles, c’est une vielle histoire, celle de deux Anglais dopés à la funk des 70’s qui décident de se lancer dans la musique. Une première vidéo postée sur le net, il y a un an de ça, montrait deux jeunes renois , Stan Smith  aux pieds,  dansant comme des fous sur une bonne vielle funk des familles. Finalement, après plusieurs teaser du même acabit, le masque tombe et à la stupeur générale (surtout la nôtre), Jungles est un duo d’anglais au minois juvénile, aux allures plus proches des frères Lawrence de Disclosure que  des Kool & The Gang. En revanche au niveau des sons, ça tabasse aussi fort qu’à l’époque de la Stax Records, la banane en moins.

Pari réussi pour les deux potes de Londres qui produisent une soule humide, luxuriante et chaude, exactement comme leur nom.  

Morceau de choix: 

Le mois d’août, dans les nuages avec Rustie

 

En plein mois d’aout alors que le soleil cognait fort sur l’hexagone et partout ailleurs, pour les petits chanceux qui ont eu la chance prendre du bon temps aux quatre coins du globe.  Il fallait traverser la manche pour découvrir le deuxième album le DJ écossais roi de l’entertainment  bondissant, l’ami Rustie, pour se rafraichir. On savait depuis longtemps que le type était quasiment intouchable en live (pour les Lyonnais, sa prestation aux Nuits Sonores 2014 vous aura peut-être convaincu).  Néanmoins on avait des doutes sur la capacité du jeune homme de produire un album qui puisse s’écouter sans se taper la tête contre les murs. Belle surprise, que cet album majestueux et puissant qui donne l’impression que Hulk a pris possession de l’orgue de Notre-Dame de Paris.

A noter aussi, le retours du duo californien Foxygen, composé de Sam France et Jonathan Rado, deux potes du lycée, qui ont eu envie de quitter les bancs de l’école pour se mettre à la musique, et vu le résultat, on se dit qu’ils ont clairement bien fait. On vous avez  d’ailleurs déjà parlé du groupe lors de notre article spécial « rock garage« , et les mecs ont confirmé qu’ils étaient décidément très forts…
Fin août sortait leur troisième album « … and star power » petit merveille de pop chaude et poétique, au relent « Dylanien ».

Le mois de septembre,  viré jazz avec Electro Deluxe

 

Cette année c’était une grosse rentrée musicale, avec le premier album du producteur anglais SBTRKT, le deuxième album des géniaux ALT – J,  le retour du duo acidulé The DO, ainsi que l’album électronique le plus attendu de ces six derniers mois, « Our Love » de Caribou . Mais tous ces albums ayant déjà été chroniqués dans beaucoup de médias, on s’est dit qu’on devait donner dans quelque chose de plus original et si possible de français. Il se trouve justement que les trublions d’Electro Deluxe (à ne pas confondre avec le groupe à moustache DeLuxe), ont profité du mois de septembre pour sortir une édition de luxe  de leur album sorti un an plus tôt,  « Home ».

Un jazz « fait maison » sans chichi, ni fioriture, juste l’essentiel : quatre super musiciens et la voix  de James Copley pour assaisonner le tout. Un vrai beau disque avec des vrais bons artistes, pour ceux qui aiment les sonorités jazzy (et pour les autres aussi un peu).

Morceau de choix :

Le mois d’octobre : Voyage avec un dandy anglais et un chapelier un peu fou

 

Ce mois-ci, notre cœur balance clairement entre la classe du dandy anglais Baxter Dury et l’élégance de ce drôle de baladin qu’est le Chapelier Fou.

Indéniablement, le quatrième album du sir Dury est un chef d’oeuvre de pop, une balade mélancolique,  qui n’est pas sans rappeler un certain Bryan Ferry dans la manière d’organiser avec harmonie chaque note qui le compose.

On a  vraiment adoré  « It’s Pleasure » et tout particulièrement « the White Man » et  « Palm Trees », les morceaux les plus aboutis de l’album.

C’est aussi avec plaisir qu’on a écouté l’album de ce personnage directement sorti du roman de Lewis Caroll, qu’est le Chapelier Fou. Ce petit génie de la musique qui mélange les genres avec brio passant allègrement du violon, aux synthétiseurs, bidouillant chaque sonorité pour en faire un son de cristal.

C’est vraiment un artiste hors-norme dans le paysage musical français, c’est pour ça qu’on aime et que l’on a plaisir à le retrouver avec Delta. Le troisième album du jeune Lorrain est une heureuse berceuse, un voyage vers la rêverie et les paysages froids du pôle Nord.

On ne vous a pas choisi de morceau de choix et pour cause, tout l’album mérite d’être écouté et vous allez voir qu’une fois emmené dans son univers, comme Alice, vous aurez du mal à vous échapper.

Pour conclure cette revu de bibliothèque, on ne peut que vous conseiller aussi, de vous arrêter sur l’EP de la dernière recru du label français Roche Music, le bien nommé Dabeull qui, entre funk et soule, envoie une musique  diablement entrainante, avec une petite touche vintage très agréable.

 

Le disque du mois # 7 – « Piano Ombre » de Frànçois and the Atlas Mountains

Comme un printemps qui revient après un hiver rude, Frànçois and the Atlas Mountains a sortie son deuxième album « Piano Ombre », une ode majestueuse à l’amour, à la beauté féminine et à la vie.  Un beau disque, emprunt de mélancolie et de poésie qui sera idéal pour vous accompagner dans la gaité du mois d’avril.

Frànçois and the Atlas Mountain: de la révélation à la confirmation

Je me souviens de la première fois où j’ai vu les Frànçois and the Atlas Mountains, c’était un   après-midi pluvieux dans le parc National de Saint-Cloud, ils jouaient  à Rock en Seine en 2011, dans le cadre des jeunes talents SFR.

Quelques années après, ils reviennent dans le festival parisien en temps que tête d’affiche.  Une évolution certaine, qui est le fruit d’un long travail et de beaucoup de patience.

En effet, depuis 2003, Frànçois Marry (le leader du groupe) se forge son identité musicale, d’abord en solo outre-Manche où il jouera avec Camera Obscura, puis avec ses potes  avec lequel il créait  the Atlas Mountains en 2005, en hommage à un de leur ami musicien nomade.

De tournées Anglaises en tournées Européennes, le groupe a beaucoup murie depuis son précédent album   « E volo Love » sortie en 2011. Un très bon disque sur lequel se trouvaient déjà quelques perles pops comme  « Piscine »,   « Slow Love » ou « Muddy Heart ».

Mais en signant sur le label britannique Domino (Arctic Monkeys, Animal Collective, Hot Chip, Franz Ferdinand…),  tout a changé.

Les Frànçois et the Atlas Mountains ont la possibilité de gouter à la reconnaissance internationale et Piano Ombre a tout pour plaire..

Piano Ombre, l’échappé belle

Chanté en anglais et/ou en français, décrit a posteriori par Frànçois comme “une course dans une forêt, une forêt un peu sombre, mais une course qui mène vers une sortie”Piano Ombre est une collection de chansons merveilleuses, de balades pops incroyablement réussis, et d’histoires émouvantes .

Des morceaux tourneboulants, tant textuellements que musicalements, à la fois cérébraux et physiques. Mais surtout, un album de saison qui passe de l’obscurité à la clarté, de l’humidité à la chaleur et de la tristesse à la joie.

Le seul pas entre  le romantisme de  « la fille au cheveu de soie » et la résurrection  de « Fancy Forstight » ou l’apothéose musicale  du morceau « la vérité », caractérise parfaitement l’album . Un disque qui joue parfaitement entre les contrastes de la tristesse des sous-bois et la joie de clairière, si le premier porte la mort, le second apporte la vie, sorte de renaissance musicale qui se fait sentir tout au long de l’écoute.

Le résultat est sans appel, le nouvel album de Frànçois and the Atlas Mountain est tout simplement beau.

Une bande de potes avant tout

Frànçois and the Atlas Mountains c’est, comme bien souvent, une belle histoire d’amitié entre François, Pierre, Amaury, Jean et Gérard. Alors que la mère du leader du groupe est malade (le bien nommé François), ses potes le soutiennent, l’aide dans la construction de l’album et rendent les choses plus faciles, car après tout c’est à ça que serve les amis,  à vous soutenir dans les moments pas forcément évidents que la vie peut vous  faire traverser.

Cette cohésion entre les membres du groupe se sent sur scène, et rend chacune de leurs performances vraiment intenses pour le spectateur, que j’ai été, à deux reprises.

Coup de chance pour , le groupe s’est lancé dans une tournée française  et européenne qui passera forcément par ta ville, plus qu’un conseil, on vous recommande chaudement d’aller les voir en live.

Frànçois and the Atlas Mountains, c’est le passé, le présent et le futur de la pop française…

 

Notre prochain disque du mois ?

C’est maintenant que tu le découvres ? #1 Fyfe

Deux ans pour un album, Fyfe a mis le temps qu’il fallait pour produire 40 minutes de plaisir auditif. Le premier extrait de « Control« , le premier album de Fyfe, « St-Tropez » a vu le jour en Février 2013, et pourtant il a continué d’avancer dans l’anonymat le plus complet.

Paul Dixon, le natif de Londres n’est pas un néophyte du monde de la musique, du haut de ses 25 ans, il en est déjà à sa troisième production publique. En 2011, sous le nom de David’s Lyre, il sort un premier EP « In Arms » disponible encore aujourd’hui avec son premier album « Picture of the Youth » sorti en Février 2012 sur BANDCAMP.

Avant ceci, Paul Dixon avait signé chez un major label, après avoir était  révélé en faisant des cover d’artistes comme Ellie Goulding. Mais à peine un an après, en 2011, Fyfe redevient indépendant et se concentre sur le seul et unique album de David’s Lyre.

BON, Fyfe maintenant.

D’où Fyfe ? Dans une interview il explique que ce nom est un projet, il différencie ça d’un pseudonyme comme il avait avec David’s Lyre. Fyfe est une succession de productions avec un artiste en tête d’affiche. Ce n’est pas juste l’artiste, compris ? ( Bon lisez l’interview -> ICI)

Fyfe est internet. Tout commence par une chaîne YouTube, classique. Il poste ses morceaux, comme je le disais « St-Tropez » il y a maintenant deux ans. A l’heure actuelle, le 9 Mars, il culminait au nombre impressionnant de 3 253 abonnés ! Mais peu importe le nombre, il devrait grimper extrêmement rapidement durant l’année. Acclamé par les critiques, adoré par des artistes comme Childish Gambino et London Grammar, c’est le moment d’écouter et de découvrir pour ensuite pouvoir être détestable en disant d’un air supérieur : « C’est maintenant que tu le découvres ?« 

Fyfe aime la France, enfin il a intérêt, il a signé chez le label de musique français Believe Recordings qui produit également des artistes tels que Grand Corps Malade, Raggasonic ou Iggy Pop. Le label organise très souvent des rencontres entre ses artistes, l’occasion de voir de nombreuses productions innovantes, Fyfe a déjà réalisé un duo avec le rappeur Sneazzy (mais je ne mettrai pas le lien car le son est bof bof).

Parlons  de la musique de Fyfe maintenant

Il aime la musique, il s’inspire de nombreuses styles musicaux dont le rap, (d’où le duo avec Sneazzy) la folk ou encore David Bowie ( David Bowie n’est pas un style musical au cas où vous vous poseriez la question ). Il fait une musique que je vais qualifier de précise, tout est contrôlé ( Control, nom de l’album, tout s’explique, tout se rejoint, quel talent de rédaction ), le Sunday Times du 8 Mars fait un bilan de l’album qui convient à l’artiste, traduction approximative :

 

Control est le résultat d’un mélange, une succession de regards, des sons précis relatant ses productions d’enfance inspirés de la musique classique, ceci combiné avec un rythme R&B, des paroles faisant preuve d’une conscience de soi-même remarquable et la voix d’un ange blasé

Sous le nom de Fyfe, il a continué à faire des cover d’artistes mondialement connu, comme Kanye West :

L’album est comme on l’attendait, très agréable à écouter, pendant 40 minutes, Fyfe fait ce qu’il nous a déjà montré auparavant, c’est à dire de la qualité et une musique très addictive. Dans ce flux d’albums de qualité sortis récemment, Control de Fyfe a amplement sa place parmi les meilleurs albums de ce début d’année 2015.

Spotify propose même un commentaire audio de l’album l’artiste même. Il nous révèle les histoires de chaque morceaux, il s’agit d’histoires purement fictionnels ou de vraies expression de sentiments qu’il a vécu. On entend aussi qu’il est doté d’une voix très ennuyeuse lorsqu’il prend la parole.

On a hâte  que le Londonien revienne en France pour nous présenter son album. Il sera le 8 Avril au Point FMR à Paris.

En attendant, l’extrait préféré du rédacteur :

 

10 lettres de refus auxquelles vous aurez du mal à croire

10 lettres de refus douloureuses de grands artistes d’aujourd’hui qui prouvent que vous ne devriez jamais douter de vos rêves…

1.  Madonna

Lorsque la reine de la pop a finalement signé avec Sire Records en 1982, son premier album s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde entier. Ce producteur ne la croyait alors pas « encore prête », mais elle a pris ce rejet comme une motivation et a poursuivi ses efforts. Elle est maintenant l’artiste féminine ayant vendu le plus d’albums de toute l’histoire de la musique.

 

 

2. Tim Burton

Cet éditeur Disney n’a pas jugé commercialisable le premier livre pour jeunes enfants de Burton, « The Giant Zlig ». Ce dernier a pris ces évaluations très à cœur, il a progressivement perfectionné ses compétences et a finalement été embauché comme animateur auprès de Disney quelques années plus tard. Il s’est appliqué dans son travail et a ainsi réalisé ses plus grands films tels que « Edward aux mains d’argent » et « The Nightmare Before Christmas ».

 

3.  Andy Warhol

En 1956, Warhol a donné gratuitement une de ses pièces au Musée d’Art Moderne, mais celle-ci a été mise de côté. Sa chance tourna très vite : en plus d’avoir son propre musée à Pittsburgh (ce même musée qui l’avait rejeté), il y expose aujourd’hui 168 de ses œuvres originales. (Lire ici notre article sur l’Usine de Andy Warhol)

 

 

4. U2

Lorsque U2 a fait ses débuts en 1979, RSO Records n’a pas du tout accroché à la musique du groupe… Mais quelques mois plus tard, le groupe a signé avec Island Records et sorti son premier single international, « 11:00 Tick Tock ». Ils ont ensuite rencontré le succès mondial qu’on leur connaît, en vendant 150 millions de disques et en gagnant 22 Grammy Awards (score jamais égalé), et réalisant le plus gros succès en tournée de l’histoire de la musique.

 

 

5. Kurt Vonnegut

Trois extraits de ses écrits envoyés à The Atlantic Monthly en 1949 ont été jugés corrects, mais « pas assez convaincants » pour être acceptés ». Plutôt que de renoncer et s’apitoyer sur son sort, Kurt a encadré la lettre, qui se trouve aujourd’hui dans son Memorial Library à Indianapolis. Son œuvre la plus célèbre, Slaughterhouse-Five, serait inspirée de l’un de ces échantillons.

 

 

6. Sylvia Plath

Bien que ce ne soit pas un rejet complet, le New Yorker a bien demandé à Sylvia Plath de couper presque la moitié de « Amnesiac ». Il est difficile de croire que la poétesse, lauréate du prix Pulitzer quelques années plus tard, ait pu voir un jour son travail « découpé » de la sorte, mais cela montre que même les plus grands ont un jour du faire des concessions.

 

 

7. Gertrude Stein

Dans ce qui est peut-être la lettre de refus la plus sarcastique de tous les temps, Arthur C. Fifield a refusé de publier le manuscrit de Gertrude Stein pour « The Making of Americans », sans même lire l’intégralité de l’oeuvre. Le célèbre romancier et poète attirera plus tard l’attention d’Ernest Hemingway.

 

 

8. Jim Lee

Aujourd’hui, Jim est le coéditeur de DC Comics et l’une des figures les plus célèbres de l’industrie de la bande dessinée et du film d’animation. Mais dans cette lettre de Marvel (l’une des nombreuses lettres de refus qu’il a pu recevoir tout au long de sa vie), il lui est demandé de présenter une nouvelle demande « lorsqu’il aura appris à dessiner les mains ».

 

 

9. Stieg Larsson

Cette lettre de refus en suédois adressée à l’homme qui est derrière la trilogie « Millenium » lui apprend qu’il n’était pas assez bon à l’époque pour devenir journaliste. Son succès soudain étant arrivé à titre posthume, les auteurs de cette lettre doivent probablement aujourd’hui s’en mordre les doigts.

 

 

10. Edgar Rice Burroughs

L’œuvre la plus célèbre d’Edgar, « Tarzan », a donné naissance à 25 « suites » et autres reproductions. Mais avant que le monde entier n’apprivoise le fameux homme singe, son histoire a été rejetée sans ménagements par un magazine en 1912. Heureusement, une publication plus clémente a accepté son script plus tard la même année, le lancement d’un véritable phénomène qui est maintenant âgé de plus d’une centaine d’années.

 

 

11 . D’autres n’ont pas gardé de lettres, mais se souviennent des obstacles qu’ils ont pu rencontrer avant de connaître le succès…

Walt Disney – Renvoyé de la Kansas City Star en 1919 parce qu’il « manquait d’imagination et n’avait pas de bonnes idées ».

JK Rowling – L’apprenti sorcier a été rejeté plus d’une dizaine de fois, y compris par HarperCollins, jusqu’à ce qu’un petit éditeur londonien ait enfin donné sa chance à Harry Potter.

Oprah Winfey – Renvoyée de la chaîne Baltimore WJZ – TV parce qu’elle n’arrivait pas à maîtriser ses émotions face à la caméra.

George Orwell – Un éditeur a refusé son roman légendaire La Ferme des Animaux en prétextant que « Il est impossible de vendre des histoires d’animaux aux Etats-Unis ».

Elvis Presley – Après une performance à Nashville au début de sa carrière, il a été dit qu’il était meilleur camionneur à Memphis (son métier précédent) que chanteur.

Steve Jobs – Renvoyé de la société qu’il a créée, Apple, mais rappelé en 1997. Apple est aujourd’hui l’une des plus grandes entreprises mondiales grâce à son travail.

Stephen King – Son premier livre Carrie a été rejeté trente fois. Il était sur le point de jeter le script mais sa femme l’en a empêché et l’a encouragé à tenter à nouveau sa chance.

Marilyn Monroe – Elle a avoué avoir voulu devenir secrétaire avant le début de sa carrière.

 

Nous pourrions vous en montrer beaucoup d’autres, mais la liste ne finirait jamais parce que personne n’a jamais connu le succès sans avoir eu l’expérience de nombreux échecs se traduisant par des lettres de refus du même acabit. Il faut savoir apprendre de ces échecs. Ceux qui réussissent sont finalement ceux qui n’ont jamais cessé d’essayer et qui ont cherché à réaliser leurs rêves jusqu’au bout…
Hugues.

Source : news.distractify

C’est maintenant que tu le découvres ? #6 FUZETA

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Asseyez vous : cliquez sur le bouton play, écoutez, lisez, voici une histoire :

Tout commence en ce si triste mois de Janvier 2015, j’aperçois sur le site de Ricard S.A Live Music un concert gratuit du groupe Colours in the Street pour présenter leur album. Sur-le-champ, je réserve ma place et j’attends la date fatidique.

Le jour-J : 

Le 11 février, après une harassante journée de cours *rires dans l’assemblée* mon ami que j’ai convaincu de venir et moi même partîmes bravant le froid et le métro pour rejoindre le Café de la Danse. Une bonne heure avant le concert, nous apprenons qu’un autre groupe s’ajoute à la programmation, « FUZETA » disaient-ils, qui venait de remporter le concours Ricard S.A Live Music. La salle se remplit, le concert s’apprête à débuter.

 

Fuzeta Le concert : 

Leur musique nous est présentée comme étant « pop aérienne », personne ne sachant comment définir la pop aérienne, on passe à une présentation des membres, quatre gars dont trois frangins qui font de l’Indie Pop avec des guitares « low cost » pour plus d’authenticité. Fin du speech, place à la musique, les quatre hommes vont jouer les morceaux qui seront plus tard dans leur ep, le public est admiratif, la puissance de la voix, le son produit par les guitares, le rythme changeant selon les chansons et la beauté, quelle beauté ? L’ensemble, la musique qu’ils offrent au public est tout simplement belle. Arrivés avec brio jusqu’à la fin du morceau »Ferns« , ils ne répondent malheuresement pas à l’appel du rappel pour laisser la place à Colours in the street qui fera comme toujours une prestation très solide.

Alors les gars, si vous me lisez, plus jamais vous ne refuserez un appel ou une pétition de boycott sera créée, comme celle pour Nutella, avec peut-être un peu plus de succès.

Ensuite : 

Annoncé lors du concert, la date de l’ep est dévoilée, il sortira le 20 mai 2015, d’ici là, beau programme les Bretons, entre l’enregistrement de l’ep et les voyages autour de la France c’est la folie. Ils sont les têtes d’affiches de la tournée Ricard Live Music avec Jabberwocky et Hyphen Hyphen. La tournée Ricard Live Music, c’est 11 concerts, répartis sur 11 jours consécutifs, dans 11 villes de France. Celle ci débuta le 31 Mars 2015, mais cette date marque aussi le début de la promo de « Dive », pour cette promo, chaque semaine va sortir un extrait de l’ep, 6 au total avant le 20 Mai.

Le prolongé jeu : (francisation honteuse d’extanded play = EP)

23 minutes, 6 morceaux, c’est amplement suffisant pour apprécier ce bijou de pop qu’est « Dive », comme lors du concert, le voix est impressionnante, l’alternance des sons doux comme « Y » ou « Ferns » ou d’autres beaucoup plus jouasse comme « Rise », pour comparer, il est possible de lorgnez sur Phoenix voire sur Blur.

Les représentations : 

Il se produiront lors de nombreux festivals cet été, dont à la Fête de la Musique à Paris le 21 Juin 2015 avec entre autres Big Flo & Oli. Toujours à Paris, ils font partis de la programmation du OUI FM Festival le 24 Juin à 19h avec lors de même festival des noms comme Noel Gallagher, Talisco, Cali ou Mina Tindle. Les autres dates sont disponibles sur la page « FUZETA » du site de Ricard S.A Live Music (ici).

La conclusion :

Le meilleur pour la fin, leur ep est disponible gratuitement en téléchargement ici ou .

La bise

La conclusion, la vraie promis après j’arrête

L’album de Kid Astray (C’est maintenant que tu le dévouvre #4) est disponible depuis le 15 Juin et est très bon.

La bise, la vraie.

Non, le Rock and Roll n’est pas mort, je l’ai rencontré

Rencontre avec le Rock and Roll

Ces derniers temps, la musique Rock and Roll s’est réjouie du retour sur le devant de la scène des groupes catégorisés comme « les grands groupes de rocks des années 2000 » : Strokes, Franz Ferdinand, Phoenix, Vampire Weekend… chacun y est allé de son album tant attendu par les fans et la presse, après trois voire cinq ans de dur labeur, de recherche artistique, de travail personnel, de projets ambitieux, de dépassement de soi, pour en arriver le plus souvent à un album qui, outre de sentir les pieds, se retrouve être un peu mou du flanc, sans personnalité, cachant le plus souvent un manque d’inspiration flagrant derrière une production qui en fait trop et une communication bien rôdée. Et bien sûr, en toute logique, ça marche. Le public (c’est-à-dire nous) fait semblant d’aimer, se persuade qu’au fond il écoute du Rock and Roll (bah oui il y a des guitares) comme papa en son temps, qu’il assiste en quelque sorte à un truc qu’il pourra raconter à ses enfants. Bref, le public ne bronche pas car on ne lui offre pas tellement le choix.
Ce que l’on sait moins par contre, c’est que, caché derrière les prix verts Fnac et autres  concerts au Zénith, se trouvent des jeunes (et vieux) groupes, talentueux, qui vendent des disques (Ah bon ?), partent en tournée tous les six mois, et sortent au minimum deux albums par an (si on ne compte pas les singles), le tout sur un support physique écoutable (et non pas perdu dans l’immensité internet et du big data), le vinyle.

Puisque je vous le dit.

Symbole de cette vitalité propre au Rock and Roll, de cet art de vivre qui a fait de cette musique une mentalité qui ne se prend pas au sérieux, la scène Rock and Roll Garage US est un vrai rayon de soleil dans notre paysage musical morose. Plonger en son sein, c’est un peu prendre le sentier broussailleux bordant la route goudronné, on ne sait pas trop sur quoi on va tomber mais on le fait car on souhaite tourner le dos à la grisaille qu’on nous impose.
Quand on y arrive, on découvre un véritable monde parallèle, un univers avec ses codes, ses groupes, ses cultures, ses histoires, ses anecdotes… Si l’Angleterre avait été la reine des années 2000 en matière de Rock and Roll (Libertines et Arctic Monkeys en tête), l’Amérique en est le prince déshérité des années 2010.

Il va bien falloir travailler méthodologiquement : ça sera géographiquement. Oui. Coup de projecteur sur cette scène alternative US qui mériterait qu’on s’y attarde, définitivement.

CALIFORNIA DREAMIN’

Haut lieu historique de rêverie Rock and Roll et autre vérités connues (Jefferson Airplane, Grateful Dead, Creedences, Doors…), la Californie est toujours, à l’image de la fille qu’on veut se taper le premier jour de rentrée, la plus belle, la plus intelligente, et la plus géniale à la fois. Elle est divisée autour de ses deux pôles, à savoir San Francisco et sa sœur rebelle, Los Angeles.

A « Frisco », c’est l’histoire d’une grande bande de potes réunis autour du véritable gourou de la ville, John DYWER. Ce gars-là, c’est le vieux briscard de l’underground qui a sorti pas moins de 20 albums depuis le début des années 2000, le tout sous plusieurs noms (le plus connu étant Thee Oh Sees), et qui a fondé le label CASLTE FACE Record qui lança de nombreux groupes de la bay arena.

Thee Oh Sees

C’est le groupe de Rock and Roll emblématique de la ville (et des US au sens large). Emmenés par le fameux John Dywer, ils ont sorti depuis 2007 dix albums (quand par exemple les Strokes en publient 5 en 12 ans). Leur discographie est articulé autour des albums du « vrai » groupe, et les projets solos de Dywer qui portent aussi le nom de Thee Oh Sees. Depuis 2011 et la sortie du fabuleux « Carrion Crawler / The Dream » et avec en 2013 « Floatin’ Coffin », les Oh Sees ont trouvé leur recette miracle, à savoir un Krautrock psychédélique ramassant absolument tout sur son passage et qui a doté le groupe d’une réputation en concert absolument remarquable (voir la photo de l’article). Les albums solos de Dywer, eux, sont plus une sorte de folk-rock un peu déglingué. Bref, un groupe mythique.

(Dywer en solo)

Ty Segall

Ty Segall, où l’image du kid blond surfer californien à chemise de bûcheron. Avant d’entreprendre une carrière solo (le plus souvent accompagné de side-kick), il a fait ses preuves en tant que batteur dans quelques groupes de Rock and roll lycéens (notamment les très bon Epsilon) et fait des concerts en one-man-band (assis derrière sa batterie avec sa guitare) pour cause de membres absents. Nouvelle coqueluche de l’Amérique, étoile confirmée de la scène garage rock US, s’est même fendu d’une couverture de ROCK & FOLK chez nous (Novembre), Ty Segall possède une discographie impressionnante faite d’albums solo (Melted, Goodbye Bread, Twins…), de collaboration avec ses nombreux potes (Hair, Reverse Shark Attack…) et autres projets de groupe (Slaughterhouse, Fuzz…). En 2012, le bonhomme n’a sorti pas moins de 3 albums dont nous vous proposons un extrait du psychédélique-folk « Hair » (en collaboration avec White Fence) ainsi qu’un live issue de « Twins ». Il est revenu en 2013 avec son album folk et intimiste « Sleeper » et un projet de groupe un peu lourdingue, FUZZ.
Extrait de l’album « Hair » (2012) avec White Fence

Ty Segall avec son band (dont Mikal Cronin à la basse) chez Letterman pour la présentation de son troisième album en 2012 « Twins ». Ca swingue ! 

 

 

The Fresh & Onlys

Autre groupe lancé par le label CASTLE FACE de Dywer, les Fresh & Onlys sont 4 potes assez éloignés de l’imagerie contemporaine californienne, emmenés par leur chanteur barbu et non moins énigmatique, Tim Cohen. Leur premier album éponyme sorti en 2009 reste un classique garage bouillonnant et vaporeux mais extrêmement talentueux. Les Fresh & Onlys ont su évolué au fil de leur 4 albums (et 2 EPs) pour aboutir avec « Long Slow Dance » en 2012 à un album très mélodique et pop, loin du Rock and Roll psychédélique garage de leur début. Fin mélodistes, chacune de leurs sorties est d’une qualité que peu de groupes peuvent revendiquer. Un aperçu de l’évolution du groupe avec trois chansons ci-dessous :
Peacok & Wing sur leur premier album psychédélique et nerveux sortie en 2009


Waterfall sur le très Hippie et Garage « Play It Strange » en 2010 

La chanson-titre Long Slow Dance sortie en 2012. [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=jHoT9pK8wFc[/youtube]

Sonny & The Sunsets

Sonny Smith est un personnage un peu à part, comme un oncle du Rock and Roll bienveillant, sortant des disques d’une haute précision et d’une régularité sans faille avec son groupe des « Sunsets » depuis maintenant 4 ans. Sa musique se résume à celle d’une pop simple et joyeuse, sans artifices inutiles, doté d’une mélodie sympathique qui donne généralement le sourire. En 2013, le quatrième album du groupe Sonny & The Sunsets donc, fait part aux mélodies contemporaines avec un aspect folk toujours présent, et une qualité d’écoute irréprochable. Un artiste facile d’accès et sans prétention, à mille lieux de ce que l’on peut trouver aujourd’hui. Un extrait de son dernier album.

White Fence

Nom d’emprunt, White Fence est le projet Folk-Rock d’un artiste un tant soi peu solitaire nommé Tim Presley. D’abord installé à Los Angeles, le chanteur-guitarise rejoint San Francisco et toute sa clique de groupes tant pour l’ambiance et l’enthousiasme de la ville que pour le charme. Bricolo-débrouillard, l’artiste sort en 2009 un album solo fait maison (littéralement) qui eût un bon écho dans le cercle Garage Rock. Artiste prolifique, il sortira le très bon « Is Growing Faith » en 2011 pour s’associer avec Ty Segall sur « Hair » en 2012, mais aussi sortir ses deux albums « Family Perfume (Volume I & II) », et plus récemment en 2013 « Cyclops Reap ». On aime le côté simple et mélodique quoique bancal de son Garage Rock qui revêt un certain charme quant à sa simplicité d’élaboration.
Premier album en 2009

Outre ces artistes, on retrouve à San Francisco les défunts moustachus glamoureux Bare Wires (auteur du très Rock and Roll et Punk « Seeking Love » en 2010), pas mal d’artistes solos ayant participé de près ou de loin à des albums des groupes cités plus haut. Bref, une mine d’or de talents et de joie.
A Los Angeles, c’est un peu différent : moins de cohésion, moins de groupes, mais tout autant de qualité.

Fidlar

Jeunes, fougueux, rigolards, talentueux… De nombreux qualificatifs pourraient correspondre à ce jeune groupe (1er album en 2013) très prometteur qui a déjà fait parler de lui chez nous (disque du mois dans ROCK & FOLK, passage sur « L’album de la semaine » chez Canal +). Leur premier album est une pépite Garage-Punk mais, à la différence de nombreux groupes s’essayant dans ce domaine, il ne suffit pas de brailler fort et de dire des gros mots : Fidlar le fait, mais dans une évidence mélodique de haute volée, alternant urgences punks aux morceaux plus sympathiques et plus relax. Le tout saupoudré d’une savoureuse touche d’humour et d’autodérision dont on ne pourrait surtout pas imaginer que certains groupes en fasse preuve aujourd’hui. Un modèle du genre.
http://www.youtube.com/watch?v=BYbJmQj5VkE
Clip de « Gimme Something » où FIDLAR se prennent pour les CCR.

The Allah-Las

A l’inverse de Fidlar, les impeccables Allah-Las ont une allure plus bourgeoise et moins pittoresques. La bière et la sueur ont laissé place aux vestes en daim, moustaches taillés, et guitares carillonnantes. Outre ces petites remarques gentilles qu’on peut leur faire sur leur pose « bobo » et leurs filtres Instagram, il n’empêche que le groupe a livré un très bon premier album (éponyme, en 2012) et se pose comme admirateur des sixties oubliées. Leurs chansons talentueuses (Busman’s Holidays, Déjà Vue, Catamaran…) font tout de suite références aux Byrds et à la Californie ensoleillée. On ne boude pas notre plaisir.

The Growlers

Surfeurs branleurs, les Growlers ont (ré)inventé un style de musique qu’ils ont affectueusement nommé « Beach Goth » (héritage de Rock and Roll, Surf Music, Psychédélisme ayant pour ancêtres des groupes comme West Coast Pop Art Experimental Band…). En fait, le groupe a enregistré plusieurs EPs vers 2008 et, devant le succès du genre musical, ont décidé de réenregistrer leurs chansons pour sortir deux albums en 2009 et 2010. En 2013, ils publié le savoureux « Hung At Heart » fait de mélodies perchées, complaintes du chanteur accompagné par des arrangements simples et subtils (guitares claires, orgue pointilleux, rythmique entrainante). Alors que les gentils Allah-Las s’étaient approprié ce genre du « Beach Goth », les crados  Growlers nous rappellent que ce sont eux à l’origine du truc.

Foxygen

Le duo rock and roll plus ou moins californien de Foxygen jouit d’une belle réputation en devenir. Auteur d’un très bon album en 2012 qui fut notamment remarqué dans la presse « spécialisée » et la blogosphère française, les deux comparses ont sorti une petite merveille cette année avec « We Are The 21st Century Ambassador Of Peace & Magic » (tout un programme). Révélateur de leur popularité en devenir, on trouve le vinyle à la Fnac. Le disque est un savoureux mélange de psychédélisme à l’ancienne, douceur pop innocente, rock and roll enjoué, où les rythmes s’enchaînent et se défont selon les incantations très Jaeggerienne du chanteur. Leur chanson « San Francisco », est surement l’une des plus belle réussite de l’année.

LOOKIN’ FOR DETROIT

Outre la Californie, la ville de Détroit peut se targuer d’une scène prolifique et historique (White Stripes au hasard). Décryptage de deux groupes à l’image de leur citée, « Rust Belt » du rock Garage.

The Dirtbombs

Les Dirtbombs, c’est deux basses, deux batteries, 40 ans de moyenne d’âge, 6 albums, et une quantité incalculable de 45 tours. Le groupe qui publia son premier « opus » (quel vilain mot) en 1998, vient de sortir son nouvel « LP » en 2013 (bien mieux). Outre des prestations live à déboucher les tympans, l’image d’indépendance que représentent les Dirtbombs, et l’authenticité dont ils font preuve, font que le groupe possède une grande notoriété sur la scène alternative américaine. Bref, 15 ans après leur premier album, ils continuent de faire des concerts, sortir des disques, envoyer la sauce sur différents concepts (reprises de titres techno de Détroit version Rock and Roll sur « Party Store », adaptation de succès Motown façon Stooges sur « Ultraglide in Black »), et de régaler leur public à chaque apparition. Respect.

The Go

The Go est un groupe caractérisant bien l’injustice musicale qui peut frapper le talent et ne plus le lâcher pour toujours. Quand on voit certaines « choses » qui remplissent les stades à n’en plus pouvoir et qu’on remarque que The Go n’est jamais sorti de l’ombre en 15 ans de carrière, ça fait réfléchir. Comme les Dirtbombs, les Go ont sorti leur premier album en 98 et comptait dans leur rang un guitariste nommé Jack White, futur fondateur d’un groupe nommé White Stripes. « Watcha Doin’ », « Hawl The Haunted Beat You Ride », et plus récemment en 2013 « Fiesta », The Go sortent des albums d’anthologies qui ne trouvent écho ni dans la presse, et encore moins au sein de la population. Pourtant, certaines bonnes âmes militent corps et âmes pour la reconnaissance du groupe de rock and roll comme  le label français « Mauvaise Foi Record » qui a pris l’initiative d’éditer chez nous l’édition vinyle du nouvel album « Fiesta ». Franchement, allez-y, ça vaut le coup. Un extrait ci-dessous.


Plus au Sud, à Atlanta, se trouvent les chefs de file du mouvement garage américain, les célèbres et grands déconneurs de The Black Lips.

The Black Lips

Les Black Lips, c’est la grande classe. Fondé au milieu des années 2000, le groupe aux reconnaissables références sixties a su capter l’air de son temps pour proposer un Rock and Roll terrible, bordélique à souhait, plaisant, et indéniablement génial. Leurs albums s’enchainent et le succès ne se dément pas, tournant au quatre coins de la planète et faisant à chaque fois salle comble. D’une simplicité déconnante, leur musique représentent parfaitement ce qu’on appelle (souvent à tort et à travers) le « Garage Rock » : une batterie, deux guitares, une basses, des chœurs, de la bière, de la fuzz, et du talent. Leur dernier album en date, « Arabia Mountain » sorti en 2011 contient de nombreuses pépites et s’écoute d’une seule traite malgré ses 14 titres. On ne peut que conseiller l’autre chef d’œuvre du groupe, « Good Bad Not Evil » publié en 2008 et l’hilarant titre Bad Kids. En concert, c’est tout autant jouissif (crétinerie sans fin, envahissement de scène quotidien, canettes de bières volantes…). Pour vous dire à quel point ces groupes de rock and roll marquent une rupture avec ce que l’on veut bien nous faire écouter à la radio et voir à la télévision, leur concert à Lyon en juin dernier s’est passé dans la banlieue-usine de Feyzin, dans un gymnase que l’on avait séparé en deux d’un grand draps blanc, et d’une soirée inoubliable pour les 100 personnes présentes. Pourvu que ça dure.

http://www.youtube.com/watch?v=lrNSjItTfes
Pour finir notre tour d’horizon, direction Miami et ses joyeux lurons des Jacuzzi Boys, qui viennent de sortir leur troisième album.

Jacuzzi Boys

Dans la même veine Californienne, les Floridiens de Jacuzzi Boys sont un groupe plutôt pop qui signe un parcours sans faille depuis la sortie de leur premier album « No Seasons » en 2010. Par la suite, ils sont sorti un des meilleurs albums en 2011, le très apprécié « Glazin’ » : une production épuré, un style minimaliste et direct, des mélodies qui reste en tête, que demander de plus ? Après avoir gagné leurs galons de groupe plus que recommandable notamment sur scène, les Jacuzzi Boys viennent de sortir leur troisième album, plus pop, toujours aussi évident, et qui ensoleille un peu notre automne.

Extrait du nouvel album éponyme

Automatic Jail sur l’album « Glazin' » publié fin 2011

MORALE

On aurait pu en citer d’autres, (les New Yorkais de Woods et Crocodiles, les Night Beats, les Cosmonauts…), parler plus longuement du rôle des labels indépendants (In The Red, Castle Face, Woodist…), mais ça serait trop en demander au pauvre lecteur qui a déjà du mal à ingurgiter tout ça.
Tant mieux, il vaut mieux prendre son temps, ne pas faire le choix de la course effréné à la découverte, en gros plutôt que d’enchaîner des shots de Vodka en continue, savourez une bière chez vous tranquillement.
Mais par contre, il serait dommage de parler de tout cela sans évoquer le vinyle. Oui, le vinyle. Car il faut savoir que lorsque qu’on vous parle d’albums, de singles, d’EPs, ce n’est pas un mythe : ces disques sortent vraiment, ces disques sont achetés, ces disques sont en ruptures de stock messieurs (et on ne parle pas de trois exemplaires). Il y a des gens chez eux qui possèdent vraiment ces chansons, qui les écoutent sur leur platine, des jeunes, des vieux.

Oh Sees Vinyk

« Castle Mania » des Oh Sees sortie en 2011. C’est quand même autre chose qu’un onglet Bandcamp
Aller chez le disquaire, c’est un sentiment que notre jeune génération avait oublié. Trouver la perle rare, demander conseil, toucher son disque, le sentir, l’écouter tranquillement en suivant le débat de passionnés se déroulant à côté de nous, tant de chose qui font que nous conseillons au moins, si l’idée d’acheter des disques vous refroidi vous et votre budget, de pénétrer dans ces haut-lieux de musiques et de culture, juste pour voir (et écouter). Ca vous changera de Deezer, radicalement ! (Bien sur on peut faire les deux).

Dangerhouse, à Lyon, surement le meilleur disquaire hexagonal.
Quoi qu’on en dise, la transmission musicale et la popularité ne se mesurent pas en visionnage Youtube ou en écoute sur Bandcamp, non. Quelle prétention de s’estimer artiste de renom quand personne chez soi ne possède sa musique, quand on n’est pas capable de donner, si on le demande, le moindre disque publié en son nom.

L’EP « Secret Walls » des Fresh & Onlys sortie en 2011. Généralement, les labels insèrent un coupon de téléchargement gratuit de l’album.

Il est aussi important de parler des concerts : ici, point de stades, de salles géantes où vous passez la plupart de votre temps à regarder l’écran géant à défaut de véritablement voir le groupe jouer. Les groupes cités ici jouent généralement dans des salles accueillant de 150 à 700 personnes, ce qui créer une véritable ambiance où l’on est en réelle communication avec les artistes qui sont littéralement à deux pas de nous. Faut savoir aussi qu’ils ne chôment pas. Lorsqu’ils partent en tournée européenne, les groupes font ce qu’on appelle le one night one show, à savoir un concert par soir dans une ville différente, et cela sans interruption, une vrai vie d’artiste. C’est quand même toujours sympa de pouvoir fumer une clope avec eux au début du concert et de les voir derrière leur comptoir pour vendre leurs propres disques et autres badges & T-shirts…  En plus, quand le prix d’une place se situe aux alentours de 15€, on est toujours gagnant.

Les Jacuzzi Boys au Point Ephémère à Paris fin Novembre. 200 personnes à tout péter.
Dans cet article, les groupes dont on vous parle ne sont pas des musiciens underground enregistrant de la musique à l’aide de logiciel plus ou moins obscurs et dont la sphère d’écoute et leurs trois vinyles ne dépassent pas la cour de récré ou la complaisance des amis. Non, ces musiciens ont du succès, tentent de vivre de leur musique (et de toute façon s’en foutent), sortent des disques (que l’on trouve à peu près partout) car ça leur plait, ne se foutent pas de la gueule de leur public en annulant des concerts pour cause de maux de gorges (sachant qu’en plus ils en font un par soir généralement), s’amusent, nous régalent, et rendent vie à cette musique appelé Rock and Roll vouée à ne jamais disparaître.
Pour vous aider à vous y retrouver au milieu de cette sélection (non exhaustive) d’artistes plus talentueux les uns que les autres, on vous a fait une petite playlist à écouter au coin du feu:

A choisir entre la route goudronnée ou le chemin broussailleux, on a vite fait notre choix chez Hurluberlu.fr !

C’est maintenant que tu le découvres ? #8 Ulrika Spacek

Salut.

Comme le dit si bien Frank Sinatra ci-dessus, ça faisait quand même quelques mois que mon nom n’était pas apparu sur le site. Si je devais donner une raison ce serait le planning, le temps m’ayant manqué autant qu’écrire m’avait manqué.

N’ayant pas d’inspiration pour trouver une transition entre l’introduction et l’artiste présenté, j’ai mis une photo.

Ulrika Spacek

Cinq anglais qui font de la musique, c’est le retour au complet des One Direction. Les « boys » comme ils aiment être appelé par leurs fans, dont l’accent british laissent parfois à désirer, reviennent avec les cheveux gras, de la barbe, des guitares, une basse, une batterie et tout plein de grammes à disperser dans le sang ou dans des feuilles à rouler.

Sur-productif depuis qu’ils sont basés sur leur deux nouveaux leaders : Rhys Edwards et Rhys Williams, les 1D qui pour avancer sereinement ont désormais choisi le pseudonyme « Ulrika Spacek » reviennent après un dernier album discret sorti en Novembre 2015. The Album Paranoia sorti le 5 Février 2016 devient le premier jet d’une renaissance pour les anglais qui souhaitent attirer un nouveau public, plus intime sans doute.

Il est marrant ton délire mais c’est quoi ? 

La formule des InRocks est très bien trouvée, ils définissent le groupe comme étant : « Entre Tame Impala et Radiohead ». Ulrika Spacek va faire le bonheur des amoureux de psyché. Si le terme succès est très faible pour définir la réussite de Tame Impala dans le monde, ce serait mentir si l’on disait que l’album d’Ulrika Spacek n’était pas inspiré par la vague amorcée, plus ou moins, par Kevin Parker et ses acolytes. Ulrika Spacek ajoute à sa musique une flopée de troubles psychiques et utilise moins de procédés électroniques que ses homologues australiens.

L’album, dont le titre « The Album Paranoia » annonce la couleur, est composé de 10 titres, il dure 45 min et plonge l’auditeur dans une bulle où se trouvent toutes sortes de substances moyennement licites et une succession de troubles tout aussi inquiétants. L’album joue sur un enchaînement d’ambiances qui oscillent entre énergie et morphine. On va synthétiser cela comme une expression de la schizophrénie, qui est un thème majeur dans les textes de l’album et de l’ambiance de l’album.

En conclusion, une belle expérience d’écoute dans la lignée d’un mouvement qui plaît de plus en plus, et un groupe qui peut devenir très productif dans les années à venir. L’écoute de l’album est possible ci-dessous.

La bise.

 

Tu en veux plus ?

Hurluberlu Mixtape # 2 – Aaron Scott

On ne va pas se mentir, chez Hurluberlu, Lyon est un peu notre fief, la ville d’où la majorité de la rédaction est issue et l’endroit où l’on aime à se retrouver lorsque nos différents emplois du temps nous le permettent.

C’est pour cette raison qu’on est assez fier de vous présenter un Lyonnais pour ce deuxième Hulu Mix. En effet après le duo sexy en provenance de Bruxelles nommé The Lizzies, c’est Aaron Scott, un jeune lyonnais de 18 berges, qui nous fait l’honneur de se produire dans notre « maison ».

Malgré son jeune âge, Aaron Scott a déjà un univers musical bien à lui, ancré entre la Nu Disco et la Deep House. Ce n’est pas vraiment un secret, électroniquement parlant, depuis 2010 la Deep connaît un succès incroyable en France, grâce notamment à des artistes comme Joris Delacroix, le label Roche Musique sur lequel étaient signés les excellents French Kiwi Juice, Cherokee, ou encore Kartell. Plus récemment c’est  Zimmer ou Darius qui représentaient l’Hexagone.

Bref, en France il y a une vraie tradition de musique Deep; emmenée par toute une génération de jeune gars qui assure, et Aaron Scott fait partie de la nouvelle vague du mouvement, et le garçon est chaud.

En l’espace de quelques mois il a sorti pas moins de trois EP et se retrouve sur la liste des DJs à mixer pour la prochaine soirée Zuper Klub au Ninkasi Kao au côté notamment de Sascha Braemer et Niconé .

« Chers auditeurs, je vous souhaite un doux voyage pendant l’écoute de cette mixtape qui pour moi a été un vrai périple. La technologie nous trahit quelques fois et c’est avec beaucoup de peine que je suis malgré tout parvenu à la fin de cette session ! Au programme retrouvez l’artillerie Française et Allemande joignant leur force dans une cohabitation musicale fraternelle, qui je l’espère vous ravira ! One Love Hurluberlu, bisous à vous ! » Aaron Scott

Faut t-il se droguer pour apprécier la musique électronique ?

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« T’écoutes de l’électro « underground »,  tu prends des cachets toi alors ? ». C’est une question récurrente qu’entendent inévitablement les fans de musique électronique. Cet amalgame existe encore pour beaucoup de personnes, qui jugent bien souvent sans connaître le milieu. Comment discerner le vrai du faux dans un univers musical qui prend de plus en plus d’ampleur ces derniers temps ?

La drogue et l’électro

Il est vrai que l’écoute de musiques électroniques (et plus particulièrement la minimale, la psytrance, la techno ou la deep house) est souvent associée à la consommation de stupéfiants. Nos parents diront que c’est véridique et prouvé depuis la nuit des temps (d’autres affirmeront même qu’ils étaient présents dans les raves ou à Woodstock, rien que ça, dans le but d’en imposer face à leurs rejetons), les rejetons en question diront que rien de tout ça n’est vrai et que la drogue est inexistante dans les soirées électro. Qui a raison et qui a tort ? C’est une bien vaste question…

Faut t-il se droguer pour écouter la musique électronique ?

 

D’où ça vient ?

Aux origines, la musique électronique était surtout diffusée au cours des « raves », ces rassemblements autour de la musique électronique underground qui se déroulent en pleine nature ou dans tout autre lieu non prévu pour à la base, selon Wikipédia. L’avènement de ce type de manifestations vient d’un soulèvement de la jeunesse dans les années 80, mouvement qui s’est amplifié dans les années 90, notamment en Angleterre, à l’époque où les clubs fermaient leurs portes à l’heure où le permis de débit d’alcool expirait. Les bases idéologiques de ces rassemblements étaient un refus des valeurs mercantiles du système et la recherche de la transcendance grâce à la musique. De toute évidence, la drogue faisait partie intégrante de ces manifestations « sauvages », ce qui n’est pas un terme péjoratif puisque c’est ce qui faisait précisément le charme de ce concept, avec notamment le LSD et l’ecstasy qui circulaient en masse au cours de ce genre de festivités.

Qu’en est-il de nos jours ?

Aujourd’hui les événements de musique électronique ont pris de l’ampleur, se sont développés dans les clubs et autres lieux d’événements, bien que les raves existent toujours mais destinées à un public beaucoup plus pointu et connaisseur de musiques de plus en plus psychédéliques (psytrance/dark/progressive/core). Mais attention, il ne faut pas s’y méprendre : la musique électronique « underground » devient aujourd’hui un phénomène de mode, séduisant d’ailleurs un public de plus en plus jeune. Ainsi, la gamine de 17 ans qui prend de la MDMA en se trémoussant sur du Jamie Jones en 2014 et un vrai « teufeur » du même âge sous acid lors d’une soirée avec les Spiral Tribe 20 ans plus tôt sont à des années-lumière d’écart…

Pourquoi ça pose problème ?

C’est là qu’est aujourd’hui le problème. Les jeunes ne maîtrisent plus leurs consommations, que ce soit en parlant d’alcool ou de drogue. La prise de stupéfiants relève aujourd’hui souvent du « fun » lors de concerts ou de festivals électroniques. Les cachets peuvent parfois circuler à tout-va, la facilité d’accès à la drogue aujourd’hui explique aussi sa consommation excessive chez certains jeunes (trop jeunes ?). La musique électronique est devenue la nouvelle pop pour un grand nombre de jeunes, ce qui explique un intérêt si grand pour des événements qui n’auraient ramené que quelques puristes de l’électro il y’a 10 ans.

Concert de C2C en France

La prise de stupéfiants impose également des dérives, notamment celle de l’excès et de l’addiction. Un problème de plus en plus récurent, ce qui a conduit des médecins anglais à ouvrir à Londres la « Club Drug Clinic » dans l’hôpital de Chelsea & Westminster. Ils voient donc passer tous les jours des clubbeurs sortant de la Fabric ou du Ministry of Sound, les aidant petit à petit à stopper ou réduire leur consommation. Une initiative qui a le mérite d’être saluée, qui pourrait même d’ailleurs contribuer à redorer le blason de la musique électronique.

La drogue est donc aujourd’hui encore omniprésente dans ce type d’événements, et il semblerait que rien ne puisse changer cela. Mais il ne faut pas interpréter cela comme une maxime qui imposerait à tous les fêtards à la recherche de bonne musique électronique de se droguer pour profiter du « bon son ». Bien au contraire…

Peut-on écouter de la musique électronique sans drogue ?

Les « camés » qui courent les festivals électro pendant la période estivale se drogue parce qu’ils recherchent un état « d’extase » ou de « transe », pour simplement mieux ressentir et vivre la musique. La drogue provoque une légère euphorie, une sensation de bien-être et de plaisir qui s’accompagne d’une relaxation, d’une exacerbation des sens (dont l’ouïe) et d’une impression de comprendre, d’accepter les autres. A l’époque, c’était « Sex, Drugs & Rock N’ Roll », mais si l’on tient compte du fait que les DJ’s sont les nouvelles rockstars d’aujourd’hui (étant donné le succès rencontré par l’électro aujourd’hui), il semblerait que cette maxime soit encore bien respectée.

Mais ne vous y méprenez pas, la drogue n’est pour autant pas une fatalité pour la musique électronique. La bonne musique reste de la bonne musique, quel que soit l’univers musical, et rien ne pourra changer ça. Notre Lolo national (Laurent Garnier) nous l’explique d’ailleurs très simplement dans une interview donnée récemment à l’Express : « Quant aux amalgames sur les drogues, j’ai renoncé à m’énerver contre ces raccourcis ridicules. La drogue a toujours été liée au monde de la nuit et de la fête. Pourquoi stigmatiser la techno ? Est-ce que, pendant le Festival de Cannes, on parle de la consommation de cocaïne ? Non, on parle de cinéma ». Comme quoi un artiste sain de corps et d’esprit peut également faire vibrer des milliers de personnes.

Nuits sonores Garnier

Il est donc bon de le rappeler : écouter de la musique électronique participer à ce style d’événements n’est pas synonyme de prise de drogue, et encore heureux ! Un grand nombre de festivaliers ou amateurs de cette musique arrivent parfaitement à profiter de la qualité musicale sans être sous l’emprise de quelconque produit hallucinogène. L’engouement n’a d’ailleurs jamais été aussi fort qu’aujourd’hui, et on ne peut que s’en féliciter en France. Mais la drogue a toujours été associée à l’art en général et pas qu’à la musique électronique.

Moralité, il semble presque impossible de définir quelle causalité il existe entre drogues et musique électronique, bien qu’elles soient inévitablement liées. Néanmoins, on ne peut que vous encourager à écouter de la vraie, bonne et pure électro, notamment lors du festival des Nuits Sonores qui aura lieu à Lyon chaque année fin mai/début juin, 4 jours non-stop de fête électronique dans toute la ville, à ne pas manquer (festival au cours duquel Laurent Garnier sera d’ailleurs bien présent comme chaque année)…

J’ai croisé Sébastien Tellier

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C’est généralement le week-end qu’il se passe plein de trucs. Au hasard d’une soirée, j’ai croisé Sébastien Tellier. Panama sur la tête, lunettes de soleil sur les yeux, et verre de rosé à la main, il fêtait son dernier album en toute simplicité. Il était assez impressionnant derrière sa grosse barbe, complètement planqué du monde extérieur. Sa musique est un univers à part, et lui même se met à part du monde qui l’entoure. Tellier donc, ce grand gourou musicien avec qui je discute.

 

Tellier donc, ce grand gourou musicien avec qui je discute.

J’adore sa musique. La Ritournelle est quand même un morceau que tout le monde a en tête, même sans savoir qu’il l’a composé. On l’entend dans des tas de pubs, elle sert de jingle. C’est un peu le privilège des grands artistes, je veux dire, de pouvoir supporter l’usure du temps ; surtout que le temps ne fait pas de cadeau. Et finalement, même si on sait reconnaitre leurs œuvres sans connaitre leur nom, c’est qu’ils ont déjà gagné. Tellier pour moi, c’est un peu ça ; et face à moi il était déjà en terrain conquis. Il m’explique son inspiration brésilienne, et plaisante sur le nom de L’Aventura. Ça sonne un peu Stone & Charden, passons. L’Aventura, c’est une sorte de voyage dans l’Amérique latine, vers un Eldorado mythique et délicieux. Tout ça est très coloré. Tout ça est lié à l’amour, à la jeunesse, et à la naïveté de l’enfance. La vie de Tellier quoi. Car il faut bien se le dire, c’est un mec qui n’a pas grandi. C’est encore un enfant, qui balance des vannes sérieuses et se met à rire aux éclats.

L’ambiance bossanova déstabilise un peu les habitués de l’électro-classicisme des premiers albums, mais revient un tout petit peu, à l’image de son premier amour ; on est bercés tout au long de l’aventure qu’il nous propose. Ça commence par un Love instrumental qui installe l’ambiance, Sous les rayons du soleil permet de se réchauffer un peu (car tout n’est qu’amour et érotisme chez lui, faut-il seulement le rappeler), puis on tombe dans les problèmes de l’adolescence avec Ricky l’adolescent, assez percutant, déstabilisant et très électronique. On finit par une espèce de renaissance avec L’enfant vert. Transformation réussi et encore une fois, une preuve que l’homme sait s’adapter.

Quand il me demande quel morceau je préfère, je réponds sans hésiter : « Ricky ! Dedans il y a tout ce qu’il faut. » Il se met à rire : « Je pensais pas que ça plairait. Je l’ai mis dedans un peu pour me faire plaisir, il arrive à un moment où on l’attend pas. » Et il a pas tort. Pourtant, c’est un beau conteur le Sébastien. Tous ces albums nous font voir des mythes imaginaires : Sexuality et la recherche de l’amour, My God is Blue se penche sur la religion. Avec celui-ci, on prend le bateau pour le Brésil, et danser toute la nuit avec de belles nanas sur la plage d’Ipanema, entre deux chasses aux trésors aztèques. C’était une discussion vraiment très bizarre, mais il n’est pas allé jusqu’à me parler des sujets qu’il balance généralement en interview. Je n’ai donc pas eu droit à l’explication de la vie des Hommes avec la parabole des saumons qui remontent la rivière, ou l’intelligence extraordinaire des cailloux puisque je cite : « Ils sont là depuis plus longtemps que nous, donc c’est qu’ils ont su s’adapter ».

On a passé une très bonne soirée. Avant de partir, il chante quelques débuts de morceaux (l’alcool est passé par là), et fredonne la musique que je garderai en tête pour tout le reste de la nuit : « Tous les soirs sans fin, je trainais sur ma Vespa, dans mon gilet de satin, c’était la Dolce Vita… ». Le problème de Tellier, c’est qu’il n’a pas que des tubes alors qu’il pourrait facilement faire douze morceaux fabuleux ; alors on se dit que l’irrégularité est le fardeau des génies. Génie ou poète ? Plutôt poète. Je me souviens qu’il avait raconté, un jour, sa déception d’apprendre que c’était le métro, en passant, qui faisait bouger les murs de sa maison quand il était enfant, et pas « un grand dragon ». Un gosse qui s’invente des histoires, je vous dis…

(Crédit photo : Ruda Cabral)

Étienne de Crécy fait-il de la musique de supermarché?

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Réveil, il me faut de la musique.

Lecture aléatoire de Spotify. Au milieu de tout le bruit actuel, j’entends ce qui ressemble à de la musique ; je sais pas si c’est hype, mainstream, connu ou complètement à l’ombre du grand tourbillon médiatique : Paradis. J’ai entendu les premières notes de leur morceau Garde-le pour toi, et c’était comme une évidence. Le genre de musique qu’on a déjà entendu avant, mais en fait non, et qu’on écoute en boucle toute la journée. Ça résonne un peu comme du Phoenix ; attention, le Phoenix du début, le vrai, celui de la French Touch. Garde-le pour toi c’est en quelque sorte le If I ever feel better de 2014. Évidemment, raconter de la musique c’est compliqué, alors ceci n’est juste qu’un énorme clin d’œil pour aller l’écouter vite fait.

Rien dans le frigo.

 

C’est souvent ce qui arrive quand on a faim. La résolution d’aller faire les courses s’impose comme un évidence, et complètement résigné je me décide à y aller. C’est pas vraiment sexy le supermarché ; Warhol avait pourtant des trucs assez stylés avec des boîtes de lessive. C’était une bonne idée de vouloir transformer les rayons en couloirs de musée ; mais bon d’un autre côté, c’est assez difficile de bouffer des tableaux et des sculptures. Je me dis qu’il y aurait une idée d’exposition, genre faire des tableaux en chocolat et les manger au fur et à mesure de la soirée. Je regarderai si ça existe en rentrant, un taré a bien dû y penser avant moi.

« D’un coup, je sais que c’est lui : Étienne de Crécy. »

Dans un rayon, au hasard des rayons, dans ce labyrinthe de rayons. Je tombe sur un gars qui me dit vaguement quelque chose. Un mec barbu, jeune vieux (comparé à moi j’veux dire), qui se trimballe avec un panier : deux baguettes de pain, de la salade, des yaourts 0%. D’un coup, je sais que c’est lui : Étienne de Crécy. Justement un des gars qui faisait de la musique en même temps que Phoenix, Alex Gopher, Philipe Zdar (il formait le groupe Cassius, avec le frère de Sinclair, le mec de la Nouvelle Star), Daft Punk, et j’en passe. Étienne est là, beau comme un homme moderne et j’en profite pour lui glisser : « Ton Super Discount 3 est vraiment un carton. Et pourtant tu fais tes courses comme tout le monde ! ». Il rigole : « Sympa merci. Il faut bien manger, et les frigos se remplissent pas encore tous seuls ! ». On rigole. C’est une bonne idée ça aussi.

 

« Étienne de Crécy c’est un truc un peu pointu, presque une niche de nostalgiques. »

« Pourquoi t’as tout appelé Super Discount ? C’est un moyen de dénoncer ou c’est juste un mot qui sonne bien ? » Et là : « En fait pour le premier album, il fallait attirer l’attention ; l’esthétique des promos de magasin est pas trop mal pour ça. Et puis ils l’ont étudié avant moi. Donc je m’en suis resservi et puis c’est resté. C’est flashy, on peut pas passer à côté ! ». Ouais c’est vrai, bonne idée. « Hashtag My Ass, You, WTF. Tout ça c’est des titres d’aujourd’hui ; j’aime beaucoup l’idée de s’approprier des codes. Et puis c’est bien fait. J’ai entendu du Daft, du Armand Van Helden, des trucs ghetto quoi ! » Il se marre. C’est vrai, c’est vraiment très bien dosé tout ça. J’ai eu du mal avec ses premiers sons, un peu trop bruts et finalement, de rajouter un côté plus pop, ça lisse un peu le truc. Mais je sais pas si je devrais lui dire ; Étienne de Crécy c’est un truc un peu pointu, presque une niche de nostalgiques.

 

Il est en train de continuer ses courses tranquillement. Je pense à d’autres mecs qui font de la musique et qui vendent malheureusement plus que lui. Genre David « Bandit Manchot » Guetta. Genre One Direction. Non je rigole, eux on s’en tape. En partant je passe devant une belle montagne de boites de conserve (des petits pois) ; l’idée de mon exposition insolite me revient comme une claque dans la gueule.

Quand JusTice fait du Soulages (ou l’inverse)

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Un jour, je couvrais une expo de Pierre Soulages et le gars me dit : « Tu vois, dans le noir en fait, on trouve tout un tas de couleurs. Et on se rend compte qu’il n’y a pas un seul noir, mais bien plusieurs. La nuance, c’est important. » Et il m’achève en disant : « En fait, c’est toujours dans les choses qu’on croit absolues que se trouve l’infini. » Autant dire que j’ai écouté, en pensant qu’il aurait pu me dire ça autrement. Par exemple : « Tu vois mec, c’est dans les choses qu’on croive qu’elles sont finies, qu’en fait elles continuent, jusqu’à temps que le monde tourne dans le sens des aiguilles d’une horloge ». Malheureusement, on était dans un musée et pas dans Les Anges de la Téléréalité. Du coup, j’ai eu droit à un cours particulier par quelqu’un de très important dans le milieu de l’art moderne, et ça n’a pas de prix (enfin si, celui du billet d’entrée, gracieusement offert pas la rédaction pour laquelle je grattais du papier).

« Soulages est à la peinture ce que Justice est (bon ok… était) à la musique. »

Pour mettre un peu la chose en perspective, Soulages est à la peinture ce que Justice est (bon ok… était) à la musique. Il faut faire un petit retour en arrière pour se rappeler d’un groupe électro français, à l’époque complètement inconnu. D.A.N.C.E. arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, inattendu et assez frais. Pourtant, juste avant ça, ils avaient cartonné avec un remix de Simian Mobile Disco, We are your friends : c’était la ligne de basse qui faisait tout. Clairement, Justice avait trouvé son créneau, une musique un peu sombre, saturée, presque « dégueulasse ». Dans la foulée, le premier album arrive et confirme la chose ; j’en conserve un magnifique vinyle, baptisé Cross, en vestige de cette époque bénie, à côté du Homework intemporel des Daft Punk.

« Phantom Part.1 et Part.2 ; les fantômes, c’est fait pour hanter n’est-ce pas ? »

 

Écouter Cross, c’est comme entrer dans une cathédrale où la lumière ne fonctionnerait pas, où le ménage n’aurait pas été fait depuis des mois, où les curés seraient habillés en soutanes de cuir. On est dans un univers entre rock, punk, électro et grande invocation religieuse. Alors sans refaire tout l’album, il y a quand même quelques morceaux qui vivent dans l’inconscient électro : Phantom Part.1 et Part.2, les fantômes, c’est fait pour hanter n’est-ce pas ? Mais quel rapport entre Pierre Soulages, Justice et la musique électro ? Calmez-vous, la réponse est pour bientôt.

10 juin 2007, fin de soirée. Je crois me rappeler que l’été était déjà là. J’attendais patiemment l’arrivée de mon groupe préféré sur les ondes de la BBC. L’émission dans laquelle Pete Tong propose un Essential Mix, orchestré par les plus grands DJs du moment. L’émission continue toujours aujourd’hui et très franchement, on a jamais l’occasion d’être déçu. Les meilleurs (bon, les pires aussi) sont passés par là. C’était le soir de JusTice. Casque sur la tête, prêt à bouger mon corps, les paroles si reconnaissables de Pete Tong annoncent la couleur : « blablabla French artists blablabla Xavier de Rosnay bla Gaspard Augé blabla they are Justice ». C’est là que tout a commencé.

« On était en plein miracle, genre une oasis de couleurs musicales dans un désert de lignes de basses saturées. »

J’avais jamais vraiment entendu un truc comme ça. C’était à base de sons des années 80, mixés avec des morceaux électro de l’époque, eux-mêmes mixés avec du Justice. En gros, France Gall répondait à MGMT, en glissant doucement vers Stress. Pourtant, ce grand fouillis maîtrisé était absolument génial ; Justice avait réussi à mettre de la couleur dans sa musique obscure, sale, angoissante. On était en plein miracle, genre une oasis de couleurs musicales dans un désert de lignes de basses saturées. Une explosion de rythmes, entre « Ils sont pas sérieux ?! » et « Putain c’est vraiment trop trop stylé ! ». En fait, c’était du Pierre Soulages musicale, les 50 nuances de noir revues et corrigées par les professeurs de la French Touch des années 2000.

Depuis, c’est le calme plat. Le duo est muet, et on raconte qu’on peut croiser Gaspard dans le métro parisien, toujours avec la même coupe, toujours avec la même moustache. Son fantôme sonore traine par là, surement à la recherche d’inspiration, apportée par le claquement des rails des rames furieuses du métro. À quand la suite, les gars ?

Berlin peut pas nous blairer, mais nous on l’adore !

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Pourquoi Berlin sera THE Place To Be de cet été ?

Ca y est, il a fait beau deux jours consécutifs et il n’en fallait pas plus pour qu’on envisage les vacances, pour que l’on nourrisse notre imaginaire et notre soif d’évasion en consultant les prix des vols, pour qu’on commence à élaborer des projets, des road trip qui ne verront jamais le jour (tout simplement parce que non, cette copine éloignée qui a le permis n’acceptera pas de vous transbahuter dans un vanne de location à travers la Russie)…

Brandenbur Gate (Berlin)

 

Pour éviter les plans vaseux, ceux qui tombent à l’eau avant même qu’ils ne soient aboutis, nous vous proposons une destination qui mettra tout le monde d’accord : Berlin.

 

Avec les compagnies aériennes low-cost il coûte désormais moins cher de parcourir l’Europe que de prendre un billet de train Lyon-Paris. Cette évolution du marché du tourisme (en corrélation avec la démocratisation des nouvelles technologies) rend simple, accessible et facile le voyage. Oubliez votre sac à dos de randonné et votre pancarte d’autostoppeur, un cabas de plage et une paire de lunettes de soleil suffiront. Aujourd’hui on « book » son vol comme on s’enfilerait un pot de pâte à tartiner après une déception : de façon impulsive et déraisonnée.

 

En vous y prenant avec un peu d’avance, vous trouverez un aller-retour Bercy-Berlin pour une somme dérisoire.

 

Envie de liberté, d’espace, de hype et d’underground ? Armez-vous d’insouciance, de courage et de détermination.

 

Berlin is not calling

Paul Kalkbrenner nous aurait t-il menti ?

A Berlin, les easy-jet-setter ne sont pas forcément ou subtilement vu d’un bon œil par les autochtones (il est habituel de tomber sur des stickers ou des graf’ « If you like Berlin, leave it », « Fuck tourists » ou encore « Berlin </3 you »). Effectivement ces nouveaux venus (avec le regain d’intérêt que connait la ville) ont un impact néfaste sur Berlin. En respectant le principe de l’offre et de la demande ; les prix augmentent de façon exponentiel dans la capitale allemande (les loyers, les entrées en club, l’alimentation ou même les coiffeurs : tous les tarifs sont en hausse). Pour apprécier un week-end dans la contrée d’Angela, il vous faudra accepter cette contradiction : aimer et profiter du mode de vie berlinois le tue.

 

En passant du temps dans la mégalopole, vous participez consciemment ou non à cet effet domino, celui qui a fait que le Tacheles sera remplacé par une galerie commerciale, celui qui a causé la fermeture du KaterHolzig, celui qui fait que les squats et les endroits alternatifs meurent, que les jeunes et les antisociaux doivent s’excentrer de plus en plus. La bobohisation de la ville, c’est de votre faute.

 

Malgré ce détail, si vous arrivez à passer outre ce sentiment de culpabilité, nous vous livrons 10 bonnes raison d’opter pour Berlin :

  • –        Les open-air : de l’électro pointu, des lieux atypiques et un rayon de soleil, n’est-ce pas la recette du bonheur ?
  • –          Le dernier endroit « fumeur » : oui, ce sentiment de transgression et de liberté de fumer dans un bar est grisant.
  • –          La bière et le Moscow Mule
  • –          La currywurst (non, ça c’est une blague échafaudée par les anti-touristes)
  • –          L’art : qu’il soit street, alternatif ou non, la rue, les galeries et les musées vous combleront !
  • –          Les parcs : entre le Mauerpark et le Görlitzer Park,  vous n’aurez qu’à choisir ou installer votre barbecue et votre plaid.
  • –          Le Badeschiff : cette piscine dans la Spree est véritablement une attraction immanquable de la ville
  • –          Kreuzberg : ce quartier est l’épicentre de la culture alternative, on y croise des drogués, des punks, des SDF avec des pancartes amusantes, des artistes, des DJ, …
  • –          Les friperies : elles sont nombreuses et vous permettront de rapporter un souvenir authentique ET abordable.
  • –           Les brocantes : l’endroit parfait pour une promenade léthargique le dimanche en début d’après-midi
  • –          Les brunchs : ils sont souvent servis jusqu’à 17h et ils sont allemands (ça veut dire qu’ils contiennent de la charcuterie, et ça, ça n’a pas de prix).

Vous voilà désormais plus au fait concernant la ville de Berlin. Il ne tient désormais plus qu’à vous de faire votre choix entre « protectionnisme, nationalisme solidaire » ou « consommation meurtrière ».

 

En fait, choisir Berlin, c’est comme porter de la fourrure, c’est doux, chaleureux et agréable, mais pour ça,  il faut tuer des bébés chatons…

Bonnes vacances !

Jacques THIEBAUT

Christine ou l’occasion de revenir aux bases de la French Touch

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« Christine » c’est un jolie prénom, ça inspire la douceur d’un petit matin calme à Saint-Malot, la fraicheur des vagues et le goût iodé des huitres fraichement pêchées. Au milieu de cette carte postale de Normandie vit un duo qui, depuis cinq ans, se distingue du paysage par la pertinence de ses sons (très lointaine du Biniou qui fait la réputation de la région).

Leur page Facebook, disent qu’ils s’appellent Nicolas Lerille et Stéphane Delplanque mais il faut avouer que Christine sonne  beaucoup mieux.

On s’imagine déjà un conte pour enfant, dans lequel Christine (comme Martine) irait tantôt à la plage, tantôt sur le marché ou faire du surf. Toutefois, ce que Christine préfère avant tout, c’est faire la teuf.

Parce que depuis leur premier remix (celui disponible sur leur page Soundcloud en tout cas), Christine ça envoie du gros bois. ..

Christine c’est quoi?

Dans la ligné des grands DJ français qu’à vu éclore la scène électronique Hexagonal à l’aune des année 2010, comme datA, Surkin, Danger, Yuksek ou Kavinsky, le duo Christine aime le synthétiseur et les basses puissantes.

D’ailleurs l’un de leur premier remix (d’Amon Tobin), pause les bases de leur univers.

S’ils sont très forts pour magnifier les morceaux qu’ils décident de remixer, comme What You Want de BOYS NOIZE auquel il arrive à donner encore plus de puissance (ce qui est une belle performance lorsqu’on connait le caractère bestial du travail de l’allemand).

Christine, tu fais quoi aujourd’hui?

Leurs compositions aussi forcent le respect. À l’actif du duo, quatre EP, dont un dernier intitulé Ecstatic Sole , sorti en juin dernier sur le label Mouton Noir, et en téléchargement gratuit sur BandCamp (comme toute leur discographie).  

Quatre pistes qui s’enfilent comme une course effrénée sur une autoroute de la Californie et qui rappelle à bien des égards l’album Outrun de Kavinsky, et particulièrement NightCall que le film Drive a porté, à jamais, dans la postérité. 

Si certains en doutaient, la French Touch n’est pas morte, et continue de se balader ici et là pour distribuer des grosses baffes. En cette période estivale, où tout le monde veut se dandiner sur de la deep Allemande dopée au saxophone, Christine remet les points sur le I du mot « électronique ».

Une bonne dose de Vitamine C, à prendre matin, midi et soir, à commencer par FlashDance, leur dernier remix, livré en exclusivité et téléchargeable gratuitement ici

C’est maintenant que tu le découvres #4 Kid Astray

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Kid Astray

Goddag! Hvordan har du det?

Moi ça va. On continue d’explorer le monde de la musique. Vous aurez reconnu malgré mon accent parisien que je maîtrise parfaitement le norvégien. Mais comment ça les parisiens ont un accent ? Calomnies. La Norvège musicalement c’est le mythique groupe a-ha séparé depuis 2010, Alexander Rybak (qui en fait est biélorusse) qui remporta l’Eurovision avec brio en 2009 ou Röyksopp plus récemment.

Goddag! by therafoufou12

Kid Astray

Je vous rassure, en norvégien ça ne veut pas dire grand chose. Mais en anglais cela veut bien « enfant égaré ».

Ils sont six. Benjamin Giørtz (voix principale/piano) Elizabeth Wu (synthé/voix) Even Steine (guitare) Alex Meek (guitare) Håkon Carlin (basse/synthé) Jakob Bechmann (percussions/voix).

Le groupe est tout jeunot, ils publient leur premier ep en Avril 2013 « Easily Led Astray », sous l’impulsion du titre « The Mess » le groupe s’attire quelques fans qui vont accompagner leur progression.

 

The Mess by Kid Astray

Le groupe basé à Sandvika, toujours en Norvège va tranquillement continuer à produire des sons entre le rock, la pop, l’indie rock ou le courant global de l’alternatif. L’alternatif c’est génial, mais c’est quoi ? Je n’ai pas vraiment la réponse donc on va l’utiliser comme un gage de qualité.

En 2014, pour faire patientez les fidèles de Kid Astray, ils vont sortir le genre d’EP qui me sort par les yeux et les autres orifices de mon corps. C’est à dire, très peu de productions du groupe, ici deux (trois sur spotify) nouvelles chansons, et des remix souvent moyens qui viennent « remplir » l’EP.

 

Taking You With Me by Kid Astray

Mais 2014 n’a pas été qu’une année moyenne avec cet EP, à la fin de l’année, le groupe dévoile l’excellent « Back to the Ordinary » qui va permettre au groupe de s’afficher comme un groupe à suivre en 2015. Après le succès du titre, le groupe révèle donc la sortie d’un album en 2015.

 

Home before the dark

Kid Astray n’a pas encore donné de date exacte pour la sortie de l’album mais il est attendu pour la mi-juin. Le groupe a quand même révélé le contenu d’album, il sera composé des deux sons exclusifs de l’EP de 2014, de « The Mess » le premier morceau dévoilé par le groupe depuis sa création et des différents extraits sortis depuis le début de l’année. Tout ces extraits sont regroupés dans une playlist spotify crée par le groupe lui-même. (Ici le lien vers l’album complet dont la plupart des sons ne sont écoutables qu’en Norvège, ce n’est ni un souci de spotify, ni de votre ordinateur)

Cet album accompagnera peut-être votre été, en tout cas il fera parti du mien car en tant qu’universitaire en vacances, je n’ai plus qu’à attendre les résultats d’une année bien sympathique en écoutant de la musique. Allez la bise.

 

 

 

Le disque du mois #9 – The Church de Mr Oizo

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  « Mr Oizo  – The Church »

 

C’est le mois de novembre, il commence à faire froid et la fatigue se fait ressentir. Il va quand même falloir être d’aplomb aujourd’hui car mon coup de cœur du moi c’est du lourd. Avant de nous présenter son nouveau film Realité qui sortira le 18 Février prochain, voici The Church le cinquième album de Mr Oizo (aussi connu sous le nom de Quentin Dupieux), éminente figure de la musique électronique. Cette fois ci, Mr Oizo ne sort pas chez Ed Banger mais chez Braindfeeder qui n’est autre que le label de Flying Lotus. On connait bien l’univers très décalé de celui que je surnomme le fou furieux de la musique électronique et croyez moi il n’a pas fini de nous surprendre.

Le premier extrait que l’on a pu écouter avant la sortie de l’album est agrémenté de sonneries et de bip de téléphone, (du Mr Oizo tout craché quoi). Stressant mais tu tapes du pied quand même sans t’en rendre compte avant qu’il ne finisse. Track parfaite à envoyer à ton patron si jamais il te donne trop de boulot pour lui faire comprendre que tu n’es pas une Machyne. Dans Bear Biscuit c’est un tout autre style qui se dégage même si on reconnait bien la cuisine de l’Oizo on pourrait presque poser un rap dessus. Un de mes coups de cœur de cet album, c’est HAM qui a fait l’objet d’une vidéo brillamment réalisée par Eric Wareheim. Ham est pour moi dans la continuité de Vous Etes Des Animaux. Libre à toi de découvrir le reste de l’album qui est tout aussi concluant.

Quentin Dupieux, ne change pas une recette qui gagne. Comme à chaque sorties il faut du temps et plusieurs écoutes avant de pouvoir vraiment apprécier cet opus, pour les convertis comme moi cela ne devrait pas être un problème et j’ai hâte de voir ce que donneront ces titres en live.

C’est maintenant que tu le découvres ? #3 Young Fathers

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« White men are black men too » ce n’est pas qu’une phrase dont le message n’est pas bien compliqué à comprendre, c’est surtout le nom du dernier album de Young Fathers sorti le 3 Avril.

Young Fathers: bad boys d’Edimbourg

Après l’Angleterre avec Fyfe, l’Irlande avec All Tvvins c’est maintenant au tour de l’Écosse d’être mis à l’honneur sur cette chronique. Le groupe basé à Edimburgh s’est formé en 2008 autour de trois membres : Kayus Bankole, Graham Hastings et Alloysious Massaquoi. Les trois comparses vont attendre 2010 avant de mettre au jour deux premiers projets, « Automatic » et « Dancing Mataray ». Ces deux morceaux seront repris de nombreuses fois par différents artistes méconnus à la manière de « Want it Back » de Guts.

Un bon nombre de recruteurs pourraient demander à quoi correspond la pause de 3 ans de votre CV, cette ellipse peut s’expliquer par un long voyage spirituel, une dépression ou un séjour en prison mais certaines de ces options ne plairont pas à la personne en face de vous. Du coup, entre les deux morceaux présentés datant de 2010 et « Tape One » sorti en 2013, on ne cherchera pas à comprendre le pourquoi de cette absence. « Tape One » puis « Tape Two » sont comme leur nom l’indique, deux mixtapes qui vont mettre un son sur ce que veut être Young Fathers. Ces mixtapes de très bonne qualité, pour ce que l’on peut appeler un premier jet, sont déjà un savoureux mélange entre une musique électronique à la portée de tous et un hip hop loin de la volonté ironique « trash » de Run the Jewels à titre de comparaison.

Young Fathers – "Mr. Martyr" by anticon

Ces deux mixtapes (notamment « Tape Two ») sont déjà récompensées en 2014 en Écosse.

Cette même année 2014 va voir la sortie d’un premier album « DEAD« , tout en majuscules. Cet album va se détacher des deux mixtapes par sa tournure plus rap, les instrus (si on ose appeler ceci des instrus) sont beaucoup plus travaillés et les qualités pures de technique de rap sont mises en avant. Il s’agit aussi de l’album du changement de label, les trois bonhommes passent d’Anticon à Big Dada. Le point commun entre ces deux labels ? Leur indépendance.

Toujours chez Big Dada, c’est donc le deuxième album de Young Fathers qui a vu le jour ce vendredi 3 Avril. Cet album peut s’apparenter à celui de la confirmation, mais que nenni. On n’a pas fini de découvrir de nouvelles facettes à ce groupe si atypique. Comme nos mélanges de physique chimie en cinquième B de nos collèges respectifs, cet album est hétérogène, dans le sens où chaque morceau n’a aucun corps commun avec celui qui suit/précède. Les bases électro varient du très simple à l’extrêmement travaillé selon les chansons. Le côté rap est moins présent dans « White men are black men too » mais il est remplacé par une tournure soul qui se marie étrangement bien avec les instrus électro.

Pour résumer, White men are black men too mélange une électro gérée avec un mélange folk, soul, pour au final un album sans raté. Si je devais trouver un défaut à cet album, c’est qu’aucun morceau ne sort largement du lot pour sa qualité. L’album est hétérogène dans le genre, mais homogène dans la qualité, 38 minutes à ne pas manquer et plusieurs heures d’écoute pour l’intégrale des projets des trois hommes.

NB : les dates de sortie des mixtapes divergent selon les sources, donc pour construire chronologiquement mon article, j’ai choisi les dates qui me semblaient les plus sûres. Bises.

L’heure de découvrir: « Opening » de SUPERPOZE

Ce vendredi 1er mai est idéal pour écouter cette pépite qui n’est autre que le premier album de Superpoze, Opening.

Superpoze, mais qui se cache donc derrière ce nom ?

Ce jeune caennais à l’apparence plutôt discrète que l’on connait depuis 2012 grâce à ses précédents EP. Il nous emmène cette fois dans son univers à travers huit titres, complètement à l’opposée de ses anciennes productions.

Opening de Superpoze, un album complet

Opening est un opus qui pourrait très bien être la bande originale de votre vie ou celle d’un long voyage que vous mourrez d’envie d’entreprendre depuis des années.

Le chemin est déjà tout tracé, au cours de celui-ci on traverserait d’immenses plaines avec North,  puis parcourait les mers avec Overseas, pour finalement revenir à l’endroit ou l’on se sent toujours le mieux (Home Is Where I am).

Décrire chaque titre serait une perte de temps. Ils sont très différents et  ont leur propre sonorité mais il y a une tout de même une homogénéité qui ce glisse ces huit morceaux, un fil conducteur.

Alors si toi aussi tu as envie d’entamer ce fameux voyage, si toi aussi tu cherches la bande originale de ta vie, elle est là, juste sous tes yeux et se nomme Opening.

Pour ma part, Superpoze passe le test du premier album avec succès et j’ose espérer que ce n’est que le début d’une grande histoire.

Il était au Printemps de Bourges dimanche dernier, mais je pense que vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

 

Les Vendredi te donnent leur playlist !

Les Vendredi sortent un nouvel EP !

Après leur premier EP Veneris Dies sorti l’année dernière, Charles et Pierre-Elie reviennent avec un format court à base de reworks envoûtants.  Sous les influences d’artistes comme Nø Førmat (Mamani Keita, Roce, Julia Sarr, Ballaké Sissoko) Vendredi nous proposent trois atmosphères, trois relectures feutrées mélangeant des samples glanés au gré des 10 ans d’aventures du label NO FORMAT, toutes connectées les unes aux autres par la vague électronique.

A l’occasion de la sortie du nouvel EP, (le 9 février dernier), les Vendredi ont voulu partager avec vous chers Hurluberlus une petite playlist qui leur tenait à cœur. Alors, après Le Prieur de la Marne, voyons voir ce qui se cache dans le iPod des 2 musicos.

 (Vous pouvez également retrouver la playlist en cliquant ICI pour éviter de changer de lecteurs à chaque fois)

1. Mndsgn – Camelblues


Beatmaker californien hyper productif qu’on aime particulièrement.

 

2. Jonwayne – Altitude

https://www.youtube.com/watch?v=LQ2rFivVDBQ&spfreload=10

Jonwayne est probablement l’un des meilleurs producteurs et rappeurs actuel. Quand tu veux pour une collab Johnny!

 

3. Illum Sphere – ‘Embryonic’ ft. Shadowbox

Ninja Tune a toujours de jolies perles à nous faire découvrir.

 

4. Clap! Clap! – Kuj Yato

Le mec est Italien… Comme quoi, il y a une vie après l’italo-disco!

 

5. DJ Rum – Undercoat

Une discographie en or, Djrum maîtrise parfaitement les changements d’univers au sein d’un même morceau.

 

6. Antigone – The Third From The Sun

L’instant Concrete 🙂 Le meilleur de la techno française.

 

7. Photay – No Sass

New-York Represent! Un track massif.

 

8. Flying Lotus Ft. Kendrick Lamar – Never Catch Me 

Un de nos artistes préférés et qui influence certainement notre musique.

 

9. Jan Jellinek – Them, Their

L’album « Loop-Finding-Jazz-Records » est une énorme pépite pour l’IDM. Une source d’inspiration que tout producteur doit s’approprier.

 

10. Crustation – flame (Mood II Swing borderline insanity dub mix)

Un peu de House Music dans ce monde de brutes.

 

11. FaltyDL – New Heaven

https://www.youtube.com/watch?v=XTIfvlcxRA4&index=2&list=PLYVGrDapR5IfEzMfhquNhXmVW-Onmhpes&spfreload=10

L’Angleterre au mieux de son expérimentation.

 

12. Untold – Kingdom

Comment passer à côté de R&S Records ou Hyper Dub sans parler d’Untold.

 

 

13. Kryptic Minds – Badman VIP

Londres, cette jungle urbaine!

 

14. Vendredi – Le Vide Et De La Lumière

Titre de notre premier EP « Veneris Dies ». Sans manager, on fait la promo nous mêmes!

 

Et petite cerise sur le gâteau : L’EP est sorti en digital et les 3 morceaux sont offerts pour célébrer les 10 ans de leur label No Format : (téléchargement gratuit ICI).

Soko is sokute

Stéphanie Sokolinski est une chanteuse bordelaise, mais vous la connaissez sûrement mieux sous son nom de scène Soko. Si vous ne voyez toujours pas, il vous suffit d’écouter le tube qui l’a rendu célèbre I’ll Kill Her ou de savoir qu’elle a fait la première partie de M.I.A en 2007. Maintenant que vous avez situé le personnage, on peut continuer.

Elle a sorti le 2 mars dernier son deuxième album intitulé  My Dreams Dictate my Reality. Un petit bijou de 13 titres qui succède au très sombre I Thought I Was an Alien.  On retrouve dessus Who Where the Pants qui a fait l’objet d’un single ainsi que Monster Love en duo avec Ariel Pink qui est vraiment mon coup de cœur de cet album.

L’incroyable live de Soko

Soko était en France pour seulement trois dates à l’occasion de sa tournée européenne. Les trois villes chanceuses sont Lyon, Lille et Paris. C’est donc au Transbordeur que s’est arrêtée la bordelaise ce dimanche 15 mars. Un concert sold out. Des fans ravis, pour certains cela faisaient quelques années qu’ils attendaient de la voir.

Après une brillante première partie assurée par les lyonnais de Collection. Les lumières s’éteignent et les premières notes de la chanson qui a donné son nom à l’album débutent. S’en suivent une heure de rires quand elle fait monter des fans sur scène pour dire des poèmes avant d’entamer Bad Poetry, de pleurs quand elle chante seule avec sa guitare la très jolie Keaton Song.

Je ne saurais dire l’état dans lequel la plupart des gens étaient après ce concert. Pour ma part, c’est l’estomac noué que je suis sortie. Soko est une pile électrique mais fait en même temps passer tellement d’émotions par ses chansons et prend du temps pour chouchouter son public en lui proposant des câlins, des bisous et des photos après le concert. Nous savons que les artistes comme elle ne courent pas les rues donc quand il y en a il faut les garder précieusement.

Pourquoi c’est culte – « Exile on main St » des Rolling Stones

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Exile on main St – The Rolling Stones

En ce temps-là, nous étions jeunes, beaux et stupides, maintenant nous ne sommes que stupides.” C’est avec ces mots que Mick Jagger présentait, il a quatre ans à Cannes le film “Stones in Exile”de Stephen Kijak, consacré à l’enregistrement du mythique “Exile On Main st.”

Unique double album studio des Rolling Stones, ce disque enregistré dans le sud de la France a vieilli comme un bon vin et fait aujourd’hui partie des classiques du rock.

De l’exil de survie à la gloire retrouvée, histoire d’un chef d’œuvre

En 1971, le groupe était ruiné. Ayant été escroqués par l’homme d’affaires Allan Klein, les Stones croulaient sous des dettes tellement énormes qu’il leur était impossible de les rembourser.  La mort de l’ancien guitariste Brian Jones, puis le décès d’un jeune spectateur noir au concert d’Altamont organisé par les Stones en 1969, abus notoire de drogues, sexualité débridée…le groupe était dans l’oeil du cyclone depuis trop longtemps, et les menaces du fisc furent probablement le “goutte d’eau”qui poussa les Rolling Stones à se réfugier en France, à la Villa Nellcôte à Villefranche sur Mer.

La Villa Nellcôte, louée à l’époque par Keith Richards, devint le refuge des Stones, de leurs amis, comme des authentiques parasites qui entourent toujours les grands groupes. Cet exil ne fût jamais envisagé par les Stones comme une opportunité de s’acheter une conduite, bien au contraire.

Keith, Anita Pallenberg et leur fils Marlon ressortent d’une projection lors du festival de Cannes

Leur été français ne fut qu’une longue fête. Sex, Drugs & Rock n’Roll érigés en principe, la police locale s’en souvient encore. Mick Jagger en a aussi profité pour se marier avec Bianca à Saint-Tropez, sous l’oeil de Roger Vadim. Et entre les verres, les rails de cocaïne, les shoots d’Héroïne, les joints de weed et les orgies sexuelles, les Stones ont trouvé le temps d’enregistrer un monument, hommage à la musique populaire américaine de par ses inspirations blues, soul, rock et gospel : Exile on Main Street.

Un des meilleurs albums des Stones

 

Alors que l’on célèbre cette année, le cinquantième anniversaire de la sortie du premier album éponyme des Stones, Exil on Main Street, et l’un des tout meilleurs albums du mythique groupe.

Pourtant lorsqu’on regarde le panorama du rock de l’époque : Ziggy Stardust de BowieTransformer de Lou Reed, l ‘âge d’Or de la soul, ou même le zénith de Led Zeppelin, on se dit que les Stones ont déjà une place de reliques dans le tableau. Pourtant, par cet album les Stones, ont réussis ce que personne n’a réussi, sortir un album de lenfer.

Lors de sa sortie en 1972, l’album reçut un accueil assez mitigé. Ce qui n’empêcha pas les Rolling Stones de partir pour une tournée triomphale qui leur permit de renouer avec leur public. L’album ne contient pas de “tubes”majeurs, mais le blues y est omniprésent. All Down The LineShake Your HipsSweet Virginia… Tous ces morceaux ne sont sûrement pas des hymnes pour les stades, mais ils font probablement partie de ce que les Rolling Stones ont fait de mieux.

 

On trouve aussi sur l’album l’excellent “Stop Breaking Down”, au son lourd, chargé de blues. A l’origine, une composition du légendaire bluesman Robert Johnson datant d’à peu près 1937. Les Stones l’on accéléré, amplifié et alourdit.

Rien d’étonnant à ce que, 30 ans plus tard, ce morceau soit repris par un guitariste de talent : Jack White, sur le 1er album des White Stripes. White reprend le morceau à son compte et l’alourdit encore, faisant hurler le blues épais de sa guitare. Il qualifiera plus tard ce 1er opus comme étant “le plus furieux, le plus cru et le plus puissant”des White Stripes.

Tout a été dit sur l’ambiance des séances de Nellcôte et la cour de parasites junkies qui hantaient la résidence française de Keith Richards. Ce qu’il est surtout important de rappeler pour comprendre le disque comme le rappelle Bill Wyman dans son livre Rolling with The Stones, c’est que la résidence de Nellcôte a avant tout été choisie pour s’assurer de la présence permanente de Keith Richards en studio !

Le groupe se moquait alors (dans les deux sens du terme) de l’absence d’un Jagger obsédé par le train de vie de jetsetter et bien encouragé dans cet état d’esprit par sa nouvelle femme Bianca. Du coup, le chanteur se trouve la plupart du temps à Paris quand le groupe enregistre sur la Côte. Ce qu’il en résulte est un disque de rock vaporeux, instinctif, parfois bâclé, mais en permanence sauvé par le panache fantastique de Keith Richards. “Exile“ est un coffre au trésor de chansons inutiles et non tubesques, mais au charme fou comme Casino Boogie, Torn And Frayed“ Turn On The Run“ ouVentilator Blues. 

Mick Jagger ne semble jamais totalement cautionner l’entreprise (il exprime d’ailleurs toujours depuis un certain mépris pour le culte réservé à ce disque), et c’est cela qui donne à sa participation une authenticité bienvenue comparée à la posture parodique qu’il n’a que trop souvent adoptée par la suite. Si un seul morceau est le dépositaire de l’âme de “Exile“c’est sans doute Loving Cup“ une des dernières chansons enregistrées par les Stones qu’on sent réellement venue du cœur.

 

En tout cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire cet été: louer une grande baraque sur la côte, inviter vos amis, vos copines, vos potes et leurs copines, et faire de la musique, de la peinture, de la vidéo, de la sculpture, écrire des poèmes…et avoir un pote photographe qui prendra des photos de tout ça. Parce que l’album “Exile on Main st.”a beau être un excellent disque, on ne peut s’empêcher en l’écoutant de penser à ces types qui incarnaient à 200 %  le mythe de leur époque.

Cet album a une histoire particulière, l’histoire d’un rythme de vie. La vie de ces roast-beefs amoureux de musique noire, dézingués et pourtant au sommet de leur art, exilés de luxe dans une magnifique Villa sur la Côte d’Azur, à travailler leurs riffs, défoncés sous les moulures des hauts plafonds.

C’est ainsi que le rock est grand et c’est pour ça que c’est CULTE..

(crédit photo Slate et Dominique Tarlé)

Le disque du mois #8 – Built on Glass de Chet Faker

« En Mai, fais ce qu’il te plait », comme dirait ma grand-mère, et c’est  bien  ce que l’on a l’intention de faire. Des premiers barbecues en espadrille, aux petites bières champêtres en passant par ce festival lyonnais que, chaque année, on attend avec les potes comme des enfants devant une attraction de Disneyland : Les Nuits Sonores.

Le mois de Mai promet d’être intéressant.

Pour se préparer à ce joli programme, et se laisser entrer pleinement dans le printemps, on a  trouvé notre bande-son, un homme aussi talentueux que barbu ; Chet Faker et son premier album, « Built On Glass »

Australie, mon amour

Habitué à vous présenter des groupes « made in France »,  je n’ai pas pu résister à l’envie de vous parler de cette scène électronique australienne qui me ravie chaque jour un peu plus.

Au cœur de cette gigantesque machine  à « talents », se trouve le magnifique label « Futur Classic ».

De sa maison mère à Sydney, il produit, distribue et organise les concerts de l’incroyable armada australienne, qu’il a réussi à signer. Sans vouloir engager une liste exhaustive de noms, je me contenterais de désigner à la barre les trublions musicaux suivants ; Flume, Flight Facilities,  Cashmere Cat,  Panama,  et enfin bien sûr Chet Faker.

Est-ce vraiment nécessaire de vous les présenter, de vous rappeler qui est qui..

Dans le doute, je vous aie préparé une petite playlist « Made in Futur Classic », histoire de vous rafraichir la mémoire.

Ces présentations étant désormais faites, on peut s’atteler à l’objet notre article, le premier album de Chet Faker.

Chet Faker, nouveau roi de la pop moderne

Chet Faker,  c’est d’abord un morceau sublime publié il y a trois ans, qu’il l’a propulsé au sommet de la pyramide pop. Ce morceau, c’est No Diggitiy, annonciateur déjà, de quelques choses de grand à venir.

Sans suis un EP Thinking In Textures que la critique australienne consacre à deux reprises comme révélation de l’année (les Australian Independant Records Awards et les  Rolling Stone Australia Awards).

On sent alors chez ce grand barbu, une capacité étrange à mélanger les influences, notamment le jazz dont il se déclare grand fan (il se fait appelé Faker en référence au jazzman américain Chet Baker), mais aussi  dans ses beats nonchalants, que l’on retrouve un peu partout dans sa musique et qui laisse entrevoir  la musicalité aérienne d’un Jon Hopkins, ou la puissance mélodique du duo Allemand, Âme.

Car clairement, si l’on présente Chet Faker comme un chanteur pop, c’est avant tout un artiste à résonance électronique.  Dans ces choix musicaux, comme dans ses orientations. La superbe collaboration avec Flume en est la preuve ainsi que sa dernière prestation à la Boiler Room de Melbourne, qui l’a présenté aux yeux du monde comme le nouveau messie d’une électro pop que l’on avait cru oublié depuis la disparition prématurée des Versaillais d’Air.

Built of classe, confirmation d’une révélation

Que l’on vous le dise d’entrée, Built of Class est un grand disque, surement  l’une des choses les plus intéressantes parmi tout ce qui va se faire à l’approche de l’été.

Composé en 12 titres, la grande force de l’album  est de réussir à maintenir l’auditeur dans le mélange des genres avec élégance et grace. Tantôt électro smooth (« Release your Problems »),  tantôt  RNB futuriste (« Melt »),  tantôt pop (« Gold ») limite trip-hop (« Blush »), parfois Jazzy dans « Lesson in passion » voire un joyeux mélange de tout cela (« Cigarettes & Loneliness »), avant d’atteindre le paroxysme de ce luxueux bordel de sensibilité dans « 1998 ».

Mon gros coup de cœur reste le deuxième morceau de l’album « Talk is cheap », petite pépite qui vous laisse à penser que malgré les influences diverses de Faker, on est bien en train d’écouter son album.

Chet Faker, c’est un nomade de la musique, sans style, et pourtant terriblement stylé. Le mec est partout et en même temps nulle part, il se balade sur les terrains musicaux avec élégance et décontraction. Il est le passé, le présent et peut être dans un sens l’avenir de la musique électronique. Il est cet enfant qui a grandi au milieu des Internets, et qui a tellement écouté de musiques aux influences diverses qu’il ne sait plus où donner de la tête  mais nous invite dans son voyage.

Le mieux c’est de le suivre, vous ne serez pas déçus.

Musique – Une journée avec le Prieur de la Marne

Une journée avec Prieur de la Marne, ou la découverte d’un talent de Reims

C’est désormais une certitude, à Reims il n’y a pas que la Veuve Clicquot et ce diable de Prince Oniangué qui fassent chavirer les cœurs – Oh que non, les Rémois ne s’enivrent pas qu’au Champagne et aux heures passées à contempler la magie de l’illustre Raymond Kopa.

Non, leur vraie potion magique est la musique.  Bien sûr, il y a  Yuksek, Brodinski et The Shoes qui ont contribué à filer ses lettres de noblesse à la scène Rémoise. Mais c’était sans compter sur un drôle de barbu qui tient conférence régulière sur la place du Cardinal-Luçon, parvis de la cathédrale de la ville (qui en son temps accueillait toutes les têtes couronnées du royaume pour leur adoubement). Précision historique, puisque le protagoniste en question tient son nom de scène du plus illustre des gouailleurs de la Révolution Française, lui aussi Rémois, Pierre-Louis Prieur dit le Prieur de la Marne.

Prieur de Marne, roi du mashup « old school »

En amour comme en musique, les opposés, bien souvent, s’attirent et c’est pour ça que le mashup est beau. Terme anglo-saxon, qui désigne au sens littéral du terme un « pot pourri », le mashup est une technique qui consiste en l’association, dans un même morceau, de deux ou plusieurs titres existants, généralement les parties vocales d’un morceau sur la musique d’un autre. Si ce sont surtout les rappeurs américains des 80’s qui ont commencés à utiliser cette technique, ce sont bel et bien des artistes  à consonances électroniques qui en ont fait leur fond de commerce.

Notamment le duo belge 2 Many DJ’s qui a enregistré en 2002, une galette faite de 100% mashup, «As Heard on Radio Soulwax Pt. 2» , avant que Madeon ne devienne, à 16 piges à peine, le roi intersidéral de l’exercice, avec un morceau regroupant pas moins de 35 pistes et des millions de vues sur YouTube.

Prieur de la Marne est de ce genre de génie qui peut faire du neuf avec du vieux, vous transformant un jean pourri en dernière création de mode vendue à prix d’or dans une friperie Londonienne. Sauf que son créneau à lui, ce n’est pas de compiler les noms, mais de faire se rencontrer des personnalités du passé.

Au résultat, des mélodies nonchalantes accompagnent des extraits vocaux de PPDA ou de Henry Miller.

Comme si John F. Kennedy rencontrait Salvador Dali pour une valse autrichienne ou que Rocheteau, après la déroute de Glasgow en 1976, discutait avec Daniel Balavoine pour savoir quel bar ils allaient choisir pour leur virée nocturne.  C’est improbable, mais tellement agréable.

C’est ainsi que se succèdent les rencontres au sommet entre François Mitterand et Yves Simon ou entre Romy Schneider et Lucio Battisti. Plus récemment, il a mis en musique Marvin Gaye & Tammi Terrell, pour un buff du plus bel effet.

De cet univers rétro, Prieur en a tiré un album, le premier du genre, entre mélodie enivrante et beau discours. Sorti au mois de mars dernier sur le label lillois  Alpage Record, il regroupe 12 titres d’une belle pop à la résonance vintage, qui ne vous laissera pas indifférent.   

Ce qui fait qu’une fève de cacao et un peu de lait te donnent une crème au chocolat à tomber par terre, c’est le travail de Prieur la Marne.

 

Prieur de la Marne, un artiste aux origines multiples

Technique, le Prieur de la Marne, se balade sur les plages et sur les terrains musicaux

Au-delà de son travail, le personnage en lui même est fascinant.  C’est la raison pour laquelle après les mots, on a décidé  de lui laisser le contrôle de l’article pour qu’il partage avec vous son univers musical.

Et quoi de mieux pour le connaître un peu plus que de lui demander sa playlist journalière…

1 GODLEY & CREME « I PITY INTIMATE WITH OBJECTS »

La sortie du lit est une étape souvent pénible que je n’affectionne pas plus que ça. J’aime bien la notion de réveil cotonneux, le passage à rêvasser entre deux états. En revanche je n’aime pas celle du lever. Ce chef d’œuvre de Godley & Creme illustre assez bien cette tranche de ma journée.

2 THE GROUPIES « PRIMITIVE »

C’est le morceau pour se mettre en route le matin. C’est un peu ma bande-son pour me rendre à la boulangerie la plus proche. Chaussures lacées. Cheveux mouillés…

3 VLADIMIR COSMA « GOTTA GET A MOVE »

C’est le morceau que j’entends dans ma tête au moment où je salue mes collègues à la machine à café, en me fendant d’une petite blague au comptable et d’un gentil compliment sur son nouveau vernis à la blonde radieuse du bureau d’à côté.

Non content d’être un hommage à ce monument qu’est Vladimir Cosma, c’est le morceau qui envoie une image positive de soi. Celle d’un type entreprenant, et avec un beau teint, droit dans ses bottes et heureux d’arriver au travail.

https://www.youtube.com/watch?v=PkbdNpoxD1Y&feature=kp

4 AIR « HIGH SCHOOL LOVER » (ROB REMIX)

Ce morceau n’a rien à voir avec Air à vrai dire… Je considère que ce groupe s’est évaporé (ah ah…) il y a déjà longtemps. En revanche, c’est l’occasion pour moi de parler de Rob. Par où commencer…

Rob est simplement une sommité, un génie dans son domaine… Comme Chassol (dont je vous parlerai plus loin) et comme tous les génies, il a le pouvoir de se manifester n’importe quand… Là, il se trouve que c’est en fin de matinée et dans un rework du « Highschool Lover » de Air, en 2000. Mais j’aurais aussi bien pu parler de Rob et évoquer sa musique au milieu de la nuit. L’album « Don’t Kill » et ses « Dodécalogues » sont de vrais bijoux, des pièces d’orfèvrerie pop comme on ne sait en faire qu’ici, en France.

Il y a du saxo à fond les manettes certes (ça se dit plus « à fond les manettes » au fait…), mais il y a du piano debout… C’est peut-être un détail pour vous…

5 VERONIQUE SANSON « CHANSON SUR MA DRÔLE DE VIE »

La « station debout » m’emmène directement à la case du déjeuner. Oui… je déjeune debout en règle générale… Je ne suis pas un gastronome, loin de là (c’est une question d’éducation). Les créneaux dédiés à l’alimentation ne sont pas vraiment des instants privilégiés pour moi. Je suis même à la limite du dérèglement alimentaire… Et il m’arrive même de manger en marchant… Mais qu’importe, c’est l’occasion de vous soumettre quelque chose de parfaitement indigeste… Mais que j’assume.

Véronique Sanson, c’est un peu comme un « american steak » de chez Sensas (à Lille). On sait tous qu’il y a quelque chose de profondément dégueu à l’intérieur. Des ingrédients douteux, du gras, du gras et encore du gras… Mais on y retourne volontiers, plus souvent qu’à notre tour, et on ne donne pas notre part au chien (j’essaie de caser un maximum d’expressions toutes faites…). Pour en revenir au sandwich de Sensas, ce n’est qu’une fois qu’on l’a fini qu’on se dit qu’il n’était pas bon. N’empêche qu’il a été avalé, et sans manières.

6 EDAN feat. Mr LIF « MAKING PLANETS »

Je n’aime ni les crudités ni les légumes, mais je me défends sur les desserts. Edan, c’est un peu mon fondant au chocolat… « Beauty and the Beat » est un pur chef-d’œuvre. Il y a chez ce nerf, parfaitement égo-maniaque soit dit en passant, une malice et une ingéniosité qui relèvent du sublime.

C’est un disque assez parfait pour un début d’après-midi, au printemps… Les références soul et pop sont digérées avec une facilité assez déconcertante, toujours avec classe et raffinement, et n’en sont que mieux servies. Les samples sortent tout seuls, comme des fulgurances arrivées de nulle part. Son flow n’en est que plus facile… Parfait pour se remettre en route alors qu’on aimerait lézarder dans un parc toute l’après-midi…

7 VIRGINIA ASHLEY « A SUMMER LONG SINCE PASSED »

S’il existe un album fait pour se rouler dans l’herbe, c’est bien celui-ci.

J’ai vécu une très belle histoire d’amour en même temps que je découvrais ce disque. Cet album me fait aussi penser à mon meilleur ami que je ne vois que trop peu. Je le réécoute, avec une certaine nostalgie ces temps-ci.

Et il devient l’album de mon petit coup de spleen de la journée… c’est ballot.

Alors s’il y avait un disque fait pour pleurer en pensant à des êtres chers, loin de nous, tout en glandant tout seul dans un parc en début d’après-midi, ce serait celui-ci. Je ne saurais que trop le recommander à toutes les âmes pleines d’empathie et de compassion.

8 CHASSOL « EASTON »

Je parlais d’amour, de compassion, d’empathie, de bienveillance… Et bien voici le génie musical et la virtuosité qui incarnent ces notions un rien désuètes… Je prends un ton béni oui oui ? Soit…

Les dieux de la mélodie existent… Ils se sont penchés sur le berceau de ce petit homme noir à la touffe foisonnante, l’incroyable Chassol. J’ai volontairement choisi un morceau de son premier spectacle « Nola Chérie ». « Easton » est une forme de mise en jambe, un prologue, une invitation à entrer dans une parade de Treme…

Avec Chassol, le réel devient mélodie. Parce qu’il a la lumière au bout des doigts. Au son de son Rhodes, n’importe quel béotien peut soudainement prendre conscience que la musique flotte au-dessus de nous, petites créatures veules, qu’est inscrite dans les éléments, depuis la création.

Chassol est un de ces bergers fous que l’on pourrait croire perdu sur sa montagne… Et pourtant c’est un guide. Je connais même des gens qui règlent leur pas dans certains de ces arpèges. Je fais partie de ce ces disciples et chaque jour je tente d’en convertir de nouveau… Là encore, je ne donne pas ma part au chien et je n’hésite pas à me répéter. Chassol est un génie. Un jour on enseignera sa musique dans les collèges et des salles de concert et des bourses à la création porteront son nom. Je n’en doute pas une seconde.

9 PRIMAL SCREAM « MEDICACTION »

Mais pour tout dire je n’écoute pas trop de musique au bureau… Et puis, la mélodie et la poésie qui flottent dans l’air… tout ça c’est bien, mais il serait temps de finir sa journée de boulot et de se mettre en route pour la première terrasse venue, avec si possible la pinte au prix du demi. Quand on arrive en ville, tout devient question d’attitude. C’est pour ça que j’ai choisi ce morceau de Primal Scream. « Medication » ce n’est que de l’attitude. Un truc à l’ancienne, déviant, mais de l’ordre de la frime pure et simple. Bobby Gillespie pourrait être un reptile. Le long de ce morceau, il change de peau pour se glisser dans celle d’un animal de nuit… à la fois séduisant et effrayant. Freaky, mais attirant.

Deux pintes. La soirée ne fait que commencer…

https://www.youtube.com/watch?v=HUU3J_kKiz4&feature=kp

10 JACUZZI BOYS « BLACK GLOVES »

J’adore ce groupe. Ils sont hyper sexy sur scène et le chanteur est très fun à la ville comme sur scène. Ce genre de morceau est fait pour boire des verres avec des amis les soirs où on a décidé de lâcher le guidon. On a vite fait de danser comme un vieux ringard sur ce style de musique… mais qu’importe. Quand on commence à danser, il y a fatalement un moment où on aura l’air con… Autant que ce soit fait maintenant et qu’on n’en parle plus.

11 JAMIE XX « SLEEP SOUND« 

C’est l’heure à laquelle je clive… C’est l’heure du beat. L’happy hour est terminée et il est temps de passer à autre chose. Ce morceau de Jamie XX est d’une sensualité rare. C’est un peu la bande-son de la première approche, celle qui reste de l’ordre des échanges de regards… Je m’imagine plein de choses avec cette inconnue de 19 ans à peine, qui se tient à l’autre bout du bar…

12 MONEY PENNY PROJECT « LE CERCLE (the Swizz Poney Remix by Octet)

Finalement, d’un commun accord, sans même nous parler, nous avons décidé elle et moi qu’il ne se passerait rien ce soir. C’est mieux comme ça…

La sensualité au placard… Voici le morceau pour passer d’un état à l’autre. Lâcher l’guidon…

Tout est permis et à partir de maintenant, je n’ai plus la tête à noter quelle track est idéale pour tel ou tel moment de la nuit…

(Télécharger cette musique: ici)

13 BIBIO « QUANTOCK »

Huit heures se sont écoulées entre Le Money Penny Project et maintenant. Je suis allé dans des endroits sordides. J’ai suivi des gens peu recommandables et sans aucun style. J’ai engagé engagé des douzaines de conversations sans queue ni tête, et esquissé deux trois pas de danse dont j’aurais pu me passer… Quand je sors avec mes amis, c’est différent. Ils ne peuvent qu’être d’accord.

J’ai dépensé sans compter et je n’ai pas noté les morceaux que j’ai entendus cette nuit. Si ce n’est une version karaoké de « I Follow » chantée par une vilaine fille au fond d’un resto chinois. Je vous l’épargne.

Il est vraiment l’heure de rentrer et… je n’ai encore pas rencontré la femme de ma vie. Mais demain, c’est sûr, je la croiserai.

Et dès le réveil, je bosse une playlist sur le thème de la rencontre amoureuse…

https://www.youtube.com/watch?v=c5hyPWURLyU&feature=kp

14 IDIOMA « LANDSCAPES »

Voilà… C’était une journée relativement normale. Si nous avions été avec mes amis d’Alpage Records, la playlist aurait été vraiment différente. Je vous aurais parlé des heures de Marklion ou d’Antoine Pesle. Nous serions allés à Nantes, à Lille ou à Bruxelles et nous aurions dansé, entre amis, en toute intelligence… Mais ce sera pour une autre fois.

Merci au Prieur d’avoir joué le jeu de la carte blanche musicale, et à tous ses potes d’Alpage Record, pour leur aimable coopération.

Hurluberlu Mixtape #3 – Ewan Mcquillan

Le mois de mai oblige, on se devait de  remettre un peu de sang neuf dans les tuyaux.

Hulubberlu est une grande famille, et comme toute fratrie qui se respecte, elle s’exporte.

Expatrié quelques mois en Ecosse, j’ai ramené ce petit mix house.  Enregistré à l’ancienne avec une platine vinyle, c’est un set propre, qui  sonne juste et donne chaud en ce milieu du mois de mai.

Loin des projecteurs français, Ewan Mcquillan est un jeune gamin de 19 ans à peine, qui arpente les rues d’Édimbourg avec sa valise de vinyles, comme un vendeur ambulant pour distribuer les sets dans tous les clubs de la capitale écossaise.

C’est un plaisir de l’accueillir dans nos murs pour ce troisième mix exclusive, qui je l’espère, sera vous séduire, autant qu’il nous a séduit. D’abord parce que c’est un pote et ensuite, parce que c’est un jeune talent à l’avenir prometteur.

D’inspiration old school, on retrouve une grande influence de la Motown et de la house anglaise des 90’s . Cela pourrait être la Bande Originale du film culte Trainspoting: ça sent le souffre de la vielle pierre écossaise, mélangé à la poudre d’ecstasys multicolores . Le résultat: du  groove, de la sueur et des larmes comme dans les grandes heures du Cabaret Voltaire à Edimbourg.

Regorgeant de belles surprises, ce mix est l’occasion de vous faire découvrir la scène écossaise, véritable vivier à talents, qui n’a vraiment rien à envier à ses consoeurs Allemandes ou Australiennes.

Longue vie à l’Ecosse et en avant la musique.

Mozambo – Hulubberlu Mixtape #4

En cette fin d’année 2014, il y a deux choses qui font l’actualité de la cité  Phocéenne : l’avenir de la glacière de Marcelo Bielsa, signe du renouveau de l’Olympique de Marseille, et un jeune trio de musiciens au nom exotique : Mozambo.

Si la première a le mérite d’avoir remis l’Olympique de Marseille au cœur de toutes les attentions cette saison, c’est bien Mozambo qui a attiré la notre, il y a déjà quelques mois de ça.

L’histoire a commencé sur Souncloud, la plus grande plateforme, d’échangisme musical au monde, alors qu’on reluquait le matos digital par un après-midi d’hiver. Au hasard, des playlists, on est tombé sur un remix de « Baby I am yours » de Breakbot, le hit de l’été 2011. Sans doute, un peu nostalgique, on s’est laissé envouté par ce son chaud au relent estival.

Après la déferlante de Bakermat et de son saxophone, ont s’était dit que plus jamais, on ne s’extasierait sur des solos d’instruments à vent et encore plus si c’est des cuivres. Mais comme souvent, on n’a pas tenu nos promesses et on a dansé comme des maboules sans docteur sur ce morceau intitulé « wake up », titre plus qu’évocateur tant il désigne une musique entrainante et jouissive.

Bref, l’année s’écoule, on continue nos aller-retour incessants sur Souncloud multipliant les rencontres et les aventures musicales adultérines, tout en suivant à la trace se crâne d’indien de Mozambo. En mars dernier, il revient avec So Flute, un remix du DJ français Saint Germin, l’un des pionnier de la house hexagonale, qui a fait les grandes heures des soirées parisiennes dans les années 90. Avec ce remix, le dicton « c’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures confitures » prend clairement tout son sens. Le morceau, essentiellement composé de flute traversière, dépoussiéré entièrement, connaît un très grand succès, dépassant ainsi les 600 000 écoutes sur Souncloud (pour vous donner un ordre d’idée, la métropole de Lyon comptait 491 268 habitants en 2011).

Après, avoir joué au Wanderlust cet été avec KLINGANDE et ANDROMA, les gars Mozambo continuent leur inéluctable ascension vers le succès. Un succès qu’ils méritent largement, n’en déplaise à tous les petits rigolos qui pensent que la deep house, est un mouvement trop commercial. C’est vrai qu’ils ne s’enregistrent pas dans des caves, superposant les riffs de guitares pour permettre « la symbiose de l’homme et de la machine » et ce n’est vraiment pas plus mal.

Mozambo c’est une histoire de potes, et d’amour de la musique. C’est une histoire de danse et de partage. C’est l’histoire de l’été qui est maintenant bien loin et qu’ils ont décidé de nous faire partager avec cette mixtape.

Bonne écoute et merci à eux.

Mozambo – Hulubberlu Mixtape #4

Les Daft Punk exposés à San Francisco

Une nouvelle expo sur les Daft Punk


La Gauntlet Gallery
à San Fransisco expose le travail de 40 artistes (dont des photographes, des sculpteurs, des designers) sur le thème du duo Français Daft Punk.

On vous a fait une petite sélection, mais pour voir l’expo en entière et éventuellement vous procurer une œuvre, voici le site de la Gauntlet Gallery